Le Saviez-Vous ► Pourquoi le noir est-il la couleur du deuil ?


Le noir est associé au deuil. L’origine de cette coutume nous vient de l’Europe, par la reine Anne de Bretagne. Aujourd’hui, je crois qu’on ne ressent plus cette nécessité de s’habiller en noir lors des enterrements, sauf dans les films …
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Pourquoi le noir est-il la couleur du deuil ?

Cette tradition remonte à une ancienne reine française. [©HBO]

Par CNEWS –

Il est de coutume, en France et dans certains autres pays, de s’habiller en noir lors d’un enterrement.

C’est à la reine Anne de Bretagne (1477-1514), épouse du roi Charles VIII, que l’on doit cette tradition. Celle-ci avait l’habitude de porter des habits noirs, qui rappelaient la simplicité des vêtements des paysans bretons.

Lors des obsèques de son premier enfant, en 1495, elle a exigé que les personnes présentes arborent cette couleur. Mais c’est lors de l’enterrement de son époux que sa tenue a marqué les esprits. Elle a été la première à se vêtir de noir, et non de blanc, comme c’était la tradition, lors d’une cérémonie funéraire en l’honneur d’un monarque.

A sa mort, Louis XII, son second époux, s’est lui-même vêtu de sombre. Une coutume qui a été reprise par la noblesse, avant de se répandre à la société jusqu’à nos jours.

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Le Saviez-Vous ► Déformation crânienne : pratiquée par les Incas, elle est aussi coutume universelle


La déformation du crâne a été pratiquée pendant des millénaires et faits étonnants, cette coutume a été remarquée dans diverses cultures à travers le monde. Aucun continent n’y a échappé.
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Déformation crânienne : pratiquée par les Incas, elle est aussi coutume universelle


Lithographie de John Collins (1839) d’après « Crania Americana » de Samuel Norton. Bibliothèque de Médecine de Paris


Author
Jérome Thomas
Chercheur, Université de Montpellier

Barbarie, torture, sauvagerie, telles sont les premiers mots qui viennent à l’esprit lorsque les déformations crâniennes sont évoquées.

En 1931, l’anthropologue anglais J. Dingwall a cette réflexion :  « Il est probable que cette curieuse coutume, pourtant généralisée, de déformer artificiellement le crâne est la moins comprise de toutes les mutilations ethniques qui ont été transmises depuis la lointaine antiquité ».

En effet, elles suscitent réprobation et horreur, dégoût et effarement et portent en elles les signes – supposés – de sociétés peu évoluées et surtout exotiques, éloignées de nos contrées européennes.

Crânes d’aliens

Au-delà d’une répulsion quasi épidermique, les déformations inspirent également de nombreux fantasmes et excitent l’imaginaire. Elles seraient la preuve de l’existence de races extraterrestres à l’intelligence supérieure qui auraient colonisé notre planète en de lointaines époques.

En 2012, un journal titrait « Des squelettes d’aliens ? » à propos de la découverte au Mexique de restes humains au crâne déformé. Au XIXe siècle, des anthropologues comme von Tschudi ont même contesté le caractère artificiel des déformations crâniennes.

Loin de ces clichés et de ce sensationnalisme, les manipulations de l’occiput offrent au contraire un vaste champ d’études sur le rapport au corps dans ses dimensions culturelles, sociales, ethniques, religieuses.

Agir sur la croissance de la tête afin d’en modifier de manière volontaire la forme est une coutume largement diffusée chez les humains.

Répartition des pratiques de modifications des crânes dans le monde. J.Thomas, Author provided

Une pratique ancienne et universelle

La déformation artificielle du crâne des nouveau-nés est une antique tradition universelle. De l’Europe aux Amériques en passant par l’Afrique, l’Asie, l’Océanie, aucune région n’échappa au modelage crânien.

Les plus anciennes traces de cette pratique remonteraient aux environ de 45000 av. J.-C. en Irak. Mais les chercheurs débattent toujours d’éventuelles déformations sur les fragments de crânes découverts.

Sur le continent américain, cette coutume accompagne le développement des communautés andines depuis au moins le VIe millénaire av. J.-C. et devient une pratique quasi généralisée. Sur une collection de 500 squelettes d’origine péruvienne conservés à Paris, seuls 60 ne présentent pas de déformation. Dans de nombreux sites fouillés en Mésoamérique, les individus au crâne déformé constituent plus de 90 % des cas observés. Au Mexique, le plus ancien crâne déformé découvert par les archéologues daterait de 8500-7000 av. J.-C.

