Il dénonce la pollution dans son pays: sept ans de prison


C’est vraiment dramatique de protester avec raison contre un pollueur est accusé en 2016, de fuite toxique qui a tuer des tonnes de poissons et d’être emprisonné pour cause de propagande contre le parti communiste. Si une personne est arrêtée pour manifester, elle risque la mort. Cela n’a aucun bon sens. Pire, la compagnie a payé une amende et peut continuer ses opérations
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Il dénonce la pollution dans son pays: sept ans de prison

 

Au cœur des dénonciations du jeune homme, arrêté début 2017: le scandale Formosa. Cette entreprise taïwanaise a été accusée d’être à l’origine d’une fuite de produits toxiques ayant causé la mort en avril 2016 de tonnes de poissons, et d’être responsable de la destruction des moyens de subsistance des pêcheurs dans le centre du pays. © reuters.

VIETNAM Un internaute dénonçant les problèmes environnementaux au Vietnam, notamment une importante pollution marine par un groupe taïwanais en 2016, a été condamné à sept ans de prison lundi, dernier tour de vis en date du régime communiste.

Nguyen Van Hoa, âgé de 22 ans, a été jugé coupable de « diffusion de propagande contre l’Etat socialiste » (article 88 du code pénal), a confirmé à l’AFP un responsable du tribunal de Ha Tinh, dans le centre du pays.

« Propagande réactionnaire contre l’Etat »

Bao Ha Tinh, le journal régional en ligne, contrôlé par l’Etat comme tous les médias au Vietnam communiste, précise que sont reprochés au jeune homme des « articles, vidéos et images avec des contenus négatifs sur sa page Facebook… diffusant une propagande réactionnaire contre le parti et la politique de l’Etat ».

Au cœur des dénonciations du jeune homme, arrêté début 2017: le scandale Formosa. Cette entreprise taïwanaise a été accusée d’être à l’origine d’une fuite de produits toxiques ayant causé la mort en avril 2016 de tonnes de poissons, et d’être responsable de la destruction des moyens de subsistance des pêcheurs dans le centre du pays.

La compagnie a été condamnée à payer une amende de 500 millions de dollars, mais les manifestations de colère se sont poursuivies. Les autorités ont réprimé les manifestations et arrêté les meneurs.

Une Vietnamienne risque la peine de mort

Même un an plus tard, les arrestations et poursuites contre ceux qui ont osé dénoncer ce scandale se poursuivent.

Le 19 octobre, une Vietnamienne a ainsi été arrêtée après avoir participé à une de ces manifestations anti-Formosa en 2016 et risque la peine de mort pour tentative de « renversement » du régime.

Seulement condamnée à payer une amende, la société Formosa a reçu le feu vert pour reprendre les opérations d’aménagement du site sidérurgique.

Au moins 15 opposants ont été arrêtés depuis janvier au Vietnam, selon Amnesty International. Plusieurs lourdes peines de prison ont également été prononcées.

Au Vietnam, les opposants sont fréquemment emprisonnés mais l’arrivée de nouveaux dirigeants l’an passé a encore durci la chasse aux voix discordantes.

© afp.

http://www.7sur7.be

#moiaussi : une dénonciation encore plus compliquée pour les Autochtones


#moiaussi et #metoo continue à faire des vagues, on espère que cela va réveiller que personne ne soit un objet sexuel. Les autochtones en auraient pourtant long à dire sur les agressions tout comme dans bien des pays, alors que les lois, l’aide aux victimes est pour tout le monde, les autochtones n’ont pourtant pas le même appui surtout dans les petites communautés. Si elles portent plainte, elles risquent les contre-coups et rien ne sera fait envers l’agresseur
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#moiaussi : une dénonciation encore plus compliquée pour les Autochtones

 

La militante Maïtée Saganash

La militante Maïtée Labrecque-Saganash Photo : Radio-Canada/Laurence Niosi

Dans la foulée du scandale Harvey Weinstein, le mouvement #moiaussi (#metoo en anglais) a donné lieu à un déferlement de témoignages et de dénonciations.

Des femmes autochtones, trois fois plus victimes d’agressions sexuelles que le reste de la population canadienne, ont également pris la parole. Mais le mouvement a-t-il réellement rejoint les communautés autochtones? Discussion avec la militante crie Maïtée Labrecque-Saganash, au moment où se déroule, dans une relative indifférence, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA).

Propos recueillis par Laurence Niosi


Les femmes autochtones se sentent-elles incluses dans le mouvement #moiaussi?

