Saules dépollueurs


La nature est capable de s’auto-guérir si on lui laisse cette opportunité. La phytoremédiation voilà une médecine naturelle qu’on peut adapter pour les sols contaminés. Ainsi des plantes, des arbres, des champignons peuvent donc aider a décontaminer certains sols.
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Saules dépollueurs

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Les saules sont des arbres privilégiés pour la phytoremédiation, notamment car ils ont la capacité de bien pousser dans des sols peu fertiles.

Planter des arbres pour nettoyer les sols contaminés. Cette approche appelée phytoremédiation est de plus en plus populaire aux quatre coins du monde. La Ville de Montréal la teste depuis l’an dernier dans l’est de la ville.

MATHIEU PERREAULT
LA PRESSE

Le projet pilote

Depuis 2016, trois hectares de terrains contaminés dans Pointe-aux-Trembles se trouvent sous la loupe des chercheurs.

« C’est un banc d’essai de quatre ans pour la phytoremédiation », explique Josée Samson, ingénieure au Service de l’environnement de la Ville. « Il s’agit de planter sur un sol contaminé des arbres et d’autres végétaux, qui absorbent les polluants. Chaque année, on enlève des branches et, au bout de cinq à dix ans, on a décontaminé le sol. On peut aller jusqu’à une profondeur de 1,5 m. »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Depuis 2016, trois hectares de terrains contaminés dans Pointe-aux-Trembles sont traités par phytoremédiation, un banc d’essai qui doit durer quatre ans. 

Genèse

Le concept de phytoremédiation est né dans les années 70, selon Michel Labrecque, de l’Institut de recherche en biologie végétale du Jardin botanique, qui enseigne à l’Université de Montréal.

« Il y avait des équipes en Angleterre qui travaillaient alors sur des sites miniers. À cette époque, on s’intéressait plus à la tolérance des plantes pour reverdir les sites. C’est dans les années 90 qu’on a commencé à viser directement l’élimination des contaminants. On a fait les premiers essais au Québec au début du millénaire, dans le secteur du Sud-Ouest, le long du canal de Lachine. Aux États-Unis, en Europe et en Chine, on fait de la phytoremédiation de façon opérationnelle. »

À terme, on pourrait ainsi décontaminer des terrains industriels pour les recycler afin de faire des ensembles immobiliers.

Le froid, un obstacle ?

Le froid explique-t-il pourquoi le Québec en est encore seulement aux projets pilotes ?

« C’est sûr que les saisons de croissance sont plus petites, dit M. Labrecque. Ça limite l’efficacité du traitement. Mais le ministère de l’Environnement a été plutôt réticent, même s’il y avait des exemples concrets ailleurs dans le monde. »

La phytoremédiation est aussi utilisée en Alberta sur les sites de sables bitumineux et en Colombie-Britannique, selon M. Labrecque.

Boutures et bactéries

Parmi les avancées de l’équipe de l’Institut de recherche en biologie végétale, M. Labrecque cite le mélange de différentes plantes à différents niveaux de croissance ainsi que l’utilisation de bactéries.

« Les sols contaminés sont souvent des milieux hétérogènes avec différents types de pollution, zinc, cuivre, plomb, hydrocarbures, composés de remblais. Ça complique la croissance. Pour bien coloniser, on établit d’abord des végétaux à croissance rapide et on fait de la micropropagation avec des petites boutures de saules. On aime bien ces plantes-là parce qu’elles s’établissent bien dans les sols peu fertiles. Puis, on a travaillé sur des micro-organismes pour inoculer ces plantes et favoriser leur croissance. Nos travaux sur ces bactéries et champignons sont en cours. »

Sur place ou ailleurs

Le principe de la phytoremédiation implique le traitement sur place des sols contaminés. Que faire quand on veut se servir rapidement d’un terrain ?

« On pourrait concevoir de rassembler les sols contaminés d’un grand terrain à un seul endroit, pour limiter le transport de sols contaminés, par exemple dans les anciens terrains de l’industrie pétrolière dans l’est de Montréal, dit M. Labrecque. Mais il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, si le transport des sols contaminés continue, on peut viser la phytoremédiation dans les endroits où les sols sont transportés. »

Chimie verte

Une autre avenue de recherche est la valorisation du bois.

