Pourquoi ne pourrait-on pas tuer tous les moustiques sur Terre ?


Le moustique est le plus meurtrier de tous les animaux, cependant, il existe plus de 3, 000 espèces et seulement une petite portion d’entre eux sont porteurs de maladies. Éradiquer tous les moustiques serait donc injuste. De plus, les moustiques ont un rôle à jouer dans la pollinisation et de nettoyer les plans d’eau, sans compter qu’ils sont une source d’aliments pour certains animaux.
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Pourquoi ne pourrait-on pas tuer tous les moustiques sur Terre ?

 

Quel est l’animal le plus meurtrier sur Terre ? Loupé, ce n’est pas le requin, ni le crocodile, mais bien le moustique. Facteur de maladies, le moustique est l’animal causant le plus de morts chez l’homme. Dans une moindre mesure, c’est aussi l’ennemi de vos belles nuits d’été. Un monde sans moustique en a donc fait rêver plus d’un. Mais cela serait-il possible ?

Chaque été, c’est la même rengaine : votre meilleur ami, le moustique sort de sa tanière pour venir perturber vos nuits et vous offrir plein de petits boutons qui grattent. Une manie qui fait de lui l’un des insectes les plus détestés. Mais c’est aussi et surtout l’animal le plus meurtrier sur Terre. Certains moustiques sont en effet un vrai fléau pour l’Homme, transportant plusieurs maladies mortelles, comme le paludisme, la fièvre jaune ou encore la dengue.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le moustique serait responsable de sept millions de morts par an. Il est alors légitime d’en venir à se demander « à quoi sert vraiment un moustique ? Pourquoi ne pas les faire disparaitre jusqu’au dernier ? » Slate a posé ces questions à des entomologistes, et malheureusement, l’idée d’un monde sans moustiques relève bel et bien de l’utopie.

Éradiquer les moustiques : un impact écologique incertain

L’importance du moustique dans la chaine alimentaire et les écosystèmes n’est pas encore bien définie. Si la plupart des femelles optent pour un régime hématophage (à base de sang) quand il s’agit de pondre, les moustiques se nourrissent généralement à partir du nectar des fleurs. Il est ainsi admis qu’ils participent au même titre que d’autres insectes, à la pollinisation des végétaux.

Côté prédateurs, on sait aujourd’hui que le moustique est assez facile à attraper et qu’il fait partie du menu de nombreux animaux, d’autres insectes, des lézards ainsi que des oiseaux notamment. Par ailleurs, les scientifiques ont démontré que les larves de moustiques jouent un rôle de filtre dans les écosystèmes aquatiques où elles se nourrissent de déchets et de micro-organismes, nettoyant ainsi les eaux.

Mais tous ces rôles sont-ils réellement capitaux pour la biodiversité ? D’autres insectes ne pourraient-ils pas remplacer le moustique s’il venait à disparaitre ? Lorsqu’on leur demande, les chercheurs eux-mêmes ne sont pas sûrs des retombées écologiques d’une disparition totale des moustiques. Ils affirment toutefois qu’il y aurait bel et bien de sérieuses conséquences.

D’autant qu’en plus de les tuer, à l’aide de pesticides, il faudrait aussi endommager leurs habitats, en vidant des étangs, lacs, ruisseaux, ce qui aurait forcément des répercussions sur d’autres espèces animales. Mais détruire leur habitat ne serait pas suffisant, il faudrait aussi tuer les larves à l’aide de larvicide, ce qui multiplierait les conséquences probables.

Tous les moustiques ne sont pas coupables

Il faut savoir qu’il existe plus de 3.000 espèces différentes de moustiques à travers le monde. Mais seules quelques dizaines d’entre elles sont vectrices de maladies pour l’homme, tandis que d’autres ne piquent même pas l’humain. Aussi, des études précédentes ont prouvé que deux espèces de moustiques distinctes pouvaient être aussi différentes qu’un colibri et un aigle.

Éradiquer tous les moustiques reviendrait donc à faire payer à des centaines d’espèces, le comportement d’une poignée d’entre elles, ce qui ne serait pas justifié. Une méthode plus sélective et n’affectant pas l’environnement serait donc à préconiser et l’idée d’un monde sans moustiques est d’ores et déjà à exclure.

Une méthode sélective pour viser certaines espèces

Jusqu’ici, les spécialistes luttaient contre les moustiques essentiellement en utilisant des insecticides. Néanmoins, des résistances sont apparues chez les insectes au cours des dernières années, poussant les chercheurs à trouver d’autres méthodes d’éradication plus complexes mais aussi plus efficaces. Parmi elles, figure la « naissance contrôlée du moustique ».

Développée par un chercheur de l’Université du Kentucky, elle consiste à employer une bactérie appelée « Wolbachia« . Ce micro-organisme infecte la plupart des arthropodes à travers le monde. Or, lorsque deux moustiques souhaitent se reproduire, si l’un des deux est infecté, l’autre doit l’être aussi et par la même souche, sans quoi leur descendance sera stérile.

L’idée est donc d’introduire des mâles infectés par des souches différentes afin de bloquer la reproduction des moustiques. D’autres méthodes avec une stratégie semblable ont été mises au point et parfois testées. Au Brésil notamment, l’entreprise britannique Oxitec produit actuellement des mâles génétiquement modifiés destinés à donner naissance à une progéniture incapable de survivre.