Personnellement, je me sens incluse mais je reste critique. Par ailleurs, les femmes autochtones qui vivent dans de petites communautés ont beaucoup moins le pouvoir de dénoncer que les femmes blanches. Si on pense à des villages comme Aupaluk [au Nunavik], de 210 personnes, une dénonciation, ça fait du bruit. Même chose dans ma communauté de 1000 personnes de Waswanipi [dans le Nord-du-Québec]. Ces femmes-là sont plus à risque de recevoir les contrecoups de la famille de l’agresseur, qui sont souvent des voisins ou des collègues. Tu n’as pas non plus envie que ça se sache partout, et te replonger dans le traumatisme, de subir les violences de ceux qui ne te croient pas.

Même si les femmes autochtones sont plus à risque de se faire violer ou tuer au pays, elles ont moins les moyens, et ne peuvent pas se permettre de dire #moiaussi, et je trouve ça dommage.

Avec les femmes autochtones, il y a aussi la question de discrimination qui entre en jeu…

Oui et la sexualisation, la déshumanisation des femmes autochtones. Les femmes blanches se font violer parce qu’elles sont des femmes. Nous on se fait violer ou tuer parce qu’on n’est pas considérées comme des humains. Donc là est la nuance à faire.

Également, la majorité des agressions commises contre les femmes autochtones viennent des Blancs, pas des communautés. Et quand on parle de la déshumanisation qui vient du colonialisme, on se fait dire :

« C’est de la faute des hommes dans vos communautés, vous n’avez qu’à régler ça entre vous ».

Donc on ne verrait pas de #moiaussiautochtone dans les communautés, par exemple?

Les femmes autochtones qui ont dit #metoo, ce sont des femmes souvent dans des conseils de bande. Aussi dans les villes, les Autochtones participent à #metoo, à Winnipeg, à Toronto… Mais beaucoup de femmes autochtones se disent aussi « pourquoi est-ce que je dénoncerais », alors que rien n’est fait pour les aider? Il y a eu une pointe de frustration que j’ai sentie qui vient de ça.

Dans le passé, j’ai parlé des violences sexuelles que j’ai subies. Mais moi, je reste en ville, et je ne suis pas dans la rue, je vis bien pour une femme autochtone. Ma famille est encore très dysfonctionnelle, même moi je dois me battre. Mais il y a bien des choses que je peux me permettre que les autres femmes autochtones ne peuvent pas. Et ça j’essaie de me le rappeler souvent.

Plusieurs femmes ont soulevé le fait qu’il a fallu qu’une femme blanche prenne la parole pour que soit lancé le mouvement #metoo.

Quand [l’actrice américaine et l’instigatrice du mouvement #metoo en 2017] Alyssa Milano dénonce, ça devient viral. C’est frustrant, pourquoi ne nous écoute-t-on pas? On écoute des Rose McGowan, des Julie Snyder, mais écoute-t-on un(e) Autochtone sur une base régulière? Les femmes autochtones doivent se cacher dans des commissions d’enquête publique pour qu’on les écoute. Moi-même je dois témoigner à l’ENFFADA parce que les policiers m’ont profilé racialement. Les avocats, les politiciens, les policiers, personne ne nous écoute. C’est sûr qu’il y a de la frustration de voir que des gens avec des tribunes peuvent dénoncer.

Justement, comment pourrait-on attirer l’attention sur l’ENFFADA et les agressions commises sur des femmes autochtones?

Je ne sais pas ce que ça prend. On veut simplement faire comprendre aux gens que c’est systémique et que c’est là. Les statistiques sont là pour le prouver. Et c’est sûr que ça prend un poids démographique plus grand, pour que ça devienne viral. Dans des villes comme Winnipeg [avec une plus grande communauté autochtone], ça pourrait être des bons points de départ.

Outre le #moiaussi, que faire pour venir en aide aux victimes de viol dans les communautés?

