La culture du viol est dévastatrice pour notre société et l’avenir de nos enfants


En Inde, on s’indigne des viols collectifs, mais il serait bon de voir dans notre société de déterminer les éléments qui maintiennent la culture du viol. Que le consentement est nécessaire peu importe de la vie sexuelle de la personne
Nuage

 

La culture du viol est dévastatrice pour notre société et l’avenir de nos enfants

 

Jocelyne Robert

Auteure, sexologue et sexosophe

    On n’agresse pas une femme parce qu’on est fou d’elle ou parce qu’on a une libido d’enfer. On agresse une femme parce qu’on est aveuglé par son propre pouvoir, et qu’on considère la femme comme un objet à assujettir à ce pouvoir.

    La culture du viol est un concept établissant des liens entre la violence, le harcèlement, les agressions sexuelles avec la culture de la société où ces crimes se commettent. Elle documente et décrit un environnement social et médiatique dans lequel les violences sexuelles trouvent des justifications et des excuses pour être tues, banalisées, ridiculisées, moquées, tolérées, voire acceptées.

    La culture du viol distillée çà et là

  • Elle est bien vivante dans la pornographie qui transmet l’idée saugrenue que la femme veut être forcée, que malgré son visage grimaçant, elle est émoustillée, en redemande, se délecte d’être avilie et asservie.

  • Elle s’exprime dans les publicités, médias, musiques, clips, chansons… Banalisées, voire érotisées dans la chanson, les clips et les sitcoms, la violence et l’exploitation sexuelles s’étalent désormais comme dispositifs naturels de la pop et de la web culture. Ce matin encore, je lisais sur Facebook qu’unetelle « est une sale pute, car elle s’est bien fait baiser» et qu’une telle autre « est une sacrée salope, car elle se fait prier. » Elle est présente aussi dans les magazines de mode qui hypersexualisent le corps des fillettes et infantilisent celui des femmes, comme de vulgaires produits de consommation. De plus en plus de firmes et marques ( esthétique, vêtements, parfum, coiffure, chaussures…) mettent en scène des scénarios publicitaires, à peine voilés, d’agression sexuelle.

  • Elle règne sur le web. On y organise des gangs bang et on y vend des jeux simulateurs de viol. Les blogueurs trash pullulent et font saliver leurs milliers des supporters en décrivant leurs fantasmes d’agression sexuelle. Il est de plus en plus fréquent d’y voir circuler des images de viol collectif.

    La culture du viol s’exprime encore

  • Par ces jeunes hommes de plus en plus nombreux à avoir développé une sévère dépendance à la pornographie violente.

  • Par le fait que la majorité des agressions sexuelles ne sont pas rapportées et que le pourcentage des hommes et garçons coupables d’agressions sexuelles font rarement de la prison (autour de 3% aux États-Unis).

  • Par le fait que le GBH (drogue du viol) est en nette hausse et propension sur les campus et dans les bars. On objectera que le GBH est aussi consommé comme drogue festive pour l’effet d’ébriété obtenu et que c’est lorsqu’il est combiné à l’alcool qu’il provoque coma et amnésie. Il n’en reste pas moins que les signalements à son égard ont doublé ces dernières années, et ce, malgré que les traces de cette substance s’effacent après quelques heures dans l’organisme. L’utilisation à des fins sexuelles criminelles du GHB montre bien que le viol ne survient pas « spontanément », comme certains le prétendent et qu’il est, est au contraire, planifié et prémédité.

  • Par le nombre d’agressions sexuelles qui augmentent sur les campus collégiaux et universitaires.

  • Par le fait que chez les mineurs, une agression sexuelle sur 10 est signalée.

  • Par le fait que le viol collectif est en nette augmentation partout dans le monde. Cela, dans les sociétés dites civilisées et pas seulement dans de lointaines contrées en conflit qui utilisent le viol des femmes et enfants comme arme de guerre.

  • Par l’hostilité qui prévaut encore trop souvent à l’égard des victimes

  • Par l’abondance de justificatifs du côté des agresseurs afin qu’on les comprenne et leur pardonne

  • Par cette tendance à ne pas croire d’emblée la victime et à mettre en doute sa parole.

    Ici et maintenant (Université Laval et cas d’Alice P), la culture du viol se manifeste

  • Dans les propos malveillants et accusateurs qu’on peut lire ici et là concernant les plaignantes. Les réseaux sociaux dégoulinent de propos slut shaming ( « honte aux salopes »).

