Après la mort, le corps continue de bouger durant un an !


La ferme des morts a pour but d’étudier les cadavres humains pour progresser en médecine légale. Alyson Wilson est criminologue en Australie et a remarquer qu’un corps continue a bouger pendant un an. Comprendre ce qui se passe permet d’améliorer les enquêtes criminelles quand il y a meurtre.

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Après la mort, le corps continue de bouger durant un an !

Nathalie Mayer
Journaliste

La rigidité cadavérique est l’un des signes biologiques de la mort. Elle disparaît lorsque commence la décomposition. Et des chercheurs nous apprennent aujourd’hui que de fait, un corps peut bouger au-delà d’un an après la mort !

La découverte a eu lieu dans la « ferme des morts » qui se trouve en périphérie de Sydney (Australie). Pendant 17 mois, Alyson Wilson, une diplômée en criminologie de la Central Queensland University (Australie), a photographié les mouvements de l’un des 70 cadavres entreposés là. Son objectif était d’améliorer un système utilisé pour estimer l’heure du décès à l’aide de caméras time-lapse. Sa conclusion : les corps ne reposent pas vraiment en paix. Ils continuent de bouger pendant plus d’un an après la mort !

Rappelons que les fermes des morts constituent des établissements de recherche qui permettent aux scientifiques d’étudier des cadavres humains dans l’objectif notamment de faire progresser la médecine légale. L’institut australien de recherche expérimentale en taphonomie étudie les processus de biodégradation, notamment, intervenant depuis la mort jusqu’à la fossilisation.

Des scènes de crime à reconsidérer ?

Les chercheurs pensent que les mouvements du corps observés sont liés à la décomposition. Le corps se momifie et les ligaments s’assèchent. Sans compter les éventuels coups de pouce de certains insectes ou de gaz encore prisonniers dans le corps. Et voilà comment des bras initialement le long du corps peuvent se retrouver déplacés sur les côtés. Puis même, pourquoi pas, revenir en position.

Alyson Wilson espère que ces travaux pourront aider à estimer l’heure du décès avec une précision accrue. De quoi limiter le nombre de personnes disparues à lier à des cadavres non identifiés. Et comprendre comment la décomposition peut influer sur la position d’un corps pourrait également aider à réduire le nombre d’erreurs ou de mauvaises interprétations d’une scène de crime.

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Les détecteurs de mensonges n’ont jamais fonctionné


Le polygraphe mesure le degré d’excitation d’une personne, son niveau de vigilance, mais en aucun cas le degré de véracité de ses propos. Les films policiers utilisent souvent le polygraphe pour confronter un suspect, beaucoup parmi eux sont capable de déjouer l’appareil. Dans la vraie vie, le détecteur de mensonge n’est pas très fiable, car il mesure non pas s’il dit vrai, mais son degré d’excitation et sa vigilance. Il est possible de l’utiliser autrement, mais cela reste une machine qui ne peut pas vraiment savoir la vérité 100 %
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Les détecteurs de mensonges n’ont jamais fonctionné

Une démonstration par le docteur Fred Inbau, professeur de criminologie, en 1954 | Tullio Saba via Flickr CC License by

Une démonstration par le docteur Fred Inbau, professeur de criminologie, en 1954 | Tullio Saba via Flickr CC License by

Repéré par Thomas Messias

Repéré sur New Scientist

Alors que leur inefficacité est de moins en moins confidentielle, ils continuent pourtant à être utilisés.

Dans les films où il est utilisé, le détecteur de mensonges est généralement mis en défaut par celui où celle qui s’y soumet, ce qui sous-entend qu’avec suffisamment de volonté et de maîtrise de soi, on peut parvenir à berner cette machine. De Basic Instinct au Suspect idéal en passant par Le Polygraphe, le septième art fait du polygraphe (autre nom du détecteur) un vecteur de suspense ainsi qu’un marqueur psychologique fort. Tout cela fonctionne sur une dualité qu’on pourrait trouver grossière : l’appareil impressionne car il semble impossible à berner… et pourtant, chaque accusé·e finit par y parvenir.

