Des cornes pour l’« amour »


Les dinosaures tels que le tricératops qui appartiennent au groupe du cératopsiens. Leur collerette et leurs cornes étaient sans doute utilisées pour se défendre, mais il semble que ces ornements eussent aussi une autre utilité, se pavaner pour être l’élu d’une femelle.
Nuage

 

Des cornes pour l’« amour »

 

Représentation artistique d'un Centrosaurus, un dinosaure du groupe des cératopsiens.

Représentation artistique d’un Centrosaurus, un dinosaure du groupe des cératopsiens.   Photo : Elenarts

Les espèces de dinosaures, telles que les tricératops, se servaient de leurs cornes et de leurs collerettes pour attirer leurs partenaires, montre une étude britannique publiée dans les Proceedings of the Royal Society B.

RADIO-CANADA AVEC BBC

Un texte d’Alain Labelle


Les cératopsiens (visages cornus) constituent un groupe de dinosaures herbivores qui a proliféré en Asie et en Amérique du Nord durant le Crétacé, une période qui a débuté il y a 145 millions d’années pour se terminer lors de la grande extinction des espèces survenue il y a environ 66 millions d’années, par la chute dévastatrice d’un météorite au Mexique.

À ce moment, le supercontinent Pangée finissait de se scinder pour former les continents actuels, bien que leurs positions aient alors été substantiellement différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui.

Les résultats de précédents travaux laissaient à penser que ces ornementations permettaient à ces animaux de se distinguer entre différentes espèces. Une hypothèse qu’exclut désormais le paléontologue Andrew Knapp et ses collègues de l’Université Queen Mary de Londres.

D’autres recherches ont aussi exclu leur utilisation dans un but premier de défense contre les prédateurs, ou encore pour réguler leur température corporelle.

Le saviez-vous?

Les premiers restes de cératopsiens ont été mis au jour au Wyoming en 1872 par Fielding Bradford Meek.

Comme un paon

Cette armure d’apparence agressive serait en fait le produit de l’évolution, dont l’objectif est de signaler les aptitudes d’un animal comme partenaire potentiel sur le plan génétique, un phénomène connu sous le nom de sélection sociosexuelle.

Les individus annoncent leur qualité ou leur constitution génétique. Andrew Knapp

« C’est le même phénomène que nous observons chez les paons, par exemple, avec les plumes de leurs queues », explique M. Knapp.

Le sens du spectacle

Selon les auteurs de ces travaux, les caractéristiques qui permettent de différencier les espèces sont généralement moins élaborées et plus subtiles que celles qui distinguent les mâles et les femelles.

Quand le but est de repousser, et non d’attirer, il ne vaut pas la peine de mettre trop d’efforts sur [l’]évolution.  Andrew Knapp

Pour la paléontologue canadienne Darla Zelenitsky, de l’Université de Calgary, qui n’a pas participé aux travaux, ces résultats sont « excitants », puisqu’ils permettent de mieux comprendre la paléobiologie de ces animaux.

Certains de ces ornements étaient fort probablement utilisés pour se défendre ou pour reconnaître les membres de différentes espèces, mais ces caractéristiques n’étaient apparemment pas le principal moteur de leur évolution. Darla Zelenitsky

D’autres travaux seront effectués pour appuyer l’hypothèse du rôle évolutif de la sélection sociosexuelle dans l’évolution de ces dinosaures.

Égaux dans les fossiles

Ces travaux montrent aussi qu’il est impossible de distinguer les mâles des femelles chez les dinosaures cératopsiens par l’observation de leurs restes fossilisés. Ainsi, s’il y avait des différences physiques entre les sexes, elles auraient pu être très subtiles.

Le fait que les deux sexes aient de grands ornements est très intéressant en soi. Si c’était le résultat de la sélection sexuelle, cela nous en dirait long sur la façon dont ces animaux ont vécu... Andrew Knapp

Les cératopsiens pondaient des œufs, si bien que la femelle ne devait pas mener à terme une grossesse comme le font les mammifères. Cette réalité permet d’envisager que les partenaires entretenaient un rapport différent pour ce qui est de l’élevage de leur progéniture.

Représentation artistique de dinosaures cératopsiens qui surveillent des oeufs.

