D’un « appel parfait » à « je suis l’Élu », l’année Trump en 25 citations




D’un « appel parfait » à « je suis l’Élu », l’année Trump en 25 citations

Le président Trump lève la main

Les propos tenus par le président Trump cette année ont soulevé la controverse à plus d’une reprise.

PHOTO : GETTY IMAGES / DREW ANGERER

Al-Baghdadi « mort comme un chien », le président turc exhorté à ne pas faire « l’idiot », Greta et son « problème de gestion de la colère » : le président américain a plus d’une fois marqué l’année avec des déclarations controversées qui tranchent souvent avec le style et le vocabulaire de ses prédécesseurs.

Sophie-Hélène Lebeuf

Notre résumé n’a pas la prétention d’être exhaustif, car le président qui tweete plus vite que son ombre n’a pas le clavier sans sa poche. Tour d’horizon des citations qui ont retenu notre attention en 2019.

Pas d’entente avec Kim Jong-un à Hanoï

28 février – Après leur tête-à-tête historique de l’an dernier, Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, réunis au Vietnam, mettent abruptement un terme à leur deuxième rencontre sans avoir pu s’entendre sur la dénucléarisation de la Corée du Nord. Le président américain attribue l’échec du sommet aux exigences nord-coréennes sur la levée des sanctions.

C’est tout un gars et tout un personnage, et je pense que notre relation est très forte. […] [Mais] parfois, il faut partir. Donald Trump

Dangereuses éoliennes

2 avril – S’adressant à des républicains, le président Trump critique les éoliennes, qui font chuter le prix des maisons et qui ont selon lui des répercussions sur la santé.

Et ils disent que le bruit cause le cancer. Donald Trump

Enquête Mueller : fin de la partie

18 avril – Fruit de deux ans d’enquête, le rapport du procureur spécial Robert Mueller démontre sans équivoque l’ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016. Les indices sont toutefois insuffisants pour conclure à une coordination entre la campagne Trump et Moscou. Par ailleurs, le procureur spécial n’exclut pas le fait que le président américain ait entravé la justice pendant l’enquête.

Sur Twitter, le président républicain se réjouit d’une exonération totale.

Pas de collusion, pas d’obstruction. Donald Trump

Quand Trump blague avec Poutine sur l’ingérence de Moscou

28 juin – Avant sa rencontre à huis clos avec son homologue russe, en marge du Sommet du G20 à Osaka, au Japon, Donald Trump se fait demander par une journaliste s’il lui demandera de ne pas s’ingérer dans l’élection américaine de 2020. Évidemment que je vais le faire, répond-il en échangeant un sourire avec son vis-à-vis.

Ne vous mêlez pas de l’élection. Donald Trump, s’adressant à Vladimir Poutine

Trump invite des élues démocrates à retourner dans leur pays

14 juillet – Sur Twitter, Donald Trump reproche à quatre jeunes démocrates progressistesoriginaires de pays dont les gouvernements sont une catastrophe complète et totale de dire au peuple des États-Unis, la plus grande et la plus puissante nation de la terre, comment notre gouvernement doit être dirigé. En fait, une seule des quatre femmes est née à l’étranger.

Pourquoi ne retournent-elles pas dans les endroits infestés par la criminalité et complètement dévastés d’où elles viennent pour les réparer [?] Donald Trump

Une faveur demandée

25 juillet – Au cours d’un entretien téléphonique dont l’existence ne sera révélée qu’en septembre dans la foulée de la plainte d’un lanceur d’alerte, le président Trump demande à son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, de déclencher deux enquêtes.

Une première porterait sur une théorie du complot – mise de l’avant par Moscou – selon laquelle c’est l’Ukraine et non la Russie qui a piraté les serveurs du Parti démocrate pendant la présidentielle américaine de 2016.

J’aimerais, par contre, que vous nous fassiez une faveur, parce que notre pays a traversé beaucoup de choses, et l’Ukraine en sait beaucoup à ce sujet. […] Le serveur, ils disent que l’Ukraine l’a en sa possession. Donald Trump

La deuxième ciblerait son adversaire potentiel lors de la présidentielle de 2020, l’ex-vice-président démocrate Joe Biden, et son fils Hunter qui a siégé au conseil d’administration d’une société gazière ukrainienne, dont le propriétaire a un temps fait l’objet d’une enquête.

On parle beaucoup du fils de Biden, du fait que [Joe] Biden a arrêté les poursuites, et beaucoup de gens veulent savoir de quoi il en retourne. Alors, si vous pouvez faire quelque chose avec le procureur général [des États-Unis, William Barr], ce serait génial. Donald Trump

Un district infesté de rats

27 juillet – Dans une salve sur Twitter, Donald Trump accuse le démocrate Elijah Cummings, un représentant afro-américain du Maryland, d’avoir brutalement critiqué la police frontalière en raison des conditions de détention des mineurs à la frontière sud, quand, en fait, son district de Baltimore est BIEN PIRE et plus dangereux.

Aucun être humain ne voudrait y vivre. […] Le district de Cumming [sic] est un bazar dégoûtant, infesté de rats et d’autres rongeurs. S’il passait plus de temps à Baltimore, il pourrait peut-être aider à nettoyer cet endroit sale et très dangereux. Donald Trump

Le Groenland n’est pas à vendre

20 août – Le président Trump n’apprécie pas que la première ministre danoise, Mette Frederiksen, ait balayé du revers de la main l’idée selon elle absurde que les États-Unis achètent le Groenland, territoire autonome du Danemark.

Le Danemark est un pays très spécial avec des gens incroyables, mais à la lumière des commentaires de la première ministre Mette Frederiksen, selon lesquels elle n’aurait aucun intérêt à discuter de l’achat du Groenland, je vais reporter notre réunion qui était prévue dans deux semaines à un autre moment… Donald Trump

L’Élu pour mener la guerre commerciale avec la Chine

21 août – Donald Trump, qui mène depuis 2018 une guerre commerciale contre la Chine à coups de tarifs douaniers et de menaces, conspue ses prédécesseurs qui, dit-il, ont fermé les yeux sur les pratiques commerciales déloyales de Pékin. Puis, celui que plusieurs évangélistes considèrent comme l’élu de Dieu, ajoute en regardant vers le ciel :

Cette guerre commerciale aurait dû avoir lieu il y a longtemps. Quelqu’un devait la faire. Je suis l’Élu. Donald Trump

Dure saison des ouragans pour l’Alabama, ou le Sharpiegate

1er septembre – Sur Twitter, Donald Trump met en garde les citoyens de cinq États, dont l’Alabama, contre l’ouragan Dorian.

En plus de la Floride, la Caroline du Sud, la Caroline du Nord, la Georgie et l’Alabama seront très probablement touchés (beaucoup) plus durement que prévu. Ça s’annonce pour être l’un des plus gros ouragans jamais enregistrés. Déjà de catégorie 5. SOYEZ PRUDENTS! QUE DIEU BÉNISSE TOUT LE MONDE! Donald Trump

Dans les minutes qui suivent, le bureau local du service météorologique gouvernemental corrige le tir : l’Alabama ne subira aucun impact de l’ouragan.

