Des doutes soulevés à l’interne avant même l’appel controversé de Trump


Au moins 4 personnes de la Sécurité nationale américaine se sont inquiété bien avant ce fameux appel en Ukraine dernièrement qui a provoquer la procédure de destitution. Les signes alarmants semble avoir commencé au printemps dernier.
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Des doutes soulevés à l’interne avant même l’appel controversé de Trump

PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERS

Le président américain Donald Trump

(Washington) Au moins quatre responsables américains de la sécurité nationale se sont inquiétés de la pression mise par la Maison-Blanche sur l’Ukraine pour obtenir des informations compromettantes sur Joe Biden avant même l’appel controversé entre Donald Trump et son homologue ukrainien, rapporte jeudi le Washington Post.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon le quotidien, leurs préoccupations ont émergé dès le mois de mai, avec le rappel brutal à Washington de l’ambassadrice des États-Unis en Ukraine, Marie Yovanovitch.

D’autres signaux alarmants, notamment le contenu de réunions à la Maison-Blanche, les ont poussés à en faire part au conseiller juridique du Conseil de sécurité nationale, John Eisenberg.

Leurs doutes se sont amplifiés après le 25 juillet et l’échange téléphonique de Donald Trump avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à l’origine de l’ouverture d’une enquête en vue d’une procédure de destitution du milliardaire républicain. 

« Cet échange a provoqué de vives inquiétudes chez les personnes l’ayant écouté en direct-des sonnettes d’alarmes ont retenti », confie au Washington Post une source proche du dossier, sous couvert de l’anonymat. « Les gens se demandaient ce qu’il fallait faire ».

Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, démis depuis de ses fonctions, a notamment été alerté par ses équipes, rapporte le quotidien. 

Mais le contenu de la conversation entre les présidents Trump et Zelensky n’a été rendu public que plusieurs semaines plus tard, après le signalement d’un mystérieux lanceur d’alerte, membre des services de renseignement.

Le Washington Post dit ne pas savoir si ce lanceur d’alerte a été informé des détails de l’échange par l’un ou plusieurs de ces responsables

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L’administration Trump bloque le témoignage de Gordon Sondland


Cette enquête en vue de la destitution de Donald Trump est vraiment spéciale. Autant que le président fait tout pour compliquer les choses, (Selon un juge, il doit donner son rapport d’impôts, il a encore réussit a le retarder, il ne veut pas qu’un ambassadeur témoigne) c’est comme s’il y avait quelque chose de plus gros à cacher, ou qu’il sait qu’il est en tord, mais comme il est le président, il s’imagine que cela ne regarde pas les autres qui sont contre lui.
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L’administration Trump bloque le témoignage de Gordon Sondland

Gordon Sondland peu avant une rencontre avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne

Gordon Sondland, ambassadeur américain auprès de l’Union européenne.

PHOTO : REUTERS / FRANCOIS LENOIR

L’administration Trump a empêché Gordon Sondland, l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, de comparaître mardi devant un comité de la Chambre des représentants chargé de l’enquête pour la destitution du président Donald Trump.

L’avocat de l’ambassadeur Sondland a indiqué dans un communiqué que son client est « profondément déçu de ne pas pouvoir témoigner », car il s’est rendu « à Washington depuis Bruxelles afin de préparer son témoignage et d’être disponible pour répondre aux questions du Comité ».

M. Trump a donné sa version de la raison pour laquelle l’envoyé a été bloqué, lançant sur Twitter :

« J’aimerais envoyer l’ambassadeur Sondland » témoigner, « mais il témoignerait malheureusement devant un tribunal factice totalement malhonnête ». Il a ensuite ajouté que les « faits véritables » sont cachés au public.

La plainte d’un lanceur d’alerte et les textos publiés par un autre envoyé présentent M. Sondland comme un témoin potentiellement important face aux allégations selon lesquelles le président républicain aurait cherché à salir un rival démocrate au nom de la politique étrangère.