Représentation artistique de dinosaures cératopsiens qui surveillent des oeufs. Photo : iStock

« Il est possible qu’ils s’investissent tous les deux dans l’élevage de leurs petits, un peu comme nos oiseaux actuels », explique Andrew Knapp.

http://ici.radio-canada.ca/

Publicités

Un rare fossile de bébé oiseau découvert


    Qu’est-ce qui est apparu avant l’oeuf ou la poule ? Enfin, ce mystère restera probablement à jamais sous silence. Cependant, en Espagne, les paléontologues ont trouvé un oisillon mort peu après son éclosion il y a 127 millions d’années. D’après le fossile, c’est un oiseau qui ne volait pas. Il donnera sans doute des pistes sur l’évolution des oiseaux à travers le temps
    Nuage

     

    Un rare fossile de bébé oiseau découvert

     

    C’est un triste destin qu’a connu cet oisillon, mort il y a 127 millions d’années alors qu’il venait tout juste de sortir de l’œuf. Aujourd’hui, pourtant, son fossile est une aubaine pour les paléontologues car il leur permet de remonter l’arbre évolutif des oiseaux jusqu’au temps des dinosaures.

    Dans le gisement fossilifère de Las Hoyas, en Espagne, une équipe internationale de chercheurs a mis au jour un nouveau spécimen juvénile d’oiseau du Crétacé (-145 à -65 millions d’années). Le squelette presque complet, auquel il ne manque que les pattes antérieures et postérieures et le bout de la queue, mesure moins de 5 cm, ce qui fait de lui l’un des plus petits fossiles d’oiseaux datant de cette époque jamais découverts. L’animal ne devait pas peser plus de 10 g de son vivant.

    Le saviez-vous ?

    Dans les calcaires de Las Hoyas, en Espagne, des paléontologues ont trouvé le fossile d’un des plus anciens mammifères connus, Spinolestes xenarthrosus, datant lui aussi du Crétacé.

    Le minuscule fossile appartient à la sous-classe des Énantiornithes, des oiseaux à dents du Crétacé. Toutes les espèces de ce groupe ont disparu lors de l’extinction du Crétacé-Tertiaire. Il ne s’agit donc pas d’un ancêtre direct des oiseaux modernes, qui descendent des Euornithes. Il intéresse cependant les chercheurs car les Énantiornithes représentent une des plus anciennes divergences évolutives des oiseaux.

    Vue d’artiste de l’oisillon découvert dans le gisement fossilifère de Las Hoyas, en Espagne. Il est à peine plus gros qu’un cafard. © Raúl Martin, Fabien Knoll et al., Nature Communications, 2018

    Bien qu’il ne soit pas le premier fossile d’Énantiornithes à passer entre les mains des paléontologues, cet oisillon est exceptionnellement rare puisqu’il est mort juste après l’éclosion. C’est un stade crucial pour analyser le développement du tissu osseux, qui renseigne sur certains traits évolutifs des oiseaux, telle la capacité de voler.

    « La diversification évolutive des oiseaux a donné lieu à un éventail de stratégies d’éclosion et a entraîné d’importantes différences dans la vitesse de développement [des oisillons]. En analysant le développement osseux, nous pouvons observer une grande quantité de traits évolutifs, » explique en effet Fabien Knoll, co-auteur de la découverte, dans un communiqué de l’université de Manchester.

L’oisillon, vieux de 127 millions d’années, était incapable de voler

    Pour analyser le développement osseux de l’oisillon, les chercheurs ont eu recours à l’imagerie par microtomographie synchrotron. Ils ont donc fait appel à des accélérateurs en Europe et aux États-Unis, dont le SLAC en Californie et l’ESRF de Grenoble. Ce procédé leur a permis d’analyser la composition chimique du squelette, qui présente du fer (en rouge sur la photographie en tête d’article), du silicium (en vert) et du phosphore (en bleu).

    Les chercheurs ont pu également observé la structure des os du minuscule fossile avec force détails, à l’échelle submicronique (inférieure au micron). Ils se sont alors aperçus que le sternum du spécimen était encore cartilagineux. Il ne s’était pas encore ossifié, ce qui signifie que l’oisillon ne pouvait pas voler.

    Le fossile révélé par imagerie au rayonnement synchrotron grâce au phosphore qu’il contient (à gauche) et une photographie du fossile (à droite). Il est aujourd’hui entreposé au Musée de Paléontologie de Castille-La Manche, en Espagne. © Fabien Knoll et al., 2018

    Le fossile révélé par imagerie au rayonnement synchrotron grâce au phosphore qu’il contient (à gauche) et une photographie du fossile (à droite). Il est aujourd’hui entreposé au Musée de Paléontologie de Castille-La Manche, en Espagne. © Fabien Knoll et al., 2018

    De plus, les paléontologues ont comparé l’ossification présentée par cet oisillon avec celles observées dans de précédentes études chez d’autres fossiles juvéniles d’Énantiornithes. Ils en ont déduit que les stratégies de développement de cette sous-classe d’oiseaux seraient plus diversifiées que ce que l’on pensait, en termes de taille et de rythme de maturation du squelette. Par contre, leur découverte corrobore l’idée d’un développement des os du sternum et des vertèbres asynchrone, c’est-à-dire à un rythme différent, chez les oiseaux archaïques.

