Explorez une épave engloutie depuis 360 ans en Islande grâce à la réalité virtuelle


Un navire marchande a fait naufrage, il y a 360 ans en Islande suite à une violente tempête entrainant toute sa cargaison de poisson. Avec la technologie d’aujourd’hui, les scientifiques et ceux que cela intéresse peuvent voir le bateau en réalité virtuel comme sur la vidéo (on fait bouger l’image pour explorer.) J’imagine que voir cette création en 3D en grandeur nature, doit être assez impressionnant.
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Explorez une épave engloutie depuis 360 ans en Islande grâce à la réalité virtuelle


Explorez une épave engloutie depuis 360 ans en Islande grâce à la réalité virtuelleLa reconstitution virtuelle permet d’observer ce à quoi pouvait ressembler le Melckmeyt après son naufrage.© John McCarthy

Par Emeline Férard

Des archéologues australiens et islandais se sont associés pour recréer en réalité virtuelle une épave engloutie depuis 360 ans dans les profondeurs de l’Islande. D’origine néerlandaise, le navire marchand nommé Melckmeyt aurait coulé après avoir été pris dans une violente tempête.

Après le HMS Terror noyé dans l’Arctique depuis plus de 170 ans, c’est au tour d’une autre épave de ressortir de l’oubli. Celle d’un navire marchand néerlandais nommé Melckmeyt. Celui-ci a coulé au large de l’Islande en octobre 1659 et revêt une importance particulière pour le pays. Engloutie depuis 360 ans, l’épave constitue en effet la plus ancienne identifiée dans les eaux islandaises.

Des plongeurs ont découvert le Melckmeyt en 1992 à proximité de la petite île de Flatey, au large de la côte ouest. Dès l’année suivante, il a fait l’objet d’une exploration approfondie. Mais c’est un coup de projecteur inédit que des archéologues offrent aujourd’hui au navire. Une équipe australienne et islandaise est parvenue à en créer une reconstruction en réalité virtuelle.

Très réaliste, cette reconstruction d’une durée de trois minutes offre la possibilité non seulement d’explorer l’épave reposant dans les profondeurs, mais aussi d’avoir un aperçu de ce à quoi le navire ressemblait lorsqu’il a coulé. La plongée virtuelle a été créée en vue d’une exposition au musée maritime de Reykjavik mais est maintenant disponible sur Youtube.

Maximiser le sentiment d’immersion

Pour arriver à ce résultat, les archéologues sont retournés explorer le navire néerlandais en 2016 en utilisant une technologie de pointe. Ils ont pu constater que les eaux glaciales islandaises avaient permis de garder la majeure partie de la coque inférieure de 33 mètres de long dans un état exceptionnel. Minutieusement, ils ont ainsi réalisé des scanners à haute résolution de l’épave afin d’en créer un modèle numérique.

Puis, ils ont travaillé à partir de ces données pour développer une expérience en réalité virtuelle permettant d’explorer le bateau.

Notre « approche maximise le sentiment d’immersion dans l’environnement sous-marin et reproduit aussi fidèlement que possible l’expérience de plongée pour un non-plongeur », a expliqué l’équipe lors d’une présentation en juillet dernier.

La reconstruction est tellement détaillée qu’en théorie, « elle pourrait permettre à quelqu’un de repérer sur l’épave quelque chose qui nous aurait échappé durant nos plongées !« , s’est réjoui Kevin Martin, doctorant de l’Université d’Islande à l’origine du projet.

Pour renforcer le réalisme, l’équipe a pris la liberté de faire figurer sur la poupe une véritable peinture, le tableau de Johannes Vermeer intitulé La Laitière et peint un an avant le naufrage du Melckmeyt (qui signifie laitière en néerlandais).

Reconstitution du Melckmeyt avec sur sa poupe le faux pavillon danois et le tableau La Laitière de Vermeer. – John McCarthy

« Nous avons pu combiner une épave réelle avec un modèle et une peinture réels de l’époque. Donc tout ce que vous voyez dans la vidéo remonte vraiment au XVIIe siècle », a souligné pour TheJournal.ie John McCarthy, doctorant de l’Université Flinders en Australie qui a conçu la reconstruction virtuelle.

Témoin d’une période « fascinante » de l’histoire

D’après les spécialistes, le Melckmeyt était une flûte, un type de navire marchand très répandu en Europe au XVIIe siècle mais peu d’épaves de ce type sont aujourd’hui connues. Son importance réside également dans le fait qu’il témoigne d’une période particulière de l’histoire islandaise. Une époque durant laquelle l’île était contrôlée par le Danemark qui exerçait un monopole sur les échanges commerciaux.

Alors que les actes de piraterie et les conflits maritimes étaient fréquents, des marchands néerlandais auraient envoyé une flotte de navires sous faux pavillon danois afin de commercer avec la population islandaise. Le Melckmeyt aurait fait partie de cette flotte mais aurait été victime le 16 octobre 1659 d’une violente tempête, terminant ses jours dans les profondeurs avec sa cargaison de poissons.

Selon d’anciens documents, un membre de l’équipage aurait péri durant le naufrage. Les quatorze autres auraient survécu en se réfugiant au niveau de la partie haute de l’épave durant deux jours avant de parvenir à gagner la côte et d’être aidés par la population de l’île Flatey.

« L’importance de cette épave est considérable pour l’Islande », a confirmé dans un communiqué, Kevin Martin.

