Le Saviez-Vous ► Pourquoi les chiens nous lèchent-ils ?


    Les chiens utilisent la langue pour communiquer un peu comme nos mains. Bien que le léchage est avant tout un comportement positif, cela peut devenir obsessif, il est donc important de cerner le problème pour le corriger avec une éducation positive.
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    Pourquoi les chiens nous lèchent-ils ?

    Pourquoi les chiens nous lèchent-ils ?

    « Il te fait des bisous », « c’est un geste de soumission », « il aime le sel de ta peau »… que n’entendons-nous pas à propos du léchage du chien ! Ce comportement nous intrigue, et nous ne savons pas toujours comment l’interpréter. Parfois, il peut devenir gênant, ou exprimer un mal-être de la part du chien, mais cela reste un comportement associé à des émotions positives, dans la plupart des esprits. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le léchage chez le chien !

    Le chien est un animal social, c’est-à-dire qui forme et vit dans des groupes structurés. L’une des caractéristiques des espèces sociales, c’est leur capacité à communiquer entre eux : c’est une condition pour qu’un groupe se maintienne soudé. La communication sert donc entre les individus pour échanger leurs émotions et exprimer leurs besoins.

    Le léchage est l’un des outils de communication dont dispose le chien. Il est important de comprendre ce que ce comportement peut signifier, en fonction des différents contextes où il s’exprime : est-ce que le léchage de mon chien est normal, ou est-ce le résultat d’un problème de comportement, l’expression d’un mal-être ?

    A quoi sert la langue du chien ?

    La langue ne lui sert pas qu’à communiquer : comme nous, le chien l’utilise aussi comme organe de perception, pour le sens du goût (très proche dans son mécanisme de l’odorat).

    Le léchage est également un comportement d’entretien, que le chien réalise pour son bien-être, en léchant son propre pelage.

    La langue sert aussi passivement à réguler la température interne du chien : très irriguée par les vaisseaux sanguins, elle diffuse de la chaleur avec la respiration lorsque le chien halète.

    C’est donc un outil très polyvalent, que le chien va utiliser régulièrement, pour différents besoins. C’est un peu comme les mains pour l’humain : utiles pour interagir avec notre environnement et explorer les objets, mais également pour communiquer avec nos pairs.

    Quels sont les différentes significations du léchage ?

    En éthologie, pour expliquer un comportement, on commence par observer dans quelles circonstances l’animal produit ce comportement. Cela peut nous donner de précieuses indications sur l’intention qu’il peut avoir à l’origine (et qui restent théoriques : il nous ait impossible de demander au chien ses raisons, ou lire ses pensées).

    En ce qui concerne le léchage, il faut donc bien distinguer différentes situations :

  • Demande d’attention : le léchage est utilisé par le chiot sur la mère pour obtenir de la nourriture (par régurgitation), c’est ensuite un comportement que le chien utilise beaucoup pour manifester sa joie et son besoin d’attention à notre égard. Il cherche d’ailleurs spécifiquement à lécher le visage.

  • Rituels d’apaisement : on évoquait beaucoup ce terme jusqu’alors, pour évoquer la situation souvent consécutive à une agression. Il peut s’exprimer aussi bien chez l’agressé, qui cherche à désamorcer l’agression en cours, que chez le chien qui vient de mordre, et qui va ensuite lécher la zone mordue.

    On reliait ce comportement à un geste de soumission : en réalité, le chien ne disposant pas des notions de dominance et de hiérarchie. Il faut voir ce comportement comme une interaction positive, qui peut s’exprimer dans différents contextes, et que le chien fait pour diminuer les émotions négatives ambiantes.

    En pratique, le léchage affectueux que l’humain de compagnie interprète souvent comme des bisous est très similaire, bien qu’il ne soit pas initié par une interaction négative : les effets restent les mêmes, à savoir détente, diminution du stress et émotion positive chez le chien comme chez l’humain.

    Il est intéressant de noter que dans cette interaction, le stress diminue aussi chez le lécheur : il y a un effet auto-apaisant. Ce rituel est donc positif en le recevant, mais également en le donnant. Et le chien peut naturellement se lécher lui-même s’il est stressé : dans tous les cas, un chien qui lèche trop peut manifester son mal-être par ce comportement.

    Comment savoir si mon chien lèche trop ?

    Cela dépend énormément des individus et du tempérament, mais à partir du moment où le comportement exprimé devient gênant, on peut le considérer comme excessif. Cela peut se manifester par le temps passé sur l’activité de léchage, ou le contexte compulsif dans lequel cela se manifeste.