M. Sondland devait faire face mardi à des questions sur cet épisode. Pour la deuxième fois en deux semaines, les législateurs auraient alors interrogé en privé un ambassadeur sur les pressions du président pour que l’Ukraine enquête sur le démocrate Joe Biden avant les élections présidentielles de 2020.

Des textos dévoilés par des démocrates de la Chambre montrent que M. Sondland et un autre ambassadeur nommé par M. Trump ont tenté de convaincre l’Ukraine d’accepter d’enquêter sur une éventuelle ingérence dans l’élection présidentielle de 2016 et de se pencher sur une entreprise énergétique qui avait nommé Hunter Biden, le fils de Joe Biden, à son conseil d’administration.

En retour, les représentants américains auraient fait miroiter au nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky la possibilité d’une rencontre avec M. Trump à Washington. Rien ne permet de croire à des malversations de la part de M. Biden ou de son fils.

Parmi les messages les plus frappants, M. Sondland cherche à rassurer un troisième diplomate sur le fait que leurs actions sont appropriées.

Il a été révélé mardi que M. Sondland avait envoyé ce texto après avoir appelé M. Trump directement et s’être fait dire qu’il n’y avait pas d’échanges de faveurs promis.

M. Sondland aurait contacté M. Trump parce qu’il s’inquiétait des alarmes déclenchées par l’autre ambassadeur, William Bill Taylor, le chargé d’affaires à l’ambassade américaine en Ukraine, selon une personne proche de l’échange.

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Trump et l’affaire ukrainienne: un 2e lanceur d’alerte donne des informations


Un deuxième lanceur d’alerte des Services de renseignement aurait fait une déposition à propos de l’échange téléphone du Président des États-Unis avec l’Ukraine. Il semble qu’il puisse en avoir un autre voir plus. Donald Trump doit taper du pied ….
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Trump et l’affaire ukrainienne: un 2e lanceur d’alerte donne des informations

Photo: Chip Somodevilla/Getty ImagesDonald Trump

Un deuxième lanceur d’alerte a livré des informations de première main sur l’affaire ukrainienne qui vaut au président américain Donald Trump une procédure de destitution initiée par ses adversaires démocrates, a indiqué l’avocat de ce membre des services de renseignement.

«Je peux confirmer les informations concernant un second lanceur d’alerte défendu par notre équipe juridique», a écrit Mark Zaid, en retweetant des informations de la chaîne ABC qui, le citant, évoquait un «membre des services de renseignement».

Cette personne a «également fait une déposition protégée par la loi et ne peut pas subir de représailles. Ce lanceur d’alerte a des informations de première main», souligne Mark Zaid.

Un autre avocat de sa firme a laissé entendre qu’il pourrait y avoir plus que deux lanceurs d’alerte.

«Je peux confirmer que mon cabinet et mon équipe représentent plusieurs lanceurs d’alerte», a tweeté Andrew Bakaj.

Le cabinet de Mark Zaid défend les intérêts d’un premier membre des services de renseignement qui avait signalé qu’une conversation téléphonique du 25 juillet entre Donald Trump et son homologue ukrainien était selon lui inappropriée.

Le président américain avait, lors de cet appel, demandé à Volodymyr Zelensky de l’aider à rassembler des informations compromettantes sur le candidat démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020.

Le premier lanceur d’alerte s’était inquiété du contenu de l’appel entre les présidents américain et ukrainien, jugeant que M. Trump avait «sollicité l’ingérence» de l’Ukraine dans la campagne pour sa réélection et accusant la Maison-Blanche d’avoir cherché à «étouffer le scandale».

Ce membre des services de renseignement américains avait précisé qu’il n’avait pas directement assisté à l’appel mais avait échangé avec plus d’une demi-douzaine de responsables «très troublés» par l’échange.

Les démocrates ont annoncé le 24 septembre l’ouverture à la Chambre des représentants d’une enquête dans le cadre d’une rare procédure de destitution contre Donald Trump.

