Le Saviez-Vous ► Désinformation : 3 pistes pour éviter les pièges du cerveau


Il est parfois difficile de faire la part des choses et distinguer à coup sûr si une information est vraie ou fausse, surtout sur le web. Certains mensonges reviennent souvent et il y a toujours quelqu’un pour le partager sans faire de vérification. Il devient de plus en plus important de débusquer les fausses nouvelles, car certains ont quand même des conséquences plus ou moins grandes.
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Désinformation : 3 pistes pour éviter les pièges du cerveau

La recherche scientifique sur les stratégies à adopter pour éviter les biais cognitifs reste très embryonnaire.

Vous êtes déjà tombés dans le piège de la désinformation? Consolez-vous, vous n’êtes pas les seuls!

En fait, 90 % des Canadiens avouent s’être fait prendre par une fausse nouvelle selon un sondage Ipsos publié en février dernier(Nouvelle fenêtre).

Le problème se situe dans nos cerveaux. Comme l’expliquait ma collègue Bouchra Ouatik dans un article publié en juin dernier, depuis la nuit des temps des biais cognitifs guident en partie l’humain dans ses actions et ses prises de décisions.

Au cours des dernières décennies, les chercheurs ont identifié des dizaines de biais de ce genre. En bref, il s’agit de réflexes solidement ancrés dans nos cerveaux. Ces mécanismes inconscients ont été utiles à nos ancêtres de la préhistoire. Ils permettaient des prises de décisions rapides dans un milieu souvent hostile.

Mais ces raccourcis mentaux nous jouent des tours dans la complexité du monde moderne et à l’ère des réseaux sociaux.

Alors, qu’est-ce qu’on fait?

Sachez d’entrée de jeu que, pour l’instant, les pistes de solution sont limitées.

Si l’identification des biais est plutôt acquise, la recherche scientifique sur les stratégies à adopter pour éviter les biais cognitifs chez les humains est très embryonnaire.

Voici tout de même quelques conseils prodigués par Janie Brisson, chercheuse au laboratoire des processus de raisonnement au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

1) Acceptez-le

La première étape n’est simple qu’en apparence : accepter que nous soyons biaisés.

Ça peut être même assez souffrant d’accepter que malgré notre bonne volonté, et malgré qu’on soit conscient de ces biais-là, on puisse quand même avoir un comportement qui est biaisé. Janie Brisson, chercheuse, UQAM

Tout cela requiert donc, selon Mme Brisson, « un effort conscient, un effort d’acceptation pour reconnaître que ça fait partie de la condition humaine. »

2) Gare aux émotions

Sur le web et plus particulièrement sur les réseaux sociaux, un autre conseil incontournable s’impose : être plus vigilant face aux contenus qui suscitent des émotions.

Tout contexte sensible, émotif, qui vient chercher nos opinions et nos valeurs, ça devrait être une alerte […] quand une nouvelle vient chercher quelque chose de très émotif en nous, il faut être encore plus vigilant au niveau de la vérification des sources. Janie Brisson, chercheuse, UQAM

Méfions-nous donc de nos réactions à ce type de contenus très présents sur les réseaux sociaux, de véritables « pouponnières à biais », selon la chercheuse.

3) « J’aime » : pensez-y deux fois!

Parmi les biais les plus robustes se trouve le biais de vérité illusoire. Il fait en sorte qu’une personne exposée à une information de manière répétée aura tendance à croire cette information même en sachant qu’elle est fausse.

D’où l’importance, quand vous fréquentez les réseaux sociaux, de bien faire vos devoirs avant de cliquer « J’aime » et de partager certaines informations.

Il faut faire très attention de ne pas partager ou cliquer sur « J’aime » sur une information dont on n’a pas vérifié la source parce qu’en le partageant, on fait en sorte que notre entourage est encore plus vulnérable. Il faut protéger notre entourage. Janie Brisson, chercheuse, UQAM

Et les médias dans tout ça? Mme Brisson est d’avis que les médias peuvent parfois nuire à nos efforts pour contourner nos biais cognitifs. Dans la course aux téléspectateurs, aux auditeurs, aux lecteurs ou aux clics se glissent trop souvent des contenus sensationnalistes qui peuvent affecter la capacité de discernement des internautes et ainsi rendre le travail de vérification des faits « un peu plus difficile ».

