Le Saviez-Vous ► Qu’est-ce qui empêche la réanimation après cryogénie ?


 

C’est tout un processus de congeler un corps sans le détruire le cerveau et qui coûte une petite fortune. Le hic, c’est que décryogéniser une personne sans danger n’a pas encore été résolue. C’est un canadien qui est le 1 er cryogénisé en 1967. Imaginez revenir à la vie après plus de 50 ans. Le choc pour un homme de 73 ans de voir comment nous avons évolué depuis. Personnellement, je ne suis pas en faveur de cette méthode, on ne peut pas défier la mort de cette manière.
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Qu’est-ce qui empêche la réanimation après cryogénie ?

Qu'est-ce qui empêche la réanimation après cryogénie ?

Eh oui, pour ceux qui l’ignoraient, la congélation des corps dans l’espoir que les avancées technologiques futures permettent de les ressusciter, n’est pas réservée à la science-fiction. Et ce n’est pas non plus une idée récente.

Le premier volontaire à avoir tenté ce pari un peu fou est James Bedford, un psychologue canadien, congelé en 1967 à sa mort (à l’âge de 73 ans). Depuis, près de 300 personnes ont suivi cette même démarche, selon les statistiques fournies par les organismes de cryogénisation (précisons que la pratique est illégale en France, très chère aux États-Unis).

Concrètement, voici comment cela se passe : une fois le décès prononcé légalement par un médecin, le corps est préparé le plus rapidement possible pour le transport jusqu’à un centre de cryogénisation (idéalement, le corps devrait être transféré dans les six heures après la mort clinique, afin de limiter la dégradation de l’organisme). La circulation sanguine et la ventilation des poumons sont maintenues pour que le cerveau garde sa viabilité. Le corps est refroidi petit à petit pour atteindre les 10 °C et une solution est injectée dans le sang pour éviter sa coagulation. Arrivé à destination, le défunt est installé sur un lit de glace. Les chirurgiens ouvrent la cage thoracique, posent des canules (petits tubes en plastique) dans l’aorte (l’artère qui alimente le corps en sang oxygéné) et remplacent le sang par une sorte d’antigel.Cette substance est utilisée depuis une dizaine d’années pour mieux conserver les structures biologiques.

« Lorsque l’on congèle des tissus, des cristaux de glace peuvent se former entre les cellules et les endommager, explique à Sciences et Avenir Thierry Jaffredo, spécialiste des cellules souches du Laboratoire de Biologie du Développement de l’Institut de Biologie Paris Seine (UPMC/CNRS/Inserm). L’antigel prend la place de l’eau, ce qui minimise les dégâts. »

Puis le corps est progressivement refroidi pendant 36 heures dans un bain de glace et de silicone, jusqu’à atteindre la température de -79 °C. Il baigne ensuite dans de l’azote liquide sur une période de 7 à 10 jours, pour atteindre la température de… -196 °C !

« À cette température, il n’y a plus d’agitation moléculaire, les cellules ne devraient pas vieillir… en théorie, souligne Thierry Jaffredo. En théorie puisque les tissus cryogénisés pendant 10 ans peuvent quand même subir quelques altérations, si la technique de préservation avant la procédure n’a pas été parfaitement réalisée… »

À ce stade, il ne reste plus qu’à déplacer le plus délicatement possible le corps (qui a pris la consistance du verre) et de le plonger la tête en bas dans un conteneur en acier de 3 mètres de haut, remplis d’azote à -196 °C, dans lequel sont présents d’autres « colocataires ».

 Une technique de conservation qui devrait être efficace pendant des siècles, assurent les organismes spécialisés, jusqu’à ce que la science ait suffisamment évolué pour « décryogéniser » les individus et éventuellement soigner leur maladie, incurable à l’époque de leur mort.

À ce jour, les obstacles restent nombreux.

« Des bactéries, levures et des cellules d’animaux ont déjà été congelées puis « ramenées à la vie », mais pour les animaux entiers, cela devient tout de suite plus compliqué, à cause des organes vitaux, précise le spécialiste.

