Piloter un scarabée vivant comme un drone, c’est possible


Des questions se posent, a-t-on le droit de disposer des scarabées vivants comme nous voulons ? Au nom de la science est-ce que tout est permis ? Ils ont déjà réussi à mettre un mini-ordinateur dans le cerveau des rats et contrôler des mites à distance. Point de vue éthique, on en fait quoi ? Et quelles seront les implications d’utiliser des drones vivants ? Espionnage ?
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Piloter un scarabée vivant comme un drone, c’est possible

 

scarabée drone

Des insectes vivants contrôlés par ordinateur ? C’est désormais une réalité.Photo : Current Biology

 

DRONE BIOLOGIQUE – Un scarabée vivant que l’on peut télécommander à loisir ? C’est la prouesse technologique à laquelle sont parvenus des scientifiques. Mais est-ce souhaitable ?

 

Techniquement, c’est une prouesse indéniable. Ethiquement, ça… interroge. Des scientifiques américains sont parvenus à transformer un scarabée vivant en drone biologique. Ils ont réussi à poser un mini-ordinateur sur le dos de l’insecte et à le relier au muscle de l’animal qui contrôle le vol. Résultat : à l’aide d’une télécommande, il est possible de piloter le scarabée comme on le ferait avec un drone fait de métal et de plastique. La différence – notable – c’est qu’ici le drone est vivant. Rien à voir avec le chat quadricoptère, qui était avant tout un projet artistique.

Dans la revue scientifique Current Biology, les chercheurs détaillent la méthode utilisée. Des scientifiques de l’université de Californie (Berkeley) ont fait appel à des stimuli électriques pour prendre le contrôle sur l’animal avec précision. L’objectif premier n’était pas de créer un drone biologique mais avant tout de mieux comprendre comment les insectes s’orientent changent de trajectoire en plein vol.

« Notre découverte du muscle majeur du vol nous a permis pour la première fois d’imposer un niveau élevé de contrôle sur les trajectoires des scarabées, explique Michel Maharbiz, un scientifique informatique de l’université de Californie et coauteur de l’étude. Il s’agit là d’une excellente alliance entre l’ingénierie et la science ».

Six petites électrodes pour prendre le contrôle du muscle du vol

Posé sur le dos du scarabée tel un sac à dos, le mini-ordinateur est constitué d’un microcontrôleur pilotable à distance et d’un transmetteur. Six petites électrodes ont été implantées dans l’insecte sur un muscle bien particulier, le 3 Ax, qui lui permet de manoeuvrer à loisir en plein vol. Lors de tests, un stimulus sur le muscle permettait de faire tourner l’animal à gauche. Plus la fréquence de la microdécharge électrique était rapprochée, plus le virage était marqué. Idem sur le muscle 3 Ax à droite pour aller à droite.

Détail du scarabée avec le mini-ordinateur posé sur son dos.

Détail du scarabée avec le mini-ordinateur posé sur son dos.Photo : Current Biology

Un test qui a été filmé en timelapse afin que l’œil humain puisse observer la démonstration :

 

Rats, mites, cafards… la liste des animaux cyborgs s’allonge

Cette découverte vient compléter une liste qui en cesse de s’allonger de recherches visant à contrôler un animal à distance grâce à des électrodes. Ainsi, en 2011, des chercheurs de l’université de Tel Aviv (Israël) ont implanté un mini-ordinateur dans le cerveau de rats. En 2012, ce sont des mites en plein vol qui étaient contrôlées à distance au MIT (Massachusetts Institute of Technology, aux Etats-unis). Et l’an dernier, en 2014, l’université de Caroline du Nord démontrait qu’il était possible de prendre la main sur des cafards. Ici, l’objectif était de trouver une solution pour venir en aide à de possibles victimes de catastrophes naturelles, les cafards pouvant s’infiltrer dans des décombres où l’être humain mettrait nettement plus de temps à pénétrer.

Reste que ces « avancées technologiques » posent question. D’un point de vue éthique tout d’abord, puisqu’on transforme des animaux en cyborgs corvéables à merci. Certes, on peut imaginer des usages pour le bien de populations en danger lors d’un tsunami, d’un tremblement de terre, etc. Mais ces avancées technologiques pourraient tout aussi bien être détournées pourmettre en place des systèmes de surveillance évolués, voire pour attaquer des ennemis en transformant ces animaux en bombes vivantes.

« L’homme et sa sécurité doivent constituer la première préoccupation de toute aventure technologique », a déclaré l’homme qui a inspiré la bombe atomique avec son E=mc², Albert Einstein.

http://www.metronews.fr/

Le cyborg est-il aussi l’avenir de l’homme?