  • Dans les reproches larvés à l’endroit des victimes de la part d’un responsable du milieu éducatif à l’effet qu’elles auraient dû (les victimes) barrer leurs portes (sous-entendu « elles l’ont un peu cherché »).

  • Dans les réactions des collègues politiques de Sklavoulos, et même du premier ministre, à l’effet qu’ils n’ont rien vu avant le dévoilement cependant que d’autres femmes s’étaient plaintes des comportements déplacés du présumé agresseur et que les conduites harceleuses de ce dernier semblaient de notoriété publique.

  • Dans les voix des Éric Duhaime et Stéphane Gendron de ce monde, pour ne citer que ces deux-là. Du haut de leur tribune médiatique respective, le premier compare le viol au vol d’un char et rend responsable la personne qui s’est fait voler si elle n’a pas bien verrouillé ses portes ; le second enfile son masque paternaliste pour plaindre la « pauvre » qui lui paraît si mentalement dérangée qu’il ne devrait pas y avoir de procès.

    La culture du silence

    Derrière la culture du silence se cache la culture du viol. Derrière les propos qui tentent de saloper les victimes, de les responsabiliser et de les décrédibiliser se cache la culture du viol. Derrière l’inertie de nos décideurs et de nos politiques pour contrer ce fléau se cache la culture du viol.

    Les pro culture du viol qui s’ignorent, ou qui font mine de s’ignorer, vont se jeter sur les Alice comme des chacals. Et le plus effroyable, c’est que ça risque de marcher. La culture du viol est nourrie par ceux qui ont peur de se réclamer ouvertement de cette culture qui les arrange en les rassurant sur leur suprématie. Mais attention, elle est aussi nourrie par tous ceux et celles qui se taisent, qui font semblant de ne pas voir, qui découragent les victimes de porter plainte, qui s’émeuvent davantage des pauvres agresseurs dont la vie et la réputation seront ternies…

Il est grand temps d’exiger de nos dirigeants politiques qu’ils cessent de traiter ce fléau à la pièce et à la petite semaine.

Pourquoi pensez-vous que les présumés agresseurs sexuels invoquent presque TOUJOURS une défense de consentement ? Parce qu’il y a, forcément, un certain flou dans le consentement, et parce que c’est la justice qui déterminera ultimement s’il y eut ou non consentement et c’est encore la justice qui décidera si l’agresseur est crédible quand il affirme « Je croyais qu’elle voulait ! »

Entre vous et moi, que peuvent-ils invoquer d’autre pour leur défense sans passer pour des minables? En prétendant que l’autre a consenti, l’agresseur veut sauver sa face. Il nie ainsi, publiquement, qu’il est pitoyable et incapable: incapable de séduire, incapable de susciter le désir de la partenaire, incapable d’être désiré, incapable d’une relation de plaisir, de partage et de réciprocité…

S’attaquer à la tumeur principale

Même si la très grande majorité des agressions sexuelles ne sont jamais dévoilées, les allégations sourdent de partout depuis quelques années, et cela, plus spécifiquement dans des milieux de pouvoir et institutionnels (star médiatique, monde du sport de haut niveau, milieu politique, milieu universitaire…) : dénonciation d’une députée NPD, affaire Ghomeshi puis Marcel Aubut, Donald Trump, et très récemment les plaignantes de l’Université Laval et le cas Alice Paquet. À chaque fois, il y a un tollé, on s’indigne à hue et à dia, on sort les pancartes, on manifeste et puis, le soufflé d’indignation se dégonfle et on oublie jusqu’à la prochaine dénonciation publique.

Il est grand temps d’exiger de nos dirigeants politiques qu’ils cessent de traiter ce fléau à la pièce et à la petite semaine. Il ne suffit pas d’attendre que justice se fasse au cas par cas. Il est grandement temps de s’attaquer à la tumeur principale, de changer ce modèle sexuel violent par un modèle sexuel relationnel. Pour ce faire, une solution au long cours : éducation à la sexualité, à l’égalité et au consentement, obligatoire au menu scolaire.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Viol collectif posté sur internet : le Brésil sous le choc


La culture du viol continu même à notre époque. C’est horrible que des femmes subissent de tels sévices. Ce que l’on peut espérer, c’est que les tous les auteurs de ce viol collectif puissent être poursuivis pour leurs actes et que leur sentence soit d’une sévérité exemplaire. Malheureusement, trop de violeurs dans le monde ne font pas face à leur crime odieux
Nuage

 

Viol collectif posté sur internet : le Brésil sous le choc

 

« Barbarie » : des internautes à la présidence en passant par la presse, le Brésil s’est élevé vendredi contre le viol collectif d’une adolescente à Rio de Janeiro, qui a été filmé et posté sur internet avec des commentaires vantards.