« On cherche à s’associer avec des partenaires pour utiliser les molécules des plantes qu’on utilise, pour la chimie verte ou le biomédical, dit Michel Labrecque. Pendant que se fait le travail des plantes sur le milieu, on pourrait tirer profit des plantes. »

Pourquoi ne pas en faire du compost ?

« Parfois, ce n’est pas possible parce que le bois devient contaminé », dit Josée Samson, ingénieure du Service de l’environnement de la Ville. « Nous regardons d’autres options, par exemple se servir de la biomasse pour alimenter en énergie une cimenterie. »

Trois études

Au fil des ans, Michel Labrecque a publié plusieurs études sur la phytoremédiation. L’une d’entre elles, publiée en 2017 dans l’International Journal of Phytoremediation, a montré que dans un terrain contaminé à Montréal, un essai avec des peupliers a permis de réduire de plus de 60 % la concentration des contaminants, avec des pointes de réduction de 91 % pour le cadmium et de 94 % pour le zinc. Environ trois tonnes de bois étaient récoltées chaque année. Une autre étude a montré l’efficacité de champignons vivant sur la racine de saules pour améliorer la productivité de la phytoremédiation, et une troisième a permis de constater qu’un mélange de plantes – un arbrisseau, de la luzerne et un roseau appelé fétuque – était prometteur pour certains types de sols.

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Sainte-Sophie: la faune menacée par une «soupe de contaminants»


Deux entreprises qui travaillent en décontamination sont soupçonnées de contamination de sols agricoles. En fait, ils décontaminent un terrain et la terre ramassée est supposée être transportée en Ontario, mais ils se sont plutôt dirigés quelques km de Montréal pour déverser leur terre contaminée sur des terres agricole. Ils auraient même truqués les analyses de laboratoires pour se couvrir. S’ils sont coupables, ils n’auront qu’une petite amende de 30 milles dollars.
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Sainte-Sophie: la faune menacée par une «soupe de contaminants»

 

Les camions que la police avait suivis jusqu'à... (PHOTO OLIVIER JEAN, archives LA PRESSE)

Les camions que la police avait suivis jusqu’à Sainte-Sophie (notre photo) le 25 mai 2016 avaient été remplis sur le site fortement contaminé d’une ancienne station-service, à l’angle des boulevards Laval et de la Concorde, à Laval.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

VINCENT LAROUCHE
La Presse

Il existe au nord de Montréal une terre agricole riveraine où des entrepreneurs véreux ont déversé tellement de sols contaminés que les animaux du secteur risquent de subir des « mutations », selon une enquête de la police et du ministère de l’Environnement. Les autorités croient que des analyses de laboratoire truquées ont été utilisées pour couvrir l’affaire.

C’est ce qu’a révélé un enquêteur de la Sûreté du Québec qui témoignait mardi au palais de justice de Saint-Jérôme, dans le cadre du procès des entreprises Gestion OFA Environnement et Remblais ATL. Les deux sociétés sont accusées d’une infraction à la Loi sur la qualité de l’environnement pour avoir déposé des sols contaminés sur une terre agricole de Sainte-Sophie, dans les Laurentides.

Le juge Claude Lachapelle avait d’abord ordonné qu’une partie des audiences soit temporairement frappée d’une ordonnance de non-publication. Mais une avocate de La Presse dépêchée d’urgence sur place lundi a plaidé que le public subirait un préjudice si on lui cachait les informations mises en preuve. La Cour a finalement permis la publication de tous les témoignages.

«Pour masquer la réalité»

Le policier Sylvain Lacroix, qui était chef d’équipe au Service des produits de la criminalité à l’époque des faits, est venu décrire à la Cour comment son équipe avait suivi des camions de sols contaminés à partir d’un chantier de décontamination lavallois jusqu’à une terre agricole non exploitée à Sainte-Sophie, près de Saint-Jérôme, le 25 mai 2016.

Les enquêteurs affirment avoir saisi par la suite des documents indiquant que Gestion OFA Environnement et Remblais ATL avaient déversé « énormément de tonnage » de sols contaminés sur cette terre du boulevard Sainte-Sophie, au bord de la rivière de l’Achigan.

