L’accroissement de certaines maladies lié au changement climatique


Les médecins américains essaient de secouer le pays des dangers des changements climatiques. Ils présentent un dossier détaillé des risques pour la santé de l’inaction au Congrès Américains. Serais-ce un coup d’épée dans l’eau avec Trump qui n’y croient pas vraiment aux changements climatiques ?
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L’accroissement de certaines maladies lié au changement climatique

 

Les auteurs citent aussi l'accroissement des infections qui... (123RF.com)

Les auteurs citent aussi l’accroissement des infections qui se propagent par des tiques, comme la maladie de Lyme, et des moustiques vecteurs du virus du Nil occidental, de la dengue et du Zika, dont l’habitat s’élargit de plus en plus vers le nord avec le réchauffement.

Agence France-Presse
Washington

Le réchauffement climatique, en contribuant à un accroissement de la pollution de l’air et à un changement de l’habitat de moustiques vecteurs de maladies infectieuses, fait que davantage de gens sont malades, estime un groupe d’associations médicales américaines dans un rapport publié mercredi.

Ce groupe, la «Medical Society Consortium on Climate and Health», qui représente plus de la moitié du corps médical aux États-Unis, cite une aggravation de l’asthme et une plus grande fréquence des pathologies pulmonaires et cardiaques ainsi que des maladies infectieuses.

Son objectif est de lancer une campagne pour aider les décideurs à comprendre les dangers pour la santé du changement climatique et ce qui doit être fait pour les minimiser.

Les mesures envisagées sont surtout une accélération de la transition vers des sources d’énergie propres et un changement de certaines habitudes des Américains, invités à moins se déplacer en voiture, mais davantage à vélo ou à pied.

«Les médecins partout dans le pays constatent que le changement climatique rend les Américains plus malades», explique la Dr Mona Sarfaty, à la tête de ce nouveau consortium de onze grandes associations médicales professionnelles.

«Le corps médical est en première ligne et voit tous les jours les impacts dans les consultations médicales», ajoute-t-elle, précisant que «les enfants, les personnes âgées, les Américains les plus vulnérables économiquement ou les personnes souffrant de pathologies chroniques ou encore les Noirs sont les plus touchés».

Ce rapport, intitulé «Alerte médicale ! Le changement climatique nuit à notre santé», sera largement distribué parmi les élus du Congrès, à majorité républicains et qui comptent dans leurs rangs de nombreux climats sceptiques.

Le document pointe notamment les dangers pour la santé pulmonaire et cardiaque d’un accroissement du nombre d’incendies de forêt et de la pollution de l’air liée au réchauffement du climat ainsi que les effets néfastes sur l’organisme des vagues de chaleur extrême, qui deviennent plus fréquentes.

Les auteurs citent aussi l’accroissement des infections qui se propagent par des tiques, comme la maladies de Lyme, et des moustiques vecteurs du virus du Nil occidental, de la dengue et du Zika, dont l’habitat s’élargit de plus en plus vers le nord avec le réchauffement.

En raison du changement climatique, les phénomènes météorologiques extrêmes comme les ouragans et les sécheresses risquent de devenir de plus en plus fréquents et aussi plus destructeurs, ce qui peut affecter la santé mentale des populations affectées, estime aussi le rapport.

Selon les auteurs, citant une enquête d’opinion, la plupart des Américains ne sont pas conscients du fait que l’accroissement des attaques d’asthme et des allergies est lié au changement climatique.

«Le message des médecins américains dans ce rapport c’est que le changement climatique ne se produit pas seulement dans l’Arctique, mais ici et maintenant. Cela nous affecte tous, pas seulement les ours polaires», pointe la Dr Sarfaty.

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Des anticorps capables de «neutraliser» le virus Zika


Ce n’est pas aujourd’hui qu’un vaccin contre le virus Zika sera disponible, mais les recherches semblent vraiment prometteuses. On parle d’un vaccin universel contre les virus Zika et la dengue, car on croit que la dengue serait une porte d’entrée pour le virus zika
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Des anticorps capables de «neutraliser» le virus Zika

 

L'épidémie du virus zika qui touche plusieurs pays... (Photo Felipe Dana, archives AP)

L’épidémie du virus zika qui touche plusieurs pays d’Amérique du sud a fait apparaître des complications neurologiques et surtout de graves anomalies du développement cérébral (microcéphalies) des bébés nés de mères infectées qui ont conduit l’OMS à déclarer une «urgence de santé publique de portée internationale» en février. Sur la photo, un bébé atteint de microcéphalie, au Brésil.

PHOTO FELIPE DANA, ARCHIVES AP

ELISABETH ZINGG
Agence France-Presse
Paris

Des chercheurs européens ont annoncé jeudi avoir découvert de « puissants » anticorps capables de « neutraliser » le virus Zika, une découverte ouvrant la voie à un vaccin contre ce virus à l’origine de lésions cérébrales chez le foetus.

Dans des travaux menés en laboratoire, les anticorps ont permis de « neutraliser » à la fois Zika et le virus voisin de la dengue, « ce qui pourrait aboutir au développement d’un vaccin universel » protégeant contre les deux maladies, ont indiqué les chercheurs dans la revue scientifique Nature.

Cette découverte coïncide avec une autre étude, également publiée jeudi, qui suggère que la récente explosion du virus Zika en Amérique latine pourrait avoir été favorisée par une exposition préalable à la dengue.

Les virus de la dengue et du Zika ont de nombreux points communs. Ils appartiennent tous deux à la famille des flavivirus, des virus principalement transmis par des moustiques.