Cette procédure devrait à ce stade buter sur la majorité républicaine au Sénat, où aurait lieu son éventuel «procès» si la Chambre, à majorité démocrate, votait sa mise en accusation (impeachment).

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Cruciaux pour Trump, les sénateurs républicains fidèles… mais distants


Il semble que Donald Trump parle d’un risque d’accusation sachant que les républicains se font plus silencieux pour le défendre. Même si 2 de ces républicains ont dit tout haut qu’il était inadmissible les demandes d’aide étrangères pour des enquêtes sur un candidat démocrate. Cependant, il faudrait au moins 20 républicains pour arriver à des accusations et l’argent pour Donald Trump en vue de sa réélection risque d’être un moyen pour faire taire les langues.
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Cruciaux pour Trump, les sénateurs républicains fidèles… mais distants


PHOTO KEVIN LAMARQUE, REUTERS

Donald Trump et Joni Ernst

Ils détiennent la clé de l’avenir politique de Donald Trump, menacé par une procédure de destitution : malgré de (très) rares voix critiques, les sénateurs républicains semblent encore garantir la survie du président américain. Mais leur soutien se fait cette fois plutôt discret, parfois même embarrassé.

ELODIE CUZIN
AGENCE FRANCE-PRESSE

C’est en visite dans leurs circonscriptions que les sénateurs, en pleines vacances parlementaires, ont été surpris par les derniers rebondissements en date de l’affaire ukrainienne, qui a précipité l’ouverture par les démocrates de cette procédure explosive. 

« Vous restez là, silencieuse, et votre silence le soutient », a lancé, sous les applaudissements, une électrice à la sénatrice républicaine Joni Ernst lors d’une réunion publique, jeudi dans son État de l’Iowa.

« Je ne peux pas parler pour lui », a répondu la sénatrice, assise, l’air grave. « Mais vous pouvez parler pour vous-même », l’interrompt la jeune femme, sur une vidéo du Washington Post. « Quand allez-vous dire “Assez” ? »

Plongé dans la tourmente, car les démocrates le soupçonnent d’avoir fait pression sur le président ukrainien pour qu’il enquête sur Joe Biden, son possible rival à la présidentielle en 2020, Donald Trump avait un peu plus tôt, suggéré, provocateur, que la Chine enquête à son tour sur l’ancien vice-président américain. 

Interrogée par l’électrice sur cette déclaration-choc, la sénatrice Ernst a détourné la conversation avec une allusion aux allégations – jusqu’ici non étayées – de corruption en Chine et en Ukraine que répète à l’envi le président contre la famille Biden. 

« La corruption, peu importe où elle se passe, doit être combattue partout ». 

Une ligne de contre-offensive largement reprise par les républicains, qui utilisent parfois les mêmes éléments de langage dans leurs réponses ces derniers jours. 

Mais lorsqu’il s’agit de défendre fermement le président américain, les commentaires se font plus évasifs. 

Fidèle allié du milliardaire aux salves souvent spectaculaires pour le défendre, le sénateur Lindsey Graham a déclaré jeudi au Washington Post qu’il ne soutenait pas la demande d’aide à la Chine de M. Trump. 

« Le président se défend », a-t-il poursuivi plutôt timidement. « Il sent que tout le monde cherche à l’avoir tout le temps alors qu’il n’a rien fait de mal ».

Trump met en garde

Dans une procédure de destitution aux États-Unis, la Chambre des représentants doit d’abord voter une mise en accusation (« impeachment »), avant que le Sénat ne mène le « procès » sur la base de cette « inculpation ».

Compte tenu de la solide majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump a reconnu publiquement vendredi qu’il risquait bien d’être mis en accusation… Puis il a lancé une menace à peine voilée aux sénateurs républicains qui seraient tentés de faire défection. 

« J’ai un taux de popularité de 95 % au sein du parti républicain », a-t-il souligné, alors que plusieurs joueront leur réélection en 2020.

Or l’ire du président aux 65 millions d’abonnés sur Twitter est restée gravée dans la mémoire de plus d’un ex-candidat républicain vaincu après avoir été la cible de ses critiques.

