Le Saviez-Vous ► La petite histoire des interdictions d’entrée aux États-Unis


Depuis Donald Trump est à son poste de la présidence des États-Unis, il essaie tant que bien que mal d’imposer l’interdiction à des pays de majorité musulmans de rentrer au pays. Ce ne fut pas le seul dans l’histoire des États-Unis. Les chinois, les iraniens, les juifs, les anarchistes, les communistes, les épileptiques, les mendiants, les proxénètes, les sciatiques, etc. on eut un moment dans d’interdiction voir même de déportation. À noter que le Canada a aussi eu dans son histoire des interdictions d’étrangers au pays
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La petite histoire des interdictions d’entrée aux États-Unis

 

Mai ou juin 1939 : les réfugiés de l’Allemagne nazie, à bord du paquebot Saint Louis, sont forcés de retourner en Europe, alors que Cuba et les États-Unis refusent de les accueillir.

Mai ou juin 1939 : les réfugiés de l’Allemagne nazie, à bord du paquebot Saint Louis, sont forcés de retourner en Europe, alors que Cuba et les États-Unis refusent de les accueillir. Photo : US Holocaust Memorial Museum

En interdisant l’accès au territoire américain aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, le président Donald Trump s’est défendu de cibler des groupes particuliers d’individus et a argué, avec raison, que d’autres présidents avant lui avaient eu recours à des mesures semblables en invoquant la sécurité nationale.

Retour sur six moments où des lois ont limité l’accès au territoire américain pour les étrangers.

Un texte de Vanessa Destiné


1. La loi d’exclusion des Chinois

Adoptée le 6 mai 1882, sous la présidence de Chester A. Arthur, cette loi interdit aux travailleurs d’origine chinoise d’entrer au pays. À l’époque, les ouvriers chinois servent majoritairement de main-d’œuvre dans les mines. Beaucoup d’entre eux sont arrivés quelques décennies plus tôt, dans la grande période de la conquête de l’Ouest marquée par la ruée vers l’or en Californie.

En 1880, 105 000 Chinois vivent aux États-Unis, dont une très grande majorité dans l’Ouest, notamment sur le territoire qui deviendra San Francisco.

La période faste de la conquête est au ralenti et le travail se fait rare pour l’ensemble de la population. Les ouvriers chinois sont alors accusés de nuire à l’économie et au climat social.

Des ouvriers chinois qui ont participé au développement du réseau de chemin de fer aux États-Unis.

Des ouvriers chinois qui ont participé au développement du réseau de chemin de fer aux États-Unis.   Photo : Twitter/US Labor Department

La loi d’exclusion des Chinois est adoptée par le Congrès. En plus d’interdire l’entrée aux nouveaux arrivants chinois, elle oblige ceux qui sont déjà présents à s’enregistrer auprès des autorités et à obtenir des certificats pour leur garantir leur droit de revenir au pays s’ils décident d’en sortir. La loi, qui est restée en vigueur 10 ans, empêche aussi les ressortissants chinois d’accéder à la citoyenneté américaine.

Il s’agit de la première loi visant à restreindre de manière significative l’accès au territoire américain à un groupe spécifique d’individus.

Après une première expiration en 1892, la loi a été étendue pour être également appliquée aux immigrants japonais et adaptée pour permettre la déportation des individus non enregistrés auprès des autorités. La mesure a finalement été abrogée en partie en 1943, durant la Seconde Guerre mondiale, alors que la Chine combat dans le groupe des alliés aux côtés des États-Unis.

Pas qu’aux États-Unis

Parallèlement au développement de l’Ouest américain, le Canada a entrepris des travaux pour rallier le territoire d’un océan à l’autre. Pour ce faire, le gouvernement a également eu recours à la main-d’oeuvre chinoise à partir de 1880 pour construire le chemin de fer du Canadien Pacifique en Colombie-Britannique. Or, des décennies plus tard, lorsque la construction du chemin de fer est achevée, les ouvriers chinois se butent au chômage et sont de plus en plus marginalisés au sein de la population.

Le pays adopte en 1923 la Loi de l’immigration chinoise, aussi connue sous le nom de Loi d’exclusion des Chinois, qui interdit à presque tous les immigrants chinois d’entrer au Canada. Elle sera abrogée en 1947.


2. Les réfugiés juifs de la Seconde Guerre mondiale

Durant les grands bouleversements qui ont secoué l’Europe du 20e siècle, les États-Unis sont vus comme une terre d’accueil pour bien des gens qui fuient la guerre. Pendant le règne d’Hitler en Allemagne, le président Franklin D. Roosevelt s’est montré méfiant relativement à l’accueil de réfugiés juifs, car il craignait que des espions nazis se soient cachés parmi eux.

À cette époque, le gouvernement américain avait fixé à 26 000 le plafond du nombre de réfugiés provenant d’Allemagne – dont la majorité était juifs – admis annuellement aux États-Unis. Les experts estiment que durant la période hitlérienne, les autorités américaines ont rempli moins de 25 % de leur quota.

Un cas célèbre

À l’été 1939, le gouvernement américain refoule le Saint Louis, un paquebot transportant plus de 900 personnes d’origine juive, dont certaines avaient passé par les camps de concentration puis avaient été libérées à condition de ne jamais remettre les pieds en Allemagne. Les passagers du Saint Louis se font d’abord refuser l’accès au territoire cubain, puis au sol américain à partir de la mer des Caraïbes, car le quota américain est déjà atteint et le président n’a pas répondu à leur demande d’asile. Ce même bateau est également refoulé par le Canada. Le Saint Louis est donc contraint de rebrousser le chemin vers l’Europe. Selon les historiens, plus d’un quart des passagers auraient ensuite péri durant l’Holocauste.


3. La loi sur les anarchistes

Le 3 mars 1903, les États-Unis adoptent la Loi sur l’exclusion des anarchistes à la suite de l’assassinat du président William McKinley par Leon Czolgosz, un anarchiste né en sol américain de parents polonais.

William McKinley, le 25e président des États-Unis. Entré d’abord en fonction en 1897 et de nouveau en 1897, il se fait assassiner le 6 septembre 1901.

William McKinley, le 25e président des États-Unis. Entré d’abord en fonction en 1897 et de nouveau en 1897, il se fait assassiner le 6 septembre 1901. Photo : Associated Press

En plus d’interdire l’entrée aux immigrants soupçonnés d’adhérer aux courants anarchistes, la loi cible trois autres catégories d’individus : les épileptiques, les mendiants ainsi que les proxénètes et autres commerçants du sexe.

