Des éléphants pleurent leurs morts : des images saisissantes


On sait que certains animaux semble vivre un deuil quand un proche décède, comme les chimpanzés, les dauphins. Une spécialiste des pachydermes a vu la même scène lors de la mort d’une matriarche. Ce qui n’est pas anodin, c’est que trois groupes qui ont défilé devant son corps n’appartenaient liés au clan de la matriarche. On n’ose pas dire que c’est une réaction emphatique pour éviter l’anthropomorphisme, alors pourquoi ce comportement ?
Nuage

 

Des éléphants pleurent leurs morts : des images saisissantes

 

Des éléphants viennent sentir et toucher le corps d’une matriarche, morte, de cause naturelle, quelques semaines plus tôt. © National Geographic

 Les éléphants vivent en communauté et ont développé des comportements qui parfois nous interrogent. Ainsi, en septembre 2016, nous avions découvert des images rares prises par une caméra : des éléphants défilant devant le cadavre d’une femelle.

D’après la zoologiste qui a filmé la scène, ce comportement n’est pas habituel et elle ne pouvait pas en donner d’explication précise.

Article de Jean-Luc Goudet paru le 3 septembre 2016

Ils s’approchent du reste du corps qu’ont laissé les charognards et l’explorent de leur trompe, voire de leurs pattes. Un troupeau d’éléphants défile ainsi, chacun s’arrêtant quelques secondes, ou plus. Le cadavre est celui d’une éléphante de 45 ans, une matriarche de la réserve nationale de Samburu, au nord du Kenya, morte deux ou trois semaines plus tôt (en 2013). Shifra Goldenberg, doctorante à la Colorado State University, spécialiste des pachydermes, avait suivi cette femelle, surnommée la reine Victoria.

Retournée sur les lieux, la jeune chercheuse a eu la chance de filmer ces images très rares, montrant trois groupes distincts d’éléphants venir autour de la reine Victoria. Dans le commentaire de la vidéo, publiée par National Geographic, elle explique que l’attitude et le comportement des animaux qui s’attardent près du corps ne sont pas du tout habituels.

Des éléphants en deuil ? En fait, on l’ignore

« Les animaux ont l’air stressé » commente Shifra Goldenberg. Comment interpréter cette scène ? Bien sûr, on pense à une sorte de deuil ou au moins à de la tristesse, mais il y a de l’anthropomorphisme dans cette analyse. La scientifique s’en garde bien, rappelant que l’on ne sait pas ce que les animaux ont dans la tête durant ce moment. Le fait que les trois groupes n’étaient pas liés à celui de la matriarche pose question.

Mais les pachydermes sont connus pour former des groupes très soudés, avec de nombreuses interactions sociales. D’autres mammifères, chimpanzés et dauphins notamment, manifestent de l’empathie pour leurs proches. Jane Goodall, dans les années 1960, fut la première à observer précisément de l’entraide entre des chimpanzés, des animaux valides venant apporter de la nourriture à des malades (la tribu avait subi une épidémie de poliomyélite). Mais leur comportement face à la mort reste mystérieux.

http://www.futura-sciences.com

Publicités

Le Saviez-Vous ► Pourquoi votre chat aime-t-il vous montrer ses fesses ?


Ma Fripouille m’a présenté ses fesses, alors que j’était couché, juste en dessus de mon nez,ca surprend ! En fait, pour un chat, cela a une façon de montrer sa confiance en vous … sans plus
Nuage

 

Pourquoi votre chat aime-t-il vous montrer ses fesses ?

 

 

Les chats ont leurs manies qui, parfois, nous font sourire. Puis il y a les autres, plus embêtantes, comme le fait de remuer son postérieur sous votre nez… Pourquoi fait-il ça ?

Explications.

Tout propriétaire de chat a vécu cette situation aussi drôle que gênante au moins une fois dans sa vie. Confortablement installé dans votre lit ou dans votre canapé, Matou Premier du nom s’est joint à vous dans le but ultime de récolter quelques caresses. Et là, sans crier gare, il s’est placé de telle façon qu’il a réussi le non-exploit de vous mettre ses fesses en pleine figure. Un grand classique dirons-nous.

En toute logique, cette situation dérange bon nombre de propriétaires qui y voient là une véritable «agression» de leur champs visuel et préfèrent alors gentiment repousser leur petit compagnon. Pourtant, d’après les affirmations d’Amy Shojai – auteure de plusieurs ouvrages sur le comportement des animaux domestiques et spécialiste des chats – cette plongée sur ses parties intimes offerte par sa boule de poils serait une véritable bénédiction.

