L’intolérance au lactose


Seul un médecin peut confirmer ou non l’intolérance au lactose, mais il est possible de vérifier si nous avons des doutes que la consommation de lait apporte divers symptômes
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L’intolérance au lactose


PAR LUCIE TURGEON  | PHOTO: SHUTTERSTOCK

 

Flatulences, ballonnements, diarrhées, crampes abdominales… Et si ces troubles digestifs étaient causés par une intolérance au lactose?

L’intolérance au lactose, qui peut débuter à tout âge, se caractérise par une incapacité à digérer le sucre naturel du lait, appelé lactose. Les personnes intolérantes au lactose ne produisent pas de lactase – une enzyme qui sert à digérer le lactose dans l’intestin grêle – ou en produisent peu. Résultat? Le lactose passe dans le côlon sans avoir été digéré et il fermente sous l’action des bactéries qui s’y trouvent, ce qui provoque des troubles gastro-intestinaux, comme des flatulences, des ballonnements, de la diarrhée et des crampes intestinales.

La plupart des personnes intolérantes au lactose ont plusieurs symptômes à la fois. Ils peuvent apparaître une quinzaine de minutes après l’ingestion de l’aliment contenant du lactose ou se manifester après quelques heures, voire le lendemain. De plus, selon la quantité de lactose ingéré et la sévérité de l’intolérance, ces symptômes peuvent durer de quelques minutes à quelques heures.

Comment savoir si c’est une intolérance au lactose ?

Le moyen le plus rapide de savoir si on est intolérante au lactose consiste à avaler à jeun un à deux verres de lait et à observer par la suite l’apparition des symptômes caractéristiques. Si on préfère une façon moins drastique, on retire de son alimentation tous les produits contenant du lactose durant deux semaines, afin de vérifier si les symptômes disparaissent. Si c’est le cas, on constatera une nette diminution des troubles digestifs après quelques jours seulement.

Seul un médecin est en mesure de poser un diagnostic définitif (souvent à l’examen des antécédents médicaux ou à la suite d’un test à base de lactase ou breath test). Ce diagnostic est d’autant plus important que bien des gens attribuent à tort leurs malaises digestifs à une intolérance au lactose. Or, d’autres maladies, comme la maladie cœliaque, ou certains médicaments, peuvent engendrer des symptômes similaires à ceux de l’intolérance au lactose. De même, la consommation de certains aliments, comme le brocoli, le chou et les légumineuses, peut occasionner des troubles digestifs passagers similaires.

Il n’est généralement pas nécessaire de s’abstenir de consommer des produits laitiers lorsqu’on souffre de cette condition. La plupart des personnes intolérantes au lactose présentent une carence partielle en lactase, c’est-à-dire que cette enzyme n’est pas totalement absente de leur organisme. Elles peuvent donc consommer, dans une certaine mesure, des produits laitiers ainsi que des aliments qui en contiennent. Ce détail n’est pas négligeable lorsqu’on sait que les produits laitiers regorgent de nutriments comme le calcium, qui sont essentiels à notre santé.

Lorsqu’on souffre d’une intolérance au lactose, la première étape consiste donc à déterminer notre seuil de tolérance. On commence par prendre de petites quantités d’aliments contenant du lactose, puis on augmente graduellement notre consommation de ceux-ci. En procédant ainsi, on peut évaluer la quantité et les types de produits laitiers qu’on peut consommer sans qu’il en résulte de l’inconfort. Cette façon de procéder est d’autant plus intéressante que certaines études laissent entendre qu’il est possible de réhabituer le système digestif à tolérer le lactose en buvant de petites quantités de lait et en augmentant graduellement les doses.

