Le Saviez-Vous ► La fabuleuse histoire de l’Encyclopédie


La première encyclopédie est apparue à partir de 1751, il y est réuni tout le savoir de l’époque. Pour sortir de l’ignorance, il a fallu faire face à l’hostilité de l’Église. L’interdiction de vente, mit à l’index, brûler et enfin éditer l’oeuvre complète.
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La fabuleuse histoire de l’Encyclopédie

Isabelle Bernier

Historienne


Le Ier juillet 1751 paraît le premier volume de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. C’est le début d’une aventure éditoriale sans précédent qui va bousculer les idées reçues en France et dans toute l’Europe. La production de dictionnaires et de grands ouvrages littéraires caractérise le siècle des Lumières. L’Encyclopédie en est l’ouvrage le plus représentatif, à une époque où un nouvel esprit philosophique se constitue, basé sur l’amour de la science et la tolérance.

En octobre 1750, un Prospectus présente le projet de Diderot pour convaincre d’éventuels souscripteurs de participer à son financement ; quatre mille personnes vont répondre à l’appel. L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, veut décrire de manière la plus complète possible, les arts, les sciences et les métiers de son époque. Au XVIIIe siècle, les arts désignent toutes les activités humaines : le travail manuel, le travail des machines (les « arts mécaniques »), le travail de l’esprit (les arts dits « libéraux » comme l’astronomie, la musique, la logique…), les beaux-arts.

L'Encyclopédie, volume I, première page « A » ; contributeurs : Diderot et d'Alembert ; éditeurs : Briasson, David, Le Breton, Faulche, entre 1751 et 1765. © Wikimedia Commons, domaine public

L’Encyclopédie, volume I, première page « A » ; contributeurs : Diderot et d’Alembert ; éditeurs : Briasson, David, Le Breton, Faulche, entre 1751 et 1765. © Wikimedia Commons, domaine public

Le projet de Diderot

La diffusion à grande échelle de l’état des connaissances dans tous les domaines est une entreprise inédite et révolutionnaire. On n’a encore jamais mis à contribution dans le même ouvrage, les philosophes et les détenteurs d’un savoir scientifique et technique. L’Encyclopédie est une œuvre pédagogique à visée éducative : l’ouvrage procède à un recentrage des savoirs autour de l’Homme.


L’initiative du projet revient à l’écrivain et philosophe Denis Diderot (1713-1784) mais c’est une entreprise collective qui fait appel aux spécialistes de leur domaine : d’Alembert (qui a rédigé le Discours préliminaire en 1751) s’occupe des mathématiques, Bellin contribue à la géographie, Daubenton à la biologie, Rousseau à la musique et l’économie politique, Tronchin à la médecine… On trouve aussi Montesquieu, Voltaire, d’Holbach (chimie), Turgot, Forbonnais et Quesnay (économie), Berthoud (horlogerie), parmi plus de cent cinquante collaborateurs, techniciens et praticiens, liés aux activités productives de leur temps.

Portrait de Denis Diderot par Louis Michel Van Loo en 1767, musée du Louvre, peintures françaises. © 2004, Musée du Louvre, Angèle Dequier

Portrait de Denis Diderot par Louis Michel Van Loo en 1767, musée du Louvre, peintures françaises. © 2004, Musée du Louvre, Angèle Dequier

L’Encyclopédie est un dictionnaire raisonné qui utilise un classement par branche de savoir, l’ordre alphabétique et le système des renvois entre articles. Elle intègre les « arts mécaniques » au sein des connaissances : la description des arts et des métiers impulsée par Diderot, offre un inventaire des procédés de fabrication, des inventions techniques et même des secrets d’ateliers. Elle inclut une collection sans précédent de définitions ; Diderot devient le premier homme de lettres à considérer la technologie comme une partie de la littérature.

L’Encyclopédie propose onze volumes de planches, indispensables à la description des métiers. Les dessins et les gravures illustrent à merveille l’anatomie, l’histoire naturelle, les outils, les gestes du travail, la manufacture, bref tous les secteurs de la technique et de la production.