L’on est capable de refroidir des cœurs de rats à -10 °C et de les faire repartir, mais pour le cerveau, il est difficile d’assurer sa bonne fonctionnalité au moment de la décongélation : la moindre lésion des connexions neuronales peut prendre des proportions imprévisibles et dramatiques sur l’individu.

Selon ce dernier, il faudrait réaliser de nombreux tests sur les animaux, sur des durées différentes, afin d’arriver à une « preuve de concept », avant d’expérimenter ce processus sur de plus en plus d’humains… Comme la recherche clinique se fait habituellement, en somme

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https://www.sciencesetavenir.fr/

Le Saviez-Vous ► 6 mythes sur l’espace décryptés par l’astronaute Chris Hadfield


Il y a des mythes partout, même dans le domaine de l’espace. L’astronaute Canadien Chris Hadfield à voulu répondre à 6 mythes les plus répandus
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6 mythes sur l’espace décryptés par l’astronaute Chris Hadfield

 

Chris Hadfield © Capture d’écran.

Dans une vidéo publiée en ce début du mois de mai, l’astronaute canadien Chris Hadfield, qui a passé en tout 166 jours dans l’espace, donne des réponses à certains des mythes les plus répandus sur l’espace. De la cryogénisation à l’odeur de steak grillé qui émane du vide spatial, certaines réponses peuvent surprendre. En voici quelques unes!

Un astronaute qui sort sans sa combinaison sera brûlé instantanément

Un des mythes évoqués par Chris Hadfield est celui du corps d’un astronaute qui, aspiré brutalement hors du sas, brûle sous l’effet des radiations solaires. En réalité, la vérité est bien pire! 

La partie de la personne orientée vers le soleil cuirait sous une température de +120°C tandis que la partie à l’ombre gèlerait sous une température de -120°C. Chris Hadfield compare cette situation à un corps allongé sur une poêle brûlante tout en ayant de la glace carbonique étalée sur le dos. De plus, l’air de vos poumons serait instantanément aspiré et votre sang se mettrait à bouillir sous l’effet de la dépressurisation. Donc une personne dans l’espace sans combinaison va à la fois, bruler, geler, ne plus savoir respirer et bouillir.

Voyager à la vitesse de la lumière empêche de vieillir

Certaines personnes pensent également que voyager à la vitesse de la lumière, même durant des milliers d’années, éviterait de vieillir. Ce n’est pas tout à fait exact. En fait, nous vieillirions toujours mais à une vitesse différente des personnes restées sur Terre. C’est ce qu’Einstein appelait la relativité. 

Hadfield compare cette question à s’éloigner à la vitesse de la lumière d’une horloge qui indique 12h. Pour vous, il sera toujours la même heure parce que la lumière qui atteint vos yeux s’éloigne de l’horloge exactement en même temps que vous, alors qu’une personne restée à côté de l’horloge verrait l’heure avancer normalement.

Est-ce que le son d’une explosion est audible dans l’espace?

Si on prend comme exemple le soleil, qui est en fait une explosion thermonucléaire continue, on peut facilement répondre à cette question. Sur terre, l’air autour de nous transporte une onde qui va faire vibrer nos tympans, vibration que notre cerveau va transformer en son. Dans l’espace, il n’y a pas d’air, et donc pas de possibilité de transporter le bruit. En ce qui concerne le soleil et ses explosions, c’est plutôt une bonne chose pour nous!

La seule manière de survivre à un voyage interstellaire est de cryogéniser son corps

Pour le moment, il n’existe pas de technologie permettant de réussir pareille expérience. Hadfield explique que lorsque nous gelons de l’eau, celle-ci se transforme en cristaux de glace. Comme notre corps est composé en majeure partie d’eau, il serait détruit comme le sont par exemple les orteils des alpinistes qui ont été exposés à un froid trop intense. En fait, nous ne savons pas encore comment geler un corps de manière permanente tout en le préservant.