Quoi qu’il en soit, l’ère d’un monde sans moustiques n’est pas pour demain mais réussir à réduire et contrôler les espèces de moustiques qui transmettent des maladies, pourrait représenter l’une des plus grandes victoires de la santé publique de l’histoire.

Publié par Stanislas Lechevallier, le 21 juillet 2015

http://www.maxisciences.com

L’animal de loin le plus dangereux pour l’homme est le moustique


Je ne suis pas surprise que ce soit le moustique, l’animal le plus dangereux sur terre pour l’être humain. Il est petit et très productif en plus de son odorat pour trouver ses victimes est très efficace.
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L’animal de loin le plus dangereux pour l’homme est le moustique

 

Stikmou par Nourdine GERNELLE via FlickrCC License by

Stikmou par Nourdine GERNELLE via FlickrCC License by

Quel est l’animal le plus dangereux pour l’homme? Ce n’est pas l’homme, pas le requin, mais le moustique. Selon des statistiques compilées par le blog de Bill Gates, les humains ont tué en 2015 environ 580.000 de leurs semblables, les serpents 60.000 et les moustiques indirectement via les maladies transmises 830.000 personnes. Au passage, les requins qui font si peur n’en ont tué que 6, les chiens 17.400 et les crocodiles 1.000!

Les moustiques, les femelles en l’occurrence, sont en fait une aiguille hypodermique ailée. Leur longueur dépasse à peine cinq millimètres. Ils ont six pattes, et c’est le vecteur de maladies le plus efficace de tout le règne animal. C’est grâce à leur odorat qu’ils nous repèrent, attirés par l’acide lactique et d’autres ingrédients de notre transpiration. Ils sentent aussi le dioxyde de carbone que nous expirons et arrivent jusqu’à notre visage en remontant le sillage de notre respiration. Plus on sue et plus on halète en les chassant, plus nous devenons intéressants.

Le problème, c’est évidemment ce qu’ils propagent comme le virus Zika, la dengue, la fièvre jaune et surtout la malaria ou paludisme.

«Nous devons garder à l’esprit que la très grande majorité des maladies transmises par les moustiques et des décès qui en résultent sont liés à la malaria», écrit Bill Gates.

La malaria est une infection parasitaire propagée par la piqûre de certaines espèces de moustiques anophèles. Elle affecte les être humains depuis plus de 50.000 ans. Elle provoque des tremblements, des fièvres, des nausées et peut provoquer des défaillances d’organes. Cette maladie est responsable de plus de la moitié des morts causées par les moustiques dans 91 pays et pour l’essentiel en Afrique subsaharienne.

Il n’y aucun vaccin contre la malaria. Un programme pilote doit être lancé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2018 dans trois pays. Mais la prévention est efficace et s’est traduite, toujours selon l’OMS, par une baisse de 62% des morts liées à cette maladie entre 2000 et 2015. En tout, 6,8 millions de vies ont ainsi été sauvées.

La dengue est aussi une maladie transmise par les moustiques devenue très préoccupante. Elle est devenue l’une des principales causes d’hospitalisation et de morts des enfants dans certains pays asiatiques et d’Amérique latine.

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L’accroissement de certaines maladies lié au changement climatique


Les médecins américains essaient de secouer le pays des dangers des changements climatiques. Ils présentent un dossier détaillé des risques pour la santé de l’inaction au Congrès Américains. Serais-ce un coup d’épée dans l’eau avec Trump qui n’y croient pas vraiment aux changements climatiques ?
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L’accroissement de certaines maladies lié au changement climatique

 

Les auteurs citent aussi l'accroissement des infections qui... (123RF.com)

Les auteurs citent aussi l’accroissement des infections qui se propagent par des tiques, comme la maladie de Lyme, et des moustiques vecteurs du virus du Nil occidental, de la dengue et du Zika, dont l’habitat s’élargit de plus en plus vers le nord avec le réchauffement.

Agence France-Presse
Washington

Le réchauffement climatique, en contribuant à un accroissement de la pollution de l’air et à un changement de l’habitat de moustiques vecteurs de maladies infectieuses, fait que davantage de gens sont malades, estime un groupe d’associations médicales américaines dans un rapport publié mercredi.

Ce groupe, la «Medical Society Consortium on Climate and Health», qui représente plus de la moitié du corps médical aux États-Unis, cite une aggravation de l’asthme et une plus grande fréquence des pathologies pulmonaires et cardiaques ainsi que des maladies infectieuses.

Son objectif est de lancer une campagne pour aider les décideurs à comprendre les dangers pour la santé du changement climatique et ce qui doit être fait pour les minimiser.

Les mesures envisagées sont surtout une accélération de la transition vers des sources d’énergie propres et un changement de certaines habitudes des Américains, invités à moins se déplacer en voiture, mais davantage à vélo ou à pied.

«Les médecins partout dans le pays constatent que le changement climatique rend les Américains plus malades», explique la Dr Mona Sarfaty, à la tête de ce nouveau consortium de onze grandes associations médicales professionnelles.

«Le corps médical est en première ligne et voit tous les jours les impacts dans les consultations médicales», ajoute-t-elle, précisant que «les enfants, les personnes âgées, les Américains les plus vulnérables économiquement ou les personnes souffrant de pathologies chroniques ou encore les Noirs sont les plus touchés».

Ce rapport, intitulé «Alerte médicale ! Le changement climatique nuit à notre santé», sera largement distribué parmi les élus du Congrès, à majorité républicains et qui comptent dans leurs rangs de nombreux climats sceptiques.