Lorsqu’elle a pris conscience que les autorités s’intéressaient à ce site, la société Remblais ATL a montré des analyses faites par un laboratoire spécialisé de Montréal qui démontraient que tout allait bien, que le site de Sainte-Sophie n’avait pas du tout été contaminé.

« Nous, dans notre enquête, on ne pouvait pas concevoir que ce n’était pas contaminé. L’enquête avait démontré qu’il y avait beaucoup de sols contaminés amenés là », a expliqué à la Cour l’enquêteur Sylvain Lacroix.

« Notre prétention, c’était que la caractérisation des sols faite pour Remblais ATL était là pour masquer la réalité. »

La Sûreté du Québec a donc fait faire sa propre analyse du sol, en demandant l’aide des experts du ministère de l’Environnement. Ceux-ci ont produit un rapport qui révélait une contamination alarmante du site par des produits toxiques.

« J’ai accroché sur une phrase, monsieur le juge : le résultat qu’on avait, c’était que certains animaux pourraient subir des mutations », s’est souvenu l’enquêteur.

Rosa Galvez-Cloutier, professeure titulaire à la faculté des sciences et de génie de l’Université Laval, juge cette possibilité réaliste.

« C’est très fort comme affirmation, mais c’est possible », a-t-elle déclaré lorsque La Presse l’a jointe au téléphone hier.

« On reconnaît plusieurs produits toxiques à leurs effets sur le système nerveux, le système lymphatique. Il y a des effets à court terme : perte d’équilibre, perte de fonction d’organes comme le coeur, les reins, le foie. Mais il y a aussi des effets chroniques, qui ne se voient pas le jour même de la consommation. Des produits peuvent s’accumuler dans les tissus animaux, les tissus humains, et développer des cancers, des tumeurs », explique la chercheuse, considérée comme l’une des plus grandes spécialistes au pays en matière de contamination des sols et des eaux.

Lorsqu’il y a déversement « sauvage », il devient difficile de connaître exactement la dangerosité de la « soupe de contaminants » qui se forme dans un milieu naturel, dit-elle.

« C’est très irresponsable de faire ça, c’est inacceptable. On ne devrait pas avoir ces cas dans un pays comme le Canada », s’insurge la professeure.

«Pour que je puisse semer du foin»

Jean-Raymond Bélisle, garagiste de profession qui possède la terre où les déversements ont eu lieu, est venu expliquer au tribunal mardi qu’il avait accepté des chargements de terre et de roche depuis 1974 pour remblayer son terrain et tenter de le mettre à niveau.

« C’était pour que ça devienne égal, pour que je puisse semer du foin, de l’avoine », a-t-il dit.

En 2016, Martin Archambault, dirigeant de Remblais ATL, est venu lui proposer de lui apporter de la terre.

« Il était venu voir le terrain et il a dit qu’il y avait de la place pour mettre plusieurs voyages. Il n’y avait pas d’argent là-dedans. Moi, je ne payais pas et lui, il ne payait pas », a expliqué M. Bélisle. Il jure avoir dit qu’il ne voulait « pas de terre contaminée ».

Mais il n’a jamais gardé de preuve écrite de ce qui était livré chez lui, n’a jamais demandé de voir des analyses de sols avant d’accepter un chargement.

Des prix imbattables

Les camions que la police avait suivis jusqu’à Sainte-Sophie le 25 mai 2016 avaient été remplis sur le site fortement contaminé d’une ancienne station-service, à l’angle des boulevards Laval et de la Concorde, à Laval.

Un consultant en environnement qui était chargé de réhabiliter le site, et dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, est venu raconter comment il en était venu à confier ses sols excavés à Gestion OFA Environnement.

Il a dit avoir été appelé au début du mois de mai par Louis-Pierre Lafortune, ancien associé des Hells Angels qui a déjà été reconnu coupable de complot en vue de recycler les produits de la criminalité. En 2016, M. Lafortune était responsable du développement des affaires pour Gestion OFA Environnement.

« M. Lafortune m’a dit : « On travaille seulement dans les règles de l’art. » »

Le témoin a raconté que Louis-Pierre Lafortune lui proposait de prendre en charge le transport et la disposition des sols contaminés pour 28,50 $ la tonne, un prix imbattable, beaucoup moins cher que ceux de la concurrence.