Elle « met en lumière une période fascinante de l’histoire islandaise », a-t-il ajouté, précisant que l’épave vient tout juste de fêter ses 360 ans. Un anniversaire qui a offert aux spécialistes l’opportunité parfaite pour faire ressortir le Melckmeyt de l’oubli.

https://www.geo.fr

Le Saviez-Vous ► Les licornes ont failli disparaître à la fin du Moyen Âge


Les licornes, il y en a partout, en bibelots, jouets, dessins, images sur diverses choses, et même à la télé ou sur le web. L’histoire de l’origine de la licorne est pourtant la cause de beaucoup d’effusion de sang sur des bêtes comme les éléphants, les narvals et les morses à cause de leurs défenses en ivoire. Depuis l’antiquité, on donnait aux licornes des pouvoirs extraordinaires ou encore des symboles comme la pureté, la virginité. L’ignorance durée des siècles avant qu’on comprenne qu’en fait, les licornes n’existent pas.
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Les licornes ont failli disparaître à la fin du Moyen Âge


Détail de la tapisserie La dame à la licorne, «La vue» (fin du XVe siècle), exposée au musée de Cluny. | Salix via Wikimedia Commons

Détail de la tapisserie La dame à la licorne, «La vue» (fin du XVe siècle), exposée au musée de Cluny. | Salix via Wikimedia Commons

Pauline Guéna

Ne souriez pas: même les espèces d’animaux imaginaires peuvent s’éteindre –ou presque.

Parmi les animaux mythiques qui hantent l’imaginaire occidental comme oriental, de l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne, aucun n’a sans doute connu le succès de la licorne.

On la rencontre dans l’Antiquité grecque et romaine, dans l’Orient musulman ou l’Occident chrétien. Elle fait même son grand retour aujourd’hui en tant que jouet, ainsi que parmi les symboles de la communauté gay. Pourtant, les licornes avaient disparu pendant un moment, à la fin du Moyen Âge.

Goût de l’ivoire

Le succès des licornes vient en partie de l’intérêt des sociétés méditerranéennes pour l’ivoire. Les Romains raffolent de ce matériau, qu’ils obtiennent surtout par les défenses d’éléphant.

Ils n’en manquent pas: à l’époque, l’Empire romain s’étend jusqu’en Afrique du Nord, où les troupeaux d’éléphants sont nombreux et où les défenses mesurent jusqu’à deux mètres de long, une taille que des siècles de chasse sélective, privilégiant les spécimens à longues défenses, a fini par réduire aujourd’hui.

Le goût de l’ivoire gagne par la suite aussi bien l’Orient musulman que l’Occident carolingien. Les jeux d’échecs, les boîtes ouvragées ou encore les autels portatifs sont souvent ornés de sculptures d’ivoire très fines.

Bientôt, dans le nord de l’Europe, un autre type d’ivoire commence à circuler: les défenses de morse. Du Xe au XIIIe siècle, le climat se réchauffe, ce qui permet aux Scandinaves de s’implanter dans de nouveaux espaces.

Ils s’installent d’abord en Islande, où la population de morses décroît rapidement. Puis ils fondent des colonies au Groenland, où ils organisent des expéditions estivales de chasse et rapportent à leurs campements quelques morses entiers, mais le plus souvent de simples têtes. Ils les laissent pourrir un temps, puis en extraient les précieuses défenses pour les exporter.

C’est un commerce de grande ampleur: en 1327 débarque à Bergen un navire chargé de 527 défenses. Les défenses sont alors travaillées dans des ateliers à travers toute l’Europe. Au Nord, une certaine Margret hin haga est ainsi connue comme le «meilleur tailleur d’Islande». Le matériau est aussi utilisé en Angleterre, en Allemagne et jusqu’en Castille.

On ne manque donc pas d’ivoire au Moyen Âge; mais quand on en a les moyens, on préfère celui des licornes.

Narvals échoués

Dans les textes médiévaux, les licornes sont parées de toutes les qualités. Animaux sauvages, vivant dans les bois, elles sont réputées parfaitement pures et souvent assimilées au Christ. On finit par imaginer qu’elles ne peuvent être approchées que par de jeunes vierges, les seules à les égaler en pureté.

Leurs longues cornes délicatement enroulées sur elles-mêmes ont une grande valeur: on les place dans les trésors des cathédrales aux côtés des reliques, on en fait des symboles de pouvoir ou on les ouvrage pour les insérer sur des épées. Bien sûr, ces cornes qui s’accumulent dans les trésors des rois et des évêques d’Europe ne sortent pas de nulle part.


La pure et chaste licorne repose sur la Vierge Marie: psautier de la fin du XIIIᵉ siècle. | Collection de Michel Francou

En fait, les principaux chasseurs de licornes sont probablement les Scandinaves du Groenland. En remontant vers le nord à la recherche des morses, ils suivent le même chemin que les narvals, ces mammifères marins dont les mâles possèdent une longue dent en pointe torsadée et fragile.

Les narvals ne s’échouent que rarement sur les côtes européennes. En revanche, au Groenland, il leur arrive souvent de s’échouer sur la glace, notamment lorsqu’ils tentent d’échapper à des orques. Là, leur dépouille s’abîme, si bien que lorsque les Scandinaves les trouvent en été, ils ne comprennent pas forcément à quel type d’animal ils ont à faire.

Ils n’ont donc pas besoin d’inventer des histoires pour vendre leurs prétendues cornes de licorne: le goût pour l’ivoire et la réputation de l’animal imaginaire suffisent.

D’ailleurs, certaines histoires s’amendent peut-être: en 1539, sur une carte de la Scandinavie réalisée à la demande d’un archevêque suédois exilé en Italie, on distingue entre les bateaux et les monstres une petite licorne marine, dont la tête et la corne sortent discrètement de l’eau dans le nord de l’Atlantique. C’est une indication précieuse, à une époque où les licornes sont déjà en train de disparaître.

Les opérations des Scandinaves au Groenland se compliquent dès la fin du XIIIe siècle: le climat se refroidit, et quelques degrés suffisent à mettre leur mode de vie en danger. Au milieu du XIVe siècle, les navigations se sont réduites; au début du XVe siècle, les colonies scandinaves du Groenland disparaissent.

