Une machine qui produit des hallucinations


Une machine qui fait des hallucinations, de la manière que les champignons hallucinogènes à l’aide de casque virtuelle sans pour autant avoir des impacts négatifs
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Une machine qui produit des hallucinations

 

 

Nathalie Mayer
Journaliste

 

Vous pensiez les hallucinations réservées aux personnes présentant des troubles psychiatriques ? ou à celles qui consomment des champignons magiques ? Détrompez-vous : avec leur « Hallucination Machine », des chercheurs britanniques assurent pouvoir vous faire vivre l’expérience.

Des passants à têtes de chiens, des oiseaux aux corps de cochons, des flots de diamants tourbillonnants : ce ne sont là que quelques exemples des hallucinations qu’ont pu vivre les douze volontaires ayant testé la « Hallucination Machine », mise au point par des chercheurs de l’université du Sussex (Royaume-Uni). Ces hallucinations ressemblent à s’y méprendre à celles expérimentées par les consommateurs de champignons hallucinogènes.

Cette « Hallucination Machine » exploite Deep Dream, un algorithme mis au point par des ingénieurs de Google il y a un peu plus de deux ans maintenant. Les images aux allures fantasmagoriques qu’elle produit sont diffusées dans un casque de réalité virtuelle pour assurer une expérience immersive.

La « Hallucination Machine » transforme des images de la vie courante en scènes fantasmagoriques, imitant les effets de la psilocybine, le principe actif contenu dans certains champignons hallucinogènes. © Keisuke Suzuki, université du Sussex

La « Hallucination Machine » transforme des images de la vie courante en scènes fantasmagoriques, imitant les effets de la psilocybine, le principe actif contenu dans certains champignons hallucinogènes. © Keisuke Suzuki, université du Sussex

Un outil pour étudier les états modifiés de la conscience

Cela n’altère pas directement la neuropsychologie de la personne. Un atout non négligeable pour les chercheurs qui étudient les états modifiés de la conscience (EMC). Car les propriétés phénoménologiques de tels états sont bien difficiles à isoler des effets physiologiques et cognitifs induits par des troubles psychopathologiques ou des substances psychoactives.

Première observation importante rapportée par les chercheurs britanniques : les utilisateurs de la « Hallucination Machine » ne percevront aucune distorsion du temps, comme c’est pourtant classiquement le cas des consommateurs de champignons. De quoi conclure que de telles distorsions ne sont pas liées aux EMC, mais simplement à la prise de produits hallucinogènes.

http://www.futura-sciences.com

Un certain état de conscience rétabli grâce à un implant


Aurait-il un espoir pour ceux qui sont dans un état végétatif, même permanent ? Il semble qu’avec un stimulateur pour donner des impulsions électromagnétiques à un endroit précis à la poitrine …
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Un certain état de conscience rétabli grâce à un implant

 

Une personne dans un état végétatif ne répond à aucune stimulation verbale ou visuelle, et ne présente aucun signe d’émotion. Photo : Getty Images

Un Français de 35 ans qui était dans un état végétatif depuis 15 ans après un accident de la route a montré des signes de conscience après que des neurochirurgiens lui eurent implanté un stimulateur électrique du nerf vague au niveau de la poitrine.

Un texte d’Alain Labelle

La stimulation par impulsions électriques de ce nerf crânien, situé dans le tronc cérébral de la base du cerveau à l’aorte, a permis au patient de suivre des objets avec ses yeux et de rester éveillé lorsqu’on lui lit un livre. Il réagit aussi à des questions simples, telles que tourner la tête lorsqu’on le lui demande – même si cela prend environ une minute.

En outre, il réagit à des stimuli menaçants. Il ouvre grand les yeux lorsque quelqu’un place soudainement son visage près du sien.

Il est possible d’améliorer la présence d’un patient dans le monde qui l’entoure. Angela Sirigu, de l’Institut des sciences cognitives – Marc Jeannerod

    Ce nouveau traitement remet en question l’idée largement répandue selon laquelle il n’y a pas de perspective de rétablissement de la conscience d’un patient s’il est dans un état végétatif depuis plus de 12 mois.

