Voici l’Akainacephalus johnsoni!


On trouve encore des nouvelles espèces vivantes, mais aussi ceux disparus. Au États-Unis, une nouvelle espèce de dinosaure herbivore a été découverte. Il portait une impressionnante armure pour se protéger. Il aurait vécu, il y a environ 76 millions d’années.
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Voici l’Akainacephalus johnsoni!

 

Représentation artistique de la tête d'un Akainacephalus johnsoni.

Représentation artistique de la tête d’un Akainacephalus johnsoni   Photo : Andrey Atuchin

Une nouvelle espèce de dinosaures munie d’une imposante armure osseuse recouvrant la majeure partie de son corps a été décrite pour la première fois par des paléontologues américains et australiens.

Un texte d’Alain Labelle


De la famille des ankylosauridés (Ankylosauridae), l’Akainacephalus johnsoni vivait il y a environ 76 millions d’années pendant le Crétacé supérieur sur le territoire correspondant à l’ouest de l’Amérique du Nord.

Selon Jelle Wiersma et Randall Irmis de l’Université de l’Utah, la bête était herbivore et mesurait 5 mètres de long et plus de 1,5 mètre de haut.

Représentation artistique de l’Akainacephalus johnsoni dans son milieu naturel.

Représentation artistique de l’Akainacephalus johnsoni dans son milieu naturel.  Photo : Andrey Atuchin

Il s’agit des animaux parmi les plus lourdement blindés à fouler la surface de la Terre. Leurs prédateurs de l’époque étaient le Teratophoneus, un cousin de 9 mètres de long du Tyrannosaurus rex, et le crocodilien Deinosuchus de 13 mètres de long.

L’une des caractéristiques uniques de ces créatures est la présence d’une masse osseuse élargie à l’extrémité de la queue qui pouvait leur servir de massue pour décourager leurs ennemis.

« Quelqu’un m’a dit un jour que les Akainacephalus étaient très laids et qu’ils avaient un visage que seule une mère peut aimer. Je dois dire que je ne suis pas du tout d’accord. Ce sont des animaux tout à fait extraordinaires et magnifiques », affirme le paléontologue Jelle Wiersma.

Les restes fossilisés ont été mis au jour dans le sud de l’Utah. Il s’agit d’un crâne complet, d’une grande partie de la colonne vertébrale, de la queue et de plusieurs éléments des membres antérieurs et postérieurs, ainsi que la fameuse armure corporelle osseuse.

Reconstruction d'un squelette d'Akainacephalus johnsoni. Les fossiles trouvés apparaissent en jaune.

Reconstruction d’un squelette d’Akainacephalus johnsoni. Les fossiles trouvés apparaissent en jaune.  Photo : J.P. Wiersma & R.B. Irmis

Les formes et l’agencement unique de sa tête et de son museau osseux en forme de petits cônes et de pyramides sont peut-être ses traits les plus distinctifs. Ils donnent, selon les chercheurs, des indices des origines asiatiques de certains ankylosauridés qui parcouraient l’ouest de l’Amérique du Nord vers la fin de l’ère des dinosaures.

En fait, la bête habitait un environnement chaud et humide semblable à la baie du sud de la Louisiane, avec des ruisseaux et des rivières à faible débit et des marécages.

Ces particularités physiques rappellent ceux d’un autre dinosaure, le Nodocephalosaurus kirtlandensis, qui peuplait le territoire de l’actuel Nouveau-Mexique il y a 77 millions d’années. D’autres dinosaures nord-américains apparentés, comme l’Ankylosaurus, avaient une armure relativement plate qui leur couvrait la tête.

À la surprise des paléontologues, ces deux espèces semblent physiquement plus proches d’autres espèces asiatiques et plus éloignées d’autres espèces nord-américaines qui peuplaient le continent à l’époque.

Bien que les ankylosauridés soient originaires d’Asie et datent de 125 à 100 millions d’années, ils n’apparaissent dans les fossiles nord-américains qu’il y a environ 77 millions d’années.

Selon les chercheurs, cela indique que Akainacephalus et Nodocephalosaurus étaient des proches parents des ankylosaures asiatiques et que de multiples événements d’émigration impliquant ce groupe se sont produits de l’Asie vers l’Amérique du Nord à la fin de la période crétacée. Il en a résulté deux lignées distinctes en Amérique du Nord d’ankylosaures à queue de massue.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal PeerJ.

https://ici.radio-canada.ca/

 

Fossile : un oiseau à dents découvert dans l’Arctique canadien


Des oiseaux en Arctique ? Il faut remonter de plusieurs millions d’années, alors que le climat était très favorable pour des oiseaux à dents
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Fossile : un oiseau à dents découvert dans l’Arctique canadien

 

Une représentation possible de Tingmiatornis arctica, un oiseau du Crétacé supérieur qui vivait en Arctique à l'époque où il y faisait chaud. © University of Rochester, Michael Osadciw

Une représentation possible de Tingmiatornis arctica, un oiseau du Crétacé supérieur qui vivait en Arctique à l’époque où il y faisait chaud. © University of Rochester, Michael Osadciw

Les restes d’un oiseau d’une espèce jusque-là inconnue, datant du Crétacé supérieur, ont été retrouvés en région arctique. Ils montrent que ces animaux étaient déjà assez diversifiés et l’étude du milieu environnant indique qu’il faisait alors vraiment chaud en ces hautes latitudes.