En Amérique du Sud, les déformations crâniennes se seraient plus sûrement développées sur la côte pacifique vers 3500-3000 av. J.-C.

Différents types de crânes déformés dans la culture Paracas. Museo Nacional de Arqueología, Antropología e Historia del Perú de Lima, Author provided

Certaines sociétés en firent un usage remarquable. La culture Chinchorro (v. 7000 av. J.-C. à v. 1100 av. J.-C.), établie de l’extrême nord du Chili et au sud du Pérou, pratiqua une forme très prononcée de déformation à partir du IIIe millénaire. Plusieurs groupes ethniques adoptèrent ces coutumes dont les plus connues sont les cultures Paracas (600 av.-100 ap. J.-C.), Nazca (200 av.-600 ap. J.-C.) ou encore Tiwanaku (v.700-v.1200 ap. J.-C.) autour du lac Titicaca.

Ces pratiques restent toujours vivaces dans ces régions lorsque les Incas dominent une grande partie de la Cordillère à partir du milieu du XVᵉ siècle. Un certain nombre de communautés sous leur domination avaient depuis longtemps pour habitude de déformer artificiellement l’occiput des nourrissons, à l’instar de leurs vainqueurs.

En 1557, le philosophe italien Girolamo Cardano énumère les régions où elles se pratiquent toujours : Cuba, le Mexique, Cumana (Venezuela), Porto Velho (Brésil) et le Pérou. Dans les années 1550, le religieux Cieza de León mentionne qu’au nord de Cali, en Colombie, vit un peuple dont il décrit les têtes longues et larges et il ajoute qu’en maintes régions les enfants ont la tête déformée, ce qui réjouit leurs parents.

Les Espagnols furent fortement impressionnés par cette coutume qui leur semblait tellement étrange. En effet, au XVIe siècle, elle ne se pratiquait plus que de manière exceptionnelle et résiduelle dans quelques régions d’Europe du Nord..

Les Espagnols luttèrent férocement contre cette pratique. Ils subodorèrent plus qu’ils ne comprirent cette dimension religieuse des déformations. Lors du IIIe concile de Lima (1585), les autorités religieuses décident d’interdire plus fermement les déformations crâniennes et de les punir sévèrement : 20 coups de fouet si une personne se déforme la tête. Pourtant, elles perdurèrent longtemps.

Comment faisait-on chez les Incas ?

Plusieurs techniques sont mises en œuvre pour déformer les crânes. Elles sont universelles. Le crâne de l’enfant est très malléable et cette souplesse permet d’envisager un modelage avant que la forme définitive ne se mette en place. La voûte crânienne est remarquablement plastique et prête bien à ce genre de manipulations. Ce n’est pas avant l’âge de six ans que se produit l’ossification définitive. Les sutures de la voûte crânienne permettent une certaine mobilité entre les os et les forces de compression externes, planchettes ou bandelettes, déterminent cet accroissement des sutures qui subissent directement leurs effets.

Types d’appareillages utilisés par les Mayas pour déformer le crâne. J.T, Author provided

Les têtes étaient déformées selon plusieurs méthodes, l’aplatissement affectant soit le haut du crâne, soit les côtés. Les appareils déformateurs mis en œuvre sont de trois types : le berceau dans lequel la déformation est obtenue par la pression exercée sur la tête du nouveau-né couché et immobilisé dans un berceau de bois ; les planchettes où la tête est enserrée entre deux morceaux de bois disposées sur le front et la nuque, aplatissant ainsi le crâne d’avant en arrière. C’est l’aplatissement appelé « type tabulaire » ; enfin, des liens ou des bandeaux, souvent appelés chuco, où le crâne est comprimé dès la naissance à l’aide d’un bandage très serré. C’est le type « annulaire ou circulaire ». Cette dernière technique est la plus souvent décrite par les Espagnols dans ce qui fut l’Empire inca.

Déformer les crânes pour fixer l’âme au corps

Mais pourquoi les Incas déformaient-ils les crânes ?

Le modelage crânien permet de distinguer les peuples entre eux, imprime de manière indélébile dans le corps l’appartenance à un groupe, pare et embellit les individus, marque le statut social, renvoie vers la religion, la cosmologie, les croyances et les rites d’initiation.