    L’état végétatif en bref

  • L’état végétatif permanent se caractérise par un état d’inconscience à long terme dû à des lésions du cerveau.

  • La personne peut ouvrir ses yeux, se réveiller et s’endormir, et présenter des réflexes de base. Elle a un battement de cœur régulier et respire sans assistance.

  • Elle ne répond à aucune stimulation verbale ou visuelle, et ne présente aucun signe d’émotion.

  • Un état végétatif persistant peut s’étendre jusqu’à 4 semaines.

  • Un état végétatif est jugé permanent lorsqu’il dépasse 6 mois pour un accident vasculaire cérébral, et 12 mois s’il est causé par une blessure à la tête.

    Un état de conscience minimale

    Le traitement ne lui a pas permis de retrouver son état de conscience initial. Le patient est passé d’un état végétatif à un état de conscience minimale, une amélioration qui peut également être constatée à la lecture des examens par imagerie cérébrale. Ces derniers montrent une plus grande activité dans les zones du cerveau impliquées dans le mouvement, la sensation et la conscience.

La conscience demeure sévèrement altérée, mais contrairement à l’état végétatif, il existe des signes comportementaux minimums, mais confirmés de la conscience de soi et de son environnement. Tom Manly, un expert en sciences de la connaissance et du cerveau à l’Université de Cambridge

« Ces observations montrent qu’une bonne intervention peut mener à des changements du niveau de conscience, et ce, même dans les cas les plus sévères », explique Angela Sirigu.

La plasticité cérébrale et la réparation du cerveau sont possibles même lorsque l’espoir semble avoir disparu. Angela Sirigu

Pour le moment, les bénéfices de l’implant sont basés sur un seul patient, mais les chercheurs envisagent d’étendre le traitement à d’autres personnes.

La stimulation du nerf vague est déjà utilisée pour traiter les personnes atteintes d’épilepsie et de dépression.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Current Biology.

http://ici.radio-canada.ca

Se parler à soi-même est moins inutile qu’on ne le pense


Je me parle en moi-même tout le temps, je suis persuadé que cela m’aide beaucoup. En fait parler à soi-même pour s’exercer à parler en public, affronter des difficultés ou contrôler nos sentiments est essentiel.
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Se parler à soi-même est moins inutile qu’on ne le pense

Barack Obama, le jour de son investiture en janvier 2009. Crédit: The White House/Pete Souza

  • Par Quentin Périnel

FOCUS – Réflexion, conscience de soi, confiance en soi… Se parler à soi-même, à haute voix, est une excellente façon de mieux vous connaître et de perfectionner vos prises de parole.

Explications.

Préparer un discours en vue d’un mariage, parler devant dix personnes en réunion, passer un appel téléphonique à un(e) inconnu(e)… Tant de situations qui nécessitent, à des degrés différents, de s’exprimer convenablement en public. Facile? Pas pour tout le monde. Sans parler de charisme et d’éloquence, le moindre fait d’ouvrir la bouche est déjà chose complexe pour certains d’entre nous. C’est l’objet d’un article publié par la BBC. Le remède miracle: se parler à soi-même. À voix haute. Évidemment, il est préférable de s’adonner seul à cette activité, l’acte de parler tout seul n’ayant pas spécialement bonne presse lorsqu’il est effectué en public.

«Parler tout seul est signe de folie», dit d’ailleurs le proverbe français. Mis à part (peut-être) sur scène!

Plusieurs études et recherches scientifiques démontrent que parler seul est une lubie qui a des vertus. Auto-persuasion, confiance en soi, rappel de mémoire, concentration… Peu importe ce que nous racontons.

«Nous avons tous besoin d’un confident, de parler à quelqu’un qui est intéressant, intelligent, qui est de notre côté et qui nous comprend mieux que personne, explique Anne Wilson Schaef, psychologue et conférencière. Nous sommes sans doute la personne la plus intéressante que nous connaissons.»