Selon le New Scientist, la réalité n’est pas si éloignée de la fiction. Rappelant que certaines émissions n’hésitent pas à se servir du détecteur de mensonges pour faire le show (le Jeremy Kyle Show ou le programme britannique Love Island, auxquels on peut ajouter notre Méthode Cauet nationale), la revue scientifique signale que certains pays continuent à l’utiliser de façon tout à fait sérieuse ou officielle.

En Ukraine, les résultats d’un test de polygraphe sont considérés comme des preuves utilisables par la justice. Aux États-Unis, l’utilisation du détecteur de mensonges fait partie du processus de recrutement des personnes souhaitant travailler pour le gouvernement. Mais au fait, ces machines sont-elles vraiment fiables? Absolument pas, affirment certains militants anti-polygraphe.

Les détecteurs de mensonges mesurent le pouls, la pression sanguine et la fréquence repsiratoire, d’abord pendant une série de questions-tests, puis lors des véritables interrogatoires (comme «avez-vous trompé votre femme?» dans le Jeremy Kyle Show). Si les facteurs mesurés se mettent à faire des bonds, on en déduira que vous mentez. Conclusion totalement erronée, explique le journaliste Joshua Howgego. Le polygraphe mesure le degré d’excitation d’une personne, son niveau de vigilance, mais en aucun cas le degré de véracité de ses propos. De façon très simple, la plupart des personnes interrogées sur leur fidélité ou sur leur culpabilité dans une affaire criminelle vont éprouver une certaine nervosité, due en partie à la crainte de ne pas réussir le test.

Dans les années 80, le psychologue David Lykken avait entrepris de démonter les résultats des études affirmant que le degré d’efficacité du polygraphe avoisinait les 70% (ce qui est déjà relativement peu). Pour Lykken, ces études mal conçues et mal interprétées ne démontraient en rien que les détecteurs de mensonges soient efficaces. En 2003, une investigation menée aux USA par l’Académie Nationale des Sciences était arrivée aux mêmes conclusions.

David Lykken avait eu une autre idée pour tenter de déterminer la vérité dans certaines affaires: il ne s’agissait plus de détecter les mensonges des personnes interrogées, mais de tester leur mémoire. Le principe consistait à poser une question («où avez-vous caché le corps?») puis à énumérer les possibilités de réponses («dans le jardin / dans la forêt / dans la cave») en mesurant les réactions physiologiques de l’individu interrogé à chacune d’entre elles. Cette méthode est actuellement utilisée par la police japonaise de façon régulière.

Le problème ne réside pas dans le fait d’avoir recours à des méthodes de mesure, mais bien dans la façon de les utiliser. Les questions binaires («êtes-vous coupable?») devraient être proscrites, et la culpabilité d’une personne suspecte ne devrait pas pouvoir être établie à l’aide de ce genre de questions. En revanche, l’outil se révèle relativement efficace lorsque, dans le cadre de l’enquête, il est nécessaire d’obtenir des précisions sur l’identité d’un complice ou les conditions d’un crime.

Avec des pincettes

Reste que même dans ces conditions, l’utilisation de cet attirail reste à effectuer avec prudence. La mémoire n’est pas un élément simple à analyser, une personne interrogée risquant par exemple de réagir de la même façon devant le visage d’une personne qu’elle connaît que devant celui d’une personne qu’elle a juste aperçue à la télévision. La chercheuse Nathalie Klein Selle a mis en lumière une autre forme d’ambiguïté: si la conductance de la peau fait effectivement des bonds dès que la mémoire est stimulée, la respiration et la fréquence cardiaque ne changent que lorsque les personnes suspectes tentent de dissimuler qu’elles savent des choses.

La psychologue britannique Ailsa E. Millen travaille quant à elle sur un dispositif qui utiliserait les résultats de ses recherches. Elle a en effet démontré que les mouvements de nos yeux ne sont pas les mêmes lorsque nous regardons un visage connu que lorsqu’il s’agit d’un visage que nous voyons pour la première fois. Le projet ConFaceentend développer cette idée afin d’obtenir des résultats plus concluants que les bons vieux polygraphes.