Le document pointe notamment les dangers pour la santé pulmonaire et cardiaque d’un accroissement du nombre d’incendies de forêt et de la pollution de l’air liée au réchauffement du climat ainsi que les effets néfastes sur l’organisme des vagues de chaleur extrême, qui deviennent plus fréquentes.

Les auteurs citent aussi l’accroissement des infections qui se propagent par des tiques, comme la maladies de Lyme, et des moustiques vecteurs du virus du Nil occidental, de la dengue et du Zika, dont l’habitat s’élargit de plus en plus vers le nord avec le réchauffement.

En raison du changement climatique, les phénomènes météorologiques extrêmes comme les ouragans et les sécheresses risquent de devenir de plus en plus fréquents et aussi plus destructeurs, ce qui peut affecter la santé mentale des populations affectées, estime aussi le rapport.

Selon les auteurs, citant une enquête d’opinion, la plupart des Américains ne sont pas conscients du fait que l’accroissement des attaques d’asthme et des allergies est lié au changement climatique.

«Le message des médecins américains dans ce rapport c’est que le changement climatique ne se produit pas seulement dans l’Arctique, mais ici et maintenant. Cela nous affecte tous, pas seulement les ours polaires», pointe la Dr Sarfaty.

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Des anticorps capables de «neutraliser» le virus Zika


Ce n’est pas aujourd’hui qu’un vaccin contre le virus Zika sera disponible, mais les recherches semblent vraiment prometteuses. On parle d’un vaccin universel contre les virus Zika et la dengue, car on croit que la dengue serait une porte d’entrée pour le virus zika
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Des anticorps capables de «neutraliser» le virus Zika

 

L'épidémie du virus zika qui touche plusieurs pays... (Photo Felipe Dana, archives AP)

L’épidémie du virus zika qui touche plusieurs pays d’Amérique du sud a fait apparaître des complications neurologiques et surtout de graves anomalies du développement cérébral (microcéphalies) des bébés nés de mères infectées qui ont conduit l’OMS à déclarer une «urgence de santé publique de portée internationale» en février. Sur la photo, un bébé atteint de microcéphalie, au Brésil.

PHOTO FELIPE DANA, ARCHIVES AP

ELISABETH ZINGG
Agence France-Presse
Paris

Des chercheurs européens ont annoncé jeudi avoir découvert de « puissants » anticorps capables de « neutraliser » le virus Zika, une découverte ouvrant la voie à un vaccin contre ce virus à l’origine de lésions cérébrales chez le foetus.

Dans des travaux menés en laboratoire, les anticorps ont permis de « neutraliser » à la fois Zika et le virus voisin de la dengue, « ce qui pourrait aboutir au développement d’un vaccin universel » protégeant contre les deux maladies, ont indiqué les chercheurs dans la revue scientifique Nature.

Cette découverte coïncide avec une autre étude, également publiée jeudi, qui suggère que la récente explosion du virus Zika en Amérique latine pourrait avoir été favorisée par une exposition préalable à la dengue.

Les virus de la dengue et du Zika ont de nombreux points communs. Ils appartiennent tous deux à la famille des flavivirus, des virus principalement transmis par des moustiques.

Des chercheurs de l’Institut Pasteur, du CNRS et de l’Imperial College à Londres qui s’étaient déjà intéressés aux anticorps capables de neutraliser la dengue, se sont également penchés sur le virus Zika.

Ils ont sélectionné deux anticorps EDE capables de stopper la dengue et ont découvert que l’un d’entre eux était particulièrement efficace pour « neutraliser » le virus Zika.

Ils ont réussi à reconstituer l’endroit précis où celui-ci vient se fixer sur la protéine d’enveloppe du virus Zika et découvert que celui-ci était le même sur le virus de la dengue.

Cette découverte, a indiqué à l’AFP Félix Rey, responsable du laboratoire de virologie structurale à l’Institut Pasteur (Paris) qui a dirigé l’étude, était « totalement inattendue ».

Selon Juthathip Mongkolsapaya, un autre chercheur, il s’agit des « premiers anticorps très puissants » découverts contre le Zika.

Le virus a longtemps été considéré comme peu dangereux.

Mais l’épidémie qui touche plusieurs pays d’Amérique du sud dont le Brésil a fait apparaître des complications neurologiques et surtout de graves anomalies du développement cérébral (microcéphalies) des bébés nés de mères infectées qui ont conduit l’Organisation mondiale de la santé à déclarer une «urgence de santé publique de portée internationale» en février.

Il n’existe à ce jour aucun vaccin pour se protéger du Zika, contrairement à la dengue qui dispose d’un vaccin développé par le laboratoire français Sanofi.

Transmis comme dans le cas du Zika par des moustiques de type Aedes, la dengue est en pleine recrudescence à travers le monde. Elle sévit dans les régions tropicales et subtropicales de la planète où près de 400 millions de personnes sont infectées chaque année.

Zika aggravé par la dengue

Une étude distincte publiée jeudi par la revue Nature Immunology estime pour sa part qu’une exposition préalable à la dengue pourrait amplifier l’infection par le virus Zika.

Les symptômes incluent la fièvre, des céphalées intenses et des douleurs musculaires, articulaires et derrière les yeux.

Des chercheurs, dont plusieurs ont participé à la première étude, ont découvert que la plupart des anticorps produits par les personnes infectées par la dengue facilitaient la réplication du virus Zika.