Au nord-est du Canada, en territoire Nunavut, dans les îles Sverdrup, côté océan Arctique, donc, par plus de 79° de latitude nord, une équipe de l’université de Rochester (États-Unis) a découvert les restes fossiles d’un oiseau. Vieux de 90 millions d’années, il a vécu au Crétacé supérieur, durant le « Turonien » (du nom de la ville de Tours).

Ce n’est pas l’oiseau le plus ancien, ce n’est pas non plus le premier trouvé à hautes latitudes et datant du Crétacé, mais l’animal décroche tout de même un record : celui du plus septentrional pour cette époque. Et sa découverte contraint à revisiter la géographie et le climat de la région durant cette courte période, de – 93,9 à 89,8 millions d’années.

Un ancêtre proche des oiseaux modernes

Les scientifiques ont exhumé trois os : une partie de cubitus (ou ulna en langage scientifique moderne), un humérus complet et un autre, partiel, autrement dit des fragments de l’aile de l’oiseau. Leur analyse par Julia Clark, de l’université du Texas, a permis, comme le relate le communiqué de l’université de Rochester, de rapprocher ce spécimen des oiseaux modernes et d’affirmer qu’il pouvait voler.

Probablement de la taille d’un goéland, il a été baptisé Tingmiatornis arctica par l’équipe, tingmiat signifiant « ceux qui volent » en langue inuktitut, un dialecte inuit. Il appartiendrait à la lignée des oiseaux modernes, qui ont survécu à la crise K-T (ou Crétacé-Tertiaire), qui a vu disparaître, entre autres, les dinosaures et deux autres lignées d’oiseaux, les Hesperornithes et les Ichthyornithidés. L’histoire des oiseaux étant toujours sujette à discussions, ce fossile les alimentera sûrement. (Voir notre entretien avec le paléontologue Éric Buffetaut.)

Les fossiles ont été découverts à l'extrême nord-est du Canada, non loin de l'océan Arctique. © Google Earth, Richard Bono et Rory Cottrell

Les fossiles ont été découverts à l’extrême nord-est du Canada, non loin de l’océan Arctique. © Google Earth, Richard Bono et Rory Cottrell

Des dents ?

Les auteurs lui dessinent une dentition, ce qui n’est pas une nouveauté, les oiseaux à dents étant connus de cette époque. Elles n’ont cependant pas été retrouvées parmi ces restes fossiles, comme l’indique d’ailleurs l’article scientifique paru dans la revue Nature. John Tarduno, responsable de cette étude, rapporte de précédentes découvertes de poissons d’eau douce dans cette zone, ce qui, selon lui, impose une bonne taille et des dents chez leurs prédateurs.

La reconstitution de l’environnement de T. arctica est aussi un chapitre intéressant de cette étude. L’équipe a étudié soigneusement les registres fossiles des environs, qui comportent des vertébrés, mais aussi des foraminifères (organismes planctoniques à squelette minéral), dont la composition isotopique a été analysée.

Une reconstitution de ce milieu, chaud, humide et poissonneux. On remarque l'activité volcanique, que soulignent les auteurs de l'étude. © University of Rochester, Michael Osadciw

Une reconstitution de ce milieu, chaud, humide et poissonneux. On remarque l’activité volcanique, que soulignent les auteurs de l’étude. © University of Rochester, Michael Osadciw

    Au temps où l’Arctique était chaud

    Conclusion : il faisait nettement plus chaud que ce l’on pensait à cette latitude élevée durant le Turonien. La région connaissait des minimas de températures hivernales de 14 °C, rapportent les auteurs. Mais leurs analyses indiquent, pour l’eau douce qui se trouvait là, des températures comprises entre 18 °C et 25 °C au fond des lacs, mais les eaux de surface devaient atteindre parfois 35 °C.

    Comme la géologie indique des couches basaltiques, les auteurs estiment que l’activité volcanique devait être très forte durant le Turonien et que le climat était très chaud, même à hautes latitudes. Ces oiseaux, proches des nôtres, ont dû trouver là un environnement favorable.

    Les points clés à retenir

  • Les oiseaux avaient investi les très hautes latitudes au Crétacé supérieur.

  • Leur diversification était sans doute importante.

  • Durant le Turonien, la région avait un climat chaud

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