Serons-nous un jour des êtres totalement robotisés sans apparence humaine ? J’espère bien que non, par contre nous avons maintenant une technologie qui peut rendre un membre ou un organe jusqu’à maintenant déchu, plus performant. Mais irons-nous jusqu’à reculer l’inévitable vieillissement ?
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Le cyborg est-il aussi l’avenir de l’homme?

 

Le terme «cyborg» décrit un être humain à... (Image tirée du site du New York Times)

 

Le terme «cyborg» décrit un être humain à qui on a greffé des parties mécaniques.

Image tirée du site du New York Times

Adèle SMITH
Agence France-Presse
PARIS

Des implants dans le cerveau contre la maladie de Parkinson? Des nanorobots dans le corps pour manger à volonté sans devenir obèse? L’homme «amélioré» ou cyborg fascine autant qu’il angoisse, mais pour les transhumanistes, notre survie en dépend.

Interface homme-machine, stimulation crânienne, prothèse mémorielle: nous ne sommes pas dans un roman de Aldous Huxley, mais au premier colloque international du transhumanisme à Paris où neuroscientifiques, bioéthiciens, philosophes, anthropologues et sociologues discutent progrès technologique et avenir de l’humanité.

Le transhumanisme est un courant de pensée mal connu, créé au début des années 80 par des futurologues en Californie pour défendre l’idée que l’homme peut être amélioré à l’aide des technologies.

La lutte contre le vieillissement est au coeur de ce courant intellectuel qui réunit 5000 personnes à travers le monde, dont la moitié aux États-Unis, selon sa principale association, Humanity+, mais guère plus de 200 personnes dans l’Hexagone selon sa branche française, ATF (Association française du transhumanisme).

Des nanorobots dans le corps pour manger et «jouir des plaisirs de la vie sans en subir les conséquences», l’idée plaît bien à Marina Maestrutti, sociologue à l’Université de Paris 1 invitée au colloque.

Sans être transhumaniste, la chercheuse s’intéresse à ce courant, dont les représentants travaillent et sont financés par des sociétés comme Google, Facebook et la NASA.

«C’est très bien que ceux qui ont beaucoup d’argent, écoutent ce qu’on dit depuis des années», se félicite quant à lui Aubrey De Grey, transhumaniste et directeur scientifique de la Science Research Foundation, un laboratoire spécialisé dans la lutte contre le vieillissement qui a reçu six millions de dollars (5 millions d’euros) du fondateur du géant du paiement en ligne américain PayPal.

«L’homme est déjà un cyborg»

Le biologiste spécialisé dans la médecine régénérative espère trouver un traitement qui permettrait un rajeunissement de 20 ans des quinquagénaires d’ici une vingtaine d’années.

Vivre plus vieux, en meilleure santé et être capable de meilleures performances, c’est l’un des vieux rêves de l’homme, mais il fait peur pour toutes sortes de raisons socio-économiques, politiques, éthiques et philosophiques, et également parce que les pratiques ne sont pas toujours régulées.

«Aujourd’hui, on pratique la biotechnologie dans les garages exactement comme Wosniak (cofondateur d’Apple) faisait de l’informatique chez lui», rappelle Guillaume Dumas, neuroscientifique à l’Institut Pasteur.

Le chercheur s’interroge par ailleurs sur l’usage de la stimulation du cerveau par des ondes magnétiques désignée comme «l’Open rTMS» ou encore sur celui des psychostimulants dans l’armée américaine pour améliorer les performances des soldats sur le théâtre d’opérations et réparer les fonctions cognitives des blessés.

La peur du «cyborg» provient cependant d’un malentendu, selon l’ex-directeur exécutif de Humanity+, l’Américain James Hugues.

Les gens ont peur «parce que c’est lié au cerveau et à l’intelligence… et parce qu’ils ne se rendent pas compte que l’homme est en réalité déjà un cyborg», assure ce bioéthicien de formation.

«On a commencé à implanter des électrodes dans la cochlée (organe de l’oreille interne) dans les années 60 pour la surdité et des pacemakers dans le cerveau depuis les années 90 pour la dépression», souligne-t-il.

Dans quelques années, les prothèses dans le cerveau seront de plus en plus sophistiquées, prédit-il.

«Les gens acceptent les jambes bioniques pour les amputés, mais ils s’inquiètent de la perte des caractéristiques humaines chez l’homme. On va pourtant avoir recours à ces technologies non seulement pour être en meilleure santé et vivre plus longtemps, mais aussi pour devenir plus humain, plus intelligent, plus sain et plus heureux» assure James Hugues.

Tout le monde ne partage pas cet enthousiasme pour l’avenir «technologique» de l’espèce humaine.

«Moi, je n’ai pas du tout envie qu’on nous force à vivre jusqu’à 140 ans. Il faut qu’on s’impose des limites!», s’exclame Cyril Bodolec.