Cependant, les chercheurs se sont essentiellement intéressés aux dimensions culturelles, sociales et ethniques de ces pratiques alors que la dimension religieuse s’avère fondamentale.

La tête représente le centre de la vie spirituelle de l’individu. C’est le siège de la force vitale et elle symbolise l’esprit. La force animique, c’est-à-dire une puissance bénéfique et spirituelle, présente dans la tête est perçue comme une puissance bénéfique qui procure force, autorité et vitalité à celui qui la détient et que l’on peut s’approprier à condition qu’elle soit contrôlée. La tête peut être associée à deux caractéristiques principales : elle représente métaphoriquement le cosmos et c’est écrin de l’âme.

Dans la cosmologie inca, il existe une opposition corporelle : devant/derrière – les Incas associent le devant du corps avec le passé et la clarté/et l’arrière avec le futur et l’obscurité – et une opposition haut/bas, la tête correspondant au monde supérieur, celui du corps idéal représenté par les corps célestes. Enfin, plusieurs principes spirituels entourent et animent le corps humain. L’un des plus importants est l’animu, terme emprunté à l’espagnol anima, « âme », qui est une « force animique », spirituelle et pas seulement humaine ».

L’animu est réparti dans tout le corps mais il peut être concentré dans certaines zones et substances corporelles : essentiellement la tête, le sang, le cœur. L’animu est une force vitale qui anime toute chose, que ce soient les êtres humains, les plantes, les animaux, les éléments du paysage. L’animu naît au niveau du plexus solaire, circule dans tout le corps et sort par la tête à la mort. Bien serrer la tête de l’enfant à naissance devient par conséquent une démarche impérieuse et vitale car l’âme est encore peu fixée au corps du nouveau-né ce qui peut provoquer cette perte de l’animu. En effet, la fontanelle n’est pas bien refermée chez le nourrisson.

Afin de fixer l’âme au corps, la mise en œuvre de moyens techniques, comme les déformations crâniennes, s’avère indispensable et impérieuse. Déformer la tête c’est durcir et fermer le corps, solidifier, remettre en ordre au moins une de ses ouvertures.

Dessins des différentes techniques employées pour déformer le crâne dans le Pérou et le Chili précolombien. J.T, Author provided

Aujourd’hui disparues, même si elles étaient encore pratiquées dans les Andes par les Chama, communauté établie au nord-est du Pérou, au milieu du XXe siècle, les déformations crâniennes témoignent d’une pratique universelle repérable dans tous les espaces sociaux.

Si dans nos sociétés contemporaines, les pratiques de modifications du corps sont perçues comme des marqueurs de la construction identitaire et l’affirmation d’un « moi souverain », il ne faut pas utiliser cette grille d’interprétation pour les civilisations plus anciennes et celles des Andes en particulier. Il manquerait un élément primordial pour les appréhender : leur dimension cosmologique et religieuse. Symboliquement, dans ces sociétés, la manipulation de l’occiput comme toute forme de parure corporelle tient un rôle primordial puisqu’elle distingue, orne et protège. Elle prémunit contre les mauvaises influences étrangères et défend des sortilèges le corps et ses parties les plus vulnérables. Manipuler la tête, partie la plus visible et la plus exposée du corps, est un signal fort. C’est un langage symbolique extrêmement important et les populations péruviennes n’y firent pas exception.

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Le Saviez-Vous ►Pourquoi l’alliance se porte-t-elle à l’annulaire gauche


Une des traditions les plus connues dans un mariage est la bague qui fait office d’alliance d’un couple. Dans bien des pays cette alliance se porte à l’annulaire gauche. Et cela ne date pas d’hier, cela existait même dans l’antiquité.
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Pourquoi l’alliance se porte-t-elle à l’annulaire gauche

 

Par Astrid Ferriere

Le mariage est le royaume des traditions. L’une d’entre elles consiste à glisser l’alliance à l’annulaire gauche de l’être aimé. Mais pourquoi ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi tout le monde porte son alliance à l’annulaire gauche ? Si à l’occasion de son mariage on aime à respecter certaines traditions ancestrales, on ne se demande pas souvent le pourquoi du comment !

Le quatrième de nos doigts a pris dans le vocabulaire courant le nom d’annulaire, renvoyant au mot anneau. Il est donc l’emplacement tout désigné de nos bijoux, et notamment de la fameuse alliance.

