Le cime­tière de Vienne vend des Lego pour que les enfants apprennent la mort en s’amu­sant


Quand survient la mort d’un proche, il est parfois difficile de parler de la mort aux jeunes enfants. Un musée funéraire à Venise propose des ensembles Lego pour s’initier a tout ce qui touche un enterrement.
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Le cime­tière de Vienne vend des Lego pour que les enfants apprennent la mort en s’amu­sant

 

Crédits : Bestat­tungs­mu­seum Wien

par  Nicolas Prouillac

Il n’est pas simple pour les parents d’abor­der la ques­tion de la mort avec leurs enfants.

En effet, comment faire pour ne pas terro­ri­ser les tout-petits quand on est soi-même pas très à l’aise avec la fin du film ? Pour venir en aide aux familles dans l’em­bar­ras, le Bestat­tungs­mu­seum (musée funé­raire) de Vienne vend des kits Lego pour permettre aux enfants de rejouer l’en­ter­re­ment de papy ou la créma­tion de mamie au pied de leur coffre à jouets.

Crédits Bestat­tungs­mu­seum Wien

On trouve par exemple un duo exca­va­teur et pierre tombale – sous laquelle on peut glis­ser un cercueil en bois – ; ou bien un four créma­toire aux flammes rouges, accom­pa­gné d’un employé barbu à la mine pati­bu­laire qui bran­dit ce qu’on imagine être une urne funé­raire. Sans oublier le corbillard à l’an­cienne et le four­gon de la morgue, qui trans­porte les morts au frais.

Crédits : Bestat­tungs­mu­seum Wien

Selon le porte-parole du musée Florian Keusch, les premiers kits Lego ont été imagi­nés en 2016. Alors histo­riques (calèche et corbillard), ils ont été rejoints en 2018 par des repré­sen­ta­tions modernes pour aider les enfants à comprendre ce qui est arrivé à leurs aïeux·les dispa­ru·es et faire leur deuil tout en s’amu­sant.

Source : Bestat­tungs­mu­seum

 

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Le Saviez-Vous ► Non, la tête de Walt Disney n’a pas été cryogénisée


Quand j’étais petite, bien avant Internet, on racontait que c’était tout le corps de Walt Disney qui avait été congelé et qu’il serait dégelé quand la science aurait trouvé un remède contre le cancer. Je trouvais cela bien étrange. Cette légende urbaine est toujours d’actualité et qu’il parait qu’avec la Reine des neiges, la prétendue cryogénisation de Walt Disney à refaite surface. Et comme on le sait, Internet est un endroit idéal pour continuer a propager des rumeurs.
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Non, la tête de Walt Disney n’a pas été cryogénisée

 

Walt and the seagull | Rian Castillo via Flickr CC License by

Repéré par Lucile Bellan

Repéré sur BBC

Mais l’histoire reste cependant fascinante.

 

Internet regorge de légendes urbaines qui persistent avec les décennies. Si certaines sont franchement terrifiantes, comme c’est le cas du récent Momo challenge, l’histoire de la cryogénisation de Walt Disney est en réalité plutôt sympathique. Selon la légende, le célèbre fondateur de l’empire aux grandes oreilles aurait été cryogénisé à son décès en décembre 1966… ou en tout cas sa tête, la seule partie de son corps qui aurait été conservée. Et c’est sous l’attraction Pirates des Caraïbes au parc Disneyland d’Anaheim en Californie que cette drôle de relique se trouverait aujourd’hui.

Parce que le personnage de Walt Disney lui-même est source de fantasmes et de théories plus ou moins fumeuses, l’auteur Marc Eliot a compilé cette légende et bien d’autres dans son livre Walt Disney, la face cachée du prince d’Hollywood, publié en 1993.

«Walt a raté sa chance»

Bob Nelson, fondateur de la California Cryogenics Society en 1966, a révélé au Los Angeles Times les coulisses de cette rumeur:

«Nombreux sont ceux qui pensent qu’il l’était, et que le corps est stocké au froid dans son sous-sol. La vérité, c’est que Walt a raté sa chance. Il ne l’a jamais spécifié par écrit, et lorsqu’il est mort la famille a refusé, préférant la crémation. J’ai moi-même vu ses cendres. Elles sont à Forest Lawn. Deux semaines plus tard, nous congelions le premier homme. Si Disney avait été le premier, cela aurait fait les gros titres du monde entier et aurait donné un sérieux coup de pouce à la cryonie. Mais c’est ainsi.»