C’est donc un effort collectif qui s’impose, au-delà de la vigilance de chacun, ajoute-t-elle. Pendant ce temps, une foule de chercheurs à travers le monde travaillent dur pour mieux cerner les moyens qui vous permettront d’éviter les trop nombreux cas de désinformation.

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Facebook et Twitter refusent de supprimer les publicités mensongères de Trump


Il me semble que Facebook et Twitter avait annoncé qu’ils combattaient la désinformation, En tout cas c’est ce qu’ils prétendent .. Sauf pour les politiciens eux, ils ont droit tant qu’il n’y a pas d’insultes. Si il y a bien des surveillance a faire, ce sont bien les politiciens et surtout Donald Trump et son équipe
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Facebook et Twitter refusent de supprimer les publicités mensongères de Trump

Gros plan du visage de Donald Trump.

L’équipe de Donald Trump fait diffuser des publicités en sa faveur sur les réseaux sociaux.

PHOTO : GETTY IMAGES / ALEX WONG

Facebook et Twitter ont refusé de retirer des publicités de Donald Trump qualifiées de mensongères par l’équipe de campagne de Joe Biden.

Facebook avait accepté de supprimer une publicité de Donald Trump insultante pour Joe Biden puisque sa politique publicitaire interdit les insultes.

L’ancien vice-président américain, qui pourrait devenir le rival de Trump dans la course à la Maison-Blanche s’il remporte l’investiture du Parti démocrate, fait l’objet d’attaques par Trump.

L’équipe de campagne de l’actuel président américain a modifié la publicité, retirant l’insulte, mais ajoutant une fausse allégation au sujet de Joe Biden.

Les arguments de Facebook

Le camp de Biden a demandé le retrait de cette publicité. PolitiFact et FactCheck.org, qui font partie des partenaires de Facebook pour la vérification des faits, ont démenti ce qu’affirme la publicité en question.

Toutefois, Facebook a adressé une fin de non-recevoir au camp Biden, faisant valoir que sa politique de vérification des faits portant sur les publicités diffusées sur le réseau social ne s’applique pas aux hommes et aux femmes politiques.

Notre approche est fondée sur la croyance fondamentale de Facebook en la liberté d’expression […] et sur l’idée que, dans les démocraties où la presse est libre, le discours politique est déjà sans doute le discours le plus scruté qu’il soit, a écrit, dans une lettre, Katie Harbath, directrice des politiques publiques de Facebook.

Par conséquent, quand un politicien ou une politicienne parle et fait une publicité, nous ne faisons pas examiner les faits par des vérificateurs indépendants, a-t-elle ajouté.

Twitter dit aussi non

Le camp Biden a également demandé le retrait d’une publicité de Trump dans une lettre envoyée à Twitter.

C’est une chose d’autoriser l’équipe du président Trump à répandre des faussetés à partir de son propre compte [Twitter], c’en est une autre de faire du profit avec des publicités payantes qui répètent les mêmes mensonges, précisait la lettre.

Cependant, le réseau social a estimé que cette publicité ne contrevenait pas à ses règles.

La publicité dont vous parlez ne constitue pas une violation de nos politiques pour le moment, a déclaré, jeudi soir, une personne qui représente Twitter.

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Quand Instagram nous conseille


C’est une des choses que je n’aime pas dans les réseaux sociaux, ceux qui prétend être des coach santé, il y a de tout des naturopathe, des nutritionnistes, des guérisseurs et même des psychologues dont la plupart n’ont pas de formation, ou du moins un manque de formation ou encore des diplômes. Ils peuvent rendre les gens plus malades qu’ils ne le sont.

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Quand Instagram nous conseille

PHOTOMONTAGE JULIEN CHUNG, LA PRESSE/PHOTOS GETTY IMAGES

Les « coachs santé » prolifèrent sur les réseaux sociaux. Ils évoluent dans un marché florissant… et sans encadrement.

Jeûne intermittent. Prise de comprimés de vitamines, de minéraux et d’antioxydants. Consommation de chlorophylle pour « un meilleur transport de l’oxygène dans notre corps ». Voici quelques exemples prodigués par des utilisateurs d’Instagram qui se présentent comme des « coachs santé », « coachs holistiques » ou « coachs bien-être ». Un phénomène qui inquiète plusieurs experts.


MARISSA GROGUHÉ
LA PRESSE

Sur les réseaux sociaux, et sur Instagram plus particulièrement, les « coachs santé » sont à portée de clic. Certains n’ont qu’une poignée d’abonnés et d’autres, plusieurs milliers. Ils évoluent dans un marché florissant… et sans encadrement.