En 2014, une étude expliquait dans quelle mesure l’autopersuasion est bénéfique pour nous aider à affronter nos épreuves et nos défis les plus complexes. Mieux encore: se parler à soi-même en mentionnant son propre nom et ceux de nos proches nous aident à mieux contrôler nos sentiments!

Trouver les mots justes

Dans la Harvard Business Review, le chercheur Ethan Kross raconte une expérience aussi amusante qu’instructive. Parler de soi-même à la deuxième ou à la troisième personne pour préparer n’importe quelle intervention est un «plus» pour être plus performant, plus calme, et plus confiant! Kross explique que les résultats de son expérience ont été si concluants qu’il impose désormais à sa propre fille de parler d’elle-même à la troisième personne.

«Non seulement cela donne confiance en soi, mais en plus cela décuple la raison et la qualité de notre réflexion», ajoute-t-il.

Une autre étude datant de 2008 explique que parler de soi à haute voix est également un signal positif pour le développement personnel des jeunes enfants.

Un dernier bienfait de ce phénomène: combler un manque terrible de reconnaissance. Dans le monde du travail, la reconnaissance est un besoin essentiel qui est très largement insatisfait.

«Il n’y a guère au monde un plus bel excès que celui de la reconnaissance», écrivait jadis Jean de La Bruyère.

Il avait raison. Une étude réalisée en 2016 par l’Anact (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail), révèle en effet que les politiques de reconnaissance sont largement insatisfaisantes, selon 54% des sondés. Seuls 9% d’entre eux saluent la performance de leur entreprise en la matière.

http://www.lefigaro.fr/e

Un animal peut-il se suicider?


Chez les animaux, et même des formes de vie simple semblent se donner la mort pour une raison ou une autre. Peut-on parler de suicide tout comme chez les êtres humains ?
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Un animal peut-il se suicider?

 

Des baleines échouées sur la plage de Farewell Spit, en Nouvelle Zélande - REUTERS/Handout

Des baleines échouées sur la plage de Farewell Spit, en Nouvelle Zélande – REUTERS/Handout

Brian Palmer

Des centaines de baleines qui s’échouent, des canards et des chiens qui se noient volontairement, des vaches qui se jettent du haut de falaises… Est-ce une manière de mettre fin à leurs jours?

On ne sait pas au juste ce qui pousse les baleines à s’échouer, mais selon une théorie, lorsqu’un individu malade se dirige vers la côte pour y mourir, les autres le suivent. Le suicide existerait-il dans le règne animal?

En quelque sorte. Les cas d’animaux au comportement autodestructeur sont légion. Outre les baleines qui s’échouent, on a vu des canards et des chiens se noyer volontairement, des vaches se jeter du haut de falaises ou encore des rats-taupes nus (tout comme certains insectes) quitter leur colonie avant de mourir lorsqu’ils étaient atteints d’une maladie contagieuse. On peut cependant difficilement établir un parallèle entre ces comportements et le suicide à proprement parler. Car le suicide implique un ensemble de capacités cognitives très complexes.

«Conscience de sa propre existence»

Il faut en effet avoir conscience de sa propre existence, être à même de se projeter dans l’avenir et comprendre qu’une action précise entraînera sa mort. Il semblerait que certains animaux aient une partie de ces capacités. Les dauphins, de nombreuses espèces de primates, les pies et les éléphants sont capables de reconnaître leur reflet dans un miroir, ce qui tend à indiquer une certaine conscience de soi. On sait par ailleurs que d’autres animaux savent faire semblant lorsqu’ils jouent, ce qui implique qu’ils peuvent imaginer des mondes différents de celui dans lequel ils évoluent. Pour autant, on ignore s’il existe des animaux capables d’associer ces différentes capacités pour en arriver à se suicider, comme c’est le cas chez l’homme.