Donald Trump s’obstine pendant des jours, exhibant même une carte du Centre national des ouragans (NHC) qui montre la trajectoire initialement prévue de Dorian : un trait remontant jusqu’en Alabama y a clairement été ajouté au feutre noir.

Donald Trump dans le bureau ovale présente une carte.

Le président américain Donald Trump a présenté une carte visiblement modifiée indiquant qu’une partie de l’Alabama se trouvait sur la trajectoire de l’ouragan Dorian.

PHOTO : REUTERS / JONATHAN ERNST

L’appel parfait avec le président ukrainien

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le président américain, Donald Trump, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

Peu après la publication de la reconstitution de leur appel téléphonique, Donald Trump et Volodymyr Zelensky se sont rencontrés pour la première fois en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

PHOTO : REUTERS / JONATHAN ERNST

Septembre – Les fuites entourant la plainte d’un lanceur d’alerte au sujet d’un appel entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le 25 juillet, poussent les démocrates à lancer une enquête en destitution contre le président Trump le 24 septembre.

Depuis lors, le président Trump tire tous azimuts. Il dénonce une nouvelle chasse aux sorcières, la plainte vicieuse du lanceur d’alerte, les démocrates qui ne foutent rien et les médias corrompus, et ordonne à répétition : Lisez la transcription! S’il ne faut retenir qu’une phrase, répétée comme un mantra, c’est cependant celle-ci :

C’était un appel parfait. Donald Trump, le 22 septembre (et plusieurs fois par la suite)

La belle époque où on disposait autrement des espions

26 septembre – Dans un enregistrement capté en marge d’une réunion de l’ONU et obtenu par des médias américains, on entend le président dire à des membres de la diplomatie américaine qu’il veut connaître la source du lanceur d’alerte, comparant celui qui lui a fourni l’information à un espion.

Vous savez ce qu’on faisait autrefois quand on était intelligent? Hein? Les espions et la trahison, on avait l’habitude de gérer ça un peu différemment de maintenant. Donald Trump

Traiter avec la Turquie en faisant preuve d’une sagesse inégalée

7 octobre – Plusieurs alliés républicains du président le pressent de revenir sur sa décision impromptue de retirer les troupes américaines stationnées en Syrie le long des zones frontalières avec la Turquie.

Le retrait américain ouvre la voie à une offensive de la Turquie pour chasser les forces kurdes syriennes qui ont combattu le groupe armé État islamique (EI) aux côtés des Américains. Sur Twitter, le président Trump met en garde Ankara.

Comme je l’ai déjà dit avec force […] si la Turquie fait quelque chose que, dans ma grande et inégalée sagesse, je considère comme hors limites, je détruirai et anéantirai l’économie de la Turquie (je l’ai déjà fait!). Donald Trump

Les Kurdes, ces alliés égocentriques

9 octobreLe président répond aussi à ceux qui l’accusent d’avoir trahi ses alliés kurdes, qui combattent l’EI sur le terrain au péril de leur vie.

Les Kurdes se battent pour leur terre. […] Ils ne nous ont pas aidés pendant la Seconde Guerre mondiale, ils ne nous ont pas aidés avec la Normandie, par exemple. Donald Trump

La lettre très puissante à Erdogan

16 octobreAssurant ne pas avoir donné le feu vert à l’offensive turque dans le nord de la Syrie, le président Trump rend publique une lettre très puissante, datée du 9 octobre, adressée à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan.

L’histoire […] se souviendra de vous comme du diable si de bonnes choses ne se produisent pas, écrit-il.

Ne jouez pas au dur. Ne faites pas l’idiot. Je vous appellerai plus tard. Donald Trump

Trump attaque les anti-Trump

23 octobre – En pleine enquête sur sa destitution, Donald Trump se tourne vers Twitter pour décrier dans les termes les plus durs la poignée de républicains qui osent soulever des doutes sur sa conduite envers l’Ukraine.

Les républicains anti-Trump, bien qu’ils soient sous respirateur artificiel et peu nombreux, sont à certains égards pires et plus dangereux pour notre pays que les démocrates qui ne foutent rien. Méfiez-vous d’eux, ce sont des ordures! Donald Trump

Le mur, toujours prioritaire, même très loin de la frontière

23 octobre – Le président évoque la promesse phare de sa campagne de 2016 : la construction d’un mur à la frontière sud du pays.

Nous construisons un mur au Colorado. Nous construisons un beau mur. Un gros mur vraiment efficace, au-dessus duquel vous ne pouvez pas passer, sous lequel vous ne pouvez pas passer. Donald Trump

Le hic, c’est que le Colorado ne partage pas de frontière avec le Mexique. Clin d’œil à la carte de l’ouragan Dorian, un sénateur démocrate corrige la chose sur Twitter… d’un coup de Sharpie.

Al-Baghdadi, mort comme un chien

27 octobreL’allocution à la Maison-Blanche se veut solennelle, mais Donald Trump ne fait pas dans la dentelle pour annoncer la mort du chef du groupe armé État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, un homme malade et dépravé.

Il est mort après avoir fui dans un tunnel qui se terminait en impasse, en gémissant, en pleurant et en criant. […] Il est mort comme un chien. Il est mort comme un lâche. Donald Trump

Sauveteur de Hong Kong

22 novembre – Resté discret sur les manifestations prodémocratie qui secouent depuis six mois le territoire chinois semi-autonome de Hong Kong, le président explique sur Fox News que les États-Unis sont tout de même en pleines négociations pour conclure le plus important accord commercial de l’histoire avec Pékin.

Nous devons être solidaires de Hong Kong, mais je suis aussi solidaire du président [chinois] Xi, un ami et un gars incroyable, dit-il. Sans les négociations avec les États-Unis, la Chine aurait réprimé les manifestations en faisant des milliers de morts.

Sans moi, Hong Kong aurait été anéanti en 14 minutes. Donald Trump

Passe d’armes franco-américaine au sommet de l’OTAN

3 décembre – Au sommet de l’OTAN, à Londres, les tensions entre le président Trump et son homologue français, Emmanuel Macron, sur de nombreux sujets sont apparentes au cours d’une longue conférence de presse conjointe. Donald Trump se montre notamment insatisfait d’une réponse du président français sur le rapatriement de combattants de l’EI.

Voilà pourquoi il est un grand politicien, parce que c’est l’une des meilleures non-réponses que j’aie jamais entendues. Donald Trump

Trudeau, un hypocrite (sympathique)

4 décembreUne vidéo de CBC, captée le 3 décembre en marge du sommet de l’OTAN, à l’insu des protagonistes, montre des dirigeants, dont le premier ministre Justin Trudeau, qui semblent se moquer de Donald Trump. On pouvait voir les mâchoires de son équipe décrocher, lance le premier ministre canadien, évoquant vraisemblablement la conférence de presse de la veille entre le président américain et son homologue français.

Le lendemain, le président Trump réplique.

C’est un visage à deux face. [Pause] Mais, honnêtement, Trudeau est un bon gars. Donald Trump

Un avion à remonter dans le temps

4 juillet – Célébrant en grande pompe la fête nationale des Américains, le président Trump vante l’armée continentale qui a combattu les Britanniques pendant la guerre ayant mené à l’indépendance des États-Unis, en 1776. Il lui prête des prouesses militaires qui devancent de plus d’un siècle le premier vol motorisé.