Aux États-Unis particulièrement, les « coachs santé » connaissent une grande popularité. L’Association médicale américaine (AMA) recommande même d’être accompagné d’un « health coach » lors d’un suivi médical. Toutefois, il s’agit plutôt d’infirmières, d’assistants médicaux ou d’éducateurs en santé.

Ceux qui prolifèrent sur les réseaux sociaux se disent surtout « naturopathes », « guérisseurs », « herbalistes ». On trouve beaucoup d’Américains, mais aussi des Européens et plusieurs Québécois.

Parmi eux, une utilisatrice se présente comme une « coach en santé holistique ». Catherine Plamondon veut « inspirer les femmes à rayonner au quotidien » et à « adopter un mode de vie sain, équilibré ». 

Jointe par La Presse, Catherine Plamondon a expliqué détenir un baccalauréat en kinésiologie, une formation de deuxième cycle en exercices thérapeutiques et « beaucoup de formation » en naturothérapie. 

Tracy se présente pour sa part sous le nom TheMindfulady et exploite un blogue du même nom. La Montréalaise se présente comme une holistic health coach.

« C’est parti de ma propre expérience, puisque je travaille énormément (comme ingénieure) et que je trouvais que notre style de vie (surtout les femmes de carrières) était hyper rapide et pas très orienté sur notre bien-être », explique-t-elle dans un échange sur Instagram.

En portant plus attention à son alimentation, par une approche holistique, et en constatant de « bons résultats », elle a décidé de suivre une formation dans le domaine à l’Institute for Integrative Nutrition.

Elle indique sur son site que son contenu « est à titre informatif uniquement et ne doit en aucun cas être considéré comme un avis médical ». « Je ne suis ni médecin ni diététiste, par conséquent toute utilisation des informations de ce site est entièrement à vos propres risques », précise-t-elle.

Des nutritionnistes qui n’en sont pas

La Française Mélanie Frey est suivie par près de 6000 personnes sur Instagram. Elle alimente également un compte YouTube. Elle fait la promotion de la « santé au naturel » et donne des ateliers concernant les troubles du comportement alimentaire. 

Un exemple des conseils qu’elle donne : la monodiète, qui consiste à « ne manger qu’UN aliment à volonté, pendant un repas, deux repas, une journée, ou plusieurs jours d’affilés… » La pratique permettrait de « détoxifier l’organisme et de mettre au repos les organes digestifs ». 

« Masseur-kinésithérapeute diplômée d’État », Mme Frey indique qu’elle est « sur le point de terminer […] plus de 350 heures de cours en nutrition et micronutrition » dans le cadre de sa formation en naturopathie.

Une formation qui lui confère le droit de « conseiller sur quoi [manger] pour optimiser la bonne vitalité de l’individu tout en étant adapté à son mode de vie », dit-elle.

Plusieurs « coachs santé » recommandent certaines habitudes alimentaires, vantent des diètes, des programmes nutritionnels et des produits miracles. C’est là un des plus gros problèmes de ce phénomène, soulève Paule Bernier, directrice de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ).

« Tout le monde mange, tout le monde se sent concerné. Alors c’est facile d’avoir son opinion et de penser que l’expérience de l’un ou de l’autre vaut des résultats scientifiques », dit-elle.

Beaucoup de nos membres en pratique privée nous rapportent qu’ils ramassent des patients ayant suivi des conseils mal dirigés qui faisaient la promotion de diètes. Ils se sont retrouvés complètement déséquilibrés. Paule Bernier, directrice de l’OPDQ

L’Organisation mondiale de la santé a reconnu la naturopathie comme une méthode de « médecine traditionnelle », au même titre que la médecine chinoise ou l’ayurveda.

Mais pour Mme Bernier, la naturopathie relève de la pseudoscience.

Si bien que l’Ordre qu’elle préside a adopté, en 2017, une résolution stipulant que « l’exercice de la naturopathie est incompatible avec l’exercice de la profession de diététiste ou de nutritionniste ».

Des professionnels inquiets

Au Québec, un système de dénonciation a été implanté au sein de l’Ordre des diététistes, afin de lever le drapeau rouge sur des cas problématiques de faux nutritionnistes.

Depuis la période 2016-2017, l’OPDQ observe une augmentation des dénonciations de 200 %.