L’irruption de nouvelles technologies semble être le moyen le plus efficace de bouter définitivement les polygraphes hors des commissariats et des bureaux d’enquête, puisque les preuves successives de leur non fiabilité n’ont guère eu de résultats sur leur fréquence d’utilisation. À ce propos, le Jeremy Kyle Show va s’arrêter, après quatorze ans d’existence. Sa fin prochaine n’est sans doute pas étrangère au fait qu’un participant, désigné comme adultérin par le détecteur de mensonges de l’émission, s’est suicidé peu de temps après. Tout cela sans qu’il soit possible de dire s’il avait menti ou non.

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Laissez les tueurs dans l’anonymat !


Il arrive souvent que les tueurs de masse cherchent un genre de mentor pour une imitation de tuerie. En criminologie, on demande aux médias de ne pas nommer les personnes ou donner un nom comme le tueur de Toronto, ainsi que de ne pas mettre des photos du crime pour que ces tueurs ne sont pas la reconnaissance publique qu’ils recherchent. Bien sûr, la prévention, contrôle des armes etc .. Demeure d’une grande importance pour limiter les tueries
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Laissez les tueurs dans l’anonymat !

 

Plusieurs chercheurs ont montré que les tueurs de masse sont souvent inspirés par d’autres personnes ayant commis des gestes semblables avant eux. Ils appellent aujourd’hui à un traitement médiatique plus responsable de ces drames.

Valérie Borde

Photo : iStock

Cette semaine, les noms du meurtrier qui a assassiné plusieurs personnes à la mosquée de Québec et de celui qui a tué des inconnus dans une rue de Toronto ont été cités ad nauseam par les médias, tout comme l’expression par laquelle on désigne le mode d’action du tueur de Toronto.

On a aussi vu leurs photos d’innombrables fois. Pourtant, ne plus diffuser ni leurs noms, ni leurs visages, est la meilleure arme dont on dispose pour que de tels drames se reproduisent le moins souvent possible.

De nombreuses études ont déjà été réalisées sur les tueurs de masse – des gens qui ont tué plusieurs personnes, souvent des inconnus, lors d’un geste unique – pour comprendre ce qui les a amenés à commettre l’irréparable.

Plusieurs chercheurs ont montré, notamment en étudiant les tueries aux États-Unis, que ces assassins sont souvent inspirés par d’autres personnes ayant commis des gestes semblables, sur lesquels ils se sont renseignés avant de passer à l’acte, et qu’ils recherchent avant tout une reconnaissance publique au travers de leur geste.

Dans un article scientifique publié en 2017, le chercheur en criminologie Adam Lankford, de l’université d’Alabama, dresse une liste de dizaines d’études qui ont mis ce phénomène en évidence. Il rapporte aussi les mots d’un tueur, qui, dans son manifeste, avait écrit que

« Mieux vaut l’infamie que l’obscurité totale ».

Ironie du sort : c’est justement ce meurtrier qui a été cité dans les médias comme la source d’inspiration de celui de Toronto.

Lankford insiste : un meilleur contrôle des armes, de meilleures prévention et accessibilité des soins en santé mentale, et un meilleur soutien aux personnes vulnérables sont nécessaires pour minimiser les risques de tuerie. Mais un traitement médiatique plus responsable est certainement, selon le chercheur, la mesure la plus rapide et facile à instaurer.

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Dans une étude sur 185 individus ayant commis des meurtres de masse aux États-Unis entre 1966 et 2010, le chercheur a trouvé que plus de la moitié d’entre eux se sont donné la mort ou se sont mis en situation d’être abattu par la police, une forme de « suicide assisté ». On sait depuis longtemps que le récit des suicides dans les médias fait augmenter leur incidence. De nombreux médias suivent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé pour une couverture responsable de ces gestes, et le public ne s’en plaint pas.

Il est plus que temps d’en faire autant avec ces tueurs de masse. Aux États-Unis, plusieurs organisations militent déjà pour que les médias ne diffusent plus leurs noms et photos, comme No notoriety ou la campagne Don’t name them, menée par un centre de recherche et de formation des forces de l’ordre de la Texas State University.

L’OMS recommande particulièrement de ne pas rapporter le mode d’action des gens qui s’enlèvent la vie, pour limiter la tentation qu’ils soient imités. De la même manière, on peut penser qu’insister sur le mode d’action des tueurs de masse, en multipliant les images, schémas ou détails, ne fait qu’hausser le risque que d’autres les imitent.