Si vous allez dans l’espace, votre corps deviendra plus grand et c’est irréversible

Il y a une part de vérité dans cette affirmation. Sur Terre, la gravité exerce une force sur l’ensemble de notre corps l’attirant vers le sol, et celle-ci s’exerce notamment sur nos os. Dans le cas de nos vertèbres par exemple, il existe un petit espace entre chacune d’elles grâce à l’insertion de cartilages. Dans l’espace, la gravité ne s’applique plus sur nos os et ces espaces peuvent devenir un tout petit peu plus grands. Le corps ne grandit pas réellement, il s’étire. Nous ne sommes pas plus grands mais plus longs.

En rentrant sur Terre, le retour de la gravité implique que tout revient à son état normal. Cette contrainte est cependant intégrée dans les combinaisons des astronautes et leurs sièges d’atterrissage. Ceux-ci sont un peu plus grand que la taille réelle de la personne pour prendre en compte ce léger allongement du corps des astronautes.

Les bactéries se multiplient dix fois plus vite dans l’espace que sur Terre

L’espace est un milieu différent de celui de la Terre. Hadfield et ses collègues se promènent dans la navette en trimbalant avec eux des produits nettoyants afin de garder leur environnement le plus propre possible. Ils gardent également sur eux en permanence des échantillons afin d’analyser des microbes, des virus ou toute minuscule forme de vie. Si aucune maladie ne se développe de manière inhabituelle, ils ont par contre remarqué que certaines formes primitives mutaient de manière différente dans un environnement sans apesanteur et exposé à des radiations élevées.

https://www.7sur7.be/

Le Saviez-Vous ► 6 mythes sur l’espace décryptés par l’astronaute Chris Hadfield


Il y a des mythes partout, même dans le domaine de l’espace. L’astronaute Canadien Chris Hadfield à voulu répondre à 6 mythes les plus répandus
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6 mythes sur l’espace décryptés par l’astronaute Chris Hadfield

 

Chris Hadfield © Capture d’écran.

Dans une vidéo publiée en ce début du mois de mai, l’astronaute canadien Chris Hadfield, qui a passé en tout 166 jours dans l’espace, donne des réponses à certains des mythes les plus répandus sur l’espace. De la cryogénisation à l’odeur de steak grillé qui émane du vide spatial, certaines réponses peuvent surprendre. En voici quelques unes!

Un astronaute qui sort sans sa combinaison sera brûlé instantanément

Un des mythes évoqués par Chris Hadfield est celui du corps d’un astronaute qui, aspiré brutalement hors du sas, brûle sous l’effet des radiations solaires. En réalité, la vérité est bien pire! 

La partie de la personne orientée vers le soleil cuirait sous une température de +120°C tandis que la partie à l’ombre gèlerait sous une température de -120°C. Chris Hadfield compare cette situation à un corps allongé sur une poêle brûlante tout en ayant de la glace carbonique étalée sur le dos. De plus, l’air de vos poumons serait instantanément aspiré et votre sang se mettrait à bouillir sous l’effet de la dépressurisation. Donc une personne dans l’espace sans combinaison va à la fois, bruler, geler, ne plus savoir respirer et bouillir.

Voyager à la vitesse de la lumière empêche de vieillir

Certaines personnes pensent également que voyager à la vitesse de la lumière, même durant des milliers d’années, éviterait de vieillir. Ce n’est pas tout à fait exact. En fait, nous vieillirions toujours mais à une vitesse différente des personnes restées sur Terre. C’est ce qu’Einstein appelait la relativité. 

Hadfield compare cette question à s’éloigner à la vitesse de la lumière d’une horloge qui indique 12h. Pour vous, il sera toujours la même heure parce que la lumière qui atteint vos yeux s’éloigne de l’horloge exactement en même temps que vous, alors qu’une personne restée à côté de l’horloge verrait l’heure avancer normalement.

Est-ce que le son d’une explosion est audible dans l’espace?