Se renifler ? Un signe de confiance !

Domestiqués depuis bien longtemps que le chien, le chat n’en reste pas moins un animal social. C’est pourquoi, dès qu’il croise un congénère, une fois l’animosité passée, il va s’approcher de lui afin de le renifler. Dans un premier temps, c’est en direction de la face et du cou qu’il va le faire pour capter les phéromones qui s’en dégagent. Une manière pour lui de saluer l’autre et d’aider à faire redescendre l’agressivité, souligne par ailleurs l’experte. Puis après l’avant du corps, c’est naturellement qu’il va se diriger vers les flancs et la région anale.

«C’est ici que se trouve la vraie signature olfactive du chat», explique-t-elle par ailleurs.

Comme les toutous, c’est ainsi que les matous prennent alors les informations complémentaires sur celui qui leur fait face.

Mais pourquoi vous le fait-il à vous alors qu’il sait pertinemment que vous n’êtes pas un félin ? Selon Amy Shojai, il ne ferait que vous montrer l’amitié et la confiance qu’il vous porte ! Un vrai gros compliment, en somme… et pour cause, à ses yeux, vous êtes un peu comme sa maman dans la commune mesure où vous le nourrissez, le cajolez, lui accordez du temps. Il est donc normal pour lui de vous le prouver… à sa manière un peu particulière. Toutefois, si ce comportement instinctif vous dérange vraiment, libre à vous de l’ignorer quand il le fait et de le chouchouter quand il vous montre sa bouille. Peut être ainsi intègrera-t-il à quel moment vous êtes le plus prompt à le câliner.

https://wamiz.com

Pour lutter contre l’effet de groupe, le chimpanzé est aussi nul que l’homme


Un comportement social observé chez le chimpanzé qui s’avère inutile, car il n’est pas une question de survie, ni de se nourrir est comparable chez l’être humain. Un singe fait quelque chose de différent alors son clan fini par imiter et cela devient une coutume comme l’être l’humain qui par exemple juste à voir les piercings, la mode en général etc ..
Nuage

 

Pour lutter contre l’effet de groupe, le chimpanzé est aussi nul que l’homme

 

Un chimpanzé dans un zoo japonais, le 16 février 2009 | Yoshikazu TSUNO / AFP

Un chimpanzé dans un zoo japonais, le 16 février 2009 | Yoshikazu TSUNO / AFP

Elise Costa

Lorsqu’un soigneur du refuge pour chimpanzés de Chimfunshi voit l’une des femelles s’insérer un brin d’herbe dans l’oreille, il n’en pense pas grand-chose. Jusqu’à ce qu’il observe un nombre croissant de chimpanzés se trimballant à leur tour avec un brin d’herbe dans l’oreille. Qu’est-il en train de se passer?

 

Quel est notre rapport aux animaux? Comment nous nous épaulons et parfois, nous détruisons? Cet été, Slate vous raconte des histoires extraordinaires d’animaux sauvages et domestiques à travers le monde pour nous aider à comprendre qui ils sont et qui nous sommes.

En 2007, un membre de l’équipe de Chimfunshi se promène dans le parc. Chimfunshi est un sanctuaire pour chimpanzés situé au nord de la Zambie, en Afrique australe. Dans les années 1980, Sheila et David Siddle ont décidé d’ouvrir ce centre de soins après avoir recueilli un bébé chimpanzé mal en point. Si ce couple de Britanniques a d’abord fait sourire, ils ont vite été adoubés par la primatologue superstar Jane Goodall, ce qui leur a valu une certaine reconnaissance internationale. Aujourd’hui, Chimfunshi réunit près de 140 chimpanzés. Ils vivent séparés en quatre groupes, quatre communautés qui ne se côtoient pas. En ce matin de 2007 donc, le membre de l’équipe –premier témoin de l’affaire– se trouve au milieu du groupe 4. C’est alors qu’il remarque Julie.

Julie est une femelle chimpanzé de 18 ans. Il la voit ramasser un brin d’herbe séché, semblable à de la paille. Elle ne joue pas avec. Elle ne le mâchonne pas. Elle regarde son brin d’herbe, puis se le met dans l’oreille. Elle le laisse là tandis qu’elle va se reposer. Elle le garde pour jouer. Elle l’a toujours quand elle part faire la toilette de son fils Jack. La tige ocre pendouille hors de l’orifice, le long de son visage. Le soigneur sourit. Après tout, pourquoi pas? Peut-être que ça l’amuse. De nombreux cas d’animaux farceurs ont bien été répertoriés au cours des dernières années (par exemple en 2006 par Mim Eichler Rivas, dans son livre Beautiful Jim Key), tout comme on sait que le rire est un état non réservé aux êtres humains (l’étude de Jaak Panksepp et Jeff Burgdorf a ainsi montré, en 2003, que les rats pouvaient aussi se poiler).