Des chercheurs de l’Institut Pasteur, du CNRS et de l’Imperial College à Londres qui s’étaient déjà intéressés aux anticorps capables de neutraliser la dengue, se sont également penchés sur le virus Zika.

Ils ont sélectionné deux anticorps EDE capables de stopper la dengue et ont découvert que l’un d’entre eux était particulièrement efficace pour « neutraliser » le virus Zika.

Ils ont réussi à reconstituer l’endroit précis où celui-ci vient se fixer sur la protéine d’enveloppe du virus Zika et découvert que celui-ci était le même sur le virus de la dengue.

Cette découverte, a indiqué à l’AFP Félix Rey, responsable du laboratoire de virologie structurale à l’Institut Pasteur (Paris) qui a dirigé l’étude, était « totalement inattendue ».

Selon Juthathip Mongkolsapaya, un autre chercheur, il s’agit des « premiers anticorps très puissants » découverts contre le Zika.

Le virus a longtemps été considéré comme peu dangereux.

Mais l’épidémie qui touche plusieurs pays d’Amérique du sud dont le Brésil a fait apparaître des complications neurologiques et surtout de graves anomalies du développement cérébral (microcéphalies) des bébés nés de mères infectées qui ont conduit l’Organisation mondiale de la santé à déclarer une «urgence de santé publique de portée internationale» en février.

Il n’existe à ce jour aucun vaccin pour se protéger du Zika, contrairement à la dengue qui dispose d’un vaccin développé par le laboratoire français Sanofi.

Transmis comme dans le cas du Zika par des moustiques de type Aedes, la dengue est en pleine recrudescence à travers le monde. Elle sévit dans les régions tropicales et subtropicales de la planète où près de 400 millions de personnes sont infectées chaque année.

Zika aggravé par la dengue

Une étude distincte publiée jeudi par la revue Nature Immunology estime pour sa part qu’une exposition préalable à la dengue pourrait amplifier l’infection par le virus Zika.

Les symptômes incluent la fièvre, des céphalées intenses et des douleurs musculaires, articulaires et derrière les yeux.

Des chercheurs, dont plusieurs ont participé à la première étude, ont découvert que la plupart des anticorps produits par les personnes infectées par la dengue facilitaient la réplication du virus Zika.

C’est ce qui pourrait expliquer la virulence de l’épidémie de Zika en Amérique latine où de nombreuses personnes ont également été en contact avec la dengue.

«Les deux études se complètent, elles montrent qu’il est très important que le futur vaccin utilise le bon anticorps et cible le talon d’Achille du virus», souligne M. Rey qui a participé aux deux études.

Pour l’instant toutefois, «il nous reste tout à faire, notamment mettre en place un essai clinique ce qui risque de prendre du temps», reconnaît-il.

Des vaccins contre le Zika sont à l’étude dans de nombreux laboratoires, dont certains ont déjà été testés sur des animaux.

L’un d’entre eux est développé par le groupe pharmacentique américain Inovio qui vient d’annoncer le lancement de tests sur des humains avant la fin de l’année.

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Virus Zika : les États-Unis vont-ils lâcher des moustiques OGM ?


Est-ce une bonne idée ? Peut-être à court terme, mais à long terme ? Est-ce qu’il y a de mieux à faire ? L’OGM n’est pas naturel et beaucoup redoutent des conséquences de changer par des organismes génétiquement modifiés
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Virus Zika : les États-Unis vont-ils lâcher des moustiques OGM ?

 

Moustique Aedes Aegypti © Felipe Dana/AP/SIPA

Moustique Aedes Aegypti © Felipe Dana/AP/SIPA

 

L’agence américaine des médicaments a donné son accord de principe à un lâcher expérimental de moustiques génétiquement modifiés en Floride, afin de limiter la propagation du virus Zika.

L’agence américaine des médicaments, la Food and Drug Administration (FDA), a donné son feu vert de principe vendredi 11 mars 2016 à un lâcher expérimental de moustiques génétiquement modifiés en Floride qui pourraient permettre de limiter la propagation du virus Zika. La FDA explique avoir déterminé que ces moustiques mâles baptisé « OX513A«  ne présentent probablement pas de risque d’allergie pour les humains, les animaux ou l’environnement. Mais la décision de la FDA ne sera pas finalisée avant plusieurs mois, période durant laquelle l’agence entendra les évaluations des différentes parties prenantes.

Des moustiques testés avec succès au Brésil

Ces moustiques Aedes aegypti OGM produits par la firme britannique Oxitec, sont porteurs d’un gène qui écourte nettement leur vie et celle de leurs progénitures qui meurent avant l’âge adulte. Cela a pour effet d’éliminer les populations de moustiques sauvages qui sont les principaux vecteurs de maladies infectieuses comme le Zika, la dengue, le chikungunya ou le virus du Nil Occidental. Ces moustiques OGM ont déjà montré une certaine efficacité à réduire les populations de moustiques sauvages dans de petits tests effectués au Brésil et d’autres pays d’Amérique du sud.

La FDA a décidé de soumettre sans attendre cette décision aux avis des différentes parties dans le public pour la finaliser au plus vite alors qu’avec l’arrivée des beaux jours aux États-Unis les moustiques vont éclore et se multiplier, avait récemment expliqué devant le Congrès un responsable de la FDA. L’agence des médicaments s’est essentiellement appuyée sur une évaluation d’impact environnemental soumis par Oxitec qui est devenue une filiale de la firme américaine de biotechnologie Intrexon. Les documents d’Oxitec et de la FDA concluent que ces moustiques OGM ne pourront probablement pas « s’échapper » pour établir de larges populations dans la nature par le fait qu’ils sont programmés pour mourir jeunes.