Objets rares

Au début du XVIe siècle, lorsqu’Albrecht Dürer dessine un morse, son modèle est une tête conservée dans du sel en tonneau. Il n’a donc plus une idée très précise de l’apparence de l’animal.

Avec la fin de la grande chasse au morse, l’approvisionnement en dents de narval s’arrête aussi. Il reprend au XVIe siècle, lorsque les royaumes de France et d’Angleterre entrent en compétition pour conquérir l’Amérique du Nord et, espèrent les navigateurs, trouver un passage vers le Pacifique.

Alors que les navigations se multiplient vers le Nord, ils découvrent des populations préservées de morses, ainsi que quelques narvals, encore associés aux licornes. Au siècle suivant, leur véritable nature sera définitivement identifiée.

Entre la fin du XIIIe siècle et le XVIe siècle, l’Europe se tourne à nouveau vers l’ivoire d’éléphant; les cornes de licorne deviennent des objets rares. À Venise, au début du XVIe siècle, deux Grecs apportent une corne de «monoceros», ornée d’argent et de pierres précieuses, qui aurait appartenue au dernier empereur byzantin: une véritable merveille.

Quelques décennies plus tard, Elizabeth Ière d’Angleterre paie au prix fort une autre corne dont elle fait un symbole de sa virginité. Partout, le prix des cornes de licorne augmente, car l’accès aux vrais animaux a pratiquement disparu.

Certes, les licornes ne se sont pas véritablement éteintes. Mais le léger refroidissement du climat a limité l’accès aux prétendues cornes et entraîné une survalorisation culturelle de ces objets, au moment même où ils devenaient inaccessibles. Finalement, les prix montent, du fait même de l’ignorance des acheteurs.

Et nous, quelle image projetons-nous sur les derniers spécimens des espèces en voie d’extinction? Les voit-on vraiment pour ce qu’ils sont, les représentants d’une biodiversité à protéger, ou plutôt comme des licornes, si merveilleux et lointains que leur futur ne nous concerne pas directement?

Ce texte est extrait du livre Actuel Moyen Âge II de Catherine Kikuchi, Pauline Guéna, Florian Besson, Tobias Boestad, Simon Hasdenteufel et Maxime Fulconis, paru aux éditions Arkhê.

http://www.slate.fr/

Crimes contre l’animalité


Un travail d’un photographe qui a fait pendant quelques années en s’intégrant dans le trafic animal pour dénoncer les crimes envers les animaux. Il en a fait un livre et ses photos ont été exposées à Paris.
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Crimes contre l’animalité


Fanny Arlandis

Patrick Brown a commencé à travailler sur le commerce illégal d’animaux en 2001-2002 pour un premier livre avec Ben Davis intitulé «Black Market» (marché noir). Ce photographe a continué à travailler sur cette thématique jusqu’en 2014.

«Nous devions mettre une limite géographique à notre travail et nous avons choisi le continent asiatique, raconte Patrick Brown. J’ai trouvé fascinant de découvrir que tout était connecté, la Thaïlande avec les montagnes indonésiennes, la Birmanie avec Hong Kong etc. Le continent n’est qu’un gigantesque réseau.»

Son travail, dont est issu le livre «Trading to Extinction», a été exposé à la galerie Fait & Cause à Paris,

«Cette image, prise en 1999, est la plus importante de ma carrière. C’est la toute première que j'ai faite en Birmanie. On y voit la Birmanie à gauche et la Thaïlande à droite, au milieu passe la rivière Salawin. C’est là que ma fascination pour la jungle et la nature a commencé –qui donnera naissance au projet. À cette époque, la vie sauvage était abondante, vibrante et l’écosystème sain. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.»

La rivière Salawin divise le nord de la Thaïlande et la Birmanie. Thaïlande 2001. | Patrick Brown

«Cette image, prise en 1999, est la plus importante de ma carrière. C’est la toute première que j’ai faite en Birmanie. On y voit la Birmanie à gauche et la Thaïlande à droite, au milieu passe la rivière Salawin. C’est là que ma fascination pour la jungle et la nature a commencé –qui donnera naissance au projet. À cette époque, la vie sauvage était abondante, vibrante et l’écosystème sain. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.»

«J’ai mis un peu de temps à gagner la confiance des gens de cette ferme aux ours. La négociation a tourné à mon avantage quand je leur ai dit que j’avais une grosse cicatrice sur l'estomac et que je souhaitais utiliser cette bile afin de me soigner. Certains pays d’Asie comme le Vietnam, la Chine, la Corée ou Taiwan utilisent la bile d’ours pour guérir le rhume ou même le sida –sans résultat. Ils ont fini par accepter ma requête. Internet n’était pas encore très développé: je pense qu’aujourd’hui il serait impossible de faire une image aussi choquante.»

Après avoir été tranquillisé, un ours est sorti de sa cage puis placé sur un chariot pour extraire la bile de sa vésicule. Vietnam, 2003. | Patrick Brown

«J’ai mis un peu de temps à gagner la confiance des gens de cette ferme aux ours. La négociation a tourné à mon avantage quand je leur ai dit que j’avais une grosse cicatrice sur l’estomac et que je souhaitais utiliser cette bile afin de me soigner. Certains pays d’Asie comme le Vietnam, la Chine, la Corée ou Taiwan utilisent la bile d’ours pour guérir le rhume ou même le sida –sans résultat. Ils ont fini par accepter ma requête. Internet n’était pas encore très développé: je pense qu’aujourd’hui il serait impossible de faire une image aussi choquante.»

«L’homme au centre boit du sang de serpent dans un restaurant de viande de reptile à Hanoï. Il n’était pas content quand j’ai pris la photo. Mais plutôt parce qu'il la considérait comme une atteinte à sa vie privée qu'à cause de l’enregistrement de son geste. Car cette pratique n’est pas un crime au Vietnam. Les personnes qui consomment cet animal sont convaincues que ses organes renforcent leur pouvoir et qu'ils possèdent des qualités aphrodisiaques.»