C’est beau dire #moiaussi, mais c’est plus difficile quand tu n’as pas de service en santé mentale. Par ailleurs, c’est bien de dénoncer, mais il faut préparer la suite. Il faut des services culturellement adaptés. La victime pourrait par exemple avoir besoin de l’église, ou bien elle aurait besoin d’une cérémonie traditionnelle. Elle pourrait aussi avoir besoin d’un soutien plus occidental, comme un psychologue. Je pense qu’il faut tous ces services dans les communautés.

http://ici.radio-canada.ca

Se faire justice sur Facebook


Dénoncer les agresseurs sexuels, la culture du viol est important, mais accuser sur la place publique dans les réseaux sociaux comme sur Facebook en nommant une personne, sans qu’il y ait enquête et accusations formelles me semble vraiment dangereux. D’abord, parce qu’il arrive qu’il y a de fausses accusations, ou qu’une personne ayant le même nom serait à tort lyncher. Si la justice n’est pas parfaite, elle s’est quand même améliorée avec le temps pour les victimes d’agressions sexuelles.
Nuage

 

Se faire justice sur Facebook

 

Un groupe féministe radical proche du milieu anarchiste publie depuis quelques... (Photomontage La Presse)

Photomontage La Presse

Hugo Pilon-Larose
La Presse

Un groupe féministe radical proche du milieu anarchiste publie depuis quelques mois sur l’internet des dénonciations anonymes de femmes qui disent avoir été violées par des militants influents de mouvements alternatifs et des étudiants, et les noms de ceux-ci sont publiés.

La dernière dénonciation en date a été affichée la semaine dernière sur une page Facebook de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) et visait un ex-étudiant universitaire.

«Nous avons récemment été informées que [tu] déménageras le premier novembre dans [notre quartier]. Rappelons que jusqu’à ce jour [tu] as été dénoncé comme agresseur par sept femmes. […] Tu n’es pas le bienvenu dans nos quartiers», a publié le groupe Alerta Feminista.

Ce message a vite enflammé les réseaux sociaux. Si certains ont appuyé cette dénonciation, d’autres s’y sont farouchement opposés et ont désapprouvé la violence d’un tel processus qui bafoue, selon eux, la présomption d’innocence. 

Selon nos informations, les présumées victimes – dont l’identité n’a pas été dévoilée – n’ont pas porté plainte aux autorités policières.

Des personnes qui ont ouvertement condamné ces accusations anonymes auraient aussi été victimes de harcèlement.

«Tous ceux qui refusent de jouer leur jeu sont considérés comme des complices de viols. En plus, ces épisodes de lynchage publics sont parsemés de rumeurs non vérifiées», nous a expliqué une source qui connaît l’ex-étudiant ciblé par Alerta Feminista.

La Presse a fait une demande d’entrevue au groupe par Facebook. Quelques jours après avoir accepté de répondre à nos questions, précisant que tout devait se dérouler électroniquement, le compte d’Alerta Feminista est disparu, tout comme l’ensemble des publications des derniers mois où étaient nommés des hommes dénoncés comme agresseurs. Une nouvelle page publique est finalement réapparue, jeudi. Même si Alerta Feminista avait indiqué que nous obtiendrions des réponses à nos questions hier, nous n’avions rien reçu au moment de publier.

Sur l’ancien profil du collectif, dont on ne connaît pas l’identité des administrateurs, le groupe se décrivait comme des «féministes radicales voulant lutter contre la culture du viol et du silence, contre les systèmes patriarcaux et capitalistes, ainsi que tous les autres systèmes d’oppression».

L’ASSÉ, dont trois administrateurs sont responsables du site où a été publiée leur dernière dénonciation, avait indiqué à La Presse qu’elle n’avait pas l’intention de supprimer les messages d’Alerta Feminista, car «c’est aux survivantes [aux présumées victimes de viol] de faire ce qu’elles veulent et de partager ces informations».

«Extrêmement inquiétant»

En avril dernier, Alerta Feminista a publié un long document intitulé Tentative d’une justice transformatrice où il expliquait en détail ce processus alternatif au système judiciaire qui ne collabore pas avec les policiers et les tribunaux.

«C’est extrêmement inquiétant, car ça nous ramène à une situation de vigile où on demande aux citoyens de se faire justice eux-mêmes», a vivement dénoncé l’avocat Jean-Claude Hébert.

«Dans une société libre et démocratique, quand on a des reproches à faire à quelqu’un, surtout pour des accusations aussi graves qu’une agression sexuelle, il y a tout un processus qui existe déjà. On peut le dénoncer à la police, il y a une enquête, une validation des faits et un procès. Des cas d’accusations non fondées motivées par la vengeance, ça ne date pas d’hier», a-t-il expliqué en entrevue avec La Presse.

Dans son document, Alerta Feminista énumérait les principes qui régissent ce que Me Hébert compare à une certaine forme de tribunal populaire.

«Ce processus vise à mettre fin à la culture du viol et du silence, ce qui implique une redevabilité de la part de l’agresseur et une responsabilisation du milieu.»

