Crimes contre l’animalité


Un travail d’un photographe qui a fait pendant quelques années en s’intégrant dans le trafic animal pour dénoncer les crimes envers les animaux. Il en a fait un livre et ses photos ont été exposées à Paris.
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Crimes contre l’animalité


Fanny Arlandis

Patrick Brown a commencé à travailler sur le commerce illégal d’animaux en 2001-2002 pour un premier livre avec Ben Davis intitulé «Black Market» (marché noir). Ce photographe a continué à travailler sur cette thématique jusqu’en 2014.

«Nous devions mettre une limite géographique à notre travail et nous avons choisi le continent asiatique, raconte Patrick Brown. J’ai trouvé fascinant de découvrir que tout était connecté, la Thaïlande avec les montagnes indonésiennes, la Birmanie avec Hong Kong etc. Le continent n’est qu’un gigantesque réseau.»

Son travail, dont est issu le livre «Trading to Extinction», a été exposé à la galerie Fait & Cause à Paris,

«Cette image, prise en 1999, est la plus importante de ma carrière. C’est la toute première que j'ai faite en Birmanie. On y voit la Birmanie à gauche et la Thaïlande à droite, au milieu passe la rivière Salawin. C’est là que ma fascination pour la jungle et la nature a commencé –qui donnera naissance au projet. À cette époque, la vie sauvage était abondante, vibrante et l’écosystème sain. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.»

La rivière Salawin divise le nord de la Thaïlande et la Birmanie. Thaïlande 2001. | Patrick Brown

«Cette image, prise en 1999, est la plus importante de ma carrière. C’est la toute première que j’ai faite en Birmanie. On y voit la Birmanie à gauche et la Thaïlande à droite, au milieu passe la rivière Salawin. C’est là que ma fascination pour la jungle et la nature a commencé –qui donnera naissance au projet. À cette époque, la vie sauvage était abondante, vibrante et l’écosystème sain. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.»

«J’ai mis un peu de temps à gagner la confiance des gens de cette ferme aux ours. La négociation a tourné à mon avantage quand je leur ai dit que j’avais une grosse cicatrice sur l'estomac et que je souhaitais utiliser cette bile afin de me soigner. Certains pays d’Asie comme le Vietnam, la Chine, la Corée ou Taiwan utilisent la bile d’ours pour guérir le rhume ou même le sida –sans résultat. Ils ont fini par accepter ma requête. Internet n’était pas encore très développé: je pense qu’aujourd’hui il serait impossible de faire une image aussi choquante.»

Après avoir été tranquillisé, un ours est sorti de sa cage puis placé sur un chariot pour extraire la bile de sa vésicule. Vietnam, 2003. | Patrick Brown

«J’ai mis un peu de temps à gagner la confiance des gens de cette ferme aux ours. La négociation a tourné à mon avantage quand je leur ai dit que j’avais une grosse cicatrice sur l’estomac et que je souhaitais utiliser cette bile afin de me soigner. Certains pays d’Asie comme le Vietnam, la Chine, la Corée ou Taiwan utilisent la bile d’ours pour guérir le rhume ou même le sida –sans résultat. Ils ont fini par accepter ma requête. Internet n’était pas encore très développé: je pense qu’aujourd’hui il serait impossible de faire une image aussi choquante.»

«L’homme au centre boit du sang de serpent dans un restaurant de viande de reptile à Hanoï. Il n’était pas content quand j’ai pris la photo. Mais plutôt parce qu'il la considérait comme une atteinte à sa vie privée qu'à cause de l’enregistrement de son geste. Car cette pratique n’est pas un crime au Vietnam. Les personnes qui consomment cet animal sont convaincues que ses organes renforcent leur pouvoir et qu'ils possèdent des qualités aphrodisiaques.»

Des amis trinquent en buvant du sang de serpent. Vietnam 2004. | Patrick Brown

«L’homme au centre boit du sang de serpent dans un restaurant de viande de reptile à Hanoï. Il n’était pas content quand j’ai pris la photo. Mais plutôt parce qu’il la considérait comme une atteinte à sa vie privée qu’à cause de l’enregistrement de son geste. Car cette pratique n’est pas un crime au Vietnam. Les personnes qui consomment cet animal sont convaincues que ses organes renforcent leur pouvoir et qu’ils possèdent des qualités aphrodisiaques.»

«Cette image, profondément triste, en dit beaucoup sur le ressenti des êtres humains confrontés au royaume animal. Sur cette photo, l’homme espère une interaction avec la créature. Il souhaite qu’elle saute, grogne ou s’énerve. Il brandit son parapluie à ces fins. On imagine aisément que sans cette barrière, le léopard aurait déjà tué l'homme. Cette image peut se lire à la fois du points de vue de l’homme et de celui de l’animal. C’est une de mes clichés les plus représentatifs de la confrontation de ces deux univers.»

Le zoo de Kolkata, un établissement centenaire en mauvais état. Inde 2004. | Patrick Brown

«Cette image, profondément triste, en dit beaucoup sur le ressenti des êtres humains confrontés au royaume animal. Sur cette photo, l’homme espère une interaction avec la créature. Il souhaite qu’elle saute, grogne ou s’énerve. Il brandit son parapluie à ces fins. On imagine aisément que sans cette barrière, le léopard aurait déjà tué l’homme. Cette image peut se lire à la fois du points de vue de l’homme et de celui de l’animal. C’est une de mes clichés les plus représentatifs de la confrontation de ces deux univers.»