La vidéo était apparue mercredi sur les réseaux sociaux, sur le compte d’un certain « Michel », accompagnée du message :

« Ils ont ruiné la fille, vous voyez ce qu’on veut dire ou pas ? Ah ah ah ! ».

Dans ce petit film tourné avec un téléphone portable, on voit une femme allongée sur un lit, manifestement inconsciente, les parties intimes exposées et saignantes.

« Elle a été engrossée par plus de trente mecs ! », dit une voix masculine. « T’as compris ou pas ? Plus de trente ! », ajoute-t-il en riant.

Cette jeune fille de 16 ans, présentée par la presse brésilienne comme toxicomane et mère d’un enfant de trois ans, a, selon sa famille, été victime le week-end dernier de l’acte de vengeance d’un ex-petit ami, qui l’aurait attirée dans un traquenard, droguée et violée, puis donnée en pâture à une trentaine d’autres hommes.

L’adolescente, hospitalisée jeudi pour recevoir des traitements préventifs contre les MST, a affirmé à la police avoir été violée par « 33 hommes » armés dans une favela de la zone ouest de Rio.

Selon sa grande-mère citée par le quotidien O Globo, elle était en état de choc quand elle est réapparue au sein de sa famille, n’arrêtait pas de pleurer et disait ne se souvenir de rien.

«30, 33 ou 36»

« Il existe de très forts indices montrant que la jeune fille a effectivement été violée », a déclaré vendredi le chef de la police civile de Rio, Fernando Veloso, qui attend les preuves pour confirmer le viol, et qui ne savait pas « si les agresseurs étaient 30, 33 ou 36 ».

La police dit avoir identifié quatre personnes soupçonnées d’avoir participé « directement ou indirectement » aux faits. Le site internet G1 donnait les noms de ces quatre hommes, âgés de 18 à 41 ans.

Cette sordide affaire a suscité l’indignation générale.

« Je dénonce avec la véhémence la plus absolue le viol de l’adolescente à Rio de Janeiro. C’est une folie qu’en plein XXIe siècle on soit confronté à des crimes barbares comme celui-là », a tweeté vendredi le président du Brésil par intérim, Michel Temer.

Il a convoqué pour mardi une réunion de tous les responsables de la sécurité des Etats du Brésil et promis la création d’un département de la police fédérale spécialisée dans la répression des violences faites aux femmes.

Dilma Rousseff, présidente écartée au moins provisoirement du pouvoir dans le cadre d’une procédure en destitution, a également exprimé son indignation face à cette « barbarie ».

«Culture du viol»

La vidéo, devenue virale, avait aussi été retweetée au moins 198 fois et reçu plus de 500 « likes » avant d’être retirée du réseau.

Des centaines d’appels au numéro vert du Parquet ont dénoncé depuis mercredi la vidéo, les photos et les commentaires vantant le viol collectif présumé.

Dès sa mise en ligne, cette vidéo a provoqué une avalanche de réprobations, qui popularisaient notamment le slogan

« Je lutte pour la fin de la culture du viol ».

La jeune femme a remercié ces soutiens sur sa page Facebook.

« Nous pouvons toutes passer par un jour comme celui-là, a-t-elle écrit. Ca me fait plus mal à l’âme qu’à l’utérus qu’il existe des personnes aussi cruelles qui soient impunies !! »

Le viol collectif « n’est pas hors norme parce que la culture du viol est très forte au Brésil, elle fait partie de notre quotidien, même si on le nie », a réagi auprès de l’AFP Luise Bello, porte-parole de l’association féministe Think Olga.

Des manifestations étaient convoquées pour ce vendredi à Rio et pour mercredi à Sao Paulo.

Selon l’ONG Forum de sécurité publique, la police brésilienne a enregistré une agression sexuelle toutes les 11 minutes en 2014. Sachant que seuls 10% des cas sont signalés aux autorités, selon la même association, le nombre des viols au Brésil pourrait dépasser les 500 000 par an, sur une population totale de 204 millions d’habitants.

Dans le seul Etat de Rio, 13 viols par jour en moyenne ont été officiellement répertoriés sur les quatre premiers mois de 2016.