Des amis trinquent en buvant du sang de serpent. Vietnam 2004. | Patrick Brown

«L’homme au centre boit du sang de serpent dans un restaurant de viande de reptile à Hanoï. Il n’était pas content quand j’ai pris la photo. Mais plutôt parce qu’il la considérait comme une atteinte à sa vie privée qu’à cause de l’enregistrement de son geste. Car cette pratique n’est pas un crime au Vietnam. Les personnes qui consomment cet animal sont convaincues que ses organes renforcent leur pouvoir et qu’ils possèdent des qualités aphrodisiaques.»

«Cette image, profondément triste, en dit beaucoup sur le ressenti des êtres humains confrontés au royaume animal. Sur cette photo, l’homme espère une interaction avec la créature. Il souhaite qu’elle saute, grogne ou s’énerve. Il brandit son parapluie à ces fins. On imagine aisément que sans cette barrière, le léopard aurait déjà tué l'homme. Cette image peut se lire à la fois du points de vue de l’homme et de celui de l’animal. C’est une de mes clichés les plus représentatifs de la confrontation de ces deux univers.»

Le zoo de Kolkata, un établissement centenaire en mauvais état. Inde 2004. | Patrick Brown

«Cette image, profondément triste, en dit beaucoup sur le ressenti des êtres humains confrontés au royaume animal. Sur cette photo, l’homme espère une interaction avec la créature. Il souhaite qu’elle saute, grogne ou s’énerve. Il brandit son parapluie à ces fins. On imagine aisément que sans cette barrière, le léopard aurait déjà tué l’homme. Cette image peut se lire à la fois du points de vue de l’homme et de celui de l’animal. C’est une de mes clichés les plus représentatifs de la confrontation de ces deux univers.»

«Cette photo a été prise lors de l'interception d'une cargaison de pangolins à l'aéroport Don Muang de Bangkok lors d'une opération de répression du trafic d'espèces sauvages. Les pangolins sont considérés comme un mets délicat en Chine et dans d'autres pays et sont appréciés pour leur utilisation en médecine traditionnelle. Ils partaient en direction du Laos avant d'être transportés par la terre au Vietnam. À 2 heures du matin, mon fixeur m’a appelé pour me dire de venir à l’aéroport le plus vite possible. Quand je suis arrivé, il y avait entre soixante et quatre-vingts boîtes et l’un des pangolins a été sorti pour être exposé aux médias locaux.»

Interception d’une cargaison de pangolins à l’aéroport Don Muang de Bangkok. La cargaison était censée contenir des tortues. Thaïlande, 2003. | Patrick Brown

«Cette photo a été prise lors de l’interception d’une cargaison de pangolins à l’aéroport Don Muang de Bangkok lors d’une opération de répression du trafic d’espèces sauvages. Les pangolins sont considérés comme un mets délicat en Chine et dans d’autres pays et sont appréciés pour leur utilisation en médecine traditionnelle. Ils partaient en direction du Laos avant d’être transportés par la terre au Vietnam. À 2 heures du matin, mon fixeur m’a appelé pour me dire de venir à l’aéroport le plus vite possible. Quand je suis arrivé, il y avait entre soixante et quatre-vingts boîtes et l’un des pangolins a été sorti pour être exposé aux médias locaux.»

«J’ai été invité à Scotland Yard. Un officier m’a accueilli pour me montrer leurs prises. Il a sorti cette tête de tigre empaillée. Je trouvais cette image d’une tête posée à côté d’un téléphone sur un bureau très perturbante. J’ai choisi de couper la tête de l’officier (dont je n’avais de toute façon pas le droit de montrer le visage) pour contrebalancer ce tigre décapité.»

Un officier de police de Scotland Yard montre une tête de tigre saisie lors d’une rafle à Londres. Angleterre, 2003. | Patrick Brown

«J’ai été invité à Scotland Yard. Un officier m’a accueilli pour me montrer leurs prises. Il a sorti cette tête de tigre empaillée. Je trouvais cette image d’une tête posée à côté d’un téléphone sur un bureau très perturbante. J’ai choisi de couper la tête de l’officier (dont je n’avais de toute façon pas le droit de montrer le visage) pour contrebalancer ce tigre décapité.»

«On ne le voit pas mais à l’extérieur de l’image un homme excite les serpents pour les rendre agressifs. La famille attablée choisit celui qu'elle veut manger. Le cœur, le sang et la bile seront prélevés et consommés car la croyance populaire veut qu'ils augmentent la libido.»

Un serpent est présenté à un groupe de client·es dans un restaurant près de Hanoï. Vietnam 2004. | Patrick Brown

«On ne le voit pas mais à l’extérieur de l’image un homme excite les serpents pour les rendre agressifs. La famille attablée choisit celui qu’elle veut manger. Le cœur, le sang et la bile seront prélevés et consommés car la croyance populaire veut qu’ils augmentent la libido.»

«Quand j’ai pris cette photo au Népal, je ne me suis pas rendu compte qu’elle serait l’image principale de mon travail. Elle dit tout du commerce illégal et de la violence des êtres humains envers les animaux. Cet éléphant était enchaîné par les pattes, au milieu d’une environnement dénudé, composé uniquement de branches éparses. C’était le plus grand que j’ai jamais vu et il avait 50 ans. J’ai appris plus tard qu’il était enchaîné parce qu'il avait tué cinq cornacs (maîtres) au cours de sa vie.»