«Cette photo a été prise lors de l'interception d'une cargaison de pangolins à l'aéroport Don Muang de Bangkok lors d'une opération de répression du trafic d'espèces sauvages. Les pangolins sont considérés comme un mets délicat en Chine et dans d'autres pays et sont appréciés pour leur utilisation en médecine traditionnelle. Ils partaient en direction du Laos avant d'être transportés par la terre au Vietnam. À 2 heures du matin, mon fixeur m’a appelé pour me dire de venir à l’aéroport le plus vite possible. Quand je suis arrivé, il y avait entre soixante et quatre-vingts boîtes et l’un des pangolins a été sorti pour être exposé aux médias locaux.»

Interception d’une cargaison de pangolins à l’aéroport Don Muang de Bangkok. La cargaison était censée contenir des tortues. Thaïlande, 2003. | Patrick Brown

«Cette photo a été prise lors de l’interception d’une cargaison de pangolins à l’aéroport Don Muang de Bangkok lors d’une opération de répression du trafic d’espèces sauvages. Les pangolins sont considérés comme un mets délicat en Chine et dans d’autres pays et sont appréciés pour leur utilisation en médecine traditionnelle. Ils partaient en direction du Laos avant d’être transportés par la terre au Vietnam. À 2 heures du matin, mon fixeur m’a appelé pour me dire de venir à l’aéroport le plus vite possible. Quand je suis arrivé, il y avait entre soixante et quatre-vingts boîtes et l’un des pangolins a été sorti pour être exposé aux médias locaux.»

«J’ai été invité à Scotland Yard. Un officier m’a accueilli pour me montrer leurs prises. Il a sorti cette tête de tigre empaillée. Je trouvais cette image d’une tête posée à côté d’un téléphone sur un bureau très perturbante. J’ai choisi de couper la tête de l’officier (dont je n’avais de toute façon pas le droit de montrer le visage) pour contrebalancer ce tigre décapité.»

Un officier de police de Scotland Yard montre une tête de tigre saisie lors d’une rafle à Londres. Angleterre, 2003. | Patrick Brown

«J’ai été invité à Scotland Yard. Un officier m’a accueilli pour me montrer leurs prises. Il a sorti cette tête de tigre empaillée. Je trouvais cette image d’une tête posée à côté d’un téléphone sur un bureau très perturbante. J’ai choisi de couper la tête de l’officier (dont je n’avais de toute façon pas le droit de montrer le visage) pour contrebalancer ce tigre décapité.»

«On ne le voit pas mais à l’extérieur de l’image un homme excite les serpents pour les rendre agressifs. La famille attablée choisit celui qu'elle veut manger. Le cœur, le sang et la bile seront prélevés et consommés car la croyance populaire veut qu'ils augmentent la libido.»

Un serpent est présenté à un groupe de client·es dans un restaurant près de Hanoï. Vietnam 2004. | Patrick Brown

«On ne le voit pas mais à l’extérieur de l’image un homme excite les serpents pour les rendre agressifs. La famille attablée choisit celui qu’elle veut manger. Le cœur, le sang et la bile seront prélevés et consommés car la croyance populaire veut qu’ils augmentent la libido.»

«Quand j’ai pris cette photo au Népal, je ne me suis pas rendu compte qu’elle serait l’image principale de mon travail. Elle dit tout du commerce illégal et de la violence des êtres humains envers les animaux. Cet éléphant était enchaîné par les pattes, au milieu d’une environnement dénudé, composé uniquement de branches éparses. C’était le plus grand que j’ai jamais vu et il avait 50 ans. J’ai appris plus tard qu’il était enchaîné parce qu'il avait tué cinq cornacs (maîtres) au cours de sa vie.»

Un grand éléphant est assis les pattes enchaînées dans le Parc National de Chitwan. Népal 2003. | Patrick Brown

«Quand j’ai pris cette photo au Népal, je ne me suis pas rendu compte qu’elle serait l’image principale de mon travail. Elle dit tout du commerce illégal et de la violence des êtres humains envers les animaux. Cet éléphant était enchaîné par les pattes, au milieu d’une environnement dénudé, composé uniquement de branches éparses. C’était le plus grand que j’ai jamais vu et il avait 50 ans. J’ai appris plus tard qu’il était enchaîné parce qu’il avait tué cinq cornacs (maîtres) au cours de sa vie.»

«J’ai pris cette photo au Bokor National Park au Cambodge. J’étais avec une patrouille lors d’une opération pour trouver des braconniers. Cet homme a été arrêté et ce panneau accroché à son cou avec son nom, son âge, la nature et la date de son crime m’a fait penser aux années noires du pays quand les Khmers Rouges ont pris le pouvoir. L’expression de son visage montre ostensiblement qu’il se sait protégé par des businessmen très puissants qui payeront pour sa libération. Aujourd’hui, heureusement, les choses sont différentes.»

Un braconnier menotté est photographié avec une planche portant les détails de son nom, son âge, la nature et la date de son crime. Cambodge 2002. | Patrick Brown

«J’ai pris cette photo au Bokor National Park au Cambodge. J’étais avec une patrouille lors d’une opération pour trouver des braconniers. Cet homme a été arrêté et ce panneau accroché à son cou avec son nom, son âge, la nature et la date de son crime m’a fait penser aux années noires du pays quand les Khmers Rouges ont pris le pouvoir. L’expression de son visage montre ostensiblement qu’il se sait protégé par des businessmen très puissants qui payeront pour sa libération. Aujourd’hui, heureusement, les choses sont différentes.»