Des voix, pourtant, se risquent à le défier

« L’appel éhonté et inédit du président à la Chine et à l’Ukraine pour qu’elles enquêtent sur Joe Biden est condamnable et épouvantable », a tonné l’ex-candidat républicain à la présidentielle Mitt Romney, élu au Sénat avec une large majorité en 2018.

Prenant plus de risques, car il jouera lui son siège en 2020, Ben Sasse, autre sénateur républicain régulièrement critique de l’homme d’affaires, est aussi entré dans l’arène :

« Attendez un peu : les Américains ne cherchent pas la vérité auprès des cocos (communistes, NDLR) chinois », a-t-il lancé dans les pages du Omaha World-Herald. 

Mais pour que le milliardaire new-yorkais soit destitué, les démocrates devraient convaincre au moins 20 sénateurs républicains de voter avec eux, sans aucune défection de leur côté. Une éventualité qui apparaît encore très improbable. 

Habile stratège, le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell s’est en tout cas saisi de cette perspective pour se poser en rempart protégeant Donald Trump… et jouer sur sa popularité pour appeler aux dons afin de financer sa propre campagne de réélection. 

« Vous connaissez tous votre Constitution. La façon d’arrêter l’“impeachment”, c’est avec une majorité républicaine, et moi comme chef de la majorité », a-t-il lancé dans un spot publié sur Facebook jeudi. « Mais j’ai besoin de votre aide. Merci de contribuer avant la date limite ». 


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Menacé de destitution, Trump franchit un nouveau cap dans la provocation



Moi qui me plains des élections au Canada que c’est des chicaneries de cours d’école. Aux États-Unis, ils ne sont pas vraiment en période d’élections, mais bon. Je trouve quand même curieux ce que Donald Trump peut énoncer. La procédure de destitution a été déclencher suite a un appel au gouvernement de l’Ukraine pour faire une enquête sur Joe Biden et son fils, alors pourquoi en remettre en disant qu’il pourrait demander à la Chine d’en faire autant ? Il fait exprès ou quoi ? Malheureusement pour Joe Biden qui sera dans la course pour la présidence est quand même écorché par Donald Trump qu’il est raison ou tort. Je ne sais pas moi, mais être républicain, j’aurais des maux de tête  à voir Donald Trump agir de la sorte et je voudrais qu’on puisse limiter les dégâts en lui montrant la porte.
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Menacé de destitution, Trump franchit un nouveau cap dans la provocation

PHOTO AFP

Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping se sont rencontrés lors du sommet du G20 à Osaka, en juin dernier.

(Washington) Après Kiev, Pékin. Menacé par une procédure de destitution, Donald Trump a ouvertement suggéré jeudi que la Chine enquête sur son rival Joe Biden, provoquant l’indignation des démocrates qui l’accusent de chercher « encore une fois » l’aide d’une puissance étrangère pour influencer la présidentielle américaine.

CHARLOTTE PLANTIVE
AGENCE FRANCE-PRESSE

L’enquête menée par les démocrates est entrée dans le vif du sujet jeudi, avec la longue audition à huis clos d’un premier témoin clé au Congrès.

Le président américain est sous la menace d’une mise en accusation (« impeachment ») parce qu’il a demandé à son homologue ukrainien de l’aider à rassembler des informations compromettantes sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020.

Martelant que son échange avec Volodymyr Zelensky était « parfait », Donald Trump a franchi un nouveau cap jeudi en déclarant qu’il pourrait « assurément » formuler la même demande auprès du président chinois. 

Le milliardaire républicain répète à l’envi que Joe Biden et son fils Hunter ont « arnaqué la Chine et l’Ukraine ».

« La Chine devrait lancer une enquête sur les Biden parce que ce qui s’est passé en Chine est tout aussi grave que ce qui s’est passé en Ukraine », a-t-il insisté jeudi. 