Pour ce qui est de l’origine de cette coutume visant à choisir la main gauche pour le port de l’alliance de mariage, elle remonterait à l’époque de l’Antiquité grecque et égyptienne. Selon les croyances de l’époque, l’annulaire gauche serait le seul à posséder une veine le reliant directement au cœur. Cette « Veine de l’Amour » explique donc que l’on commença à porter son alliance de mariage à ce doigt.

On trouve une autre explication à ce phénomène dans la tradition asiatique. Ici, chaque doigt représente un membre de votre famille. Vous êtes le majeur, le pouce représente vos parents, l’index vos frères et sœurs, et l’auriculaire vos enfants. L’annulaire, quant à lui, représente votre moitié.

En France, la pratique dominante est de porter son alliance à l’annulaire gauche. Mais ce n’est pas le cas de tous les pays ! On constate par exemple qu’en Norvège, Pologne, Hongrie, Russie ou encore Suède, l’alliance se porte plus généralement à droite. On observe également des variantes au sein d’un même pays, entre les traditions catholiques, protestantes et orthodoxes.

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Le Saviez-Vous ► Il y a 60 ans, l’Expo 58 et son "zoo humain"


La première Exposition universelle a 60 ans dans le cadre d’Exposition universelle en Belgique était dans le but de montrer les us et coutumes des pays étranger en Afrique. Malheureusement, le racisme toujours présent même à cette époque a ridiculisé le figurant congolais. Le positif pour le Congo dominé la Belgique, ils ont obtenu leur indépendance 2 ans après… Aujourd’hui, heureusement, les Expositions universelles sont plus intéressantes et instructifs
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Il y a 60 ans, l’Expo 58 et son « zoo humain »

 

© photo news.

Le 17 avril 1958 était inaugurée à Bruxelles l’Exposition universelle. Il y a soixante ans, l’Algérie était encore française, le Congo était encore belge et la propagande coloniale pensait encore avoir de beaux jours devant elle…

Organisée à Bruxelles du 17 avril au 19 octobre 1958, l’Exposition universelle fut le premier événement culturel majeur de l’après-guerre en Europe et accueillit au cours de ces six mois plus de 42 millions de visiteurs. À une époque où voyager était un luxe réservé à l’élite, la population nourrissait alors un vif sentiment de curiosité à l’égard des traditions et des coutumes étrangères. Et encore davantage quand il s’agissait du continent africain, souvent le plus « déroutant » aux yeux du Belge moyen de l’époque.

« Village nègre »

Dans un cadre caricatural, pour ne pas dire raciste, le pavillon congolais consistait en une sorte de « village nègre » et exposait ses représentants comme des « bêtes curieuses ». Le dispositif ne présentait qu’une seule face de la colonisation: ses « aspects positifs » et, surtout, la suprématie européenne sur le peuple africain, confiait ce matin à la Première Maarten Couttenier, historien et anthropologue au musée Royal de l’Afrique centrale à Tervuren.

« Zoo humain »

Des figurants en provenance du Congo devaient en effet reconstituer un village africain, une attraction pour les visiteurs: un modèle aux allures de « zoo humain«  aujourd’hui inconcevable.

Si l’intention de départ ne cherchait pas à ridiculiser et souffrait sans aucun doute de l’ignorance de son époque, cette mise en scène grotesque n’en était pas moins « aberrante », dénonce l’expert. 

Mais le pire était encore à venir… 

Jets de bananes

Face à ce « spectacle » d’un autre âge, certains visiteurs n’hésitèrent pas à jeter des… bananes aux acteurs. Confrontés à ces débordements inacceptables, les figurants insultés décidèrent tout simplement de quitter le pavillon, raconte la RTBF. Et c’est précisément là que réside le point positif de l’histoire: en 1958, les colonies vivaient en réalité leurs dernières heures et la contestation commençait alors à s’exprimer sans crainte. Deux ans plus tard, le Congo accédait à l’indépendance.

Racisme contemporain

Plus d’un demi-siècle plus tard, en 2014, le joueur brésilien de Barcelone Dani Alves ramassait sur la pelouse une banane lancée des tribunes par un supporter de Villareal. Si ce genre de manifestation hostile se fait plus rare ces dernières années, les insultes à caractère raciste inondent toujours les stades de foot et perturbent encore régulièrement le bon déroulement des rencontres.

Bref, le « zoo humain », c’est sans doute fini, mais le racisme est toujours là.