    Fabien Knoll et ses collègues, aux universités de Madrid et de Manchester, et au Muséum d’histoire naturelle de Los Angeles, sans oublier les chercheurs affiliés aux synchrotrons mobilisés pour l’analyse du fossile, ont détaillé leur découverte dans le journal Nature Communications.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Un fossile d’oisillon âgé de 127 millions d’années a été exhumé en Espagne. Le spécimen, mort peu après l’éclosion, nous renseigne sur l’apparition de certains traits évolutifs propres aux oiseaux au temps des dinosaures.

https://www.futura-sciences.com/

Le Saviez-Vous ► Ces gens sont convaincus que la Terre est creuse et peuplée de Vikings, de nazis et de dinosaures


Ça, c’est une croyance bien étrange ! Qu’on a cru à la théorie de la Terre creuse, il y a des siècles n’est pas surprenant, mais qu’aujourd’hui encore que des gens puissent penser qu’il y a un monde dans un paradis au centre de la Terre, me parait insensé.  Surtout qu’un jour, tout le système solaire va exploser, cela fera un paradis bien éphémère
Nuage

 

Ces gens sont convaincus que la Terre est creuse et peuplée de Vikings, de nazis et de dinosaures

|

Crédits : Vice

par  Clara Lalanne 

Les nazis, les Vikings, les dinosaures et les Tribus d’Israël vivraient en harmonie sous nos pieds, dans un paradis caché au centre de la Terre.

Non, vous ne rêvez pas : il y a bien des gens qui croient en cette folle théorie conspirationniste de la « Terre Creuse », relayée par le Sun le 25 décembre.

Cette idée d’une Terre creuse abritant un paradis caché prend sa source dans des légendes anciennes, véhiculées par les Grecs ou les Tibétains. Puis, au XVIIe siècle, ce sont des scientifiques reconnus comme l’astronome britannique Edmond Halley qui ont remis cette théorie à jour. Ce dernier croyait dur comme fer que la Terre était faite comme une poupée russe, avec des sphères et des mondes emboîtés les uns dans les autres. John Cleves Symmes, en 1818, a repris l’idée de Halley, déclarant cette fois que la Terre contenait une caverne géante avec un soleil intérieur, et qu’on pouvait y accéder par d’immenses trous situés aux Pôles. Il inspirera Jules Verne pour son célèbre roman Voyage au centre de la Terre.

Le fils de Symmes et d’autres fidèles ont essayé de perpétuer cette folle théorie assez peu scientifique, mais il semble qu’elle ait depuis dérivé vers le conspirationnisme le plus total. En effet, les défenseurs actuels de la Terre Creuse pensent qu’elle abriterait en son sein une race « supérieure » d’humains, qui selon les versions peuvent des nazis, des colonies vikings du Groenland ou encore les Tribus perdues d’Israël. Tout ce beau monde cohabiterait selon eux dans un véritable Jardin d’Éden, sous la lumière d’un soleil géant.

Photo : 2012.com.au

L’homme qui porte tout particulièrement cette théorie s’appelle Rodney Cluff. Il est auteur d’un livre intitulé Notre Terre EST creuse ! et il a souhaité organiser un voyage vers le centre en 2007, et passer par les Pôles grâce à des brise-glaces, mais il n’a jamais réussi à mener cette coûteuse expédition. Pas de quoi le décourager pour autant :

« De plus en plus de gens se réconcilient avec l’idée que la Terre pourrait être creuse. Je reçois des emails (…) tous les jours. »

Il dit aussi que lorsqu’il y a de grands tremblements de terre, la Terre sonne comme une cloche, ce qui est bien la preuve qu’elle est creuse. Que voulez-vous répondre à cela ?