Un grand éléphant est assis les pattes enchaînées dans le Parc National de Chitwan. Népal 2003. | Patrick Brown

«Quand j’ai pris cette photo au Népal, je ne me suis pas rendu compte qu’elle serait l’image principale de mon travail. Elle dit tout du commerce illégal et de la violence des êtres humains envers les animaux. Cet éléphant était enchaîné par les pattes, au milieu d’une environnement dénudé, composé uniquement de branches éparses. C’était le plus grand que j’ai jamais vu et il avait 50 ans. J’ai appris plus tard qu’il était enchaîné parce qu’il avait tué cinq cornacs (maîtres) au cours de sa vie.»

«J’ai pris cette photo au Bokor National Park au Cambodge. J’étais avec une patrouille lors d’une opération pour trouver des braconniers. Cet homme a été arrêté et ce panneau accroché à son cou avec son nom, son âge, la nature et la date de son crime m’a fait penser aux années noires du pays quand les Khmers Rouges ont pris le pouvoir. L’expression de son visage montre ostensiblement qu’il se sait protégé par des businessmen très puissants qui payeront pour sa libération. Aujourd’hui, heureusement, les choses sont différentes.»

Un braconnier menotté est photographié avec une planche portant les détails de son nom, son âge, la nature et la date de son crime. Cambodge 2002. | Patrick Brown

«J’ai pris cette photo au Bokor National Park au Cambodge. J’étais avec une patrouille lors d’une opération pour trouver des braconniers. Cet homme a été arrêté et ce panneau accroché à son cou avec son nom, son âge, la nature et la date de son crime m’a fait penser aux années noires du pays quand les Khmers Rouges ont pris le pouvoir. L’expression de son visage montre ostensiblement qu’il se sait protégé par des businessmen très puissants qui payeront pour sa libération. Aujourd’hui, heureusement, les choses sont différentes.»

«Ce magasin hors de prix se situe dans un quartier très connu de Bangkok dans lequel on trouve des antiquités venant de toute l’Asie. Pour moi, cette image montre la richesse que les être humains sont prêts à dépenser pour acquérir ces produits animaux. J’ai pensé sincèrement que mon travail aurait un impact. Ce fut le cas, dans une certaine mesure. Mais l’intensité avec laquelle l’environnement et les animaux sauvages sont violés par l’humanité n’a cessé d’augmenter. Nous devrions pourtant nous souvenir que nous faisons partie du royaume animal et vivre en harmonie avec lui.»

Des vendeurs enlèvent une défense d’éléphant exposée dans un centre commercial populaire de Bangkok. Thaïlande 2004. | Patrick Brown

«Ce magasin hors de prix se situe dans un quartier très connu de Bangkok dans lequel on trouve des antiquités venant de toute l’Asie. Pour moi, cette image montre la richesse que les être humains sont prêts à dépenser pour acquérir ces produits animaux. J’ai pensé sincèrement que mon travail aurait un impact. Ce fut le cas, dans une certaine mesure. Mais l’intensité avec laquelle l’environnement et les animaux sauvages sont violés par l’humanité n’a cessé d’augmenter. Nous devrions pourtant nous souvenir que nous faisons partie du royaume animal et vivre en harmonie avec lui.»

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Pour Washing­ton, la fonte de l’Arc­tique repré­sente « de nouvelles oppor­tu­ni­tés commer­ciales »


Donald Trump voit une grande opportunité commerciale ainsi que l’extraction de pétrole, uranium, or, diamant et autres avec la fonte des glaces en Arctique. C’est plutôt inquiétant cette stupidité extrême d’aller exploiter une zone fragile au détriment des autochtones qui y vivent.
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Pour Washing­ton, la fonte de l’Arc­tique repré­sente « de nouvelles oppor­tu­ni­tés commer­ciales »

Crédits : Willian Justen de Vascon­cel­los


par  Malaurie Chokoualé

Alors même que les aver­tis­se­ments sur les effets catas­tro­phiques du réchauf­fe­ment clima­tique n’ont jamais été aussi pres­sants, le secré­taire d’État améri­cain Mike Pompeo s’est permis une sortie aber­rante lors d’un discours prononcé lundi 6 mai 2019 à Rova­niemi, en Finlande.

Il s’est réjoui des « nouvelles oppor­tu­ni­tés commer­ciales » qu’offre la fonte des glaces de la région arctique, rapporte CNN.

Il a égale­ment assuré que le président Donald Trump était « déter­miné à exploi­ter les ressources de manière écolo­gique­ment respon­sable ».

Le secré­taire d’État a expliqué que la dispa­ri­tion de la glace pour­rait réduire de vingt jours le temps néces­saire pour voya­ger d’Est en Ouest.

« Les voies mari­times de l’Arc­tique pour­raient deve­nir les canaux de Suez et de Panama du XXIe siècle », a souli­gné Pompeo. « L’Arc­tique est à la pointe des  oppor­tu­ni­tés et de l’abon­dance car [cette région] contient 13 % du pétrole non décou­vert dans le monde, 30 % de son gaz non décou­vert, une abon­dance d’ura­nium, de miné­raux de terres rares, d’or, de diamants, et des millions de km² de ressources inex­ploi­tées et de pêche à profu­sion. »

Selon un nouveau rapport du Natio­nal Snow and Ice Data Center (NSIDC) – centre d’in­for­ma­tion et de réfé­rence des États-Unis à l’ap­pui de la recherche polaire –, le mois d’avril 2019 a enre­gis­tré des éten­dues de glace extra­or­di­nai­re­ment basses en Arctique, avec 230 000 km2 de moins qu’en avril 2018. Il pointe égale­ment que la glace vieille de quatre ans ou plus ne repré­sen­tait désor­mais plus qu’1,2 % de la couver­ture de glace.

Source : CNN

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Le Saviez-Vous ► Les sanctions économiques ne marchent qu’un temps, le Moyen Âge nous l’apprend


Si on se fit à l’histoire au Moyen Âge en Europe, les sanctions économiques annoncées par le président américain font mal, mais cela ne pourras pas durer longtemps. Car pendant ce temps, il n’y a pas de possibilité commerce rentable au-delà des frontières pour les USA.
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Les sanctions économiques ne marchent qu’un temps, le Moyen Âge nous l’apprend

 

Enluminure extraire de «Voyage en la terre d’Outremer» de Bertrandon de la Broquière. Jean Le Tavernier, enlumineur, Audenarde, après 1455. | Via BNF.