En octobre dernier, 147 spécialistes américains des tueurs de masse ont signé une lettre ouverte demandant aux médias d’agir. Il n’y a aucune raison que cela ne s’applique pas au Canada aussi.

Qu’est-ce qu’on attend?

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Voici l’homme le plus diplômé au monde


On peut aimer les études tout en rêvant de les avoir fini. Alors que pour cet homme, les études sont vraiment une vocation. Cet italien a mit en route pour une 15 diplomes .. Les champs de ses études est vraiment très diversifiés
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Voici l’homme le plus diplômé au monde

Luciano Baietti. © afp.

On s’attendrait à rencontrer un monsieur sérieux, docte, voire pontifiant. Au contraire, l’homme le plus diplômé au monde est un truculent Italien, né à Rome il y 70 ans.

« Grâce aux livres, je me sens plus libre. D’ailleurs, les deux mots ont la même étymologie », confie Luciano Baietti à l’AFP.

Dans le bureau de sa maison au décor un peu kitsch de Velletri, petite localité au sud de Rome, il les a accrochés au mur autour d’une reproduction d’un portrait de l’écrivain Louis-François Bertin, peint par Ingres en 1832.

« C’était un homme de culture et de savoir », explique cet ancien principal de collège à la retraite, qui avait fait son entrée au livre Guinness des records en 2002 grâce à sa huitième « laurea », l’équivalent italien d’une licence ou d’une maîtrise, selon les cas, obtenue en « sciences de la motricité » à l’université La Sapienza de Rome.

A l’époque, son CV alignait déjà des titres en sociologie, lettres, droit, sciences politiques et philosophie. Depuis, il en a ajouté sept autres, dont un en sciences stratégiques à Turin, un autre en criminologie à Rome et le petit dernier, obtenu le 1er février, en sciences touristiques à Naples.

« A chaque fois, c’est un nouveau défi que je me lance à moi-même. Je veux savoir jusqu’où mon corps et mon cerveau sont capables d’aller », explique ce bon vivant, volubile et gouailleur, qui a aussi été professeur de sport.

C’est d’ailleurs par le biais de son diplôme d’éducation physique qu’il avait mis le pied dans le monde universitaire, en 1972, pour ne plus en sortir.

« A côté des épreuves sportives, nous suivions des cours théoriques qui me plaisaient et qui ont fait naître en moi le goût pour les études », se souvient le septuagénaire, marié et père d’un fils de 22 ans.

© afp.

© afp.

Nouveau défi

« De la pédagogie, je suis naturellement passé à la sociologie, aux lettres et à la psychologie puis au domaine juridique, avant de m’orienter vers des disciplines plus +professionnelles+ comme les sciences de l’investigation ou les sciences stratégiques », ajoute-t-il.

Le diplôme en sciences stratégiques est d’ailleurs celui qui lui a donné le plus de fil à retordre :

« Il était organisé conjointement par le ministère de la Défense et l’université de Turin, abordait des sujets sensibles liés à la sécurité nationale et il fallait se rendre aux examens en uniforme ».

Il garde aussi un souvenir particulier de sa spécialisation en criminologie, pendant laquelle il avait dû interroger des détenus en prison.

« En les écoutant, je me surprenais parfois à être convaincu par leurs arguments, à m’interroger sur ce qui était juste ou pas, avant de réaliser que je faisais fausse route ».

Pour son 15e diplôme, Luciano Baietti s’était lancé un défi supplémentaire: suivre les cours en ligne, auprès de l’université télématique Pegaso de Naples.

« Outre le fait qu’internet ne soit pas une chose évidente pour quelqu’un de ma génération, ma motivation était de démontrer qu’une formation à distance n’a rien à envier aux méthodes traditionnelles d’enseignement, contrairement à un préjugé tenace », explique-t-il.

Et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il prépare déjà un 16ème diplôme, cette fois en sciences de l’alimentation. Comme pour les précédents, il travaillera dans le silence de son bureau, entre trois heures et cinq heures du matin.