La loi est ensuite modifiée en 1918 pour permettre au gouvernement de déporter les anarchistes étrangers déjà au pays.

La Loi sur l’exclusion des anarchistes est la première à limiter l’accès au territoire américain sur la base de l’appartenance politique.


4. La chasse aux communistes

Après la Deuxième Guerre mondiale, l’agitation politique qui traverse les pays européens inquiète les autorités, et le « Red Scare », ou la peur des communistes, grandit.

Les États-Unis adoptent la Loi sur la sécurité intérieure en 1950. Cette première version d’une loi qui connaîtra plusieurs mutations interdisait l’accès au territoire américain aux potentiels communistes.

En plus de brimer considérablement les droits des individus en permettant des enquêtes extensives sur certaines personnes ou des arrestations arbitraires, elle rendait aussi possible la déportation des immigrants soupçonnés d’être membres du Parti communiste ou les empêchait d’obtenir la citoyenneté.

Le président de l’époque, Harry S.Truman, était un farouche critique de cette loi, qu’il a décrite comme le premier pas vers un état totalitaire. Il a opposé son veto présidentiel à la mesure, sans succès.

Certains éléments de la loi ont finalement été jugés anticonstitutionnels par la Cour suprême des États-Unis… au tournant des années 90.


5. Les représailles contre l’Iran

Dans la foulée de la crise de la prise d’otages américains en Iran en 1979, où 52 personnes ont été retenues contre leur gré dans l’ambassade américaine à Téhéran pendant 444 jours, l’administration du président Jimmy Carter a adopté une série de sanctions contre l’Iran. Parmi celles-ci, la fin de délivrance de visas américains pour tout ressortissant iranien.

Les sanctions ont graduellement été levées lorsque la crise s’est résorbée et l’immigration en provenance de l’Iran a de nouveau été autorisée en sol américain.

9 novembre 1979 : un Américain est pris en otage par des islamistes radicaux devant l'ambassade américaine à Téhéran, en Iran.

9 novembre 1979 : un Américain est pris en otage par des islamistes radicaux devant l’ambassade américaine à Téhéran, en Iran. Photo : The Associated Press

L’Iran figure à nouveau dans la liste des pays visés par des restrictions migratoires en raison du récent décret du président Donald Trump sur les pays musulmans.


6. La crainte des personnes séropositives

En 1987, le gouvernement américain décide d’interdire l’entrée aux personnes infectées par le VIH.

Sous la présidence de Ronald Reagan, le virus est ajouté à la liste des maladies dangereuses et contagieuses du registre du département de la Santé des États-Unis.

L’application de cette loi est particulièrement discriminatoire; à l’époque, des préjugés tenaces associent le sida à quatre groupes d’individus surnommés les « 4 H » : les homosexuels, les héroïnomanes, les Haïtiens et les hémophiles.

Le manque d’information sur la maladie donne également lieu à toutes sortes de rumeurs infondées, notamment le fait que le virus peut se transmettre par les voies respiratoires. Au cours des années, de nombreux scientifiques se sont levés pour dénoncer la mesure en rappelant qu’elle ne reposait sur aucune donnée scientifique valable.

Durant ses années au pouvoir, George W. Bush a entrepris de lever l’interdiction d’entrée visant les personnes séropositives. Ce processus sera finalement complété par Barack Obama au cours de son premier mandat, 22 ans après l’adoption de l’interdiction.

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Le Saviez-Vous ► Poux + bactéries = typhus, une maladie terrible


Le typhus est une maladie qui a beaucoup de morts à son actif. Il s’est fait connaitre dans le passé par les guerres, les camps de réfugiés, les catastrophes naturelles ainsi que dans les prisons surpeuplées. Il a réussi a décimés des peuples, des autochtones. Aujourd’hui, on entend moins parler, mais il est toujours possible de le rencontrer
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Poux + bactéries = typhus, une maladie terrible

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

En 1577 ont eu lieu des procès à Oxford en Angleterre qui reçurent le triste nom d’assises noires et qui entrèrent ainsi dans l’histoire. En réalité, les plaidoiries comme telles n’avaient rien d’extraordinaire si ce n’est le fait que les accusés souffraient de la fièvre des geôles et ont contaminé les magistrats ainsi que le public présent au tribunal. C’est plus de 300 personnes qui furent infectées, dont Sir Robert Bell, chancelier de l’Échiquier (ministre du gouvernement britannique chargé des finances et du trésor ainsi que du trésor de Sa Majesté), le shérif et le sergent assigné à la cause. Qui plus est, l’épidémie qui a suivi provoqua le décès de près de 10% de la population anglaise.

Le typhus était à ce point répandu dans les prisons qu’un emprisonnement jusqu’à la prochaine session du tribunal équivalait bien souvent à une sentence de mort. Cette fièvre mortelle pouvait toucher jusqu’à 25% des prisonniers.

De l’Antiquité jusqu’à nos jours

Plusieurs médecins et historiens ont affirmé que les épidémies en 430 av. J.-C. survenues durant la guerre du Péloponnèse, et celles des pestes parues en 429 av. J.-C. et 427 av. J.-C. étaient en réalité les manifestations du typhus. Périclès et ses deux fils aînés y ont succombé.

Les épidémies suivent le cours des guerres : Première révolution anglaise, guerre de Trente Ans, etc. Durant les guerres napoléoniennes, plus de soldats sont morts du typhus que sous les balles des ennemis.

Portrait de Girolamo Fracastoro

Ce n’est que vers les années 1083 que les premières descriptions furent consignées dans un couvent à proximité de Salerne en Italie. Près de 500 ans plus tard, le célèbre médecin florentin Girolamo Fracastoro en fit une description assez fidèle dans son traité De Contagione et Contagiosis Morbis. Lors du siège espagnol de la ville de Grenade en 1489, une chronique médicale fait mention d’une fièvre accompagnée de taches rouges sur le thorax, les bras et le dos, suivie successivement de délire et de la gangrène. Durant cette guerre, les Espagnols ont perdu 3000 hommes au combat et 17 000 autres qui ont péri du typhus ! On estime que durant la Première Guerre mondiale, le typhus a tué plus de 3 millions de personnes en Russie. La Deuxième Grande Guerre n’a pas non plus été épargnée et les camps de concentration furent des endroits de prédilection pour les poux et pour la transmission du typhus. La célèbre Anne Frank et sa sœur Margot en furent victimes.

Les épidémies suivent le cours des guerres : Première révolution anglaise, guerre de Trente Ans, etc. Durant les guerres napoléoniennes, plus de soldats sont morts du typhus que sous les balles des ennemis.