C’est ce qui pourrait expliquer la virulence de l’épidémie de Zika en Amérique latine où de nombreuses personnes ont également été en contact avec la dengue.

«Les deux études se complètent, elles montrent qu’il est très important que le futur vaccin utilise le bon anticorps et cible le talon d’Achille du virus», souligne M. Rey qui a participé aux deux études.

Pour l’instant toutefois, «il nous reste tout à faire, notamment mettre en place un essai clinique ce qui risque de prendre du temps», reconnaît-il.

Des vaccins contre le Zika sont à l’étude dans de nombreux laboratoires, dont certains ont déjà été testés sur des animaux.

L’un d’entre eux est développé par le groupe pharmacentique américain Inovio qui vient d’annoncer le lancement de tests sur des humains avant la fin de l’année.

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Virus Zika : les États-Unis vont-ils lâcher des moustiques OGM ?


Est-ce une bonne idée ? Peut-être à court terme, mais à long terme ? Est-ce qu’il y a de mieux à faire ? L’OGM n’est pas naturel et beaucoup redoutent des conséquences de changer par des organismes génétiquement modifiés
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Virus Zika : les États-Unis vont-ils lâcher des moustiques OGM ?

 

Moustique Aedes Aegypti © Felipe Dana/AP/SIPA

Moustique Aedes Aegypti © Felipe Dana/AP/SIPA

 

L’agence américaine des médicaments a donné son accord de principe à un lâcher expérimental de moustiques génétiquement modifiés en Floride, afin de limiter la propagation du virus Zika.

L’agence américaine des médicaments, la Food and Drug Administration (FDA), a donné son feu vert de principe vendredi 11 mars 2016 à un lâcher expérimental de moustiques génétiquement modifiés en Floride qui pourraient permettre de limiter la propagation du virus Zika. La FDA explique avoir déterminé que ces moustiques mâles baptisé « OX513A«  ne présentent probablement pas de risque d’allergie pour les humains, les animaux ou l’environnement. Mais la décision de la FDA ne sera pas finalisée avant plusieurs mois, période durant laquelle l’agence entendra les évaluations des différentes parties prenantes.

Des moustiques testés avec succès au Brésil

Ces moustiques Aedes aegypti OGM produits par la firme britannique Oxitec, sont porteurs d’un gène qui écourte nettement leur vie et celle de leurs progénitures qui meurent avant l’âge adulte. Cela a pour effet d’éliminer les populations de moustiques sauvages qui sont les principaux vecteurs de maladies infectieuses comme le Zika, la dengue, le chikungunya ou le virus du Nil Occidental. Ces moustiques OGM ont déjà montré une certaine efficacité à réduire les populations de moustiques sauvages dans de petits tests effectués au Brésil et d’autres pays d’Amérique du sud.

La FDA a décidé de soumettre sans attendre cette décision aux avis des différentes parties dans le public pour la finaliser au plus vite alors qu’avec l’arrivée des beaux jours aux États-Unis les moustiques vont éclore et se multiplier, avait récemment expliqué devant le Congrès un responsable de la FDA. L’agence des médicaments s’est essentiellement appuyée sur une évaluation d’impact environnemental soumis par Oxitec qui est devenue une filiale de la firme américaine de biotechnologie Intrexon. Les documents d’Oxitec et de la FDA concluent que ces moustiques OGM ne pourront probablement pas « s’échapper » pour établir de larges populations dans la nature par le fait qu’ils sont programmés pour mourir jeunes.

Des effets toxiques « négligeables »

En outre, ils ne présentent aucun danger pour les humains et les autres animaux car ils ne piquent pas étant donné qu’il ne s’agit pour la plupart de mâles. Seules les femelles piquent pour se nourrir de sang. Et même s’il est aussi prévu de lâcher un très petit nombre de moustiques femelles OGM, les protéines qu’elles portent, résultant de leur modification génétique, ne paraissent pas être toxiques ou allergènes, selon la FDA.

Dans son annonce, l’agence conclut que « la probabilité qu’un lâcher de moustiques OX513A mâles ait des effets toxiques ou allergènes chez les humains ou les autres animaux est négligeable… ».

Une autre raison incitant les autorités américaines à accélérer le processus d’approbation est la résistance que développe les moustiques aux insecticides. Les autorités sanitaires se mobilisent pour protéger surtout les femmes enceintes d’une infection par le virus Zika, fortement soupçonné de provoquer la microcéphalie, une malformation grave et irréversible qui se caractérise par une taille anormalement petite du crâne et du cerveau des nouveau-nés.

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Le Saviez-Vous ► Les pires virus propagés par les moustiques


Les moustiques qui vivent que pour nous piquer et qui malheureusement, peuvent aussi transmettre des virus à l’homme. Depuis plusieurs semaines, c’est le virus Zika qui est à la une, mais d’autres virus sont toujours d’actualité
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Les pires virus propagés par les moustiques

 

Le moustique fait beaucoup parler de lui en ce moment. En particulier l’Aedes, plus connu sous le nom de « moustique tigre » qui est l’espèce qui véhicule le virus Zika ainsi que la plupart des maladies vectorielles.

Retour sur les pires virus propagés par les moustiques.

La fièvre jaune

On l’appelle fièvre jaune en référence à la jaunisse présentée par certains patients. On estime chaque année à 130 000 le nombre de cas de fièvre jaune et à 44 000 le nombre de décès dus à cette maladie dans les pays d’Afrique, où surviennent 90 % des cas. Ces chiffres tendent malheureusement à augmenter.