Une erreur exceptionnelle ?

L’avocat des deux entreprises visées, Me Karl-Emmanuel Harrison, a souligné devant la Cour que les sols contaminés pris en charge par Gestion OFA Environnement étaient souvent envoyés en Ontario. Par ses questions en contre-interrogatoire, il a laissé entendre que l’envoi de camions à Sainte-Sophie le jour où la police avait monté une opération de surveillance était une erreur exceptionnelle.

Les sols déversés ce jour-là ont d’ailleurs été retirés par les responsables et envoyés en Ontario par la suite.

Me Harrison a annoncé son intention de faire témoigner son propre expert en sols contaminés lorsque le procès reprendra à l’automne.

Personne n’est accusé au criminel dans cette affaire. En vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement, les deux entreprises s’exposent chacune à une amende de 30 000 $ si elles sont reconnues coupables.

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Des saules pour recycler les eaux usées


Des saules pour décontaminer des eaux usées de petites villes. Un avantage très net pour sa croissance et son utilisation économique
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Des saules pour recycler les eaux usées

 

Prise de vue aérienne par drone d’un champ de saules à Saint-Roch-de-l’Achigan. Au centre de l’image, les zones irriguées par des eaux usées se démarquent du reste de la plantation par la coloration plus foncée du feuillage des saules.

Prise de vue aérienne par drone d’un champ de saules à Saint-Roch-de-l’Achigan. Au centre de l’image, les zones irriguées par des eaux usées se démarquent du reste de la plantation par la coloration plus foncée du feuillage des saules.    Photo : Simon Amiot IRBV/Université de Montréal/Polytechnique de Montréal

Exit les usines de traitement des eaux usées. Désormais, les StaRRE – pour Stations de récupération des ressources de l’eau – volent la vedette. Car quoi qu’on en pense, les eaux usées sont remplies de ressources.

Un texte de Chantal Srivastava, aux Années lumière

Depuis 2016, à Saint-Roch-de-l’Achigan, dans Lanaudière, les eaux usées irriguent une plantation de saules à croissance rapide dans le cadre du projet PhytovalP, une initiative de l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) de l’Université de Montréal et de Polytechnique Montréal.

L’azote et le phosphore qui contaminent les eaux usées sont utilisés comme nutriments.

Xavier Lachapelle-Trouillard montre les feuilles d’un saule irrigué avec des eaux usées.

Xavier Lachapelle-Trouillard montre les feuilles d’un saule irrigué avec des eaux usées. Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Dans le cadre de sa maîtrise, Xavier Lachapelle-Trouillard a constaté que la méthode est efficace pour les trois principaux contaminants organiques : l’azote, le phosphore et la matière organique.

On voit vraiment une application économique viable pour les petites municipalités au Québec. Xavier Lachapelle-Trouillard

Faire d’une pierre deux coups

Selon Xavier Lachapelle-Trouillard, le tiers des municipalités québécoises ont tout intérêt à utiliser cette méthode de traitement des eaux usées qui convient tout à fait aux besoins des villes de 300 à 800 habitants. Au Québec, cette catégorie compte 242 municipalités.

Schéma montrant le fonctionnement du système de traitement des eaux usées utilisant des saules.

Schéma montrant le fonctionnement du système de traitement des eaux usées utilisant des saules.   Photo : Xavier Lachapelle-Trouillard, Michel Lachapelle, Yves Comeau IRBV/Université de Montréal/Polytechnique de Montréal

Dans le projet en démonstration à Saint-Roch-de-l’Achigan, les eaux usées sont acheminées vers la plantation de saules à croissance rapide. L’azote, le phosphore et les matières organiques stimulent la croissance des saules. Une portion de l’eau est évacuée dans l’atmosphère par évapotranspiration. Le reste percole dans le sol. Le choix du saule se justifie par le fait que c’est une espèce qui pousse très vite sous nos latitudes et qu’elle n’est pas envahissante.

Il faut certes construire des canalisations pour acheminer les eaux usées et un bassin de rétention pour stocker les eaux usées durant l’hiver. Mais une fois l’été venu, les résultats sont au rendez-vous. Car en décontaminant ainsi les eaux usées, on fait d’une pierre deux coups.