La fosse de Vilnius

À l’automne 2001, des ouvriers s’affairant à la construction d’un nouveau quartier découvrent à Vilnius en Lituanie, une fosse commune contenant les corps de près d’un millier de soldats. Les Lituaniens croient d’abord qu’il s’agissait des victimes de la répression stalinienne, mais réalisent très vite qu’il s’agit plutôt des soldats de la Grande Armée de Napoléon morts en décembre 1812. Il faut se rappeler que plus de 40 000 membres de cette illustre armée avaient péri lors de la défaite de Napoléon en Russie. Des recherches effectuées conjointement par des équipes françaises du CNRS et des chercheurs lituaniens dans ce charnier ont porté sur l’analyse des sols, les restes des tissus et des dents. Il fut alors démontré scientifiquement que plus de 30% de ces soldats avaient souffert et, pour la majorité, sont morts d’infections transmises par des poux. Celles-ci ont joué un rôle important dans la défaite de l’armée française. Les infections transmises ainsi furent identifiées comme étant la fièvre des poux (Bornelia recurrentis), la fièvre des tranchées (Bartonnella quintana) et le typhus (Rickettsia prowazekii). Cette découverte a pu être effectuée grâce à une nouvelle technique qui permet de déceler dans la pulpe des dents la présence d’ADN de ces microorganismes.

Le typhus au Canada

Le typhus serait apparu pour la première fois au Canada en 1659. En 1685, 20 personnes en moururent sur les 300 atteintes. Il aurait fait partie des neuf épidémies à Québec entre 1740 et 1759. Dans une tentative de reprendre Port-Royal, l’armée française envoya 3 150 soldats. Malheureusement pour elle, 2 400 de ceux-ci décédèrent du typhus. Le typhus tua aussi plus du tiers des Micmacs de cette région et Halifax fut littéralement décimée par le typhus qui emporta alors plus de 80% de sa population.

L’année 1847 marqua au pays de tristes records sur le plan de la mortalité due au typhus. On y recensa 9293 décès d’immigrants durant une traversée de l’Atlantique en provenance des îles britanniques et 10 037 autres répartis à Grosse-Isle, une station de quarantaines dans le Saint-Laurent, ainsi que dans les hôpitaux de Montréal, Québec, Kingston et Toronto. Le gouvernement canadien dut adresser une requête à l’Angleterre afin qu’on n’envoie plus de tels immigrants malades au Canada.

La science à la rescousse

On doit à Charles Nicolle d’avoir découvert dès 1909 que les poux étaient les vecteurs du typhus épidémique ce qui lui valut le prix Nobel de médecine et de physiologie en 1928. Nicolle a aussi pu développer un vaccin, mais qui n’était pas utilisable à grande échelle en raison surtout des difficultés de production. En 1910, un bactériologiste et pathologiste américain, Howard Taylor Ricketts, fut demandé au Mexique pour étudier une épidémie de typhus, appelé là-bas : tabardillo. Quelques jours après avoir identifié la bactérie responsable, Rickets décéda, infecté par le typhus. D’ailleurs un autre bactériologiste, l’Autrichien Stanislaus von Prowazek mourut aussi infecté après avoir découvert que la bactérie était responsable de l’épidémie de typhus en Serbie en 1913.

Un autre chercheur du nom de Henrique da Rocha Lima prouva finalement en 1916 que la bactérie qu’il nomma Rickettsia prawazekii , en l’honneur de Ricketts et Prowazek, était l’agent responsable de la maladie.

Rudolph Weigi


Quant aux vaccins, après celui de Nicolle en 1909 qui fut peu utile, Rudolph Weigl mit au point une méthode pratique et efficace de fabrication du vaccin, à partir du broyat des intestins des poux infectés. Il représentait cependant de nombreux dangers, car il pouvait facilement infecter ceux qui étaient chargés de le préparer. Grand savant, Weigl fut aussi un humaniste fort actif durant la Deuxième Guerre mondiale, cachant des juifs dans son institut de recherche et donnant en catimini des doses de ses vaccins dans des camps de concentration pour sauver des milliers de prisonniers du typhus. En 2003, l’État d’Israël l’honora en lui remettant à titre posthume la médaille du Juste parmi les nations. En 1938, le bactériologiste américain Herald R. Cox élabora une méthode plus sure et efficace de production du vaccin en utilisant des œufs embryonnés.

Un autre angle pour prévenir le typhus était le contrôle des poux. Le chimiste Othmar Zelder fut le premier à produire le DDT, ignorant qu’il s’agissait là d’un puissant insecticide en 1874. Ce n’est qu’en 1939 que Paul Herman Müller, travaillant chez Geigy, découvrit les vertus pesticides du DDT, il en reçut le prix Nobel en 1948. La compagnie fit part de cette découverte aux soldats tant du côté des alliés que chez les Allemands. Ces derniers toutefois demeurèrent plutôt indifférents à cette découverte qui aurait pu sauver des centaines de milliers de vies tant dans les camps de concentration que parmi les militaires.

Le typhus aujourd’hui

La vaccination, les antibiotiques et les pesticides ont diminué grandement la propagation du typhus de nos jours. Mais le typhus constitue toujours une menace et resurgit dès que les conditions le lui permettent : guerres, catastrophes naturelles, prisons surpeuplées, camps de réfugiés, etc. La guerre contre les microorganismes n’est, elle, jamais totalement gagnée.

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Le Saviez-Vous ► L’hépatite: 3000 ans d’histoire ou l’ABC d’une maladie


La jaunisse est une maladie connue depuis bien avant notre ère. Mais l’ABC de l’hépatite, il a fallu que des volontaires (plutôt victimes) de la Deuxième Guerre Mondiale, puis des enfants et autres personnes plus faibles pour mieux comprendre cette maladie
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L’hépatite: 3000 ans d’histoire ou l’ABC d’une maladie

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

«La jaunisse: si son corps est jaune, son visage jaune, ses yeux jaunes, si ses chairs deviennent flasques: c’est la jaunisse.»

Voici la description de la jaunisse telle que formulée près de sept cents ans avant Jésus-Christ sur des tablettes cunéiformes datant de l’apogée de l’empire Assyrien.