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Se faire justice sur Facebook


Dénoncer les agresseurs sexuels, la culture du viol est important, mais accuser sur la place publique dans les réseaux sociaux comme sur Facebook en nommant une personne, sans qu’il y ait enquête et accusations formelles me semble vraiment dangereux. D’abord, parce qu’il arrive qu’il y a de fausses accusations, ou qu’une personne ayant le même nom serait à tort lyncher. Si la justice n’est pas parfaite, elle s’est quand même améliorée avec le temps pour les victimes d’agressions sexuelles.
Nuage

 

Se faire justice sur Facebook

 

Un groupe féministe radical proche du milieu anarchiste publie depuis quelques... (Photomontage La Presse)

Photomontage La Presse

Hugo Pilon-Larose
La Presse

Un groupe féministe radical proche du milieu anarchiste publie depuis quelques mois sur l’internet des dénonciations anonymes de femmes qui disent avoir été violées par des militants influents de mouvements alternatifs et des étudiants, et les noms de ceux-ci sont publiés.

La dernière dénonciation en date a été affichée la semaine dernière sur une page Facebook de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) et visait un ex-étudiant universitaire.

«Nous avons récemment été informées que [tu] déménageras le premier novembre dans [notre quartier]. Rappelons que jusqu’à ce jour [tu] as été dénoncé comme agresseur par sept femmes. […] Tu n’es pas le bienvenu dans nos quartiers», a publié le groupe Alerta Feminista.

Ce message a vite enflammé les réseaux sociaux. Si certains ont appuyé cette dénonciation, d’autres s’y sont farouchement opposés et ont désapprouvé la violence d’un tel processus qui bafoue, selon eux, la présomption d’innocence. 

Selon nos informations, les présumées victimes – dont l’identité n’a pas été dévoilée – n’ont pas porté plainte aux autorités policières.

Des personnes qui ont ouvertement condamné ces accusations anonymes auraient aussi été victimes de harcèlement.

«Tous ceux qui refusent de jouer leur jeu sont considérés comme des complices de viols. En plus, ces épisodes de lynchage publics sont parsemés de rumeurs non vérifiées», nous a expliqué une source qui connaît l’ex-étudiant ciblé par Alerta Feminista.

La Presse a fait une demande d’entrevue au groupe par Facebook. Quelques jours après avoir accepté de répondre à nos questions, précisant que tout devait se dérouler électroniquement, le compte d’Alerta Feminista est disparu, tout comme l’ensemble des publications des derniers mois où étaient nommés des hommes dénoncés comme agresseurs. Une nouvelle page publique est finalement réapparue, jeudi. Même si Alerta Feminista avait indiqué que nous obtiendrions des réponses à nos questions hier, nous n’avions rien reçu au moment de publier.

Sur l’ancien profil du collectif, dont on ne connaît pas l’identité des administrateurs, le groupe se décrivait comme des «féministes radicales voulant lutter contre la culture du viol et du silence, contre les systèmes patriarcaux et capitalistes, ainsi que tous les autres systèmes d’oppression».

L’ASSÉ, dont trois administrateurs sont responsables du site où a été publiée leur dernière dénonciation, avait indiqué à La Presse qu’elle n’avait pas l’intention de supprimer les messages d’Alerta Feminista, car «c’est aux survivantes [aux présumées victimes de viol] de faire ce qu’elles veulent et de partager ces informations».

«Extrêmement inquiétant»

En avril dernier, Alerta Feminista a publié un long document intitulé Tentative d’une justice transformatrice où il expliquait en détail ce processus alternatif au système judiciaire qui ne collabore pas avec les policiers et les tribunaux.

«C’est extrêmement inquiétant, car ça nous ramène à une situation de vigile où on demande aux citoyens de se faire justice eux-mêmes», a vivement dénoncé l’avocat Jean-Claude Hébert.

«Dans une société libre et démocratique, quand on a des reproches à faire à quelqu’un, surtout pour des accusations aussi graves qu’une agression sexuelle, il y a tout un processus qui existe déjà. On peut le dénoncer à la police, il y a une enquête, une validation des faits et un procès. Des cas d’accusations non fondées motivées par la vengeance, ça ne date pas d’hier», a-t-il expliqué en entrevue avec La Presse.

Dans son document, Alerta Feminista énumérait les principes qui régissent ce que Me Hébert compare à une certaine forme de tribunal populaire.

«Ce processus vise à mettre fin à la culture du viol et du silence, ce qui implique une redevabilité de la part de l’agresseur et une responsabilisation du milieu.»