Enluminure extraire de «Voyage en la terre d’Outremer» de Bertrandon de la Broquière. Jean Le Tavernier, enlumineur, Audenarde, après 1455. | Via BNF.

Tobias Boestad et Nonfiction

Au XIVe siècle, les villes hanséatiques mettent en place un ensemble de sanctions économiques drastiques contre Bruges. Avec succès… dans un premier temps.

«Guerre économique»: en quelques jours, le président américain Donald Trump a annoncé l’entrée en vigueur des sanctions économiques contre le régime iranien, le renforcement de celles contre la Russie, puis contre la Chine. Les réticences européennes laissent toutefois planer des doutes sur l’efficacité de semblables mesures qui, à force, risquent de se retourner contre qui en abuse. À la fin du Moyen Âge, les villes de la Hanse allemande en ont fait l’expérience.

Bruges et les «villes de la Hanse allemande»

La scène se passe au milieu du XIVe siècle, à Bruges. La ville, alors à son apogée, est le plus important marché d’Europe du Nord. Elle dispose d’un droit d’étape, c’est-à-dire que les marchands sont obligés d’y faire halte quelques jours et d’y payer des taxes avant de pouvoir poursuivre vers l’est ou vers l’ouest. On y trouve donc des Allemands, des Anglais, mais aussi des Français, des Espagnols, des Provençaux ou encore des Italiens. La concurrence y est féroce.

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Non, Monsieur, la maison ne fait PAS crédit.| Miniature extraite d’un manuscrit du Chevalier errant de Thomas III de Saluces. BNF via Wikimedia commons.

Les plaintes des marchands allemands à Bruges s’accumulent: ils accusent les officiers de la ville de ne pas tenir compte de leurs «privilèges» (en gros, les prérogatives et droits particuliers qui leur avaient théoriquement été garantis par contrat). Les Hanséates reprochent aux Flamands toutes sortes de lenteurs, de taxes indues et d’arrestations arbitraires. P

Préoccupées par «l’injustice et les nombreux obstacles imposés en Flandre aux marchands d’Allemagne et de la Hanse allemande», les villes allemandes préparent alors une contre-attaque.

Le but: étouffer l’économie de la ville jusqu’à ce qu’elle accepte de se plier aux conditions des Hanséates.

Réunies à Lübeck le 20 janvier 1358, les «villes de la Hanse allemande» –qui se servent de ce titre pour la première fois– mettent en place un ensemble de sanctions économiques drastiques: aucun marchand allemand ne doit se rendre en Flandre jusqu’à nouvel ordre; ceux qui s’y trouvent doivent vider les lieux; nul ne doit commercer avec des Flamands ou acheter leurs draps– où que ce soit et à qui que ce soit. Quiconque violerait l’embargo serait exclu de la Hanse, et une amende est même prévue pour quiconque traiterait avec des contrebandiers de ce genre.

Banc! Privée des blés de Prusse, Bruges est au bord de la famine, ravagée par la peste. En 1360, le comte de Flandre doit céder et les nouveaux privilèges qu’il concède aux Hanséates surpassent largement leurs prérogatives antérieures.

Mobiliser et coordonner

Dans les siècles qui suivent, l’embargo devient l’arme par excellence des villes hanséatiques, mais son efficacité est inégale et tend même à s’éroder avec le temps.

Le terme de «sanctions économiques» donne l’impression qu’il n’y a qu’un seul perdant, et qu’il l’a bien mérité. Or c’est faux, l’arme est à double tranchant: en sanctionnant, on se sanctionne, car on se prive de débouchés économiques potentiellement fructueux.

Aussi les mesures se heurtent-elles inévitablement au problème de la mobilisation: pour qu’un embargo soit efficace, tout le monde doit jouer le jeu. Cela se traduit par des menaces répétées à l’encontre des fraudeurs, d’autant qu’en l’absence de concurrence, le marchand qui ose braver l’interdiction a toutes les chances de vendre ses marchandises à très bon prix… En 1358, le Brêmois Tidemann Nanning est accusé d’avoir ignoré l’embargo contre la Flandre. La ville de Brême semblant traîner des pieds pour le sanctionner, tous les marchands de Brême sont instantanément exclus du bénéfice des privilèges de la Hanse, et ce jusqu’à ce qu’elle accepte, enfin, de punir le contrevenant, en le condamnant à mort. Si l’on en croit la chronique de la ville de Brême, la version officielle veut que le marchand, toujours à l’étranger, ait été secrètement prévenu par ses proches et ne se soit pas risqué à revenir.

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Le Prévôt des marchands et les échevins de la ville de Paris. tableau de Georges Lallemant, 1611, musée Carnavalet. | Wikimedia commons.

S’il n’est pas toujours aisé de punir un particulier, la situation se complique encore quand ce sont les villes qui refusent de jouer le jeu. Celles de la Hanse allemande s’échelonnent des Pays-Bas à l’Estonie, autant vous dire qu’il n’est pas toujours facile de s’entendre sur des intérêts économiques communs. Pour susciter l’adhésion, exceptions et compromis sont souvent de mise. En 1405, la morue de Norvège est la seule marchandise non concernée par l’embargo général contre l’Angleterre. Or, c’est le fonds de commerce de l’élite lubeckoise… Coïncidence? I think not…

Qui va à la chasse… perd sa place!