«Ce magasin hors de prix se situe dans un quartier très connu de Bangkok dans lequel on trouve des antiquités venant de toute l’Asie. Pour moi, cette image montre la richesse que les être humains sont prêts à dépenser pour acquérir ces produits animaux. J’ai pensé sincèrement que mon travail aurait un impact. Ce fut le cas, dans une certaine mesure. Mais l’intensité avec laquelle l’environnement et les animaux sauvages sont violés par l’humanité n’a cessé d’augmenter. Nous devrions pourtant nous souvenir que nous faisons partie du royaume animal et vivre en harmonie avec lui.»

Des vendeurs enlèvent une défense d’éléphant exposée dans un centre commercial populaire de Bangkok. Thaïlande 2004. | Patrick Brown

«Ce magasin hors de prix se situe dans un quartier très connu de Bangkok dans lequel on trouve des antiquités venant de toute l’Asie. Pour moi, cette image montre la richesse que les être humains sont prêts à dépenser pour acquérir ces produits animaux. J’ai pensé sincèrement que mon travail aurait un impact. Ce fut le cas, dans une certaine mesure. Mais l’intensité avec laquelle l’environnement et les animaux sauvages sont violés par l’humanité n’a cessé d’augmenter. Nous devrions pourtant nous souvenir que nous faisons partie du royaume animal et vivre en harmonie avec lui.»

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Pour Washing­ton, la fonte de l’Arc­tique repré­sente « de nouvelles oppor­tu­ni­tés commer­ciales »


Donald Trump voit une grande opportunité commerciale ainsi que l’extraction de pétrole, uranium, or, diamant et autres avec la fonte des glaces en Arctique. C’est plutôt inquiétant cette stupidité extrême d’aller exploiter une zone fragile au détriment des autochtones qui y vivent.
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Pour Washing­ton, la fonte de l’Arc­tique repré­sente « de nouvelles oppor­tu­ni­tés commer­ciales »

Crédits : Willian Justen de Vascon­cel­los


par  Malaurie Chokoualé

Alors même que les aver­tis­se­ments sur les effets catas­tro­phiques du réchauf­fe­ment clima­tique n’ont jamais été aussi pres­sants, le secré­taire d’État améri­cain Mike Pompeo s’est permis une sortie aber­rante lors d’un discours prononcé lundi 6 mai 2019 à Rova­niemi, en Finlande.

Il s’est réjoui des « nouvelles oppor­tu­ni­tés commer­ciales » qu’offre la fonte des glaces de la région arctique, rapporte CNN.

Il a égale­ment assuré que le président Donald Trump était « déter­miné à exploi­ter les ressources de manière écolo­gique­ment respon­sable ».

Le secré­taire d’État a expliqué que la dispa­ri­tion de la glace pour­rait réduire de vingt jours le temps néces­saire pour voya­ger d’Est en Ouest.

« Les voies mari­times de l’Arc­tique pour­raient deve­nir les canaux de Suez et de Panama du XXIe siècle », a souli­gné Pompeo. « L’Arc­tique est à la pointe des  oppor­tu­ni­tés et de l’abon­dance car [cette région] contient 13 % du pétrole non décou­vert dans le monde, 30 % de son gaz non décou­vert, une abon­dance d’ura­nium, de miné­raux de terres rares, d’or, de diamants, et des millions de km² de ressources inex­ploi­tées et de pêche à profu­sion. »

Selon un nouveau rapport du Natio­nal Snow and Ice Data Center (NSIDC) – centre d’in­for­ma­tion et de réfé­rence des États-Unis à l’ap­pui de la recherche polaire –, le mois d’avril 2019 a enre­gis­tré des éten­dues de glace extra­or­di­nai­re­ment basses en Arctique, avec 230 000 km2 de moins qu’en avril 2018. Il pointe égale­ment que la glace vieille de quatre ans ou plus ne repré­sen­tait désor­mais plus qu’1,2 % de la couver­ture de glace.

Source : CNN

https://www.ulyces.co

Le Saviez-Vous ► Les sanctions économiques ne marchent qu’un temps, le Moyen Âge nous l’apprend


Si on se fit à l’histoire au Moyen Âge en Europe, les sanctions économiques annoncées par le président américain font mal, mais cela ne pourras pas durer longtemps. Car pendant ce temps, il n’y a pas de possibilité commerce rentable au-delà des frontières pour les USA.
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Les sanctions économiques ne marchent qu’un temps, le Moyen Âge nous l’apprend

 

Enluminure extraire de «Voyage en la terre d’Outremer» de Bertrandon de la Broquière. Jean Le Tavernier, enlumineur, Audenarde, après 1455. | Via BNF.

Enluminure extraire de «Voyage en la terre d’Outremer» de Bertrandon de la Broquière. Jean Le Tavernier, enlumineur, Audenarde, après 1455. | Via BNF.

Tobias Boestad et Nonfiction

Au XIVe siècle, les villes hanséatiques mettent en place un ensemble de sanctions économiques drastiques contre Bruges. Avec succès… dans un premier temps.

«Guerre économique»: en quelques jours, le président américain Donald Trump a annoncé l’entrée en vigueur des sanctions économiques contre le régime iranien, le renforcement de celles contre la Russie, puis contre la Chine. Les réticences européennes laissent toutefois planer des doutes sur l’efficacité de semblables mesures qui, à force, risquent de se retourner contre qui en abuse. À la fin du Moyen Âge, les villes de la Hanse allemande en ont fait l’expérience.