« Les réseaux sociaux aident le mouvement, c’est tellement plus facile de diffuser de l’information, bonne ou mauvaise », constate Mme Bernier. 

Certains « coachs » présents sur Instagram représentent également un problème pour l’Ordre des psychologues. La directrice de l’Ordre, la Dre Christine Grou, note une « prolifération » de ce titre sans les qualifications requises. 

Il y a beaucoup de désinformation et d’informations scientifiquement non fondées qui circulent. Dre Christine Grou, directrice de l’Ordre des psychologues du Québec

L’utilisation du terme « coach » fait aussi sourciller la Fédération internationale des coachs (ICF).

« Le titre de coach n’est pas protégé, donc n’importe qui peut dire qu’il fait du coaching », explique Lyne Leblanc, présidente de l’association. Les réseaux sociaux, en conséquence, sont « inondés » de « coachs » sans formation.

Attention, ne pas avoir de diplôme ne veut pas dire qu’on « ne fait rien de valable », souligne Mme Leblanc. « Mais on apprête tout et n’importe quoi à la chose du coaching. C’est un mot à la mode, et on le sert à toutes les sauces. »

Une formation remise en question

Des écoles offrent des formations pour devenir « coach santé ». La plus populaire est l’Institute for Integrative Nutrition (ou Institut de nutrition holistique) de New York (IIN).

La Française Claire Orriols a cofondé le site Super Souper, qui propose des conseils nutritionnels et des programmes alimentaires. La jeune femme a étudié à l’IIN. Elle se présente maintenant comme « coach en nutrition et santé holistique ». 

« C’est grâce à ma formation et mon expérience professionnelle que je peux partager des conseils, qui ne sont pas la vérité absolue, mais aidant ou sensibilisant les personnes à reprendre le pouvoir sur leur santé », explique-t-elle à La Presse.

L’IIN, fondée il y a 25 ans, réapparaît fréquemment dans notre navigation au gré des profils de « coachs bien-être ». La Québécoise Anne-Marie Archambault, qui a lancé le blogue d’inspiration bien-être À volonté, est une des diplômées de l’Institut. Elle se dit « coach de santé ». Professeure de yoga et de méditation, elle suit également une formation à l’École d’enseignement supérieur de la naturopathie du Québec à Montréal.

« Je ne suis donc ni médecin ni nutritionniste, prévient-elle sur son site. Mon focus, ce sont les habitudes de vie, et je travaille dans une approche naturopathique. »

L’Institut affirme, dans un courriel envoyé à La Presse, avoir formé une « communauté » de 100 000 coachs de santé, dans plus de 120 pays.

À l’Ordre professionnel des diététistes du Québec, « le bureau des enquêtes est en train d’évaluer comment juger [cet établissement] », explique Paule Bernier.

Sans vouloir se prononcer catégoriquement, elle avance que l’IIN n’est « définitivement pas quelque chose de pertinent ou qui peut remplacer la formation [de diététiste] ». « Quand vous voulez régler un problème de tuyauterie, vous appelez un plombier. Un problème légal, un avocat. Mais lorsqu’il est question de nutrition, tellement de monde veut donner ses conseils, alors que seuls les diététistes et les nutritionnistes ont un permis pour le faire », dit-elle.

La crédibilité de l’IIN est donc remise en question. Mais des dizaines de milliers d’élèves de partout dans le monde sont prêts à payer des milliers de dollars pour suivre ses formations. Beaucoup d’entre eux se servent de ces nouvelles compétences pour se lancer en affaires, donner des conseils. Très souvent… sur Instagram.

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250$ : le prix de désinformation sur les réseaux sociaux


L’internet est un outil exceptionnel, mais il est aussi un monstre qui peut changer le court d’une histoire dans un pays, à cause de désinformation venant de l’autre bout du monde. Avec de l’argent, on peut lancer des fausses nouvelles pour déstabiliser une personne, une élection, une industrie.
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250$ : le prix de désinformation sur les réseaux sociaux


Hervé Didier

Une filiale de Google a tenté l’expérience : engager une usine à trolls russe pour lancer une campagne de désinformation sur les réseaux sociaux. Voilà ce que l’on peut obtenir pour 250 dollars.

(CCM) — La filiale de Google Jigsaw a voulu apporter la preuve qu’il est très simple de déstabiliser une personnalité, un site ou une marque avec des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. 250 dollars lui ont suffi pour demander à des prestataires russes de lancer leurs trolls sur la cible choisie.