Une découverte surprenante

Issu d’une longue lignée d’érudits et d’aristocrates, Sir Austin Henry Lajard a connu, pour le moins, une vie bien remplie. Né à Paris en 1817, il fut connu comme un grand voyageur, un politicien engagé et un diplomate. On dit aussi de lui qu’il fut un collectionneur, un archéologue, un écrivain, un historien de l’art et un dessinateur. Passionné par les recherches archéologiques, il fut le premier à identifier Kuyunjik comme étant le site de l’ancienne ville de Ninive. Avec son protégé et élève Ormuzel Rassam, il découvrit dans les ruines d’un palais construit sous le règne d’Assurbanipal (668-626 ans avant J.C.), le dernier grand roi de l’Assyrie, une véritable bibliothèque constituée de 20 000 tablettes cunéiformes dont plus de 600 traitaient de la médecine.

De 1852 à 1880, Sir Lajard connaitra une carrière politique houleuse grâce à son caractère particulièrement enflammé. Il prit par la suite sa retraite à Venise où il consacra les dernières années de sa vie comme collectionneur et comme écrivain de l’histoire de l’art vénitien.

La première description d’une épidémie de jaunisse où l’on conseilla d’isoler les malades eut lieu à Mayence en Allemagne en 751 de notre ère.

La période antique

C’est dans le traité d’Hippocrate que l’on retrouve pour la première fois le mot ictère pour décrire cette maladie du foie. Il viendrait de la fouine (en grec: iktos), ce petit mammifère dont les conjonctives sont jaunes. Hippocrate préconisait un traitement qui, comme il l’écrivait : «réussissait dans la plupart des cas». Il s’agissait de ramollir la surface du corps par des bains chauds et lubrifier les intestins et la vessie, car selon l’illustre médecin, l’ictère est causé par une bile extrêmement agitée qui se fixe immédiatement au-dessous de la peau. Il était aussi d’usage d’appliquer des sangsues à l’anus. On pouvait aussi comprimer le ventre avec des bandelettes de tissu et faire respirer des odeurs fétides. D’autres auteurs de l’époque citèrent la jaunisse, dont Rufus d’Éphèse et Arétée de Cappadoce qui décrivait ainsi les symptômes de la maladie:

«La peau prend une teinte verdâtre ou d’un jaune qui tire sur le blanc, si les malades ont une jaunisse plus marquée; le sommeil est assez calme, peu troublé par des rêves. » (Arétée (de Cappadoce), Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aiguës et chroniques, traduit du grec par M. L. Renaud, médecin, Paris, 1834, p.119)

Le Moyen-Âge et la Renaissance

La première description d’une épidémie de jaunisse où l’on conseilla d’isoler les malades eut lieu à Mayence en Allemagne en 751 de notre ère. L’évêque de l’époque écrivit au pape Zacharie pour l’informer qu’une épidémie d’ictère faisait rage dans sa ville. Le Saint-Père lui conseilla d’isoler les malades pour éviter une contamination encore plus importante. Il faudra attendre près de 15 siècles plus tard pour que cette idée de maladie contagieuse refasse surface. Elle est due à un médecin italien dont nous avons souvent parlé dans cette chronique : le docteur Girolamo Fracastoro.

Dans son ouvrage paru en 1546 et intitulé De Contagione et Contagiosis Morbis, il soutient la thèse que les épidémies ne sont pas l’œuvre de la vengeance de Dieu, mais bien d’organismes vivants si petits qu’ils sont invisibles à l’œil nu, organismes qu’il nomme seminaria contigionis.

L’origine du sapin de Noël

Quant à l’évêque qui avisa le pape Zacharie de l’épidémie de jaunisse, il n’était nul autre que Saint Boniface. Une charmante légende lui est d’ailleurs attribuée. Voulant convaincre les druides des environs de Geismar que le chêne n’était pas un arbre sacré, il fit abattre le chêne de Thor, vénéré et adoré pour sa robustesse. En tombant, l’illustre arbre écrasa tout ce qui se trouvait sous lui sauf un jeune sapin. Comme au même moment, Boniface prêchait sur la Nativité, il aurait déclaré :

«Désormais, nous appellerons cet arbre, l’arbre de l’Enfant Jésus».

Décidément, Boniface avait l’esprit aussi religieux que scientifique…

Une jaunisse contagieuse

Il faut dire qu’on avait remarqué depuis longtemps que la jaunisse suivait les armées lors des opérations militaires. On parlait même de jaunisse des camps. Mais malgré toutes ces présomptions sur l’origine infectieuse de certaines hépatites, un grand pathologiste allemand et politicien allait camper des positions niant littéralement l’existence d’agents infectieux. Pour Rudolph Virchow, toute maladie trouvait son explication par l’anatomie et la pathologie. Il élabora alors la théorie de l’ictère catarrhale qui serait reliée à des poisons putrides formés dans l’intestin ou encore provoquée par un choc nerveux occasionné par le passage de la vie civile à la vie militaire. C’est de ces observations que nous viendrait l’expression populaire qui veut qu’une grande émotion puisse déclencher une jaunisse (… en faire une jaunisse).

Pourtant plusieurs illustres médecins de ces époques militaient en faveur d’autres causes. Ainsi pour J.-P. Herliz en 1761, les jaunisses pouvaient être dues aux temps humides, au manque de nourriture ainsi qu’à la peine, la tristesse et certains troubles psychiques. Georges Dieulafoy parlait en 1898 d’ictère vernal ou automnal (Jean-Louis Payen, L’histoire de la jaunisse : Des Sumériens à nos jours, CHU Toulouse, Journée d’hépatologie de l’Hôpital Henri Mondor, 2001)

On injectait différents produits humains (sang, urine, jus duodénal, selles, mucosités nasales, etc.) provenant de personnes présentant des jaunisses à des individus sains.

    Les preuves de l’origine infectieuse s’accumulent

    Ce n’est que vers la fin du 19e siècle que la première observation scientifique permit de relier une infection à une jaunisse et ce fut le fruit du hasard et du sens d’observation d’un médecin allemand, le Dr A. Lürman. En effet, celui-ci, officier de santé publique, vaccina 1 289 ouvriers des chantiers navals de Brème contre la variole. Lürman suivit ces ouvriers et remarqua que 191 d’entre eux eurent une jaunisse suite à ces vaccinations. Qui plus est, seuls ceux vaccinés avec un certain lot développèrent la maladie. Il publia ses observations dans une revue allemande, mais sa découverte passa quasiment inaperçue (Lürman A., Eine icterusepîdemie, Berliner Klinish Wochenschrift, 1885; 22 : 20-27).

