Les changements climatiques influencent le climat du Québec et l’intensité des inondations


Le climat au Québec est devenu plus difficile à prévoir à cause des changements climatiques. Avec l’hiver et le printemps tardif, nous sommes encore en mode inondation. Il semble que nous en verrions de plus en plus et malheureusement, le milieu urbain n’a jamais vraiment tenue compte des zones à risques. Cette année à cause des grandes accumulations de neige, le gel, la terre n’a pas eu le temps de dégeler et n’absorbent pas l’eau accumulée comme il le devrait et nous avons un peu partout des inondations. Nous avons négligé les alertes depuis des dizaines d’années, maintenant nous en subissons les conséquences.
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Les changements climatiques influencent le climat du Québec et l’intensité des inondations

 

Un homme marche avec de l'eau jusqu'à la taille dans une rue résidentielle. Un panneau d'arrêt se dresse hors des eaux devant une maison.

Plusieurs régions du Québec, dont Sainte-Marie, sont touchées par d’importantes inondations. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Jean-Philippe Guilbault

Les changements climatiques, en exacerbant la variabilité extrême de la météo de la province, auraient favorisé les nouvelles inondations qui frappent le Québec cette année – en plus de celles vécues en 2017 –, estime un expert.

Depuis samedi matin, plusieurs régions du Québec sont à nouveau aux prises avec d’importantes crues, faisant craindre le pire aux autorités provinciales et municipales.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce nouvel épisode d’inondations qui diffère de celui vécu en 2017, selon Philippe Gachon, professeur d’hydroclimatologie à l’Université du Québec à Montréal.

« Cette année, c’est particulier : on a un contexte global de réchauffement et on a eu cet hiver un cocktail météo de toute sorte, explique M. Gachon. Il y a beaucoup de glace qui s’est accumulée dans les lacs et les rivières, beaucoup de neige jusqu’à tout récemment. On a eu un printemps qui est plus tardif qu’en 2017, et cette neige-là est en train de fondre, et ce qui est différent, c’est que le sol est encore gelé de façon très profonde. »

Ainsi, le printemps plus tardif qu’en 2017 amène des températures plus chaudes très rapidement sans que le sol soit apte à absorber les quantités d’eau libérées.

Pour M. Gachon, c’est que le contexte météo du Québec est déjà naturellement instable et imprévisible, et que le contexte global de réchauffement planétaire ne fait qu’amplifier ces variations de température.

« On est dans une région qui est particulièrement sensible, selon M. Gachon. Qui dit réchauffement ou refroidissement, dit perturbation du cycle hydrologique! »

Le professeur tient également à rappeler que le réchauffement planétaire ne se fait pas « de manière uniforme »

Ce n’est pas parce qu’on est dans des périodes qui globalement se réchauffent, qu’on ne peut pas connaître des hivers plus froids que d’habitude. Philippe Gachon, professeur au Département de géographie de l’UQAM

Selon un avis des experts d’Ouranos(Nouvelle fenêtre), le Consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques, « la récurrence et l’intensité des différents types d’inondations seront également influencées par les changements climatiques […]. Il n’est donc plus suffisant de s’appuyer sur les statistiques historiques et l’expérience passée pour quantifier les risques futurs. »

Urbanisme problématique

 

Une rue inondée

La rue Cousineau dans Ahuntsic-Cartierville a été inondée en 2017. Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Tout comme son homologue à l’Université Concordia, Pascale Biron, Philippe Gachon estime que le développement urbain en zones à risque vient compliquer encore plus le travail de prévention.

« On s’est construits, on s’est exposés dans des endroits qui naturellement sont affectés par les variations du niveau de l’eau », résume M. Gachon.

Le chercheur ajoute que la dépendance des municipalités aux revenus issus de la taxe foncière les motive à favoriser le développement immobilier à tout prix – parfois en construisant dans des zones potentiellement à risque.

Pour mieux analyser les risques posés par les multiples inondations, le Réseau inondations intersectorielles du Québec (RIISQ) a été lancé lundi dernier.

Philippe Gachon, qui en est d’ailleurs le directeur, a été surpris par l’absence de représentants des autorités publiques à cet événement malgré des invitations lancées à six ministères provinciaux et fédéraux.

« Personne n’est venu, soit parce qu’il n’y a pas d’intérêt, soit parce qu’ils n’avaient pas les agendas leur permettant de se présenter », se désole le chercheur, qui estime pourtant que « tout le monde savait lundi […] que les inondations s’en venaient ».

Une rue inondée

La montée des eaux a forcé la fermeture de la 173 dans le centre-ville de Beauceville. Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Or, les décideurs publics ont tout intérêt à porter attention à la recherche qui se fait autour de la question des inondations, estime M. Gachon.

« 40 % des catastrophes naturelles au Canada sont des inondations, mais elles coûtent à elles seules 75 % des accords d’aide financière que le fédéral accorde aux provinces », rappelle le professeur.

