Le problème des prix Nobel dans les sciences


Les prix Nobel n’ont pas changé depuis 1901. La science à évoluer, avant c’était plus des particuliers qui faisaient des découvertes alors qu’aujourd’hui, ce sont des groupes qui travaillent en coopération, Pour une même découverte seulement 3 seront récompensés.
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Le problème des prix Nobel dans les sciences

 

La médaille du Nobel de chimie | Adam Baker via Flickr CC License by

La médaille du Nobel de chimie | Adam Baker via Flickr CC License by

Repéré par Nina Pareja

Sont-ils encore vraiment adaptés à notre époque?

 

Repéré sur The Guardian

Cette première semaine d’octobre, une poignée de scientifiques va recevoir des prix Nobel en médecine, en chimie et en physique. Leurs vies et leurs notoriétés seront transformées par cette haute distinction internationale, et ils et elles (qui sait?) recevront de surcroît beaucoup d’argent.

Mais pour le cosmologue Brian Keating, de l’université de Californie, les Nobel «récompensent une version archaïque de la science».

De plus en plus de scientifiques s’opposent à ces prix jugés inadaptés au monde moderne de la recherche, notamment parce qu’ils encourageraient la compétition plutôt que la coopération.

Prix trop personnel

Pour le Lord Martin Rees, astronome, un Nobel donne au public une idée faussée de ce qui serait important dans le domaine scientifique:

«Seulement trois sciences sont récompensées: la chimie, la physique et la médecine».

Il déplore que les mathématiques, l’informatique, la robotique, l’intelligence artificielle et les sciences environnementales soient ignorées.

Venkatraman Ramakrishnan, président de l’académie scientifique indépendante britannique, la Royal Society, a remporté un Nobel en 2009 mais ne se prive pas de critiquer le système de récompenses dans son livre Gene Machine, expliquant que «le prix devient de plus en plus une loterie» et serait biaisé par du «copinage».

Pour le cosmologue Keating, la procédure de sélection est trop secrète:

«Vous ne savez pas qui était nommé pour le prix, ni comment s’est passée la nomination». Il ose la comparaison avec «un procédé sacré comme la nomination d’un nouveau pape».

Depuis la création des Nobel en 1901, plus d’un milliard de dollars ont été attribués aux lauréats et lauréates. Les premiers prix ont récompensé des scientifiques comme Marie et Pierre Curie ou Albert Einstein, qui travaillaient à l’époque d’une science plus individualiste qu’aujourd’hui, marquée par les grandes inventions. Au début du XXe siècle, le comité d’attribution du prix Nobel a décidé qu’une récompense ne pourrait être accordée à plus de trois personnes pour la même découverte. C’est ainsi qu’en 2013, Peter Higgs et François Englert ont été récompensés pour leur découverte d’une particule subatomique nommée boson de Higgs, alors que six personnes avaient participé à la recherche. En 2017, le prix Nobel de physique a été décerné pour la première observation d’ondes gravitationnelles, découverte exposée dans un article signé par plus de 1.000 scientifiques dont seulement trois ont remporté le prix.

Le mythe du génie isolé

Ramakrishnan, tout comme Keating, estime que cette règle des trois personnes récompensées n’est plus adaptée au monde d’aujourd’hui.

«La règle de trois renforce l’impression que la science est le fruit d’un ou deux génies –souvent des hommes blancs– travaillant sans le vaste réseau de soutien derrière eux», assure le cosmologue Keating au Guardian. Il ajoute que «si une femme remporte [un prix] cette année, ce sera la première en cinquante ans» seulement deux femmes ont déjà été distinguées du Nobel de physique.

Le mythe du génie isolé donne une voix à certains scientifiques dont l’expertise est finalement restreinte, explique aussi Lord Rees.

«Leur opinion sur des sujet plus généraux ne devrait pas avoir de poids, mais certains exploitent ce statut de prix Nobel», assure-t-il.

 Le Norvégien Ivar Giaver, qui a gagné le Nobel de physique en 1973, nie aujourd’hui le réchauffement climatique. William Shockley, lui, s’est servi de son statut pour diffuser des théories racistes.

Les scientifiques critiques des Nobel dans le domaine des sciences estiment qu’il faudrait leur appliquer les mêmes règles qu’au Nobel de la paix, à savoir la possibilité de récompenser aussi des associations ou collectifs, comme la Croix Rouge ou le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat par exemple.

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Inventer le monde


Une prise de conscience sur nos habitudes de vie vers notre environnement, sur ce que nous laissons en héritage à nos descendants
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Inventer le monde

 

Il est temps d’inventer un monde basé sur la protection plutôt que sur la prédation, sur la coopération plutôt que sur compétition, sur le juste échange plutôt que sur le libre-échange, sur le partage plutôt que l’accumulation.

Nicolas Hulot

L’invention des pointes en silex a bouleversé le mode de vie des hommes préhistoriques


L’avenu du silex pour les hommes de la préhistoire était sûrement aussi importante que l’invention de la roue. En plus d’être efficace pour la chasse, il assurait une meilleure alimentation donc a vivre plus longtemps
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L’invention des pointes en silex a bouleversé le mode de vie des hommes préhistoriques

 

copyright Jayne Wilkins

On a longtemps pensé que si les premiers hommes avaient décidé il y a 500.000 ans d’assembler un silex à une pointe en bois pour en faire des lances, c’était simplement parce que cette arme permettait de tuer plus efficacement qu’une simple pointe en bois. Une chercheuse de l’université d’Arizona, Jayne Wilkins, et son équipe ont alors décidé de le vérifier, en comparant l’efficacité des deux concepts sur du gel balistique dont la densité est proche des tissus musculaires humains et animaux. 

«Ils ont alors mesuré la profondeur de la pénétration, la taille et la forme de des blessures dans le gel», raconte un blog du Scientific American.

La profondeur de pénétration s’est avérée la même, mais la blessure de la pointe en silex est environ 25% plus large, elle a donc plus de chances de toucher les organes et donc d’améliorer la chasse.

Or, cette technologie aurait en réalité eu d’autres effets. Elle a d’une part été un moyen pour les hommes préhistoriques de manger de la viande plus régulièrement, ce qui leur aurait permis d’augmenter leur espérance de vie.

D’autre part, cette efficacité technologique aurait également précipité la coopération entre les membres d’une même communauté, mais aussi avec d’autres groupes. Dans un rapport, Jayne Wilkins explique:

«Des individus avec des armes extrasomatiques sont plus susceptibles de coopérer les uns avec les autres que sans elles, en partie parce qu’elles augmentent le risque de mortalité quand les individus décident de s’opposer.»

Fanny Arlandis

http://www.slate.fr