D’après un article publié en 2010 par Edmund Ramsden, les scientifiques de l’époque victorienne se passionnaient tout particulièrement pour cette question. Les sociétés humaines cherchaient à trouver la preuve que les animaux éprouvaient des émotions proches des nôtres, et les cas de suicide chez les animaux venaient étayer cette théorie.

C’est ainsi qu’à partir de 1845, des articles sur ce thème se sont multipliés dans la presse. On a ainsi rapporté le cas d’un chien de race terre-neuve qui s’était, à plusieurs reprises, jeté à l’eau, restant immobile et «gardant obstinément la tête sous l’eau pendant quelques minutes». D’autres chiens se seraient noyés ou laissés mourir de faim après la disparition de leur maître.

Un cerf se serait jeté dans le vide pour ne pas être rattrapé par des chiens de chasse. Un canard se serait noyé après la mort de son partenaire. On pensait également que les scorpions se piquaient eux-mêmes s’ils se retrouvaient prisonniers des flammes. Les chercheurs se sont alors lancés dans un débat passionné, mais resté stérile, sur la question de savoir si ces comportements relevaient du suicide. (Sauf pour le cas des scorpions qui sont immunisés contre leur propre venin, ce qui règle la question.)

«Difficile de déterminer si on peut réellement parler de suicide»

Même quand les scientifiques peuvent expliquer le processus neurobiologique qui sous-tend le comportement autodestructeur d’un animal, il reste difficile de déterminer si on peut réellement parler de suicide. Le toxoplasma gondii est un parasite qui touche le cerveau des rongeurs et induit chez eux une attirance envers leur ennemi mortel, le chat. On serait dès lors tenté de conclure que ce type de «suicide» chez les rats n’a rien à voir avec les comportements observés chez l’homme. Mais certains éléments semblent indiquer que cette infection pourrait également jouer un rôle dans le suicide humain.

Dans le cadre d’une étude menée en 2009 sur des patients souffrant de troubles récurrents de l’humeur, les chercheurs de l’université du Maryland ont découvert que ceux qui présentaient de forts taux d’anticorps destinés à lutter contre le toxoplasma gondii étaient plus susceptibles d’avoir fait des tentatives de suicide. Précisons toutefois que cette étude reste préliminaire et qu’aucune relation de cause à effet n’a été clairement établie.

Quelle que soit la motivation qui y préside, l’autodestruction semble exister jusque dans les formes de vie les plus simples. Des algues unicellulaires lancent un processus de mort cellulaire programmée lorsqu’elles sont exposées à un stress qu’elles seraient pourtant tout à fait capables de surmonter. Des chercheurs ont récemment découvert que le «suicide» de certaines cellules favorisait la croissance des cellules survivantes. A l’instar des rats-taupes infectés ou des abeilles qui quittent la colonie pour éviter une épidémie, ces algues meurent pour le bien de la communauté.

Brian Palmer

Traduit par Micha Cziffra

http://www.slate.fr/

Si vous étiez un éléphant…


Qu’est-ce qui fait avoir conscience de soi et des autres ? Est-ce une caractéristique qui appartient seulement aux êtres humains ? Un exemple parmi les animaux qui prouvent que nous ne sommes pas les seuls à avoir une conscience est l’éléphant tout comme d’autres animaux
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Si vous étiez un éléphant…

 

Elephant | Daniel Ramirez via Flickr CC License by

Elephant | Daniel Ramirez via Flickr CC License by

Repéré par Camille Desmaison-Fernandez

Vous auriez une conscience, autant qu’un être humain.

Si vous étiez un éléphant, vous auriez «une main à deux doigts» accrochée au visage. Aussi sensible que des organes génitaux, elle pourrait tout de même vous permettre de briser un mur, de déterminer un danger immédiat ou une menace potentielle, de prévoir la météo, de prendre du plaisir.

Si vous étiez un éléphant qui habite en ville, les bruits des véhicules vous chatouilleraient les pieds et le dos, par ricochet. La ville serait bien trop petite pour vous. Vous auriez envie de vous enfuir vers les plaines.