Même si l’idée du milliardaire conservé dans la glace pour être décongelé dans le futur est plaisante, il est donc peu probable que Walt Disney ait fait cryogéniser son corps ou sa tête. Des documents officiels confirment que l’homme d’affaires a subi une crémation après sa mort. Et sa propre fille Diane a effectué la délcaration suivante en 1972:

«Il n’y a absolument aucune forme de vérité derrière la rumeur qui veut que mon père, Walt Disney, ait été congelé. Je doute même que mon père avait seulement entendu parler de cryogénisation».

Cette rumeur persistante continue toutefois de faire son chemin. Et la sortie du film La reine des neiges a bien réveillé l’histoire. Une nouvelle rumeur, évoquée par la très sérieuse BBC, voudrait que La Reine des neiges, dont le titre anglais Frozen signifie congelé, se nomme ainsi pour que les occurrences de recherches sur internet du film «effacent» en quelque sorte les sources qui évoquent la rumeur initiale de cryogénisation de Walt Disney. Mais Internet n’oublie rien et malgré le succès de La Reine des Neiges, dont une suite est prévue pour le 22 novembre prochain, il se trouvera toujours une personne pour se demander si Walt Disney, tout ou en partie, a été congelé ou pas.

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► Que se passe-t-il pendant une crémation ?


Non, pas pour moi ! Je veux être dans une boite sans plus sous terre. L’incinération, c’est trop chaud !!
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Que se passe-t-il pendant une crémation ?

 

crématorium

Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay

par Manon Rprs

Devenue une pratique courante lors de la fin de vie, l’incinération, ou la crémation, est une véritable alternative à l’inhumation pour la génération actuelle. La crémation détruit-elle tout notre squelette ? Que reste-t-il après ?Découvrez les réponses à des questions que l’on n’ose poser qu’à demi-mot.

La crémation d’un corps le réduit en cendres par le feu, une pratique répandue qui n’est pourtant pas sans intriguer. Contrairement à d’autres pays où l’on brûle les défunts en public, comme en Inde, le système de crémation en France empêche les proches d’assister à ce processus, parfois cachés derrière une vitre. Mais alors, comment un four crématoire peut-il transformer un corps en fines cendres ? Que se passe-t-il concrètement ?

La crémation : le processus technique

Lorsque le corps entre dans le four, la température est à 600-650 degrés. Le corps va s’y loger pendant 1 h 30 (à 2 h, selon la corpulence) et la température va ensuite progresser. Le four atteindra au minimum 850 °C et pourra même aller jusqu’à 1 000 °C. Pour autant, le résultat de cette crémation ne sera pas simplement poussière. On y trouvera des métaux, comme ceux utilisés pour les prothèses, les couronnes dentaires et autres plombages. Aussi, les os sont fragmentés mais pas complètement en cendres. Auparavant, ils étaient remis aux proches de cette façon pour qu’ils les mettent directement dans une urne. Aujourd’hui, et ce depuis le décret de 1976, les os doivent être « pulvérisés » et réduit en « poudre fine », avec un objet similaire à une houe de paysan puis avec une autre machine à la fin de la crémation. La famille reçoit ensuite une urne avec les cendres, souvent le jour même.

Précisons qu’une chambre crématoire ne brûlera qu’un seul corps à la fois, ne pouvant en supporter davantage. De rares exceptions peuvent être faites, notamment en cas de décès d’une mère avec un enfant mort-né.

Concernant les métaux, un aimant les récupéra après la crémation. Par ailleurs, vous en avez peut-être eu vent, certains crématoriums revendaient l’or récupéré, notamment en Suisse où l’argent était ensuite réutilisé pour financer les cimetières. Cette pratique fait débat.

Sources : santeplusmag.com ; nouvelobs.com

https://lesavaistu.fr/

Et si votre corps mort servait d’engrais?


Avec le reportage sur les salons funéraires, la semaine dernière, il y a de quoi à se demander si ce n’est pas une manière faire plus d’argent. Quoique le procédé plus écologique est sans doute intéressant
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Et si votre corps mort servait d’engrais?

 

Arlington National Cemetery, le 5 avril 2012.  | Tim Evanson via Flickr CC License by

Arlington National Cemetery, le 5 avril 2012. | Tim Evanson via Flickr CC License by

Repéré par Camille Jourdan

Repéré sur New York Times

C’est ce que propose le procédé d’aquamation, en vogue aux Etats-Unis.