Si on prend comme exemple le soleil, qui est en fait une explosion thermonucléaire continue, on peut facilement répondre à cette question. Sur terre, l’air autour de nous transporte une onde qui va faire vibrer nos tympans, vibration que notre cerveau va transformer en son. Dans l’espace, il n’y a pas d’air, et donc pas de possibilité de transporter le bruit. En ce qui concerne le soleil et ses explosions, c’est plutôt une bonne chose pour nous!

La seule manière de survivre à un voyage interstellaire est de cryogéniser son corps

Pour le moment, il n’existe pas de technologie permettant de réussir pareille expérience. Hadfield explique que lorsque nous gelons de l’eau, celle-ci se transforme en cristaux de glace. Comme notre corps est composé en majeure partie d’eau, il serait détruit comme le sont par exemple les orteils des alpinistes qui ont été exposés à un froid trop intense. En fait, nous ne savons pas encore comment geler un corps de manière permanente tout en le préservant.

Si vous allez dans l’espace, votre corps deviendra plus grand et c’est irréversible

Il y a une part de vérité dans cette affirmation. Sur Terre, la gravité exerce une force sur l’ensemble de notre corps l’attirant vers le sol, et celle-ci s’exerce notamment sur nos os. Dans le cas de nos vertèbres par exemple, il existe un petit espace entre chacune d’elles grâce à l’insertion de cartilages. Dans l’espace, la gravité ne s’applique plus sur nos os et ces espaces peuvent devenir un tout petit peu plus grands. Le corps ne grandit pas réellement, il s’étire. Nous ne sommes pas plus grands mais plus longs.

En rentrant sur Terre, le retour de la gravité implique que tout revient à son état normal. Cette contrainte est cependant intégrée dans les combinaisons des astronautes et leurs sièges d’atterrissage. Ceux-ci sont un peu plus grand que la taille réelle de la personne pour prendre en compte ce léger allongement du corps des astronautes.

Les bactéries se multiplient dix fois plus vite dans l’espace que sur Terre

L’espace est un milieu différent de celui de la Terre. Hadfield et ses collègues se promènent dans la navette en trimbalant avec eux des produits nettoyants afin de garder leur environnement le plus propre possible. Ils gardent également sur eux en permanence des échantillons afin d’analyser des microbes, des virus ou toute minuscule forme de vie. Si aucune maladie ne se développe de manière inhabituelle, ils ont par contre remarqué que certaines formes primitives mutaient de manière différente dans un environnement sans apesanteur et exposé à des radiations élevées.

https://www.7sur7.be/

Combien faut-il d’humains dans un vaisseau spatial pour aller coloniser une autre planète?


Combien de personnes pour aller coloniser l’espace tout en tenant compte des risques une surpopulation pendant le voyage et la consanguinité, ainsi que les maladies, contaminations, catastrophe. Comment transporter ces personnes avec l’alimentation nécessaire en ajoutant des serres pour des cultures, et même des animaux. Sans parler du transport qui dura des centaines d’années pour se rendre à une destination.
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Combien faut-il d’humains dans un vaisseau spatial pour aller coloniser une autre planète?

 

Vue d'artiste de l'intérieur d'un cylindre O'Neill, un projet d'habitat spatial théorique proposé dans les années 1970 | NASA Ames Research Center via Wikimedia Commons License by

Vue d’artiste de l’intérieur d’un cylindre O’Neill, un projet d’habitat spatial théorique proposé dans les années 1970 | NASA Ames Research Center via Wikimedia Commons License by

Frédéric Marin

En l’état actuel de la science, seul un équipage se reproduisant durant le trajet spatial de plusieurs centaines d’années pourrait avoir des chances d’arriver à destination.

En 1995, les astrophysiciens Michel Mayor et Didier Quelozm découvraient la toute première exoplanète orbitant autour d’une étoile autre que notre Soleil: 51 Pegasi b. La découverte de ce monde extraterrestre inaugura la quête d’un monde habitable pouvant abriter la vie.