«Puisque le processus vise à redonner du pouvoir à la survivante suite à l’agression qu’elle a vécue, elle conserve le droit de signifier s’il prend une tangente qu’elle désapprouve. […] Le premier principe est la reconnaissance qu’il y ait eu une agression, sans remise en question de l’agression ou des détails de celle-ci. Il n’y a pas deux versions des faits à comparer», poursuivait le document.

La Presse n’a pas été en mesure de confirmer si un tel mécanisme a été mis en place jusqu’ici entre une des personnes dénoncées et une présumée victime.

Comme au «Moyen Âge»

Pour l’avocate Véronique Robert, qui s’affiche ouvertement comme une progressiste féministe près des milieux alternatifs, ces anarcho-féministes reproduisent un système autoritaire bien pire que celui qu’elles dénoncent.

«[Avec la justice transformatrice], on s’embarque dans un pseudo-système sans règles dans lequel on reproduit des patterns qui existaient au Moyen Âge, alors qu’on menait des chasses contre n’importe qui, sur n’importe quoi et de n’importe quelle manière», nous a-t-elle expliqué, vivement interpellée par le sujet.

«Il n’y a plus aucune présomption d’innocence. La personne peut uniquement entamer ce processus si elle admet les faits qui, parfois, ne peuvent pas être admis, car ils ne sont pas fondés. C’est dangereux, c’est ultra-dangereux. Dans notre société, les stigmates d’agresseur sexuel, avec ceux de terroriste, je pense que c’est ce qu’il y a de pire», a ajouté Me Robert.

Les progrès de la justice

Pour Me Hébert, la critique souvent formulée à l’égard du système judiciaire, qui ne serait pas tendre envers celles qui dénoncent leur agresseur, mériterait une mise à jour.

«Il y a eu énormément de progrès qui ont été faits pour faciliter les témoignages des victimes. On n’est plus à l’époque où les avocats de la défense pouvaient entrer dans la vie privée de la victime pour miner sa crédibilité.»

Sa collègue Me Robert est d’accord avec lui sur ce point.

«D’abord, tous les postes de police ont désormais des escouades travaillant sur les crimes sexuels. Ces policières, car ce sont souvent des femmes, sont hyper-respectueuses. Elles prennent les choses au sérieux. […] Ensuite, en procès, les avocats n’ont plus le droit d’aller fouiller dans le passé sexuel de la personne. Ce n’est plus comme avant», a-t-elle expliqué, précisant qu’elle est connue pour être très critique envers le travail des policiers.

Les personnes dont les noms sont cités par Alerta Feminista et d’autres groupes ont aussi des recours «en matière civile pour atteinte à la réputation», a expliqué Me Hébert. Si l’identité des personnes derrière ce collectif n’est pas connue, une association comme l’ASSÉ – qui héberge ses publications sur son site – pourrait être poursuivie.

Les deux juristes ne se sont pas prononcés sur le cas de la dernière dénonciation faite par Alerta Feminista, ne connaissant pas le dossier. L’université que fréquentait l’ex-étudiant au moment des premières publications a aussi préféré ne pas commenter cette affaire, mais sa porte-parole a indiqué que l’établissement prend au sérieux toutes les plaintes déposées en matière de violence sexuelle.

«Nous agissons lorsque nous sommes saisis formellement d’une situation d’intimidation ou de harcèlement par voie de plaintes ou d’autres moyens qui cheminent par des canaux, des unités et des instances officielles […] En ce sens, l’information relative à [la présente] histoire est fragmentaire et au stade de la rumeur alimentée par les médias sociaux. Pour ces raisons, nous ne sommes pas en mesure de la commenter spécifiquement», nous a-t-on répondu.

Questions sans réponses

Depuis près d’une semaine, La Presse tente de parler avec les membres d’Alerta Feminista et avec la dernière personne ciblée par leurs accusations d’agressions sexuelles sur les réseaux sociaux, en vain. Après un premier contact réussi avec les membres du collectif féministe le vendredi 31 octobre dernier, ces dernières ont finalement dû désactiver leur compte, mardi, afin de créer une page publique de personnalité politique, ont-elles expliqué jeudi.

«Par le fait même, nous avons perdu toutes les dénonciations publiées sur notre wall, sauf les photos! Nous sommes désolées, mais toujours actives! N’hésitez pas à nous réécrire si vous voulez republier une dénonciation», ont-elles écrit.