 

On s’est tous déjà posé la question: «moi, je ne voudrais pas finir brûlé», ou «moi, c’est hors de question de finir bouffée par des asticots». Comme s’il n’y avait que deux solutions: l’incinération, ou l’inhumation. D’autres options existent pourtant. Le blog de Slate Globule et téléscope en parlait déjà il y a plusieurs années. Cette fois, c’est le New York Times qui aborde le sujet, et parle de l’aquamation.

Aqua-quoi? Ce procédé, de son petit nom scientifique «hydrolise alcaline», gagne du terrain aux Etats-Unis: la Californie vient de devenir le 15e Etat à réglementer les règles de ce nouveau commerce funéraire. La méthode n’est pourtant, elle, pas si nouvelle, puisqu’elle était utilisée autrefois pour se débarrasser des restes d’animaux. Comment ça marche? Il s’agit en fait d’un procédé physico-chimique:

le corps est plongé dans un mélange d’eau et d’alcali, «un sel dérivé d’un métal alcalin (généralement de l’hydroxide de sodium, de l’hydroxide de potassium, ou une combinaison des deux)», précise le New York Times.

Le tout est placé dans une machine qui fait monter la température autour de 100°C. Pour résumer, le corps est dissout:

«[La] machine utilise un bain chimique pour dissoudre les protéines, le sang et les graisses, ne laissant qu’un liquide couleur café, les os réduits en poudre, et les implants métalliques, comme les plombages dentaires.»

Beaucoup plus écologique

 

Décrit comme ça, ça n’a rien de ragoûtant. Mais pour les centres funéraires adeptes du système, les avantages sont nombreux.

«L’inhumation est morte, assure l’un des concepteurs des machines à aquamation, elle est vouée à disparaître. Ce n’est pas une méthode durable. Trop de gens et pas assez de terres.»

Outre d’être un remède aux cimetières surpeuplés, l’aquamation est également bien plus écologique, avec une empreinte carbone réduite à «un dixième» de celle de la crémation, avance le New York Times. Quant aux restes liquides du corps humain, ils feraient un excellent engrais:

«Les experts estiment que ce fluide est stérile, et qu’il contient de nombreux nutriments.»

Les restes osseux, eux, peuvent être rendus à la famille.

Le site Funéraire Info relève toutefois quelques barrières à l’arrivée de ce procédé en France. L’homologation, d’abord, «qui pourrait prendre de nombreuses années». Autre obstacle:

«Pour être optimale, une aquamation doit se pratiquer sur un corps nu, ou recouvert d’un tissu naturel biodégradable, et sans cercueil. Celui-ci étant obligatoire en France, une exception ouvrirait la voie à moult contestations.»

La durée de l’aquamation peut également poser problème; si cela prend moins de trois heures pour des personnes de petite corpulence, la dissolution d’un corps plus imposant pourrait durer plus de dix heures… De quoi allonger les files d’attente qui existent déjà dans certains funérariums.

Les familles elles-mêmes ne sont peut-être pas encore prêtes. Mais les mentalités changent: en quelques décennies, la crémation a gagné du terrain sur l’inhumation. Qui sait, peut-être que les restes de nos arrières-petits-enfants finiront tous par nourrir les plantes des fermes voisines.

http://www.slate.fr

Mourir écolo


Si une chose que l’on peut faire quand nous l’on meurt, c’est bien que nos funérailles soient le plus écolo possible. Pour ma part, j’aimerais mieux être enterré dans un trou avec un linceul biodégradable ou au pire un cercueil biodégradable sans embaumement
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Mourir écolo

 

Un mouvement plus vivant que jamais dans l'industrie... (Photo Noémie Letu, fournie par Alfred Dallaire MEMORIA)

Un mouvement plus vivant que jamais dans l’industrie tend à prouver que les rites mortuaires et le développement durable ne sont pas incompatibles.

PHOTO NOÉMIE LETU, FOURNIE PAR ALFRED DALLAIRE MEMORIA

 

Jadis à la traîne du Vieux Continent et de ses voisins américains, l’industrie funéraire du Québec a pris, au cours des dernières années, ses impacts environnementaux à bras-le-corps. Virée verte dans les coulisses de la mort, où la conscience écologique est plus vivante que jamais.

Plus de 60 000 Québécois passent l’arme à gauche tous les ans et au fur et à mesure que la Faucheuse aiguise sa lame, la planète accumule les corps, les cendres… et leurs contenants.