« Monsieur le président, vous ne pouvez pas extorquer des gouvernements étrangers pour vous aider à être réélu », a réagi le premier intéressé, Joe Biden, sur Twitter. « Je sais que vous voulez truquer la primaire (démocrate, NDLR) et choisir votre rival, mais je ne vais ne vais pas bouger d’ici », a poursuivi l’ancien vice-président américain.

Ulcéré par une procédure qui, même si elle a peu de chances d’aboutir à sa destitution pour cause de majorité républicaine au Sénat, jette une ombre sur sa campagne de réélection, Donald Trump est embarqué dans une surenchère verbale, dénonçant les « conneries » des démocrates et même un « coup d’État ».

Les derniers sondages montrent un soutien en hausse des Américains à cette procédure de destitution. Mais aussi que ses nombreux tweets, messages et spots publicitaires contre M. Biden semblent avoir un impact : 41 % des personnes interrogées veulent qu’on étudie de plus près les liens des Biden avec l’Ukraine, selon USA Today jeudi.

Giuliani en enquêteur

Hunter Biden, avocat et financier, a siégé au comité de surveillance d’un groupe gazier ukrainien et a investi en Chine quand son père était vice-président de Barack Obama.

Il n’a jamais été inquiété par la justice de ces pays. Mais pour Donald Trump et son entourage, Hunter Biden a profité de la position de son père pour s’enrichir. De plus, accusent-ils, Joe Biden a réclamé la tête d’un procureur ukrainien pour protéger son fils. 

En 2015, l’ancien vice-président a bien demandé le limogeage du procureur général ukrainien, mais dans le cadre d’une campagne internationale de lutte contre la corruption, lancée parce que ce responsable était soupçonné d’entraver les réformes.

Il y a quelques mois, l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, a entamé des démarches auprès des autorités ukrainiennes pour tenter de les convaincre d’ouvrir une enquête sur les Biden. 

Et dans un entretien téléphonique fin juillet, Donald Trump avait demandé au président ukrainien de « se pencher » sur le dossier et d’en discuter avec son avocat.

C’est cet appel, rendu public après le signalement d’un mystérieux lanceur d’alerte, qui lui vaut aujourd’hui d’être menacé par une procédure de destitution.

Les démocrates estiment que le locataire de la Maison-Blanche a abusé de son pouvoir à des fins électorales personnelles.

Longue audition

Dans le cadre de leur enquête, ils ont convoqué jeudi matin à la Chambre des représentants Kurt Volker, qui fut envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine jusqu’à sa démission vendredi, peu après la publication de cette convocation. L’audition devrait durer jusque tard dans l’après-midi, ont indiqué des parlementaires. 

Un élu républicain, Lee Zeldin, a affirmé que son témoignage contredisait l’idée que Donald Trump avait menacé de suspendre une aide militaire en échange de l’aide ukrainienne. Les démocrates ne s’étaient auparavant pas exprimés publiquement sur le contenu après quelque sept heures de réunion.

Selon le rapport du lanceur d’alerte, M. Volker s’est rendu à Kiev le lendemain de l’appel entre MM. Trump et Zelensky afin de « donner des conseils aux autorités ukrainiennes sur la manière de “composer” avec les demandes du président ».

Avant cet échange, il leur avait déjà parlé des moyens de « répondre aux messages différents qu’ils recevaient par les canaux officiels américains et M. Guiliani ». 

De l’aveu du département d’État, M. Volker a également aidé à organiser une rencontre entre Rudy Giuliani et un membre de l’entourage de M. Zelensky. 

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Sous pression, Donald Trump tire tous azimuts


    Donald Trump sent-il que sa présidence est plus en danger aujourd’hui que l’enquête sur les dossiers de la Russie, lors des dernières élections aux États-Unis ? À voir comment il se débat, il y a probablement anguille sous roche ..
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    Sous pression, Donald Trump tire tous azimuts

    Le poing levé, le président Trump répond à la question d'un journaliste.

    Interrogé sur son appel à son homologue ukrainien, le président Trump a notamment attaqué les médias et les démocrates.