Mercredi 5 novembre, 23h33. Alors que notre journaliste s’apprêtait à fermer son ordinateur pour la nuit, il a reçu un message privé sur son compte Facebook.

«Ark gros cave esti de morron. T’es juste un esti. Au moins si tu écrivais des bons articles… T’es le premier dirt qui a agressé des filles qui voulaient rien savoir de toi.»

Le message ne portait pas la signature d’Alerta Feminista et a été envoyé par une étudiante universitaire qui utilisait un faux nom.

La Presse a tenté de communiquer avec l’auteure par le truchement d’un message sur Facebook. Mais nos questions sont demeurées sans réponse.

– La Presse

Une ligne d’écoute de plus en plus sollicitée

La ligne téléphonique de référence pour les victimes d’agression sexuelle en détresse, mise sur pied

en 2010, a reçu plus d’appels qu’à l’habitude au cours des dernières semaines, alors que l’actualité a été particulièrement marquée par des histoires d’agressions sexuelles.

Depuis cinq ans, la ligne 1 888 933-9007 offre un service d’écoute et d’orientation anonyme

aux personnes agressées.

– Gabrielle Duchaine

32 193 Nombre d’appels reçus au 31 juillet dernier depuis la mise en place de la ligne d’urgence, qui se veut «un espace de sécurité pour parler sans être obligé de dénoncer», explique Deborah Ann Trent, directrice du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal.

600  Nombre d’appels moyen par mois. Les appels sont en constante augmentation depuis la création de la ligne.

65 Nombre d’appels reçus en plus durant la première semaine du mois de novembre par rapport à la première semaine d’octobre. Dix personnes ont cité nommément l’affaire Ghomeshi comme raison de leur demande d’aide.

84 %  Pourcentage de femmes qui appellent la ligne d’aide

41-64 ans  C’est le groupe d’âge le plus représenté chez les demandeurs d’aide. Mais depuis un an, de plus en plus de jeunes se manifestent.

 

http://www.lapresse.ca

Un gourou de la séduction invite les hommes blancs à agresser des Japonaises


Avec une telle mentalité, ce gars est un danger public !! Un gars de la pire espèce et le pire c’est que d’autres hommes ont assisté à ses conférences et vont pour plusieurs essayer ces trucs d’intimidations et d’abus envers des femmes prétextant qu’elles aiment cela.  »Faut-tu » être complètement taré pour penser de cette manière ? Il ose appeler cela de la séduction !
Nuage

 

Un gourou de la séduction invite les hommes blancs à agresser des Japonaises

 

Facebook

Le choquant discours de ce «coach en séduction» suisse a semé l’émoi sur la Toile. Julien Blanc, de la société Real Social Dynamics basée à Los Angeles, propose toutes sortes de trucs aux hommes timides qui veulent «se faire» plusieurs femmes.

Le globe-trotteur parcourt le monde pour donner des conférences pour attirer les femmes. Sa méthode?

«Harcelez-les, intimidez-les, serrez-leur fort le cou, elles adorent.»

L’expert qui se définit comme un proxénète sur son site officiel facture 3 000 $ pour enseigner sa théorie, puis la prouve en allant harceler, voire intimider les femmes dans la rue.

Un véritable gourou 

Dans l’une de ses vidéos intitulée «Comment un Blanc baise les Asiatiques à Tokyo (et toutes les astuces pour y arriver)», Blanc fait la promotion des agressions sexuelles envers les Japonaises. Il y explique que le Japon est un paradis pour les hommes blancs, car les Japonaises n’osent pas se défendre. Sur les images, il attrape une inconnue et la force à simuler un acte de fellation dans la rue.

«Dans la culture asiatique et plus particulièrement chez les bouddhistes, on appelle ça la Gaman: l’art d’endurer avec dignité une situation insupportable ou embarrassante. Traduction du coach: un Occidental peut donc tout se permettre avec une Asiatique», explique Le Figaro.

La vidéo tournée et partagée par une féministe japonaise a déclenché un scandale sur la Toile. Le gourou est accusé de tourisme sexuel et d’appel au viol.

Une campagne anti-Julien Blanc a vu le jour sur les réseaux sociaux. Les internautes sont invités à signaler ses comptes et à utiliser le mot-clic #takedownjulienblanc.

Pour l’instant, les comptes de Blanc sont toujours actifs. Par contre, son séminaire qui devait se tenir le 6 novembre dans un hôtel de Melbourne a été annulé.

 

http://www.journaldequebec.com