    Il n’existait pas de modèle animal où il aurait été possible de transmettre la maladie, ce qui limitait de beaucoup les expérimentations permettant d’isoler le ou les agents infectieux. La Seconde Guerre mondiale allait apporter l’occasion de contrer ce problème en utilisant des «volontaires» humains pour étudier la maladie. Durant ces expérimentations, on injectait différents produits humains (sang, urine, jus duodénal, selles, mucosités nasales, etc.) provenant de personnes présentant des jaunisses à des individus sains. À part ces prisonniers de guerre plus ou moins volontaires (ce devait être plutôt difficile de refuser lorsqu’on vous offre le choix entre mourir sur le champ ou participer à une expérience), plus tard des enfants handicapés mentaux furent aussi recrutés pour prendre part à des expériences similaires. Suite à ces multiples résultats, il fut possible dès 1947 de dégager deux types d’hépatites: l’hépatite A, pour celle transmise par voie oro-fécale et l’hépatite B, pour celle transmissible par le sang et ses dérivés.

    La découverte des agents viraux pour les hépatites A et B se fit durant les années 1960-1970. Le concept de virus Non A Non B fut élaboré vers 1975 par Stephen Feinstone, un grand spécialiste américain qui publia ses résultats dans le New England Journal of Medicine. Ce virus prendra le nom d’hépatite C en 1989 grâce aux recherches de Q. Choo, G. Weiner et de leurs collaborateurs. Tel fut donc l’ABC de cette maladie.

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      Le Saviez-Vous ► Le changement d’heure : on avance ou on recule?


      On ne veut pas que l’hiver s’installe trop vite, alors on recule l’heure en fin de semaine au Québec. En Europe, ils l’ont fait la semaine dernière. Le changement d’heure ne fait pas le bonheur de tous, mais il été instauré puis abandonné et repris pendant les guerres mondiales et abandonnées et repris pour devenir une norme dans plusieurs pays.
      Nuage

       

      Le changement d’heure : on avance ou on recule?

       

      Un texte de Ève Christian

      L’un de ces deux moments de l’année qui créent souvent la confusion est revenu. On gagne ou on perd une heure cette fois-ci?

      Saviez-vous que l’un des initiateurs du changement d’heure serait Benjamin Franklin? En 1784, il lui est venu cette idée pour économiser l’énergie en rentabilisant la lumière solaire. Il a fallu attendre la fin du 19e siècle pour que cette pratique devienne officielle.

      Cette idée ne plaît pas à tous

      La plus forte opposition vient des agriculteurs. Si on change ainsi l’heure, leurs journées de travail sont plus longues, car ils ne peuvent pas commencer les travaux agricoles trop tôt en raison de la rosée encore bien présente au sol. Et il semble que ce ne soit pas une bonne idée de changer les habitudes de traite des vaches. Elles s’adaptent difficilement et font des montées de lait!

      Une femme trait une vache pendant qu’un homme tient la bête par une corne.

      Une femme trait une vache pendant qu’un homme tient la bête par une corne.   PHOTO : BANQ ROUYN-NORANDA, FONDS CANADIEN NATIONAL

      Au service des guerres mondiales

      C’est la Première Guerre mondiale qui donne le coup d’envoi pour avancer l’heure au printemps. L’importance d’économiser l’électricité et de bénéficier d’un surplus d’énergie pour fabriquer les munitions ou d’autres fournitures militaires a priorité sur la grogne des fermiers. Le Canada, l’Allemagne, l’Angleterre et les États-Unis avancent donc d’une heure au printemps. Mais cette pratique cause tellement de débats qu’à la fin de la guerre le gouvernement ramène tout le monde à l’heure normale.

      Entre les deux guerres, c’est un peu à la va-comme-je-te-pousse. Indépendamment les unes des autres, les municipalités décident par référendum de passer à l’heure avancée durant l’été, mais elles doivent obtenir l’approbation du gouvernement. Montréal, Sherbrooke et Québec adoptent cette pratique.

      Cependant, ce manque d’uniformité cause des décalages horaires entre deux villes peu éloignées l’une de l’autre : Montréal et Saint-Jérôme, dans les Laurentides, ont une différence d’une heure pendant quelques semaines en septembre 1929. En 1935, on décide de cesser ces changements d’heure personnalisés entre villes voisines.

      Durant la Deuxième Guerre mondiale, l’histoire se répète en quelque sorte. En 1942, on adopte un décret instaurant l’heure avancée toute l’année dans tout le Canada, ce qui devient avantageux pour les mesures de guerre. Mais en septembre 1945, on l’abolit à nouveau.

      La valse des aiguilles

      Pendant les quelque 20 années qui suivent, le changement d’heure perd de l’intérêt auprès de la population et, surtout, du gouvernement. Puis, les règles changent au fil du temps.

      • En 1963 : l’heure est avancée du dernier dimanche d’avril au dernier dimanche d’octobre.
      • En 1986 : l’heure est avancée du premier dimanche d’avril au dernier dimanche d’octobre. Ces trois semaines de plus à l’heure avancée visent à économiser des milliers de barils de pétrole annuellement.

      Depuis 2007 : l’heure est avancée du 2e dimanche de mars au 1er dimanche de novembre, afin de favoriser l’harmonisation des échanges économiques internationaux entre les États-Unis et le Canada.

      Comme les Gaulois

      Comme la Gaule devant Rome, une province canadienne résiste encore et toujours au changement d’heure : c’est la Saskatchewan qui garde la même heure toute l’année, en grande partie pour des raisons agricoles. En termes clairs, quand le Canada passe à l’heure avancée, la Saskatchewan ne bouge pas les aiguilles de ses horloges et se retrouve dans le même fuseau horaire que l’Alberta.

      Une horloge

      Une horloge   PHOTO : ISTOCKPHOTO

      À quelle heure faut-il changer l’heure?On peut très bien ajuster montres et horloges à notre coucher, selon notre convenance, quoique de plus en plus d’appareils électriques et électroniques fassent automatiquement le changement d’heure.

      Mais il est préférable de s’entendre sur un moment précis pour modifier les horloges et les réveils. Imaginez les rendez-vous manqués le dimanche matin si tout un chacun faisait ça à son goût. Donc, en 1966, on a décrété que le changement d’heure se ferait à 2 h dans la nuit du dimanche. Cela veut dire qu’à l’automne, il sera 1 h et au printemps, il sera 3 h.