Cette année on va probablement produire le double de biomasse dans les zones irriguées par les eaux usées. Xavier Lachapelle-Trouillard

On voit deux personnes marchant dans les parcelles de saules nourris avec des eaux usées à Saint-Roch-de-l'Achigan.

Les saules irrigués avec des eaux usées produisent davantage de biomasses. Photo : Radio-Canada/Chantal Srivastava

Les troncs des arbres qui ont été irrigués avec les eaux usées sont plus massifs. Les arbres ont davantage de tiges. Ces avantages ne sont pas négligeables, car une fois récoltés, ces saules ont une valeur économique.

On les utilise entre autres pour fabriquer des murs antibruit qu’on installe à proximité des autoroutes.

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La pollution de l’air aurait causé 7700 décès prématurés au Canada en 2015


La pollution coûte cher, autant pour la santé que la décontamination des eaux, la prolifération des algues, la maladie des abeilles, etc. Cependant, ne rien faire coûterait encore plus cher …
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La pollution de l’air aurait causé 7700 décès prématurés au Canada en 2015

 

La pollution de l'air a coûté aux Canadiens 36 milliards en 2015 à cause de... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

 

MIA RABSON
La Presse Canadienne
Ottawa

La pollution de l’air a coûté aux Canadiens 36 milliards en 2015 à cause de décès prématurés et de maladies, estime une nouvelle étude.

Le rapport, publié jeudi par l’Institut international pour le développement durable, un organisme indépendant sans but lucratif, s’appuie sur les données scientifiques existantes couvrant différents aspects de la pollution, du smog aux déversements pétroliers en passant par l’utilisation de fertilisants.

L’auteur principal du rapport, Robert Smith, soutient que plus les scientifiques se penchent sur les coûts de la pollution atmosphérique, plus ils constatent que ces coûts sont élevés.

Une étude réalisée en 2008 par l’Association médicale canadienne concluait ainsi qu’environ 2300 personnes meurent prématurément chaque année à cause de la pollution de l’air – une étude considérée comme très sérieuse, indique M. Smith.

Or, on s’est aperçu récemment que cette étude avait grandement sous-estimé les impacts de la pollution de l’air: un rapport de 2015 concluait que le nombre de décès prématurés attribuables à cette pollution au Canada pourrait plutôt se chiffrer à 7700 par année – cinq fois plus.

Le rapport de l’Institut international pour le développement durable a compilé divers coûts associés à la pollution, comme la santé humaine et animale, les dépenses des entreprises et des gouvernements, la décontamination, les algues dans les cours d’eau, l’impact des pluies acides ou la maladie des abeilles.

Ainsi, les pathogènes dans l’eau du robinet coûtent à eux seuls 895 millions, alors que les canicules liées aux changements climatiques ont coûté 1,6 milliard en 2015, estime-t-on. Le coût des tempêtes et des sécheresses est plus difficile à chiffrer parce qu’on ignore jusqu’à quel point ces événements sont liés aux changements climatiques.

Certains des coûts de la pollution ne sont d’ailleurs pas connus parce que la recherche est inexistante, note le rapport.

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Plantes et champignons pour dépolluer le sol


Utiliser des saules et des pleurotes pour décontaminer le sol industriel. Une approche naturelle qui serait moins chère que les moyens actuels ..
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Plantes et champignons pour dépolluer le sol

 

Des champignons utilisés pour la décontamination des sols

Des champignons utilisés pour la décontamination des sols   Photo : Maxime Fortin Faubert

Maxime Fortin Faubert combine deux approches pour décontaminer les sols de friches industrielles, pollués aux hydrocarbures et aux métaux lourds : la phytoremédiation, utilisant les plantes, et la mycoremédiation, utilisant les champignons.

L’étudiant au doctorat à l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Université de Montréal teste l’efficacité de saules et de pleurotes sur un ancien terrain industriel de la région de Montréal qui contient des résidus pétrochimiques.

Il s’agit d’une méthode moins dispendieuse que les approches traditionnelles, qui consistent essentiellement à déplacer la matière contaminée, explique-t-il.