Trêve d’euphémismes: la mort, aussi froid semble le constat, se fait un peu chaque fois au péril de la vie sur Terre. Au-delà du deuil, les rituels funéraires touchent notamment les nappes phréatiques, l’écosystème et la couche d’ozone.

Or, un mouvement plus vivant que jamais dans l’industrie tend à prouver que les rites mortuaires et le développement durable ne sont pas incompatibles. Tant s’en faut. D’abord à la remorque de l’Europe, le Québec prend le pas. Et la Fédération des coopératives funéraires entend ouvrir la marche de cette révolution verte.

«Notre but n’est pas de faire l’économie des rites funéraires, parce qu’ultimement, les funérailles les plus écologiques sont celles où personne ne va», indique France Denis, responsable des communications de la Fédération des coopératives funéraires.

«L’idée est de pallier l’émission de gaz à effet de serre et, autant que possible, de la réduire à la source», ajoute Mme Denis.

Parmi les initiatives: la plantation de milliers d’arbres par l’entremise du projet Héritage.

«Actuellement, nous sommes la seule coopérative funéraire à compenser entièrement nos émissions de gaz à effet de serre, dit Garry Lavoie, directeur de la Coopérative des Deux Rives, plus important regroupement funéraire en Amérique du Nord. Le déplacement des corbillards pendant les funérailles, le voyagement des membres et des administrateurs lors des assemblées générales, la crémation ou l’inhumation… tout est calculé.»

En 2015 seulement, l’association de la région de Québec a déboursé 30 000 $ pour que 8000 nouveaux arbres prennent racine au Pérou et au Québec. Une dizaine de coopératives funéraires du Québec participent, à différentes échelles, à l’initiative de reboisement et de collaboration Nord-Sud. Depuis 2009, un total de quelque 70 000 végétaux se sont ainsi ajoutés à la flore mondiale par l’entremise de coopératives forestières du Québec et de l’Amérique latine.

La Coopérative des Deux Rives, qui a mis noir sur blanc sa politique verte en 2009, a poussé son engagement jusqu’à optimiser l’efficacité énergétique de ses 11 bâtiments dans le nanodétail: géothermie, toilettes à faible débit, café équitable, papier certifié SFC, etc.

«Nous avons aussi fait pression sur nos fournisseurs pour offrir des produits écologiques, se réjouit M. Lavoie, dont le travail a été récompensé par moult distinctions. C’est à la suite de nos démarches que Cercueils Magog a mis sur le marché des modèles de cercueils biodégradables, certifiés par le Green Burial Council [OSBL qui atteste des pratiques durables dans le milieu funéraire].»

Les entreprises s’évertuent

Au-delà des coopératives, un nombre croissant d’entreprises funéraires québécoises se montrent conscientes de leur empreinte… et conscientisées dans leur emprise. La maison Alfred Dallaire Memoria est l’une de celles qui permettent aux défunts ou à leurs proches de tisser leur fibre écologique jusqu’à l’éternel repos, que ce soit par l’entremise d’urnes biodégradables, d’inhumations sans embaumement ou de funérailles carboneutres.

«De plus en plus de clients souhaitent agir localement, et nous posent des questions pour organiser des funérailles le plus écologiques possible. Notre travail est de leur présenter les options et de leur montrer qu’elles ne sont pas si coûteuses», précise Julia Duchastel, vice-présidente de Memoria.

Après la mort inopinée de son frère Jean, Robert Langevin est l’un de ces clients qui ont choisi de rester fidèles aux valeurs vertes du défunt.

«Dans son testament, mon frère a inscrit qu’il voulait que l’on dispose de son corps de manière écologique, sans autres détails, dit-il. Et moi-même, je suis très écolo, alors ce n’était même pas une question.»

La famille a choisi la crémation, et la réception s’est organisée à l’avenant: vaisselle réutilisable, vin bio, récupération, etc. Lors d’un deuil, bien peser les options peut toutefois devenir ardu, constate M. Langevin après coup.

«Honnêtement, tout ça va très vite, surtout lorsque la mort est inattendue. Nous n’avons pas eu le temps de lire les études ni d’avoir de longues discussions pour comparer les méthodes d’inhumation ou de crémation.»

Aqua… quoi? Aquamation

Pourtant, les clients québécois sont les premiers à pouvoir voter vert lorsqu’il est question de disposer d’un corps. Si la crémation s’avère plus polluante, les études s’entendent pour dire que l’inhumation dégrade plus directement l’écosystème et la santé humaine.