      En pleine nuit, il y a aussi beaucoup moins de conséquences sur la vie quotidienne. De plus, cela évite la confusion entre les jours, car si on reculait l’heure à 0 h 1 le dimanche, on se retrouverait à nouveau le samedi pendant une heure supplémentaire. Et ça, c’est problématique…

      Les jumeaux nés une nuit de changement d’heure…

      Supposons que des jumeaux naissent dans la nuit du samedi au premier dimanche de novembre. L’aîné naît à 23 h 58, le samedi, et le cadet, à 0 h 5, le dimanche. Si la convention du retour à l’heure normale était à 0 h 1, l’heure de naissance du cadet se retrouverait alors à 23 h 5 et celui-ci deviendra donc l’aîné! En soi, ce n’est pas si grave, sauf si ces nouveau-nés sont de familles royales. Qui héritera de la couronne?

      Les acteurs et jumeaux Sullivan Sweeten et Sawyer Sweeten.

      Les acteurs et jumeaux Sullivan Sweeten et Sawyer Sweeten.   PHOTO : GETTY IMAGES/KEVIN WINTER

      Alors… on recule ou on avance?

      Voici un truc qui vous permettra de vous en souvenir pour la vie :

      • Vous aimez la belle saison? Vous avez hâte d’arriver à l’été? Simple : en avançant l’heure au printemps, on se retrouve plus vite en été!
      • À l’opposé, si, comme bien des gens, vous haïssez l’hiver, vous aimerez ce recul d’une heure vous permettant de profiter d’un court délai supplémentaire avant que le froid s’installe!

      Ou tirons profit de l’expression anglaise Spring forward, fall backward qu’on peut traduire par :

      « On avance vers le printemps, on recule à l’automne! »

      Une idée, comme ça

      Un Américain propose une idée farfelue pour modifier le changement d’heure au printemps. Au lieu d’avancer d’une heure dans la nuit du dimanche, pourquoi ne pas reculer de 23 heures? On se retrouverait alors le samedi une deuxième fois! Ainsi, on ne « perdrait » pas une heure de sommeil. On « gagnerait » presque une journée de repos!

      Mais je vous entends penser. Si on agit ainsi, les calendriers seront décalés d’une journée annuellement. Cet Américain a la solution. Tous les quatre ans, au lieu d’ajouter une journée, on pourrait alors soustraire trois jours. Lesquels? Lundi, mardi et mercredi, car, selon l’opinion publique ce sont les jours les moins populaires. Et on les retirerait de février qui est, de toute façon, déjà en déficit sur les autres mois.

      Et, tiens, pendant qu’on y est, profitez donc de ces moments pour changer les piles de vos détecteurs de fumée. Celle-là, c’est une bonne idée!

      http://ici.radio-canada.ca/

      Trois nouvelles épaves identifiées dans le Saint-Laurent


       

      Le Saint-Laurent a été le théâtre de batailles navales lors de la Deuxième guerre Mondiale. Les Allemands attaquaient les bateaux qui passaient dans les eaux québécoises
      Nuage

       

      Trois nouvelles épaves identifiées dans le Saint-Laurent

       

      En 2014, Samuel Côté a découvert une épave située au large de Sainte-Flavie. Il s'agit du Viking, qui a sombré en 1874.

      En 2014, Samuel Côté a découvert une épave située au large de Sainte-Flavie. Il s’agit du Viking, qui a sombré en 1874. Photo :  Urbania TV

      L’historien Samuel Côté et le Centre interdisciplinaire de développement en cartographie des océans (CIDCO) ont découvert trois épaves, au large du Cap-Gaspé, coulées par des sous-marins allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

      Les navires grecs Mount Pindus et Mount Taygetus, ainsi que le navire canadien Oakton, ont été identifiés par l’équipe à une profondeur de 215 mètres et à environ 34 kilomètres de la côte. Les trois navires ont été coulés par le sous-marin allemand U-517, du commandant Paul Hartwig, au printemps 1942. Le sous-marin a tiré trois torpilles qui ont toutes touché leurs cibles ce jour-là. Un navire a finalement récupéré les 78 survivants des trois navires torpillés.

      Depuis un mois, des missions en mer ont eu lieu pour cartographier les fonds marins à la recherche d’épaves de navires marchands coulés par les sous-marins allemands en 1942. Ces missions se sont déroulées au large de Cloridorme et du parc national Forillon. L’expédition en mer n’a toutefois pas permis d’identifier formellement les épaves des deux premiers navires torpillés de la Bataille du Saint-Laurent, soit le Nicoya et le Léto, coulés au large de Rivière-Madeleine.

      La Bataille du Saint-Laurent, une histoire qui refait surface
      Les U-Boat ont fait la loi dans le Saint-Laurent de mai à octobre 1942 et ont coulé 21 navires marchands qui devaient ravitailler l’Europe.
      Deux cent cinquante personnes sont mortes noyées, dont des passagers du traversier Caribou qui reliait le Cap-Breton et Terre-Neuve.

      L’historien Samuel Côté, surnommé le « chasseur d’épaves », souhaite faire connaître cet épisode méconnu de notre histoire, dont les 75 ans seront soulignés en 2017.

      La municipalité de Grande-Vallée veut aussi créer un centre d’interprétation sur la Bataille du Saint-Laurent.

      http://ici.radio-canada.ca/

      Le Saviez-Vous ► Un village polonais sauvé des nazis par une fausse épidémie


      La médecine a donné des possibilités de sauver des personnes des camps de concentration et de la mort grâce à une ruse d’un médecin lors de la Deuxième Guerre Mondiale
      Nuage

       

      Un village polonais sauvé des nazis par une fausse épidémie

      En Pologne, un village a été sauvé de la Seconde Guerre mondiale grâce à une fausse épidémie. Crédits photo : Wikimedia Commons

      En Pologne, à Stalowa Wola, une exposition célèbre l’exploit du docteur Eugene Lazowski qui fit croire aux autorités nazies à une infection généralisée de typhus dans le quartier de Rozwadów, à partir de 1942.

      Le musée de Stalowa Wola – ville qui englobe désormais la banlieu de Rozwadów – en Pologne, rend actuellement hommage à Eugene Lazowski, un illustre inconnu aux yeux du grand public.

      Pourtant, cet héroïque médecin polonais a sauvé la vie de 8.000 hommes femmes et enfants de confession juive durant la seconde guerre mondiale, en faisant croire aux nazis qu’une épidémie de typhus se propageait dans la région.

      Son engagement commença en 1942, lorsqu’un homme vint le consulter dans son cabinet pour échapper au camp de travail forcé. Lazowski décida de lui venir en aide en mettant en place une ruse audacieuse. Il savait que son ami Stanisław Matulewicz, également médecin, avait concocté un faux «vaccin» réalisé à partir de bactéries tuées qui ne provoquaient aucun symptôme sur le patient, mais qui réagissaient positivement au test de la maladie du typhus.