Cette théorie, selon lui, expliquerait aussi les apparitions de soucoupes volantes dans le ciel. Cette population de gardiens, dont les vaisseaux passeraient par les trous des Pôles, surveilleraient la planète afin d’éviter une guerre nucléaire. C’est vrai que les voisins du dessus sont du genre bruyants.

http://www.ulyces.co

Un rare dinosaure découvert en Afrique


Un autre dinosaure dans le désert en Égypte a été découvert à l’époque ou le supercontinent a commencé a se séparer et on évoluer différemment des autres
Nuage

 

Un rare dinosaure découvert en Afrique

 

Représentation artistique d'un Mansourasaurus shahinae

Représentation artistique d’un Mansourasaurus shahinae   Photo : Andrew McAfee/Musée d’histoire naturelle de Carnegie

Voici le Mansourasaurus shahinae, un dinosaure mis au jour dans le désert du Sahara en Égypte par une équipe américano-égyptienne de paléontologues, une grosse découverte à plus d’un sens.

RADIO-CANADA AVEC AGENCE FRANCE-PRESSE ET BBC

Un texte d’Alain Labelle

D’abord, ce dinosaure est un titanosaure qui appartient à la famille des sauropodes qui comprend quelques-uns des animaux les plus gros et les plus lourds à avoir foulé la surface terrestre. Ils étaient présents sur une grande partie du globe au moment de l’extinction de masse de dinosaures, il y a 66 millions d’années.

Encore plus important, cette nouvelle espèce représente également l’une des rares découvertes de dinosaures sur le continent africain, dont seulement quelques fossiles datant de 100 à 66 millions d’années ont été déterrés. La raison? La végétation abondante qui recouvre maintenant les régions où ils vivaient.

Quand j’ai vu les photos des fossiles, les bras m’en sont tombés. C’était le saint Graal ! Matt Lamanna du Musée d’histoire naturelle de Carnegie aux États-Unis

Le présent dinosaure vivait il y a environ 80 millions d’années.

Ce fossile est le plus complet découvert en Afrique datant de la fin du Crétacé. Ces ossements fossilisés comprennent des os du crâne, la mâchoire inférieure, des vertèbres, des côtes, une bonne partie d’une épaule, d’une patte avant et d’une patte arrière et des morceaux des plaques osseuses qui consolidaient sa peau.

Illustration des ossements retrouvés du Mansourasaurus shahinae

Illustration des ossements retrouvés du Mansourasaurus shahinae   Photo : Andrew McAfee/Musée d’histoire naturelle de Carnegie

La bête herbivore au grand cou était de la grandeur d’un autobus et devait peser environ le même poids qu’un éléphant.

C’était très excitant de voir mes élèves découvrir un os après l’autre. Chacun des nouveaux morceaux récupérés nous permettait de visualiser un peu mieux le gigantisme de ce dinosaure. Le Dr Hesham Sallam, Université de Mansourah

La fin de la Pangée

Ce fossile va permettre de mieux cerner l’évolution des dinosaures à une époque où la Pangée, ce supercontinent unique qui connectait toutes les terres de la planète, commençait à se morceler.

Une partie de la mâchoire du Mansourasaurus shahinae

Une partie de la mâchoire du Mansourasaurus shahinae   Photo : Hesham Sallam/Université de Mansourah

Les chercheurs tentent toujours de définir le niveau d’isolement de chaque nouveau continent et si les espèces ont évolué indépendamment sur chaque morceau de terre.

Les premières analyses permettent d’établir que le Mansourasaurus était plus proche des dinosaures d’Europe et d’Asie que de ceux trouvés au sud de l’Afrique ou en Amérique du Sud.

« Les derniers dinosaures d’Afrique n’étaient pas complètement isolés, contrairement à ce que certains ont avancé dans le passé », explique Eric Gorscak, paléontologue à l’Université de l’Ohio.

Le détail de cette découverte est décrit dans la revue Nature Ecology and Evolution.

http://ici.radio-canada.ca

Le Saviez-Vous ► Pourquoi n’existe-t-il plus d’espèces animales aussi grandes que les dinosaures ?


C’est une bonne chose qu’il n’y a plus de dinosaures de nos jours, car s’ils auraient survécu, ils auraient sûrement fini par être éliminé par l’humain. Ce sont les herbivores qui ont eu plus de chance de survie après la météorite soit tombé il y a 65 millions d’années au Mexique, sauf que plus les herbivores étaient gros, plus ils avaient besoin de se nourrir et lors de la catastrophe, nombre d’eux ne pouvaient plus satisfaire leur besoin alimentaire. Ce furent les plus petits qui ont réussit à gravir le temps jusqu’à nous
Nuage

 

Pourquoi n’existe-t-il plus d’espèces animales aussi grandes que les dinosaures ?