Une solution point toutefois à l’horizon, puisque de plus en plus de familles endeuillées se tournent vers l’aquamation. Contrairement à la crémation habituelle, c’est de l’eau bouillante en mouvement, mélangée à une solution alcaline, qui dissout la dépouille.

«Le résultat final est exactement le même qu’avec la crémation par le feu, soit de la poussière d’os, mais on ne brûle pas de gaz et on ne produit pas de CO2», explique Éric LeSieur, du complexe du même nom à Granby, qui a importé la technique des États-Unis en 2015.

Les eaux usées sont ensuite dirigées vers les égouts municipaux.

«Mes clients choisissent ce procédé à 98 %. Nous venons tout juste de faire notre 300e [aquamation], et selon le fournisseur, je serai le salon le plus actif dans le monde d’ici la fin de l’année [2016].»

Deux facteurs rebutent en outre certaines maisons funéraires à emboîter le pas. Primo, le prix. La machine se détaille autour de 150 000 $ US.

«Elle coûtait 700 000 $ il y a sept ans», nuance M. LeSieur.

Secundo, la durée du processus.

«L’aquamation peut prendre jusqu’à huit heures, remarque Julia Duchastel, de Memoria. Nous n’avons pas jugé que c’était un rendement intéressant et nous avons préféré nous concentrer sur l’efficacité énergétique de nos fours crématoires. Avec de nouveaux appareils européens, nous avons réussi à réduire les émissions de 50 %.»

Quoi qu’il en soit, peu importe le moyen ou le motif, l’industrie funéraire et ses clients croient plus que jamais qu’il y a une vie après la mort. Du moins sur Terre…

Les cimetières naturels placent l’environnement au coeur de leur mission. Sur la photo, le jardin des mémoires de la maison Alfred Dallaire Memoria.

PHOTO CLAUDIA BÉRUBÉ, FOURNIE PAR ALFRED DALLAIRE MEMORIA

Partir sans laisser de traces

Six pistes pour réduire son empreinte écologique après le dernier souffle

Cimetières, format nature

D’abord populaires aux États-Unis et en Europe, les cimetières naturels placent l’environnement au coeur de leur mission: flore abondante, utilisation minimale de produits toxiques, mobilier fait de matériaux recyclés, etc. Les Sentiers commémoratifs de la Rivière, dans les Laurentides, et le Cimetière naturel de la Coopérative funéraire de l’Estrie ont été les premiers à importer le concept au Québec, respectivement en 2009 et en 2012. Ces deux sites naturels, l’un à Prévost, l’autre à Sherbrooke, permettent de minimiser l’empreinte écologique des défunts et de symboliser plus sensément leur «retour à la terre». Seules les urnes cinéraires y sont acceptées. La maison Alfred Dallaire Memoria a d’ailleurs inauguré ce mois-ci à Montréal le jardin des mémoires, un endroit verdoyant où les familles éplorées peuvent disperser les cendres de l’être cher.

«Il y a une réelle tendance à se tourner vers la nature, que ce soit l’eau ou la forêt, remarque Julia Duchastel. Dans les hôpitaux, par exemple, c’est prouvé que les patients guérissent plus vite s’ils voient, par la fenêtre de leur chambre, des arbres plutôt que du béton. Dans le deuil, il y a ce même effet d’apaisement.»

Aux urnes, voter vert

Les urnes botaniques, 100 % biodégradables, poussent l’idée du retour à la terre à son paroxysme, puisque les cendres du défunt, mixées aux ingrédients nécessaires à la germination, engendrent un arbre: cerisier, bouleau rouge, érable, sapin baumier, etc. En 2004, feu Flocon de Neige, unique gorille albinos avéré depuis la nuit des temps, a été l’un des premiers «cobayes» de l’urne Bios, inventée à Barcelone par les designers espagnols Martin Ruiz de Azua et Gerard Moliné. L’un des dépositaires québécois, Arbre de vie, vante ainsi le produit:

«Les cendres, y compris ceux des restes incinérés, sont une bonne source de phosphore pour les plantes. Donc l’acte final de l’esprit écologique pourrait être de fertiliser un arbre.»

Il existe également des urnes de glace, dans lesquelles les cendres vont rejoindre les eaux du Saint-Laurent.

Effacer son empreinte

De nombreux salons funéraires ont choisi au cours des dernières années de financer la plantation d’arbres pour honorer la mémoire des défunts et offrir des funérailles «carboneutres». Une dizaine de membres de la Fédération des coopératives funéraires du Québec participent au projet Héritage, qui a permis de reboiser, par l’entremise de coopératives forestières, des terrains du Guatemala, du Pérou et du Québec.