On doit partager ces frais-là, parce que le gouvernement ne pourra plus continuer à payer les déménagements et, publiquement, on n’en aura plus les moyens. Philippe Gachon

Les coûts élevés des inondations s’expliquent en partie par le fait que le Canada est « le seul pays du G8 à ne pas avoir de couverture d’assurance privée dans le cas des inondations », selon M. Gachon.

« Les assureurs au Canada n’ont pas pris ce marché-là tout simplement parce que les cartes de risque d’inondation [des municipalités et villes] ne sont pas à jour, explique-t-il. Elles ont été faites au Québec la plupart du temps il y a 25 ans et n’ont pas été mises à jour, et à l’époque, on ne tenait pas compte des changements climatiques. »

Les experts d’Ouranos abondent dans le même sens : « La cartographie doit dorénavant être dynamique afin de considérer l’évolution temporelle du risque, notamment avec les changements climatiques. »

Des solutions existent déjà ailleurs dans le monde, mais la priorité du Québec demeure de passer d’un mode réactif à un mode proactif.

« Comment ça se fait qu’on sait qu’il y a de la neige partout sur le territoire et qu’on attend que l’événement se produise pour faire venir l’armée? se questionne M. Gachon. L’armée est présente à Winnipeg depuis plus de trois semaines pour aider les gens à préparer des sacs de sable. »

La France, l’Angleterre, les Pays-Bas et les États-Unis seraient des modèles à suivre pour le Québec en matière de coordination entre les gouvernements et les pôles de recherche pour innover dans la manière de prévenir les crises climatiques.

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Non, les scientifiques ne croyaient pas qu’il n’y aurait plus de neige au Québec en 2000


Je ne l’ai pas vue sur Facebook, mais un article tiré d’un journal québécois en 1983 a été utilisé pour discréditer les pronostics des changements climatiques. Le journaliste qui avait choisit ce titre voulait peut-être attirer l’oeil plus qu’autre chose. En fait, rien ne dis dans l’article de cette époque, qu’il n’aurait plus de neige en 2000.
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Non, les scientifiques ne croyaient pas qu’il n’y aurait plus de neige au Québec en 2000

Nous voyons un article de journal intitulé «Si la prédiction des scientifiques américains se révélait véridique... en l'an 2000, la neige ne serait pour nous qu'un souvenir!»

Le titre a beaucoup fait réagir les internautes. Photo: Capture d’écran – Journal de Québec

Jeff Yates

Une photo d’un article de 1983 suggérant que les scientifiques croyaient à l’époque qu’il n’y aurait plus de neige au Québec en 2000 circule sur les réseaux sociaux. On l’utilise pour remettre en question la science climatique. Or, lorsqu’on lit l’article, il est évident que le titre alarmiste ne correspond pas du tout au contenu ni aux connaissances scientifiques à l’époque.

Des personnes ont publié sur Facebook une photo d’un article du Journal de Québec datant de 1983 et intitulé Si la prédiction des scientifiques américains se révélait véridique… en l’an 2000, la neige ne serait pour nous qu’un souvenir! Ces personnes ont fait remarquer que c’est loin d’être le cas et qu’il faut donc douter des prévisions climatiques des scientifiques.

« Est-ce qu’un de ces scientifiques pourrait venir cet après-midi déneiger les 6 pieds de neige accumulés sur mon toit? » a lancé, de façon ironique, l’une d’entre elles.

Malheureusement, la photo publiée ne permet pas de lire l’article en question. Une visite aux Archives nationales du Québec nous a permis de le retrouver. Publié le 22 octobre 1983, l’article contient bel et bien ce titre alarmiste. Vous pouvez le consulter ici.

Article du Journal de Québec by Radio-Canada on Scribd

En le lisant, on se rend à l’évidence que le titre ne convient pas tout à fait au contenu. L’auteur de l’article s’appuie sur deux sources d’information : un rapport publié en 1983 par des scientifiques américains et une entrevue avec André Hufty, un climatologue québécois. Le titre contredit ces deux sources d’information.

Un rapport qui ne prédit rien pour 2000

En 1983, l’Environmental Protection Agency (EPA, ou Agence américaine de protection de l’environnement) publiait le rapport Pouvons-nous ralentir le réchauffement climatique (Nouvelle fenêtre), mentionné dans l’article. Ce rapport explorait certaines politiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les auteurs mentionnent que ces gaz pourraient avoir un effet important sur le climat, mais ils ne font pas de prédictions très précises, encore moins pour le climat au Québec.

La seule prédiction spécifique émise par les scientifiques est que le climat pourrait se réchauffer de 2 degrés Celsius d’ici 2040 et de 4 degrés d’ici 2100. Cela ressemble aux prévisions actuelles (Nouvelle fenêtre) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui prévoit un réchauffement de 1,5 degré Celsius entre 2030 et 2052.

Les auteurs du rapport reconnaissent qu’un tel réchauffement s’accompagnerait sans doute d’importants bouleversements climatiques, dont l’augmentation du niveau des océans et un rythme plus important de catastrophes naturelles. Mais l’essentiel du rapport est consacré à l’effet de plusieurs politiques proposées sur les émissions de gaz à effet de serre. Les hivers québécois ne sont pas mentionnés.