Exemple de planche de l'Encyclopédie : Papetterie, dans tome V, planche X, dessinateurs Goussier et Benard, 1767. © RMN-Grand Palais (Institut de France), Gérard Blot

Exemple de planche de l’Encyclopédie : Papetterie, dans tome V, planche X, dessinateurs Goussier et Benard, 1767. © RMN-Grand Palais (Institut de France), Gérard Blot

La censure

L’Encyclopédie est certainement l’ouvrage le plus surveillé et censuré de son temps et atteste de ce que représentent les Lumières : appétit de savoir, liberté de penser, nécessité de douter. Elle fournit donc un savoir mais aussi une critique du savoir véhiculé par les habitudes, les dogmes et les autorités. Ses prises de position audacieuses vont lui occasionner de nombreux ennuis qui débutent avec un article sur la Genèse.

En février 1752, les Jésuites exigent la condamnation et l’interruption de la publication : le Conseil d’État du roi interdit de détenir les deux premiers volumes parus  Madame de Pompadour (maîtresse en titre de Louis XV) et Malesherbes, favorable à l’Encyclopédie et directeur de la Librairie (organe créé par Colbert, chargé d’octroyer des permissions et privilèges pour toutes les impressions réalisées en France), font lever l’interdiction et permettent la parution des cinq tomes suivants.

Exemple de planche de l'Encyclopédie : « Horlogerie, montre à équation, à secondes concentriques marquant les mois et leurs quantièmes », suite planche X, volume 22, Bibliothèque nationale de France. © gallica.bnf.fr/BnF

Exemple de planche de l’Encyclopédie : « Horlogerie, montre à équation, à secondes concentriques marquant les mois et leurs quantièmes », suite planche X, volume 22, Bibliothèque nationale de France. © gallica.bnf.fr/BnF

En 1757, les dévots attaquent les encyclopédistes coupables de critiquer la religion catholique : ils estiment que le but de l’Encyclopédie est d’ébranler le gouvernement et la religion. Le pape Clément XIII condamne l’ouvrage et le met à l’Index en mars 1759 : il demande aux catholiques de brûler les exemplaires en leur possession. À la même date, le Conseil du roi interdit la vente de l’Encyclopédie et exige le remboursement de tous les souscripteurs.

En septembre 1759, Malesherbes obtient du roi la permission de faire publier les volumes de planches ; ils vont paraître à partir de 1762. D’Alembert ayant renoncé à poursuivre l’aventure, les dix derniers tomes sont publiés clandestinement par Diderot en 1765 et les deux derniers volumes de planches illustrées paraissent en 1772. En vingt ans, vingt-huit volumes ont ainsi été publiés.

Dès le début des années 1770, Diderot reprend son activité d’écrivain car l’Encyclopédie est achevée. Cependant il ne publie aucun texte qui lui ferait courir de risques, en raison de ses positions sur l’athéisme, la colonisation… Certains de ses écrits ne seront connus qu’un siècle plus tard.

Exemple de planche de l'Encyclopédie : « Lutherie, instruments anciens et modernes, à cordes et à pincer », volume 2, Lutherie, planche III, dessinateur Benard, 1762. © gallica.bnf.fr/BnF

Exemple de planche de l’Encyclopédie : « Lutherie, instruments anciens et modernes, à cordes et à pincer », volume 2, Lutherie, planche III, dessinateur Benard, 1762. © gallica.bnf.fr/BnF

À savoir

Entre 1776 et 1780, est publié le Supplément à l’Encyclopédie, composé de quatre volumes de textes, d’un volume de planches et de deux volumes de tables. Diderot ne participe pas en tant que rédacteur à cette entreprise. L’ensemble des volumes de l’Encyclopédie plus le Supplément, constituent les trente-cinq volumes de l’édition dite « de Paris ».