Inhumation ou crémation?

En 2011, des étudiants à la maîtrise de l’École de technologie supérieure et de l’École Polytechnique, à la demande de la Fédération des coopératives funéraires du Québec, ont réalisé la première étude comparative au Canada sur les conséquences environnementales des processus de disposition des corps.

«Alors que l’inhumation a des impacts plus importants sur la santé humaine et la qualité des écosystèmes [mercure contenu dans les appareils dentaires, composants métalliques des cercueils, etc.], la crémation utilise des ressources et accentue les changements climatiques et la pollution de l’air», notent les chercheurs.

Les étapes autour de la combustion du corps et du gaz naturel libèrent 762 kg de CO2 (environ un vol aller-retour Montréal-Paris), tandis que l’inhumation génère en moyenne 126,8 kg de gaz à effet de serre, selon l’étude. Les technologies énergétiques se sont toutefois améliorées depuis. L’aquamation, ou hydrolyse alcaline, reste de loin la solution la plus écologique. Selon ses partisans, ce procédé offert à Granby et à Rouyn-Noranda serait responsable de l’émission d’un maigre kilogramme de dioxyde de carbone.

Cercueils écologiques

Les impacts de l’inhumation peuvent être considérablement réduits grâce aux cercueils écologiques – sans matériaux métalliques – généralement des contenants en carton recyclé ou en bois provenant de forêts gérées de manière responsable. Mieux encore: pourquoi ne pas enterrer le corps en chair et en os, sans artifice? Pour des raisons sanitaires, une loi québécoise stipule que les corps doivent obligatoirement être mis en terre dans une caisse ou un linceul, à une profondeur d’au moins un mètre. De quoi compliquer nombre de funérailles ethniques, notamment celles des juifs et des musulmans, dont les moeurs commandent un retour minimaliste à la terre…

Dire non à l’embaumement

L’embaumement est souvent cité parmi les pratiques funéraires les plus toxiques pour l’environnement. Le responsable? Le formaldéhyde injecté dans les vaisseaux sanguins, qui a la triste de réputation d’être polluant et… cancérigène. Des succédanés écologiques existent, mais à prix fort, et «la note est ultimement refilée aux clients», explique Denis Desrochers, président de la Corporation des thanatologues du Québec et propriétaire du Centre funéraire Grégoire Desrochers, à Victoriaville. Les intervenants du monde funéraire constatent en outre que de plus en plus de clients refusent l’embaumement. L’exposition du corps se fait alors promptement ou est tout simplement abandonnée.

En chiffres

100 000: Nombre de morts prévues au Québec pour l’année 2043, alors que quelque 60 000 morts ont été recensées annuellement depuis 2010.

80 %: Proportion des Québécois qui sont en faveur de la dispersion des cendres dans le cadre d’un rituel écologique. Ce choix reçoit l’adhésion de 90 % des jeunes de 25 à 34 ans, mais seulement 62 % des répondants de 65 ans et plus y sont favorables.

79 %: Proportion des Québécois qui prévoient opter pour la crémation au moment d’indiquer leurs dernières volontés. L’Église catholique la tolère depuis 1963, mais condamne toujours la dispersion des cendres dans la nature ou leur conservation à domicile.

40 %: Réduction potentielle des impacts environnementaux de l’inhumation grâce à l’utilisation d’un cercueil écologique et à l’abandon de la pierre tombale.

De 150 à 530 grammes: Quantité de formaldéhyde, un contaminant cancérigène, qui est utilisée lors de l’embaumement d’une dépouille.

95 %: Proportion de l’impact environnemental de la décomposition du corps liée au mercure solide, un contaminant qui est souvent présent dans les alliages dentaires.

Sources: Sondage Léger 2015 pour le compte d’Alfred Dallaire Memoria, Guide de la coopérative funéraire écoresponsable, Institut de la statistique du Québec, Agence France-Presse.

http://www.lapresse.ca/

Le Saviez-Vous ► Que se passe-t-il si on meurt sur Mars?


Si Mars One réussit a amener des gens pour coloniser la planète Mars qu’arrivera-t-il avec les corps de ceux qui mourront en terre martienne. D’après les constations, il n’y a pas de bactéries pour décomposer les corps ? Alors la crémation ? Avec quoi ? Le compostage ? Point de vue morale cela peut être difficile à concevoir
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Que se passe-t-il si on meurt sur Mars?