Des effets toxiques « négligeables »

En outre, ils ne présentent aucun danger pour les humains et les autres animaux car ils ne piquent pas étant donné qu’il ne s’agit pour la plupart de mâles. Seules les femelles piquent pour se nourrir de sang. Et même s’il est aussi prévu de lâcher un très petit nombre de moustiques femelles OGM, les protéines qu’elles portent, résultant de leur modification génétique, ne paraissent pas être toxiques ou allergènes, selon la FDA.

Dans son annonce, l’agence conclut que « la probabilité qu’un lâcher de moustiques OX513A mâles ait des effets toxiques ou allergènes chez les humains ou les autres animaux est négligeable… ».

Une autre raison incitant les autorités américaines à accélérer le processus d’approbation est la résistance que développe les moustiques aux insecticides. Les autorités sanitaires se mobilisent pour protéger surtout les femmes enceintes d’une infection par le virus Zika, fortement soupçonné de provoquer la microcéphalie, une malformation grave et irréversible qui se caractérise par une taille anormalement petite du crâne et du cerveau des nouveau-nés.

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Le Saviez-Vous ► Les pires virus propagés par les moustiques


Les moustiques qui vivent que pour nous piquer et qui malheureusement, peuvent aussi transmettre des virus à l’homme. Depuis plusieurs semaines, c’est le virus Zika qui est à la une, mais d’autres virus sont toujours d’actualité
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Les pires virus propagés par les moustiques

 

Le moustique fait beaucoup parler de lui en ce moment. En particulier l’Aedes, plus connu sous le nom de « moustique tigre » qui est l’espèce qui véhicule le virus Zika ainsi que la plupart des maladies vectorielles.

Retour sur les pires virus propagés par les moustiques.

La fièvre jaune

On l’appelle fièvre jaune en référence à la jaunisse présentée par certains patients. On estime chaque année à 130 000 le nombre de cas de fièvre jaune et à 44 000 le nombre de décès dus à cette maladie dans les pays d’Afrique, où surviennent 90 % des cas. Ces chiffres tendent malheureusement à augmenter.

La période d’incubation est de 3 à 6 jours et est suivie de la maladie, qui peut présenter une ou deux phases.

La première provoque en général de la fièvre, des douleurs musculaires, des céphalées, des frissons, une perte de l’appétit, des nausées ou des vomissements. L’état de la plupart des patients s’améliore ensuite et leurs symptômes disparaissent au bout de 3 à 4 jours.

15 % des patients présentent une deuxième phase dans les 24 heures suivant la rémission initiale. Une fièvre élevée se réinstalle le patient présente une jaunisse, des douleurs abdominales et des vomissements. La moitié des malades présentant cette phase toxique meurent dans les 10 à 14 jours, et les autres se remettent sans séquelles importantes.

Il n’y a pas de traitement spécifique de la fièvre jaune. Le seul traitement vise à réduire les symptômes pour le confort du patient. La vaccination est la principale mesure préventive contre la fièvre jaune.

La filariose lymphatique

La filariose lymphatique également appelée « éléphantiasis » peut entraîner des lésions du système lymphatique et une augmentation anormale de volume de certaines parties du corps. Présente dans 58 pays, elle menace 1,23 milliard de personnes.

La maladie peut être éliminée grâce à une chimiothérapie préventive et des soins peuvent soulager les symptômes.

L’infection se produit lorsque les parasites filaires responsables de la maladie sont transmis à l’homme par des moustiques.

Les difformités corporelles causées par la maladie conduisent souvent à une stigmatisation sociale.

Le virus du Nil occidental

L’infection par le virus du Nil occidental est essentiellement transmise par piqûre de moustique infecté.

Environ 20 % des personnes infectées développent des symptômes tels que de la fièvre, des céphalées, une asthénie, des douleurs, des nausées, des vomissements et parfois une éruption cutanée et une adénopathie.

Le virus du Nil occidental peut également être à l’origine d’une maladie neurologique mortelle chez l’homme (de l’ordre de 1 personne sur 150). Néanmoins, environ 80 % des personnes infectées restent asymptomatiques.

Le virus peut infecter l’être humain, le cheval et d’autres mammifères.

La durée d’incubation varie de 3 à 14 jours.

Le Chikungunya

Le Chikungunya se manifeste par l’apparition brutale d’une fièvre souvent supérieure à 38.5 °C généralement accompagnée de maux de tête ainsi que d’importantes douleurs musculaires et articulaires, touchant principalement les extrémités des membres.

Il faut 4 à 7 jours pour que les symptômes apparaissent chez la personne contaminée par le moustique.

Il n’y a pas de traitement curatif contre le virus. Cependant l’évolution peut être rapidement favorable, si le malade répond bien au traitement symptomatique. La maladie peut aussi évoluer vers une forme chronique.

La Dengue

La dengue se caractérise par de la fatigue, des nausées et vomissement, une forte fièvre, des douleurs articulaires et musculaires, des maux de tête et des boutons.

Le temps d’incubation est de 2 et 7 jours et on peut en guérir en une semaine.

Aucun médicament n’existe à ce jour pour lutter contre le virus. Seul le traitement des symptômes est possible : contrôle de la fièvre et de la douleur chez les nourrissons et enfants, les femmes enceintes, les personnes fragiles, malades ou âgées, la maladie peut aller jusqu’à la mort ou entraîner de graves séquelles.

Le virus Zika

Découvert en 1947, le virus Zika a pendant longtemps touché très sporadiquement les humains en Afrique et en Asie du Sud. La première épidémie est survenue en 2007 dans le Pacifique. Depuis 2013, une épidémie sévit dans le Pacifique occidental, en Amérique et en Afrique.