 

Dinosaures

Brontosaures dans l’eau, Diplodocus sur la terre.

© CREATIVE COMMONS

Par Hervé Ratel

 

ÉVOLUTION. Il faut surtout ici parler des brontosaures, qui demeurent les dinosaures les plus impressionnants avec leur poids de 50 tonnes et leurs longueurs approchant les 30 mètres. Ils ont frappé l’imagination par leur taille gigantesque et leur cou démesuré. Ce caractère morphologique est d’ailleurs le premier élément important. Il permet de rendre accessible une nourriture que les autres herbivores ne peuvent atteindre. D’où une plus grande disponibilité en énergie et une meilleure croissance. Et n’oublions pas que si le cou des brontosaures a pu s’allonger à ce point c’est qu’il n’avait pas grand chose à soutenir étant donné le crâne de piaf équipant ces animaux…

Par ailleurs, il est plus facile de grandir en ayant un régime à base de feuilles que de viande. En effet, courir, être leste et rapide pour attraper sa proie nécessite de ne pas dépasser une certaine taille. En général, et y compris de nos jours, un herbivore peut être jusqu’à dix fois plus gros qu’un carnivore. L’éléphant en est un exemple. Sans oublier qu’un carnivore aura besoin de brûler plus d’énergie pour se nourrir qu’un herbivore qui n’a qu’à paisiblement attraper les végétaux à sa portée. Conséquence : tous les animaux géants sont herbivores, hier comme maintenant, même si ceux d’hier étaient plus gigantesques.

D’ailleurs, aujourd’hui, l’une des caractéristiques d’un reptile est de ne pas avoir de taille limite. Contrairement à un mammifère, il continue de grandir durant toute son existence. Plus il vit vieux, plus il est grand, qu’il soit lézard ou crocodile. Et plus il va manger, plus il va grandir. Et plus il va grandir, moins on tentera de lui chercher des noises. Et moins il aura de prédateurs, plus il vivra vieux… C’est une boucle qui se met en place, favorisant les grandes tailles.

Ajoutez à cela, comme l’a démontré Martin Sander et son équipe de paléontologues de l’université de Bonn (Allemagne) que les gros animaux ont un métabolisme de base élevé puisque ce facteur dépend étroitement de la taille et du poids. Plus l’animal est gros et plus ces valeurs sont grandes. Plus le métabolisme de base est important et plus l’animal surchauffe. Car, n’oublions pas cette loi physique: quand un animal double en taille, sa masse grimpe au cube. C’est la raison pour laquelle il ne pourra jamais exister de Spiderman car une araignée de taille humaine serait trop lourde par rapport à sa surface d’adhésion pour grimper aux murs. Et c’est aussi pour ça que l’éléphant a de grandes oreilles: pour lui permettre de dissiper la surchauffe que son volume entraîne… Mais, revenons à nos dinos.

Les avantages d’une température corporelle élevée

L’avantage d’avoir un métabolisme de base élevé tient en deux points. Premièrement : une croissance rapide — la chaleur favorise plus la croissance que le froid —, ce qui permet d’atteindre une grande taille en peu de temps, augmentant d’autant les chances de survivre à l’âge de la reproduction. À côté des sauropodes, les reptiles actuels et les mammifères sont plus petits, donc ils ont un métabolisme réduit, donc ils grandissent moins vite, donc ils ont moins de chances de survivre jusqu’à l’âge adulte. L’autre avantage d’une température corporelle élevée tient à la petite tête des sauropodes. S’ils ont pu avoir de longs cous, c’est qu’ils avaient de petites têtes. Et s’ils ont pu avoir de petites têtes, c’est qu’ils ne disposaient pas de système masticateur qui est volumineux et lourd. Et s’ils n’avaient pas besoin de mâcher, c’est qu’ils pouvaient avaler leur nourriture végétale d’un coup parce que leur température corporelle élevée se chargerait de la dissoudre plus facilement une fois dans l’estomac. CQFD.

Il existe un autre facteur morphologique pour expliquer le gigantisme des sauropodes : leurs poumons. On le sait, les dinosaures ont survécu de nos jours sous la forme des oiseaux qui en sont les descendants directs. Étudier leurs poumons a donc permis d’en tirer des enseignements sur ceux de leurs ancêtres. Les oiseaux sont à l’heure actuelle les seuls animaux munis d’os pneumatiques remplis d’air, ce qui allège leur squelette et leur permet de voler. Triple avantage pour les dinosaures : pouvoir être plus légers ; permettre au cou d’être plus facilement alimenté en oxygène et donc de s’allonger puisque l’air est distribué sur toute la surface du squelette ; enfin, réduire un tantinet la surchauffe corporelle que leur gigantisme induit.