Notre armée a occupé l’espace aérien, elle a défoncé les remparts, elle a pris le contrôle des aéroports, elle a fait tout ce qu’elle avait à faire. Donald Trump

Y allant d’un deuxième anachronisme dans la même phrase, il évoque le fort McHenry, siège d’une bataille plutôt survenue lors de la guerre canado-américaine de 1812.

Make America Greta again

La version retouchée de la une du magazine Time consacrée à la personnalité de l'année où on voit le visage de Donald Trump sur le corps de Greta Thunberg.

L’équipe de campagne de Trump a publié sur Twitter une version modifiée de la photo de Greta Thunberg à la une du magazine Time, en remplaçant le visage de l’adolescente par celui de Donald Trump.

PHOTO : TWITTER/TRUMP WAR ROOM

12 décembre – Finaliste au titre de personnalité de l’année attribué par le magazine Time, le président voit l’honneur lui échapper au bénéfice de la jeune militante écologiste Greta Thunberg.

Tellement ridicule. Greta doit travailler sur son problème de gestion de la colère, puis aller voir un bon vieux film avec une amie! Les nerfs, Greta, les nerfs! Donald Trump, sur Twitter

Les sorcières de Salem mieux traitées que le président

17 décembre – La veille du vote sur les deux chefs d’accusation retenus contre lui, le président Trump écrit une longue lettre sur un ton vitriolique à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, critiquant les démocrates-qui-ne-foutent-rien et atteints d’un syndrome de paranoïa anti-Trump (Trump derangement syndrome).

Le 45e président des États-Unis les accuse d’avoir violé la Constitution en menant une procédure de destitution partisane, qu’il compare aux procès injustes ayant découlé de la chasse aux sorcières qui a mené à l’exécution d’une vingtaine de personnes, essentiellement des femmes, dans le Massachusetts du XVIIe siècle.

Les accusés des procès des sorcières de Salem ont eu droit à des procédures plus équitables. Donald Trump

Le lendemain, formellement accusé d’abus de pouvoir et d’entrave au travail du Congrès, il devient le troisième président de l’histoire américaine à être formellement mis en accusation.

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Lassé de l’impeachment, un animateur souhaite une «fusillade dans une école»


Je peux comprendre que les Américains aient une  »écoeurantite » aigue de Donald Trump et de la destitution. Cependant, qu’un animateur suggère qu’une fusillade dans une école pour enfin parler d’autres chose est pitoyable, même s’il rajoute que personne soit blessée. S’il était dans une fusillade sans être blessé, il aurait sans doute des séquelles psychologiques. Un long congé sans solde, pourrait peut-être lui remettre les idées en place
Nuage

Lassé de l’impeachment, un animateur souhaite une «fusillade dans une école»

Les animateurs de l’émission Chuck & Julie, Julie Hayden et Chuck Bonniwell.

(Washington) L’émission d’un animateur de radio, qui a souhaité une «bonne fusillade dans une école» pour interrompre la couverture médiatique de la mise en accusation de Donald Trump, a été supprimée, a annoncé la station.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«On vous parle de la destitution sans fin de Donald Trump», a dit mardi à l’antenne le co-animateur de l’émission Chuck & Julie sur 710 KNUS.

«Ouais, tu souhaites une bonne fusillade dans une école pour interrompre la monotonie», lance alors Chuck Bonniwell, interrompu dans la seconde par la co-animatrice qui lui répond, alarmée : «Non, non, ne dit pas, ne dit pas ça. Ne nous appelez pas, Chuck n’a pas dit ça.»

Pour entendre l’animateur cliquer ici

Une fusillade «où personne ne serait blessé», poursuit alors M. Bonniwell. 

La séquence, dans un pays où les fusillades en milieu scolaire sont fréquentes, a poussé la station à faire amende honorable mercredi. 

«Étant donné l’histoire de la violence à l’école qui a endeuillé notre population, 710 KNUS confirme qu’un commentaire inapproprié a été fait par le coanimateur Chuck Bonniwell de l’émission Chuck & Julie. Une décision de programmation a été prise d’arrêter le programme immédiatement», a écrit sur Twitter la station basée à Denver, dans le Colorado. 

En 1999, deux tireurs ont semé la mort dans une école secondaire de Columbine, dans la ville de Littleton, au sud de Denver, abattant 12 élèves et un professeur. 

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«Épuisés», des Américains se détournent des nouvelles


Je peux comprendre les Américains de vouloir se détacher des médias au sujet de la politique avec tout ce qui est véhiculé. La désinformation qui ne cesse de vouloir prendre le dessus, les décisions illogiques du président, la destitution et les insultes crues de Donald Trump envers ses adversaires finissent par jouer sur les nerfs de la population américaine. Si cette  »écoeurantite » aigue pourrait être assez fort pour enlever Donald Trump du pouvoir, cela serait sûrement un soulagement à grand déploiement.
Nuage


«Épuisés», des Américains se détournent des nouvelles

PHOTO T.J. KIRKPATRICK, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Alors que le débat sur la procédure de destitution lancée par les démocrates fait rage, certains analystes du pays s’inquiètent de voir qu’un nombre important de leurs compatriotes cherchent à se préserver des nouvelles en ignorant les médias.

L’actualité politique américaine, particulièrement riche en rebondissements depuis que Donald Trump est arrivé au pouvoir, suscite bien des passions au sud de la frontière, mais cet engouement est loin d’être unanimement partagé.

MARC THIBODEAU
LA PRESSE

Alors que le débat sur la procédure de destitution lancée par les démocrates fait rage, certains analystes du pays s’inquiètent de voir qu’un nombre important de leurs compatriotes cherchent à se préserver des nouvelles en ignorant les médias.

La chroniqueuse du Washington Post Margaret Sullivan a notamment sonné l’alarme à ce sujet la semaine dernière en prévenant que les Américains devaient « faire mieux ».

« C’est vrai, le flot de nouvelles est sans fin — épuisant même. C’est vrai aussi qu’il y a beaucoup de désinformation qui circule. Mais l’apathie — ou le fait de s’abandonner à un sentiment de confusion — est dangereuse », a relevé l’analyste.

Dru Menaker, directrice de PEN America, un groupe de défense de la liberté d’expression, lui a confié qu’elle était « terrorisée » de constater que l’idée de se détourner des nouvelles devenait une « réponse socialement acceptable » à l’heure actuelle.

La nature même de notre pays est en jeu et c’est précisément parce que les choses semblent nous submerger que nous avons l’obligation d’être attentifs à ce qui se passe. Dru Menaker, directrice de PEN America

Le New York Times a relevé dans la même veine la semaine dernière que de nombreux Américains étaient « épuisés » par l’actualité politique et avaient décidé de « baisser les bras » plutôt que de s’investir plus à fond afin de comprendre ce qui se passe.

Le quotidien citait notamment un résidant de l’État de New York, Travis Trudell, qui disait n’avoir que faire de la tenue d’audiences publiques relativement à la procédure de destitution ciblant le président Trump.