Le virus Zika est transmis par des moustiques du genre Aedes. Les personnes atteintes par le virus présentent en général des symptômes bénins tels qu’une fièvre légère, une éruption cutanée et une conjonctivite. Normalement, ces symptômes disparaissent en 2 à 7 jours.

En 2013 et en 2015, les autorités sanitaires du Brésil et de la Polynésie française ont signalé des complications neurologiques et auto-immunes potentiellement liées à la maladie. Au Brésil, depuis qu’on observe une recrudescence des infections, on voit aussi une augmentation du nombre des nouveau-nés atteints de microcéphalie. Les autorités sanitaires de Polynésie française ont également rapporté une recrudescence inhabituelle du syndrome de Guillain-Barré depuis l’épidémie de 2013.

Le virus touche les zones tropicales où vivent d’importantes populations de moustiques.

La meilleure façon de se protéger du virus Zika est d’éviter les piqûres de moustique en utilisant des produits répulsifs, en portant des vêtements couvrant le plus possible le corps et préférablement clairs et de dormir sous des moustiquaires.

Il est aussi très important de vider, nettoyer ou couvrir tous les contenants susceptibles de retenir de l’eau stagnante, même en petite quantité.

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Il est temps de débarrasser notre planète des moustiques


Peut-on vraiment exterminer les espèces de moustiques qui propagent des maladies telles que la dengue, la Zika … Les insecticides, on le sait, cela ne fonctionne pas, car cela a des répercussions pour l’environnement, les autres espèces d’insectes et la santé humaine. Il semble avoir d’autres moyens et la plus prometteuse serait de modifier les gènes pour donner que des insectes mâles … Mais concrètement, avons-nous moralement le droit d’exterminer les moustiques concernés ? Peut-on penser qu’il aurait des répercussions auxquels nous n’avons pas pensées ?
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Il est temps de débarrasser notre planète des moustiques

 

Mosquito / Tom via Flickr CC License by.

Mosquito / Tom via Flickr CC License by.

Daniel Engber Traduit par Peggy Sastre

Les épidémies de dengue et de chikungunya, les ravages continus du paludisme ou la récente propagation du virus Zika prouvent que nous bénéficierions grandement de leur disparition.

Pour décrire la propagation mondiale du virus Zika, l’OMS a parlé d’un «niveau d’alerte extrêmement élevé». Ce qui tombe sous le sens: la maladie, cause probable de malformations congénitales, pourrait affecter des millions de personnes dans plusieurs dizaines de pays.

Mais deux faits pourraient se montrer plus rassurants. Le premier, c’est que le virus ne se transmet pas facilement de l’homme à l’homme. Le second, c’est que les bestioles vectrices de cette maladie –notamment deux espèces de moustiques, l’Aedes aegypti et l’Aedes albopictus– ne sont pas très actives en hiver et ne représentent pas de danger important dans des bâtiments bien isolés et climatisés.

Alors d’où viennent ces rougeurs sur mon visage? Pourquoi mon souffle se fait-il de plus en plus court? Non, ce n’est pas de la panique, je vous jure, c’est de la rage. Cette épidémie de Zika et ses sales petits flavivirus miteux me mettent à cran. Reste qu’il est absurde d’en vouloir à un virus. Ce truc n’a aucune volonté animale, ce n’est même pas un organisme vivant en bonne et due forme. Non, l’objet de mon courroux n’est pas le virus, mais bien son vecteur. Je possède un réservoir de bile spécialement dédié aux seringues hypodermiques volantes qui hébergent ce pathogène, ces diptères qui zigzaguent d’un pays à l’autre et propagent la terreur biologique dans leur sillage. Je n’en peux plus des moustiques. Il est temps de leur pourrir la vie.    

Et qui pourrait me contredire? Les événements de ces dernières années –les épidémies de dengue et de chikungunya, les ravages continus du paludisme– n’ont rien fait pour redorer le blason d’ores et déjà bien terne du moustique. De fait, ces parasites suceurs de sang et sniffeurs de sueur pourraient raisonnablement figurer au palmarès des pires ennemis du genre humain.  

Parlons un peu statistiques: les maladies véhiculées par les moustiques tuent chaque année plusieurs milliers de personnes. Le paludisme emporte à lui tout seul 6 millions de vies par décennie, principalement d’enfants en bas âge. Leur coût économique est tout aussi effrayant et avoisine sans doute les dizaines de milliards d’euros par an. Quand des chercheurs ont fait la somme de toutes les pertes occasionnées par une seule maladie liée au moustique (la dengue) dans un seul pays (le Brésil), ils ont obtenu 1,20 milliard d’euros annuels, sans compter le petit milliard nécessaire à la désinsectisation.

Vous pourriez penser qu’avec la propagation du Zika dans les infos, l’humanité aurait enfin compris combien le moustique exige d’être écrasé une bonne fois pour toutes. Mais non, tout ce qu’on entend, ce sont des propositions visant à combattre le virus, pas le vecteur. On nous dit que des scientifiques doivent batailler ferme pour trouver un nouveau vaccin, comme si c’était la meilleure solution au problème. La chasse au traitement contre le Zika pourrait prendre des décennies –et d’ici là, nous devrons rester les bras ballants à regarder des nuées méphitiques copuler dans notre espace aérien et débarquer sur nos plages. L’ennemi est à nos portes. Le temps n’est plus à la mollesse

Il est temps de tuer tous les moustiques. L’heure du moustiquocide est venue.