Mais la blague devient récurrente. À leur tour, différents soigneurs voient Julie ramasser un long brin d’herbe séchée, se le mettre dans l’oreille et vaquer à ses occupations. Ils se demandent ce qu’elle fiche. Son brin d’herbe ne sert à rien. Il n’a d’autre utilité que d’être là, dans son oreille. L’affaire dure un moment.

Contrairement à ce qu’on croyait, le chimpanzé peut imiter ses congénères

 

En 2010, le professeur néerlandais Edwin van Leeuwen décide d’aller voir de lui-même si ce qui se raconte est vrai. L’éthologue raconte par mail la première fois qu’il a posé le pied à Chimfunshi:

«Le sanctuaire est un endroit incroyable pour ces chimpanzés qui ont été victimes du comportement profondément cruel et stupide de certains hommes. Ils peuvent se remettre sur pied et devenir à nouveau eux-mêmes, trouvant une nouvelle famille chimpanzé, dans un parc naturel immense. Merveilleux! (…) Et là, il y a cette femelle qui se met très souvent ce brin d’herbe dans l’oreille, ce qui semble lui plaire – en tous cas elle ne semble pas stressée ni rien – puis qui retourne à sa vie de chimpanzé… ce qui est vraiment drôle à voir!»

C’est drôle, dit Edwin van Leeuwen, car se fourrer un brin d’herbe dans l’oreille n’est pas un comportement typique du chimpanzé. Depuis le temps que les scientifiques étudient le Pan troglodytes, cela se saurait. Mais le propre des scientifiques est aussi d’être curieux. Cela ne sert à rien a priori mais cela soulève une question: pourquoi Julie fait-elle ça?

Avec l’aide de l’équipe zambienne, Van Leeuwen décide alors de filmer les chimpanzés des quatre groupes (à cette époque, ils sont 94 primates à être logés au parc). Tous les jours, pendant un an.

Et petit à petit, le phénomène s’étend. Dans le groupe 4, de plus en plus de chimpanzés adoptent le même comportement que Julie. Cela commence par son fils Jack (4 ans), puis ses amis Kathy (13 ans), Val (12 ans), Miracle (11 ans), et ainsi de suite. De manière étrange, la chose ne se propage pas aux autres groupes. Seule la bande de Julie procède à ce rituel caractéristique.

«C’est devenu, explique Edwin van Leeuwen, un signe distinctif du groupe. Très peu d’entre eux ne l’ont jamais fait, à peu près 80% des membres du groupe se sont mis un brin d’herbe dans l’oreille… ce qui veut dire qu’ils l’ont socialement appris.»

À la fin de la période d’observation, l’homme récupère près de sept cent cinquante heures de tournage. Il découvre ce que le brin d’herbe dans l’oreille n’est pas: il n’est pas un comportement social lié à l’évolution de l’espèce; il n’est pas motivé par un quelconque facteur écologique; il n’est pas un mécanisme de survie; il n’a aucun but biologique. En un mot, il ne sert à rien.

«C’est devenu une tradition!», dit-il.

Ce que le comportement des chimpanzés dit de nous

Le consensus veut pourtant, en psychologie cognitive, que les chimpanzés soient incapables de surimitation ou de copie aveugle.

Chez l’être humain, «les expérimentations montrent que les gens copient des actions irrationnelles “parce que c’est comme cela qu’on fait”. Ce processus est crucial pour la construction de la culture humaine et de l’identité du groupe. On ne le trouve pas chez les chimpanzés.» 

Dans la revue SociologieS(octobre 2011), on lit: «Alors que les enfants ont tendance à “surimiter” (overimitation) les gestes qu’un expérimentateur effectue devant eux, même s’ils sont clairement inutiles, les chimpanzés ne copient que les manipulations qui permettent effectivement d’obtenir une récompense (Whiten et al., 2005).»

L’étude de Van Leeuwen publiée en 2014 sur le brin d’herbe dans l’oreille («grass-in-the-ear behavior») montre l’inverse.

«Les chimpanzés ne s’imitent pas simplement quand cela est nécessaire –pour manger ou survivre. Ils le font parfois sans raison apparente, comme les êtres humains, peut-être pour être comme l’autre (bien qu’évidemment, nous ne connaissons pas leur motivation).» 