L’homme a précisé qu’il avait cessé de suivre les nouvelles nationales, les jugeant « toxiques », « mentalement épuisantes » et propices aux conflits.

Pas un sentiment nouveau

Ce sentiment de fatigue n’a rien d’original, puisqu’une étude du Pew Research Center montrait déjà l’année dernière que près de 70 % des Américains jugeaient éprouvante la quantité de nouvelles auxquelles ils sont exposés.

L’importance réelle du mouvement de désengagement médiatique est plus difficile à déterminer, prévient Benjamin Toff, professeur de journalisme et communications rattaché à l’Université du Minnesota.

Certains indices « circonstanciels » suggèrent que la part de la population qui se coupe des nouvelles augmente, mais de manière plutôt marginale, relève-t-il.

Des données du Reuters Institute for the Study of Journalism indiquent que la proportion d’Américains qui s’efforcent « parfois ou souvent » d’éviter les nouvelles est passée de 38 % à 41 % depuis 2017. Le taux variait de 11 % à 56 % dans la quarantaine de pays considérés.

Selon M. Toff, la proportion d’Américains qui ne consomment carrément aucune nouvelle — ou tentent de le faire — est par ailleurs de près de 8 %, alors que la moyenne dans les pays occidentaux est plutôt de l’ordre de 3 %.

Les personnes concernées disent notamment que les informations relayées par les médias les dépriment ou évoquent le fait qu’il est devenu trop difficile de départager le vrai du faux dans le contexte actuel, marqué par une multiplication des sources et un fort clivage.

Si vous ne faites pas confiance à des sources, vous avez l’impression que le fardeau vous revient d’aller en consulter d’autres pour comprendre ce qui se passe. Les journalistes adorent faire ça, mais de nombreux Américains n’ont pas le temps ni l’énergie. Evette Alexander, chercheuse de la Knight Foundation, qui finance des projets liés au journalisme

Mark Kingwell, professeur de philosophie à l’Université de Toronto, relève que le fractionnement du marché médiatique, l’émergence des médias sociaux et la multiplication des fausses nouvelles compliquent considérablement la donne pour les citoyens qui veulent s’informer correctement.

Les individus les plus polarisés politiquement vont s’enfermer dans une « bulle » en s’alimentant à quelques sources choisies en fonction de leurs convictions, mais d’autres risquent de devenir « fatigués » ou « cyniques » en cherchant à voir clair dans l’actualité, relève-t-il.

Jennifer Kavanagh, chercheuse rattachée à la Rand Corporation, relève que l’ère « post-vérité » actuelle est marquée par un profond manque de confiance envers les médias et les autorités.

« Alors que certaines personnes vont préférer s’accrocher à une source pour comprendre l’environnement, d’autres vont se dire qu’elles n’en croient aucune et vont se retirer », souligne-t-elle.

Ce désengagement médiatique, s’il s’accroît, peut devenir très problématique, puisque la démocratie a besoin de citoyens éclairés et engagés pour fonctionner, note M. Kingwell.

« L’autoritarisme n’aime rien de plus qu’un vacuum d’ignorance », prévenait Margaret Sullivan la semaine dernière.

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Trump assure ne «pas bien» connaître Sondland


Combien de fois que ce genre de situation s’est présenté avec Donald Trump. Il dit aimer une personne, qu’elle est fiable bla, bla, bla, et si cette personne ne répond pas à ses attentes, il ne le connait pas, ou l’insulte. Ce que je trouve frustrant pour les Américains, c’est que depuis que Donald Trump est au pouvoir, il y a eu plusieurs fautes graves de sa part, mais que cette procédure de destitution pourrait tomber dans le néant juste pour que les républicains ne perdent le pouvoir, même si cela les met dans des situations périlleuses. C’est malheureux !
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Trump assure ne «pas bien» connaître Sondland

AP

Donald Trump a livré un bref point de presse devant les médias mercredi devant la Maison-Blanche.

(Washington) Donald Trump s’est efforcé mercredi de prendre ses distances avec l’ambassadeur des États-Unis Gordon Sondland qui a témoigné devant le Congrès dans la procédure de destitution le visant, tout en affirmant que son audition l’exonérait complètement. 

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je ne le connais pas très bien. Je ne lui ai pas beaucoup parlé», a déclaré M. Trump depuis les jardins de la Maison-Blanche, avant de s’envoler pour le Texas.

«Ce n’est pas un homme que je connais bien», a-t-il insisté. «Il a au départ soutenu d’autres candidats, pas moi (lors de la primaire républicaine de 2016)», a-t-il ajouté.

Dans un tweet daté du 8 octobre, M. Trump se montrait moins distant avec M. Sondland, qu’il a lui-même nommé au poste d’ambassadeur auprès de l’Union européenne.

 «J’adorerais que l’ambassadeur Sondland – vraiment un homme bien et un grand Américain-témoigne», écrivait-il notamment.

Devant les journalistes, le président américain a ensuite lu des notes manuscrites, écrites en très larges majuscules au feutre noir, démontrant selon lui qu’il n’avait jamais rien demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky concernant son rival politique Joe Biden.

M. Sondland «a eu une conversation très courte avec moi», a-t-il expliqué, évoquant l’audition, quelques heures plus tôt, de l’ambassadeur devant le Congrès.

AP

Gordon Sondland avec son avocat Robert Luskin.

«Il a juste dit : que voulez-vous? […] Et voici ma réponse, qu’il a citée. Vous êtes prêts? Les caméras tournent? “Je ne veux rien”. C’est ce que j’ai dit. Je l’ai dit deux fois», a-t-il raconté.

Sur les notes du président, qui étaient visibles, on pouvait lire :

«Je ne veux rien. Je ne veux rien. Je ne veux pas de donnant-donnant. Dites au président Zelensky de faire ce qui est bien. C’est le dernier mot de la part du président des États-Unis».

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Un expert en sécurité nationale à la Maison-Blanche témoigne contre Trump


Un lieutenant-colonel, un officier militaire au Conseil de sécurité nationale des États-Unis a témoigné devant les comités qui enquêtent sur Donald Trump. Son témoignage vient affirmer ce que les deux lanceurs d’alertes avaient laisser entendre. C’est jeudi qu’on sera si les démocrates vont officialiser l’enquête pour la procédure de destitution de Donald Trump. Ce dernier, n’est vraiment pas content.
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Un expert en sécurité nationale à la Maison-Blanche témoigne contre Trump

Un militaire coiffé d'un képi et décoré de médailles, entouré de deux autres militaires, photographiés en gros plan.

Alexander Vindman, officier militaire au Conseil de sécurité nationale des États-Unis arrive au Capitole, le 29 octobre 2019, afin de comparaître devant trois comités qui enquêtent sur une procédure de destitution contre Donald Trump.

PHOTO : THE ASSOCIATED PRESS / MANUEL BALCE CENETA

Radio-Canada

Le principal expert de l’Ukraine au sein du Conseil de sécurité national Alexander Vindman témoigne mardi devant la Chambre des représentants. Il affirme avoir par deux fois sonné l’alarme quant à la pression exercée par Donald Trump sur l’Ukraine.