Des conseils diététiques

Si on est intolérante au lactose, on peut…

répartir sa consommation de produits laitiers tout au long de la journée, de manière à les rendre plus faciles à digérer.

boire le lait avec d’autres aliments, pour accroître notre tolérance à ce produit.

manger du yogourt (nature, de préférence), car il contient des bactéries actives qui facilitent la digestion du lactose.

privilégier les fromages à pâte dure ou vieillis, comme le cheddar, le suisse, le bleu et le brie, qui renferment peu de lactose.

consommer du lait au chocolat, celui-ci étant souvent mieux toléré que le lait nature.

ajouter des produits laitiers à nos recettes, car ils se tolèrent mieux consommés ainsi que seuls.

choisir des produits laitiers sans lactose ou additionnés de lactase.

prendre des comprimés ou des gouttes de lactase (en vente libre dans les pharmacies et les magasins de produits naturels) pour augmenter notre tolérance lorsqu’on consomme du lait, un yogourt, un potage, une sauce béchamel, etc.

Ne pas confondre l’intolérance au lactose avec l’allergie au lait !

L’allergie au lait est une réaction exagérée du système immunitaire provoquée par l’ingestion d’un aliment renfermant des protéines du lait. Cette réaction est une méprise de l’organisme, car ce dernier réagit à une substance en soi inoffensive. Une allergie au lait est bien plus grave qu’une intolérance au lactose et elle est plus fréquente chez l’enfant. Elle peut affecter divers systèmes du corps humain (cutané, digestif, respiratoire et cardiovasculaire) et entraîner de nombreux symptômes, tels que démangeaisons, urticaire, enflure (lèvres, langue, gorge, visage), nausées, vomissements, serrement de la gorge, difficulté à avaler, difficultés respiratoires, etc. Dans certains cas, les symptômes sont tellement graves qu’ils peuvent mettre la vie en danger. Cette violente réaction allergique, qui porte le nom de choc anaphylactique, doit alors être traitée d’urgence. Il ne suffit que d’une petite quantité de l’aliment pour provoquer la réaction. Aussi, la seule façon de prévenir l’allergie au lait est d’éviter l’aliment en question et ceux qui en contiennent.

Livre utile

Recettes gourmandes sans lactose
Par B-M Lanzenberger et S Maus
Édition Vigot
26,95 $

Dr Edmond-Jean Bernard, gastro-entérologue au CHUM-Hôtel-Dieu de Montréal et professeur clinique à l’Université de Montréal

http://www.moietcie.ca/

Vous pétez? C’est normal


Voici un sujet tabou et nous rend mal à l’aise si par malheur nous avons des flatulences en public avec un parfum  euhhhh douteux ? Quoi qu’il en soit, si les flatulences sont vraiment un problèmes il serait bon, pour l’environnement et pour notre propre personne d’essayer de limité ce petit moment gênant ..
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Vous pétez? C’est normal

Vous pétez? C'est normal

© Shutterstock

Nous expulsons tous des gaz et, en moyenne, plus d’une dizaine de fois par jour. Cependant, certains en expulsent plus. Une situation embarrassante qui peut toutefois être contrôlée.


Par Ronald Denis, docteur en médecine, chirurgien et traumatologue – Collaboration spéciale

Contrôler ses flatulences permet d’éviter certaines situations gênantes qui, parfois, refroidissent l’atmosphère… Paradoxalement, en les contrôlant, vous contribuerez à combattre le réchauffement de la planète, car au nombre des gaz que nous expulsons, il y a du méthane, un gaz à effet de serre!

Les flatulences

Les aliments, dans leur parcours dans notre organisme, sont d’abord digérés par l’estomac et l’intestin grêle. Ils atteignent par la suite le gros intestin qui en absorbe les sels minéraux et l’eau. Toutefois, certains aliments riches en hydrates de carbone, dont le sucre, l’amidon et les fibres, ne sont pas digérés par l’estomac, parce que nous ne disposons pas d’enzymes pour les assimiler. À leur arrivée dans la partie de l’intestin qualifiée de«côlon», des bactéries, qui y sont présentes de façon normale, attaquent ces aliments. Cette charge fait en sorte de produire différents gaz, dont de l’hydrogène et du méthane, qui seront éventuellement expulsés vers l’extérieur par le rectum. L’odeur déplaisante qui les accompagne est provoquée par le soufre contenu dans le méthane. Quant au bruit caractéristique produit lors de l’échappement, il est provoqué par la vibration du sphincter et varie en fonction de sa fermeture et de la vitesse à laquelle le gaz est propulsé.