Autrement dit, les chimpanzés peuvent aussi choisir d’arborer un accessoire tendance et lancer une mode. À moins qu’il ne s’agisse d’une blague qui va trop loin.

Car plus étonnant: lorsque Julie –it-girl de la tendance du brin d’herbe dans l’esgourde– décède en mai 2013, l’équipe de Chimfunshi rapporte avoir observé que d’autres membres de son groupe perpétuaient la tradition. Un geste qui nous ressemble énormément.

«Ce sont nos similitudes et différences [avec les chimpanzés] qui peuvent nous aider à comprendre l’évolution des comportements socio-cognitifs: quand notre culture, notre coopération, notre sociabilité ont commencé, et pourquoi? Nous avons besoin de références non humaines pour répondre à ces questions.»

Méfiance: entre la capacité à agir pour la beauté de la chose et le besoin de rigueur scientifique, nous n’en sommes plus qu’à quelques chromosomes près.

http://www.slate.fr/

Pourquoi les baleines à bosse sauvent-elles des phoques ? Mystère…


Parmi les comportements des animaux, la baleine à bosse est particulièrement étrange, elle semble vouloir sauver des animaux marins en détresse qui sont attaqués par des orques. Pourquoi ? Est-ce vraiment par altruisme ? La haine des orques qui peuvent s’attaquer aussi aux baleineaux ? En fait, les scientifiques ne savent pas vraiment
Nuage

 

Pourquoi les baleines à bosse sauvent-elles des phoques ? Mystère…

 

Jean-Luc Goudet
Journaliste

 

Les baleines à bosse protègent leurs petits des attaques des orques, mais elles interviennent aussi pour sauver des phoques et d’autres cétacés. L’an dernier, des chercheurs avaient étudié 115 cas de ce genre, rapportant même celui d’une baleine secourant… un poisson. Pourquoi font-elles cela ? Mystère.

Spécialiste des oiseaux marins et des cétacés, Robert Pitman est biologiste au Soutwest Fisheries Center, à La Jolla, en Californie. Pour lui, l’affaire a commencé en janvier 2009, au large de la péninsule Antarctique, quand il a été le témoin avec son équipe de l’incroyable sauvetage d’un phoque par des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae). L’histoire a été racontée, par lui-même et par un collègue, sur le site Natural History. Elle se déroule en fait en deux épisodes, avec trois observations troublantes.

Ce matin-là, grâce à des images de satellites, les biologistes marins ont repéré un groupe de dix orques et, parvenus sur place, remarquent au milieu d’elles deux baleines à bosse très agitées. Les orques attaquent-elles les baleines ? En principe, elles ne s’en prennent qu’aux petits mais, expliquent les auteurs, agressent parfois des baleines adultes pour, peut-être, tester leur résistance, ou plutôt leur faiblesse. Quand la situation se calme, les orques parties, les chercheurs remarquent, au milieu des baleines, un phoque de Weddell. Était-il la proie convoitée par les orques ? Était-il venu se protéger au milieu des baleines ?

Un quart d’heure plus tard, les orques, suivies par les biologistes marins, dénichent un phoque crabier, qui se réfugie sur un morceau de banquise. C’est alors que surgissent les deux mêmes baleines. Elles foncent sur les orques, qui finissent par fuir. Rien ne prouve que les baleines sont venues sauver le phoque, expliquent les auteurs… qui n’étaient pas au bout de leurs surprises.

L'évènement de janvier 2009, près de la péninsule Antarctique. Retournée, une baleine à bosse est venue sous un phoque pour le porter sur son ventre. Avec l'une de ses nageoires (de plus de 4 m), elle l'empêche basculer dans l'eau, où l'attendent des orques. La photographie a été prise par Robert Pitman, l'un des observateurs et l'un des auteurs de la présente étude. © Robert Pitman, Natural History

L’évènement de janvier 2009, près de la péninsule Antarctique. Retournée, une baleine à bosse est venue sous un phoque pour le porter sur son ventre. Avec l’une de ses nageoires (de plus de 4 m), elle l’empêche basculer dans l’eau, où l’attendent des orques. La photographie a été prise par Robert Pitman, l’un des observateurs et l’un des auteurs de la présente étude. © Robert Pitman, Natural History

Un phoque sauvé par une baleine

Second épisode une semaine plus tard. La scène est semblable : des orques encerclent un phoque de Weddell, réfugié sur un minuscule morceau de glace. Là encore, deux baleines à bosse s’interposent. Ce ne sont pas les vedettes du premier épisode, précisent les auteurs. Cette fois, les grands cétacés parviennent à déstabiliser l’embarcation, précipitant le pinnipède à l’eau. La réaction du phoque est de foncer vers les baleines. Les chercheurs se gardent de conclure que l’animal sait qu’elles vont le protéger. Selon eux, il n’est même pas sûr qu’il les voit comme des êtres vivants, arguant avoir déjà vu des phoques venir chercher refuge derrière leur bateau.