Pendant l’absence des «sanctionneurs», la concurrence fait son beurre, et au cours du XVe siècle, les Hanséates doivent composer avec celle, toujours plus féroce, des marchands anglais et hollandais. Leur marge de manœuvre s’en trouve progressivement diminuée, car quitter le marché dans ces conditions, même momentanément, c’est en offrir les clés aux nouveaux venus. Devenus remplaçables, les Hanséates eux-mêmes ne sont plus à l’abri de sanctions, comme en Angleterre où les rois monnaient de plus en plus cher le renouvellement de leurs privilèges commerciaux à partir de la seconde moitié du XVe siècle.

À cette époque, princes et monarques ont le vent en poupe et se taillent des ensembles territoriaux d’une ampleur inédite. Au siècle précédent, les Hanséates pouvaient encore transférer leur comptoir brugeois d’une ville flamande à une autre pendant la durée du conflit; en 1451, ils doivent composer avec le puissant duc de Bourgogne Philippe le Bon, qui contrôle alors l’essentiel de la Flandre et des Pays-Bas. Comme le montrent les délibérations internes, il est devenu difficile de faire pression efficacement dans ces conditions, et si les villes hanséatiques maintiennent malgré tout leur embargo pendant six ans, son efficacité et sa popularité demeurent cette fois limitées.

Les «sanctions économiques» ne sont pas une solution miracle: elles dépendent des rapports de force et de la capacité de les mettre en œuvre pour faire plier rapidement leur cible. En tout cas, croyez-en l’expérience des consuls de Lübeck: comme «stratégie à long terme», ça ne marche pas trop

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Pour aller plus loin

– Nils Jörn, Werner Paravicini, Horst Wernicke (dir.), Hansekaufleute in Brügge Teil IV: Beiträge der Internationalen Tagung in Brügge April 1996, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 2000.

– Jacques Paviot, Bruges 1300-1500, Paris, Autrement, 2002.

– Gisela Graichen, Rolf Hammel-Kiesow, Die Deutsche Hanse. Eine heimliche Supermacht, Hambourg, 2011.

– Donald J. Harreld (dir.), A Companion to the Hanseatic League, Leiden/Boston, Brill, 2015.

– Ulf Christian Ewert, Stephan Selzer, Institutions of Hanseatic Trade. Studies on the Political Economy of a Medieval Network Organisation, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 2016.

http://www.slate.fr/

Le Saviez-Vous ► Il y a cinq siècles avait lieu le premier voyage esclavagiste entre l’Afrique et l’Amérique.


L’esclavage a commencé bien avant 1518, mais cette année-là, les esclaves noirs, et même arabes on traverser les mers pour se rendre aux Amérique. Avec le Nouveau-Monde, il eut un manque de main-d’oeuvres. Pendant toutes ces années de ce commerce, plus de 10 millions d’Africains ont été transporter entre l’Europe et en Amérique dont près de millions d’esclaves sont mort avant d’arriver à leur destination.Malheureusement, malgré ces horreurs, l’esclavage, la traite humaine existe encore sous diverses formes.
Nuage
 

 

Il y a cinq siècles avait lieu le premier voyage esclavagiste entre l’Afrique et l’Amérique.

 

Cap 110 - Mémorial à l'esclavage | Gaël Chardon via Flickr CC License by

Cap 110 – Mémorial à l’esclavage | Gaël Chardon via Flickr CC License by

Repéré par Christophe-Cécil Garnier

Jusqu’en 1518, les esclaves africains étaient amenés jusqu’en Espagne ou au Portugal, avant d’être envoyés dans les Caraïbes.

 

Repéré sur The Independent

C’était il y a exactement 500 ans. Le 18 août 1518, ou 28 août s’ils avaient utilisé notre calendrier grégorien, le roi d’Espagne Charles I publiait une charte autorisant directement le transport d’esclaves de l’Afrique aux Amériques. Jusqu’à ce moment, ils étaient d’abord amenés en Europe méridionale.

Dans cette charte, le roi d’Espagne donne à Lorenzo de Gorrevod, un de ses principaux conseillers, la permission de transporter «quatre mille esclaves nègres, hommes comme femmes», sur les différents territoires découverts du continent américain. Cette décision de créer une ligne directe et «économiquement plus viable» a fondamentalement changé la nature et l’ampleur de cette terrible industrie, estime le quotidien anglais The Independent. Sur les 350 années suivantes, plus de dix millions d’Africains furent transportés entre les deux continents. Au moins 1,8 million moururent en route.

«Les découvertes que nous avons faites transforment notre compréhension des débuts de la traite négrière transatlantique. Remarquablement, jusqu’à présent, il s’agissait d’un domaine peu étudié», a déclaré le professeur David Wheat, de l’Université du Michigan, un historien qui a été étroitement impliqué dans les récentes recherches.

«La plupart des historiens et autres n’ont pas vraiment compris l’importance de l’avènement du commerce transatlantique des esclaves en août 1518», a renchérit le professeur David Richardson, de l’Institut Wilberforce de l’Université de Hull.

La traite négrière a pourtant été une catastrophe pour l’Afrique, note l’Independent.

«La traite des esclaves arabes avait déjà eu un impact terrible sur le continent – mais la demande européenne de cette main-d’œuvre dans leurs empires embryonnaires du Nouveau Monde a considérablement aggravé la situation», indique le quotidien. Les Européens, comme les Espagnols ou les Portugais, ont massivement augmenté la demande et ont finalement déclenché toute une série «de terribles guerres tribales intra-africaines».

The Independent conclut que «les gouvernements et les organisations du monde entier ont eu tendance à favoriser la commémoration des révoltes d’esclaves et des mouvements abolitionnistes, qui ont contribué à mettre fin à la traite des esclaves, plutôt que l’histoire plus lointaine et politiquement moins confortable de la façon dont cela a commencé».