Programme de destruction totale

Certes, nous essayons déjà de contrôler ces vermines. Nous aspergeons de pesticides leurs sites de reproduction. Quand ces bestioles en sont à leur stade larvaire, nous tentons de les empoisonner avec des bactéries. Si elles survivent jusqu’à la pupe, nous pouvons les étouffer dans un film huileux. Mais toutes ces stratégies guerrières ouvrent la porte à la dissidence et à l’insurrection. Les produits chimiques peuvent contaminer des lieux de vie humaine et, s’ils font trop bien et trop largement leur boulot, ils peuvent tuer des espèces que nous apprécions. Les experts en santé publique ont leur propre jargon technocratique pour qualifier ces dommages collatéraux: on parle ainsi de «dérive adulticide» ou de«mortalité des insectes non cibles».  

Il leur faut donc affiner le tir et chercher le meilleur compromis entre la mort des moustiques et la santé des écosystèmes. Ils ont ainsi recours à une «gestion vectorielle intégrée», un euphémisme rassemblant plein de petites actions: répertorier les lieux de reproduction des moustiques, les asperger de produits chimiques, réparer des égouts défectueux, collecter les pneus qui traînent, assécher les marais, etc. Autant de démarches responsables et sûres, si ce n’est écologiquement correctes.

Mais la récente explosion des arborvirus m’a convaincu d’une chose: nous ne pouvons pas gagner cette guerre les mains attachées dans le dos, fussent-elles recouvertes de répulsif. Sus à la politesse. La situation sur le terrain est suffisamment moche pour que la «gestion intégrée» ait fait son heure. Ce qu’il faut, c’est un programme de destruction totale du moustique. Et le truc, c’est que pour la première fois dans l’histoire humaine, ce rêve est susceptible de devenir réalité. Oui, il existe un meilleur moyen d’éradiquer les moustiques –une option nucléaire– mais jusqu’ici, nous avons été trop pleutres pour l’utiliser.

La technique que j’ai en tête remonte aux années 1930 et au génie d’un homme, Edward F. Knipling. Confronté à une épizootie mortelle touchant le bétail, la myiase cavitaire causée par la lucilie bouchère, ce chercheur du Département américain de l’Agriculture eut l’idée de retourner ces sales parasites contre eux-mêmes. Son hypothèse: en élevant des mâles stériles et en les relâchant dans la nature, il allait peut-être pouvoir interférer avec la reproduction des mouches mangeuses de chair et diminuer leur nombre.

«Généralement, les réactions oscillèrent entre le scepticisme et la dérision», écrivit-il ensuite.

Reste qu’en 1953, il eut recours à une machine à rayons X de l’armée pour stériliser quelques mouches, avant de les relâcher sur l’île de Sanibel, en Floride. L’expérience fut un succès et le fut encore sur l’île de Curaçao. En quelques mois, Knipling avait exterminé toute la population de lucilies bouchères natives de l’île. En 1959, les mouches avaient disparu de tout le Sud des États-Unis. Et il ne fallut pas attendre longtemps pour qu’il en soit de même dans tout le pays.     

Pour son œuvre, Knipling remporta le Prix mondial de l’alimentation et fut inscrit au panthéon de la Cattlemen’s Association, le premier syndicat d’éleveurs américain. Satechnique de l’insecte stérile s’attira non seulement les faveurs des agriculteurs, mais aussi des écologistes. En 1962, Rachel Carson sortait Printemps silencieux, célèbre réquisitoire contre les industriels et leur pollution chimique.

Dans le dernier chapitre, «Une autre voie», Carson mentionnait quelques «solutions nouvelles, imaginatives et créatives au problème du partage de notre terre avec d’autres créatures».

La méthode de Knipling était célébrée comme «une démonstration triomphale de la valeur de la créativité scientifique, soutenue par la persévérance, la détermination et une recherche fondamentale méticuleuse».     

Des bestioles incapables de se reproduire

Alors pourquoi les scientifiques n’ont-ils pas usé de cette méthode pour combattre le moustique? En réalité, ils l’ont fait. Le problème, c’est que les moustiques sont trop fragiles pour résister aux rayons X: ils ne deviennent pas stériles, ils meurent tout simplement. Mais ces dernières années, la technique de l’insecte stérile a été amendée. Un chercheur, Luke Alphey, a ainsi eu recours à l’ingénierie génétique pour concevoir une lignée stérile d’Aedes aegypti –l’espèce vectrice de la dengue, du Zika et de la fièvre jaune. La technique d’Alphey est très astucieuse: les insectes possèdent un gène qui les tuent au stade larvaire, sauf s’ils sont élevés en présence de tétracycline, un antibiotique courant. Dès lors, il est possible d’élever énormément de bestioles en laboratoire, mais dès qu’elles sont relâchées dans la nature, elles sont incapables de se reproduire.

En 2002, Alphey créait Oxitec, qui allait devenir la première entreprise conceptrice de moustiques génétiquement modifiés à des fins de désinsectisation. Depuis 2010, la compagnie mène des expériences de terrain au Brésil, dans les îles Caïman et au Panama. Le traitement se présente comme suit: un employé d’Oxitec conduit une camionnette dans des endroits infestés de moustiques, à une vitesse oscillant entre 8 et 15 km/h. Un ventilateur sans pales projette des moustiques génétiquement modifiés mâles à travers un tube en plastique, avant que les insectes ne cherchent à copuler avec les femelles sauvages. (Lors d’un test effectué au Brésil, Oxitec a relâché 800.000 moustiques par semaine pendant six mois). Selon Andy McKemey, directeur des opérations d’Oxitec, chacun de ces tests grandeur nature diminue d’au moins 90% les populations locales de moustiques

Des responsables américains aimeraient tester la technique d’Oxitec. Une première tentative dans les Keys de Floride a déclenché la colère de certains habitants, ces dernières craignant d’être les cobayes d’apprentis sorciers. Pour répondre à ses détracteurs, Oxitec affirme que sa technique est non seulement extrêmement ciblée (une seule espèce de moustique est concernée), mais aussi autolimitante (si vous cessez l’approvisionnement en moustiques OGM, ils disparaissent rapidement de l’écosystème). 