Vingt-trois ans plus tard, le nombre d’exoplanètes à l’existence confirmée dépasse les 3700; la possibilité de trouver un monde semblable au nôtre se rapproche.

Destination Proxima Centauri b

La détection récente de Proxima Centauri b, l’exoplanète la plus près de la Terre que nous puissions trouver, puisqu’elle orbite autour de l’étoile la plus proche de notre Soleil, ouvre une autre possibilité intéressante pour nous autres, habitants de la planète Terre.

Ce corps céleste très probablement rocheux et ayant une masse proche de celle de notre planète est d’un très grand intérêt, car sa température d’équilibre implique que l’eau pourrait être liquide à sa surface.

Située à 1.295 parsecs (40.000 milliards de kilomètres), Proxima Centauri b est une destination idéale. Un court voyage interstellaire ayant pour but l’exploration et la colonisation est théoriquement possible: nous pourrions ainsi implanter l’espèce humaine sur une autre planète.

Vue d’artiste de Proxima Centauri b | ESO / M. Kornmesser via Wikimedia Commons

Mais même si une fusée pouvait se propulser à un pour cent de la vitesse de la lumière, vitesse déjà bien plus rapide que celle de nos engins spatiaux habités actuels, le voyage vers Proxima Centauri b durerait plus de 423 ans.

La solution des navires géants autonomes

Dans ces conditions, pas de voyage vers les exoplanètes possible dans le temps d’une vie humaine. Les chercheurs doivent donc trouver une solution pour que l’équipage survive des centaines d’années dans l’espace lointain.

Pourrait-on, par exemple, congeler les corps? Malgré les avancées dans le domaine, les technologies de cryogénie ne sont pas encore viables: une fois les cellules congelées, des cristaux de glace se forment au niveau des parois cellulaires (vitrification), menant à la destruction du corps une fois qu’il est réchauffé.

Quid alors de l’hibernation? Des scénarios d’animation suspendue, où les fonctions physiologiques des membres d’équipage sont ralenties jusqu’à l’arrivée du vaisseau, doivent encore être explorées.

Une autre hypothèse est celle d’une maternité volante, où des embryons humains en phase précoce chouchoutés par des robots mûriraient tranquillement jusqu’à destination. Le problème majeur est l’absence de parents humains pour élever les enfants. Et il n’y a en outre jamais eu de population entièrement issue de la fécondation in vitro: il n’est peut-être pas souhaitable, dans ces conditions, que la mission s’appuie sur cette méthode.

La meilleure option pourrait être de compter sur des navires géants autonomes, qui voyageraient dans l’espace pendant que leur population serait active. On vivrait et on mourrait à bord, jusqu’à arriver à destination.

Plusieurs idées de structures et de conceptions ont été présentées dans le recueil de textes Islands in the Sky: Bold New Ideas for Colonizing Space en 1996, mais leurs hypothèses mathématiques et statistiques ne sont plus adaptées à notre technologie actuelle.

Un équipage de 150 à 44.000 membres

L’anthropologue John Moore a été le premier à utiliser un outil ethnographique dénommé Ethnopop pour estimer numériquement le nombre minimum de personnes pour un voyage multigénérationnel.

Ethnopop simule la situation matrimoniale et démographique de petits groupes de colons et utilise des modules externes pour créer épisodiquement des épidémies et des catastrophes. Mais ces modules n’ont jamais été utilisés dans le contexte d’un vol spatial, puisque le programme a été conçu pour calculer et analyser les migrations historiques des premiers groupes humains.

Considérant un voyage spatial où l’immigration et l’émigration sont impossibles, Moore a conclu qu’une mission de 200 ans devrait avoir un équipage initial de 150 à 180 personnes.

Selon lui, l’équipage devrait être jeune et autorisé à ne procréer que tardivement durant le cycle de reproduction des femmes, afin de retarder l’apparition de la première génération aussi longtemps que possible. Ces conditions permettent d’éviter une surpopulation et un taux élevé de consanguinité.