      Il décida d’expérimenter ce pseudo-vaccin sur le déserteur. L’opération fonctionna. Le paysan fut libéré de son travail dans les camps, ainsi que tous les membres de sa famille qui avaient été en contact avec lui. Lazowski réitéra l’opération auprès de plusieurs personnes de la ville et le développement de la fausse épidémie obligea les Allemands, effrayés à l’idée d’une propagation plus grave, à placer la ville en quarantaine. Douze ghettos juifs, soit près de 8.000 personnes de confession juive, furent ainsi sauvés des exécutions sommaires et d’expulsion dans des camps de concentration.

      Certes, l’histoire de Eugene Lazowski est moins connue que celle d’Oskar Schindler, car elle n’a jusqu’à présent pas eu les honneurs d’une adaptation cinématographique comme le fit Steven Spielberg. Pourtant, son action a permis de sauver six fois le nombre de vie que le juste allemand.

      La médecine contre la guerre

      Didier Durmarque, philosophe de la Shoah rappelle dans son ouvrage Philosophie de la shoah, le cas d’un autre médecin, français cette fois, qui a aussi lutté grâce à sa profession en refusant de participer aux expérimentations que lui avaient demandées les nazis.

      «Cela nous montre que la technique peut être un moyen au service d’une fin quand il y a une conscience de l’individu» ajoute le philosophe.

       

      http://www.lefigaro.fr/

      Le Saviez-Vous ► En 1945, un sous-marin allemand piégé par ses (trop) ingénieuses toilettes


      Un équipage d’un sous-marin allemand lors de la Deuxième Guerre Mondiale fut tué ou capturé à cause d’un manque de formation sur une nouvelle technologie pour les toilettes.
      Nuage

       

      En 1945, un sous-marin allemand piégé par ses (trop) ingénieuses toilettes

       

      Type VIIC/41 U-995. Laboe Naval Memorial via Wikipedia

      Type VIIC/41 U-995. Laboe Naval Memorial via Wikipedia

      Repéré par Jean-Laurent Cassely

      Pendant la Seconde Guerre mondiale, un U-Boot a failli couler à cause d’une mauvaise manipulation de la chasse d’eau par le capitaine… Résultat, l’équipage fut tué ou capturé.

      Le site War is Boring raconte l’histoire peu connue d’un sous-marin allemand de la Seconde Guerre mondiale de type VIIC, le U-1206, piégé par son système de chasse d’eau pourtant à la pointe du progrès de l’époque. Les Alliés avaient fait le choix d’installer une fosse septique dans leurs sous-marins, et stockaient donc les eaux usées pendant toute la durée de la mission. Les Allemands avaient pris de l’avance technologique en équipant leurs U-Boots d’un système de délestage des déchets organiques directement dans la mer, et naviguaient donc plus légers.

      Sur les premiers sous-marins, le système ne fonctionnait que lorsque le navire plongeait peu profondément, à un niveau où la pression sous-marine restait faible. Quand les vaisseaux plongeaient plus bas, l’équipage n’avait d’autre choix que de se retenir… Puis les ingénieurs allemands ont mis au point des toilettes dernier cri qui permettaient de tirer la chasse même sous haute pression. Les déchets étaient acheminés vers une série de sas sous pression, puis renvoyés dans les mers comme «une sorte de torpille de caca», selon l’expression imagée du site spécialisé.

      L’ingénieux système était tellement complexe qu’un opérateur était formé sur chaque sous-marin pour s’assurer de l’ordre exact dans lequel les valves devaient être ouvertes et fermées pour que les eaux partent dans la bonne direction.

      Il actionne la mauvaise pompe

      Lors d’une mission en avril 1945 en Mer du Nord, le jeune capitaine du U-1206, Karl-Adolf Schlitt, décide d’aller satisfaire ses besoins, mais il n’a pas été formé au maniement du système de chasse.

      Il appelle un ingénieur à l’aide, et celui-ci actionne la mauvaise pompe, «déversant accidentellement un torrent d’eaux usées et d’eau de mer dans le sous-marin» touchant les moteurs électriques, provoquant alors une réaction chimique dégageant du dioxyde de chlore.

      L’équipage doit faire surface, malheureusement pour lui à quelques miles des côtes écossaises, et est rapidement attaqué par l’aviation britannique qui tue plusieurs hommes. Le capitaine ordonne l’abandon du navire, et les membres de l’équipage furent capturés. Le capitaine est mort en 2009

      http://www.slate.fr/

      Adoptés par des familles séparées Deux jumeaux réunis après 70 ans


      Ce que les guerres peuvent faire. Détruire, séparer des familles. Combien n’ont jamais pu retrouver leurs parents, leurs frères et soeurs ?
      Nuage

       

      Adoptés par des familles séparées

      Deux jumeaux réunis après 70 ans

       

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      Capture d’écran BBC)

      Deux jumeaux, séparés peu après leur naissance à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ont été réunis pour la première fois en 70 ans. Le moment des plus émouvants a été capté dans une vidéo tournée par la chaîne publique britannique BBC.

      Les deux hommes de 69 ans, George Skrzynecky et Lucian Pznanski, sont nés en Allemagne où leur mère, polonaise, avait été envoyée dans un camp de concentration.

      À sa sortie du camp de travail forcé, la jeune maman a accouché, le 1er juin 1946, avant de tomber gravement malade. Devenue incapable de s’occuper de ses deux fils, elle s’est résignée à les confier en adoption. Ils ont alors été adoptés, en Pologne, par des familles séparées.

      (

      Capture d’écran BBC)

      Pendant de nombreuses années, les deux hommes ignoraient qu’ils avaient un frère jumeau.

      Une recherche entreprise l’an dernier seulement, dans le cadre d’un programme de la Croix-Rouge pour la réunification des familles, a permis aux deux frères de communiquer ensemble pour la première fois, ce qui a ensuite mené à ces retrouvailles magiques en Pologne.

      «Dans mon cœur, j’ai toujours eu le sentiment que j’avais un frère jumeau», a révélé Lucian à la BBC. «Ça m’est égal de gagner à la loterie, tout ce que je veux, c’est que mon frère demeure à mes côtés», conclut-il, avec un large sourire.

      (Capture d’écran BBC)

       

      http://tvanouvelles.ca/

      50 millions de dollars sous les mers


      Il y a sûrement de très grandes richesses cachées sous les vagues. Une épave le City of Cairo à été localisée et inspectée  pour y découvrir un gros trésor …  Il avait sombré dans l’océan à l’époque de la Deuxième Guerre Mondiale
      Nuage

      50 millions de dollars sous les mers

      Quelques unes des pièces d'argent retrouvées à bord du City of Cairo, coulé en 1942. Capture d'écran Facebook.