La période d’incubation est de 3 à 6 jours et est suivie de la maladie, qui peut présenter une ou deux phases.

La première provoque en général de la fièvre, des douleurs musculaires, des céphalées, des frissons, une perte de l’appétit, des nausées ou des vomissements. L’état de la plupart des patients s’améliore ensuite et leurs symptômes disparaissent au bout de 3 à 4 jours.

15 % des patients présentent une deuxième phase dans les 24 heures suivant la rémission initiale. Une fièvre élevée se réinstalle le patient présente une jaunisse, des douleurs abdominales et des vomissements. La moitié des malades présentant cette phase toxique meurent dans les 10 à 14 jours, et les autres se remettent sans séquelles importantes.

Il n’y a pas de traitement spécifique de la fièvre jaune. Le seul traitement vise à réduire les symptômes pour le confort du patient. La vaccination est la principale mesure préventive contre la fièvre jaune.

La filariose lymphatique

La filariose lymphatique également appelée « éléphantiasis » peut entraîner des lésions du système lymphatique et une augmentation anormale de volume de certaines parties du corps. Présente dans 58 pays, elle menace 1,23 milliard de personnes.

La maladie peut être éliminée grâce à une chimiothérapie préventive et des soins peuvent soulager les symptômes.

L’infection se produit lorsque les parasites filaires responsables de la maladie sont transmis à l’homme par des moustiques.

Les difformités corporelles causées par la maladie conduisent souvent à une stigmatisation sociale.

Le virus du Nil occidental

L’infection par le virus du Nil occidental est essentiellement transmise par piqûre de moustique infecté.

Environ 20 % des personnes infectées développent des symptômes tels que de la fièvre, des céphalées, une asthénie, des douleurs, des nausées, des vomissements et parfois une éruption cutanée et une adénopathie.

Le virus du Nil occidental peut également être à l’origine d’une maladie neurologique mortelle chez l’homme (de l’ordre de 1 personne sur 150). Néanmoins, environ 80 % des personnes infectées restent asymptomatiques.

Le virus peut infecter l’être humain, le cheval et d’autres mammifères.

La durée d’incubation varie de 3 à 14 jours.

Le Chikungunya

Le Chikungunya se manifeste par l’apparition brutale d’une fièvre souvent supérieure à 38.5 °C généralement accompagnée de maux de tête ainsi que d’importantes douleurs musculaires et articulaires, touchant principalement les extrémités des membres.

Il faut 4 à 7 jours pour que les symptômes apparaissent chez la personne contaminée par le moustique.

Il n’y a pas de traitement curatif contre le virus. Cependant l’évolution peut être rapidement favorable, si le malade répond bien au traitement symptomatique. La maladie peut aussi évoluer vers une forme chronique.

La Dengue

La dengue se caractérise par de la fatigue, des nausées et vomissement, une forte fièvre, des douleurs articulaires et musculaires, des maux de tête et des boutons.

Le temps d’incubation est de 2 et 7 jours et on peut en guérir en une semaine.

Aucun médicament n’existe à ce jour pour lutter contre le virus. Seul le traitement des symptômes est possible : contrôle de la fièvre et de la douleur chez les nourrissons et enfants, les femmes enceintes, les personnes fragiles, malades ou âgées, la maladie peut aller jusqu’à la mort ou entraîner de graves séquelles.

Le virus Zika

Découvert en 1947, le virus Zika a pendant longtemps touché très sporadiquement les humains en Afrique et en Asie du Sud. La première épidémie est survenue en 2007 dans le Pacifique. Depuis 2013, une épidémie sévit dans le Pacifique occidental, en Amérique et en Afrique.

Le virus Zika est transmis par des moustiques du genre Aedes. Les personnes atteintes par le virus présentent en général des symptômes bénins tels qu’une fièvre légère, une éruption cutanée et une conjonctivite. Normalement, ces symptômes disparaissent en 2 à 7 jours.

En 2013 et en 2015, les autorités sanitaires du Brésil et de la Polynésie française ont signalé des complications neurologiques et auto-immunes potentiellement liées à la maladie. Au Brésil, depuis qu’on observe une recrudescence des infections, on voit aussi une augmentation du nombre des nouveau-nés atteints de microcéphalie. Les autorités sanitaires de Polynésie française ont également rapporté une recrudescence inhabituelle du syndrome de Guillain-Barré depuis l’épidémie de 2013.

Le virus touche les zones tropicales où vivent d’importantes populations de moustiques.

La meilleure façon de se protéger du virus Zika est d’éviter les piqûres de moustique en utilisant des produits répulsifs, en portant des vêtements couvrant le plus possible le corps et préférablement clairs et de dormir sous des moustiquaires.

Il est aussi très important de vider, nettoyer ou couvrir tous les contenants susceptibles de retenir de l’eau stagnante, même en petite quantité.

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Il est temps de débarrasser notre planète des moustiques


Peut-on vraiment exterminer les espèces de moustiques qui propagent des maladies telles que la dengue, la Zika … Les insecticides, on le sait, cela ne fonctionne pas, car cela a des répercussions pour l’environnement, les autres espèces d’insectes et la santé humaine. Il semble avoir d’autres moyens et la plus prometteuse serait de modifier les gènes pour donner que des insectes mâles … Mais concrètement, avons-nous moralement le droit d’exterminer les moustiques concernés ? Peut-on penser qu’il aurait des répercussions auxquels nous n’avons pas pensées ?
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Il est temps de débarrasser notre planète des moustiques

 

Mosquito / Tom via Flickr CC License by.