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Mérovingiens : quand le poil était roi


Il y avait une croyance médiévale dont les rois francs authentifiaient les parchemins par des sceaux auxquels ils ajoutaient quelques poils de cheveux, moustache ou barbe. Aujourd’hui, ce n’est plus une croyance, mais un fait avéré. La pilosité était donc un signe de pouvoir
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Mérovingiens : quand le poil était roi

 

Charlemagne (742-814), Roi des Francs, petit fils de Charles Martel, dynastie des Carolingiens. Gravure de la fin du 19e, debut du 20e. © ABECASIS/SIPA

Charlemagne (742-814), Roi des Francs, petit fils de Charles Martel, dynastie des Carolingiens. Gravure de la fin du 19e, debut du 20e. © ABECASIS/SIPA

Par Bernadette Arnaud

Pépin le Bref, Charlemagne… Des chercheurs ont récemment découvert des poils humains incrustés dans des sceaux royaux. Remettant au jour une croyance médiévale sur la puissance liée à la pilosité

POUVOIR. Les chevelures semblent avoir exercé un incroyable pouvoir chez les souverains mérovingiens et carolingiens. Les rois francs, connus sous le nom de “rois chevelus”, n’étaient-ils pas allés jusqu’à déposer quelques-uns de leurs précieux capilli dans leurs sceaux royaux ? Dans un article publié ce mois-ci dans la revue Forensic Science, Medecine and Pathology sous la direction de Philippe Charlier, le paléoanthropologue revient en détail sur une étude que nous avions publiée dans Sciences et Avenir en septembre 2013

À la suite d’analyses réalisées sur des sceaux royaux conservés aux Archives nationales de France, à Paris, des chercheurs avaient eu en effet la très grande surprise de découvrir que des cheveux humains se trouvaient pris dans les sceaux de cire de plusieurs souverains carolingiens et mérovingiens, à commencer par Childebert III, Chilpéric II, Pépin le Bref, ou encore Charlemagne. Déposés dans la cire, il semble que la fonction de ces poils et cheveux ait été de renforcer et consolider le pouvoir exécutif des actes juridiques au bas desquels ils étaient placés, matérialisant ainsi la présence du roi. Cette pratique semble avoir perduré plusieurs décennies. De nombreux parchemins royaux ont en effet été scellés avec ces cachets de cire garnis de cheveux. Une découverte qui avait beaucoup surpris les chercheurs.

Jugement de 751 signé par Pépin le Bref ordonnant la restitution à l’abbaye de Saint-Denis de terres dont elle avait été spoliée. Le sceau renferme des cheveux. © Agnès Prévost/Archives nationales

Paris, 2007, atelier de restauration des sceaux des Archives nationales. Agnès Prévost, responsable des lieux, marque un temps d’arrêt. Alors qu’elle s’apprête à manipuler avec précaution un sceau royal de Childebert III (683-711) destiné à l’exposition “Rome et les Barbares” à Venise, un détail l’intrigue. Des fibres semblent affleurer de l’empreinte de cire, où se dessine encore en léger relief le visage du monarque mérovingien. Est-ce de l’étoupe ? De la filasse provenant des sachets de protection qui enveloppent les précieux objets ? Elle examine alors un sceau de Charlemagne (742-814), également sur le point d’être expédié en Italie. Par transparence, elle observe là aussi la présence de nombreux filaments enroulés dans la cire. La curiosité de la chercheuse est piquée au vif. Pour en avoir le cœur net, la jeune femme décide alors de passer les précieuses reliques au microscope électronique. Et la surprise est totale ! Ces fils sont de la matière organique, autrement dit… des cheveux et des poils de moustache ou de barbe ! Se sont-ils accidentellement trouvés mêlés à la cire au moment de l’impression du sceau ?

“Il y en avait trop pour qu’ils se soient retrouvés là par hasard ! Il fallait bien l’admettre : ces cheveux avaient été incorporés volontairement”, raconte Agnès Prévost.

Depuis, des analyses menées avec l’historienne Marie-Adélaïde Nielen sur 50 parchemins mérovingiens et carolingiens conservés aux Archives nationales, et encore pourvus de leurs sceaux, ont montré que onze d’entre eux présentaient cette particularité. Blonds ou bruns, ces capilli clandestins sont pour les chercheurs un éclatant rappel d’une histoire oubliée.