      Quelques unes des pièces d’argent retrouvées à bord du City of Cairo, coulé en 1942. Capture d’écran Facebook.

      Par Joël Ignasse

      Le navire britannique SS City of Cairo a coulé pendant la 2e guerre mondiale. Il a été retrouvé à 5150 mètres de profondeur, au large de la Namibie, avec un trésor de cent tonnes de pièces d’argent.

      CITY OF CAIRO. Le SS City of Cairo était un paquebot britannique appartenant à la société Ellerman Lines. Il assurait la jonction entre Bombay en Inde et l’Angleterre. Ce bâtiment a été torpillé le 6 novembre 1942, dans l’Atlantique Sud au large des côtes africaines, par un U-Boat allemand. Une équipe franco-britannique travaillant pour la société Deep Ocean Search (DOS) a retrouvé son épave et son trésor estimé à 50 millions de dollars.

      Une grande partie du trésor récupéré

      Deux torpilles tirées peu après 20 H 30 ce 6 novembre 1942 auront eu raison du City of Cairo qui a coulé en minutes, emportant avec lui 104 personnes dont 79 membres d’équipages. 154 autres (dont le capitaine) ont pu monter à bord de canots de sauvetage et ont été récupérées sains et saufs peu après. La Deep Ocean Search a décidé de partir à la recherche de cette épave en 2011 en se basant sur les rapports communiqués par le capitaine du sous-marin allemand et des officiers de navigation du paquebot pour la situer. Les experts, dont une vingtaine d’océanographes français, ont délimité une zone probable de recherche et l’ont arpenté, équipés d’un sonar construit pour l’occasion, un dispositif capable de sonder les fonds marins jusqu’à 6000 mètres de profondeur.

      RÉFLECTIVITE. En fait, ils ont finalement très vite repéré une cible qui ne semblait pas être naturelle mais aussi trop peu réflective pour représenter une épave. Des plongeurs et un robot sous-marin sont quand même allés vérifier sous l’eau et il s’est avéré qu’il s’agissait bien d’une épave, brisée en deux et en grand partie enfouie sous la boue (d’où cette faible réflectivité). Des explorations menées avec le robot ont confirmé qu’il s’agissait bien de l’épave du City of Cairo.

      Sous contrat avec le ministère britannique des transports, la société DOS a alors procédé à la remonté des quelques 2182 coffres contenant les pièces d’argent appartenant au Trésor. Selon le fondateur de la société, John Kingsford, une très grande partie des 100 tonnes d’argent ont pu être récupérées. Les plongeurs n’ont en revanche pas touché aux restes de la cargaison ni aux effets personnel des passagers. Ils ont finalement laissé sur l’épave une plaque commémorative avant de quitter les lieux définitivement en septembre 2013. Ce n’est que le 13 avril dernier que la société Deep Ocean Search a révélé sa découverte. Un portfolio de la recherche de l’épave et de la remontée du trésor peut être consulté sur leur site internet.

      http://www.sciencesetavenir.fr/

      Des Américains visitent le site du premier essai atomique


      Je comprends que des gens sont curieux de ce qui a marqué l’histoire du monde. Être fasciné de voir le premier essai de la bombe atomique me laisse perplexe. Moi, j’aurais un sentiment d’horreur pour toutes les victimes qui ont été irradiées et qui aujourd’hui encore, les effets sont encore présents, sans compter le désastre environnemental
      Nuage

       

      Des Américains visitent le site du premier essai atomique

       

      Josiah Fidel, âgé de 8 ans, joue dans... (Photo AP)

      Josiah Fidel, âgé de 8 ans, joue dans la poussière devant l’obélisque ommémorant le premier test d’explosion de la bombe atomique, au site de l’essai Trinity, à Alamogordo, au Nouveau-Mexique, dimanche.

      PHOTO AP

      Associated Press
      ALAMOGORDO, Nouveau-Mexique

      Des milliers de visiteurs se sont rendus au Nouveau-Mexique samedi pour visiter l’endroit où la première bombe nucléaire a explosé, il y a près de 70 ans.

      Plus de 5500 personnes venues de partout aux États-Unis ont pris part à la première des deux visites guidées offertes cette année au site de Trinity (du nom de code de l’essai atomique), selon les responsables du White Sands Missile Range. La seconde visite est prévue le 3 octobre.

      Au dire de la porte-parole Erin Dorrance, les gens sont fascinés par cet endroit qui marque un point tournant dans l’histoire.

      «Cela a rapidement mis fin à la Deuxième Guerre mondiale et a amorcé l’ère atomique, résume-t-elle. Ici, au milieu de nulle part, le Nouveau-Mexique a changé le monde il y a 70 ans.»

      L'essai Trinity, première explosion de la bombe atomique,... (Photo d'archives AP) - image 2.0

      L’essai Trinity, première explosion de la bombe atomique, à Alamogordo, au Nouveau-Mexique, le 16 juillet 1945.

      PHOTO D’ARCHIVES AP

      Le 16 juillet 1945, des scientifiques de Los Alamos ont fait exploser avec succès la première bombe nucléaire sur ce site nommé Trinity, près de la municipalité d’Alamogordo.

      Le vétéran des Marines Pete Rosada, 47 ans, est venu de San Diego avec un compagnon d’armes pour prendre part à la visite de samedi. L’homme a déjà visité Hiroshima et Nagasaki, les deux villes japonaises ciblées par des bombes atomiques à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

      «Cela boucle la boucle», a-t-il déclaré au Almogordo Daily News.

      Plusieurs équipes de tournage, dont certaines en provenance du Japon, se sont également déplacées pour l’évènement.

      De nombreux visiteurs se sont fait photographier près de l’obélisque marquant l’endroit exact où la première bombe a explosé. Ils ont aussi pu voir une coque d’acier qui avait été construite à titre de plan B pour éviter que le plutonium ne se répande durant l’explosion.

      Les touristes qui se sont joints au cortège automobile en direction du site à partir d’une école de Tularosa ont été accueillis par des manifestants du Tularosa Basin Downwinders, un groupe communautaire qui tente de sensibiliser le public aux impacts négatifs de l’explosion de cette bombe.

      Les membres du Tularosa Basin Downwinders cherchent à convaincre le Congrès américain d’inclure les résidants concernés du Nouveau-Mexique au nombre des bénéficiaires du Radiation Exposure Compensation Act de 1990.

      http://www.lapresse.ca/