Bruges et les «villes de la Hanse allemande»

La scène se passe au milieu du XIVe siècle, à Bruges. La ville, alors à son apogée, est le plus important marché d’Europe du Nord. Elle dispose d’un droit d’étape, c’est-à-dire que les marchands sont obligés d’y faire halte quelques jours et d’y payer des taxes avant de pouvoir poursuivre vers l’est ou vers l’ouest. On y trouve donc des Allemands, des Anglais, mais aussi des Français, des Espagnols, des Provençaux ou encore des Italiens. La concurrence y est féroce.

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Non, Monsieur, la maison ne fait PAS crédit.| Miniature extraite d’un manuscrit du Chevalier errant de Thomas III de Saluces. BNF via Wikimedia commons.

Les plaintes des marchands allemands à Bruges s’accumulent: ils accusent les officiers de la ville de ne pas tenir compte de leurs «privilèges» (en gros, les prérogatives et droits particuliers qui leur avaient théoriquement été garantis par contrat). Les Hanséates reprochent aux Flamands toutes sortes de lenteurs, de taxes indues et d’arrestations arbitraires. P

Préoccupées par «l’injustice et les nombreux obstacles imposés en Flandre aux marchands d’Allemagne et de la Hanse allemande», les villes allemandes préparent alors une contre-attaque.

Le but: étouffer l’économie de la ville jusqu’à ce qu’elle accepte de se plier aux conditions des Hanséates.

Réunies à Lübeck le 20 janvier 1358, les «villes de la Hanse allemande» –qui se servent de ce titre pour la première fois– mettent en place un ensemble de sanctions économiques drastiques: aucun marchand allemand ne doit se rendre en Flandre jusqu’à nouvel ordre; ceux qui s’y trouvent doivent vider les lieux; nul ne doit commercer avec des Flamands ou acheter leurs draps– où que ce soit et à qui que ce soit. Quiconque violerait l’embargo serait exclu de la Hanse, et une amende est même prévue pour quiconque traiterait avec des contrebandiers de ce genre.

Banc! Privée des blés de Prusse, Bruges est au bord de la famine, ravagée par la peste. En 1360, le comte de Flandre doit céder et les nouveaux privilèges qu’il concède aux Hanséates surpassent largement leurs prérogatives antérieures.

Mobiliser et coordonner

Dans les siècles qui suivent, l’embargo devient l’arme par excellence des villes hanséatiques, mais son efficacité est inégale et tend même à s’éroder avec le temps.

Le terme de «sanctions économiques» donne l’impression qu’il n’y a qu’un seul perdant, et qu’il l’a bien mérité. Or c’est faux, l’arme est à double tranchant: en sanctionnant, on se sanctionne, car on se prive de débouchés économiques potentiellement fructueux.

Aussi les mesures se heurtent-elles inévitablement au problème de la mobilisation: pour qu’un embargo soit efficace, tout le monde doit jouer le jeu. Cela se traduit par des menaces répétées à l’encontre des fraudeurs, d’autant qu’en l’absence de concurrence, le marchand qui ose braver l’interdiction a toutes les chances de vendre ses marchandises à très bon prix… En 1358, le Brêmois Tidemann Nanning est accusé d’avoir ignoré l’embargo contre la Flandre. La ville de Brême semblant traîner des pieds pour le sanctionner, tous les marchands de Brême sont instantanément exclus du bénéfice des privilèges de la Hanse, et ce jusqu’à ce qu’elle accepte, enfin, de punir le contrevenant, en le condamnant à mort. Si l’on en croit la chronique de la ville de Brême, la version officielle veut que le marchand, toujours à l’étranger, ait été secrètement prévenu par ses proches et ne se soit pas risqué à revenir.

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Le Prévôt des marchands et les échevins de la ville de Paris. tableau de Georges Lallemant, 1611, musée Carnavalet. | Wikimedia commons.

S’il n’est pas toujours aisé de punir un particulier, la situation se complique encore quand ce sont les villes qui refusent de jouer le jeu. Celles de la Hanse allemande s’échelonnent des Pays-Bas à l’Estonie, autant vous dire qu’il n’est pas toujours facile de s’entendre sur des intérêts économiques communs. Pour susciter l’adhésion, exceptions et compromis sont souvent de mise. En 1405, la morue de Norvège est la seule marchandise non concernée par l’embargo général contre l’Angleterre. Or, c’est le fonds de commerce de l’élite lubeckoise… Coïncidence? I think not…

Qui va à la chasse… perd sa place!

Pendant l’absence des «sanctionneurs», la concurrence fait son beurre, et au cours du XVe siècle, les Hanséates doivent composer avec celle, toujours plus féroce, des marchands anglais et hollandais. Leur marge de manœuvre s’en trouve progressivement diminuée, car quitter le marché dans ces conditions, même momentanément, c’est en offrir les clés aux nouveaux venus. Devenus remplaçables, les Hanséates eux-mêmes ne sont plus à l’abri de sanctions, comme en Angleterre où les rois monnaient de plus en plus cher le renouvellement de leurs privilèges commerciaux à partir de la seconde moitié du XVe siècle.