    Dans tous les cas, seul un spécialiste du comportement pourra poser le diagnostic, et l’avantage du vétérinaire comportementaliste dans ce cas est qu’il peut également exclure les causes d’origine biologique. En effet, le léchage peut être causé par une dermatose, par exemple : il faut toujours vérifier les causes biologiques avant d’envisager une explication purement comportementale.

    Si vous avez le sentiment que votre chien a un comportement anormal avec le léchage, n’hésitez donc pas à en parler avec un professionnel du comportement du chien, voir avec un vétérinaire comportementaliste.

    Comment diminuer ce comportement ?

    La plupart du temps, le chien n’a pas un comportement anormal avec le léchage en tant que chien, mais il peut y avoir une gêne du côté du propriétaire : c’est comme pour l’aboiement, il n’y a pas de règles dans l’absolu, mais plutôt des préférences différentes en fonction des individus et des modes de vie.

    Dans le cas où le léchage est gênant, ou que le chien exprime trop ce comportement, il faut avant tout rechercher la cause du léchage : est-ce un besoin d’attention, ou un rituel d’apaisement compulsif, l’expression d’un stress ou d’un mal-être ? Car la recherche et le traitement de la cause est la meilleure solution pour faire disparaître le comportement indésirable, sans contrainte.

    Dans tous les cas, une modification du comportement pourra être obtenue, en parallèle du traitement de la cause, avec une éducation dite positive : basée sur la récompense, la thérapie consiste à apprendre au chien à dévier sur un autre comportement et éviter le léchage. L’idée est de ne pas rendre l’interaction négative par l’utilisation d’une punition, mais au contraire d’utiliser la récompense comme motivation pour inciter le chien à produire un autre comportement.


    Pourquoi les chiens nous lèchent-ils ?

    Comment limiter le léchage de votre chien ?

    Si votre chien vous lèche beaucoup, cela peut signifier différentes choses : votre animal de compagnie vous aime sans doute beaucoup, mais il peut également être en manque d’attention ou stressé : dans ce genre de cas, l’idéal est de jouer avec lui, l’occuper ou encore lui donner une occasion de se défouler avec des jouets adaptés. Comme l’hygiène est également importante, vous pouvez également donner des bâtonnets à mâcher à votre chien, pour que ses léchouilles restent toujours un plaisir et un signe d’affection. Découvrez notre sélection de produits adaptés à votre animal de compagnie, à commander en ligne.

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    Au final, il faut retenir que le léchage est dans la très grande majorité des cas une interaction très positive avec votre chien. Attention à surveiller l’hygiène, notamment avec les enfants et le léchage du visage. Je rappelle également l’existence de maladies rares, comme la bactérie Capnocytophaga canimorsus, responsable d’infections suite à un léchage sur une plaie.

    Dr Stéphane Tardif

    Docteur vétérinaire et rédacteur pour Wamiz

    https://wamiz.com/

Le Saviez-Vous ► Savez-vous décrypter l’humeur des chats ? Faites le test


On sait beaucoup de choses sur les chiens, mais les chats un peu moins. Car semble-t-il qu’ils sont plus difficiles à comprendre. Des études ont été faites pour voir si nous sommes capables de comprendre les humeurs des chats sur des très courtes vidéos sans voir l’ensemble du moment capté. C’est vraiment l’expression du visage qu’il fallait décrypter. À la fin de ce billet, on vous invite donc à faire une partie du test. Moi, j’ai eu 100 %
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Savez-vous décrypter l’humeur des chats ? Faites le test



Nathalie Mayer
Journaliste

Les études portant sur nos capacités à communiquer avec les chiens sont nombreuses. Celles qui s’intéressent au langage des chats sont bien plus rares. Ici, des chercheurs se sont demandé à quel point nous étions capables de lire leurs humeurs sur leurs visages. Une capacité qui n’est pas donnée à tous.

Il est généralement admis que comprendre son chien est relativement facile. Les humeurs de nos chats, en revanche, ont la réputation d’être difficiles à cerner. Et des chercheurs de l’université de Guelph (Canada) confirment aujourd’hui qu’au-delà du ronronnement de contentement et des oreilles plaquées en arrière de colère, déchiffrer les subtiles expressions du visage d’un chat relève presque de l’exploit.

Pourtant, certaines personnes — plutôt des femmes et des personnes ayant une expérience vétérinaire — se montrent particulièrement douées en la matière. Les chercheurs les qualifient de « cat whisperers ». Et ils imaginent que cette compétence — importante au bien-être des chats et au renforcement des liens avec leurs maîtres — pourrait être enseignée à d’autres.