Les élections américaines de 2016 et la campagne du référendum sur le Brexit ont mis en lumière les capacités qu’ont les hackers en tous genres à influencer les opinions publiques. En Russie particulièrement, des entreprises parapubliques comme l’Internet Research Agency de Saint-Pétersbourg ont apporté la preuve de leur savoir-faire inégalé dans la manipulation des algorithmes de diffusion des réseaux sociaux.

Aujourd’hui, il semble à la portée de tout le monde de lancer des campagnes de désinformation sur Facebook, Twitter ou WhatsApp. Comme le rapporte le magazine en ligne Wired (lien en anglais), c’est cette étonnante facilité qu’a voulu démontrer Jigsaw, une filiale du géant américain Alphabet, qui développe des projets de protection contre les cyberattaques et de lutte contre l’influence des groupes radicaux sur Internet.

En mars 2018, Jigsaw a monté une expérience et fait appel à SEOTweet, un prestataire de service recruté sur le darkweb russe pour déstabiliser un site politique « Down With Stalin ». Il faut préciser que ce site anti-Staline avait été créé de toutes pièces par Jigsaw pour servir de cible pendant l’occasion. Pour 500 dollars, ce hacker promettait de faire désindexer totalement le site en question, en le dénonçant massivement pour « contenus abusifs ». Mais les équipes de Jigsaw se sont contentés de la formule à 250 dollars, une campagne de trolls lancés sur les réseaux sociaux pendant deux semaines.

Résultat, 730 tweets ont été postés à partir de 25 comptes Twitter différents, et une centaine de posts a été mise en ligne sur des forums ou dans les sections commentaires de sites d’informations. A chaque fois, les messages avaient été rédigés par des humains, et non par de simples robots. Bien sûr, ces chiffres bruts ne sont pas impressionnants en soi. Mais le but était surtout de montrer que pour une somme dérisoire, des acteurs existent pour mener à bien des campagnes de désinformation sur Internet, et que pour passer à une échelle industrielle, ce n’est qu’une question de budget.

Photo : © rzoze19 – Shutterstock.com

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La banalisation du mensonge


On sait qu’en politique le mensonge est commun. Depuis l’élection de Donald Trump, on prend plus conscience de l’étendue de la désinformation. Les réseaux sociaux n’aident pas non plus, même, ils empirent le problème des mensonges de toutes sortes qui peut amener des violence envers un groupe ou a une personne innocente à cause des mensonges.
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La banalisation du mensonge

Aux États-Unis, les nombreuses fausses nouvelles qui ont circulé... (PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS)

Aux États-Unis, les nombreuses fausses nouvelles qui ont circulé pendant la campagne présidentielle en 2016 pourraient avoir joué un rôle dans l’élection de Donald Trump (photographié mercredi dernier à Washington).

PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS

VALÉRIE SIMARD
La Presse

La foule présente lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump était la plus grande de l’histoire. Et le soleil s’est pointé lorsque le président a commencé son discours. Les vaccins causent l’autisme. Il y a un minicheval à la crinière rose dans l’île Sainte-Hélène ! Il ne se passe pas une journée sans que nous soyons exposés à de fausses informations. En cette ère dite de « post-vérité », le mensonge est-il plus présent qu’avant ?

Le cas du président américain est extrême. Selon le Washington Post Fact Checker, une équipe mise sur pied par le quotidien américain réputé pour « établir la vérité derrière la rhétorique », Donald Trump avait, en date du 29 avril dernier, prononcé plus de 10 000 déclarations fausses ou trompeuses pendant ses 827 jours au pouvoir

« Ce que Trump a fait – et ce qu’il continue de faire – est de dévaluer l’idée de vérité dans notre culture », a écrit le commentateur politique Chris Cillizza, dans une analyse publiée en avril dernier sur le site de CNN.

« Il faut faire attention à quel point on extrapole à partir du cas américain, qui est un cas très singulier à plusieurs égards, affirme Jocelyn Maclure, professeur titulaire de philosophie à l’Université Laval et président de la Commission de l’éthique en science et en technologie (CEST). Mais en même temps, on a connu le Brexit. Le camp du Non avait sous-estimé comment l’autre camp pourrait s’en sortir en prenant autant de libertés avec la rigueur et l’exactitude. »

C’est justement dans le contexte de l’élection de Donald Trump et du référendum sur le Brexit au Royaume-Uni que le dictionnaire britannique Oxford a déclaré « post-truth » (post-vérité) mot de l’année 2016, en référence à une période où les faits comptent moins que l’émotion.