En uniforme et décoré de médailles, le lieutenant-colonel Alexander Vindman est arrivé mardi au Capitole afin de témoigner de ses préoccupations à l’égard de l’appel qu’avait fait le président Donald Trump à son homologue nouvellement élu de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky.

Ce témoin-clé est le premier officiel en poste à la Maison-Blanche à témoigner devant les membres des comités de la Chambre des représentants qui enquêtent sur une éventuelle destitution du président Trump. Le 25 juillet dernier, Alexander Vindman avait écouté l’appel du président Trump à partir de la Salle de crise aux côtés de collègues du Conseil de sécurité nationale américain et du bureau du vice-président, Mike Pence.

J’étais préoccupé par cet appel, affirme Alexander Vindman durant son témoignage qu’il livre à huis clos, et dont les médias ont obtenu copie. Je ne pensais pas qu’il était approprié de demander qu’un gouvernement étranger enquête sur un citoyen américain et je m’inquiétais des implications que cela pourrait avoir sur le soutien du gouvernement américain envers l’Ukraine.

Lors de cet appel téléphonique dont la Maison-Blanche a publié un compte rendu, Donald Trump avait réclamé une faveur au président Zelensky. Le président américain réclamait que Kiev enquête sur les origines de l’enquête au sujet de l’ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016, ainsi que sur le fils de l’adversaire que Donald Trump pourrait affronter en 2020 : le candidat à l’investiture démocrate Joe Biden.

L’appel du président Trump a été fait quelques jours après qu’il eut gelé une aide militaire qu’avait approuvée le Congrès et qui était destinée à l’Ukraine. L’aide a par la suite été débloquée.

Le président Trump a qualifié d’imposture, mardi, sur Twitter, l’enquête lancée par les démocrates dans la foulée de la plainte d’un lanceur d’alerte.

Pourquoi des gens dont je n’ai jamais entendu parler témoignent-ils à propos de cet appel, a-t-il ajouté, ajoutant avec force majuscules : LISEZ LA TRANSCRIPTION DE L’APPEL ET CE CANULAR DE DESTITUTION N’EXISTERA PLUS.

Deux alertes lancées par Vindman

Né en Union soviétique, Alexander Vindman était arrivé en sol américain à l’âge de trois ans. Ce militaire qui a servi en Irak a ensuite été diplomate et il était présent à la cérémonie d’investiture de Volodymyr Zelensky en compagnie du secrétaire à l’Énergie, Dick Perry.

Au sein du Comité de la sécurité nationale, il a dirigé le bureau des affaires européennes et a agi à titre d’expert de l’Ukraine.

Durant son témoignage, mardi, Alexander Vindman a affirmé aux comités de la Chambre des représentants qu’il n’était pas le lanceur d’alerte et qu’il ignorait qui était ce dernier.

Dès le 10 juillet, le vétéran Vindman avait exprimé des inquiétudes auprès de l’ambassadeur américain à l’Union européenne, Gordon Sondland, qui insistait pour que l’Ukraine enquête sur l’élection américaine de 2016 et sur Burisma. Cette entreprise a déjà compté parmi les membres de son conseil d’administration Hunter Biden, le fils de l’ex-vice-président démocrate Joe Biden.

Alexander Vindman avait alors affirmé à l’ambassadeur Sondland que ses propos étaient inappropriés, que sa requête pour enquêter sur les Biden, père et fils, n’avait rien à voir avec la sécurité nationale et que le Conseil de sécurité nationale n’allait pas recommander de telles enquêtes ni s’y impliquer.

Alexander Vindman contredit ainsi l’ambassadeur Sondland, riche homme d’affaires qui avait donné un million de dollars lors de l’investiture de Donald Trump à la Maison-Blanche. Lors de sa comparution devant les trois comités de la Chambre des représentants, Gordon Sondland avait déclaré qu’aucun membre du Conseil de sécurité nationale n’avait exprimé de préoccupation et qu’il n’avait lui-même jamais établi de liens entre Biden et Burisma.

Au sujet de l’appel de Donald Trump à son homologue ukrainien, Alexander Vindman affirme avoir fait part de son inquiétude à l’avocat principal du Conseil de sécurité nationale.

J’ai compris que si l’Ukraine menait une enquête sur les Biden et Burisma, cela serait sans doute interprété comme un jeu partisan, ce qui, indubitablement, ferait perdre à l’Ukraine le soutien bipartisan qu’elle avait maintenu jusqu’alors. Tout cela aurait sapé la sécurité nationale américaine, a-t-il déclaré.

Un vote décisif jeudi

La Chambre des représentants américaine tiendra, jeudi, un vote pour l’adoption d’une résolution qui officialiserait l’enquête en vue de destituer le président et qui autoriserait des auditions publiques. Ce premier vote constituera un pas décisif dans la mise en accusation de Donald Trump.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, avait auparavant affirmé que pareil vote n’était pas nécessaire pour lancer des investigations. Elle s’est ravisée; dans une lettre aux démocrates, qui sont majoritaires à la Chambre, Mme Pelosi a affirmé lundi que cette résolution est destinée à renforcer l’enquête menée par les trois comités et, notamment, les demandes de documents et d’assignations à comparaître pour les témoins.

Le texte de la résolution précisera aussi les étapes à suivre en vue de la tenue d’un vote formel pour la mise en accusation du président.

La Constitution prévoit que le Congrès peut destituer le président (ou le vice-président, ou des juges fédéraux, etc.) en cas de trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs.

Avec les informations de Le Monde, Reuters, Associated Press et New York Times

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Trump en difficulté après un témoignage «explosif» au Congrès


Je sais, je mets souvent des billets sur Donald Trump, mais je suis stupéfaite que les Américains endurent encore ce président, alors qu’ils ont une chance de l’écarter avant les prochaines élections présidentielles. Cela serait, à mon sens, stratégique pour les républicains de se faire réélire avec une nouvelle personne, qui prendrait en considération l’opinion de son équipe avant de prendre des décisions insensées, qui ne serait pas porter a tout ramener vers lui. Qu’il ne se penserait pas supérieur aux autres et qui fait attention aux choix des mots que ce soit sur les réseaux sociaux ou a un gouvernement étranger.
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Trump en difficulté après un témoignage «explosif» au Congrès


JEROME CARTILLIER
AGENCE FRANCE-PRESSE

(Washington) Un diplomate en poste à Kiev a livré mardi devant le Congrès un témoignage «explosif» dans l’affaire ukrainienne, plaçant Donald Trump, qui est sous la menace d’une procédure de destitution, dans une situation particulièrement délicate.

Très remonté, le président américain a de son côté comparé la procédure le visant à un «lynchage», mot lourd de sens aux États-Unis, où il est associé aux meurtres de Noirs par des Blancs aux XIXe et XXe siècles, essentiellement dans le Sud.

Les élus de la Chambre des représentants cherchent à déterminer si Donald Trump a utilisé la politique étrangère américaine à des fins politiques personnelles. Concrètement, il veulent comprendre si le président de la première puissance mondiale a fait pression sur l’Ukraine, chantage économique à l’appui, pour que ce pays enquête sur son rival démocrate Joe Biden.