 

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Le Saviez-Vous ► Cinq procédés insolites pour épurer les eaux usées


Dans certains pays, l’eau qui malgré présente n’est pas utilisable, soit parce qu’elle est salée, ou polluée. Des recherches sont faites pour trouver des moyens d’utiliser l’eau contaminée qui ne mettrait pas en danger pour la santé humaine. Cependant, malgré ses trucs, elles ne sont pas parfaites, mais sur la bonne voie
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Cinq procédés insolites pour épurer les eaux usées

 

Lombrics, peaux de bananes ou petites graines peuvent faire des miracles en matière de purification d’eau. Il suffisait d’y penser…

Nous avons déniché cinq solutions alternatives et insolites, imaginées aux quatre coins du globe.

1. Moringa Oleifera, la plante à tout faire

Le nom du Moringa, un petit arbre très vivace originaire d’Inde, signifie « ne meurt jamais ». Ses graines, réduites en poudre, sont très efficaces dans la purification de l’eau. Cultivé dans une trentaine de pays en Asie et en Afrique subsaharienne, le Moringa est utilisé par des familles qui cultivent, vendent et utilisent ses feuilles et ses graines pour leur consommation personnelle. Il est aussi exploité, au Burundi, par une usine fournissant en eau potable une centaine de personnes par jour.

Ce procédé nécessite toutefois une réelle sensibilisation des populations à ses techniques d’utilisation: si la poudre est mal utilisée, les bactéries prolifèrent… Et inutile d’espérer le voir pousser sous nos latitudes: le Moringa n’aime que les grosses chaleurs.

2. Des lombrics pour « manger » les microbes

Ils n’ont peut être ni queue ni tête, mais ce sont les « ingénieurs du sol ». Et les vers de terre peuvent aussi se mettre au service de l’eau! Née en 1992 au Chili, l’idée d’utiliser les lombrics pour épurer les eaux usées s’est exportée en France en 1997, dans la petite commune de Combaillaux, qui sert depuis 2003 de laboratoire à la « lombristation », gérée par la société Lombritek. Déchets liquides et solides sont séparés, soumis à une fermentation bactérienne puis placés dans le lombricomposteur, où les vers les « digèrent ».

Au total: 10 millions de lombrics pour 3.000 habitants, qui produisent 45 m3 d’eau épurée par jour. Elle ne peut être consommée, mais est utilisée pour la baignade et l’irrigation. Un procédé non-polluant, qui peut purifier l’eau d’une commune jusqu’à 5.000 habitants qui ne demande qu’à être breveté pour purifier l’eau de toute commune soucieuse de l’environnement.

3. Faire cuire de l’eau de mer

Gabriele Diamanti, architecte et designer industriel italien, a inventé l’Eliodomestico, un distillateur solaire domestique. Le concept? Celui de la cafetière italienne. Il suffit de verser de l’eau de mer dans le réservoir supérieur du four, de laisser le soleil augmenter la chaleur et la pression naturelle de l’eau, qui va s’évaporer par un tube, se concentrer dans le couvercle et tomber goutte à goutte dans un réservoir. Huit heures d’exposition sont nécessaires pour produire cinq litres d’eau potable. Le procédé ne nécessite ni électricité, ni maintenance, ni pièces détachées.

Crédit photo: Gabriele Diamanti.

4. Du soleil, des citrons…

…cela pourrait suffire à sauver des vies. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) a validé l’exposition de l’eau au soleil, dans des bouteilles en plastique posées sur de la tôle, comme méthode de décontamination. A condition qu’elles passent au moins 6 heures en plein soleil, ou 24 heures sous un ciel voilé. Une équipe de chercheurs de l’Université Johns Hopkins, dans le Maryland, a prouvé que ce temps pouvait être ramené à 30 minutes, à condition que l’eau soit additionnée de jus de citron.

D’après un rapport publié dans The American journal of tropical medicine and hygiene, l’opération réduit considérablement le taux de bactéries dans une eau polluée, la rendant potable. Le virus de la gastro-entérite pouvant encore être détecté dans l’eau après l’opération, les chercheurs poursuivent les recherches.