Mosquito / Tom via Flickr CC License by.

Daniel Engber Traduit par Peggy Sastre

Les épidémies de dengue et de chikungunya, les ravages continus du paludisme ou la récente propagation du virus Zika prouvent que nous bénéficierions grandement de leur disparition.

Pour décrire la propagation mondiale du virus Zika, l’OMS a parlé d’un «niveau d’alerte extrêmement élevé». Ce qui tombe sous le sens: la maladie, cause probable de malformations congénitales, pourrait affecter des millions de personnes dans plusieurs dizaines de pays.

Mais deux faits pourraient se montrer plus rassurants. Le premier, c’est que le virus ne se transmet pas facilement de l’homme à l’homme. Le second, c’est que les bestioles vectrices de cette maladie –notamment deux espèces de moustiques, l’Aedes aegypti et l’Aedes albopictus– ne sont pas très actives en hiver et ne représentent pas de danger important dans des bâtiments bien isolés et climatisés.

Alors d’où viennent ces rougeurs sur mon visage? Pourquoi mon souffle se fait-il de plus en plus court? Non, ce n’est pas de la panique, je vous jure, c’est de la rage. Cette épidémie de Zika et ses sales petits flavivirus miteux me mettent à cran. Reste qu’il est absurde d’en vouloir à un virus. Ce truc n’a aucune volonté animale, ce n’est même pas un organisme vivant en bonne et due forme. Non, l’objet de mon courroux n’est pas le virus, mais bien son vecteur. Je possède un réservoir de bile spécialement dédié aux seringues hypodermiques volantes qui hébergent ce pathogène, ces diptères qui zigzaguent d’un pays à l’autre et propagent la terreur biologique dans leur sillage. Je n’en peux plus des moustiques. Il est temps de leur pourrir la vie.    

Et qui pourrait me contredire? Les événements de ces dernières années –les épidémies de dengue et de chikungunya, les ravages continus du paludisme– n’ont rien fait pour redorer le blason d’ores et déjà bien terne du moustique. De fait, ces parasites suceurs de sang et sniffeurs de sueur pourraient raisonnablement figurer au palmarès des pires ennemis du genre humain.  

Parlons un peu statistiques: les maladies véhiculées par les moustiques tuent chaque année plusieurs milliers de personnes. Le paludisme emporte à lui tout seul 6 millions de vies par décennie, principalement d’enfants en bas âge. Leur coût économique est tout aussi effrayant et avoisine sans doute les dizaines de milliards d’euros par an. Quand des chercheurs ont fait la somme de toutes les pertes occasionnées par une seule maladie liée au moustique (la dengue) dans un seul pays (le Brésil), ils ont obtenu 1,20 milliard d’euros annuels, sans compter le petit milliard nécessaire à la désinsectisation.

Vous pourriez penser qu’avec la propagation du Zika dans les infos, l’humanité aurait enfin compris combien le moustique exige d’être écrasé une bonne fois pour toutes. Mais non, tout ce qu’on entend, ce sont des propositions visant à combattre le virus, pas le vecteur. On nous dit que des scientifiques doivent batailler ferme pour trouver un nouveau vaccin, comme si c’était la meilleure solution au problème. La chasse au traitement contre le Zika pourrait prendre des décennies –et d’ici là, nous devrons rester les bras ballants à regarder des nuées méphitiques copuler dans notre espace aérien et débarquer sur nos plages. L’ennemi est à nos portes. Le temps n’est plus à la mollesse

Il est temps de tuer tous les moustiques. L’heure du moustiquocide est venue.

Programme de destruction totale

Certes, nous essayons déjà de contrôler ces vermines. Nous aspergeons de pesticides leurs sites de reproduction. Quand ces bestioles en sont à leur stade larvaire, nous tentons de les empoisonner avec des bactéries. Si elles survivent jusqu’à la pupe, nous pouvons les étouffer dans un film huileux. Mais toutes ces stratégies guerrières ouvrent la porte à la dissidence et à l’insurrection. Les produits chimiques peuvent contaminer des lieux de vie humaine et, s’ils font trop bien et trop largement leur boulot, ils peuvent tuer des espèces que nous apprécions. Les experts en santé publique ont leur propre jargon technocratique pour qualifier ces dommages collatéraux: on parle ainsi de «dérive adulticide» ou de«mortalité des insectes non cibles».  

Il leur faut donc affiner le tir et chercher le meilleur compromis entre la mort des moustiques et la santé des écosystèmes. Ils ont ainsi recours à une «gestion vectorielle intégrée», un euphémisme rassemblant plein de petites actions: répertorier les lieux de reproduction des moustiques, les asperger de produits chimiques, réparer des égouts défectueux, collecter les pneus qui traînent, assécher les marais, etc. Autant de démarches responsables et sûres, si ce n’est écologiquement correctes.

Mais la récente explosion des arborvirus m’a convaincu d’une chose: nous ne pouvons pas gagner cette guerre les mains attachées dans le dos, fussent-elles recouvertes de répulsif. Sus à la politesse. La situation sur le terrain est suffisamment moche pour que la «gestion intégrée» ait fait son heure. Ce qu’il faut, c’est un programme de destruction totale du moustique. Et le truc, c’est que pour la première fois dans l’histoire humaine, ce rêve est susceptible de devenir réalité. Oui, il existe un meilleur moyen d’éradiquer les moustiques –une option nucléaire– mais jusqu’ici, nous avons été trop pleutres pour l’utiliser.