 

Le cratère Santa Maria sur Mars photographié par la Nasa | Reuters

Le cratère Santa Maria sur Mars photographié par la Nasa | Reuters

Repéré par Alix Fieux

Attention spoiler. Votre corps pourrait se conserver longtemps. Très longtemps.

Il est tout à fait possible qu’une personne aujourd’hui vivante sur notre Terre puisse un jour mourir sur Mars. C’est en tout cas le souhait qu’a fait Elon Musk. Le millionnaire âgé de 41 ans a annoncé que son plus grand regret serait de ne pas pouvoir un jour poser les pieds sur la planète rouge de son vivant. Le magazine Atlas Obscura s’est donc demandé de ce qu’il adviendrait d’un corps humain laissé sans vie sur Mars.

Et la réponse est plutôt suprenante. À l’inverse d’une dépouille qui, sur notre planète se décomposerait assez rapidement, un cadavre sur Mars peut en réalité se conserver très très longtemps. En effet, sur Terre, les bactéries affluent au bout de quelques heures seulement autour de nos corps sans vie et se nourrissent de matière organique pour alimenter leur propre survie. Or, sur la surface martienne, nous ne connaissons pas encore d’éléments biologiques de ce type.

Très longue conservation

 

Qui plus est, sachez que les nuits sur Mars sont plutôt froides: le froid polaire stoppe le travail et la prolifération des bactéries, agissant comme un agent conservateur sur notre peau et nos organes. Au risque de vous faire peur, c’est donc un processus long proche de la momification qui risquerait de s’opérer, si un corps venait à jour à périr sur Mars. À ce rythme, on pourrait imaginer trouver des os humains encore composés plus de 100 millions d’années après le décès.

D’ailleurs, on peut aisément imaginer que si le scénario d’une mort humaine sur la surface martienne se produisait, le corps serait enterré. Au froid, et au sec, la dépouille pourrait même se conserver encore plus longtemps.

Crémation ou compostage des corps?

 

Mais alors, pourquoi n’a-t-on jamais trouvé de traces de vie sur la surface martienne? Impossible à cet égard de répondre catégoriquement, mais les scientifiques expliquent partiellement l’absence de toute trace de vie –même ancienne– par le fait qu’il existe sur Mars des rayonnements ionisants à des niveaux inédits sur Terre, détruisant rapidement toute matière organique.

Pour disposer d’un corps, les explorateurs de Mars devraient recourir à la crémation ou à une décomposition délibérée. À titre d’exemple, Mars One, un projet qui vise à l’installation d’une colonie humaine sur la planète a déjà évoqué la crémation des premières dépouilles humaines sur Mars. Mais cela reviendrait à extraire ou fabriquer deux composants jusqu’ici inexistants sur Mars: l’oxygène et le carburant.

Communication

 

Une option moins conventionnelle est également évoqué: le compostage des corps humains. Cependant, à en croire un bioéthicien spatial interrogé par Slate.com, l’éventualité est peu probable pour des raisons morales évidentes :

«Il y a des sociétés qui ont désespérément besoin d’engrais et qui n’ont jamais utilisé leurs cadavres à cet effet». 

Pourtant il y a quelques années, certaines astronautes ont déjà bu de l’urine recyclée. Est-ce donc à imaginer qu’une fois le tabou de la mort dépassé, nous pourrons sans problème composter des corps humains? Cela reste à voir.

Chris Hadfield, le premier astronaute canadien à avoir marché dans l’espace s’est également intéressé au sujet de la mort dans l’espace. Il a tiré de son expérience quelques réponses à ces questions rares mais essentielles, lorsqu’elles surviennent: Que faire avec le cadavre et son odeur? À quelle vitesse un corps se décomposera-t-il? Comment la famille de la personne doit-elle être avisée? Comment l’équipe de relations publiques doit-elle répondre? Bien sûr, rien de tel que le vécu pour répondre de manière certaine à toutes ces interrogations. Mais prendre les devants pour prévoir une fin de vie est toujours conseillé.

http://www.slate.fr/

Que deviennent les prothèses après la mort des patients ?


Avec les avancés médicales, pour pallier à des handicaps ou par maladie, des prothèses en tous genre sont mit à des patients. Lors de la mort, ces prothèses ne peuvent pas toujours laissé sur la personne surtout les appareils qui possède une pile quand la personne décédée choisit la crémation
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Que deviennent les prothèses après la mort des patients ?