À la base de leurs conclusions : une étude menée auprès de 6.300 volontaires originaires de 85 pays auxquels il a été demandé de se prononcer après avoir regardé de courtes vidéos de chats en ligne. Jusqu’alors, les seules études similaires — les chercheurs de l’université de Guelph n’en ont trouvé qu’une seule, en fait — avaient porté sur une évaluation des expressions de la douleur. Ici, c’est un plus large spectre d’émotions qui a été exploré, incluant la peur et la frustration ainsi que des émotions positives.

Les vidéos visionnées par les volontaires étaient centrées sur le visage des chats : leurs yeux, leur museau et leur bouche. © Андрей Захаров, Adobe Stock

Les vidéos visionnées par les volontaires étaient centrées sur le visage des chats : leurs yeux, leur museau et leur bouche. © Андрей Захаров, Adobe Stock

Peu de « cat whisperers »

Les participants ont jugé le test difficile et ils ont obtenu un score moyen de 12/20. Alors qu’il ne leur était pas demandé plus que de juger si l’expression du chat était positive ou négative. Ceux que les chercheurs classent dans la catégorie des « cat whisperers » — 13 % des volontaires — ont obtenu un score de 15 ou plus.

Il s’agit plus généralement de femmes. Ce qui semble cohérent avec les résultats d’autres études qui montrent que les femmes décryptent plus facilement les manifestations non verbales des émotions que les hommes. Aussi bien chez l’être humain que chez le chien. Et donc aussi chez le chat. En revanche, les amoureux des chats ne semblent pas pour autant parvenir à mieux les comprendre. Alors que ceux qui ont une expérience vétérinaire semblent en avoir profité pour progresser en la matière.

« Cela montre que les chats ont des choses à nous dire. Leurs humeurs sont certes difficiles à cerner, mais pas complètement impénétrables », assure Georgia Mason, biologiste à l’université de Guelph.

Reste désormais aux chercheurs à comprendre ce que les « cat whisperers » voient que le commun des mortels ne voit pas !

Et vous, savez-vous décrypter l’humeur des chats ? Prêts à faire le test ?

https://www.futura-sciences.com/

Cette ortho­pho­niste a appris à son chien à parler


Avec de la patience, un peu d’adaptation, il est possible d’avoir à établir une communication de base avec un chien. C’est ce qu’une orthophoniste a réussi cet exploit.
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Cette ortho­pho­niste a appris à son chien à parler

par  Adrien Gingold

Une ortho­pho­niste améri­caine a créé un clavier spécial pour que sa chienne puisse lui parler. Et appa­rem­ment, ça marche : Stella connaî­trait pour le moment 29 mots et fait même des phrases, nous appre­nait le Daily Mail jeudi 7 novembre.

Stella, 18 mois, est un bouvier austra­lien croisé chien léopard cata­houla. Sa maîtresse, Chris­tina Hunger, lui a appris à expri­mer ses envies grâce à un clavier spécia­le­ment adapté. L’ex­pé­rience a commencé alors que Stella avait à peine huit mois : sur une planche posée par terre, sa maîtresse a posi­tionné des boutons de diffé­rentes couleurs, expri­mant chacun un mot diffé­rent. Lorsque Stella appuie sur un bouton, une voix énonce le mot en ques­tion.

« La façon dont Stella utilise les mots pour commu­niquer est semblable à celle d’un enfant de 2 ans », explique Hunger, qui emploie avec sa chienne les mêmes tech­niques d’ap­pren­tis­sage qu’a­vec les enfants à qui elle aide à mieux commu­niquer.

Sur les spec­ta­cu­laires vidéos qu’elle publie sur ses réseaux sociaux, on peut notam­ment voir Stella appuyer sur quatre boutons diffé­rents pour compo­ser la phrase : « Stella veut jouer dehors », avant de se diri­ger vers la porte. Dans une autre vidéo, Stella demande à aller à la plage. Lorsque Chris­tina Hunger lui répond « plus tard », la chienne donne clai­re­ment à voir sa décep­tion, lais­sant échap­per de petites plaintes tristes.

Et Stella progresse, selon Hunger :

« Elle me surprend conti­nuel­le­ment, c’est vrai­ment stupé­fiant. Chaque jour, elle me dit un truc encore plus cool que la veille. » Une fois, Stella a dit : « Je veux que Jake vienne » (le compa­gnon de Chris­tina). Lorsqu’il est arrivé, la chienne s’est préci­pi­tée sur le bouton « contente ».