L’Encyclopédie a occupé un millier d’ouvriers pendant plus de vingt-cinq ans. Près de soixante-douze mille articles ont été produits, Diderot en a composé plus de mille. Le prix d’achat de la première édition (in-folio) s’élève à 980 livres tournois, le salaire annuel moyen d’un ouvrier ou d’un domestique se situant autour de 300 livres. Le poids d’un volume est d’environ dix kilogrammes et son format proche du « A3 » actuel.

https://www.futura-sciences.com/

Le Saviez-Vous ► 2017 : 5 nouveaux mots de la francophonie dans le Petit Larousse


Dans le petit Larousse,(édition 2017)  mon dictionnaire préféré, 5 nouveaux mots ont été rajouté. C’est viennent des pays appartenant à la francophonie.
Nuage

 

2017 : 5 nouveaux mots de la francophonie dans le Petit Larousse

 

La langue française s’enrichit en permanence. Découvrez cinq mots de la francophonie qui se sont fait une place dans le dictionnaire cette année.

 

PAR ALIX RATOUIS, MACIRÉ YANSANÉ

 

  • Bisser, v. t. : inviter une femme à danser pour la seconde fois.

    « J’ai bien aimé danser avec cette femme, je vais la bisser. » (Afrique centrale).

    Faroter, v. t. : verser de l’argent à quelqu’un dans le but de le soudoyer. Faroter (un personnage influent) pour obtenir un poste. (Cameroun).

    Infolettre, n. f. : newsletter. (Québec).

    VPS © SP

    Vélo tout-terrain muni de pneus très larges à crampons.

    © SP

    VPS (sigle de vélo à pneus surdimensionnés) : vélo tout-terrain muni de pneus très larges à crampons, adaptés aux sentiers ou aux terrains enneigés, sablonneux ou boueux. (Québec).

    Youyouter, v. i. : lancer des youyous à l’occasion de certaines cérémonies. (Maghreb).

    http://www.lepoint.fr

  • Les nouveaux mots du dictionnaire Larousse 2017


    Le dictionnaire que j’ai toujours préféré est le Petit Larousse. Il fut un temps, qu’à chaque fois qu’une nouvelle édition sortait, je m’en procurais un. C’est vraiment un vif plaisir d’avoir un dictionnaire de l’année
    Nuage

     

    Les nouveaux mots du dictionnaire Larousse 2017

     

    AFP

    Le pionnier de la nouvelle cuisine Michel « Guérard » utilise-t-il du « yuzu » pour parfumer ses plats? Le Petit Larousse ne donne pas la réponse mais fait croiser ces deux noms dans son édition 2017, année du bicentenaire de son créateur Pierre Larousse.

    Le nouveau cru du célèbre dictionnaire, qui sort en librairie le 26 mai, accueille plus de 150 mots nouveaux qui reflètent les nouvelles tendances culinaires et gastronomiques mais aussi les mutations du monde des arts, les avancées des sciences et de la médecine ou encore du monde informatique, les grandes évolutions sociétales, le monde de l’économie…

    Ouvrage traditionnellement le plus vendu de la rentrée, le Petit Larousse s’ouvre par un hommage à son créateur, né le 23 octobre 1817.

    « Répandre les Lumières en diffusant le savoir, faire reculer l’ignorance et les préjugés, oeuvrer au progrès démocratique, telle est l’ambition de Pierre Larousse , et telle est sa modernité », écrit le linguiste Bernard Cerquiglini.

    Le Petit Larousse est « le seul livre que j’emporterais sur une île déserte », renchérit l’académicien Jean d’Ormesson, parrain de l’édition 2017.

    Et c’est vrai qu’il y a de quoi se régaler en feuilletant les nouvelles entrées du dictionnaire. Outre le « yuzu » venu du Japon on pourra saliver devant un « phô » (délicieux bouillon vietnamien) à moins que l’on préfère croquer dans un « wrap » (galette de blé ou de maïs).

    Une fois rassasié, on peut se plonger dans un « mook » (revue entre le magazine et le livre) ou préférer assister à un spectacle « seul-en-scène » (ou one-man-show comme on dit en anglais). Evidemment on risque de tomber sur un artiste trop « autocentré ». On préviendra alors ses amis avec un « émoticône ».

    Le dictionnaire, ce ne sont pas seulement des mots nouveaux. Certains thèmes s’enrichissent de sens nouveaux. A la notice « loup » s’ajoute ainsi l’expression « loup solitaire », une notion controversée pour les spécialistes du terrorisme, prévient le dictionnaire.

