Des dinosaures étaient couvés comme des petits poussins


Certains dinosaures couvaient leurs oeufs comme certains animaux d’aujourd’hui. Malgré leur poids en maintenant une température des oeufs assez hautes, probablement à cause de la température extérieur qui était froide. Imaginez quand même un dinosaure de 100 kilos sur des oeufs sans faire d’omelette
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Des dinosaures étaient couvés comme des petits poussins

 

TOBY MELVILLE / REUTERS

Malgré leurs 100 kilos à la pesée!

Malgré leurs 100 kilos à la pesée, les oviraptorosaures, des dinosaures à plumes à l’étrange allure, couvaient leurs oeufs à une température semblable à celle des poules, selon une étude publiée mercredi.

Appartenant au groupe des théropodes, ils pesaient entre 50 et 100 kilos et pouvaient atteindre 1,50 m à 2 mètres. Dotés d’un bec robuste comme celui du perroquet et coiffés d’une crête, les oviraptorosaures étaient pour la plupart couverts de plumes.

Ces ancêtres des oiseaux gagnent aujourd’hui une nouvelle caractéristique aviaire: ils incubaient leurs oeufs par transfert de chaleur (entre 35 et 40 degrés) entre leur corps et la couvée.

« C’est vraiment une température très élevée, bien au-dessus des températures moyennes ambiantes, donc cela prouve qu’il s’agissait de couvaison », explique à l’AFP Romain Amiot, paléontologue et géochimiste de CNRS et coauteur de l’étude parue dans la revue Palaeontology.

La température d’incubation d’un oeuf de crocodile, animal enterrant ses oeufs, est d’environ 30°C, alors que celle d’un oeuf de poule est de 37,5°C, selon un communiqué du CNRS.

Pour en arriver à ces conclusions, l’équipe franco-chinoise a analysé sept oeufs fossilisés d’oviraptorosaures, vieux de 70 millions d’années, provenant du sud de la Chine, et à l’intérieur desquels le squelette de l’embryon avait été préservé.

« Nous avons déterminé à quelle température ces os ont été formés en utilisant la composition isotopique en oxygène », explique le chercheur.

Selon les chercheurs, ces résultats prouvent également que ces dinosaures étaient à sang chaud et que leur température corporelle était au moins aussi élevée que la température d’incubation.

Mais cette stratégie de reproduction ne peut être généralisée à l’ensemble des dinosaures.

« On imagine mal un diplodocus s’allonger sur sa couvée sans éclater ses oeufs ou rater la zone de couvaison », explique Romain Amiot.

Le diplodocus, l’un des plus grands animaux à avoir vécu sur Terre, mesurait environ 30 mètres de long et pesait plus de 10 tonnes.

Des études précédentes avaient déjà avancé que certains dinosaures couvaient leur progéniture, mais en s’appuyant sur la taille des nids retrouvés ou sur les structures internes des os fossilisés de dinosaures.

Certains fossiles de dinosaures adultes ont également été retrouvés au-dessus de nombreux oeufs, laissant supposer qu’ils étaient en train de couver au moment de leur mort.

Cette stratégie de reproduction a son importance pour une espèce:

elle lui permet « de s’affranchir des sources de chaleur extérieures ». « Couver permet à l’animal de supporter des fluctuations climatiques, d’exploiter tous les  environnements qui existaient sur terre notamment pour aller là où les territoires étaient plus froids », explique le chercheur.

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Record mondial de couvaison pour une maman pieuvre


C’est tout un record de couvaison de nourrir et protéger ses oeufs pendant près de 4 ans. Il semble que les animaux marins vivant aux profondeurs des mers prennent plus de temps pour la préparation des nouveaux bébés. Alors qu’en est-il des animaux marins vivant encore plus creux dans des eaux plus froides ?
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Record mondial de couvaison pour une maman pieuvre

 

Il est courant, chez ce céphalopode, d’avoir des durées de couvaison de un à trois mois. Crédits photo : Andreas Gradin/Andreas Gradin – Fotolia

Un poulpe s’est occupé de ses œufs durant quatre ans et demi avant leur éclosion.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il semble bien que ce soit vrai: une maman pieuvre (les chercheurs qui l’ont suivie pendant tout ce temps l’avaient baptisée «Octomom») a «couvé» sa progéniture pendant cinquante-trois mois, soit presque quatre ans et demi. C’est ce que soutiennent, preuve à l’appui, des chercheurs américains de l’Institut de recherche du Monterey Bay Aquarium dans des travaux publiés dans Plos One. Ce qui fait de cette mère poulpe la détentrice du record toutes catégories de durée de couvaison du règne animal.