La technique que j’ai en tête remonte aux années 1930 et au génie d’un homme, Edward F. Knipling. Confronté à une épizootie mortelle touchant le bétail, la myiase cavitaire causée par la lucilie bouchère, ce chercheur du Département américain de l’Agriculture eut l’idée de retourner ces sales parasites contre eux-mêmes. Son hypothèse: en élevant des mâles stériles et en les relâchant dans la nature, il allait peut-être pouvoir interférer avec la reproduction des mouches mangeuses de chair et diminuer leur nombre.

«Généralement, les réactions oscillèrent entre le scepticisme et la dérision», écrivit-il ensuite.

Reste qu’en 1953, il eut recours à une machine à rayons X de l’armée pour stériliser quelques mouches, avant de les relâcher sur l’île de Sanibel, en Floride. L’expérience fut un succès et le fut encore sur l’île de Curaçao. En quelques mois, Knipling avait exterminé toute la population de lucilies bouchères natives de l’île. En 1959, les mouches avaient disparu de tout le Sud des États-Unis. Et il ne fallut pas attendre longtemps pour qu’il en soit de même dans tout le pays.     

Pour son œuvre, Knipling remporta le Prix mondial de l’alimentation et fut inscrit au panthéon de la Cattlemen’s Association, le premier syndicat d’éleveurs américain. Satechnique de l’insecte stérile s’attira non seulement les faveurs des agriculteurs, mais aussi des écologistes. En 1962, Rachel Carson sortait Printemps silencieux, célèbre réquisitoire contre les industriels et leur pollution chimique.

Dans le dernier chapitre, «Une autre voie», Carson mentionnait quelques «solutions nouvelles, imaginatives et créatives au problème du partage de notre terre avec d’autres créatures».

La méthode de Knipling était célébrée comme «une démonstration triomphale de la valeur de la créativité scientifique, soutenue par la persévérance, la détermination et une recherche fondamentale méticuleuse».     

Des bestioles incapables de se reproduire

Alors pourquoi les scientifiques n’ont-ils pas usé de cette méthode pour combattre le moustique? En réalité, ils l’ont fait. Le problème, c’est que les moustiques sont trop fragiles pour résister aux rayons X: ils ne deviennent pas stériles, ils meurent tout simplement. Mais ces dernières années, la technique de l’insecte stérile a été amendée. Un chercheur, Luke Alphey, a ainsi eu recours à l’ingénierie génétique pour concevoir une lignée stérile d’Aedes aegypti –l’espèce vectrice de la dengue, du Zika et de la fièvre jaune. La technique d’Alphey est très astucieuse: les insectes possèdent un gène qui les tuent au stade larvaire, sauf s’ils sont élevés en présence de tétracycline, un antibiotique courant. Dès lors, il est possible d’élever énormément de bestioles en laboratoire, mais dès qu’elles sont relâchées dans la nature, elles sont incapables de se reproduire.

En 2002, Alphey créait Oxitec, qui allait devenir la première entreprise conceptrice de moustiques génétiquement modifiés à des fins de désinsectisation. Depuis 2010, la compagnie mène des expériences de terrain au Brésil, dans les îles Caïman et au Panama. Le traitement se présente comme suit: un employé d’Oxitec conduit une camionnette dans des endroits infestés de moustiques, à une vitesse oscillant entre 8 et 15 km/h. Un ventilateur sans pales projette des moustiques génétiquement modifiés mâles à travers un tube en plastique, avant que les insectes ne cherchent à copuler avec les femelles sauvages. (Lors d’un test effectué au Brésil, Oxitec a relâché 800.000 moustiques par semaine pendant six mois). Selon Andy McKemey, directeur des opérations d’Oxitec, chacun de ces tests grandeur nature diminue d’au moins 90% les populations locales de moustiques

Des responsables américains aimeraient tester la technique d’Oxitec. Une première tentative dans les Keys de Floride a déclenché la colère de certains habitants, ces dernières craignant d’être les cobayes d’apprentis sorciers. Pour répondre à ses détracteurs, Oxitec affirme que sa technique est non seulement extrêmement ciblée (une seule espèce de moustique est concernée), mais aussi autolimitante (si vous cessez l’approvisionnement en moustiques OGM, ils disparaissent rapidement de l’écosystème). 

Mais les deux camps semblent faire fausse route. Les risques posés par les moustiques d’Oxitec sont probablement des plus modérés et, dans tous les cas, ils doivent être comparés à ceux des insecticides classiques. Mais reste que les prétendus «bénéfices» de cette technique –sa spécificité et la brièveté de son action– sont un nouvel exemple d’un excès de prudence en matière de lutte contre les moustiques. Ce que m’explique McKemey, c’est qu’une fois le test terminé, les populations de moustiques commencent à «repartir» dans les six mois. Elles ont été contrôlées pendant un temps, mais pas annihilées.

Une descendance exclusivement mâle

Alors pourquoi ne pas recourir à la biomédecine pour leur asséner un coup ultime et fatal? En 2007, Bruce Hay de Caltech proposait une arme anti-moustiques encore plus redoutable: le gène moteur. Sa technique: inséminer les populations locales avec des moustiques conçus en laboratoire pour posséder un ensemble particulier de gènes «égoïstes», capables de se disséminer en tuant leurs concurrents.