« Un moment que je mets à profit pour étudier parce ce qu’à cette heure-là, le cerveau est plus disponible pour assimiler des connaissances et aussi parce que cela me permet de garder une vie de famille normale », explique ce petit dormeur, qui trouve aussi le temps d’être bénévole à la Croix-Rouge.

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Psychopathes et pervers narcissiques, où est la différence?


Il se peut que nous connaissions un pervers narcissique ou un psychopathe sans pour autant qu’il soit un tueur en série. La différence entre eux ? L’un serait inné l’autre acquis
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Psychopathes et pervers narcissiques, où est la différence?

Hidden | Underclassrising.net via Flickr CC License by

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Xanthé Mallett

Maître de conférences en criminologie à l’université de Nouvelle-Angleterre

Les psychopathes sont nés psychopathes et les pervers narcissiques se sont fabriqués eux-mêmes.

Psychopathes et pervers narcissiques (pour ce dernier qualificatif, les Anglo-saxons préfèrent le mot «sociopath») sont des termes psychologiques populaires servant à décrire des monstres violents nés de nos pires cauchemars. Pensez à Hannibal Lecter dansLe Silence des agneaux (1991), à Norman Bates dans Psychose (1960) et Annie Wilkes dans Misery (1990). En rendant célèbres ces personnages, la culture populaire a également gravé dans notre conscience collective les mots utilisés pour les représenter.

La plupart d’entre nous, fort heureusement, ne vont jamais rencontrer un Hannibal Lecter, mais les psychopathes et les pervers narcissiques existent réellement. Et ils se cachent parmi nous. Parfois parmi les personnes ayant le mieux réussi dans la société parce qu’ils sont souvent impitoyables, durs et dotés d’un charme superficiel alors qu’ils sont dépourvus de toute considération envers les sentiments ou les besoins des autres.

Ils sont connus comme des psychopathes «à succès» à cause de leur tendance à commettre des délits qu’ils ont prémédités en calculant les risques. Ou bien ils sont capables d’inciter quelqu’un d’autre à enfreindre la loi pendant qu’eux-mêmes se tiennent à distance, en toute sécurité. Ils sont passés maîtres dans la manipulation des sentiments d’autrui, tandis qu’eux-mêmes se montrent incapables d’éprouver des émotions. Cela vous rappelle-t-il une personne de votre connaissance? Et bien, nous y voilà: vous en connaissez un, au moins un. Le taux de prévalence se situerait entre 0,2% et 3,3% de la population.

Si vous vous faites du souci en ce qui vous concerne, vous pouvez vous soumettre à un test pour obtenir la réponse. Mais avant de cliquer sur ce lien, laissez-moi vous faire gagner du temps: vous n’êtes ni un psychopathe ni un pervers narcissique. Si vous en étiez un, vous n’auriez vraisemblablement pas envie de vous soumettre à ce test de personnalité. Vous ne seriez pas du tout conscient ou préoccupé par vos défauts individuels. C’est pourquoi aussi bien la psychopathie que la perversion narcissique sont répertoriées comme des désordres antisociaux de la personnalité qui sont des troubles mentaux de long terme.

Quelle est la différence ?

Psychopathes et pervers narcissiques partagent nombre de traits communs, y compris un manque de remords ou d’empathie envers autrui, une absence de culpabilité ou de capacité à assumer la responsabilité de leurs actions, un mépris des lois et des conventions sociales ainsi qu’un penchant à la violence. Et aussi, pour l’une et l’autre catégorie, une caractéristique fondamentale: leur nature fourbe et manipulatrice. Mais comment peut-on les distinguer?

Les pervers narcissiques sont en général moins stables sur le plan des émotions et davantage super-impulsifs. Leur conduite tend à être plus erratique que celle des psychopathes. En commettant des délits –violents ou non–, les pervers narcissiques agiront davantage par compulsion. Et ils manqueront de patience, en se livrant plus facilement à une action impulsive, péchant ainsi par absence de préparation.

Les psychopathes, eux, vont planifier leur délit dans le moindre détail, en prenant des risques calculés pour éviter d’être repérés. Les malins laisseront peu d’indices risquant de conduire à leur découverte. Les psychopathes ne se laissent pas emporter par le moment immédiat et, par conséquent, commettent peu de fautes.