Des calculs plus récents réalisés par l’anthropologue Cameron Smith tendent à réviser ces chiffres à la hausse. Selon lui, un équipage initial de 14.000 à 44.000 membres est bien plus optimisé pour assurer une transmission saine du patrimoine génétique humain.

Selon son étude, un équipage de 150 personnes serait toujours au bord de l’extinction dans le cas d’une catastrophe de grande ampleur. Smith préconise un échantillon génétique initial beaucoup plus important, ce qui se traduit par de plus grands équipages.

La variation importante de l’estimation de la taille minimale est due aux hypothèses sous-jacentes utilisées par l’auteur, qui a calculé le nombre de colons arrivant à destination en utilisant une approche statistique simple.

Il semble que l’estimation d’un nombre optimal pour la population initiale est difficile, même sans prendre en compte les effets psychologiques que la perte de la planète mère peut avoir sur l’équipage.

Les calculs du projet Heritage

C’est dans ce contexte qu’en 2017, j’ai créé Heritage, un nouvel outil statistique de simulation de type Monte-Carlo. La physicienne des particules Camille Beluffi, l’astrophysicien Rhys Taylor et l’ingénieur en recherche et développement Loïc Grau sont aujourd’hui associés à cette initiative, qui vise à fournir des simulations réalistes en vue de l’exploration spatiale future.

Notre projet est multidisciplinaire: il utilise en autres l’expertise de physiciens, d’astronomes, d’anthropologues, d’ingénieurs en aéronautique, de sociologues et de médecins.

Heritage est le premier code entièrement dédié au calcul de l’évolution probabiliste d’un équipage à bord d’un navire interstellaire. Il doit permettre, entre autres, de savoir si un groupe humain avec une taille proposée peut survivre plusieurs générations sans aucun stock artificiel de matériel génétique supplémentaire.

La détermination de la taille minimale de l’équipage est, on l’a compris, une étape essentielle dans la préparation de toute mission multigénérationnelle, affectant les ressources et le budget requis pour une telle entreprise, mais ayant également des implications sociologiques, éthiques et politiques. Ces éléments sont essentiels pour étudier la création d’une colonie autosuffisante, afin que des humains puissent établir des implantations planétaires.

Vue d’artiste de l’intérieur d’un Tore de Stanford, un design imaginé en 1975 par la Nasa pour la colonisation spatiale | NASA Ames Research Center via Wikimedia Commons

Les premiers résultats de notre collaboration ont été publiés dans le Journal of the British Interplanetary Society, et un autre article est sous presse. Une présentation publique de nos travaux a été proposée durant le colloque Transmission, à Strasbourg, lors de laquelle nous avons montré que les chiffres d’équipages proposées par Moore et Smith ne peuvent être viables sur des voyages de très longue durée.

Il s’agit de déterminer les principes et règles de vie nécessaires pour qu’un équipage de la plus petite taille possible puisse assurer une mission multigénérationnelle viable et résistante à l’apparition de catastrophes et maladies graves.

Le code est actuellement en train d’être développé pour pouvoir prédire les besoins nutritionnels de l’équipage et déterminer la surface nécessaire à réserver à une agriculture spatiale à l’intérieur même du vaisseau; les serres hydroponiques sont probablement les meilleures options actuelles. Nos calculs donneront bientôt des contraintes sur la taille minimale d’un vaisseau.