    Un « zadiste » est-il forcément « antisystème« ? En tout cas ces deux mots font leur entrée dans le dictionnaire. L’« europhobe » cotoie le « complotiste » tandis qu’une notice nous dit tout sur la théorie du « déclinisme ».

    Ci-dessous, découvrez d’autres nouveaux mots présents dans le Petit Larousse 2017:

    • burrata
    • ciabatta
    • argouse
    • arty
    • cinégénique
    • fanfiction
    • rétrofuturisme
    • spin-off
    • flasher
    • open source
    • troll
    • déréférencement
    • défaçage
    • téléverser
    • covoiturer
    • socialiser
    • Zika
    • QR code
    • Fablab

    Au total, l’édition 2017 du Petit Larousse, dont la devise demeure « Je sème à tout vent » compte plus de 63.000 mots et quelque 5500 dessins, cartes et photographies. « Aucun mot (de l’édition précédente) n’a été retranché du dictionnaire », se félicite Carine Girac-Marinier, directrice du département dictionnaires et encyclopédies chez Larousse.

    Comme l’an dernier, le dictionnaire est vendu avec une carte d’activation qui permet d’accéder à une version en ligne du Petit Larousse. Sur l’internet, les lecteurs ont accès à 80 000 mots, 9600 verbes conjugués et plus de 250 vidéos provenant des archives de l’INA.

    Le Petit Larousse ne serait pas ce qu’il est sans ses célèbres « pages roses » qui regroupent locutions latines et grecques et les proverbes, sentences et maximes, véritables petits trésors de la culture populaire. Parce que le français est une langue vivante, le dictionnaire s’ouvre largement sur la francophonie avec des mots venus du Québec, de Suisse, de Belgique ou d’Afrique.

    Le « balado » venu du Québec deviendra-t-il plus usuel que le podcast? Peut-être permettra-t-il de mieux « s’ambiancer ». En tout cas, gare aux « sans-allure ». On préférera une « yoyette » venue du Cameroun même si elle a un « débit de kalach ».

    Du côté des personnalités, 50 nouveaux noms font leur entrée dans le dictionnaire. L’artiste chinois Ai Weiwei s’expose aux côtés d’Elisabeth Badinter. Du côté du cinéma le réalisateur Brian De Palma côtoie Xavier Dolan et Robert Guédiguian tandis que chez les acteurs Sandrine Kiberlain est à l’affiche avec Vincent Lindon.

    L’économiste Thomas Piketty entre dans le dictionnaire en même temps que « néokeynésianisme » tandis que le footballeur portugais du Real Madrid Cristiano Ronaldo est présenté comme « l’un des plus talentueux buteurs de sa génération ». Les joueurs du club rival de l’Atletico Madrid qui affronteront le Real en finale de Ligue des Champions le 28 mai sont prévenus.

    http://quebec.huffingtonpost.ca/

    Le Saviez-Vous ►Les nouveaux mots du dictionnaire 2016 dévoilés par Le Petit Larousse et Le Petit Robert


    Des mots nouveaux dans divers domaines ont été édités dans les dictionnaires du Petit Robert et du Petit Larousse. Certains mots sont déjà très utilisés comme par exemple « selfie » ou des mots déjà reconnu dans la langue française, mais de nouvelles définitions sont ajoutées
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    Les nouveaux mots du dictionnaire 2016 dévoilés par Le Petit Larousse et Le Petit Robert

     

    JGI/Jamie Grill via Getty Images

    Comme chaque année, le moment est arrivé pour les dictionnaires d’accueillir de nouveaux mots dans leurs pages. Lundi 18 mai, Le Petit Robert et Le Petit Larousse ont chacun dévoilé les 150 définitions inédites qu’ils allaient intégrer à partir de 2016.

    Chaque nouvelle entrée a dû respecter, comme pour les éditions précédentes, l’un des deux critères suivants: être populaire et souvent repris dans les médias mais aussi être en rapport avec l’actualité sans risquer de disparaître rapidement.

    De « goji » à « zadiste » en passant par « particule fine »

    De nombreux thèmes ont fait place aux petits nouveaux. Les tendances culinaire et morale dans le Larousse avec par exemple « goji », baie rouge comestible riche en vitamine C très à la mode, ou « vegan », relatif aux adeptes du veganisme, principe selon lequel les animaux ne sont pas la propriété des humains et ne peuvent donc pas légitimement être utilisés.