Selon le Washington Post, Bill Taylor, chargé d’affaires américain en Ukraine, a renforcé mardi, lors d’un témoignage à huis clos, les soupçons pesant contre le locataire de la Maison-Blanche.

Il a relaté que Gordon Sondland, ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne (UE), lui avait clairement indiqué que M. Trump avait lié le déblocage d’une aide à l’Ukraine à l’annonce par Kiev d’une enquête visant le fils de M. Biden, qui fut au conseil d’administration d’une entreprise ukrainienne.

M. Sondland «m’a dit (..) que tout était lié à une telle annonce, y compris l’aide économique», a-t-il raconté, selon le quotidien.

«Ce que j’ai entendu aujourd’hui de la part de Bill Taylor était très troublant et explosif», a tweeté l’élu démocrate Adriano Espaillat. «C’était tout simplement le témoignage le plus accablant que j’ai entendu», a surenchéri l’élue Debbie Wasserman Schultz, également démocrate.

Dans un message daté de début septembre adressé à M. Sondland, M. Taylor s’inquiétait ouvertement des pressions exercées par la Maison-Blanche sur la présidence ukrainienne.

Je «trouve ça fou de suspendre l’aide sécuritaire en échange d’un coup de main pour une campagne politique», écrivait-il.

«Lynchage?» Un mot «regrettable»

Quelques heures avant le témoignage de Bill Taylor, M. Trump s’était plus que jamais posé en victime.

«Un jour, si un démocrate devient président et que les républicains remportent la Chambre des représentants, même avec une toute petite marge, ils peuvent lancer une procédure de mise en accusation du président, même sans respect des procédures, sans équité ou sans droits», avait tweeté le milliardaire républicain.

«Tous les républicains doivent se souvenir de ce à quoi ils assistent ici : un lynchage».

Le tweet matinal a suscité de très vives réactions dans la capitale fédérale américaine, pourtant habituée aux déclarations volontairement provocatrices de l’ancien homme d’affaires de New York.

Fait remarquable, Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, qui se tient le plus souvent à l’écart de toute critique du président, a exprimé son désaccord.

«Compte tenu de l’histoire de notre pays, je ne comparerais pas cela à un lynchage», a-t-il déclaré, déplorant un choix de mots «regrettable».

«C’est un mot qu’aucun président ne devrait utiliser pour lui-même», a réagi le démocrate James Clyburn sur CNN. «Je viens du Sud. Je connais l’histoire de ce mot. C’est un mot qu’il faut utiliser avec beaucoup, beaucoup de prudence», a ajouté l’élu afro-américain.

«J’ai étudié avec attention l’histoire présidentielle, nous n’avons jamais rien vu de tel», a-t-il encore dit, soulignant que les trois autres présidents américains ayant été visés par une procédure de mise en accusation – Andrew Johnson, Richard Nixon et Bill Clinton – n’avaient jamais fait de telles références.

«Un lynchage? 4743 personnes ont été lynchées aux États-Unis entre 1882 et 1968, parmi lesquels 3446 Afro-Américains», a réagi Kristen Clarke, présidente d’une association de défense des droits civiques. Et de souligner que les lynchages furent un chapitre «répugnant» de l’histoire américaine.

«Le président n’est pas une victime […] Établir un parallèle entre la situation difficile dans laquelle il se trouve et un lynchage est grotesque», a réagi Jeb Bush, frère et fils d’anciens présidents républicains, et candidat à la primaire républicaine en 2016.

La Maison-Blanche a défendu l’utilisation de ce mot en assurant que le président ne faisait pas de référence historique.

«Le président n’essayait pas du tout de se comparer à l’histoire terrible de ce pays», a déclaré Hogan Gidley, porte-parole de l’exécutif.

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Des fissures dans l’armure de Trump


Donald Trump a laissé tomber les Kurds, il a écrit une lettre au président de la Syrie, comme si c’était un copain et il a annoncé que le prochain G7 serait dans un son club de Golf qu’il a annulé par la suite voyant que des républicains respecté commençaient a dénoncer ses agissements. Trop s’est comme trop. Marcherait-il sur des oeufs ? Serait-il capable de bien se comporter pour ne pas tout perdre ?
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Des fissures dans l’armure de Trump

PHOTO SAUL LOEB, AGENCE FRANCE-PRESSE

Trois dossiers où des républicains ont déploré le fait d’avoir eu à défendre l’indéfendable ont récemment contribué à créer des fissures dans l’armure de Donald Trump : la Syrie, l’Ukraine et le G7.

(New York) Lundi dernier, John Kasich, ex-gouverneur républicain de l’Ohio, refusait de se prononcer sur une éventuelle procédure de destitution contre Donald Trump. « Finissons l’enquête, et je vous donnerai ensuite mon opinion sur ce que le Congrès devrait faire », a-t-il dit à l’animateur d’une station radiophonique de New York, qui le recevait à l’occasion du lancement de son plus récent livre.

RICHARD HÉTU
COLLABORATION SPÉCIALE

Quatre jours plus tard, John Kasich appelait ses anciens collègues de la Chambre des représentants à mettre le président américain en accusation pour abus de pouvoir dans l’affaire ukrainienne. « Je le dis avec une grande tristesse », a-t-il déclaré sur CNN en devenant l’un des républicains les plus respectés à s’exprimer en faveur d’une procédure de destitution.

Mais que s’est-il passé pendant ces quelques jours pour expliquer un tel changement d’opinion ? Réponse courte : des fissures ont commencé à apparaître dans l’armure de Donald Trump. Et il n’est pas étonnant que John Kasich ait été l’un des premiers à le reconnaître. L’homme, qui a brigué l’investiture républicaine en 2016, n’a pas renoncé à ses ambitions présidentielles.

Trois dossiers où des républicains ont déploré le fait d’avoir eu à défendre l’indéfendable ont contribué à créer ces fissures : la Syrie, l’Ukraine et le G7. Dans des gazouillis publiés tard samedi soir, Donald Trump a tenté de colmater au moins une de ces fissures en renonçant à tenir au Trump International Doral la prochaine réunion des sept pays les plus industrialisés.

« Je pensais faire quelque chose de très bon pour notre pays en utilisant le Trump International Doral […]. Mais, comme d’habitude, les médias et les démocrates sont devenus fous », a-t-il tweeté en faisant fi des critiques de son propre camp sur une situation de conflit d’intérêts qui soulevait des problèmes non seulement éthiques, mais également constitutionnels.

Une image de faiblesse

Cette reculade couronnait une semaine au cours de laquelle Donald Trump aura projeté l’image d’un président faible. Lors d’une rencontre à la Maison-Blanche avec des dirigeants du Congrès, il s’est félicité du ton « agressif » de sa lettre du 9 octobre dernier au président turc Recep Tayyip Erdoğan. Lettre dans laquelle il avait averti son homologue de ne pas faire « l’idiot » en Syrie.

Le lendemain, l’entourage du président Erdoğan s’est assuré de faire savoir que la lettre, jugée irrespectueuse, avait abouti à la poubelle. C’était avant que le chef d’État turc ne donne son accord à une trêve en Syrie qui confirmait les gains de ses troupes et le lâchage des alliés kurdes par les États-Unis.