Les premières études étayées d’exploration spatiale commencent à peine à voir le jour. Le sujet est encore vaste et de nombreux facteurs humains, spatiaux, culturels, psychologiques ou sociaux doivent être inclus dans le code informatique. La minutie est indispensable si nous voulons que notre espèce puisse investir de nouveaux mondes extrasolaires.

http://www.slate.fr

Autour de la Méditerranée, les agrumes risquent de disparaître


C’est le tour des citrus qui ont de sérieux problème avec la maladie du dragon jaune propager par un insecte appelé psylle. Il a causé de grande perte en Floride, en Californie et au Brésil. La Réunion est arrivée à l’arrêter en arrachant tout les arbres et replantant à une altitude plus haute que l’insecte n’aime pas du tout.. Sauf qu’il serait difficile de faire la même chose ailleurs et cela risque de s’étendre tout autour de la Méditerranée
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Autour de la Méditerranée, les agrumes risquent de disparaître

 

Sur cette photo, des agrumes atteints de la maladie... (Helene Valenzuela, archives AFP)

Sur cette photo, des agrumes atteints de la maladie du Dragon Jaune.

HELENE VALENZUELA, ARCHIVES AFP

 

ISABEL MALSANG
Agence France-Presse
Paris

La planète pourrait-elle se retrouver un jour sans oranges ni citrons, des fruits aussi bénéfiques à la santé qu’ils sont accessibles à toutes les bourses ?

Après avoir décimé la quasi-totalité des orangers de Floride, affecté la Californie et le Brésil, la maladie du Dragon jaune, mortelle pour les agrumes et sans traitement existant, menace aujourd’hui le pourtour méditerranéen, estiment des chercheurs.

Connue sous le sigle HLB, pour Huanglongbing -maladie du Dragon Jaune en chinois- elle s’est « propagée depuis le milieu des années 2000 avec un impact et une rapidité phénoménales », dit à l’AFP Eric Imbert, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) à Montpellier (sud de la France).

Seul bassin de production encore préservé de cette maladie identifiée au début du XXe siècle en Asie, « la Méditerranée n’est pas à l’abri du « Citrus Greening » » dit-il, en utilisant son nom anglais. « On a déjà repéré l’insecte vecteur, le psylle asiatique, dans la péninsule arabique ».

Cet insecte suceur se nourrit de sève. En piquant un arbre, il transmet la bactérie, qui en retour bloque le canal par où transite la sève. Les feuilles jaunissent, les fruits se déforment. L’arbre s’étouffe. Et meurt plus ou moins vite, selon les pays et les conditions climatiques.

Le psylle africain transmet une forme moins forte de la maladie. Il a été détecté au nord de l’Espagne, et au Portugal, où des arrachages ont déjà eu lieu.

« Sans vouloir affoler, (…) si nous ne faisons rien en termes de prévention, nous pouvons avoir une catastrophe majeure, avec des prix qui doublent ou triplent » prévient le chercheur.

Pour preuve, le cas de la Floride : entre 2005 et 2017, la production d’oranges y a chuté de près de 60 %. Le prix de gros du jus d’orange concentré a plus que doublé à 2500 dollars la tonne, car les coûts de production se sont envolés.

« Nous ne sommes pas à l’abri d’un phénomène de même ampleur sur le marché des petits agrumes frais en Méditerranée » dit M. Imbert.

Selon la revue spécialisée FruitTrop, 21 % des oranges, clémentines et citrons consommés dans le monde viennent des vergers qui s’étendent du Maroc à l’Égypte et du Portugal à la Turquie, en passant par l’Italie ou la Grèce. Cette région du monde contrôle 70 % des exportations mondiales d’agrumes.

« Le cri d’alarme, ça fait longtemps que les chercheurs le poussent, auprès des autorités européennes notamment, mais on a l’impression de hurler dans le désert » dit M. Imbert.

Suivant les pays, les réactions ont été différentes. Le Brésil, gros exportateur de jus d’orange, a eu massivement recours aux insecticides. La Californie arrache, replante et surveille son verger. Mais cela coûte très cher.

Pas de solution miracle

La Floride n’a pas pu utiliser trop d’insecticides, car ses plantations sont trop proches de zones urbanisées.

Son verger a dépéri d’autant plus rapidement que les arbres ont été fragilisés par plusieurs cyclones. Et un arbre d’ornement très populaire, le Muraya, y agit comme un « réservoir à psylles » sans contracter la maladie. « 99 % du verger floridien est contaminé » selon Eric Imbert.