    L’environnement accueille pour sa part la « circulation alternée » et la « particule fine », polluante et suspendue dans l’air, d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres.

    Dans le Robert 2016, la porte s’ouvre au « zadiste », qui s’oppose à un projet d’aménagement qui porterait préjudice à l’environnement, ou au « faucheur volontaire », qui détruit les parcelles de maïs transgéniques.

    Côté technologie, on découvrira aussi le « gyropode », véhicule électrique sur deux roues que le conducteur, débout, manœuvre à l’aide d’un guidon. Le Larousse laisse part ailleurs un peu de place aux anglicismes avec « open data », données numériques accessibles par tous ou le fameux « selfie ».

    BHL, Pixar et Rosetta

    « Selfie » qui fait aussi son apparition dans les régionalismes sous sa forme québécoise « égoportrait ». On apprendra aussi en feuilletant le Larousse 2016 que le terme « amarrer » signifie à la Réunion « séduire quelqu’un » et que « fouiner » se dit « chneuquer » en Suisse.

    Autres termes à refléter l’époque, ceux directement issus du vocabulaire familier comme « bolos », « lose » ou « partir en cacahouète ». Le Robert installe de son côté les expressions: « tendu comme un string » ou « maquillée comme un camion volé ».

    Côté noms propres , le Larousse 2016 va par ailleurs accueillir le philosophe Bernard-Henri Lévy, le patissier Pierre Hermé, l’acteur Michael Caine ou l’artiste britannique Banksy mais aussi la sonde Rosetta et les studios Pixar.

    http://quebec.huffingtonpost.ca/

    Le Saviez-Vous ► Pourquoi les livres ont-ils des pages numérotées?


    C’est un peu l’histoire de l’imprimerie, tout en ajoutant l’avènement de la pagination du livre qui fut une révolution. Mais aujourd’hui, les choses changent ! Les livres, revues, journaux, devoirs sont rédigés et, ou lu sur un ordinateur. La pagination n’a plus la même importance qu’avant
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    Pourquoi les livres ont-ils des pages numérotées?

     

    Yellowed pages / Horia Varlan via FlickrCC License by / modifié par Slate.fr

    L’imprimerie a révolutionné la lecture, le numérique est aussi en train de le faire.

    Ouvrez n’importe quel livre occidental et vous constaterez que l’une des premières pages de droite arbore le titre, le nom de l’auteur et le nom de l’éditeur, et parfois le lieu et la date de publication de l’ouvrage.

    Il n’en a pas toujours été ainsi.

    De la page blanche à la table des matières

    Regardez des manuscrits datant de l’époque antérieure à l’imprimerie et vous verrez que les raffinements comme le titre ou le nom de l’auteur n’apparaissent nulle part (la question de l’éditeur ne se posant naturellement pas). La production de parchemin nécessitait énormément de travail et il n’était pas question de gaspiller ces précieux feuillets. Le texte débutait sur la première page, toujours du côté droit. Si vous vouliez savoir de quoi parlait le livre, il fallait le lire.

    L’avènement de l’imprimerie (et l’utilisation de plus en plus répandue du papier, moins cher que la peau d’animal) donna naissance à une idée nouvelle.

    Comme cette première page de texte avait tendance à se salir, les imprimeurs introduisirent une feuille en plus pour qu’elle reste propre. Mais pourquoi gaspiller du papier? A la fin des années 1470, les imprimeurs avaient commencé à placer des informations utiles comme le titre, le nom de l’auteur et celui de l’éditeur, sur la nouvelle première page, le recto (l’arrière –ou verso–trouverait à terme une utilité lui aussi). A la fin du XVe siècle, presque tous les livres imprimés avaient des pages de titre.