Or, le mensonge en politique ne date pas d’hier, rappelle Jocelyn Maclure en nous ramenant à Machiavel.

« Je ne m’en prends pas au concept même de post-vérité, précise-t-il. Certains disent qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Il y a une radicalisation des problèmes qu’on a toujours connus. Il y a tout un marché pour des politiciens ou des formations politiques qui veulent instrumentaliser à la fois nos vulnérabilités et les nouvelles technologies de l’information, l’internet et les plateformes numériques, pour faire des gains politiques. »

Le fait que le mensonge a toujours existé ne le rend pas pour autant acceptable sur le plan des valeurs, ajoute-t-il.

 « La plupart des philosophes politiques et des philosophes en éthique ont jugé que le mensonge était mal, y compris en politique. Si on pense que c’est important que les prises de décision et l’adoption des lois soient fondées sur la rationalité et des faits avérés, il faut condamner de toutes nos forces le mensonge en politique et, surtout, il faut se donner des moyens institutionnels de le combattre. »

Le rôle des réseaux sociaux

Si le mensonge en politique n’est pas nouveau, les réseaux sociaux permettent d’en amplifier la diffusion. Il en va de même pour les fausses nouvelles, que le chroniqueur Jeff Yates, aujourd’hui à Radio-Canada, traque depuis maintenant quatre ans. Il n’est pas en mesure d’affirmer qu’elles ont proliféré, mais il constate que le ton qui y est employé est devenu plus agressif.

Selon sa définition, une fausse nouvelle est « une information soit carrément fausse, soit détournée, exagérée ou dénaturée à un point tel qu’elle n’est plus véridique, présentée comme une vraie nouvelle dans le but de tromper les gens ». 

« Anciennement, c’était difficile d’atteindre 100 000 personnes. Tu ne pouvais pas faire ça tout seul dans ton sous-sol. Maintenant, si tu sais comment les réseaux sociaux fonctionnent, tu peux rejoindre beaucoup de monde. »

Et faire des dommages. Au Sri Lanka, une fausse information diffusée sur Facebook a mené à une flambée de violence à l’endroit des musulmans. En Inde, au moins 25 hommes ont été lynchés à cause de fausses rumeurs d’enlèvements d’enfants sur WhatsApp. Aux États-Unis, les nombreuses fausses nouvelles qui ont circulé pendant la campagne présidentielle en 2016 pourraient avoir joué un rôle dans l’élection de Donald Trump. À moindre échelle, au Québec, peu après la mort de la fillette à Granby, alors qu’il était interdit de dévoiler le nom de la victime et des accusés, des internautes ont fait circuler la photo d’une femme qui porte le même prénom que la belle-mère de la fillette en affirmant qu’il s’agissait de l’accusée.

« La dame a reçu des messages haineux et des menaces sur son Facebook, raconte Jeff Yates. Ce n’est pas quelque chose qui a eu un large impact sur la société, mais pour cette personne, ça a des conséquences. »

Selon Jeff Yates, beaucoup de la désinformation présente sur Facebook passe dorénavant par des groupes, souvent privés, depuis que la plateforme a modifié son algorithme pour leur donner priorité aux dépens des pages.

« Si on a un groupe conspirationniste, tous les gens dans le groupe ont tendance à être conspirationnistes. Ceux qui ne le sont pas vont avoir tendance à ne plus y aller parce que chaque fois qu’ils publient un commentaire, ils se font insulter. »

La science mise à mal

Ainsi, ces groupes sont un terreau fertile pour les théories conspirationnistes et les discours remettant en question les faits avancés par la science. Le neuroscientifique Daniel Levitin, professeur au département de psychologie de l’Université McGill et auteur du livre A Field Guide to Lies – Critical Thinking in the Information Age, déplore qu’une partie de la population ait perdu confiance en la science.

« C’est en partie la faute des scientifiques qui ne font pas vraiment un bon travail pour expliquer ce qu’ils font et comment ils le font et celle du système d’éducation, croit M. Levitin. Je ne pense pas que la personne moyenne possède les outils pour s’engager dans le genre de pensée critique qui est nécessaire. »

Il admet que la plupart des gens n’ont pas non plus le temps nécessaire à la vérification des faits. Il croit cependant qu’ils devraient être en mesure de reconnaître que tous n’ont pas la même crédibilité pour s’exprimer sur un sujet.