La réaction des baleines est, elle, étonnante. L’une d’elles se retourne, passe sous le phoque, qui se retrouve échoué sur le ventre de l’immense cétacé. Sa position est instable et les mouvements d’eau le font glisser. Robert Pitman voit alors la baleine le retenir avec sa grande nageoire. Il a le temps de prendre une photographie, que nous présentons ici. Peu de temps après, le phoque plonge et grimpe sur la banquise, sain et sauf.

Les baleines à bosse n’aiment vraiment pas les orques

Est-ce un instinct maternel, affûté pour protéger les baleineaux des orques ? Pour mieux comprendre ces comportements, Robert Pitman et ses collègues ont étudié les observations de ce genre et viennent de publier une synthèse répertoriant 115 cas d’interactions entre des baleines à bosse et des orques, publiée dans la revue Marine Mammal Science. Les statistiques esquissent un tableau bien différent de celui d’ordinaire accepté. Alors qu’il était admis que les comportements agressifs des baleines envers les orques étaient surtout défensifs, les auteurs observent l’inverse. Dans la majorité des attaques mutuelles (72 cas sur 115), les baleines sont à l’origine de l’agression. Ces chasseuses de harengs, gobeuses de krill à l’occasion, n’aiment pas les orques…

Dans 87 % des attaques, les baleines s’en prenaient à des orques en train de chasser. Mais alors, plus surprenant encore, dans ces situations, seulement 11 % des proies étaient des baleines à bosse. Dans les autres cas (89 % des attaques d’orques en train de chasser, donc), les baleines sont intervenues pour protéger dix autres espèces : trois cétacés, six pinnipèdes… et un poisson. Les auteurs suggèrent que les baleines réagissent aux vocalisations des orques en train de chasser, qu’elles peuvent détecter jusqu’à un kilomètre de distance.

Comment expliquer ce comportement ? Pitman et ses collègues envisagent l’hypothèse qu’il est une forme de dissuasion, tendant à décourager plus tard les orques de s’en prendre à leurs petits. D’autres mammifères, comme les éléphants, ont été observés en train de charger intentionnellement des prédateurs. Les auteurs posent aussi l’hypothèse de l’altruisme, une notion souvent étudiée en éthologie. Elle serait ici interspécifique, ce qui pose la question de son intérêt. Chez ces animaux au comportement social complexe, les auteurs imaginent que, peut-être, ces attaques (peu risquées) resserreraient les liens familiaux, même quand la proie des orques serait d’une autre espèce. L’altruisme interspécifique serait en quelque sorte accidentel. Mais le mystère demeure…

http://www.futura-sciences.com

Avec l’âge, les biches se rendent invisibles aux yeux des chasseurs


Les biches apprennent par expérience a devenir quasi-invisible surtout en période de chasse. En vieillissant, elles deviennent moins vulnérables au tir de fusil et à l’arc, car elles apprennent avec l’expérience à réduire leurs mouvements et trouvent des lieux plus pour y vivre
Nuage

 

Avec l’âge, les biches se rendent invisibles aux yeux des chasseurs

 

Biche

Avec le temps, les biches élaphes (Cervus elaphus) apprennent à éviter les chasseurs jusqu’à devenir quasiment invulnérables.

© ARDEA/MARY EVANS/SIPA

Anne-Sophie Tassart

Journaliste

Selon une étude publiée dans PlosOne, les biches élaphes (Cervus elaphus) acquièrent une certaine expérience avec l’âge qui leur permet d’éviter efficacement les chasseurs.

L’humain est loin d’être le seul animal qui gagne de l’expérience avec le temps. D’autres espèces, comme par exemple le cerf élaphe (Cervus elaphus), élaborent des stratégies tout au long de leur vie bien souvent pour réussir à échapper aux dangers qui les guettent. Selon une étude publiée le 14 juin 2017 dans PlosOne, les femelles de l’espèce précédemment citée apprennent à éviter les chasseurs avec l’âge.