    Naturalis Historia, édition de 1669. Le titre latin apparaît au génitif : Naturalis Historiæ

    Autre outil permettant de s’orienter dans un texte: la table des matières. Les premières semblent remonter à Pline l’Ancien, dont la formidable Naturalis Historia(Histoire naturelle) parut peu de temps avant sa mort en 79. La table des matières de Pline contenait de courtes descriptions des sujets abordés dans chacun des 37 «livres» (c’est-à-dire sections) qui suivaient, coutume qui persista dans les tables des matières occidentales jusqu’au XIXe siècle.

    Pour profiter de cette liste, il te faut d’abord apprendre l’alphabet, c’est-à-dire, l’ordre des lettres telles qu’elles se présentent, avec (b) près du début, (n) à peu près au milieu et (t) vers la fin.

    Le premier dictionnaire anglais

    Un des mes exemples préférés figure dans The First Part of the Elementarie Vvhich Entreateth Chefelie of the Right Writing of Our English Tung [Première partie des rudiments qui entretiennent principalement de la bonne écriture de notre langue anglaise] de Richard Mulcaster –en d’autres termes, une grammaire anglaise– publiée à Londres en 1582. Les titres de chapitres comprennent (cette fois en anglais moderne)

    «That this five branched Elementarie is warranted by general authority of all the greatest writers and the best commonweals» [Que ces rudiments en cinq parties sont garantis par l’autorité générale de tous les plus grands auteurs et pour le plus grand bien commun]

    et

    «That this Elementarie seasons the young minds with the very best and sweetest liquor» [Que ces rudiments abreuvent les jeunes esprits avec les liqueurs les meilleures et les plus douces].

    Et qu’en est-il des index, moyen souvent bien plus rapide de trouver ce que l’on cherche? Ils ne sont pas apparus sous une forme qui nous serait familière avant le développement de l’imprimerie. Notamment parce qu’avant le passage des rouleaux aux manuscrits, la nature continue du livre offrait peu de points de repère auxquels se référer.

    Il fallait en outre un outil organisationnel pour les agencer. Il semble que l’ordre alphabétique ait été inventé au troisième siècle avant Jésus-Christ, probablement à Alexandrie par Callimaque de Cyrène, pour classer les ouvrages de la Grande bibliothèque (dont on estime qu’elle contenait plus d’un demi-million de rouleaux). Cependant, cette technique n’atteignit pas l’Europe occidentale avant plusieurs siècles. En 1604, Robert Cawdrey ressentait encore le besoin de conseiller les lecteurs de sa Table Alphabeticall, le premier dictionnaire anglais, que:

    to profit by this Table (…) then thou must learne the Alphabet, to wit, the order of the letters as they stand, (…) as (b) neere the beginning, (n) about the middest, and (t) toward the end. [Pour profiter de cette liste (…) il te faut d’abord apprendre l’alphabet, c’est-à-dire, l’ordre des lettres telles qu’elles se présentent, (…) avec (b) près du début, (n) à peu près au milieu et (t) vers la fin.]

    Mais la troisième raison expliquant l’absence des index était l’absence généralisée de numéros de pages: même avec un index classé par ordre alphabétique, à quoi aurait-il bien pu renvoyer?

    Numéroter a d’abord aidé ceux qui faisaient les livres

    La numérotation des pages naquit non pas en tant qu’outil pour les lecteurs mais que guide à l’usage de ceux qui produisaient physiquement des livres.

    Dans des manuscrits latins copiés dans les îles britanniques à une époque aussi reculée que le VIIIe ou IXe siècle, la numérotation était parfois utilisée pour s’assurer que les feuilles de parchemin seraient collées dans le bon ordre. Dans certains cas, les chiffres apparaissaient à la fois au recto et au verso, mais d’autres fois un seul côté de la page était numéroté. La numérotation était fort peu usitée. On a estimé que vers 1450 –juste avant la naissance de l’imprimerie en Occident– moins de 10% des livres manuscrits contenaient une pagination.

    Cinquante ans plus tard, la proportion des ouvrages paginés, imprimés désormais, était bien plus élevée. Ce changement reflétait notamment le nouveau rôle des numéros de pages. Plutôt que de n’être réduits qu’à la fonction d’outils permettant de compiler les feuilles dans le bon ordre, dans les années 1510, les savants commencèrent à s’en servir à l’intérieur de leurs propres textes pour se référer aux pages d’autres volumes imprimés.