Inné et acquis

Les deux catégories agissent selon un continuum de conduite et de nombreux psychologues débattent encore sur ce point: faut-il les distinguer l’une de l’autre? Mais pour ceux qui les différencient, un élément recueille une large unanimité: les psychiatres utilisent le terme psychopathie pour affirmer que l’hérédité est à l’origine de ce désordre antisocial de la personnalité. La perversion narcissique, elle, inclut des comportements qui peuvent résulter d’une atteinte cérébrale tout comme d’un abandon et/ou de sévices subis pendant l’enfance.

Les psychopathes sont nés psychopathes et les pervers narcissiques se sont fabriqués eux-mêmes. Par essence, leur différence reflète le débat entre l’inné et l’acquis.

Il existe un lien particulièrement intéressant entre les tueurs en série et les psychopathes ou les pervers narcissiques –même si, bien sûr, les uns et les autres ne deviennent pas tous des tueurs en série. Pas plus que tous les tueurs en série ne sont psychopathes ou sociopathes.

Mais le Bureau fédéral américain d’investigation (FBI) a relevé certaines similitudes entre tueurs en série notoires et ces désordres antisociaux de la personnalité. À savoir une conduite prédatrice (ainsi Ivan Milat, qui a pourchassé et assassiné sept victimes); ou bien une recherche de sensations (pensez à des tueurs hédonistes qui assassinent pour la seule excitation ou pour l’échauffement sexuel, tel Thomas Hemming, 21 ans, meurtrier de deux personnes juste pour savoir l’effet que cela lui ferait; ainsi que l’absence de remords, l’impulsivité et le besoin de contrôler ou d’imposer son pouvoir sur les autres (par exemple Dennis Rader, un tueur en série américain qui assassiné dix personnes entre 1974 et 1991 et reste connu comme le tueur «BTK» («ligotage, torture, meurtre»).

Une étude de cas

Le meurtre à Sydney de Morgan Huxley par Jack Kelsall, 22 ans, montre toutes les caractéristiques d’un psychopathe et souligne les différences entre psychopathes et pervers narcissiques. En 2013, Kelsall a suivi Huxley chez lui et a assailli sa victime, 31 ans, avant de le poignarder vingt-huit fois. Kersall n’a montré aucun remords pour son crime extrêmement violent et prémédité.

Il n’y a aucun doute dans mon esprit: il est psychopathe plutôt que pervers narcissique car même si le meurtre était frénétique, Kersall a fait preuve de patience et de planification. Il avait, dès avant le meurtre, suivi des victimes potentielles. Et, un an avant de tuer Huxley, prétendument «par pur plaisir», il avait déjà fait part à son psychiatre de fantasmes concernant l’assassinat d’un étranger à l’arme blanche.

Quel que soit le mobile de Kelsall, et indépendamment de savoir si son dysfonctionnement provenait de l’inné ou de l’acquis, ce cas s’offre comme l’exemple du pire aboutissement de ce que produire un désordre anti-social de la personnalité: de la violence aveugle contre une victime prise au hasard, et cela dans un but de gratification de soi. Pendant son procès et lors du verdict, Kersall n’a montré aucun signe de remords ni de culpabilité et il n’a présenté aucune excuse.

Véritable cas d’école dans le domaine de la psychopathie, il aurait, je pense, tué à nouveau. Selon moi, et selon la police qui l’a arrêté, Kersall était un tueur en série en devenir.

Finalement, la distinction entre un psychopathe et un pervers narcissique a-t-elle un sens? Ils peuvent tous les deux se montrer dangereux et même meurtriers, commettant les pires ravages dans la vie des autres. Ou bien, ils peuvent passer leur vie parmi des gens qui n’en ont aucun soupçon.

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Criminologie : un test ADN peut-il faire accuser un innocent ?


Depuis que l’ADN fait partie de la police scientifique, on s’imagine que rien ne peut contredire ce test. Cependant, il semble que cela ne soit pas tout à fait vrai, car quelques innocents ont été accusés à tort à cause de leur ADN
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Criminologie : un test ADN peut-il faire accuser un innocent ?