Mais les deux camps semblent faire fausse route. Les risques posés par les moustiques d’Oxitec sont probablement des plus modérés et, dans tous les cas, ils doivent être comparés à ceux des insecticides classiques. Mais reste que les prétendus «bénéfices» de cette technique –sa spécificité et la brièveté de son action– sont un nouvel exemple d’un excès de prudence en matière de lutte contre les moustiques. Ce que m’explique McKemey, c’est qu’une fois le test terminé, les populations de moustiques commencent à «repartir» dans les six mois. Elles ont été contrôlées pendant un temps, mais pas annihilées.

Une descendance exclusivement mâle

Alors pourquoi ne pas recourir à la biomédecine pour leur asséner un coup ultime et fatal? En 2007, Bruce Hay de Caltech proposait une arme anti-moustiques encore plus redoutable: le gène moteur. Sa technique: inséminer les populations locales avec des moustiques conçus en laboratoire pour posséder un ensemble particulier de gènes «égoïstes», capables de se disséminer en tuant leurs concurrents.

En théorie, une telle approche permet de remplacer une population sauvage en quelques générations: chaque organisme de la lignée native sera supplanté par un autre de la lignée modifiée. Une lignée qui pourrait être génétiquement modifiée pour résister au paludisme, au Zika et autres pathogènes véhiculés par telle ou telle espèce de moustique. De même, ces moustiques pourraient être génétiquement modifiés pour avoir telle ou telle vulnérabilité. Par exemple, ils pourraient tous mourir en réaction à un signal extérieur –une hausse de température, comme celle indiquant le passage de l’hiver au printemps.  

Une autre variante du gène moteur, en cours de développement dans un autre laboratoire, pourrait avoir des conséquences encore plus radicales. Il s’agit d’une version inversée desFils de l’homme: les moustiques modifiés sont porteurs d’un ensemble de gènes détruisant les chromosomes X dans le sperme. Ils peuvent se reproduire, mais toute leur descendance sera mâle.

«C’est une idée très exaltante», précise Hay. «Chaque génération est constituée de mâles qui engendrent des mâles. Au bout d’un moment, les populations n’ont plus de femelles, et voilà, c’est fini.»

Ces techniques de gènes moteurs sont si puissantes –leur potentiel destructeur est si vaste– qu’il aura été très difficile pour les scientifiques de les tester, même en milieu confiné. La crainte, c’est qu’un gène égoïste ne se contente pas d’annihiler une population locale, mais s’échappe et aille contaminer d’autres zones, comme ce qu’on a pu voir avec certaines plantes OGM. Une expérience mal contrôlée, et c’est toute une population mondiale qui pourrait être décimée, et même disparaître. Au lieu de tuer quelques Aedes aegypti en Floride, vous pourriez tous les tuer partout dans le monde.

Et alors, ce serait… tellement grave?

«La vie serait comme avant, si ce n’est meilleure»

Imaginons, un instant, que nous puissions éliminer totalement une espèce de moustique –voire annihiler les 3.500 espèces qui bourdonnent sur la planète. Notre écosystème global s’effondrerait-il?

Une réponse honnête est la suivante: personne n’en sait vraiment rien. Reste que peu de données factuelles permettent de faire des moustiques un maillon essentiel de telle ou telle chaîne alimentaire, ou de dire que leur niche se sera jamais remplacée par quelque chose d’autre. Quand la journaliste scientifique Janet Fang fit cette expérience de pensée pour Nature en 2010, elle arriva à cette conclusion:

«La vie serait comme avant –si ce n’est meilleure.»

Une conclusion que j’allais faire mienne trois ans plus tard, en travaillant sur cette même question:

«Dans aucune chaîne alimentaire connue, les moustiques ne représentent un maillon nécessaire d’un processus crucial», m’avait résumé un entomologiste spécialisé dans le contrôle du moustique. 

Par le passé, nous avons éliminé des tas d’espèces, indifférents que nous étions au sort du monde naturel. Il est tragique que la tourte voyageuse, le tigre de Tasmanie ou le quagga n’existent plus. Mais le ciel ne nous est pas (encore) tombé sur la tête. Toute écotragédie doit être pondérée par ses bénéfices –et les bénéfices du moustiquocide seront énormes. Qu’importent ses conséquences imprévues (et il y a toujours des imprévus), l’élimination des moustiques sauvera des milliards de vies humaines et économisera des centaines de milliards d’euros en quelques décennies. Elle permettra de mettre un terme aux souffrances occultées des plus pauvres du monde

Et on ne parle ici que du scénario le plus extrême. Les méthodes de gènes moteurs ne fonctionnent que sur certaines espèces, alors imaginons que nous puissions annihiler certains moustiques –les plus nocifs. Et si nous pouvions appuyer sur le bouton qui détruira les espèces les plus invasives et les plus mortelles, comme Aedes aegypti? Et quid des atroces moustiques Anopheles, qui transmettent le paludisme et semblent avoir évolué en parasites humains? Si nous nous débarrassons de ces infâmes vermines, ne serons-nous pas tous plus heureux? Personne n’a pleuré à l’enterrement de la polio ou dela peste bovine. Pourquoi les moustiques devraient-ils recevoir un traitement spécial? Parce qu’ils sont des insectes?   