    Depuis le début du XVIe siècle, les lecteurs se fient aux numéros de pages pour se retrouver dans les livres. Mais avec la progression des technologies numériques, l’attrait de l’accès aléatoire au contenu pourrait finir par avoir raison de la pagination.

    Et aujourd’hui?

    Il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à remarquer un changement dans l’attitude de mes étudiants vis-à-vis des numéros de page: la plupart n’en inséraient plus dans leurs devoirs, quelles que soient les requêtes explicites ou les menaces dont je pouvais les accabler. Oui, je savais que les numéros de page ne sont pas insérés par défaut dans Microsoft Word. Mais mes étudiants s’y connaissaient plutôt bien en traitement de texte. Alors que se passait-il?

    Tout comme l’apparition de l’imprimerie au milieu du XVe siècle changea les habitudes de lecture, le concept de lecture est peut-être en train d’être redéfini

    Voici ce que j’ai déduit.

    Etant donné que l’expérience de lecture des étudiants se résume principalement à des écrans, numéroter les pages de documents numériques (dans ce cas, le devoir que je leur avais demandé de rédiger) leur semblait dépourvu du moindre intérêt. Lorsqu’on lit un journal sur Internet, il n’y a pas de numéro de page, et les journaux sont bien plus lus en ligne qu’en version papier –surtout dans cette tranche d’âge.

    Les documents propres à Internet sont dans leur grande majorité dépourvus de pagination, et les numéros de page sur les liseuses n’ont aucun rapport avec leurs homologues imprimés.

    Vu que les devoirs en question ont été créés sur ordinateur –et parfois soumis sous forme électronique– si moi, le lecteur, je veux retrouver un mot ou un passage dans les textes de mes étudiants, je n’ai qu’à utiliser la fonction «rechercher» et non revenir à la convention apparemment archaïque de la pagination (en tout cas il semblerait que ce soit ce que la logique impose).

    Tout comme l’apparition de l’imprimerie au milieu du XVe siècle changea les habitudes de lecture, le concept de lecture est peut-être en train d’être redéfini et de passer d’une activité linéaire (continue) à un processus à accès aléatoire (ce que j’appelle la lecture en maraude) maintenant que la fonction rechercher nous permet de naviguer dans nos lectures sur écran.

    Enfin, une confession.

    Dans ma propre expérience professionnelle d’écriture, je suis régulièrement confronté à un dilemme: dois-je dépenser l’énergie nécessaire à retrouver le folio original des articles de journaux et de magazines, imprimés à l’origine, auxquels j’ai accédé en ligne (la plupart des sites Internet n’indiquant pas la pagination) ou lâcher l’affaire? C’est généralement cette dernière approche que j’adopte. Ma justification: à l’ère d’Internet, les conventions bibliographiques ont changé.

    Adapté de Words Onscreen: The Fate of Reading in a Digital World par Naomi S. Baron avec l’autorisation d’Oxford University Press. Copyright © 2015 Naomi S. Baron.

    http://www.slate.fr/

    Les devinettes stimulent l’apprentissage


    Le meilleur moyen d’apprendre serait d’abord de commencer par une devinette. Même la réponse n’est pas trouvée, les neurones se mettent en action et ainsi ouvert à tout apprentissage
    Nuage

     

    Les devinettes stimulent l’apprentissage

     

    oedipe et le sphinx

    Le sphinx posait des énigmes à quiconque souhaitait délivrer la ville de Thèbes. Oedipe – qui était très curieux – parvint à les déjouer (Oedipe et le Sphinx, 1806, François-Xavier Fabre).

    © Dahesh Museum of Art

    Sébastien Bohler

     

    En commençant leur cours par une devinette, les enseignants peuvent ouvrir l’esprit de leurs élèves et faire en sorte qu’ils retiennent mieux le contenu du cours.

    Je peux vous paraître illogique puisque chez moi, l’accouchement arrive avant la grossesse, l’adolescence avant l’enfance, la course avant la marche, l’écriture avant la lecture, les devoirs avant les leçons, et la mort avant la vie. Qui suis-je ?