Dans un discours remarqué au Sénat, Mitt Romney a réclamé une enquête sur la décision initiale de Donald Trump de retirer les troupes américaines du nord-est de la Syrie.

Ce que nous avons fait aux Kurdes restera comme une tache de sang dans les annales de l’histoire américaine. […] Sommes-nous si faibles et si ineptes sur le plan diplomatique que la Turquie a forcé la main aux États-Unis d’Amérique ? Monsieur le président, nous avons besoin de réponses.

Mitt Romney

Mitt Romney en est un autre qui n’a probablement pas abandonné ses rêves présidentiels. Mais il n’est certainement pas le seul de son camp à ressentir un profond malaise face à la politique syrienne du président Trump. Mitch McConnell, chef de la majorité au Sénat, a effacé tout doute sur ce sujet en qualifiant le retrait des forces américaines de la Syrie de « grave erreur stratégique ».

« Cela va laisser le peuple américain et son territoire moins en sécurité, enhardir nos ennemis et affaiblir d’importantes alliances », a-t-il écrit dans une tribune publiée vendredi dernier dans le Washington Post.

De Nixon à Trump

Ce différend sur la Syrie entre Donald Trump et les sénateurs républicains pourrait difficilement apparaître à un moment moins opportun. Si la Chambre vote en faveur de sa mise en accusation, le président devra limiter au minimum le nombre de défections au Sénat lors du procès subséquent qui s’y tiendra.

Or, sa position dans l’affaire ukrainienne s’est considérablement affaiblie la semaine dernière. D’une part, des responsables de l’administration Trump, actuels ou anciens, ont continué à défiler devant les élus de la Chambre qui enquêtent en vue de le destituer. La plupart d’entre eux ont confirmé le détournement de la politique étrangère des États-Unis vis-à-vis de l’Ukraine par une cabale menée par Rudolph Giuliani, avocat personnel du président.

D’autre part, le directeur de cabinet de la Maison-Blanche par intérim, Mick Mulvaney, a avoué jeudi dernier qu’une aide militaire de 391 millions de dollars destinée à l’Ukraine avait été bloquée en partie pour forcer le gouvernement de ce pays à faire enquête sur une affaire impliquant des démocrates. Ce faisant, il contredisait Donald Trump, qui répétait depuis deux semaines qu’il n’y avait eu aucune contrepartie dans ce dossier.

Plus tard, M. Mulvaney a accusé les médias d’avoir dénaturé ses propos, mais le mal était fait.

« Vous ne pouvez pas bloquer l’aide étrangère déjà accordée [par le Congrès] pour une initiative politique. Point », a déclaré la sénatrice républicaine de l’Alaska Lisa Murkowski.

Les fissures dans l’armure de Donald Trump n’empêcheront pas ses alliés les plus fidèles au Congrès de continuer à le défendre bec et ongles. Mais elles ont poussé au moins un élu républicain à établir un parallèle entre la situation actuelle et le scandale du Watergate qui a forcé Richard Nixon à démissionner.

« Je continue à y penser », a déclaré au Washington Post le représentant républicain de la Floride Francis Rooney en faisant allusion à la possibilité de voter en faveur de la mise en accusation de Donald Trump. « Je suis très conscient du fait que durant l’affaire du Watergate, toutes mes connaissances disaient : ‟Oh, ils ne font que harceler Nixon, et ce n’est qu’une chasse aux sorcières.” Il s’avère que ce n’était pas une chasse aux sorcières. C’était vraiment une sale affaire. »

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Donald Trump avait bien lié une aide à l’Ukraine à une enquête politique


Hum ! Je pense qu’une autre personne de l’entourage de Donald Trump risque de perdre son emploi après avoir avoué qu’il y avait bien des raisons politiques dans l’échange entre le président Volodymyr Zelensky et Donald Trump. Et l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine lui aussi a témoigner devant les démocrates. Il semble que cela puisse ne pas être suffisant à ce stade de l’enquête pour que le Sénat procède à la destitution du président.
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Donald Trump avait bien lié une aide à l’Ukraine à une enquête politique

PHOTO AFP

Donald Trump martèle qu’il n’a exercé aucune pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qu’on voit ici aux côtés de son homologue américain à New York en marge du sommet de l’ONU le mois dernier.

(Washington) La Maison-Blanche a reconnu jeudi pour la première fois que Donald Trump avait lié une aide destinée à l’Ukraine à des considérations de politique intérieure américaine, fournissant de nouvelles munitions aux démocrates qui enquêtent en vue de destituer le président.

CHARLOTTE PLANTIVE
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le chef de cabinet de la Maison-Blanche Mick Mulvaney a créé la surprise en lâchant cet aveu au détour d’une conférence de presse sur le G7.

 Il a toutefois assuré que cela « n’avait absolument rien à voir » avec l’ancien vice-président Joe Biden, qui pourrait porter les couleurs démocrates lors de la présidentielle de 2020.

Fin juillet, Donald Trump avait demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d’enquêter sur Joe Biden et sur les affaires de son fils Hunter en Ukraine. Or l’administration américaine avait suspendu plus tôt dans le mois une aide militaire de près de 400 millions de dollars destinée à l’Ukraine.

Cette décision est au cœur de l’enquête ouverte il y a trois semaines par les parlementaires démocrates dans le cadre de l’explosive procédure d’« impeachment ».  Les élus de l’opposition veulent savoir si Donald Trump a abusé de ses pouvoirs à des fins personnelles, notamment en gelant l’argent pour forcer Kiev à coopérer.

Le milliardaire républicain martèle qu’il n’a exercé « aucune pression » sur le président Zelensky et que l’aide avait été gelée le temps d’évaluer l’assistance apportée à l’Ukraine par ses autres partenaires occidentaux.

Jeudi, pour la première fois, la Maison-Blanche a reconnu que Donald Trump avait d’autres motivations.

« A-t-il mentionné en passant la corruption liée au serveur informatique du parti démocrate ? Absolument, il n’y a aucun doute à ce sujet, c’est pour ça que nous avons gelé l’argent », a déclaré M. Mulvaney.

« De mal en pis »

Le directeur de cabinet faisait référence à une théorie née dans les cercles complotistes et relayée par Donald Trump et ses proches, selon laquelle l’Ukraine aurait piraté les courriels du parti démocrate lors de la présidentielle américaine de 2016 et non la Russie, comme l’ont établi les services de renseignements américains.

Cet argument a été avancé pour décrédibiliser l’enquête sur les soupçons de collusion entre Moscou et l’équipe de campagne du candidat républicain, qui a assombri les deux premières années de son mandat.

« Revenir sur ce qui s’est passé en 2016 […] était absolument approprié », a encore déclaré Mick Mulvaney, en soulignant que l’aide avait fini par être versée, en septembre.

« Mulvaney vient de dire que l’aide militaire pour l’Ukraine avait été suspendue pour forcer Kiev à enquêter sur les démocrates », a réagi sur Twitter l’élu Adam Schiff qui supervise l’enquête parlementaire contre Donald Trump. « Les choses vont de mal en pis », a-t-il ajouté.  