    PHOTO : REUTERS / KEVIN LAMARQUE

    Sophie-Hélène Lebeuf

    16 h 02 | Mis à jour à 16 h 46

    Visé par une enquête pour destitution dans l’affaire ukrainienne, le président américain a de nouveau tempêté, mercredi, dénonçant « la plus grande des supercheries ». Loin de reculer, les démocrates ont brandi la menace d’injonctions si la Maison-Blanche ne coopère pas.

    Un peu plus d’une semaine après l’ouverture de l’enquête lancée à son endroit par les démocrates, le président américain a renouvelé ses attaques virulentes contre les démocrates, le lanceur d’alerte, l’ex-vice-président démocrate Joe Biden, l’enquête Mueller sur la Russie et les médias corrompus.

    Pressé de questions sur son entretien avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, du 25 juillet dernier, qui l’a plongé au centre d’une tempête politique, Donald Trump n’a pas retenu sa mauvaise humeur au cours d’un point de presse avec son homologue finlandais, Sauli Niinisto.

    Au cours des derniers jours, Donald Trump a évoqué un coup d’État, une trahison et agité le spectre d’une guerre civile advenant sa destitution.

    À ses côtés, le président finlandais a semblé le mettre en garde au début de la conférence de presse :

     Monsieur, le Président, vous avez ici une grande démocratie. Gardez-la intacte.

    Commentant la menace des démocrates de soumettre la Maison-Blanche à des ordonnances de production de documents, brandie quelques heures plus tôt, le président Trump s’en est pris à la présidente de la Chambre des représentants.

    Elle distribue des injonctions comme des biscuits, a-t-il lancé.

Nous ne plaisantons pas, avertissent les démocrates

    Les comités de la Chambre des représentants menant l’enquête ont pour leur part indiqué qu’ils recourront une injonction pour forcer la Maison-Blanche à lui remettre les documents liés à l’affaire ukrainienne si elle ne le fait pas d’elle-même d’ici vendredi.

    Au cours des dernières semaines, la Maison-Blanche a refusé de se conformer volontairement aux requêtes des comités de la Chambre qui désirent obtenir les documents liés au dossier.

    Nous ne plaisantons pas ici, a prévenu au cours d’une conférence de presse le président du comité du renseignement de la Chambre, Adam Schiff, qui mène la charge dans cette enquête. Nous ne voulons pas que cela traîne pendant des mois et des mois, ce qui serait la stratégie de l’administration [Trump].

    Si la Maison-Blanche tente de faire obstruction dans ce dossier comme elle l’a fait avec d’autres comités par le passé, cela sera considéré comme une entrave à la justice, a-t-il prévenu. Une telle accusation pourrait donc s’ajouter aux charges pour une éventuelle mise en accusation en vue d’une destitution, a indiqué M. Schiff.

    Sophie-Hélène Lebeuf

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      «Trahison», «guerre civile»… Donald Trump n’a pas de limites


      Le pays américain est une grande scène de théâtre dramatique. Donald Trump ne démontre pas du tout qu’il est  »capable » de gouverner les USA. Il cherche plus à détruire qu’à unir. Avec toute son agitation, je me demande s’il n’envoie pas des sous-entendus à ses supporteurs en parlant d’une guerre civile ? En tout cas, je plains sérieusement les Américains d’être dans une instabilité palpable depuis qu’il est au pouvoir.
      Nuage


      «Trahison», «guerre civile»… Donald Trump n’a pas de limites

      «Trahison», «guerre civile»… Donald Trump n’a pas de limitesPhoto: Evan Vucci/APDonald Trump

      Sous la menace d’une procédure de destitution, Donald Trump a encore fait monter d’un ton la surenchère verbale – visiblement sans limites – dans laquelle il s’est engagé.

      Au milieu d’une rafale de tweets à la tonalité particulièrement agressive, le 45e président des États-Unis est allé jusqu’à suggérer lundi matin de faire «arrêter» pour «trahison» Adam Schiff, élu démocrate du Congrès.