Celle du pouvoir exercé par la chevelure chez les rois francs, justement nommés“reges criniti”, “rois chevelus” : Thierry III, Chilpéric II, Pépin le Bref, Charlemagne, Louis II le Bègue… Pour s’assurer de l’origine humaine de ces composants et entrer dans la matière sans briser les sceaux, les chercheurs ont fait appel au médecin légiste Philippe Charlier, de l’hôpital universitaire de Garches, ainsi qu’au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF). Celui-ci a confirmé l’origine organique et précisé que les cheveux avaient été arrachés, et non coupés, comme le prouve la présence de bulbes. Reste à confirmer, par des tests ADN, qu’ils appartiennent à une seule et même personne et s’ils sont bien de provenance royale… Autant d’analyses à effectuer. Pour l’historien Ghislain Brunel, conservateur en chef des Archives nationales, l’origine royale de ces pilosités ne fait aucun doute.

“Du Ve au Xe siècle, sous les Mérovingiens et les Carolingiens, apposer son sceau au bas d’un parchemin était un privilège exclusif du souverain.”

Impossible d’imaginer un tiers venant déposer ses cheveux sur le sceau du roi ! À l’époque, seul ce dernier peut manipuler les scellés sur lesquels figure son effigie. Ce sont eux qui valident et authentifient les documents royaux.

“L’introduction dans le sceau d’une parcelle du corps royal, cheveux ou poils, devait renforcer le pouvoir du document”, estime Marie-Adélaïde Nielen.

S’ils sont frappés par ces découvertes inédites, les chercheurs connaissaient déjà bien l’importance accordée à la chevelure par les Mérovingiens et les Carolingiens. L’évêque gallo-romain Grégoire de Tours (539-594) est le premier à qualifier ces chefs “barbares” — ainsi nommés car non- Romains — de “rois chevelus”. En particulier lorsqu’il évoque ces souverains issus de l’aristocratie de peuples germaniques venus des bouches du Rhin. Clovis (466- 511), vainqueur du Romain Syagrius à Soissons (486) et premier roi de tous les Francs, est présenté porteur de cheveux longs.

“Dans la tombe de Childéric, son père, l’anneau sigillaire sur lequel était gravé son visage le montre aussi auréolé de longs cheveux”, ajoute Ghislain Brunel.

Rien d’étonnant donc à ce que les représentations figurant sur les sceaux se réfèrent à cette pilosité.

Celle-ci revêtait d’ailleurs une telle importance qu’elle faisait partie de rituels : ainsi, en 509, le Wisigoth Alaric vient toucher la barbe de Clovis en signe de soumission. Thierry III (654-691), roi de Neustrie, est quant à lui tondu lorsqu’il est destitué en 673, de même que le Mérovingien Childéric III (?-754), qui sera enfermé dans un monastère par Pépin le Bref en 751.

Le Mérovingien Childéric III, déposé par Pépin le Bref en 751, est tonsuré avant d’être enfermé dans un monastère. © Musée de Carcassonne

Chez les derniers Mérovingiens, les célèbres “rois fainéants” cité par le biographe de Charlemagne Éginhard, les cheveux longs sont aussi une façon de légitimer sa progéniture parmi la nuée d’enfants nés de multiples lits. On comprend mieux alors les paroles de la reine Clotilde (475-545) qui, à la mort de son fils Clodomir en 524, s’était opposée à la tonsure de ses trois petits-fils avec un “plutôt morts que tondus”. Leur couper les cheveux équivalait en effet à leur retirer toute reconnaissance d’appartenance à la lignée royale. À l’inverse, quand les Francs se cherchent un nouveau roi en 715, ils font sortir du couvent le clerc Daniel (670-721), le rebaptisent Chilpéric, puis attendent patiemment que ses cheveux repoussent pour le placer sur le trône ! Au début de la période carolingienne, aux alentours de 750, des documents font aussi état d’adoptions rituelles d’enfants par échange de cheveux ou de barbes.

“C’est ce que fait Liutprand, roi des Lombards, avec le jeune Pépin le Bref, fils de Charles Martel”, explique Ghislain Brunel.

En contrepartie, Pépin fera don de sa chevelure à son père adoptif. Selon le bénédictin Paul Diacre, au VIIIe siècle, couper la barbe ou les cheveux d’un autre était également une façon d’en devenir le père

La chevelure est associée à la puissance militaire

À quoi donc rattacher ces coutumes ? Impossible de ne pas imaginer que ces chefs christianisés depuis le Ve siècle ne se réfèrent pas aux coiffures des rois de l’Ancien Testament et à la force symbolique qu’ils pouvaient en retirer, à l’instar d’un Samson. La puissance prodigieuse de ce héros de la Bible résidait en effet dans ses cheveux, que sa femme, Dalila, lui coupera par traîtrise.