Face au tollé suscité par ses propos, le directeur de cabinet a rétropédalé quelques heures plus tard, assurant dans un communiqué que les médias avaient « déformé ses commentaires » pourtant prononcés face caméra, dans le cadre d’une « chasse aux sorcières » contre Donald Trump.

« Déçus »

Sur un autre front, l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne (UE) Gordon Sondland a révélé que Donald Trump avait imposé aux diplomates chargés du dossier ukrainien de travailler avec son avocat personnel et fervent défenseur Rudy Giuliani.

« Nous avons été déçus par l’ordre du président d’impliquer M. Giuliani », a déclaré cet homme d’affaires pourtant proche de Donald Trump lors d’une audition au Congrès. 

Selon M. Sondland, M. Giuliani a ensuite expliqué aux diplomates que le président Trump voulait que son homologue ukrainien fasse « une déclaration publique sur la corruption » et mentionne « deux sujets d’enquête importants » : le « serveur informatique démocrate » et le groupe gazier Burisma, pour lequel travaillait le fils de Joe Biden, Hunter. 

« Je n’ai compris que bien plus tard que l’un des objectifs de M. Giuliani était peut-être […] d’impliquer directement ou indirectement, les Ukrainiens dans la campagne de réélection du président pour 2020 », a assuré l’ambassadeur.

Malgré les efforts de la Maison-Blanche pour bloquer l’enquête des démocrates, M. Sondland est le huitième témoin entendu par les parlementaires.

Les démocrates affichent leur volonté d’aller vite vers la mise en accusation du président, une prérogative de la chambre basse du Congrès qu’ils contrôlent. 

Il reviendra ensuite, selon la Constitution, au Sénat de juger si M. Trump doit être destitué. Compte tenu de la majorité républicaine dans cette enceinte, cette perspective paraît peu probable à ce stade.

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Des doutes soulevés à l’interne avant même l’appel controversé de Trump


Au moins 4 personnes de la Sécurité nationale américaine se sont inquiété bien avant ce fameux appel en Ukraine dernièrement qui a provoquer la procédure de destitution. Les signes alarmants semble avoir commencé au printemps dernier.
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Des doutes soulevés à l’interne avant même l’appel controversé de Trump

PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERS

Le président américain Donald Trump

(Washington) Au moins quatre responsables américains de la sécurité nationale se sont inquiétés de la pression mise par la Maison-Blanche sur l’Ukraine pour obtenir des informations compromettantes sur Joe Biden avant même l’appel controversé entre Donald Trump et son homologue ukrainien, rapporte jeudi le Washington Post.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon le quotidien, leurs préoccupations ont émergé dès le mois de mai, avec le rappel brutal à Washington de l’ambassadrice des États-Unis en Ukraine, Marie Yovanovitch.

D’autres signaux alarmants, notamment le contenu de réunions à la Maison-Blanche, les ont poussés à en faire part au conseiller juridique du Conseil de sécurité nationale, John Eisenberg.

Leurs doutes se sont amplifiés après le 25 juillet et l’échange téléphonique de Donald Trump avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à l’origine de l’ouverture d’une enquête en vue d’une procédure de destitution du milliardaire républicain. 

« Cet échange a provoqué de vives inquiétudes chez les personnes l’ayant écouté en direct-des sonnettes d’alarmes ont retenti », confie au Washington Post une source proche du dossier, sous couvert de l’anonymat. « Les gens se demandaient ce qu’il fallait faire ».

Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, démis depuis de ses fonctions, a notamment été alerté par ses équipes, rapporte le quotidien. 

Mais le contenu de la conversation entre les présidents Trump et Zelensky n’a été rendu public que plusieurs semaines plus tard, après le signalement d’un mystérieux lanceur d’alerte, membre des services de renseignement.

Le Washington Post dit ne pas savoir si ce lanceur d’alerte a été informé des détails de l’échange par l’un ou plusieurs de ces responsables

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L’administration Trump bloque le témoignage de Gordon Sondland


Cette enquête en vue de la destitution de Donald Trump est vraiment spéciale. Autant que le président fait tout pour compliquer les choses, (Selon un juge, il doit donner son rapport d’impôts, il a encore réussit a le retarder, il ne veut pas qu’un ambassadeur témoigne) c’est comme s’il y avait quelque chose de plus gros à cacher, ou qu’il sait qu’il est en tord, mais comme il est le président, il s’imagine que cela ne regarde pas les autres qui sont contre lui.
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L’administration Trump bloque le témoignage de Gordon Sondland

Gordon Sondland peu avant une rencontre avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne

Gordon Sondland, ambassadeur américain auprès de l’Union européenne.

PHOTO : REUTERS / FRANCOIS LENOIR

L’administration Trump a empêché Gordon Sondland, l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, de comparaître mardi devant un comité de la Chambre des représentants chargé de l’enquête pour la destitution du président Donald Trump.

L’avocat de l’ambassadeur Sondland a indiqué dans un communiqué que son client est « profondément déçu de ne pas pouvoir témoigner », car il s’est rendu « à Washington depuis Bruxelles afin de préparer son témoignage et d’être disponible pour répondre aux questions du Comité ».

M. Trump a donné sa version de la raison pour laquelle l’envoyé a été bloqué, lançant sur Twitter :

« J’aimerais envoyer l’ambassadeur Sondland » témoigner, « mais il témoignerait malheureusement devant un tribunal factice totalement malhonnête ». Il a ensuite ajouté que les « faits véritables » sont cachés au public.

La plainte d’un lanceur d’alerte et les textos publiés par un autre envoyé présentent M. Sondland comme un témoin potentiellement important face aux allégations selon lesquelles le président républicain aurait cherché à salir un rival démocrate au nom de la politique étrangère.

M. Sondland devait faire face mardi à des questions sur cet épisode. Pour la deuxième fois en deux semaines, les législateurs auraient alors interrogé en privé un ambassadeur sur les pressions du président pour que l’Ukraine enquête sur le démocrate Joe Biden avant les élections présidentielles de 2020.

Des textos dévoilés par des démocrates de la Chambre montrent que M. Sondland et un autre ambassadeur nommé par M. Trump ont tenté de convaincre l’Ukraine d’accepter d’enquêter sur une éventuelle ingérence dans l’élection présidentielle de 2016 et de se pencher sur une entreprise énergétique qui avait nommé Hunter Biden, le fils de Joe Biden, à son conseil d’administration.

En retour, les représentants américains auraient fait miroiter au nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky la possibilité d’une rencontre avec M. Trump à Washington. Rien ne permet de croire à des malversations de la part de M. Biden ou de son fils.

Parmi les messages les plus frappants, M. Sondland cherche à rassurer un troisième diplomate sur le fait que leurs actions sont appropriées.

Il a été révélé mardi que M. Sondland avait envoyé ce texto après avoir appelé M. Trump directement et s’être fait dire qu’il n’y avait pas d’échanges de faveurs promis.

M. Sondland aurait contacté M. Trump parce qu’il s’inquiétait des alarmes déclenchées par l’autre ambassadeur, William Bill Taylor, le chargé d’affaires à l’ambassade américaine en Ukraine, selon une personne proche de l’échange.

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