«Puisque le processus vise à redonner du pouvoir à la survivante suite à l’agression qu’elle a vécue, elle conserve le droit de signifier s’il prend une tangente qu’elle désapprouve. […] Le premier principe est la reconnaissance qu’il y ait eu une agression, sans remise en question de l’agression ou des détails de celle-ci. Il n’y a pas deux versions des faits à comparer», poursuivait le document.

La Presse n’a pas été en mesure de confirmer si un tel mécanisme a été mis en place jusqu’ici entre une des personnes dénoncées et une présumée victime.

Comme au «Moyen Âge»

Pour l’avocate Véronique Robert, qui s’affiche ouvertement comme une progressiste féministe près des milieux alternatifs, ces anarcho-féministes reproduisent un système autoritaire bien pire que celui qu’elles dénoncent.

«[Avec la justice transformatrice], on s’embarque dans un pseudo-système sans règles dans lequel on reproduit des patterns qui existaient au Moyen Âge, alors qu’on menait des chasses contre n’importe qui, sur n’importe quoi et de n’importe quelle manière», nous a-t-elle expliqué, vivement interpellée par le sujet.

«Il n’y a plus aucune présomption d’innocence. La personne peut uniquement entamer ce processus si elle admet les faits qui, parfois, ne peuvent pas être admis, car ils ne sont pas fondés. C’est dangereux, c’est ultra-dangereux. Dans notre société, les stigmates d’agresseur sexuel, avec ceux de terroriste, je pense que c’est ce qu’il y a de pire», a ajouté Me Robert.

Les progrès de la justice

Pour Me Hébert, la critique souvent formulée à l’égard du système judiciaire, qui ne serait pas tendre envers celles qui dénoncent leur agresseur, mériterait une mise à jour.

«Il y a eu énormément de progrès qui ont été faits pour faciliter les témoignages des victimes. On n’est plus à l’époque où les avocats de la défense pouvaient entrer dans la vie privée de la victime pour miner sa crédibilité.»

Sa collègue Me Robert est d’accord avec lui sur ce point.

«D’abord, tous les postes de police ont désormais des escouades travaillant sur les crimes sexuels. Ces policières, car ce sont souvent des femmes, sont hyper-respectueuses. Elles prennent les choses au sérieux. […] Ensuite, en procès, les avocats n’ont plus le droit d’aller fouiller dans le passé sexuel de la personne. Ce n’est plus comme avant», a-t-elle expliqué, précisant qu’elle est connue pour être très critique envers le travail des policiers.

Les personnes dont les noms sont cités par Alerta Feminista et d’autres groupes ont aussi des recours «en matière civile pour atteinte à la réputation», a expliqué Me Hébert. Si l’identité des personnes derrière ce collectif n’est pas connue, une association comme l’ASSÉ – qui héberge ses publications sur son site – pourrait être poursuivie.

Les deux juristes ne se sont pas prononcés sur le cas de la dernière dénonciation faite par Alerta Feminista, ne connaissant pas le dossier. L’université que fréquentait l’ex-étudiant au moment des premières publications a aussi préféré ne pas commenter cette affaire, mais sa porte-parole a indiqué que l’établissement prend au sérieux toutes les plaintes déposées en matière de violence sexuelle.

«Nous agissons lorsque nous sommes saisis formellement d’une situation d’intimidation ou de harcèlement par voie de plaintes ou d’autres moyens qui cheminent par des canaux, des unités et des instances officielles […] En ce sens, l’information relative à [la présente] histoire est fragmentaire et au stade de la rumeur alimentée par les médias sociaux. Pour ces raisons, nous ne sommes pas en mesure de la commenter spécifiquement», nous a-t-on répondu.

Questions sans réponses

Depuis près d’une semaine, La Presse tente de parler avec les membres d’Alerta Feminista et avec la dernière personne ciblée par leurs accusations d’agressions sexuelles sur les réseaux sociaux, en vain. Après un premier contact réussi avec les membres du collectif féministe le vendredi 31 octobre dernier, ces dernières ont finalement dû désactiver leur compte, mardi, afin de créer une page publique de personnalité politique, ont-elles expliqué jeudi.

«Par le fait même, nous avons perdu toutes les dénonciations publiées sur notre wall, sauf les photos! Nous sommes désolées, mais toujours actives! N’hésitez pas à nous réécrire si vous voulez republier une dénonciation», ont-elles écrit.

Mercredi 5 novembre, 23h33. Alors que notre journaliste s’apprêtait à fermer son ordinateur pour la nuit, il a reçu un message privé sur son compte Facebook.