À cette époque, princes et monarques ont le vent en poupe et se taillent des ensembles territoriaux d’une ampleur inédite. Au siècle précédent, les Hanséates pouvaient encore transférer leur comptoir brugeois d’une ville flamande à une autre pendant la durée du conflit; en 1451, ils doivent composer avec le puissant duc de Bourgogne Philippe le Bon, qui contrôle alors l’essentiel de la Flandre et des Pays-Bas. Comme le montrent les délibérations internes, il est devenu difficile de faire pression efficacement dans ces conditions, et si les villes hanséatiques maintiennent malgré tout leur embargo pendant six ans, son efficacité et sa popularité demeurent cette fois limitées.

Les «sanctions économiques» ne sont pas une solution miracle: elles dépendent des rapports de force et de la capacité de les mettre en œuvre pour faire plier rapidement leur cible. En tout cas, croyez-en l’expérience des consuls de Lübeck: comme «stratégie à long terme», ça ne marche pas trop

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Pour aller plus loin

– Nils Jörn, Werner Paravicini, Horst Wernicke (dir.), Hansekaufleute in Brügge Teil IV: Beiträge der Internationalen Tagung in Brügge April 1996, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 2000.

– Jacques Paviot, Bruges 1300-1500, Paris, Autrement, 2002.

– Gisela Graichen, Rolf Hammel-Kiesow, Die Deutsche Hanse. Eine heimliche Supermacht, Hambourg, 2011.

– Donald J. Harreld (dir.), A Companion to the Hanseatic League, Leiden/Boston, Brill, 2015.

– Ulf Christian Ewert, Stephan Selzer, Institutions of Hanseatic Trade. Studies on the Political Economy of a Medieval Network Organisation, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 2016.

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Le Saviez-Vous ► Il y a cinq siècles avait lieu le premier voyage esclavagiste entre l’Afrique et l’Amérique.


L’esclavage a commencé bien avant 1518, mais cette année-là, les esclaves noirs, et même arabes on traverser les mers pour se rendre aux Amérique. Avec le Nouveau-Monde, il eut un manque de main-d’oeuvres. Pendant toutes ces années de ce commerce, plus de 10 millions d’Africains ont été transporter entre l’Europe et en Amérique dont près de millions d’esclaves sont mort avant d’arriver à leur destination.Malheureusement, malgré ces horreurs, l’esclavage, la traite humaine existe encore sous diverses formes.
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Il y a cinq siècles avait lieu le premier voyage esclavagiste entre l’Afrique et l’Amérique.

 

Cap 110 - Mémorial à l'esclavage | Gaël Chardon via Flickr CC License by

Cap 110 – Mémorial à l’esclavage | Gaël Chardon via Flickr CC License by

Repéré par Christophe-Cécil Garnier

Jusqu’en 1518, les esclaves africains étaient amenés jusqu’en Espagne ou au Portugal, avant d’être envoyés dans les Caraïbes.

 

Repéré sur The Independent

C’était il y a exactement 500 ans. Le 18 août 1518, ou 28 août s’ils avaient utilisé notre calendrier grégorien, le roi d’Espagne Charles I publiait une charte autorisant directement le transport d’esclaves de l’Afrique aux Amériques. Jusqu’à ce moment, ils étaient d’abord amenés en Europe méridionale.

Dans cette charte, le roi d’Espagne donne à Lorenzo de Gorrevod, un de ses principaux conseillers, la permission de transporter «quatre mille esclaves nègres, hommes comme femmes», sur les différents territoires découverts du continent américain. Cette décision de créer une ligne directe et «économiquement plus viable» a fondamentalement changé la nature et l’ampleur de cette terrible industrie, estime le quotidien anglais The Independent. Sur les 350 années suivantes, plus de dix millions d’Africains furent transportés entre les deux continents. Au moins 1,8 million moururent en route.

«Les découvertes que nous avons faites transforment notre compréhension des débuts de la traite négrière transatlantique. Remarquablement, jusqu’à présent, il s’agissait d’un domaine peu étudié», a déclaré le professeur David Wheat, de l’Université du Michigan, un historien qui a été étroitement impliqué dans les récentes recherches.

«La plupart des historiens et autres n’ont pas vraiment compris l’importance de l’avènement du commerce transatlantique des esclaves en août 1518», a renchérit le professeur David Richardson, de l’Institut Wilberforce de l’Université de Hull.

La traite négrière a pourtant été une catastrophe pour l’Afrique, note l’Independent.

«La traite des esclaves arabes avait déjà eu un impact terrible sur le continent – mais la demande européenne de cette main-d’œuvre dans leurs empires embryonnaires du Nouveau Monde a considérablement aggravé la situation», indique le quotidien. Les Européens, comme les Espagnols ou les Portugais, ont massivement augmenté la demande et ont finalement déclenché toute une série «de terribles guerres tribales intra-africaines».

The Independent conclut que «les gouvernements et les organisations du monde entier ont eu tendance à favoriser la commémoration des révoltes d’esclaves et des mouvements abolitionnistes, qui ont contribué à mettre fin à la traite des esclaves, plutôt que l’histoire plus lointaine et politiquement moins confortable de la façon dont cela a commencé».

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Aliments de dépanneur: troquer les jujubes contre des fruits


Dans mon coin du monde, il y a les petits dépanneurs qui vendent surtout des bonbons, chocolats, cigarettes, journaux, quelques denrées non-périssables pour dépanner, ainsi que des produits laitiers, boissons gazeuse, bières, etc. Et il y a les plus gros dépanneurs et poste d’essence qui vendent beaucoup plus. Ce sont surtout ceux-là qui peuvent vendre des denrées plus santé, mais la malbouffe est vraiment difficile à combattre.
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Aliments de dépanneur: troquer les jujubes contre des fruits

 

IGA Express fait figure d'ovni dans ce paysage... (Photo Robert Skinner, La Presse)

IGA Express fait figure d’ovni dans ce paysage de camelote alimentaire. La chaîne mise sur les produits frais et santé.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

 

ÉMILIE BILODEAU
La Presse

Trouver des aliments santé lorsqu’on s’arrête au dépanneur, ce n’est pas une mince affaire. Même si ces commerces offrent peu à peu des produits plus sains, les consommateurs devront changer leurs habitudes. Pas si évident dans un milieu qu’on associe presque toujours aux croustilles et aux friandises.