Elles sont si efficaces qu’elles « deviennent pratiquement invulnérables aux chasseurs quand elles atteignent l’âge de 9/ 10 ans, indique l’étude. Ce qui confirme que l’expérience contribue à leur survie ».

Des biches suivies pendant plusieurs années

Les scientifiques, issus d’universités canadiennes et européennes, ont tenu à vérifier si la survie de ces biches intervient bien en réponse à un apprentissage au cours du temps plutôt que par un mécanisme de sélection naturelle (les biches les plus douées pour éviter les chasseurs dès la naissance vivent le plus longtemps, expliquant ainsi pourquoi tous les animaux les plus âgés sont quasi invulnérables). Les biologistes ont donc suivi, grâce à un collier GPS, 49 biches élaphes pendant 5 ans dans une zone de 46.000 m2 située au sud de la Colombie-Britannique et de l’Alberta (Canada).

Privilégier certaines zones et réduire le nombre de mouvements

En analysant les données obtenues, les scientifiques ont découvert que chez les biches élaphes, des changements de comportement et des adaptations en présence des chasseurs surviennent avec l’âge. L’expérience a permis à ces animaux de réduire leur nombre de mouvements pour gagner en discrétion et ainsi diminuer la probabilité de se faire repérer. De plus, suivant l’heure de la journée et même la saison, les biches vont savoir privilégier certaines zones plus sûres que d’autres pour vivre. En période de chasse, elles restent à la lisière de la forêt mais évitent de se rendre en son cœur. Elles passent également plus de temps sur des terrains accidentés et pentus tout particulièrement lorsque la saison de la chasse à l’arc a débuté. Dans ce cas, la personne est forcée de se mettre à proximité pour correctement viser. Sur une pente abrupte, l’exercice se révèle particulièrement difficile.

Toutes ces observations révèlent que le risque pour une biche élaphe de se faire tuer par un chasseur décroît de manière significative avec son âge. Par ailleurs, celles-ci ont une espérance de vie qui dépasse les 20 ans : de quoi devenir de véritables fantômes aux yeux de ceux qui les traquent.

https://www.sciencesetavenir.fr/

Comment agir en présence de bébés animaux sauvages


On aimerait bien interagir avec les animaux sauvages, voir même en adopter surtout s’ils semblent abandonnés ou perdus. Pourtant, nous faisons plus de mal que de bien à ces animaux. Certains pourraient devenir agressifs envers ceux qui les avaient adopter et d’autres ne pourraient jamais revenir dans leur environnement, sans oublier que nous nuisons à la reproduction des animaux qui peuvent être en voie de disparition
Nuage

 

Comment agir en présence de bébés animaux sauvages

 

Enfants qui regardent les canards à l'Écomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue.

Enfants qui regardent les canards à l’Écomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue.   Photo : Ecomuseum, Victoria de Martigny

Au printemps, la nature s’éveille, et les femelles de plusieurs espèces mettent bas. Apparaissent alors, dans notre environnement, de jolis bébés animaux. On a parfois le goût de les recueillir et de les nourrir, voire de les adopter. Mais est-ce le bon comportement à prendre?

Un texte d’Ève Christian

Ces jours-ci, en me promenant autour du lac artificiel, à Boucherville, je vois des enfants nourrir les petits du couple de bernaches installé là. J’ai déjà croisé, par un petit matin, un faon qui s’abreuvait au bord d’une piscine, ou, en soirée, une maman raton laveur suivie de ses petits aux yeux maquillés de noir. On en voit de toutes les espèces, ces temps-ci.

En ville, on peut croiser des levrauts, des renardeaux et des oisillons tombés des nids. Ils sont si adorables, ces bébés animaux sauvages!

Parfois, on les pense seuls; on a beau regarder aux alentours, la mère semble absente. Les croyant donc abandonnés et dans le besoin, et rempli de bonnes intentions, on les apporte à la maison pour en prendre soin… presque comme des animaux domestiques. Ce n’est toutefois pas le comportement qu’on devrait adopter : retiré de son milieu naturel et nourri par une main humaine, l’animal ne pourra en effet pas retourner vivre dans son environnement à cause de l’imprégnation.

Une famille de bernaches au bord du lac, à Boucherville

Une famille de bernaches au bord du lac, à Boucherville   Photo : Eve Christian

Imprégnation animale

Quand un animal est très jeune, il s’associe à une espèce, idéalement la sienne. Mais s’il est élevé par une autre, il finira par s’y identifier. C’est ça, l’imprégnation.

