La crise de la quarantaine existe-t-elle vraiment ?


Je ne sais pas si la crise de quarantaine existe vraiment, il est vrai que cette période peut être un tournant dans la vie qui n’est pas nécessairement négative. Cependant, on nous parle tellement de cette crise que je me demande si parfois elle n’est pas tout simplement psychologique.
Nuage


La crise de la quarantaine existe-t-elle vraiment ?


Sam Wordley/Shutterstock.com

Dans l’imaginaire collectif, le cap de la quarantaine marquerait un basculement voire la survenue d’une crise présentée comme inéluctable… De quoi parle-t-on ? S’agit-il vraiment d’une « crise » ou simplement d’une étape de la vie ?

Tentatives de réponses.

En premier lieu, « l’expression crise de la quarantaine n’est pas bien nommée », à en croire la psychologue Valérie P. « Il serait préférable de parler de crise de milieu de vie », comme l’appellent d’ailleurs les Anglo-Saxons : « midlife crisis ».

Mais encore faut-il qu’il y ait crise ?

« Cet âge est certes le moment d’un bilan personnel comme professionnel car on éprouve la sensation de basculer vers une autre tranche de vie. Et donc de s’interroger : qu’ai-je accompli jusqu’ici ? Et maintenant, quels sont mes objectifs ? Ce questionnement et le changement de cap qui peut l’accompagner ne correspondent pas à une crise s’ils sont mûrement réfléchis ». En revanche, « c’en est une lorsque le changement en question intervient subitement et qu’il est incompréhensible pour l’entourage ».

Davantage d’expérience

Quelques chercheurs ont étudié le phénomène. A l’Université d’Arizona de Tucson, le psychologue David Almeida s’est penché sur les « facteurs de stress multiples », à cette période de la vie ? Peuvent-ils générer une crise ?

« Non, au contraire. Globalement, ils apparaissent mieux gérés avec l’expérience voire considérés comme autant de challenges », souligne-t-il.

Susan Krauss Whitbourne, sa consœur de l’Université du Massachusetts à Amherst a mis en avant les bienfaits d’un changement préalable de travail. Par exemple, vers la trentaine. Il serait en quelque sorte un élément protecteur contre une éventuelle crise de milieu de vie.

« Car les personnes n’ont pas l’impression d’être bloqués dans leur travail, dans leur vie », lance-t-elle.

Dans tous les cas et à l’image Sherry L. Willis, professeur en développement humain à l’Université de l’Etat de de Pennsylvanie, de nombreux scientifiques appellent à la réalisation d’études sur ce « milieu de vie. On s’intéresse beaucoup aux capacités cognitives des bébés et des enfants puis à celle des aînés. Mais bien trop peu à l’entre deux », conclut-elle.

  • Source : American psychological Association, site consulté le 13 novembre 2019 – Interview Valérie P., psychologue,
  • Ecrit par : David Picot – Edité par : Dominique Salomon

https://destinationsante.com/

L’horloge biologique au masculin


L’horloge biologique de l’homme semble sonner autour de la quarantaine. Je crois que le plus grand point chez un homme sans enfant serait qu’il n’a pas de descendance ce qui serait, je pense assez perturbant pour eux a moins que ce soit autre chose …
Nuage

 

L’horloge biologique au masculin

 

Depuis de nombreuses années, on parle beaucoup de l'horloge biologique des... (Photo Photos.com)

PHOTO PHOTOS.COM

 

SILVIA GALIPEAU
La Presse

Depuis de nombreuses années, on parle beaucoup de l’horloge biologique des femmes. Des choix déchirants qui se posent entre carrière et maternité. Mais qu’en est-il des hommes ? Se pourrait-il qu’ils aient, eux aussi, une horloge interne ? Chose certaine, à l’aube de la quarantaine, ils sont de plus en plus nombreux à le dire: eux aussi, ils veulent des enfants. Serait-il trop tard ?

Oui, l’horloge biologique existe. Elle est réelle, physique, et souvent viscérale. Mais non, elle n’est pas exclusivement féminine. Les hommes aussi, à leur manière, vivent un sentiment d’urgence, souvent à l’aube de la quarantaine.

«J’arrive à un âge où je me dis que si je veux vraiment des enfants, il faut que j’en fasse maintenant», explique Pierre, 43 ans, célibataire. «Par moment, ça m’obsède, avoue-t-il. Est-ce que j’ai raté quelque chose, est-ce qu’il y a quelque chose que je n’ai pas compris?»