Lorsqu’on pense aux aliments vendus dans les dépanneurs, les chips et les tablettes de chocolat viennent spontanément en tête. Certains endroits, comme les 600 Couche-Tard de la province, proposent également de la pizza, des sous-marins, des hamburgers et des hot-dogs. Ces options de repas, aux qualités nutritives discutables, fonctionnent bien, même très bien, selon Karine Grandmont, gestionnaire marketing chez Couche-Tard.

«On ne sait pas si c’est le fait qu’on est un dépanneur, mais le virage santé est plus lent dans notre milieu. Notre offre de produits est élaborée selon la demande de nos clients et, pour le moment, on ne sent pas vraiment qu’il y a un intérêt pour ce genre d’aliments», précise-t-elle.

Les Couche-Tard ne vendent pas seulement de la malbouffe. Pour qui veut bien manger, il y a des oeufs cuits durs, des noix, des smoothies et du fromage. Plus récemment, les magasins ont ajouté du houmous, des yogourts granolas et des crudités à leur offre alimentaire. Le pain blanc de quelques sandwichs a aussi été changé pour du pain multigrains.

Mme Grandmont admet que l’offre d’aliments sains est encore mince et qu’il y aurait moyen de faire mieux… si les consommateurs en manifestaient le désir.

Dans la région de Québec, une dizaine d’organismes ont mobilisé quatre dépanneurs dans un projet-pilote visant à promouvoir des aliments santé. Les nutritionnistes du projet Aliments sains ici ont réalisé que les commerces offraient déjà des options saines, mais qu’elles étaient peu mises en valeur. En offrant de la visibilité à ces aliments, ils ont constaté que beaucoup de clients continuaient à les bouder.

«Même si on avait identifié les choix santé, les gens qui venaient au dépanneur pour payer leur essence et acheter un sac de chips voyaient rarement nos affiches promotionnelles. Changer des comportements de consommateur, ça prend du temps», Pascale Chaumette, nutritionniste à la Direction de santé publique.

Dans le cadre du projet, Mme Chaumette et ses collègues ont réalisé que les clients qui disaient vouloir bien manger avaient de la difficulté à passer de la parole aux actes.

«Nous avons sondé les élèves d’une école secondaire pour savoir quels aliments ils voulaient retrouver au dépanneur du coin. Ils avaient plein de bonnes idées comme des sushis, des fruits, des légumes, des sandwichs. Quand on a changé l’offre alimentaire, les jeunes ont quand même continué à acheter du chocolat, des croustilles et des bonbons.»

Notons que les résidants du voisinage ont aimé cette nouvelle offre alimentaire et le dépanneur a décidé de conserver les collations et repas santé.

Question de rentabilité

Jacques Nantel, expert du commerce au détail à HEC Montréal, rappelle que plusieurs petits dépanneurs indépendants peinent à être rentables. En troquant les jujubes contre des fruits, les risques pour ces propriétaires de magasins sont grands.

Les loyers des dépanneurs de grandes chaînes sont très élevés, ajoute-t-il. Pour compenser, les commerces misent sur des aliments qui offrent une grande marge de profit… comme les arachides et les boissons gazeuses.

«Un dépanneur se trouve souvent dans un endroit qui coûte cher, comme une bretelle d’autoroute ou une artère commerciale. Les administrateurs veulent rentabiliser leurs pieds carrés», explique M. Nantel.

«Mais en rentrant des aliments périssables comme des fruits et des légumes, la marge nette se voit considérablement réduite.»

IGA Express fait figure d’ovni dans ce paysage de camelote alimentaire. Les plateaux de thon, pita et concombre, les duos de fraises et ananas ou encore les assiettes de fruits séchés, de noix et de raisins ne sont pas cachés dans un recoin de l’une des 20 succursales affiliées à Shell (propriété d’IGA-Sobeys depuis 2011). Au contraire, la chaîne mise sur les produits frais et santé.

Luc Blais, vice-président national, dépanneurs et postes d’essence chez Sobeys, est d’avis que l’industrie n’a d’autre choix que d’entamer ce virage santé, une tendance déjà remarquée aux États-Unis. Pour y arriver, il explique que les IGA Express peuvent compter sur le réseau de distribution des épiceries IGA et aussi sur un logiciel qui permet de mieux analyser les aliments les plus populaires, un outil inestimable lorsqu’on travaille avec des denrées périssables.

«Un des défis, c’est d’optimiser nos heures en magasin pour que le modèle tienne la route économiquement. Dans un dépanneur traditionnel, on retrouve souvent un caissier qui place aussi la marchandise. Si vous rentrez chez IGA Express, vous allez trouver au moins six personnes pour la caisse, pour placer la marchandise et pour cuisiner les aliments.»

Ça coûte plus cher à exploiter, dit M. Blais. Mais ça vaut amplement la peine pour la clientèle grandissante.