Petits animaux, petits besoins et grands gagnants 

Mais, ne nous y trompons-pas : il n’y a pas que des avantages à être grand et massif. C’est parfait dans un environnement riche en nourriture, mais ça devient un problème en temps de famine parce qu’un animal énorme a besoin de manger énormément. D’ailleurs, on estime que les brontosaures passaient leurs journées à ça. Et c’est ce qui a causé leur perte il y a 65 millions d’années quand une météorite s’est abattue dans la péninsule du Yucatan (Mexique), recouvrant notre planète d’un voile noir qui a réduit le stock de nourriture disponible. Avantage a alors été donné aux espèces qui avaient besoin de peu pour survivre, donc les petits modèles. Et notamment les petits mammifères dont nous allons être issus des millions d’années plus tard. Mais ceci est une autre histoire…

https://www.sciencesetavenir.fr

Un dinosaure au plumage arc-en-ciel


Quand on pense dinosaure, on n’imagine pas qu’ils puissent avoir des couleurs flamboyantes, Pourtant, les paléontologues ont pu trouver un dinosaure grand comme un canard et qui avaient encore des plumes et probablement que cet animal vieux de 160 millions d’années avait probablement un plumage irisé en donnant une couleur arc-en-ciel.
Nuage

 

Un dinosaure au plumage arc-en-ciel

 

Représentation artistique du Caihong juji

Représentation artistique du Caihong juji    Photo : Field Museum de Chicago

L’analyse microscopique d’un fossile vieux de 160 millions d’années laisse à penser que le plumage coloré du dinosaure Caihong juji ressemblait à celui de certaines espèces d’oiseaux actuelles comme les colibris.

Un texte d’Alain Labelle

Les restes de ce dinosaure de la taille d’un canard ont été mis au jour en Chine par un agriculteur. Il présentait une tête et une poitrine recouvertes de plumes brillantes.

Son nom en mandarin, Caihong juji, signifie « arc-en-ciel avec une grande crête ».

Ses plumes irisées devaient avoir un éclat métallique et changeaient probablement de couleur lorsqu’elles étaient observées sous différents angles.

Les restes fossilisés du Caihong juji. Il est possible d'y observer le plumage.

Les restes fossilisés du Caihong juji. Il est possible d’y observer le plumage.   Photo : Field Museum de Chicago

Lorsque vous observez le détail des fossiles, vous ne voyez habituellement que des parties dures comme les os, mais, de temps en temps, des parties molles, comme des plumes, sont conservées et donnent un aperçu du passé. Dr Chad Eliason, Field Museum de Chicago

« L’état de préservation de ce spécimen est incroyable. Nous étions très excités lorsque nous avons réalisé le niveau de détail que nous pouvions apercevoir dans les plumes », ajoute le paléontologue Chad Eliason.

Il est même possible de voir l’empreinte laissée par les cellules mélanosomes qui contiennent les pigments qui donnent aux animaux leurs couleurs. Le pigment s’est dégradé depuis longtemps, mais les scientifiques ont pu retracer l’apparence du dinosaure à partir de la structure cellulaire.

Le crâne du Caihong ressemblait à celui du Velociraptor. Il avait également une crête osseuse au milieu de sa tête.

Cette découverte soulève des questions sur l’évolution de l’irisation, propriété qui permet de disperser la lumière en rayons ayant les couleurs de l’arc-en-ciel.

Ce type de plumage était peut-être utilisé pour attirer les partenaires amoureux, tout comme les paons utilisent leur queue colorée.

Le détail de ces travaux est publiés dans la revue Nature Communications.

http://ici.radio-canada.ca/

Le Saviez-Vous ► Dix faits insolites sur les dinosaures


Que savons-nous des dinosaures ? Certaines choses, il reste encore beaucoup à apprendre sur eux. En plus des points qu’on savait sur eux dans le passé, viennent affirmer ou infirmer les connaissances sur eux
Nuage

 

Dix faits insolites sur les dinosaures

 

On sait finalement peu de choses sur les dinosaures. Mais ce qui est extraordinaire, c’est que ce peu que nous savons est souvent erroné !

Vous pensez par exemple que le T-rex est une machine à tuer hyper-perfectionnée ? Vous allez être étonné… Vous voyez les dinosaures comme de gros lézards ? Et s’ils ressemblaient finalement plus à de gros poulets à plumes ? Découvrez les 10 informations les plus insolites sur les dinosaures.