5. Gare à la peau de banane!

Plongée dans l’eau de boisson, elle est l’ennemi juré des métaux lourds. C’est ce qu’a prouvé un chercheur de l’Université de Sao Paulo (Brésil), Gustavo Castro, qui a publié une étude dans le journal Industrial and engineering chemistry research. Les peaux de bananes sont naturellement riches en atomes d’azote, en soufre et en acides carboxyliques. Les électrons négatifs de ces acides se lient aux électrons positifs présents sur les métaux contenus dans l’eau, qui restent donc prisonniers des peaux de bananes.

Une méthode encore plus efficace lorsque celles-ci sont hachées. Encore en étude, ce procédé permettrait de traiter des eaux chargées en métaux lourds tels que le cuivre et le plomb, mais n’agit pas sur les bactéries. Il pourrait donc répondre à des besoins industriels, ou être utilisé par les particuliers buvant une eau drainée par des tuyaux en plomb. Encore faudrait-il s’assurer, avant de les plonger dans son eau de boisson, que les bananes n’ont pas été arrosées de pesticides…

Crédits photos: Fox_kiyo/FlickR.

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Des sans-abri recrutés pour nettoyer Fukushima


Il est vraiment important de décontaminer Fukushima, mais quand on voit comment certains sous-traitants s’y prennent, c’est un scandaleux. Profitant des gens sans ressources pour les faire travailler dans des endroits les plus dangereux et se a moins de coûts est un exemple de l’idiotie et l’immoralité humaine
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Des sans-abri recrutés pour nettoyer Fukushima

Des entreprises sous contrat avec le gouvernement les embauchent pour assurer les travaux de décontamination autour de la centrale nucléaire. Certains sont payés en dessous du salaire minimum.

«Sans décontamination, pas de reconstruction», répète le gouvernement japonais qui veut reconquérir le plus rapidement possible la plus grande partie des territoires contaminés. Près de trois ans après la catastrophe de Fukushima, l’État fait travailler quelque 10.000 hommes pour nettoyer la surface hautement contaminée autour de la centrale ravagée, qui s’étend sur près de 2000 km². Près de 35 milliards de dollars ont été investis par l’État pour cette tâche. Mais le projet initial de décontamination a pris du retard et pourrait se prolonger jusqu’en 2017.

Alors que les volontaires manquent à l’appel, un reportage de l’agence Reuters décrit comment des sans-abri sont recrutés aux alentours de Fukushima par des entreprises de nettoyage financées par les autorités. Les contrats du ministère japonais de l’Écologie sont particulièrement lucratifs dans les zones les plus radioactives où un salarié peut gagner jusqu’à 100 dollars supplémentaires par jour. Dans des zones exposées à de forts niveaux de radiation, les SDF sont notamment chargés de vider des maisons abandonnées, remuer la terre, couper l’herbe ou encore balayer autour du site.

Un secteur mal contrôlé

Pour s’occuper de cette contamination, le ministère a signé des accords avec près de 733 entreprises japonaises, rapporte Reuters. Or certains de ces sous-traitants sont gérés par lesyakuzas (mafia japonaise) via des sociétés écrans. Selon la police, beaucoup de ces intermédiaires profitent de la vulnérabilité de leurs recrues.

 «Je trouve juste des gens et les envoie au travail. (…) Je leur fais gagner de l’argent en échange. C’est tout. Je ne m’implique dans ce qui se passe après», explique l’un d’eux.

Après la déduction des frais de nourriture et de logement, des travailleurs ont vu leur salaire réduit de 50 centimes par rapport au salaire horaire minimum à Fukushima, qui s’élève à 6,50 dollars.

«Nous sommes une cible facile pour les recruteurs. Nous sommes tous réunis ici avec nos sacs dans cette gare et nous sommes faciles à localiser. Ils n’ont qu’à nous dire: «Vous cherchez du travail? Est-ce que vous avez faim», a témoigné Shizuya Nishiyama, un SDF qui a travaillé à Sendai, une ville située à 60 km de Fukushima dans le nord-est du Japon.

Selon le journaliste, les yakuzas ciblent également les personnes endettées ou souffrant d’un handicap psychologique. Le gouvernement japonais ne dispose pas d’estimations sur le nombre de SDF travaillant à la décontamination des sites dévastés.

http://www.lefigaro.fr/