“Il ne faut pas non plus écarter, de la part de ces chefs francs fortement romanisés, la volonté de s’approprier pour mieux s’assimiler la mode qui avait cours dans les légions au Ve siècle, quand les cheveux étaient portés longs et non plus courts comme au temps de la République”, explique Ghislain Brunel.

Les Francs n’auraient d’ailleurs pas été les seuls à associer la chevelure à la puissance militaire :

“Chez les barbares, les Ostrogoths auraient aussi été porteurs de cette coutume. Tacite l’évoque dans Germanie, et Sénèque également”, conclut le médiéviste.

Légende ? Réalité ? Cette coutume aurait perduré au XVe siècle :

“À un document découvert au XIXe siècle dans les archives de Riom, censé être une lettre que Jeanne d’Arc aurait adressée aux habitants de la ville en 1429, était suspendu un cachet rouge où l’on voyait la marque d’un doigt et le reste d’un cheveu…”, ajoute Agnès Prévost.

Celui de la Pucelle d’Orléans ?

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Le Saviez-Vous ► Nouveau-nés: 8 traditions d’ailleurs


Généralement, une naissance est une fête. Dans certains pays, des traditions se perpétuent pour accueillir cette nouvelle vie
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Nouveau-nés: 8 traditions d’ailleurs

 

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Photo : iStockphoto.com/Goldmund Photography

Par Simone Castello, traduction: Michael Thornton ,
 

Chaque culture a ses us et coutumes concernant la grossesse et les nouveau-nés. Certaines de ces traditions sont ancrées dans le passé, d’autres prennent leur source dans la religion. En voici huit qui sont particulièrement intéressantes.

> Au Nigéria

Au Nigéria, les grands-mères jouent un rôle important dans la vie du nouveau-né. Selon Tilley Creary, auteure du blogue Preshus Me, c’est une de ses grands-mères (ou les deux) qui lui donne son premier bain.

«Cette tradition est une façon d’accueillir bébé officiellement dans la famille. Je me rappelle avec beaucoup d’émotion les moments où ma mère a baigné mes enfants. Je revois l’amour, l’émerveillement et la fierté dans ses yeux lorsqu’elle leur a donné leur premier bain. C’est une tradition merveilleuse. J’espère pouvoir faire de même si mes fils ont des enfants un jour.»

> Au Guatemala

Au Guatemala, la nouvelle mère n’a pas le droit de quitter la maison pendant 40 jours après l’accouchement. Et son premier repas est une soupe à la poule.

«Le but est de faire en sorte que la mère accumule suffisamment de force et de nutriments pour produire un lait maternel riche et épais, raconte Karla Ortiz, qui est d’origine guatémaltèque. Aussi, si elle sortait de la maison, elle pourrait attraper froid, ce qui affaiblirait son système immunitaire.»

Aussi, selon une coutume maya, le bébé doit porter une cordelette rouge autour de ses poignets.

«Cela éloigne les mauvais esprits, dit Mme Ortiz. Une croyance veut que les nouveau-nés aient des âmes délicates et qu’il faille les protéger le plus longtemps possible.»

> Au Pakistan

Une tradition pakistanaise veut qu’un «aqiqah» ait lieu sept jours après la naissance du bébé. C’est une cérémonie au cours de laquelle bébé reçoit son nom.

«On rase aussi les cheveux de l’enfant pendant la fête, raconte Zenaira Ali, dont la famille vient du Pakistan. On pèse ensuite les cheveux et un poids égal d’or ou d’argent est donné à une œuvre de charité.»

> En Indonésie

Selon d’anciennes croyances balinaises, l’âme du bébé est pure, et si ses pieds touchent le sol pendant les trois premiers mois de sa vie, il pourrait être possédé par des esprits méchants qui se cachent dans le sol. Pendant cette période, donc, il doit toujours être porté.

Quand l’enfant a trois mois, la famille organise une cérémonie appelée Oton, la fête des trois mois. Un prêtre bénit alors l’enfant et l’introduit dans le monde comme personne à part entière.

> En Nouvelle-Zélande

Dans la culture maori, la grossesse est considérée comme une période bien spéciale. La croyance veut que la mère et le bébé restent le plus calmes et relax possible pendant toute la grossesse, parce que le bébé, croit-on, est tout à fait conscient de son environnement et des stress qu’il peut contenir.

