Voici pourquoi le raisin placé au micro-onde produit du plasma


Deux raisins dans une micro-onde questionnent des scientifiques. Il semble que deux raisins mit à la micro-onde pleine puissances produit du plasma, mais ce qui pour moi est plus étonnant, c’est qu’ils font de l’électricité pendant la cuisson.
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Voici pourquoi le raisin placé au micro-onde produit du plasma

 

Nathalie Mayer
Journaliste

Des grains de raisin placés au micro-onde produisent du plasma. Beaucoup ont cherché à fournir une explication scientifique au phénomène. Mais il restait incompris. Jusqu’à aujourd’hui. Les explications grâce aux conclusions de physiciens canadiens.

Si vous avez l’habitude d’explorer les réseaux sociaux à la recherche d’expériences sensationnelles réalisées à partir d’objets du quotidien, celle-ci ne peut pas vous avoir échappé : un grain de raisin coupé en deux placé quelques secondes dans un four à micro-ondes à pleine puissance. Et c’est le feu d’artifice. Des millions de vues sur YouTube, mais pas d’explication scientifique fondée.

Une seule chose semblait certaine. Mis dans un four à micro-ondes, un grain de raisin produit un plasma lumineux. L’hypothèse la plus en vogue avançait l’importance du petit pont de peau laissé entre les deux morceaux de raisin. Il est en effet riche en électrolytes. Quant aux surfaces aqueuses exposées, elles étaient présentées comme facilitant la propagation du courant électrique.

Doutant de ces conclusions, des chercheurs canadiens ont très sérieusement étudié le sujet. Ils ont d’abord placé dans un four à micro-ondes, des raisins entiers, disposés l’un contre l’autre, et jusqu’à une distance l’un de l’autre de trois millimètres. Puis, des billes d’hydrogel quasiment constituées d’eau pure. Résultat : dans les deux cas, ils ont observé la formation d’un plasma.

« Ni la peau du raisin ni la surface humide ne semblent donc essentielles en la matière », conclut Hamza Khattak, de l’université de Trent (Canada).

Les physiciens canadiens ont reproduit l’expérience du plasma — qu’ils ne recommandent pas de mener à la maison — avec des groseilles à maquereau, des mûres et même des œufs de caille. © Khattak et al., université de Trent, à Peterborough

Les physiciens canadiens ont reproduit l’expérience du plasma — qu’ils ne recommandent pas de mener à la maison — avec des groseilles à maquereau, des mûres et même des œufs de caille. © Khattak et al., université de Trent, à Peterborough

Un point chaud d’origine électromagnétique

En y regardant de plus près, les chercheurs ont pu observer le spectre d’émission du plasma produit. Il serait le résultat de l’ionisation, au niveau du point de contact, d’ions potassium et sodium, présents en abondance dans la peau des grains de raisin. Selon Hamza Khattak, ces ion sentreraient en résonance avec les ondes électromagnétiques émises par le four d’où une ionisation en cascade.

Des cavités résonnantes, sources de plasma

En modélisant la distribution énergétique et thermique au cœur des raisins placés au micro-onde, les physiciens ont noté que les densités d’énergie tout comme les températures étaient plus élevées au centre du raisin — dans le cas d’un raisin isolé –, et au point de contact — lorsque deux raisins sont mis côte à côte.

« Les raisins se comportent comme des sphères d’eau dans lesquelles se forment, sous l’effet des ondes, des cavités résonantes responsables de la production du plasma », explique Hamza Khattak.

Avec son équipe, ce dernier compte maintenant comprendre pourquoi deux grains de raisin — comme deux billes d’hydrogel — placés au micro-onde semblent vouloir rebondir l’un contre l’autre. Le résultat de l’effet Leidenfrost, celui qui fait rouler les gouttes d’eau comme des billes sur une plaque chauffante ? Affaire à suivre…

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Un grain de raisin, placé dans un four à micro-ondes à pleine puissance, produit un plasma.
  • Des physiciens ont étudié le mécanisme sous-jacent.
  • Le résultat d’un phénomène de résonance avec les ondes électromagnétiques émises par le micro-ondes.

https://www.futura-sciences.com/

Un courant électrique pour soigner la dépendance au jeu


Du courant électrique que la personne ne ressent rien ou presque rien pourrait venir a bout de la dépendance au jeu. Cela pourrait peut-être servir aussi a d’autres dépendances
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Un courant électrique pour soigner la dépendance au jeu

 

Des machines à sous.

Des machines à sous Photo : CBC

L’application d’un faible courant électrique à la surface du crâne pourrait venir en aide aux joueurs compulsifs, selon une récente étude de l’Université Laval.

Un texte de Fanny Samson

Des chercheurs de la Faculté de médecine ont d’abord recruté 16 personnes par l’entremise du Centre de réadaptation en dépendance de Québec. Ces patients souffrent de trouble du jeu depuis plusieurs années.

Lors d’une première séance d’étude, la stimulation transcrânienne à courant continu a été testée pendant 30 minutes à l’aide de deux électrodes placées sur le cuir chevelu des volontaires. La moitié des sujets recevaient un traitement placebo.

« C’est un courant direct, un courant continu de deux milliampères. On ne sent à peu près rien, mais c’est suffisant pour moduler l’activité du cerveau », détaille la chercheuse en neuroscience cognitive Shirley Fecteau.

Une semaine plus tard, chaque participant a été soumis au traitement qu’il n’avait pas reçu lors de la première visite.

On peut inhiber, calmer l’activité du cerveau ou on peut l’exciter.Shirley Fecteau, chercheuse principale de l’étude

L’étude, publiée dans la revue Neuropharmacology, révèle que le traitement augmente la production du neurotransmetteur GABA dans le cortex préfrontal, qui permet de calmer le cerveau quand il est surexcité.

Selon l’Association américaine de psychiatrie, les problèmes de jeu figurent parmi les troubles de dépendances aux substances depuis 2013. Un problème qui touche entre 1 % et 2 % de la population adulte.

Soigner la dépendance à long terme

Lors de précédentes études, la même technique a été utilisée chez des patients en santé.

On arrivait à moduler des processus comme l’impulsivité et la prise de risque, la recherche de la récompense.

Shirley Fecteau, chercheuse principale de l’étude

Shirley Fecteau indique que les mêmes zones du cerveau sont associées à la dépendance.

« D’autres études ont montré que le cerveau s’active de façon similaire, quand on a une envie, une urgence de consommer, que ce soit des jeux de hasard ou d’argent, de l’alcool ou la cigarette », souligne-t-elle.

La chercheuse ignore toutefois les effets de cette méthode à long terme.

« Nous espérons maintenant obtenir du financement pour réaliser un essai clinique qui comporte entre 10 et 15 séances pour chaque participant. »

Si plusieurs ont tendance à comparer ce traitement aux électrochocs, une méthode controversée utilisée en psychothérapie depuis de nombreuses années, Shirley Fecteau précise que la stimulation transcrânienne à courant continu cause très peu d’effets secondaires.

« L’idée d’utiliser l’électricité, ça fait très longtemps. Il y a eu les électrochocs qui ont été développés et qui demeurent à ce jour quand même assez stigmatisés, mais qui fonctionnent très bien pour la dépression majeure », termine-t-elle.

http://ici.radio-canada.ca