«Ark gros cave esti de morron. T’es juste un esti. Au moins si tu écrivais des bons articles… T’es le premier dirt qui a agressé des filles qui voulaient rien savoir de toi.»

Le message ne portait pas la signature d’Alerta Feminista et a été envoyé par une étudiante universitaire qui utilisait un faux nom.

La Presse a tenté de communiquer avec l’auteure par le truchement d’un message sur Facebook. Mais nos questions sont demeurées sans réponse.

– La Presse

Une ligne d’écoute de plus en plus sollicitée

La ligne téléphonique de référence pour les victimes d’agression sexuelle en détresse, mise sur pied

en 2010, a reçu plus d’appels qu’à l’habitude au cours des dernières semaines, alors que l’actualité a été particulièrement marquée par des histoires d’agressions sexuelles.

Depuis cinq ans, la ligne 1 888 933-9007 offre un service d’écoute et d’orientation anonyme

aux personnes agressées.

– Gabrielle Duchaine

32 193 Nombre d’appels reçus au 31 juillet dernier depuis la mise en place de la ligne d’urgence, qui se veut «un espace de sécurité pour parler sans être obligé de dénoncer», explique Deborah Ann Trent, directrice du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal.

600  Nombre d’appels moyen par mois. Les appels sont en constante augmentation depuis la création de la ligne.

65 Nombre d’appels reçus en plus durant la première semaine du mois de novembre par rapport à la première semaine d’octobre. Dix personnes ont cité nommément l’affaire Ghomeshi comme raison de leur demande d’aide.

84 %  Pourcentage de femmes qui appellent la ligne d’aide

41-64 ans  C’est le groupe d’âge le plus représenté chez les demandeurs d’aide. Mais depuis un an, de plus en plus de jeunes se manifestent.

 

http://www.lapresse.ca

Qui sont les agresseurs sexuels?


Je me demande combien d’agresseurs potentiels vont chercher de l’aide avant que l’irréparable arrive. Cependant, pour les victimes, on ne peut que souhaiter qu’elles ou ils dénoncent leur agresseur pour ces gestes qui resteront à jamais marqué dans leur vie
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Qui sont les agresseurs sexuels?

 

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Cette semaine, plusieurs femmes ont affirmé avoir été agressées sexuellement dans la foulée de l’affaire Jian Gomeshi. Si les témoignages des victimes ont fait beaucoup réagir, on a beaucoup moins parlé des agresseurs. Qui sont-ils et comment les aider à ne pas récidiver? 

Les sexologues s’entendent pour dire que les agresseurs sexuels peuvent venir de tous les horizons.

« Je ne crois pas qu’il y a un portrait type de l’agresseur, affirme la sexologue Jocelyne Robert. Les agresseurs ne viennent pas nécessairement d’un milieu défavorisé ou d’un milieu toxique. »

Dans la tête de l’agresseur

Au coeur de l’agression, il y a ce désir de prendre le contrôle et de dominer la victime, disent les spécialistes.

Selon Benoît Dassylva, médecin-psychiatre à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal, où l’on retrouve plusieurs agresseurs sexuels récidivistes et judiciarisés, le délinquant sexuel n’est pas un monstre, même s’il commet des gestes monstrueux.

« Du point de vue des agresseurs sexuels, ils ont sur le coup un grand sentiment de bien-être, de triomphe, pendant l’agression. Mais ce sentiment est très éphémère. Ils reviennent rapidement à la réalité », dit-il.

La loi est pourtant claire. « Tout contact de nature sexuel sans le consentement de l’autre personne constitue une agression sexuelle, quel que soit le contact. Si on parle de parties intimes, les seins, les fesses, c’est certainement un contact sexuel », affirme l’avocat-criminaliste Éric Sutton.

Si l’agresseur passe aux actes malgré sa connaissance de la loi, c’est en partie parce qu’il ne considère plus leur victime comme des personnes, dit Benoît Dassylva. 

« Il y a même des gens qui disent que dans des cas extrêmes, les agresseurs transforment les êtres humains en objets », ajoute-t-il. 

Les bénéfices de la dénonciation

Avant même de passer à l’acte, plusieurs agresseurs auraient des fantasmes de soumettre sexuellement une autre personne sans son consentement. Selon Benoît Dassylva, il ne faut pas hésiter à chercher de l’aide avant qu’il soit trop tard.

