Chez le Ouistiti, la parole est d’argent et le silence est…réprobateur !


L’art de parler au bon moment, n’est pas seulement pour l’être humain. Il semble que les jeunes ouistitis apprennent très tôt le bon usage de la parole
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Chez le Ouistiti, la parole est d’argent et le silence est…réprobateur !

 

 

Le Ouistiti commun vit dans les forêts du nord-est du Brésil, en petits groupes familiaux de 4 ou 5. © Gerard Lacz/Rex Featu/REX/SIPA

Le Ouistiti commun vit dans les forêts du nord-est du Brésil, en petits groupes familiaux de 4 ou 5. © Gerard Lacz/Rex Featu/REX/SIPA

Par Louise Horvath

Les règles du langage du petit singe sont strictes : on ne coupe pas la parole et on émet le cri approprié. Que le jeune ouistiti ne s’y plie pas et la réaction est immédiate…

RÈGLEMENT. « On ne coupe pas la parole !« . La phrase peut vous paraître familière, vos parents vous l’ayant déjà scander dans votre enfance. Un point commun que vous partagez avec… le Ouistiti commun (Callithrix jacchus) ! Les scientifiques se sont en effet aperçus que la prise de parole chez l’Homme se plie à certaines règles qui régissent aussi celle du petit animal d’une vingtaine de centimètres. Arrêter la conversation quand un bruit extérieur la masque, ne pas couper la parole et utiliser le cri approprié dans une situation donnée sont au nombre de celles-ci. Cecilia P. Chow et ses collègues de l’université de Californie (USA) se sont penchés sur cette ressemblance avec pour objectif de comprendre un peu mieux l’apprentissage des règles encadrant la prise de parole chez l’Homme.

Conventions sociales et erreurs de jeunesse

Quatre cris composent le répertoire du  Ouistiti :  « Phee »(prononcer fii), le « gazouillis », « trille » et « trillePhee ». Ceux-ci peuvent être mélangés, mis bout à bout, combinés… Au sein du groupe de ouistitis, constitué d’un couple et de leurs enfants, le « Phee » est utilisé pour communiquer avec un membre hors de vue. Un cri « Phee » appelle à une réponse par un autre « Phee », donnant un échange similaire à un dialogue. Entre chaque cri, les adultes laissent une pause de 4 à 5 secondes. Un blanc que les petits ne marquent pas, enchaînant par une autre exclamation après celle émise par leurs parents, voire… les interrompant. Pour les jeunes, une autre difficulté est de comprendre quel cri utiliser à quel moment. En enregistrant et en étudiant les vocalises de 10 ouistiti juvéniles âgés de 4 à 10 mois, les chercheurs ont remarqué que l’une ou l’autre de ces erreurs était souvent gratifiée… d’une réprimande !

Et le silence se « Phee »…

Le plus souvent, le jeune ouistiti interrompt son père, aux cris duquel il est très réactif. Plus rarement, il coupe la parole à sa mère, et plus sporadiquement encore à son jumeau. Face à une interruption, la réaction des parents ne se fait pas attendre : un silence réprobateur de 7 secondes au moins suit le cri du jeune. Parfois, celui-ci dure 10 secondes, mettant fin définitivement à la conversation. Quant à l’émission d’une réponse inappropriée  – notamment si le petit ouistiti répond à un « Phee » par autre chose –, les parents interrompent généralement le mauvais parleur. Progressivement, les ouistitis apprennent de leurs erreurs et commettent de moins en moins d’impairs. À 8-9 mois, les interruptions deviennent rares et le temps entre les cris plus long, pour finalement devenir polis comme un vieux ouistiti !

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Pourquoi avons-nous besoin de mentir?


Pourquoi mentir ? Par manipulation, se faire accepter, peur d’être juger ou encore pour ne pas inquiété l’autre … ? Bien sûr que toutes vérités ne sont pas nécessairement a dire, mais généralement, il faut s’assumer, et qu’un jour ou l’autre, la vérité se présentera d’elle-même.
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Pourquoi avons-nous besoin de mentir?

Pourquoi avons-nous besoin de mentir?

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Preuve d’intelligence ou vilain défaut, le mensonge est aussi vieux que l’humanité. Mais peut-on l’éviter alors qu’il est présent partout? Voici toute la vérité sur le mensonge et les façons de le contrer.

Pourquoi mentons-nous?