De plus, quel que soit l’endroit où l’enfant vient au monde, la coutume maori exige que le placenta soit enterré en Nouvelle-Zélande, dans la terre de ses ancêtres. Cette tradition vise à établir un lien symbolique entre les générations.

> En Iran

En Iran, la nouvelle mère compte beaucoup sur sa mère pour l’aider dans les premiers jours après l’accouchement. Nages Jalili-Kushki, qui est d’origine iranienne et qui a eu son premier enfant en 2012, raconte:

«Après l’accouchement, la mère est au repos complet pendant 10 jours. Pendant ce temps, c’est sa mère qui s’occupe de l’enfant et des tâches domestiques.»

Mme Jalili-Kushki parle aussi d’une autre tradition iranienne qu’elle apprécie beaucoup:

«Les dix premiers jours, on donne à la mère un plat traditionnel appelé kachi, qui est censé lui donner de l’énergie. C’est fait avec de la farine, du beurre, du sucre, du safran et d’autres épices, et c’est vraiment délicieux!»

 

> En Corée du Sud

En Corée du Sud, les nouvelles mères mangent de la soupe aux algues pendant les trois premières semaines après l’accouchement. Selon Hannah Chung, d’origine sud-coréenne, les nutriments de cette soupe contribuent à nettoyer le sang.

«C’est un des aliments les plus riches qui soient, et ça contient beaucoup de vitamines, dit-elle. Ça aide à se remettre sur pied après l’accouchement, et ça aide la mère à produire du lait.»

Les enfants mangent cette soupe à chacun de leurs anniversaires, une façon de leur rappeler le jour où ils sont nés… et la douleur que leur mère a endurée pour les mettre au monde.

> Au Brésil

Dans la culture brésilienne, on accorde beaucoup d’importance aux fringales pendant la grossesse. La plupart des Brésiliens croient en effet que si la mère ne satisfait pas sa fringale, l’enfant ressemblera à l’aliment convoité lorsqu’il naîtra.

Après l’accouchement, pour célébrer l’arrivée de bébé, la famille offre aussi à la famille et aux invités des lambracinhas, des petits cadeaux, qui peuvent être des aliments mais aussi de menus articles comme des aimants ou des talismans.

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137 chiens momifiés découverts au Pérou


On est surtout habitué d’entendre parler de chat momifié à cause de l’Égypte, mais il y a aussi des chiens qui ont subi le même sort partageant leur tombe avec leur maitre
Nuage

 

137 chiens momifiés découverts au Pérou

 

Par Sophie Le RouxCrédits photo : DR

Des archéologues péruviens ont fait une importante découverte sur un site situé dans un zoo de Lima, la capitale du Pérou : 137 cadavres de chiens momifiés, datant selon eux de plus de 900 ans.

Une cérémonie rituelle ?

Comme le rapporte le journal El Comercia Peru, ces chiens ont été trouvés en position de repos aux côtés de restes humains. Il est possible que les animaux aient été enterrés près de leurs propriétaires, dans le cadre d’une cérémonie rituelle.

« Nous ne pouvons pas affirmer avec certitude que ces animaux ont été utilisés dans une sorte de rituel, mais au vu des preuves dont nous disposons, c’est l’hypothèse que nous suivons«  explique Lucénida Carrion, qui dirige le département le département d’archéologie du zoo de Lima.

Enrique Angulo, un vétérinaire faisant partie de l’équipe de recherche, précise qu’il s’agit de chiens de différents âges, dont certains souffraient de diverses maladies.

D’autres chiens découverts en 2006

Afin de déterminer plus précisément la période durant laquelle ces chiens ont été enterrés, une datation carbone doit être réalisée dans les semaines à venir.

Ce n’est pas la première fois que des chiens momifiés sont ainsi mis au jour au Pérou. En 2006 en effet, le National Geographic annonçait la découverte de 43 chiens dans un cimetière animal datant de 1000 ans environ.

C’est en fouillant un cimetière humain que les restes de des animaux ont été mis au jour. Certains avaient été enterrés avec des couvertures, et de la nourriture, une coutume des cultures pré-colombiennes du Pérou.

Alors que de plus en plus de propriétaires de chiens souhaitent aujourd’hui pouvoir être enterrés auprès de leur animal bien-aimé, ces découvertes en disent long sur les liens qui unissent depuis des siècles humains et canidés.

 

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