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Cette île grecque en forme de pyramide révèle le savoir avancé d’une civilisation antique


Sur une petite île grecque, des archéologues ont fait leur recherche sur un promontoire de la Mer Égée construit il y a 4 000 par des hommes. Ils ont découvert un atelier de métallurgie pour des outils et autres équipements élaborée pour l’âge de bronze. Des preuves de commerces et d’urbanisation
Nuage

 

Cette île grecque en forme de pyramide révèle le savoir avancé d’une civilisation antique

 

Michael Boyd

par  Clara Lalanne

En réalisant des fouilles sur la petite île grecque de Dhaskalio, des archéologues ont retrouvé des traces de métallurgie et d’ingénierie très avancées pour une civilisation antique, explique le Guardian dans un article daté du 18 janvier.

Cela fait des années que les chercheurs de l’université de Cambridge et de l’Éphorie des antiquités des Cyclades travaillent sur ce promontoire rocheux de la Mer Égée. Sculpté par ses habitants il y a plus de 4 000 ans, ces derniers lui ont donné la forme d’une pyramide pour en faire un sanctuaire naturel. Pourtant, les chercheurs étaient loin de se douter que cette île recelait encore bien des secrets.

Sous les terrasses du sanctuaire, ils ont ainsi mis à jour en janvier 2018 un réseau de tunnels très sophistiqués, servant à faire circuler l’eau. Ce système de drainage précède d’environ un millénaire celui qu’on pensait être le premier de l’histoire, en Crète.

Le réseau les a ensuite mené à une seconde découverte : un atelier de métallurgie, dans lequel des outils et équipements élaborés ont été fabriqués 2 500 ans av. J.-C.

Pour Michael Boyd, co-directeur des fouilles, « ce que l’on observe ici, avec le travail des métaux et tous ces autres éléments, ce sont les débuts de l’urbanisation », et également du commerce dans les Cyclades.

Michael Boyd

Ces découvertes prouvent que ces peuples de l’âge du bronze étaient beaucoup plus avancés qu’on ne l’imaginait jusqu’à présent. Avec des programmes d’excavation en 3D, les archéologues espèrent également faire de nouvelles découvertes, et comprendre d’où la civilisation minoenne a tiré tout son savoir.

Source : The Guardian

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Les femmes-mulets «font un travail inhumain»


Ce n’est pas des photos chats qu’on aime tant voir, mais la dureté des femmes qui a travers le monde font un travail surhumain pour quelques dollars. Des femmes-mulet, un nom insultant je trouve. Pour éviter les taxes aux frontières Maroc-Espagne, pas moins de 15 000 femmes font le trajet a pied (seule 4 000 pourra traverser la frontière) pour porter des marchandises sur le dos qui peuvent peser entre 40 à 90 kilos qu’elles donnent a des contrebandiers en Espagne pour la modeste somme de 15 dollars qu’ils iront remettre au Maroc pour les revendre dans les souks. Malheureusement, il arrive des incidents des femmes seront piétinées. Il y a des hommes aussi qui font la même chose, mais il ne semble pas avoir de mort de leur côté. C’est triste de voir que pour gagner leur vie, elles ruinent leur santé
Nuage

 

Les femmes-mulets «font un travail inhumain»

 

«En septembre 2017, une équipe de l’AFP est partie du côté marocain, à Fnideq, à quelques kilomètres de la frontière avec l’enclave espagnole de Ceuta. Nous avons essayé de travailler du côté marocain mais les autorités locales nous l'ont interdit. Le lendemain matin, nous sommes donc passés du côté espagnol. Nous sommes arrivés à 5h du matin, car c’est l’heure à laquelle commence le commerce. Du côté du Maroc, des files d’attentes interminables étaient déjà formées.»

T F

«En septembre 2017, une équipe de l’AFP est partie du côté marocain, à Fnideq, à quelques kilomètres de la frontière avec l’enclave espagnole de Ceuta. Nous avons essayé de travailler du côté marocain mais les autorités locales nous l’ont interdit. Le lendemain matin, nous sommes donc passés du côté espagnol. Nous sommes arrivés à 5h du matin, car c’est l’heure à laquelle commence le commerce. Du côté du Maroc, des files d’attentes interminables étaient déjà formées.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

Fanny Arlandis

Le 16 janvier 2018, deux «femmes-mulets» sont mortes dans une bousculade au poste-frontière entre Ceuta et le Maroc. Ces femmes traversent chaque jour la frontière pour transporter sur leur dos entre 40 et 90 kilos de marchandises. Le photographe de l’AFP Fadel Senna les a photographiées en septembre 2017. Il revient pour Slate sur le travail «inhumain» mené par ces femmes.

«Les longues files d’attentes étaient composées de femmes, celles que l'on appelle les "femmes-mulets". Au Maroc, on les appelle les "hamalates" (porteuses), de l’autre côté de la frontière les "mujeres mulas" (femmes-mulets). Elles vont jusqu’à Ceuta à pied pour aller chercher de la marchandise. Elles se dirigent vers la zone industrielle qui se trouve juste de l’autre côté de la frontière. Des commerçants chargent eux-mêmes ses femmes (la plupart sont marocains) et elles retournent sur leur pas pour repasser la frontière vers le Maroc.»