Par manque d’amour-propre

La crainte du jugement de l’autre est la principale raison qui nous pousse à mentir. On ne veut pas courir le risque de ne pas être acceptée. Tout sujet abordé peut alors devenir une occasion de mensonge: nos études, notre situation professionnelle, nos habitudes ou nos choix culturels… Le regard d’autrui est si important que l’on ment pour transmettre aux autres l’image qu’ils se font de nous. On cherche ainsi à obtenir l’estime qu’on ne s’accorde pas. On voudrait être aimée pour ce que l’on est, mais on craint d’être rejetée si on se dévoile. Alors on ment pour se sentir en sécurité, quitte à se mentir aussi à soi-même.

Le conseil: On se montre telle que l’on est et on en assume les conséquences. On développera ainsi notre force intérieure qui nous permettra de briser le cercle vicieux du mensonge. On sera assurée que les gens nous apprécient vraiment.

Pour obtenir quelque chose ou éviter une situation pénible

Il s’agit alors de manipulation. On ment pour exercer un pouvoir sur l’autre en l’amenant à croire ce qu’on veut. Par exemple, on complimente une personne (même si on ne croit pas ce qu’on dit) afin qu’elle nous rende un service.

Le conseil: Attention, la manipulation pourrait se retourner contre nous. Si on manipule les autres, aurons-nous assez de sang-froid pour les affronter lorsqu’ils nous mettront face à nos contradictions? De plus, ils seront moins indulgents s’ils ont l’impression que notre mensonge a été prémédité.

Pour protéger nos proches

Toute vérité n’est pas bonne à dire… On peut être portée à mentir pour épargner un proche si on juge que la vérité sera trop dure à supporter. Par exemple, on tait la gravité de la maladie de notre mère pour ne pas affoler notre sœur. On prétend que ça va bien au boulot pour éviter d’inquiéter notre conjoint.

Le conseil: Mentir à un proche pour le préserver le prive de son droit à la vérité. Même avec les meilleures intentions, cette stratégie ne peut être que temporaire. La dissimulation est nocive, car elle assène un double choc: en plus de découvrir une vérité difficile à supporter, la personne se rend compte qu’on lui a menti.

Pour vivre en société

On ment au quotidien. On ment pour échapper à une sortie ou éviter un repas sans vexer la personne qui nous a invitée. Il est parfois difficile de faire l’économie d’un mensonge, les conventions sociales ne nous le permettraient pas.

Le conseil: Tout dépend de la personne que l’on a en face de soi et du type de relation qu’on entretient avec elle. Quand un collègue nous demande comment ça va, il ne sert à rien de lui révéler notre jardin secret: il ne souhaite pas réellement entendre ça. Les petits mensonges adressés à des proches sont des preuves d’immaturité. On essaie donc d’être honnête avec soi-même et sincère avec les personnes que l’on estime.

Comment réagir face à un menteur?

Si c’est un enfant: On ne s’inquiète pas: le mensonge fait partie de son développement. Cela lui permet de renforcer sa propre identité et de s’affirmer. Lorsque l’enfant est très jeune, il a de la difficulté à différencier le réel de l’imaginaire: il ne ment pas, il fabule. Plus tard, il peut mentir pour éviter une punition. On tente alors de ne pas réagir trop fortement et on lui donne une conséquence proportionnelle à la gravité de sa faute.

Si c’est un adolescent ou un adulte proche: C’est plus inquiétant, car cela peut dissimuler son mal-être ou une difficulté à s’affirmer. Il se peut aussi que la personne mente pour nous plaire. Si on lui laissait la chance d’exprimer la vérité? Dans tous les cas, on signifie à la personne qu’on sait qu’elle ment et on lui montre qu’on est prête à l’accepter telle qu’elle est.

Si le mensonge nous emprisonne

Parfois, les mensonges se sont tellement multipliés qu’on arrive plus à démêler le vrai du faux. Cette situation est autodestructrice, car elle génère énormément de stress. Il faut alors se tourner vers une tierce personne pour aller chercher de l’aide. Un psychologue nous permettra de retrouver nos repères.

Comment reconnaître les menteurs?

Il n’existe pas de technique miracle pour reconnaître les menteurs. Certains indices peuvent cependant nous aider: la personne se gratte le nez, a les pupilles dilatées, rougit, bafouille ou se contredit. Mais rappelons-nous qu’on peut aussi rougir ou bafouiller sous le coup de l’émotion. On fait donc attention avant de juger les gens et on fait confiance à ce que l’on ressent.

Merci à Marc Pistorio, psychologue et médiateur, auteur du livre Vérité ou conséquences. Oser l’authenticité envers soi, en couple et en famille.

 

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