Pour le moment, Stella connaît 29 mots diffé­rents qu’elle utilise au quoti­dien, et Chris­tina compte lui en apprendre beau­coup d’autres.

Source : The Daily Mail

https://www.ulyces.co/

La 5G a des failles de sécurité qui permettent de pister des téléphones


C’est bien beau l’évolution de la communication, mais pas au détriment de la cybersécurité. Il semble que le nouveau G5 ait déjà 5 failles à son actif, comme envoyer de fausses alertes d’urgence, déconnecter une personne du réseau ou pister une personne via son téléphone.
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La 5G a des failles de sécurité qui permettent de pister des téléphones

Un homme traverse une rue et des ondes émanent de son corps pour représenter des données mobiles.

La 5G devait être plus sécuritaire que la 4G, mais il semblerait que ce n’est pas tout à fait le cas.

PHOTO : ISTOCK

Radio-Canada

À quelques mois de son déploiement formel au Canada, la 5G est de plus en plus scrutée par le milieu de la cybersécurité, qui vient d’y découvrir 11 nouvelles failles. Celles-ci permettraient notamment à des pirates de pister de potentielles victimes, leur envoyer de fausses alertes d’urgence ou les déconnecter du réseau.

C’est ce qu’on apprend dans un rapport des équipes de recherche en sécurité des universités Purdue et de l’Iowa, aux États-Unis, publié mercredi. Ce dernier démontre que la cinquième génération du réseau de communications mobiles est tout aussi vulnérable aux attaques que sa prédécesseure alors qu’elle devait être plus sécuritaire. 

Les spécialistes ont conçu l’outil 5GReasoner pour trouver les failles. Il a servi à créer de fausses stations de bases, ces antennes auxquelles se connectent les téléphones pour avoir accès aux réseaux mobiles. C’est grâce à elles qu’elles et ils sont parvenus à pirater des téléphones, tout comme il est possible de le faire avec la 4G.

Un téléphone connecté à un faux réseau comme celui-là dévoile ses identifiants de réseau, ce qui permet ensuite de pister son emplacement ou mener une attaque par déni de service, qui l’empêche de se connecter.

L’envoi de fausses alertes d’urgence est également possible. Cela pourrait semer le chaos artificiel, comme il s’est produit au début de 2018 lorsqu’une fausse alerte de missile balistique a provoqué la panique à Hawaï. 

Le chercheur Sued Rafiul Hussain a dit au site spécialisé TechCrunch que ces failles pouvaient être exploitées par n’importe qui ayant des connaissances pratiques sur le fonctionnement de la 4G et de la 5G et qui se servirait d’équipements peu coûteux. 

Selon lui, les problèmes avec le réseau pourraient être réglés avant son déploiement, mais certains d’entre eux nécessiteraient des changements assez majeurs. 

La manière précise dont les failles ont été exploitées n’a pas été dévoilée par les équipes de recherche, mais elles ont été divulguées à la GSMA, l’association mondiale des opérateurs et constructeurs de téléphonie mobile.

https://ici.radio-canada.ca

Découverte : les embryons d’oiseaux peuvent communiquer entre eux à l’intérieur de leur œuf


C’est vraiment surprenant comment le sens la survie peut être fort. Les embryons dans les oeufs des oiseaux peuvent entendre les cris de danger et communiquer entre eux avant même l’éclosion. Les conséquences sont qu’ils naissent plus tard que les autres et son beaucoup plus discrets. De plus, ils ont un taux plus élevé de l’hormone du stress, et même leur ADN est affecté.
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Découverte : les embryons d’oiseaux peuvent communiquer entre eux à l’intérieur de leur œuf


communications oeufs

| Pixabay

Thomas Boisson

Les oiseaux s’adaptent habituellement à la prédation environnante en apprenant à reconnaître les cris d’alarme de leurs parents, et de la communauté en général. Cependant, une nouvelle étude révèle que cet apprentissage peut commencer très tôt. En effet, des chercheurs ont démontré que les oiseaux entendaient ces cris avant l’éclosion et pouvaient également communiquer l’alarme au reste de la couvée.

Les embryons d’oiseaux non éclos peuvent non seulement entendre les cris d’avertissement des oiseaux adultes, mais ils peuvent également communiquer cette information à leurs frères et sœurs non éclos partageant le même nid, en restant bien enfermés dans leur coquille jusqu’à ce qu’ils puissent éclore en toute sécurité.