Et quand l’espèce qui lui donne des soins, l’héberge et le nourrit est l’Homo sapiens, c’est irréversible et très problématique.

La pire chose qu’on puisse faire pour un animal sauvage, c’est de le nourrir : ça le mènera plus souvent qu’autrement à sa mort. David Rodrigue, directeur général du zoo extérieur Ecomuseum, à Sainte-Anne-de-Bellevue

David Rodrigue me racontait l’histoire d’un coyote qui avait été nourri pendant un certain temps par une personne. Ces soins ont créé une habitude pour cet animal sauvage. Mais un jour, ce qui devait arriver arriva : la personne a décidé que c’en était fini, et le coyote a réagi en animal sauvage et a mordu son pourvoyeur. Doit-on accuser le coyote de son agissement?

Bonnes intentions contre gestes adéquats

Ce qui part d’une bonne intention peut donc dégénérer en problème. Qu’arrive-t-il à un animal sauvage quand les personnes qui l’ont recueilli décident qu’elles ne peuvent plus le garder?

  1. S’il est replacé dans son milieu naturel, il aura de la difficulté à subvenir à ses besoins de façon autonome, car il a toujours dépendu des bons soins humains.
  2. S’il est recueilli par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, il pourra être placé dans une institution qui lui fournira une qualité de vie, comme l’Ecomuseum ou d’autres zoos.
  3. Ou alors, il sera euthanasié par un service d’extermination.

Malgré tout son bon vouloir, en recueillant des animaux sauvages, on n’aide ni l’espèce ni l’individu concerné.

Biche de Virginie

Vous avez entendu parler de May, la jeune biche qui a été adoptée par un couple? Elle aurait été recueillie au bord du chemin, sans mère présente dans les environs. Ces gens l’ont amenée et lui ont prodigué des soins comme ils l’auraient fait avec un animal domestique.

Un jour, ils se sont fait prendre par le ministère, car il est illégal de garder un animal sauvage. Mais en raison d’une grande réaction de sympathie de la part de la population, au lieu de reprendre la biche, le ministère a accordé un permis au couple. Selon David Rodrigue, ce n’est pas un bon exemple à donner et c’était l’occasion de passer un message à la population.

Heureusement pour ce couple, May était une femelle.

Si ce cerf de Virginie avait été un mâle, il aurait vécu son rut automnal de façon naturelle et il aurait réagi en animal sauvage devant le mâle de la maison [l’homme]. Il l’aurait probablement attaqué, car malgré l’imprégnation, il reste toujours une portion de comportement naturel. Imaginez le danger. David Rodrigue, directeur général du zoo extérieur Ecomuseum, à Sainte-Anne-de-Bellevue

 

Tortues et ratons laveurs

Vous avez déjà croisé des tortues qui traversent la route? Elles se voient dans certaines régions, comme dans les Cantons-de-l’Est.

Tortue serpentine, Ecomuseum

Tortue serpentine, Ecomuseum   Photo : Ecomuseum, Claude Lafond

Au printemps, des femelles pleines d’œufs se déplacent pour atteindre un plan d’eau afin d’y pondre. En traversant la rue, certaines se font écraser avec leurs œufs, alors que d’autres se font ramasser par des bons samaritains qui pensent qu’il vaut mieux les déplacer dans un endroit sécuritaire – lequel n’est souvent pas leur milieu naturel, ce qui les empêche de poursuivre leurs habitudes de vie.

Plusieurs espèces de ces animaux, qui ont pourtant côtoyé les dinosaures il y a 250 millions d’années, sont en train de disparaître – et ce, en une centaine d’années seulement. Leur taux de reproduction est bas : elles parviennent à maturité sexuelle autour de 10 à 14 ans selon les espèces et elles ne pondent qu’une dizaine d’œufs chaque fois. Et c’est sans compter leurs prédateurs naturels, comme les ratons laveurs, qu’on voit de plus en plus en ville.

Ces animaux sont parfois « adoptés » par des gens qui nourrissent les bébés. Les premières semaines, c’est amusant. Mais ensuite, l’histoire dégénère.

Quand l’automne arrive, une dizaine de ratons se permettent de monter sur la galerie, pensant en avoir le droit, puisque les humains qui les nourrissent y sont! Ils sont bien habiles, ces animaux, et ils ont une grande capacité d’adaptation. Leurs pouces ressemblent aux nôtres, ce qui les rend très agiles. Ils ont appris à ouvrir les barrures des poubelles; d’ailleurs, les femelles enseignent la façon de faire à leurs jeunes.