L’homme qui manifeste contre le colloque transhumaniste distribue des tracts de «Pièces et Main d’oeuvre», une association qui se revendique antiprogrès.

http://www.lapresse.ca

Transhumanisme ► Améliorer l’homme ou le remplacer par des cyborgs


On se croirait en plein film de science fiction et pourtant ces scientifiques sont sérieux, mais dans quel but ? Est-ce mieux de vouloir changer la nature du corps humain pour le faire ressembler a une machine ? Si le monde change au point d’opter pour l’indifférences des autres, des guerres pour acquérir plus de pouvoir doit t’on espérer que des hommes comme violents, psychopathes vivent plus longtemps ? L’humanité doit t’il devenir une sorte de machine ?
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Transhumanisme  ► Améliorer l’homme ou le remplacer par des cyborgs

 

 

Transhumanisme - Améliorer l'homme ou le remplacer par des cyborgs

©Shutterstock

Agence France-Presse
Annie HAUTEFEUILLE

PARIS – Quasi-immortalité, avenir de cyborg : l’homme est-il condamné à intégrer des nanopuces dans son cerveau pour ne pas devenir obsolète?

Désireux d’améliorer l’espèce, les transhumanistes hésitent entre promesses de futurs qu’ils jugent meilleurs et crainte d’une apocalypse.

Issu d’une frange de la cyberculture californienne, ce mouvement mise sur une évolution rapide des progrès de l’informatique, des bio- et nanotechnologies et de la connaissance du cerveau.

Grâce à ces techniques, il s’agirait non seulement d’augmenter les capacités de l’homme (d’où le nom «Humanity +» choisi par le mouvement à l’échelle internationale), mais aussi de préparer la transition vers des «posthumains», sortes de cyborgs (organismes cybernétiques) qui succéderaient à notre espèce.

Le scientifique américain Ray Kurzweil, apôtre du transhumanisme, prédit que dès 2029 l’intelligence artificielle égalera celle de l’homme. Pour l’auteur du livre «Humanité 2.0», dès 2045, l’homme devra fusionner avec une intelligence artificielle, ce qui lui permettra d’augmenter son intelligence un milliard de fois. Un tel destin de cyborg fait pour lui figure d’aboutissement.

A l’extrême, Hugo de Garis, chercheur australien en intelligence artificielle, promet un avenir plus noir.

Avant la fin du siècle, une «guerre exterminatrice» risque d’opposer les «êtres humains» face aux machines intelligentes et aux «groupes qui veulent construire ces dieux», a-t-il mis en garde lors d’une conférence organisée dimanche dernier à Paris par l’Association française transhumaniste (AFT Technoprog).

Bientôt, un condensé de nanotechnologies de la taille d’un grain de sable intégré dans le cerveau pourrait suffire à faire d’un humain un cyborg aux capacités mentales des milliards de fois supérieures, assure M. de Garis qui a effectué des recherches dans un laboratoire de l’Université de Xiamen (Chine).

Paradis ou enfer ?

Il imagine qu’en 2070, une jeune mère pourrait être face à un dilemme : transformer ou non son bébé en cyborg. Le faire reviendrait à «tuer son enfant» puisqu’il deviendrait «complètement différent», avertit-il.

D’ici quelques décennies, l’humanité devra, selon lui, choisir si elle «reste l’espèce dominante» en fixant une limite à l’intelligence artificielle ou si elle construit des supercerveaux.

Sans partager l’extrémisme de Hugo de Garis, le président de l’AFT Marc Roux relève qu’à «la différence d’une bonne partie du courant transhumaniste outre-atlantique», en France «le questionnement sur les risques» est mis en avant. D’où le thème de la conférence : «Futurs transhumanistes: paradis ou enfer ?»

Créée voici deux ans, l’association française qui se veut «technoprogressiste», d’où son nom Technoprog, avec le «souci de l’équilibre social», ne compte qu’une vingtaine de cotisants et quelque 200 participants actifs sur ses forums en ligne, selon M. Roux.

Cet historien de formation pense que «la perspective historique de Kurzweil est fausse», car les repères choisis sont «arbitraires». Dire que l’émergence de l’intelligence artificielle «forte» ou de la conscience artificielle est «pour dans vingt ou trente ans, ça me paraît être à la limite du raisonnable»,dit-il.

L’accent est mis sur la «prolongation de la durée de vie en bonne santé», un thème plus apte à séduire le public.

Sans aller jusqu’à affirmer, comme le Britannique Aubrey de Grey, que l’homme pourrait vivre jusqu’à mille ans grâce à la génétique et aux nanotechnologies, Didier Coeurnelle, vice-président de l’AFT, déclare se situer «dans la même type d’optique».

D’ici quelques décennies, le vieillissement pourrait être repoussé de 30 ans, l’objectif final étant de le «repousser indéfiniment», selon Aubrey de Grey qui prophétise une quasi-immortalité.

http://fr.canoe.ca/