«A mon avis, vous faites figure d’exception», m’a dit Bruce Hay quand je lui ai fait part de mon opinion sur la gestion des moustiques. «Je ne pense pas que les gens seront prêts à de telles mesures, même en principe.» Il n’est pas fan des Aedes ou des Anopheles, «mais vous pouvez rompre le cycle infectieux par des mesures raisonnables de santé publique»,précise-t-il.

La peste soit de ces balivernes. J’ai soumis la même idée à Luke Alphey, le fondateur d’Oxitec, et voici ce qu’il m’a répondu:

«Je suis suffisamment écolo pour que l’idée d’éliminer une espèce me mette mal à l’aise.»

Qui plus est, les techniques de gènes moteurs en sont encore «au stade expérimental». Certes, mais une fois qu’elles seront opérationnelles, peut-on envisager de les appliquer à une espèce d’Anopheles? Ces atroces sangsues qui pullulent dans nos environnements anthropisés et semblent n’avoir qu’un seul but dans la vie: propager des maladies?

«Ce ne serait pas déraisonnable de l’envisager» s’est-il résolu à admettre, après moult insistance de ma part.

Très bien: tout ce qu’il nous reste à faire, c’est traduire cette hypothèse non-déraisonnable en action exterminatrice. 

Daniel Engber

http://www.slate.fr/

BRÉSIL. Le virus Zika ravage le cerveau des nouveau-nés


Un tout petit moustique au Brésil fait de graves dégâts chez les bébés en gestation. Ceux atteints risque d’avoir des malformations congénitales. Le coupable, le moustique tigre qui propage le virus Zika apparenté aux virus du chikungunya et la dengue. C’est le genre d’insecte qu’on ne veut pas voir dans notre environnement
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BRÉSIL. Le virus Zika ravage le cerveau des nouveau-nés

 

Dans la ville de Santa Cruz do Capibaribe, une mère avec son enfant né en octobre 2015 et atteint de microcéphalie. © Felipe Dana/AP/SIPA

Dans la ville de Santa Cruz do Capibaribe, une mère avec son enfant né en octobre 2015 et atteint de microcéphalie. © Felipe Dana/AP/SIPA

Par Lise Loumé

Transmis par le moustique tigre, le virus Zika provoque des malformations du crâne chez les nouveau-nés. Une épidémie frappe actuellement le Brésil.

Le Brésil est en état d’alerte : le virus Zika, moins connu que ses cousins le chikungunya et la dengue – transmis eux aussi par le moustique tigre – fait des ravages chez les nouveau-nés depuis plusieurs mois : il provoque une maladie congénitale très inquiétante, la microcéphalie, qui voit les bébés naître avec une boîte crânienne dont le diamètre est inférieur à la normale (habituellement supérieure à 33 centimètres), portant préjudice à son développement intellectuel. En novembre 2015, 739 cas suspects avaient été identifiés dans le pays et aucun décès n’avait été déploré. Le bilan s’est fortement alourdi depuis : le ministère brésilien de la santé rapporte désormais… 3.174 cas et 38 décès suspects, selon le bulletin paru le mardi 5 janvier 2016.

« L’épidémie se propage et touche maintenant 684 villes de 21 États », est-il indiqué.

L’État de Pernambouc compte le plus grand nombre de cas suspects (1.185), soit 37,33 % du chiffre total signalé dans tout le pays.

20 fois plus de cas que les années précédentes

Face à l’augmentation anormale du nombre de cas de microcéphalie chez les nouveau-nés en 2015 (2.782 cas au 31 décembre 2015), comparés aux années précédentes (voir graphique ci-dessous), les autorités sanitaires du pays avaient engagé en cours d’année des investigations pour établir son origine. Les soupçons se sont rapidement portés sur le virus Zika lorsque ce dernier a été découvert chez un nourrisson décédé, atteint de cette malformation du crâne et d’autres maladies génétiques.

© Damien Hypolite pour Sciences et Avenir

Un virus peu connu des scientifiques

Or le lien entre le virus Zika et les microcéphalies congénitales n’était pas « scientifiquement prouvé », précisait en novembre 2015 le Centre européen de prévention et contrôle des maladies. Toutefois, l’hypothèse tenait la route.

« D’autres infections causées par des flavivirus (ndlr : un genre de virus comprenant celui de Zika, de la dengue, du Nil occidental, de la fièvre jaune, etc.) causent des malformations congénitales dont la microcéphalie, expliquait l’instance. Des études scientifiques restent nécessaires pour comprendre cette association et le rôle possible d’autres facteurs ».

De manière générale, les scientifiques connaissent assez peu le virus Zika, contrairement à ses cousins le chikungunya et la dengue : une équipe franco-thaïlandaise a identifié en juillet 2015 la manière dont il infecte les cellules humaines, et les symptômes qu’il provoque dans la plupart des cas sont connus depuis plus longtemps : fièvre, douleurs articulaires, maux de tête et signes cutanés (et plus rarement, des complications neurologiques).

Afin d’éviter que l’épidémie ne se propage davantage, les autorités sanitaires brésiliennes recommandent aux femmes enceintes de garder les portes et fenêtres fermées et de se vêtir de vêtements couvrants et utiliser des produits répulsifs afin de se protéger des piqûres de moustiques. Elles ont même recommandé aux couples vivants non loin de lieux où le moustique prolifère de reporter leur projet d’enfant…

http://www.sciencesetavenir.fr/

Comment savoir s’il faut faire examiner une piqûre d’insecte


Les insectes piqueurs sont assoiffés de sang. S’il n’y avait que ce petit désagrément, ce serait plus fatiguant qu’autre chose. Mais non, ils peuvent être porteurs de maladie qui nécessite une intervention médicale
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Comment savoir s’il faut faire examiner une piqûre d’insecte

 

MOSQUITO

shutterstock

The Huffington Post  |  Par Alena Hall

Question: quand devons-nous montrer une piqûre d’insecte à un médecin?