    Voici une petite devinette dont vous pouvez chercher la solution d’ici la fin de cet article. À présent, parlons des bienfaits de la curiosité sur le cerveau. Lorsque vous lisez une telle énigme, vos neurones changent de mode de fonctionnement. Des chercheurs de l’Université de Californie ont constaté que les zones de la mémoire et les zones du plaisir se mettent à dialoguer. Cela signifie que toute information reçue à ce moment est intégrée plus facilement grâce à une motivation et un enthousiasme accrus. Une molécule, la dopamine, circule dans ces circuits et crée à la fois un désir de comprendre, d’apprendre, et un état d’excitation très plaisant.

    Une perméabilisation du cerveau

    Logiquement, les scientifiques constatent alors que des personnes dont on stimule la curiosité à l’aide de petites devinettes retiennent mieux tout ce qui suit, même si cela n’a aucun rapport avec l’énigme en question. C’est une bonne leçon à retenir pour les pédagogues, qui auront intérêt à piquer la curiosité de leur public au début de leur cours par des énigmes stimulantes, même si ces dernières sont totalement étrangères au contenu de l’enseignement. Même si les élèves ne trouvent pas la réponse, leur esprit et leur cerveau seront engagés sur les rails de la curiosité et absorberont le contenu du cours plus efficacement.

    Si ce que je viens de dire est vrai, vous aurez retenu cette information en partie grâce à la devinette initiale. Maintenant, vous pouvez découvrir la réponse : el eriannoitcid (inverser l’ordre des lettres). .Merci de votre curiosité!

    http://www.pourlascience.fr

    Le Saviez-Vous ► 5 choses qu’on ne risque pas de se faire voler dans un avenir proche


    Les temps changent. Ce qui se volait hier, les voleurs d’aujourd’hui ne s’y intéressent presque plus ou pas du tout
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    5 choses qu’on ne risque pas de se faire voler dans un avenir proche

     

    Allô? Ce serait pour un cambriolage…

    Par Michael Thornton

    On pense tout de suite à notre vieux vélo rouillé qu’on a mis au chemin sans cadenas en espérant qu’un voyou myope se sauve avec… à notre joli banc d’entrée en mélamine écaillée… aux souvenirs de jeunesse de notre ex qu’il s’entête à ne pas venir chercher… Mais il y a plus. Et des choses pas évidentes à première vue.

    > Votre voiture si elle est à transmission manuelle. À preuve: cet article dans cyberpresse sur la grand-mère qui ne s’est pas fait voler sa voiture parce que les voyous qui la menaçaient ne savaient pas conduire manuel. Et ça ne risque pas de s’améliorer, mon fils me soulignant qu’on n’enseigne plus à conduire une manuelle dans les écoles de conduite.

    > Vos dictionnaires. D’abord, si je me fie à mon expérience (de père et de réviseur), c’est une lecture aussi populaire que le répertoire illustré des maladies de peau. En plus, avec les correcteurs automatiques incorporés aux téléphones, tablettes et cie, même plus besoin de réfléchir!

    > Vos CD. Sauf un voleur qui a passé beaucoup de temps à l’ombre et qui a encore son Walkman. Parce qu’avec un lecteur mp3 ou une tablette, oubliez ça. Le lecteur CD/DVD n’est même plus offert de base sur les Mac. Sans parler des nouveaux formats musicaux qui commencent à faire la guerre au format CD sur le plan de la qualité sonore.

    > Votre téléphone. Celui de la maison, bien entendu. La seule raison qui fait qu’on ait encore des lignes domestiques, à mon avis, c’est la volatilité des contrats de cellulaires et la rapacité de ceux qui les offrent. Et, même dans ces conditions, bien des gens ont déjà fait le saut.

    > Votre appareil photo. À la limite, si c’est un réflex avec assortiment de lentilles, peut-être. (Mais pas un appareil à film: les derniers vols de caméras à pellicule remontent au siècle dernier!) Par contre, si c’est un modèle compact, de ceux qui il n’y a pas si longtemps coûtaient 500 $, gageons, avec les cells et les iPods qui font la même chose et mieux, qu’entre ça et un sac de chips au vinaigre, ce sont les chips qui partent.

     

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