Ils utilisent plusieurs crevasses, ou encore des endroits urbains ou périurbains pour se cacher. D’ailleurs, pour hiverner, ils creusent sous la galerie, défont les toits des maisons, ou s’installent alors dans le cabanon – pas par méchanceté, mais parce qu’ils veulent s’y cacher, comme ils le feraient en milieu naturel dans le tronc d’un arbre.

Un raton laveur dans la cavité d'un arbre

Un raton laveur dans la cavité d’un arbre   Photo : Ecomuseum, Claude Lafond

Et là, les gens paniquent et font intervenir des services pour les relocaliser. Voyez-vous le non-sens?

Tant que ces animaux ne font pas de dommages, le conseil de David Rodrigue est de les laisser évoluer et de ne pas interagir ou les nourrir, car cette attitude contribuerait à réduire les taux de reproduction, qui sont actuellement très élevés.

Selon les régions, au lieu d’en trouver un ou deux au kilomètre carré, il y en a de 16 à 18. Et ils menacent la survie des tortues, car ils vident les nids au complet. Voyez le lien, qui peut sembler non évident au départ : quand on nourrit les ratons laveurs, on nuit aux tortues.

D’ailleurs, cette pratique de la non-adoption vaut pour les oiseaux qui tombent des nids, les faons qu’on croise dans les parcs, les bernaches qu’on voit en ville ou les renards qu’on aperçoit dans les boisés. On peut les observer, mais de loin.

http://ici.radio-canada.ca

Corbeau échaudé craint l’eau froide


Les corbeaux, corneilles sont des oiseaux très intelligents et dotés d’une mémoire. Les corbeaux entre autres, peuvent se rappeler pendant un mois, qui parmi leurs congénères est malhonnête et donc éviter d’interagir avec eux
Nuage

 

Corbeau échaudé craint l’eau froide

 

Photo : iStock

Les corbeaux se rappellent la nature d’une interaction jusqu’à au moins un mois, et gardent en souvenir les moments où ils ont été traités injustement dans un échange, montrent des observations réalisées par des chercheurs européens.

Explications.

Un texte d’Alain Labelle

Aucun humain n’aime se faire avoir, si bien qu’ils évitent habituellement de traiter avec ceux qui les ont floués dans le passé. Or, il semble bien que certains oiseaux partagent cette règle.

Nous savions que les corbeaux et les corneilles étaient des oiseaux très intelligents. Ils font en effet partie du club sélect des oiseaux capables de modifier et d’utiliser des outils afin d’obtenir de la nourriture.

Les travaux du biologiste autrichien J.J.A. Müller de l’Université de Vienne et de ses collègues européens ne trahissent pas cette réputation.

Corbeau ou corneille?

Le grand corbeau (Corvus corax) est beaucoup plus gros et possède une envergure moyenne de 118 cm comparativement à la corneille d’Amérique (Corvus brachyrhynchos) dont l’envergure moyenne est de 90 cm. Pour les distinguer dans le ciel, il faut observer la queue: la base de la queue de la corneille est plate ou légèrement arrondie, et celle du corbeau termine en pointe ou avec un arrondi prononcé. Les deux espèces sont très intelligentes.

Pour l’amour du fromage

Ces oiseaux sont cependant moins connus pour leur amour du fromage, une gourmandise que les chercheurs ont mise à l’épreuve dans leur étude. Ils ont en effet appris à des corneilles à échanger des morceaux de pain et des morceaux de fromage avec un partenaire humain.

Les oiseaux se sont donc retrouvés avec, devant eux, des partenaires équitables et d’autres qui l’étaient beaucoup moins. Certains d’entre eux terminaient l’échange alors que d’autres gardaient le morceau de fromage et le mangeaient devant eux.

Les résultats montrent que les corbeaux ont évité les partenaires injustes jusqu’à un mois après les échanges inéquitables.

Il semble donc que ces animaux peuvent non seulement différencier les individus « justes » et « injustes », mais qu’ils conservent cette capacité pendant au moins un mois.

Les corbeaux ont une vie sociale complexe avec des amitiés et des rivalités. Leur capacité à reconnaître et à punir les individus malhonnêtes, même après une seule rencontre, peut expliquer comment la coopération a évolué chez ces oiseaux.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Animal Behavior.

D’autres travaux ont montré en 2011 que les corneilles se souviennent des visages humains pendant plusieurs années après les avoir vus une seule fois. Elles sont même capables d’établir lesquels représentent un danger, et peuvent partager l’information avec leurs congénères et leur progéniture.

http://ici.radio-canada.ca