En théorie, une telle approche permet de remplacer une population sauvage en quelques générations: chaque organisme de la lignée native sera supplanté par un autre de la lignée modifiée. Une lignée qui pourrait être génétiquement modifiée pour résister au paludisme, au Zika et autres pathogènes véhiculés par telle ou telle espèce de moustique. De même, ces moustiques pourraient être génétiquement modifiés pour avoir telle ou telle vulnérabilité. Par exemple, ils pourraient tous mourir en réaction à un signal extérieur –une hausse de température, comme celle indiquant le passage de l’hiver au printemps.  

Une autre variante du gène moteur, en cours de développement dans un autre laboratoire, pourrait avoir des conséquences encore plus radicales. Il s’agit d’une version inversée desFils de l’homme: les moustiques modifiés sont porteurs d’un ensemble de gènes détruisant les chromosomes X dans le sperme. Ils peuvent se reproduire, mais toute leur descendance sera mâle.

«C’est une idée très exaltante», précise Hay. «Chaque génération est constituée de mâles qui engendrent des mâles. Au bout d’un moment, les populations n’ont plus de femelles, et voilà, c’est fini.»

Ces techniques de gènes moteurs sont si puissantes –leur potentiel destructeur est si vaste– qu’il aura été très difficile pour les scientifiques de les tester, même en milieu confiné. La crainte, c’est qu’un gène égoïste ne se contente pas d’annihiler une population locale, mais s’échappe et aille contaminer d’autres zones, comme ce qu’on a pu voir avec certaines plantes OGM. Une expérience mal contrôlée, et c’est toute une population mondiale qui pourrait être décimée, et même disparaître. Au lieu de tuer quelques Aedes aegypti en Floride, vous pourriez tous les tuer partout dans le monde.

Et alors, ce serait… tellement grave?

«La vie serait comme avant, si ce n’est meilleure»

Imaginons, un instant, que nous puissions éliminer totalement une espèce de moustique –voire annihiler les 3.500 espèces qui bourdonnent sur la planète. Notre écosystème global s’effondrerait-il?

Une réponse honnête est la suivante: personne n’en sait vraiment rien. Reste que peu de données factuelles permettent de faire des moustiques un maillon essentiel de telle ou telle chaîne alimentaire, ou de dire que leur niche se sera jamais remplacée par quelque chose d’autre. Quand la journaliste scientifique Janet Fang fit cette expérience de pensée pour Nature en 2010, elle arriva à cette conclusion:

«La vie serait comme avant –si ce n’est meilleure.»

Une conclusion que j’allais faire mienne trois ans plus tard, en travaillant sur cette même question:

«Dans aucune chaîne alimentaire connue, les moustiques ne représentent un maillon nécessaire d’un processus crucial», m’avait résumé un entomologiste spécialisé dans le contrôle du moustique. 

Par le passé, nous avons éliminé des tas d’espèces, indifférents que nous étions au sort du monde naturel. Il est tragique que la tourte voyageuse, le tigre de Tasmanie ou le quagga n’existent plus. Mais le ciel ne nous est pas (encore) tombé sur la tête. Toute écotragédie doit être pondérée par ses bénéfices –et les bénéfices du moustiquocide seront énormes. Qu’importent ses conséquences imprévues (et il y a toujours des imprévus), l’élimination des moustiques sauvera des milliards de vies humaines et économisera des centaines de milliards d’euros en quelques décennies. Elle permettra de mettre un terme aux souffrances occultées des plus pauvres du monde

Et on ne parle ici que du scénario le plus extrême. Les méthodes de gènes moteurs ne fonctionnent que sur certaines espèces, alors imaginons que nous puissions annihiler certains moustiques –les plus nocifs. Et si nous pouvions appuyer sur le bouton qui détruira les espèces les plus invasives et les plus mortelles, comme Aedes aegypti? Et quid des atroces moustiques Anopheles, qui transmettent le paludisme et semblent avoir évolué en parasites humains? Si nous nous débarrassons de ces infâmes vermines, ne serons-nous pas tous plus heureux? Personne n’a pleuré à l’enterrement de la polio ou dela peste bovine. Pourquoi les moustiques devraient-ils recevoir un traitement spécial? Parce qu’ils sont des insectes?   

«A mon avis, vous faites figure d’exception», m’a dit Bruce Hay quand je lui ai fait part de mon opinion sur la gestion des moustiques. «Je ne pense pas que les gens seront prêts à de telles mesures, même en principe.» Il n’est pas fan des Aedes ou des Anopheles, «mais vous pouvez rompre le cycle infectieux par des mesures raisonnables de santé publique»,précise-t-il.

La peste soit de ces balivernes. J’ai soumis la même idée à Luke Alphey, le fondateur d’Oxitec, et voici ce qu’il m’a répondu:

«Je suis suffisamment écolo pour que l’idée d’éliminer une espèce me mette mal à l’aise.»

Qui plus est, les techniques de gènes moteurs en sont encore «au stade expérimental». Certes, mais une fois qu’elles seront opérationnelles, peut-on envisager de les appliquer à une espèce d’Anopheles? Ces atroces sangsues qui pullulent dans nos environnements anthropisés et semblent n’avoir qu’un seul but dans la vie: propager des maladies?

«Ce ne serait pas déraisonnable de l’envisager» s’est-il résolu à admettre, après moult insistance de ma part.

Très bien: tout ce qu’il nous reste à faire, c’est traduire cette hypothèse non-déraisonnable en action exterminatrice. 

Daniel Engber

http://www.slate.fr/