 « D’avoir des fantasmes déviants, des désirs de soumettre des victimes contre leur gré est le signe d’un problème et qui mériterait une consultation sur le plan clinique », explique-t-il. 

Si les psychiatres ne peuvent pas venir en aide à tous les agresseurs sexuels, ils peuvent tout de même en aider un très grand nombre. Selon Francis Laroche, sexologue à la Clinique pour les troubles sexuels de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, 90 % des agresseurs ne passent plus à l’acte après une dénonciation suivie d’une thérapie.

« Après avoir dénoncé un agresseur, il y a sa judiciarisation, la médiatisation de l’acte et une thérapie. Des éléments qui vont être suffisants pour qu’il n’y ait plus de passage à l’acte dans la majorité des cas », dit-il. 

http://ici.radio-canada.ca

Sur le harcèlement en ligne, Facebook, Twitter et Youtube sont à la traîne


Sommes-nous surpris ? Combien ont lu et ont porter plainte à Facebook, Twitter et Youtube pour des propos et ou images inappropriées d’intimidation, de violences et que la réaction a été nulle parmi ces géants eus Web? Pour qu’ils réagissent et encore cela n’est pas toujours le cas, il faut que cela soit devenu un scandale public par les médias d’informations, des blogs, et autres. Je peux comprendre qu’ils ont beaucoup de plaintes, mais, pour être à la hauteur, il faut qu’ils puissent mettre un nombre suffisant de personnes pour ce genre de problème et qu’il ait des règles claires.
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Sur le harcèlement en ligne, Facebook, Twitter et Youtube sont à la traîne

 

Johan Viirok via Flickr CC License by

À la chasse aux harceleurs, les géants du web américain sont de piètres shérifs. Selon le Washington Post, un rapport met en lumière le manque de dynamisme dont font preuve Facebook, Twitter et YouTube lorsqu’il s’agit de modérer les abus en ligne. Financée en partie par le gouvernement néerlandais, l’étude a été menée par l’Association pour le progrès dans la communication (APC), dans le cadre de son programme pour les droits des femmes, «Take back the tech».

L’association a passé au crible les différentes politiques d’utilisation des trois sites, et leurs déclarations publiques à propos des violations survenues sur leur plateforme durant les cinq dernières années, au niveau international. Elle s’est attachée aux violences en ligne dont les victimes sont des femmes.

Le rapport revèle une réticence globale des trois géants du web à s’engager dans la lutte contre le harcèlement. Aucun ne prend position pour la défense des droits humains fondamentaux et aucune mesure n’est prise en amont. La réaction intervient seulement lorsque le scandale devient public et donc inévitable.

De même, la modération ne s’appuie que sur les contenus signalés comme abusifs ou inappropriés par les internautes. Selon SkyNews, Sinead McSweeney, directrice de la politique publique de Twitter en Europe, déclarait en juillet:

«Avec 50 millions de tweets par jour, la réponse évidente est non, il n’est pas possible de surveiller le contenu».

YouTube et consorts restent extrêmement flous sur la manière dont sont gérés les abus rapportés. Tout juste apprend-t-on que Facebook déploie une équipe active 24 heures sur 24 et promet à ses utilisateurs d’examiner les plaintes dans un délai de 72 heures. Sara Baker, coordinatrice de «Take back the tech», souligne un manque de transparence commun aux trois sites dans le processus de traitement:

«Nous aimerions beaucoup voir des chiffres tels que combien de gens rapportent des abus, leurs données démographiques générales (y compris le pays et la langue) et les résultats globaux de ces dénonciations. Nous voulons aussi en savoir plus sur les personnes qui prennent les décisions en coulisses. Dans quels pays vivent-elles? Comment sont-elles formées?»

Ces informations seraient d’autant plus pertinentes que l’APC évoque un manque de prise en compte du contexte de chaque pays dans la modération. Le Time rappelle par ailleurs que la majorité des employés de Facebook, Twitter et Google (propriétaire de YouTube depuis 2006) -et donc des personnes susceptibles de gérer ces questions- sont des hommes.