      Ce dernier supervise l’enquête du Congrès centrée sur les pressions exercées par Donald Trump sur son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’il mène des investigations sur Joe Biden, son possible adversaire en 2020.

      «Adam Schiff a fait, illégalement, une déclaration FAUSSE et terrible, sur mon échange avec le président ukrainien (…) Cela n’a rien à voir avec ce que j’ai dit. Doit-il être arrêté pour trahison ?», a lancé M. Trump, donnant l’image d’un président aux abois.

      Les démocrates ont ouvert il y a six jours une enquête contre le président en vue d’une destitution. Si la Chambre, aux mains de l’opposition, vote la mise en accusation (impeachment) de Donald Trump, il reviendra ensuite au Sénat, à majorité républicaine, de le juger.

      Donald Trump assure que son échange téléphonique estival avec Volodymyr Zelensky n’avait rien de répréhensible et a dénoncé une «chasse aux sorcières» orchestrée selon lui par ceux qui n’ont pas réussi à le battre dans les urnes.

      Piqué au vif, conscient que ces développements pourraient avoir un impact sur la présidentielle de novembre où il entend briguer un second mandat, il multiplie les attaques, tous azimuts.

      Dans la capitale fédérale américaine, une question revient en boucle: jusqu’où ira-t-il?

      Ce week-end, il a retweeté les propos sur Fox News d’un prédicateur baptiste du Texas, Robert Jeffress, qui est depuis 2016 l’un de ses plus fervents partisans.

      «Si les démocrates réussissent à contraindre le président à quitter son poste, cela entraînera une fracture digne de la guerre civile dont notre pays ne guérira jamais», affirmait ce dernier.

      Donald Trump, «au-delà du répugnant»

      Si, dans l’ensemble, les élus républicains font pour l’heure bloc derrière lui, l’un d’eux, Adam Kinzinger, représentant de l’Illinois à la Chambre des représentants, a fait part de son indignation.

      «J’ai visité des pays ravagés par la guerre civile, Donald Trump. Je n’aurais imaginé qu’une telle phrase puisse être répétée par un président», a-t-il tweeté. «C’est au-delà du répugnant».

      Fait remarquable, son ancien conseiller à la sécurité intérieure, Tom Bossert, a lui aussi exprimé son exaspération face aux tentatives du président et de ses proches de ressusciter une sombre théorie selon laquelle l’Ukraine, et non la Russie, auraient piraté les emails du parti démocrate lors de la campagne de 2016.

      «C’est non seulement une théorie du complot mais elle a été complètement démontée», a-t-il déploré sur ABC.

      Les parlementaires démocrates ont envoyé vendredi leurs premières injonctions à comparaître, sommant notamment le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo de leur livrer des documents nécessaires à leur enquête.

      Reste maintenant à déterminer qui exactement sera appelé à témoigner.

      Rudy Giuliani, dont le nom revient avec insistance, a encore une fois brouillé les pistes dimanche, assurant qu’il «refuserait» de coopérer avec Adam Schiff, puis qu’il s’y résoudrait si son client Donald Trump «lui demandait».

      L’équipe de campagne de Joe Biden a envoyé une lettre aux principales chaînes de télévision américaines pour leur demander d’arrêter de donner la parole à M. Giuliani, le qualifiant de «substitut de Donald Trump qui a prouvé qu’il mentait de façon consciente et intentionnelle», selon une copie de la missive divulguée par le New York Times.

      Dans ce contexte de grande tension à Washington, l’ancien sénateur républicain Jeff Flake, farouche détracteur de Donald Trump, a appelé les élus de son parti à, enfin, donner de la voix.

      «Mes amis républicains, le temps est venu de mettre votre carrière dans la balance au nom de vos principes. Que vous pensiez ou non qu’il mérite d’être destitué, vous savez qu’il ne mérite pas d’être réélu» a-t-il écrit dans une tribune publiée lundi dans le Washington Post.

      «Notre pays aura d’autres présidents. Mais les principes, eux, ne sont pas interchangeables».

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