 

Après la mort, différentes options existent selon le type de prothèse et selon que la personne est enterrée ou incinérée. THE TIMES/SIPA

Après la mort, différentes options existent selon le type de prothèse et selon que la personne est enterrée ou incinérée. THE TIMES/SIPA

Par Hugo Jalinière

Bras, jambe, genou, hanche et autres pacemakers… Que deviennent les prothèses lorsque leurs porteurs décèdent ?

PROTHÈSES. Bras, jambe, genou, hanche, mais aussi pacemakers et autres défibrillateurs, la médecine contemporaine a considérablement développé le recours à toutes sortes de prothèses et autres dispositifs implantables. Que ce soit pour trouver des solutions à des problèmes articulaires ou pallier des amputations ou des insuffisances cardiaques, le développement de ces dispositifs médicaux a révolutionné les pratiques thérapeutique et le confort des patients. Mais que deviennent ces corps « étrangers » lorsque leur porteur décèdent ?

Pas les mêmes problèmes selon qu’on est incinéré ou enterré…

Différentes options existent selon le type de prothèse dont on parle et selon que la personne est enterrée ou incinérée. Lorsqu’une personne est enterrée, la plupart du temps les prothèses sont laissées en place, qu’il s’agisse de prothèses articulaires (hanche, genou…), mammaires ou de pacemakers et autres défibrillateurs cardiaques. En effet elles ne posent pas de problème d’un point de vue environnemental et les enlever nécessiterait une opération post-mortem non justifiée.

Pour ce qui est des prothèses amovibles de membre (main, bras, jambe…), le choix revient en principe à la famille du défunt, à moins que celui-ci ait laissé des consignes. Ces prothèses peuvent ainsi être récupérées par des organismes qui les recyclent ou les mettent à disposition de populations pauvres n’ayant pas accès à ce type de soin souvent très couteux. C’est le cas par exemple de l’association américaine Standing With Hope.

Crémation, recyclage… ou explosion !

En cas d’incinération des défunts, les choses demandent un peu plus d’attention. En effet trois cas de figure sont possibles : la prothèse peut être totalement désintégrée lors de la crémation (c’est le cas des prothèses mammaires par exemple).

En revanche, certains matériaux (titane, acier, cobalt…), utilisés par exemple pour les prothèses de hanche, de genou ou pour les broches résistent aux fortes chaleurs (de 800 °C à 1000 °C) du crématorium. Dans ce cas, de plus en plus, des sociétés proposent aux crématoriums de récupérer ces éléments après l’incinération pour les recycler.

La société OrthoMetal propose ainsi depuis 15 ans d’effectuer la collecte et le recyclage des métaux auprès de crématoriums dans le monde entier (voir la vidéo ci-dessous).

 

EXPLOSION. Un troisième cas de figure se présente enfin. Celui des dispositifs dotés d’une pile ou d’une batterie intégrée comme les pacemakers ou les défibrillateurs cardiaques. Pour ceux-là, il convient d’être vigilant, car la chaleur du four crématoire peut les faire littéralement exploser et occasionner des dégâts importants. Lorsqu’un patient décède à l’hôpital, en clinique, ou à domicile un médecin doit établir un certificat de décès. En matière de crémation, le médecin doit ainsi préciser si le défunt est porteur d’un appareil contenant une pile (stimulateur cardiaque, défibrillateur, pompe physiologique, etc).

Un encadrement législatif très clair

Parfois, il se peut que le médecin oublie malheureusement de procéder à cette vérification de la présence ou non d’un appareil contenant une pile… ce qui peut être lourd de conséquences. Cette situation est clairement encadrée par la loi. Ainsi, selon l’article R 2213-15 du Code des collectivités territoriales :

« si la personne décédée était porteuse d’une prothèse fonctionnant au moyen d’une pile, un médecin ou un thanatopracteur atteste de la récupération de l’appareil avant la mise en bière ».

Si le patient décédé porte une telle prothèse, le retrait est en effet obligatoire pour permettre la crémation.

La moitié des crématoriums au Royaume-Uni a connu au moins un cas d’explosion

Malgré cette législation, de nombreux cas d’explosion dans les crématoriums ont été recensés ces dix dernières années. En effet, tout comme la proportion de personnes se faisant incinérer à leur mort, le nombre de pacemakers implantés a fortement augmenté. Une étude publiée en 2002 établissait déjà que la moitié des crématoriums du Royaume-Uni avait connu un cas d’explosion au moment de la crémation en raison d’un dispositif à pile laissé dans le corps du défunt.

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