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Aliments de dépanneur: troquer les jujubes contre des fruits


Dans mon coin du monde, il y a les petits dépanneurs qui vendent surtout des bonbons, chocolats, cigarettes, journaux, quelques denrées non-périssables pour dépanner, ainsi que des produits laitiers, boissons gazeuse, bières, etc. Et il y a les plus gros dépanneurs et poste d’essence qui vendent beaucoup plus. Ce sont surtout ceux-là qui peuvent vendre des denrées plus santé, mais la malbouffe est vraiment difficile à combattre.
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Aliments de dépanneur: troquer les jujubes contre des fruits

 

IGA Express fait figure d'ovni dans ce paysage... (Photo Robert Skinner, La Presse)

IGA Express fait figure d’ovni dans ce paysage de camelote alimentaire. La chaîne mise sur les produits frais et santé.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

 

ÉMILIE BILODEAU
La Presse

Trouver des aliments santé lorsqu’on s’arrête au dépanneur, ce n’est pas une mince affaire. Même si ces commerces offrent peu à peu des produits plus sains, les consommateurs devront changer leurs habitudes. Pas si évident dans un milieu qu’on associe presque toujours aux croustilles et aux friandises.

Lorsqu’on pense aux aliments vendus dans les dépanneurs, les chips et les tablettes de chocolat viennent spontanément en tête. Certains endroits, comme les 600 Couche-Tard de la province, proposent également de la pizza, des sous-marins, des hamburgers et des hot-dogs. Ces options de repas, aux qualités nutritives discutables, fonctionnent bien, même très bien, selon Karine Grandmont, gestionnaire marketing chez Couche-Tard.

«On ne sait pas si c’est le fait qu’on est un dépanneur, mais le virage santé est plus lent dans notre milieu. Notre offre de produits est élaborée selon la demande de nos clients et, pour le moment, on ne sent pas vraiment qu’il y a un intérêt pour ce genre d’aliments», précise-t-elle.

Les Couche-Tard ne vendent pas seulement de la malbouffe. Pour qui veut bien manger, il y a des oeufs cuits durs, des noix, des smoothies et du fromage. Plus récemment, les magasins ont ajouté du houmous, des yogourts granolas et des crudités à leur offre alimentaire. Le pain blanc de quelques sandwichs a aussi été changé pour du pain multigrains.

Mme Grandmont admet que l’offre d’aliments sains est encore mince et qu’il y aurait moyen de faire mieux… si les consommateurs en manifestaient le désir.

Dans la région de Québec, une dizaine d’organismes ont mobilisé quatre dépanneurs dans un projet-pilote visant à promouvoir des aliments santé. Les nutritionnistes du projet Aliments sains ici ont réalisé que les commerces offraient déjà des options saines, mais qu’elles étaient peu mises en valeur. En offrant de la visibilité à ces aliments, ils ont constaté que beaucoup de clients continuaient à les bouder.

«Même si on avait identifié les choix santé, les gens qui venaient au dépanneur pour payer leur essence et acheter un sac de chips voyaient rarement nos affiches promotionnelles. Changer des comportements de consommateur, ça prend du temps», Pascale Chaumette, nutritionniste à la Direction de santé publique.

Dans le cadre du projet, Mme Chaumette et ses collègues ont réalisé que les clients qui disaient vouloir bien manger avaient de la difficulté à passer de la parole aux actes.

«Nous avons sondé les élèves d’une école secondaire pour savoir quels aliments ils voulaient retrouver au dépanneur du coin. Ils avaient plein de bonnes idées comme des sushis, des fruits, des légumes, des sandwichs. Quand on a changé l’offre alimentaire, les jeunes ont quand même continué à acheter du chocolat, des croustilles et des bonbons.»

Notons que les résidants du voisinage ont aimé cette nouvelle offre alimentaire et le dépanneur a décidé de conserver les collations et repas santé.

Question de rentabilité

Jacques Nantel, expert du commerce au détail à HEC Montréal, rappelle que plusieurs petits dépanneurs indépendants peinent à être rentables. En troquant les jujubes contre des fruits, les risques pour ces propriétaires de magasins sont grands.

Les loyers des dépanneurs de grandes chaînes sont très élevés, ajoute-t-il. Pour compenser, les commerces misent sur des aliments qui offrent une grande marge de profit… comme les arachides et les boissons gazeuses.

«Un dépanneur se trouve souvent dans un endroit qui coûte cher, comme une bretelle d’autoroute ou une artère commerciale. Les administrateurs veulent rentabiliser leurs pieds carrés», explique M. Nantel.

«Mais en rentrant des aliments périssables comme des fruits et des légumes, la marge nette se voit considérablement réduite.»

IGA Express fait figure d’ovni dans ce paysage de camelote alimentaire. Les plateaux de thon, pita et concombre, les duos de fraises et ananas ou encore les assiettes de fruits séchés, de noix et de raisins ne sont pas cachés dans un recoin de l’une des 20 succursales affiliées à Shell (propriété d’IGA-Sobeys depuis 2011). Au contraire, la chaîne mise sur les produits frais et santé.

Luc Blais, vice-président national, dépanneurs et postes d’essence chez Sobeys, est d’avis que l’industrie n’a d’autre choix que d’entamer ce virage santé, une tendance déjà remarquée aux États-Unis. Pour y arriver, il explique que les IGA Express peuvent compter sur le réseau de distribution des épiceries IGA et aussi sur un logiciel qui permet de mieux analyser les aliments les plus populaires, un outil inestimable lorsqu’on travaille avec des denrées périssables.

«Un des défis, c’est d’optimiser nos heures en magasin pour que le modèle tienne la route économiquement. Dans un dépanneur traditionnel, on retrouve souvent un caissier qui place aussi la marchandise. Si vous rentrez chez IGA Express, vous allez trouver au moins six personnes pour la caisse, pour placer la marchandise et pour cuisiner les aliments.»

Ça coûte plus cher à exploiter, dit M. Blais. Mais ça vaut amplement la peine pour la clientèle grandissante.

http://www.lapresse.ca