Gary Brase, professeur de psychologie de l’Université du Kansas, a dévoué une grande partie de sa recherche à la question, plus vaste, du désir d’enfant, dit baby fever.

«Oui, les femmes sont, de manière générale, plus portées à exprimer leur désir d’enfant. Mais les hommes aussi l’expriment. Et ce qui est intéressant, c’est que le désir d’enfant des hommes va en grandissant avec le temps!», affirme le chercheur, qui a publié un article dans la revue Emotion, de l’American Psychological Association, sur cette «fièvre», très présente dans la culture populaire, mais relativement peu étudiée scientifiquement.

Chez les femmes, poursuit le chercheur, si le désir est d’abord très fort dans la vingtaine, il va en déclinant, jusque dans la quarantaine. Chez les hommes, c’est exactement le contraire!

«C’est comme si les femmes, en ayant des enfants, prenaient conscience de tout le bonheur, mais aussi de tout le travail qui vient avec les enfants. Inversement, on dirait que les hommes réalisent ce bonheur de la parentalité plus tard…»

Le triste paradoxe… Hommes et femmes seraient-ils voués à ne pas désirer des enfants intensément en même temps? Gary Base avoue ne pas savoir comment expliquer cette «fièvre» inversée. D’autres recherches s’imposent, dit-il, tout en osant quelques hypothèses:

«Pour un homme, d’un point de vue économique, faire un enfant n’est pas nécessairement un bon investissement. Mais biologiquement, les hommes ressentent tout de même un besoin de filiation. C’est très important pour un homme. Je ne peux pas vous l’expliquer, mais il y a là quelque chose de viscéral.»

Résultat, sur l’échelle du désir d’enfant, à 40 ans, ce sont les hommes qui, contrairement à une majorité de femmes (soit parce qu’elles en ont déjà eu, n’en veulent plus, ou n’en ont jamais voulu), sentent l’urgence de faire des bébés.

«Pour un homme qui en veut, mais qui n’en a pas, cette question des enfants peut devenir obsédante.» Gary Brase
Professeur de psychologie de l’Université du Kansas

«C’est aussi un âge où l’on a tendance à faire le point», poursuit le psychologue.

«Moi, c’est clair que ma crise de la quarantaine se situe sur ce plan-là», confirme Pierre, qui ne cache pas son sentiment «d’urgence».

Il en est d’ailleurs convaincu: ce qu’il ressent ressemble drôlement à l’horloge biologique des femmes.

«Oui, j’en suis convaincu. Bien sûr, on est très différents des femmes, la mécanique n’est pas la même. Mais chez les hommes, je pense que cela se joue sur le plan psychologique, dit-il. Mais je suis persuadé que cette question de désir d’enfant peut travailler un homme de façon aussi intense qu’une femme.»

Et s’il voulait tellement vivre l’expérience de la «chair de sa chair» et s’assurer une filiation, pourquoi diable n’en a-t-il pas eu plus tôt, alors?

«Parce que j’ai fait comme tous les mecs, répond-il. J’ai tergiversé. Entre 25 et 35 ans, ce n’était pas une question fondamentale pour moi, j’avais d’autres problèmes à régler.»

Il n’est pas seul. C’est aussi exactement le cas de Fred, 41 ans, qui apprivoise difficilement ces jours-ci l’idée qu’il ne sera peut-être jamais papa.

«Tu te laisses porter par la vie, par ce que tu veux devenir. Je me disais toujours que oui, ça allait arriver.»

Mais à près de 42 ans, non, ça n’est toujours pas arrivé: il est toujours célibataire, et toujours sans enfant.

«Rencontrer quelqu’un avec qui je suis bien, ce n’est pas arrivé, confirme-t-il. Alors mes chances d’avoir des enfants vont en diminuant. À 41 ans, peut-être que ça n’arrivera pas. Oui, ce sera un deuil», laisse-t-il tomber.

Idem pour Louis, 50 ans, qui a du mal à se faire aujourd’hui à l’idée qu’il n’aura peut-être jamais de descendance. Et qu’il vieillira du coup tout seul, finalement.

«Mon père est décédé il y a quatre ans. Et c’est à ce moment-là que j’ai vraiment vu l’importance des enfants. Toutes les décisions importantes sur sa santé, c’est ma soeur et moi qui les avons prises. Mais moi, qui prendra ces décisions pour moi?»

http://www.lapresse.ca