Et les plateformes ont tout intérêt à rester nébuleuses sur le sujet. L’absence de données ne permet pas de vérifier l’efficacité de la lutte contre le harcèlement en ligne, ni de mettre les géants du web face à leurs responsabilités envers les utilisateurs.

http://www.slate.fr/

Victimes d’attaques à l’acide, des Indiennes deviennent mannequins


Je trouve ingénieux que ce photographe a pu mettre en valeur ces mannequins et on sent par son témoignage qu’il les trouve belles et il a raison. Et chapeau ! À ces femmes, elles aideront d’autres qui ont vécu ces agressions sauvages
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Victimes d’attaques à l’acide, des Indiennes deviennent mannequins

 

Des victimes d'attaque à l'acide. Des victimes d’attaque à l’acide. Photo :  Rahul Saharan

Un reportage de Bahador Zabihiyan

Ces Indiennes ont été défigurées lors d’attaques à l’acide, mais un photographe a voulu, en les photographiant, dénoncer ce type d’agression et montrer la « beauté » et le « courage » de ces femmes devenues militantes. Le résultat des séances photo ne laisse pas indifférent.

Rahul Saharan dit qu’il a voulu prendre ces photos pour montrer la beauté de toutes les femmes, peu importe leur physique. L’une de ces mannequins se nomme Rupa. Elle est devenue designer de mode, et elle cherche présentement à amasser des fonds pour ouvrir sa boutique.

Une victime d'une attaque à l'acide. Une victime d’une attaque à l’acide. Photo :  Rahul-Saharan

M. Saharan a voulu promouvoir le travail de Rupa.

« Au lieu de prendre des mannequins professionnels, nous avons pris ces magnifiques mannequins parce qu’elles définissent la beauté, le courage », explique le photographe sur sa page Facebook.

Rupa, en robe blanche, a lancé une campagne de socio-financement afin de lancer sa ligne de vêtements.

Rupa, victime d'une attaque à l'acide. Rupa, victime d’une attaque à l’acide. Photo :  Rahul Saharan

Il y a six ans, alors qu’elle se trouvait dans son village natal de l’Uttar Pradesh, en Inde, sa belle-mère lui a jeté de l’acide pendant qu’elle dormait. Celle-ci la battait et lui faisait subir des abus psychologiques.

Elle a dû attendre six heures avant que son oncle lui vienne en aide et l’amène à l’hôpital, explique-t-elle sur la page destinée à amasser des fonds pour ouvrir sa boutique.

« Avec le capital initial pour son magasin, nous voulons lui donner assez pour qu’elle puisse acheter du matériel et aider d’autres survivantes d’attaques à l’acide à travailler avec elle », lit-on sur la page.

Des victimes d'attaques à l'acide en Inde, font une séance de photos. Des victimes d’attaques à l’acide en Inde, font une séance de photos. Photo :  Rahul-Saharan

« J’ai toujours voulu être une designer, mais après l’attaque, il y a eu une pause dans ma vie. J’étais tellement en insécurité, et j’étais si embarrassée par mes cicatrices que je me couvrais le visage avec un voile », explique Rupa, dans une entrevue au Daily Mail.

http://ici.radio-canada.ca/

«L’effet Nathalie Simard» aura été de courte durée


Beaucoup se souviennent de Nathalie Simard quand elle a dénoncé son gérant Guy Cloutier. Cela a donné à plusieurs victimes de faire le pas et dénoncer à leur tour. Avec les années, les dénonciations ont diminuées et pourtant, les agressions sexuelles chez les enfants sont toujours aussi fréquentes
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«L’effet Nathalie Simard» aura été de courte durée

 

Nathalie Simard a brisé le silence à propos... (Archives La Presse)

Nathalie Simard a brisé le silence à propos de son ex-imprésario en 2004. Durant les deux années suivantes, le taux de dénonciations pour agression sexuelle a grimpé en flèche.

ARCHIVES LA PRESSE

Février 2004. La chanteuse Nathalie Simard porte plainte à la Sûreté du Québec contre son ex-agent Guy Cloutier. Un mois plus tard, le populaire imprésario arrive, menotte aux poings, au palais de justice de Montréal.

> Les victimes doivent «briser le silence»

> «Je l’aime encore, même s’il n’y a aucune raison de l’aimer»

Son arrestation fait l’effet d’une bombe. Au départ: le doute.

Pourquoi cet homme riche, père de famille de surcroît, s’en serait-il pris à des enfants? Puis, la vérité éclate. Cloutier reconnaît avoir agressé son ancienne protégée et un autre mineur. La première fois, l’enfant-vedette avait 11 ans.

Au cours des deux années suivantes, des femmes qui ont longtemps gardé le silence s’inspirent de la chanteuse et portent plainte contre leur agresseur. Le taux de dénonciations grimpe en flèche. Dix ans plus tard, l’«effet Nathalie Simard» se fait-il encore sentir?

Premier constat: la hausse des dénonciations a été éphémère. Les taux d’infractions sexuelles enregistrés ces dernières années par les corps policiers du Québec sont les plus bas depuis 10 ans.