Réponse: généralement, il suffit d’un peu de crème et de temps pour oublier cette vilaine piqûre de moustique. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Si la plupart ne sont pas dangereuses, certaines nécessitent un traitement particulier. C’est d’autant plus vrai si vous êtes allergique au venin (sans le savoir) ou que l’insecte est porteur d’agents pathogènes.

L’été donne souvent l’impression d’être envahi par toutes ces bestioles qui rampent et tournent autour de nous. Autant de risques de finir chez le dermatologue. Voici la technique utilisée par les experts pour déterminer quand une piqûre passe du stade du désagrément à celui du problème de santé:

Observer les symptômes

La première étape consiste à observer les symptômes.

« Si la blessure est douloureuse, qu’elle enfle ou qu’elle change de couleur, c’est peut-être grave », indique le docteur Joshua Zeichner, dermatologue et professeur adjoint au Mount Sinaï Medical Center de New York. « Si le gonflement s’étend, c’est aussi un signe qui doit alerter. »

Certains cas rares nécessitent une prise en charge médicale d’urgence. Margaret Parsons, dermatologue et professeure agrégée à l’Université de Californie, à Davis, conseille de prêter une grande attention aux symptômes. Si vous avez ainsi l’impression que votre gorge se serre, que vous avez des douleurs dans le thorax, un pouls élevé, des vertiges ou envie de vomir, allez aux urgences.

Pour les cas bénins, les traitements vont des crèmes apaisantes aux antibiotiques et médicaments antiallergiques, en passant par les antihistaminiques vendus sans ordonnance. Si la piqûre ou morsure a évolué en blessure ouverte avec des tissus nécrosés (morts) ou ischémiques (mal oxygénés) qui gênent la guérison, il faut procéder au débridement, c’est-à-dire à l’excision de ces tissus, ajoute le docteur Zeichner. Les cellules nécrosées peuvent aussi favoriser la prolifération de bactéries et donc augmenter l’inflammation et les risques d’infection. Il existe plusieurs types de débridement. Consultez un médecin pour savoir si ce traitement est approprié, et sous quelle forme il doit vous être administré.

Selon l’American Academy of Dermatology, les piqûres d’insecte les plus fréquentes outre-Atlantique sont celles des moustiques, suivis des puces, des araignées, des abeilles, des guêpes, des frelons, des mouches, des mites, des tiques, des fourmis rouges et des punaises. Pour le docteur Zeichner, en été, il faut avant tout prendre garde aux tiques, qui peuvent transmettre la maladie de Lyme. Les morsures de certaines espèces d’araignées peuvent aussi entraîner une destruction locale des cellules de la peau. Sans oublier les moustiques, potentiels vecteurs de pathogènes tels que le virus du Nil occidental, la malaria, la dengue et le chikungunya. Si vous prévoyez de passer vos vacances dans une zone où ces insectes prolifèrent, voici quelques conseils:

Les tiques

Si un cercle rouge apparaît suite à une morsure de tique, vous avez peut-être contracté la maladie de Lyme, nous dit le docteur Parsons. Il faut alors consulter et prendre des antibiotiques. Si vous partez en vacances aux Etats-Unis et que vous avez des éruptions cutanées rouges ou noires, c’est que vous vous êtes fait piquer par une tique porteuse de la fièvre pourprée des montagnes Rocheuses, une infection bactérienne grave qui doit être traitée dans les plus brefs délais.

Les moustiques

Il faut habituellement attendre quelques semaines après une piqûre de moustique Anopheles pour développer les symptômes de la malaria: une forte fièvre persistante, des frissons, une transpiration abondante, des maux de tête, des vomissements et des diarrhées. Si c’est votre cas, vous devez vous faire examiner d’urgence.

La dengue est assez rare dans nos régions. Néanmoins, il est possible d’être contaminé par des moustiques de genre Aedes et de développer, entre autres, une forte fièvre, des maux de tête sévères, une douleur oculaire, des éruptions cutanées et des saignements limités (nez, gencives, éraflures). Ces signes apparaissent entre quatre et six jours après l’infection et peuvent durer jusqu’à dix jours. De plus, les femelles Aedes sont parfois vectrices du chikungunya, dont les symptômes sont similaires à ceux de la dengue : fièvre, fortes douleurs articulaires et musculaires, maux de tête, nausées, fatigue et éruptions cutanées.

Le virus du Nil occidental est particulièrement trompeur: 70 à 80 % des personnes contaminées ne développent aucun symptôme. Dans les cas les plus sévères, les patients sont atteints de maux de tête, de douleurs articulaires, de vomissements, de diarrhées ou d’éruptions cutanées. Il est parfois nécessaire de les hospitaliser pour leur administrer des antidouleurs et les hydrater par voie intraveineuse.

L’idéal reste encore de se protéger. Une méthode de prévention sûre et assez simple?

« Portez des vêtements clairs et longs: si un insecte se pose sur vous, vous le verrez tout de suite », conseille le docteur Zeichner. « N’hésitez pas non plus à utiliser des sprays ou des bougies à la citronnelle avant de sortir. »

Cet article, publié à l’origine sur le Huffington Post américain, a été traduit par Maëlle Gouret pour Fast for Word.

http://quebec.huffingtonpost.ca/