 

L’ADN retrouvé sur le couteau appartient-il forcément à quelqu’un qui a tenu l’arme du crime ? © Maarten Van Damme, Flickr, CC by 2.0

L’ADN retrouvé sur le couteau appartient-il forcément à quelqu’un qui a tenu l’arme du crime ? © Maarten Van Damme, Flickr, CC by 2.0

Dans une expérience où des individus se sont serré la main avant de tenir un couteau, des scientifiques ont retrouvé sur l’arme l’ADN de la personne qui ne l’avait pas touchée. Le risque d’inculper un innocent à tort, en utilisant l’ADN comme seule preuve, a peut-être été sous-estimé jusqu’ici.

Un innocent peut-il être condamné pour un crime qu’il n’a pas commis ? Aujourd’hui, les enquêteurs disposent de différents outils scientifiques pour confondre un suspect et les enquêtes criminelles passent souvent par l’étude des ADN détectés sur les lieux. Au départ, l’analyse ADN nécessitait d’avoir des échantillons de sang ou d’autres fluides corporels. Cependant, grâce aux avancées des biotechnologies, il est désormais possible d’obtenir un profil génétique avec beaucoup moins de matériel et seulement quelques cellules laissées sur place.

Avec une telle sensibilité dans les analyses ADN, le risque d’erreur judiciaire semble accru. Cette possibilité d’incriminer un innocent a pourtant souvent été considérée comme « théorique » et minimisée, l’ADN retrouvé sur une scène de crime ayant une forte probabilité mathématique de provenir d’une personne vraiment présente sur les lieux.

L’ADN donne donc parfois l’impression d’apporter des preuves solides, ce que remet en cause une nouvelle étude de l’université d’Indianapolis parue dans Journal of Forensic Sciences. Ici, les chercheurs ont voulu savoir si le transfert d’ADN par simple toucher entre deux personnes pouvait faire inculper un innocent. Ils ont voulu faire ce test car dans leur laboratoire il arrivait souvent que des échantillons soient contaminés par des profils ADN de personnes qui n’étaient jamais venues au laboratoire, comme les enfants des employés.

Les chercheurs ont donc demandé à des volontaires, par groupes de deux, de se serrer la main pendant deux minutes, puis de tenir un couteau. Les couteaux ont ensuite été analysés et l’ADN recherché.

Avec les progrès de la biologie moléculaire, il est possible d’obtenir un profil génétique à partir de quelques cellules laissées sur un objet
Avec les progrès de la biologie moléculaire, il est possible d’obtenir un profil génétique à partir de quelques cellules laissées sur un objet. © West Midlands Police, Flickr, CC by-sa 2.0

Il arrive que l’ADN de l’innocent soit détecté sans celui du coupable

Les résultats sont sidérants : dans 85 % des cas, l’ADN de la personne qui n’avait pas touché le couteau avait été transféré en quantité suffisante pour permettre d’obtenir un profil ADN. Et, dans certains cas, la personne innocente était la seule à avoir laissé son ADN, ou bien il pouvait y avoir un mélange d’ADN dans lequel le principal ADN était celui de la personne innocente !

Pour Cynthia Cale, principale auteur de l’article, les experts qui enquêtent sur un crime doivent être conscients que l’ADN d’un innocent peut être détecté sur une scène de crime ; ils devraient en informer les juges et les jurys lors des procédures judiciaires. Elle explique pourtant :

« La plupart des articles que j’ai lus sur le transfert d’ADN secondaire disent qu’il n’y a pas vraiment d’impact sur le résultat final ».

Or, les résultats obtenus ici prouvent le contraire puisqu’il est possible que le seul ADN retrouvé sur une arme appartienne à quelqu’un qui ne l’a pas touchée, et que l’ADN de celui qui a manipulé le couteau ne soit pas détecté !

Ce risque n’est donc pas seulement théorique. Ainsi, en 2013, en Californie, un homme a été arrêté et détenu plusieurs mois pour meurtre car son ADN avait été retrouvé sur la victime d’un homicide. Mais les charges qui pesaient contre lui ont été abandonnées : des experts ont conclu que son ADN avait pu être transféré à la victime par des ambulanciers lors de transports indépendants aux urgences.