C’est une découverte qui révèle comment les oiseaux peuvent s’adapter à leur environnement avant même la naissance, car contrairement aux mammifères placentaires, leur physiologie ne peut plus être influencée par les changements survenus dans le corps de leur mère après la ponte de l’œuf. L’étude a été publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution.

Communication intra-œuf et comportement défensif

En particulier, une équipe de chercheurs a exposé des œufs de goélands à bec jaune (Larus michahellis) non éclos à des signaux indiquant un risque de prédation élevé. Non seulement les embryons non éclos ont communiqué ces signaux aux membres du nid non exposés, mais ils sont aussi sortis de leurs œufs et ont montré un comportement beaucoup plus prudent que le groupe témoin.

« Ces résultats suggèrent fortement que les embryons de goélands sont en mesure d’obtenir des informations environnementales pertinentes de leurs frères et sœurs » expliquent les chercheurs dans leur article. « Ensemble, nos résultats soulignent l’importance des informations socialement acquises au stade prénatal en tant que mécanisme non génétique favorisant la plasticité du développement ».

Une communication pré-éclosion basée sur la vibration

L’équipe a recueilli des œufs de goélands sauvages dans une colonie de reproduction de l’île de Sálvora, en Espagne, qui connaît des niveaux de prédation fluctuants, en particulier de petits carnivores tels que les visons. Ces œufs ont été divisés en couvées de trois œufs et placés dans des incubateurs. Ils ont ensuite été affectés à l’un des deux groupes suivants : le groupe expérimental ou le groupe témoin.

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Schéma illustrant l’expérience avec : le groupe témoin (bleu), le groupe expérimental (jaune) et les deux œufs enlevés 4 fois par jour (bleu et jaune foncés). Crédits : Noguera & Velando

De chaque couvée, deux des trois œufs ont été retirés de l’incubateur quatre fois par jour — toujours les deux mêmes œufs — manipulés et placés dans une boîte insonorisée où ils leur ont été passés des enregistrements de cris d’alarmes adultes concernant des prédateurs. Pour les œufs du groupe témoin, aucun son n’a été joué à l’intérieur de la boîte insonorisée. Ensuite, ils ont été replacés dans l’incubateur, en contact physique avec les autres œufs.

Les chercheurs ont constaté que les œufs exposés à des cris d’alarme avaient tendance à vibrer davantage dans l’incubateur que les œufs placés dans la boîte silencieuse. Les couvées expérimentales, y compris les œufs qui n’avaient pas été exposés aux alarmes, ont mis plus de temps à éclore que les couvées témoins. Et quand ils ont émergé, les trois poussins dans les couvées expérimentales ont montré les mêmes changements de développement.

Des changements physiologiques caractéristiques

Par rapport aux poussins témoins, les poussins expérimentaux faisaient moins de bruit et s’accroupissaient davantage — un comportement défensif généralement mis en place face aux cris d’alarme des adultes. Et les trois poussins dans chaque couvée expérimentale avaient des caractéristiques physiologiques non visibles dans les couvées témoins. Ils avaient des niveaux plus élevés d’hormones de stress, moins de copies d’ADN mitochondrial par cellule et un tarse plus court.

Les chercheurs ont déclaré que cela indiquait un compromis. Les oiseaux sont mieux en mesure de réagir au danger, mais cela se fait au coût d’une capacité cellulaire réduite de croissance et de production d’énergie. Selon les analyses statistiques, ces différences physiologiques ne peuvent être attribuées à la seule durée d’incubation.

differences physiologiques

Schéma indiquant les différences physiologiques entre les œufs exposés aux cris d’alarme et ceux non-exposés. Crédits : Mylene M. Mariette & Katherine L. Buchanan

Comme la seule différence dans le traitement des couvées était le son des alarmes et que la seule différence observée dans le comportement des œufs était le taux de vibration, il semble probable que des poussins non éclos peuvent communiquer le danger à leurs compagnons de nid via la vibration.

« Nos résultats montrent clairement que les embryons d’oiseaux échangent des informations précieuses, probablement sur le risque de prédation, avec leurs frères et sœurs » écrivent les chercheurs.

Les futures études devraient examiner si l’utilisation d’informations sociales par le développement d’embryons peut favoriser la plasticité phénotypique adaptative dans d’autres contextes, tels que des conditions environnementales ou sociales défavorables, et si de telles réponses programmées peuvent varier d’un embryon appartenant au même groupe.

Sources : Nature Ecology & Evolution