D’autres bactéries, présentes dans l’intestin, permettent d’éliminer l’hydrogène produit par les bactéries qui attaquent les aliments. Toutefois, l’équilibre entre les deux types de bactéries – celles qui produisent l’hydrogène et celles qui l’éliminent -varie d’une personne à l’autre. Les personnes pour lesquelles cet équilibre est inadéquat ont plus de flatulences.

Contrôler les flatulences

La solution la plus efficace pour les restreindre est d’éviter les aliments qui les provoquent (voir plus bas) ou de les consommer en quantités moindres. Plusieurs de ces aliments sont cependant des composants importants d’une saine alimentation. Retirez de votre alimentation, progressivement, l’un après l’autre, ceux que vous croyez être la source de flatulences afin de repérer ceux qui sont la principale cause de votre inconfort. Vous avez choisi d’avoir une saine alimentation en y ajoutant des fibres alimentaires? Faites-le progressivement pour permettre à votre organisme de bien s’y adapter.

Effectuez des rinçages répétés des légumineuses avant de les cuire pour en éliminer le plus possible l’amidon qu’elles contiennent, source de flatulences. Mangez lentement, mastiquez bien les aliments et évitez d’avaler de l’air pendant que vous mastiquez.

Vous n’arrivez toujours pas à contrôler vos flatulences? Parlez-en à votre pharmacien, un produit contenant une enzyme capable de digérer les hydrates de carbone, responsables des flatulences, est disponible. Offert en vente libre, ce produit est facile d’usage, il suffit d’en ajouter quelques gouttes aux aliments générateurs de flatulences avant de les consommer.

Quand consulter

Normalement, les gaz intestinaux surviennent entre 3 et 5 heures après l’ingestion des aliments qui les favorisent, et la période au cours de laquelle ces gaz se produisent dure plus ou moins 2 heures. Ces gaz sont expulsés sans douleur, mais il peut arriver qu’ils soient précédés d’une sensation de ballonnements ou de crampes abdominales. Toutefois, si ces gaz sont persistants, qu’ils sont accompagnés de douleurs à l’abdomen ou d’autres symptômes inhabituels comme la perte de poids par exemple, vous devriez consulter votre médecin pour en discuter et en identifier la cause.

Si les flatulences sont accompagnées de crampes sévères et de diarrhée, une intolérance au lactose en est peut-être la cause et devrait également être l’objet d’une consultation médicale pour un traitement.

Les aliments générateurs de flatulences

Certains aliments participent plus que d’autres à la formation des gaz intestinaux. Ce sont les aliments riches en sucre, en amidon ou en fibres. Des substances qui ne sont pas digérées par l’estomac et l’intestin grêle.

Les principaux sucres concernés sont le fructose (artichaut, blé, boissons gazeuses, oignon); le lactose (crème glacée, fromage, lait, margarine, pain et pâtisseries); le raffinose (asperge, céréales à grains entiers, chou, légumineuses, navet); et, le sorbitol (gomme à mâcher sans sucre, pêche, poire, pomme, prune).

L’amidon qui n’est pas digéré se retrouve principalement dans le maïs, le pain blanc, les pâtes et pâtisseries faites à partir de farine blanche et les pommes de terre.

Quant aux fibres, les aliments qui en sont riches incluent, entre autres, les asperges, le brocoli, la betterave, les carottes, le chou et les choux de Bruxelles, les fruits séchés, les légumineuses, le navet et les pommes de terre, le son d’avoine et le son de blé.

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