Le T-rex, un prédateur… lent

 

Le T-rex qui, selon la légende, était un prédateur hors pair, était en réalité plutôt lent. Il ne courrait qu’à 30 kilomètres-heure. Pas mal pour un animal de 6 tonnes mais pas non plus spectaculaire pour un soi-disant « roi de la vie animale ». Osborn, l’auteur de ces mots, et Brown s’étaient en fait empressés de faire du « paléo-show » pour vernir leur réputation. À la décharge de la bête, elle pouvait tout de même arracher jusqu’à 35 kilos de viande fraîche en un coup de mâchoire !

© Courtesy of Vlad Konstantinov

Un tiers des dinosaures n’aurait jamais existé

 

Sur toutes les espèces de dinosaures connues, une sur trois serait une illusion… C’est la conclusion à laquelle ont abouti le célèbre paléontologue John Jack Horner et son collègue Mark B. Goodwin. Des différences morphologiques marquées entre jeunes et adultes auraient induit en erreur les paléontologues. Certaines espèces ne seraient donc pas distinctes.

© Courtesy of Caren Carr, http://www.karencarr.com

Les dinosaures avaient des plumes !

 

La découverte d’un fossile de dinosaure en Chine suggère que les dinosaures ressemblaient davantage à de grands oiseaux qu’à d’imposants lézards à la peau écailleuse. Ce fossile, celui d’un dinosaure carnivore bipède, vieux de 128 millions d’années et haut de 90 centimètres, fournit la première preuve de l’existence de dinosaures recouverts de véritables plumes, comme celles d’oiseaux modernes. Il s’agit du premier fossile de dinosaure non-volant trouvé avec de telles plumes. Il suggère du même coup que l’évolution vers les plumes modernes a commencé avant l’émergence des oiseaux.

Photo : Archéoptéryx. © Courtesy of Jon Hughes, www.pixel-shack.com

Les dinosaures pouvaient nager

 

Les dinosaures pouvaient nager. Du moins, c’est probable. La découverte s’est faite en examinant des couches de sédiments en grès, déposées il y a environ 125 millions d’années au fond d’un lac situé dans l’actuel bassin de Cameros, en Espagne. La couche date donc du Crétacé inférieur et elle contient une piste de 15 mètres de long. On y distingue une série d’empreintes en forme de S, d’environ 15 centimètres de large et 50 de long qui font penser à des griffures. Au total, il y a six paires de telles empreintes. L’allosaure représenté ici a peut-être laissé ces traces au fond du lac.

© Courtesy of Jon Hughes, www.pixel-shack.com

Les dinosaures avaient des cancers

 

Des chercheurs ont analysé, grâce à un appareil portable à rayons X, 10.000 vertèbres de dinosaures provenant de plus de 700 spécimens de musées d’Amérique du Nord. Un seul groupe aurait souffert de tumeur : les hadrosaures ou dinosaures à bec de canard. L’équipe a trouvé 29 tumeurs dans les os provenant de 97 individus de ce groupe d’herbivores de la période du Crétacé.

Les tumeurs les plus courantes étaient des hémangiomes, tumeurs bénignes des vaisseaux sanguins, présents chez 10 % des humains. L’edmontosaurus, qui mesurait 3,5 mètres, a été la seule espèce chez laquelle a été retrouvée une tumeur maligne.

© DP

Les dinosaures étaient plus grands que prévu

 

En utilisant un « facteur de correction du cartilage », les scientifiques ont pu montrer que certains dinosaures comme le tyrannosaure n’auraient été plus grands que de quelques centimètres, alors que le tricératops et le brachiosaure auraient gagné au moins 10 % en taille, soit au moins 30 centimètres pour un brachiosaure de 13 mètres. Cela a directement un impact sur le poids des dinosaures, qui a donc aussi été sous-évalué.

© Marmelad, Tedd Marshall, http://www.marshalls-art.com, CC by-sa 2.5

Les crocodiles comme Supercroc mangeaient les dinosaures

 

Il y a cent millions d’années, là où se trouve aujourd’hui le Sahara, vivait un monde de crocodiles. Certains étaient de taille modeste mais le plus grand, Sarcosuchus imperator, atteignait environ 12 mètres et devait peser 8 tonnes. Les Anglo-Saxons aiment l’appeler « Supercroc ». Ce géant n’est pas un inconnu, le Français Philippe Taquet l’a découvert en 1964. La trouvaille de l’équipe menée par Paul Sereno, qui travaille pour le National Geographic, et Hans Larsson, de la McGill University de Montréal, n’est donc pas une surprise.