Si vous étiez un éléphant, votre système politique serait dirigé par des vieilles femmes, nommées pour leur connaissance du monde, et sages, parce que désintéressées par la hiérarchie. Si vous étiez un mâle, vous vogueriez au gré des groupes familiaux ou batifoleriez avec vos congénères célibataires. Votre fonction serait seulement d’inséminer. Le gouvernement serait l’affaire des femmes.

Si vous étiez un éléphant, vous aimeriez vivre en communauté. Basé sur un altruisme réciproque, la vie en communauté serait plus par amour pour les autres éléphants que par intérêt. Vous seriez même prêt à mourir pour préserver un de vos membres.

Prise de conscience

 

S’il l’écrivain Charles Foster procède à cet exercice d’identification des humains aux éléphants, c’est parce qu’il veut dénoncer le «mensonge anthropocentrique» des humains.

En étudiant les comportements des animaux, il veut prouver que les éléphants ont une conscience. Une conscience d’eux-mêmes, bien distincte des autres. L’écologiste américaine Carl Safina explique qu’un éléphant peut comprendre et caractériser la relation de deux autres éléphants, qu’il s’agisse d’un lien de parenté ou d’une simple amitié.

Ce constat implique donc que le premier éléphant doit avoir un conscience de lui-même, être capable de se mettre à la place d’un autre éléphant, et de se construire face au concept de relation d’un tiers.

«Peut-être les éléphants s’expliquent-ils le monde en formulant, en évaluant et en sélectionnant des propositions –une faculté que nous avons tendance à considérer comme étant uniquement la nôtre», explique Charles Foster.

Il ajoute :

«C’est une erreur de supposer que pour avoir un esprit, il faut en avoir un comme les esprits humains.»

L’auteur explique que vous et l’éléphant avez un matériel neurologique très proche, et des esprits similaires. Demandez à un éléphant (via «un orchestre chromatique de sons et de plus de 100 mouvements distincts du corps») s’il saigne lorsqu’il est piqué. Demandez lui s’il ressent le plaisir, la colère, le stress. Vous verrez, il vous ressemble plus que vous le pensez.

http://www.slate.fr/

La grande erreur de notre temps


Victor Hugo avait bien raison. Il est vrai qu’avec tout ce qu’on a et ce qu’on nous offre promettant un certain bonheur, nous avons une vie matérielle, certains s’accommodent avec peu et alors que d’autres, en veut toujours plus s’ils avaient plus d’argent. Pourtant, ce genre de bonheur est utopique, ce bonheur ne peut que se trouver en nous en travaillant notre bien-être intérieur
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La grande erreur de notre temps

 

 

 » La grande erreur de notre temps, cela a été de pencher, je dis même de courber, l’esprit des hommes vers la recherche du bien être matériel.

Il faut relever l’esprit de l’homme, le tourner vers la conscience, vers le beau, le juste et le vrai, le désintéressé et le grand.

C’est là et seulement là, que vous trouverez la paix de l’homme avec lui même et par conséquent avec la société. « 

Victor Hugo

La maladie qui vous cache la moitié du monde


Une maladie bien étrange que la négligence spatiale unilatérale. Je l’avais déjà vue dans une télé-série, mais c’est beaucoup plus complexe que je pensais. Le cerveau fonctionne bien dans l’analyse de qui se passe à gauche des personnes qui sont atteintes, mais il est incapable de donner l’information à la conscience. Les exemples de la petite maison sont vraiment étonnants
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La maladie qui vous cache la moitié du monde

 

Presence | Ben Seidelman via Flickr CC License by

Presence | Ben Seidelman via Flickr CC License by

Repéré par Aude Lorriaux

La «négligence spatiale unilatérale» prive tout patient qui en est atteint de la conscience de ce qui se passe du côté gauche de son champ de vision. Cette maladie nous apprend plein de choses passionnantes sur le fonctionnement de notre conscience.