La présence de cellules sur une scène de crime ne prouve donc pas que leur propriétaire est venu sur les lieux, l’ADN peut très bien avoir été apporté par d’autres moyens.

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Psychopathe et sociopathe: comment les différencier?


Ceux qui aiment les séries et enquêtes policières entendent souvent les mots : psychopathe sociopathe. Quelle est la différence entre ces deux troubles de la personnalité ? Sont-ils tous des tueurs en série ?
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Psychopathe et sociopathe: comment les différencier?

 

Psychopathe et sociopathe: comment les différencier?

Hannibal Lecter est un psychopathe.Capture d’écran Gentside

Psychopathe et sociopathe sont deux termes tirés de la psychologie pour désigner un individu présentant un comportement antisocial. Ces troubles de la personnalité ont inspiré de nombreux personnages de la culture populaire dont le célèbre Hannibal Lecter, protagoniste du film Le Silence des agneaux, sorti en 1991.

S’il est heureusement plutôt rare de se retrouver confronté à ce genre de tueur en série, les psychopathes et sociopathes existent réellement. Selon Xanthe Mallett, maître de conférences en criminologie à l’Université de médecine légale de Nouvelle-Angleterre, leurs troubles s’observeraient particulièrement chez les personnes au rang social élevé, exemple de réussite dans notre société.

«Ils sont souvent impitoyables, cyniques et superficiellement charmants, tout en ayant peu ou aucune considération pour les sentiments ou les besoins des autres», explique l’experte dans un article publié par The Conversation.

En d’autres termes, les psychopathes et sociopathes maitrisent l’art de la manipulation des sentiments d’autrui tout en étant incapables de ressentir eux-mêmes des émotions. Entre 0,2% et 3,3 % des personnes présenteraient ce genre de comportement. Un test psychologique a même été mis en place pour les identifier.

«Si vous êtes inquiets d’être vous-même psychopathe ou sociopathe, vous pouvez répondre à ce questionnaire mais laissez-moi vous faire gagner du temps: vous ne l’êtes pas. Si vous l’étiez, vous ne seriez probablement pas intéressé par ce test de personnalité», explique Xanthe Mallett.

Selon elle, les personnes entrant dans cette catégorie ne se préoccupent pas de leur défauts de caractère. Voilà  pourquoi leur comportement est actuellement considéré comme un trouble antisocial de la personnalité.

DES CARACTÉRISTIQUES COMMUNES

Psychopathes et sociopathes partagent un certain nombre de caractéristiques, comme l’absence de remords ou d’empathie pour les autres. Ils sont par ailleurs incapables de ressentir de la culpabilité ou d’assumer la responsabilité de leurs actions. Certains présentent même un certain mépris pour les lois ou les conventions sociales et peuvent être avoir des comportement violents.

La distinction entre ces deux troubles en revanche, est un peu plus complexe et encore largement débattue. Selon Xanthe Mallett, les sociopathes sont généralement moins stables émotionnellement et très impulsifs. Leur comportement tend à être plus imprévisible que celui des psychopathes.

Lorsqu’ils commettent des actes de criminalité, violents ou non, les sociopathes agissent de manière plutôt compulsive. Ils manquent de patience et sont moins organisés. Les psychopathes, eux, planifient leur crime dans les moindres détails, prenant en considération tous les risques pour éviter de se faire inculper.

De nombreux experts en psychologie débattent encore sur cette distinction, certains allant jusqu’à la remettre en cause. Toutefois, pour ceux qui la considère comme légitime, cette différence entre psychopathie et sociopathie peut s’expliquer principalement par l’origine du trouble.

Lorsque celui-ci est considéré comme le fruit d’une lésion cérébrale ou de l’environnement social, le terme utilisé pour caractériser le patient est généralement celui de sociopathe. En revanche, lorsque des facteurs psychologiques, biologiques et génétiques sont mis en jeu, les spécialistes parlent de psychopathie.

«Les psychopathes naissent psychopathes, les sociopathes le deviennent, résume Xanthe Mallett. Bien sûr, tous les psychopathes et sociopathes ne deviennent pas des tueurs en série. Et tous les tueurs en série ne sont pas des psychopathes ou sociopathes.»

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