Les signalements d’agressions sexuelles retenus par la Direction de la protection de la jeunesse affichent aussi une légère baisse.

Y a-t-il moins de crimes sexuels commis au Québec pour autant? Y a-t-il moins de jeunes victimes?

«Malheureusement non», répondent sans détour tous les intervenants interviewés par La Presse.

«Les dénonciations, ce n’est que la pointe de l’iceberg», confirme la directrice du développement de l’expertise au Centre d’expertise Marie-Vincent, Mélanie M. Gagnon.

Une agression sexuelle sur 10 est signalée aux services policiers, selon plusieurs études réalisées au Canada sur le sujet.

«On ne peut pas dire que les abus sexuels sur des enfants sont moins fréquents qu’avant. C’est encore trop présent», lance Mme Gagnon, qui voit passer annuellement au centre quelque 250 enfants de moins de douze ans victimes d’agressions sexuelles.

Ce centre montréalais, créé à l’époque de l’éclatement de l’affaire Cloutier, est unique au Canada. Il offre sous un même toit tous les services dont les jeunes victimes ont besoin.

Il y a dix ans, les services n’étaient pas adaptés à cette clientèle, indique Mme Gagnon. Les petits devaient rencontrer les enquêteurs dans un poste de police, souvent dans les mêmes locaux que les agresseurs. Ils devaient se rendre à l’hôpital pour subir des examens.

Aujourd’hui, un médecin du CHU Sainte-Justine se déplace au Centre Marie-Vincent. La police et la DPJ aussi. Les enfants suivent ensuite une thérapie sur place.

«Ça sécurise l’enfant de savoir qu’il revient toujours au même endroit», explique Mme Gagnon.

Autre changement majeur: il y a quelques années à peine, la DPJ n’avait pas le droit d’intervenir auprès d’une famille sur la seule base d’un «risque» d’agression, explique Marie-Jo L’Espérance, travailleuse sociale chargée de l’évaluation des signalements d’agressions sexuelles au Centre jeunesse de Montréal.

Par exemple, lorsque la DPJ apprenait qu’une mère de famille avait un nouveau conjoint pédophile, elle n’avait pas les pouvoirs légaux d’agir. Il fallait attendre que le pire survienne.

Le problème a été résolu en 2007 alors qu’un nouveau motif de signalement – le risque sérieux d’agressions sexuelles – a été créé grâce à un changement à la Loi sur la protection de la jeunesse.

Voilà pour les notes d’espoir. Sur une note plus pessimiste, la majorité des petites victimes sont agressées par un proche. Plus troublant encore, selon Mme Gagnon, la moitié des mamans qui viennent consulter avec leur enfant ont elles-mêmes été agressées durant leur enfance.

«Prétendue excuse» de l’agresseur

Michèle Roy, du Mouvement contre le viol et l’inceste, voit aussi beaucoup de jeunes femmes franchir les portes de son organisme. Elles sont dans la vingtaine. Elles ont été agressées dans leur enfance par un père, un beau-père ou un proche.

«Faites le calcul. Ces filles-là ont été agressées alors que l’affaire Guy Cloutier battait son plein. Leur père ou leur beau-père ne pouvaient pas ignorer que c’était un crime. On en parlait partout», déplore l’intervenante d’expérience.

«Dans les années 1950, la prétendue excuse du père abuseur était que sa femme ne voulait plus faire l’amour et qu’elle était toujours enceinte, alors il se tournait vers sa propre fille, se rappelle Mme Roy. J’avais l’impression qu’on avait évolué sur cette question, qu’il y avait eu une prise de conscience. Il faut croire que non.»

Les victimes attendent en moyenne 13 ans avant de demander de l’aide, selon les données du Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS).

«Ça signifie que c’est encore tabou, surtout lorsque ça se passe à l’intérieur de la famille», dit Chantal Robitaille, intervenante au CALACS de Châteauguay.

Briser des tabous

L’affaire Cloutier a permis de briser des tabous concernant les agresseurs.

«Les gens ont tendance à penser que les viols surviennent juste le soir dans le fond d’une ruelle et qu’ils sont commis par des inconnus, alors que c’est vraiment dans l’entourage que ça arrive», souligne Maude Chalvin, du Regroupement québécois des CALACS.

Autre point positif: le réseau d’aide aux victimes est mieux financé et plus connu, indique Arlène Gaudreault de l’Association québécoise Plaidoyer-Victimes.

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