M. X allait en apparence tout à fait bien: il pouvait marcher, parler, et avait gardé son attitude joviale. Il avait récemment fait un accident vasculaire cérébral (AVC), aussi le médecin lui fit faire un petit test. Sur une feuille de papier, il traça plusieurs lignes horizontales d’environ 2,5 cm. Ensuite, il donna à son patient un stylo, et lui demanda de dessiner sur chaque trait horizontal un trait vertical. M. X éclata d’un grand rire: «Encore cela!».

Mais ce qui lui semblait dérisoire ne l’était pas du tout. Et comme Michael Graziano, psychologue à l’université de Princeton, s’y attendait, il recouvrit tout le côté droit de la page de petits traits, mais manqua toute la partie gauche de la feuille.

M. X n’a pas de problème de vue. Il est atteint d’un syndrome appelé «négligence spatiale unilatérale», ou «héminégligence».

Proche et lointain

Ce syndrome est vraiment étrange. Demandez à M. X de faire un trait sur des lignes horizontales, mais cette fois sur un mur distant. Et avec un laser. Et bien, il en est parfaitement capable. Remplacez cependant le laser par un bâton: le trouble revient.

Voici qui démontre, selon le psychologue qui raconte le résultat de ses recherches dans le magazine The Atlantic, que le cerveau divise l’espace en deux: ce qui se trouve à portée de main, ou que l’on peut atteindre avec un objet, d’une part; et de l’autre, le lointain, trop distant pour être touché. Certains patients atteints de «négligence spatiale unilatérale»perdent la conscience du côté gauche uniquement pour les objets proches. D’autres ont malheureusement perdu aussi cette conscience pour ce qui est lointain.

Perception inconsciente

Le plus bizarre, c’est que le cerveau des personnes atteintes de ce syndrome a bien quelque part reçu l’information de ce qui se passe du côté gauche. Mais cette information ne se transforme tout simplement pas en conscience, comme le démontre une autre étude rapportée par The Atlantic.

Les chercheurs ont montré à des patients atteints de négligence spatiale unilatérale un dessin d’une jolie petite maison. Ils leur ont posé des questions sur cette maison, leur demandant à la fois de la décrire et ce qu’ils ressentaient en la voyant. Comme les scientifiques pouvaient s’y attendre, les patients n’ont pas pu décrire les fenêtres ou les arbres à gauche. Les réponses concernant les émotions et sentiments étaient globalement positives. Oui la maison est jolie, et oui, on s’y verrait bien y vivre.

Prenez la même maison, et ajoutez des flammes, ou d’autres choses effrayantes, du côté qu’ils ne voient pas. Le patient décrira de la même manière qu’avec le premier dessin tout le côté droit de la maison et sera incapable de vous dire qu’il y a un incendie à gauche. Mais si vous lui demandez alors ce qu’il ressent, et s’il trouve la maison jolie, alors ses réponses seront tout à fait différentes. Il vous répondra sans hésiter qu’il n’aime pas cette maison. Il aura perçu inconsciemment ce que sa conscience est incapable de lui faire dire.

«Il reçoit bien l’information visuelle, écrit Michael Graziano. Le cortex visuel, quand on l’observe avec les techniques d’imagerie cérébrale, est parfaitement en éveil. Le cerveau analyse donc bien ce qui se passe à gauche. Il ne peut simplement plus transformer cela en conscience.»

Un mythe s’effondre

Ce qui est passionnant avec ces recherches, c’est que la «négligence spatiale unilatérale»détruit un mythe forgé par notre perception. Nous pensons d’habitude que notre conscience est une entité unique, et unifiée. Nous vivons notre perception comme un tout, indivisé.

Mais en réalité, la conscience que nous avons du monde est très ancrée dans l’espace. Elle est à l’image de la croûte terrestre, fragmentée en plaques tectoniques. Avec principalement quatre continents: droite, gauche, lointain et proche. Heureusement pour nous, l’illusion d’un monde unifié est parfaite.

http://www.slate.fr/