T F

«Les longues files d’attentes étaient composées de femmes, celles que l’on appelle les « femmes-mulets ». Au Maroc, on les appelle les « hamalates » (porteuses), de l’autre côté de la frontière les « mujeres mulas » (femmes-mulets). Elles vont jusqu’à Ceuta à pied pour aller chercher de la marchandise. Elles se dirigent vers la zone industrielle qui se trouve juste de l’autre côté de la frontière. Des commerçants chargent eux-mêmes ses femmes (la plupart sont marocains) et elles retournent sur leur pas pour repasser la frontière vers le Maroc.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«L’enclave espagnole de Ceuta dispose d’un statut de "port franc". Quand la marchandise est transportée à pied, elle n’est pas soumise à une taxe. Les femmes portent un paquet qui pèse entre 40 et 90 kilos sur leur dos. Certaines en ont même une deuxième qu’elles font rouler par terre.»

T F

«L’enclave espagnole de Ceuta dispose d’un statut de « port franc« . Quand la marchandise est transportée à pied, elle n’est pas soumise à une taxe. Les femmes portent un paquet qui pèse entre 40 et 90 kilos sur leur dos. Certaines en ont même une deuxième qu’elles font rouler par terre.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Elles reviennent ensuite au Maroc en passant à pied la frontière pour gagner environ dix euros. Elles donnent ensuite leur marchandise aux contrebandiers qui la ramène sur le marché marocain pour la vendre au souk. Les femmes peuvent transporter toutes sortes de marchandises, du tissu, de l’électroménager, de l’alimentaire... il y a de tout.»

T F

«Elles reviennent ensuite au Maroc en passant à pied la frontière pour gagner environ dix euros. Elles donnent ensuite leur marchandise aux contrebandiers qui la ramène sur le marché marocain pour la vendre au souk. Les femmes peuvent transporter toutes sortes de marchandises, du tissu, de l’électroménager, de l’alimentaire… il y a de tout.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Quand elles se dirigent normalement en file vers la frontière, tout se passe bien. Malheureusement, les autorités des deux côtés leur mettent parfois la pression pour éviter le bazar et cela créé des mouvements de foule, qui créent à leur tour la panique. C’est comme cela que des femmes meurent régulièrement.»

Le 16 janvier, deux marocaines d’une quarantaine d’années, Ilham et Souad, originaires de Fnideq, sont mortes bousculées. En 2017, au moins quatre autres porteuses étaient aussi décédées piétinées.

T F

«Quand elles se dirigent normalement en file vers la frontière, tout se passe bien. Malheureusement, les autorités des deux côtés leur mettent parfois la pression pour éviter le bazar et cela créé des mouvements de foule, qui créent à leur tour la panique. C’est comme cela que des femmes meurent régulièrement.»

Le 16 janvier, deux marocaines d’une quarantaine d’années, Ilham et Souad, originaires de Fnideq, sont mortes bousculées. En 2017, au moins quatre autres porteuses étaient aussi décédées piétinées.

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Elles sont très nombreuses, mais le nombre d’entrées est limité –c’est aussi cela qui crée des mouvements de foule. Elles sont plus de 15.000 à faire ce travail. Mais en 2017 les autorités ont instauré un système de jetons qui n’autorise que 4.000 femmes à passer la frontière chaque jour et elles n’ont le droit qu’à un trajet. Les douaniers font passer les femmes petit à petit mais on a l’impression qu’ils sont vite débordés.»

T F

«Elles sont très nombreuses, mais le nombre d’entrées est limité –c’est aussi cela qui crée des mouvements de foule. Elles sont plus de 15.000 à faire ce travail. Mais en 2017 les autorités ont instauré un système de jetons qui n’autorise que 4.000 femmes à passer la frontière chaque jour et elles n’ont le droit qu’à un trajet. Les douaniers font passer les femmes petit à petit mais on a l’impression qu’ils sont vite débordés.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Il y a aussi des hommes qui font ce travail mais on en entend moins parler et je n’ai pas connaissance d’hommes qui seraient morts bousculés. Il y a une nouvelle règle qui veut qu’un jour ce soit les femmes qui passent la frontière, le lendemain les hommes.»

T F

«Il y a aussi des hommes qui font ce travail mais on en entend moins parler et je n’ai pas connaissance d’hommes qui seraient morts bousculés. Il y a une nouvelle règle qui veut qu’un jour ce soit les femmes qui passent la frontière, le lendemain les hommes.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Ce qui marque, c’est que ces femmes ont tous les âges. C’est difficile d’imaginer qu’elles portent autant de charges pour si peu d’argent. Le commerce est légal mais la manière dont on demande à ces femmes de faire ce travail est problématique, inhumain. Et les contrebandiers jouent avec les lois.»

T F

«Ce qui marque, c’est que ces femmes ont tous les âges. C’est difficile d’imaginer qu’elles portent autant de charges pour si peu d’argent. Le commerce est légal mais la manière dont on demande à ces femmes de faire ce travail est problématique, inhumain. Et les contrebandiers jouent avec les lois.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

«Chacune de ces femmes a une expression triste et épuisée, on peut d’ailleurs voir la dureté de leur travail sur les photos. Nous n’avons eu que très peu de contact avec ces femmes lors de la prise de vue. Elles sont trop occupées par leur passage, concentrées pour ne pas crouler sous le poids de ce qu’elles transportent.»

T F

«Chacune de ces femmes a une expression triste et épuisée, on peut d’ailleurs voir la dureté de leur travail sur les photos. Nous n’avons eu que très peu de contact avec ces femmes lors de la prise de vue. Elles sont trop occupées par leur passage, concentrées pour ne pas crouler sous le poids de ce qu’elles transportent.»

Crédit: Fadel Senna / AFP

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