Si l’insecte arrive en Méditerranée, le chercheur craint une propagation rapide, de type « floridienne », car « il est difficile d’utiliser les insecticides » : « Il y a beaucoup de petites exploitations avec un tissu habité autour ».

Les chercheurs travaillent tous azimuts. Sur la génétique notamment. Mais la bactérie est difficile à étudier, car « on ne peut pas la cultiver en labo » dit Raphaël Morillon, chercheur au Cirad en Guadeloupe, dans les Antilles françaises.

Un congrès HLB a lieu tous les deux ans à Orlando (Floride).

« Les Américains se vantaient d’avoir des solutions, mais l’an dernier tout le monde est resté sobre, plus personne ne parle de solution miracle », dit M. Morillon.

L’Académie nationale des sciences américaine a publié le 10 avril une étude selon laquelle la maladie était devenue chronique dans toute la Floride et aucune solution miracle n’existait.

Seul endroit où l’on a pu la contraindre, La Réunion. On a arraché les arbres, et replanté plus haut à une altitude où les psylles ne survivent pas.

En Corse, où se trouve l’un des plus beaux conservatoires d’agrumes du monde, avec près d’un millier d’espèces en pleine terre, on prie pour que la Méditerranée fasse tampon encore longtemps.

Toute importation d’arbres du continent est interdite. L’Institut national de la recherche agronomique a commencé à mettre sous serre anti-insectes une partie de sa collection, et se lance dans la cryogénie pour protéger le patrimoine génétique, les pépins.

http://www.lapresse.ca/

Une adolescente en hibernation: que restera-t-il de son corps?


La cryonie est une science  qui tient une personne après sa mort a de très basse température, comme l’adolescente britannique qui a gagné sa cause pour être cryogéniser. Le problème qui se présente s’ils réussissent à ressusciter cette jeune femme que resterait-il de son cerveau, de ses souvenirs ? Serait-elle une autre personne ? Quel choc d’arriver dans une époque complètement différente ? Je pense que seule la mort n’est pas guérissable
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Une adolescente en hibernation: que restera-t-il de son corps?

 

(Agence Science-Presse) À l’heure qu’il est, il y a quelque part aux États-Unis une adolescente britannique de 14 ans qui, immédiatement après son décès, a été congelée dans l’espoir que la médecine, un jour, puisse la ressusciter.

Il y a quelques dizaines d’années que la cryonie (que les scientifiques souhaiteraient qu’on cesse de confondre avec la cryogénie, qui est l’étude très sérieuse des basses températures) n’est plus de la science-fiction : on peut préserver un corps aussi longtemps qu’il y a quelqu’un pour alimenter l’appareil en azote liquide et veiller à ce que la température demeure à moins 196 degrés. Le problème réside dans le fait qu’une fois l’opération terminée, le corps a été vidé de son sang et remplacé par un mélange d’antigel et autres produits de conservation : un peu comme les personnages de l’exposition scientifique Body Worlds. On voit donc mal comment il pourrait être ramené à la vie.

Depuis les années 1960, l’argument des médecins et des biologistes reste le même : le froid intense brise les cellules vivantes, et même l’hypothèse de nanotechnologies futuristes capables de faire des réparations à l’échelle microscopique, laisse sceptique. On pourrait en théorie avoir une copie du corps original, mais serait-ce la même personne? D’autant qu’on ne sait pas grand-chose sur ce qui, dans notre cerveau, définit la personnalité… et nos souvenirs.

À travers le monde, trois institutions, entièrement financées par des fonds privés —et par les familles des défunts— offrent un tel service « après décès » : deux aux États-Unis et une en Russie. Une quatrième serait en cours de construction en Australie. Détail : il faut que la personne soit déclarée morte par les médecins, puisqu’aucun de ces pays n’accepterait que soit congelée une personne vivante. Le journal The Guardian estimait récemment à 350 le nombre de corps qui sont ainsi préservés.

http://www.sciencepresse.qc.ca/