Mais elle n’est pas la seule. Depuis 2000, ces paléontologistes explorent le Sahara en plusieurs endroits, notamment au Niger et au Maroc. Dans ces sites qui, il y a cent millions d’années, se situaient au cœur d’un continent unique, le Gondwana, en train de se morceler, l’équipe a exhumé cinq autres espèces de crocodiliens, dont trois étaient inconnues de la science. Pour poursuivre l’habitude des surnoms, les découvreurs les ont baptisées « Boarcroc », « Ratcroc », « Dogcroc », « Duckcroc » et « Pancakecroc ». Leurs découvertes font l’objet d’une publication scientifique dans la revue Zookeys mais aussi d’un reportage sur la chaîne de télévision du National Geographic, intitulé When Crocs Ate Dinosaurs (« Quand les crocodiles mangeaient les dinosaures », diffusé le 21 novembre 2009).

Photo : Paul Sereno avec ses crocodiles sahariens. Supercroc lui sert d’accoudoir. Boarcroc (Croc Sanglier) est en haut à droite, Pancakecroc (Croc Galette) en bas à droite. Les petites têtes, en bas à gauche, sont, respectivement, Ratcroc, Dogcroc et Duckcroc.

© Mike Hettwer et National Geographic

La disparition des dinosaures a fait grandir les mammifères

 

Après la grande extinction du mammifère Permien-Trias (il y a environ 252 millions d’années) et en quelques dizaines de millions d’années, les premiers dinosaures et les premiers mammifères apparaissent sur Terre. Les dinosaures vont rapidement s’imposer et bloquer aussi bien la diversification que la croissance en taille des mammifères. Ce n’est que lorsque l’astéroïde 298 Baptistina provoque leur extinction massive qu’une explosion radiative évolutive se produira chez les mammifères.

Un groupe de paléontologues, biologistes (spécialistes de l’évolution) et de macroécologistes mené par Felisa Smith (de l’université de New Mexico) vient de confirmer qu’à partir de la crise KT (entre Crétacé et Tertiaire, ou cénozoïque, il y a 65 millions d’années) se produit sur tous les continents une croissance de la taille des nouvelles espèces de mammifères. Ce serait donc bien grâce à la disparition des dinosaures que des géants comme le baluchithère ont pu fouler le sol de la Planète bleue.

© Courtesy of Karen Carr, http://www.karencarr.com

Dinosaures : plus ils sont gros, plus ils sont chauds !

 

Les dinosaures étaient-ils à « sang chaud » ou à « sang froid » ? Selon Jamie Gillooly et ses collègues de l’université de Gainesville, en Floride, qui publient les résultats de leurs travaux dans Plos Biology, tout dépendait de leur taille !

Il ressort de leur étude que plus les dinosaures étaient imposants, plus leur température était élevée. La raison ? Le rapport entre la surface de contact avec l’extérieur et le volume de leur corps diminuait, ce qui leur permettait de mieux « stocker » la chaleur. Un phénomène qui prenait de l’ampleur dès lors que le poids d’un dinosaure dépassait les 600 kilogrammes. Ainsi, Jamie Gillooly et ses collègues de l’université de Gainesville ont établi que les espèces les plus petites avaient une température d’environ 25 °C, donc sensiblement proche de celle de leur environnement, tandis que celle du corps du Brontosaure de 13 tonnes atteignait les 41 °C !

Photo : argentinosaurus. © Courtesy of Jon Hughes, www.pixel-shack.com

Le T-rex avait une cervelle d’oiseau !

 

On ne sait toujours pas exactement si les Tyrannosaurus rex, souvent dénommés de façon abrégée des T-rex, étaient de redoutables prédateurs ou de simples charognards. Les paléontologues sont en revanche sûrs qu’ils devaient avoir, véritablement, des « cervelles d’oiseaux » et pas seulement parce que les oiseaux sont les derniers dinosaures vivants et de proches cousins des T-rex. En effet, des moulages internes ont révélé depuis longtemps que le cerveau de ces animaux formidables qui vivaient au Crétacé en Amérique du Nord était vraiment minuscule, et pas seulement si on compare sa taille à celle de son corps.

L’image provient d’une des vidéos 3D du crâne de T-rex. En couleurs, on voit les différentes cavités.

© Ohio University College of Osteopathic Medicine

https://www.futura-sciences.com