« Les gens entendent quelqu’un comme Robert F. Kennedy Jr dire que les vaccins sont dangereux. Ils ne savent peut-être pas grand-chose à son sujet, mais ils connaissent le nom de Kennedy. Ou, plus insidieusement, ils voient une publication sur Facebook et se disent : « Si j’y pense, il y a beaucoup d’enfants qui sont malades après la vaccination. Je ne fais pas confiance aux sociétés pharmaceutiques ni aux experts, alors peut-être que c’est vrai. » Mais il y a un fossé entre peut-être que c’est vrai et c’est vrai. »

Des remèdes contre la désinformation

• #30 secondes avant d’y croire

#30 secondes avant d’y croire est un projet mené par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et de l’Agence Science-Presse, auquel participent le journaliste Jeff Yates et plusieurs autres journalistes bénévoles. La formation a pour but de sensibiliser les adolescents aux fausses nouvelles et aux canulars qui circulent sur le web.

https://30secondes.org/

• PolitiFact

Ayant reçu un prix Pulitzer, PolitiFact est un site à but non lucratif tenu par le Poynter Institute, aux États-Unis. Les journalistes examinent, avec leur Truth-O-Meter, l’exactitude des déclarations faites par les élus américains.

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Le Saviez-Vous ► Web : que sont les cookies ? Quels types de données récupèrent-ils ?


Les cookies sur Internet sont malheureusement nécessaires. Acceptés, les cookies permettent le bon fonctionnement du site, nos données personnelles sont codés. Ils permettent de multiple choses dont la publicité. Avec les cookies, ils savent  malheureusement, avec nos recherches ce qui est susceptible de nous intéresser. Sauf que  les sites Internet pourraient être payant sans les publicités. ..
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    Web : que sont les cookies ? Quels types de données récupèrent-ils ?

    par Leila

    Lorsque vous arrivez sur un site web, les messages liés aux cookies s’affichent automatiquement. La majorité des internautes cliquent sur “OK” sans même réellement savoir ce qu’ils acceptent. Pourtant, cette notion est très importante, car elle concerne directement les données personnelles et leur utilisation.

    Un fichier composé de codes

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        Sources : CNIL, Culture Informatique

        https://sciencepost.fr/

      Vaccins: des robots en ligne alimentent la désinformation


      La rougeole augmente même au Canada. Il est triste de voir que la désinformation semble gagner du terrain. Il semble qu’en plus des robots se mettent de la partie.
      Nuage

       

      Vaccins: des robots en ligne alimentent la désinformation

       

      L'administratrice en chef de la santé publique a... (PHOTO DAVID GOLDMAN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

      L’administratrice en chef de la santé publique a souligné que les acteurs malveillants en ligne peuvent être très efficaces pour alimenter la méfiance des parents.

      PHOTO DAVID GOLDMAN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

      La Presse Canadienne
      Ottawa

       

      L’administratrice en chef de la santé publique du Canada a déclaré que l’émergence de robots en ligne conçus pour semer la méfiance complique encore davantage la lutte contre la désinformation liée aux vaccins.

      La docteure Theresa Tam a affirmé que des robots répandaient des fausses déclarations sur la vaccination. Elle a ajouté que la désinformation sur les médias sociaux était au moins en partie responsable de la progression de 300 % des cas de rougeole observée cette année.

      L’administratrice en chef de la santé publique a souligné que les acteurs malveillants en ligne peuvent être très efficaces pour alimenter la méfiance des parents, semer des doutes et persuader les gens à tort qu’un débat sur la vaccination est en cours entre experts fiables de la santé publique.

      S’adressant aux journalistes après un événement vendredi à Ottawa, Mme Tam a expliqué que le niveau de vaccination au Canada pourrait baisser par rapport à son niveau actuel – qu’elle a décrit comme n’étant pas assez élevé, bien que pas épouvantable.

      Elle affirme que toute personne peut être victime d’informations erronées en ligne, car même une courte exposition à ces informations peut changer l’idée de quelqu’un. L’administratrice en chef de la santé publique est particulièrement préoccupée par le fait que de 20 à 30 % des parents se posent des questions sur les vaccins.

      Mme Tam a dit que la clé était de s’assurer que les parents qui ont des questions obtiennent des réponses fiables fondées sur des données scientifiques de la part de prestataires de santé.

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