L’histoire commence en avril 2007. L’équipe de recherche, sous la direction de Bruce Robison, dispose d’un bateau et d’un sous-marin télécommandé, guidé à distance par un fil, équipé de caméras, de bras articulés, de tuyaux de succion, etc. Dans le cadre de ses missions de surveillance et d’exploration, elle lui fait effectuer une plongée dans le Pacifique non loin de ses laboratoires, vers une vallée sous-marine s’enfonçant à 1397 mètres de profondeur. Ils savent que c’est un endroit où les pieuvres des profondeurs aiment à se reproduire. Et effectivement, ils en trouvent une, solitaire, de l’espèce Graneledone boreopacifica. Ils la prennent en photo.

Trente-huit jours plus tard, en mai 2007, ils replongent au même endroit. La pieuvre, aisément identifiable aux taches et cicatrices qu’elle porte, est encore là, sur un piton rocheux. Et est «accompagnée» d’un couvain de plus d’une centaine d’œufs qui mesurent 1,5 cm de long et 0,5 cm de large. Dans les quatre ans et demi qui vont suivre, les scientifiques retourneront dix-huit fois sur le site. Et retrouveront à chaque fois la même pieuvre, baptisée très vite «Octomom», et ses rejetons encapsulés.

  • Les pieuvres ne se reproduisent qu’une seule fois. Après la fécondation par un mâle, la femelle couve ses œufs et meurt après leur éclosion.

Il est courant, chez ces céphalopodes, d’avoir des durées de couvaison de un à trois mois, pendant laquelle la mère veille sur les œufs, les nettoie, les oxygène et les nourrit. Mais on ne connaît que très mal ce qu’il se passe chez ceux qui vivent en grande profondeur. Là, il ne fait que quelque 3°. Le développement des bébés pieuvres dans leur enveloppe est donc plus lent que pour des pieuvres vivant plus près de la surface. La dernière fois que les chercheurs ont vu les œufs, ils mesuraient 3,5 cm de long pour 1,5 cm de large.

Parallèlement, la maman poulpe qui, au départ, a une «robe violet pâle, très texturée» va voir celle-ci, au fil des mois, devenir blanche. Et son corps va se ratatiner progressivement, sa peau se plisse, ses yeux deviennent vitreux et ses tentacules se décolorent. Des transformations dues au fait qu’elle nourrit ses bébés avec ses propres réserves. Les chercheurs n’ont pas vu la femelle bouger ni se nourrir pendant leurs visites. Des bouts de crabe présentés à la pieuvre par le bras articulé du sous-marin ont été ignorés.

Si elle s’est nourrie, c’est de manière extrêmement frugale. Le fait qu’elle ne bouge pas fait que son métabolisme très bas ne doit pas consommer beaucoup d’énergie. En quelques occasions, les chercheurs ont pu noter un léger changement de position de la maman pieuvre, l’un ou l’autre de ses tentacules ayant légèrement bougé, sans cesser de protéger les œufs. Mais ni les vibrations occasionnées par les rotors du sous-marin (ils ne s’en sont rapprochés très près que rarement) ni les lumières des projecteurs ne l’ont fait bouger ou fuir.

En septembre 2011, elle est toujours là. Mais à la plongée suivante, en octobre de la même année, elle a disparu et il ne reste que quelque 160 enveloppes d’œufs vides. La mère pieuvre est vraisemblablement morte car il est de «tradition» qu’elle meure lors de l’éclosion.

Les annales avaient déjà enregistré le cas d’une pieuvre en captivité, vivant à 7 °C, qui avait couvé quatorze mois. Chez les poissons, le record d’incubation est de quatre à cinq mois pour une espèce vivant en Antarctique. Le manchot empereur couve sans interruption pendant deux mois. Et l’on dit que la salamandre alpine a une période de gestation interne de quarante-huit mois. Il sera pourtant désormais difficile de déloger Mme la Pieuvre de la plus haute marche de ce podium.

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