L’expert interviewé tempère

André Hufty était climatologue à l’Université Laval lorsque le Journal de Québec l’a interviewé. D’entrée de jeu dans l’article, il tempère la prémisse catastrophique du titre

« Ce ne serait certainement pas ici le paradis ou la Floride, explique-t-il. Il faut comprendre que tout ne se fera pas en une nuit, si ce scénario se joue tel qu’on le prédit. On aura quelques décennies pour le voir venir. »

Nulle part l’article de M. Hufty n’avance que les hivers québécois disparaîtront avant l’an 2000. Ses prévisions sont d’autant plus nuancées.

« En admettant que la température monte de 1,5 à 2 degrés Celsius, nos hivers ici au Québec ressembleront beaucoup plus à ceux que vivent actuellement les habitants de la Nouvelle-Angleterre, aux environs de Boston », souligne-t-il dans l’article.

Nous avons d’ailleurs joint M. Hufty, qui est retraité depuis le début des années 2000. Il reconnaît que les prévisions climatiques sont beaucoup plus fiables à l’échelle de la planète que pour des endroits spécifiques.

« Il est évident que les changements climatiques ont toujours existé, mais l’échelle temporelle se raccourcit. Les prévisions antérieures parlaient de réchauffement global pour toute la Terre et ses effets régionaux sont mal connus, d’où des erreurs de prévisions », nous a-t-il écrit. Il ajoute qu’il n’y a aucun doute que le climat a changé et qu’il continuera à changer.

Rien, que ce soit dans le contenu de l’article, dans le rapport cité ou dans l’entrevue avec M. Hufty, ne permettait au Journal de Québec de titrer en 1983 que les hivers québécois disparaîtraient avant 2000. Il s’agit d’un cas de sensationnalisme journalistique plutôt que d’une erreur scientifique.

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Pourquoi et comment rester à +1,5 °C, selon le rapport du GIEC


À chaque réunion des gouvernements pour l’environnement, peu ou pas du tout n’ont réussit à atteindre leur but pour ralentir la progression des changements climatiques. Maintenant, pour y changer quelque chose, il faudrait beaucoup plus d’argent et plus du double d’effort. Alors, il y aura plus d’immigrés, plus de guerre pour de la nourriture et de l’eau. Et qu’est-ce que les gouvernements font ? Ils s’acharnent sur des problèmes beaucoup moins important ..
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Pourquoi et comment rester à +1,5 °C, selon le rapport du GIEC

 

Selon le rapport, quelque 2400 milliards de dollars d'investissements... (PHOTO Robyn BECK, archives afp)

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Selon le rapport, quelque 2400 milliards de dollars d’investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques – un coût qu’il faut mettre en regard avec celui, bien plus élevé, de l’inaction, soulignent les scientifiques.

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Agence France-Presse
INCHEON

 

À +1,5 °C ou à +2 °C, le monde ne sera pas le même, prévient le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), décrivant des risques accrus pour les espèces comme pour les économies. Voici les grandes conclusions de son « rapport spécial », approuvé samedi par les gouvernements et publié lundi.

Déjà +1 °C et des conséquences

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par l’homme ont déjà fait grimper la température mondiale de 1 °C depuis la Révolution industrielle. « Il est probable » que le réchauffement atteigne 1,5 °C entre 2030 et 2052, s’il garde son rythme actuel.

« Beaucoup de régions » connaissent un réchauffement plus accéléré encore, comme l’Arctique (deux à trois fois plus fort qu’ailleurs).

Le dernier demi-degré engrangé est déjà associé à une recrudescence de phénomènes météorologiques extrêmes.

Les émissions passées et présentes continueront à faire monter les océans, quoi qu’il arrive.

Une augmentation de 1,5° ou de 2°, des effets bien différents

Les différences sont « nettes » entre aujourd’hui, 1,5 et 2. Une augmentation de 2 °C signifierait des vagues de chaleur dans la plupart des régions. Les jours chauds croîtront à peu près partout, en particulier dans les Tropiques – zone sensible, car encore épargnée par les variations. Les précipitations liées aux cyclones gagneront en intensité.

Le niveau des mers, si l’on s’en tient à +1,5 °C, aura gagné 26 à 77 cm d’ici 2100, selon les projections. À +2 °C, ce serait 10 cm de plus, ce qui toucherait jusqu’à 10 millions de personnes supplémentaires.

À long terme, l’instabilité de la calotte antarctique et la perte de celle du Groenland pourraient être déclenchées vers +1,5/2 °C, faisant grimper les mers de plusieurs mètres sur les siècles ou millénaires à venir.

Les répercussions sur les espèces sera moindre à +1,5 °C : moins de feux de forêts, de perte de territoires, d’espèces invasives… À +1 °C, 4 % de la surface terrestre changera d’écosystème ; à +2 °C, ce sera 13 %.

Une augmentation de 1,5 limiterait l’acidification de l’océan (liée aux concentrations accrues de CO2), qui menace la survie d’espèces (poissons, algues, etc.) et, avec elle, les services que la nature rend à l’homme (pêche, pharmacopée…).

À +1,5, l’Arctique connaîtra un été sans banquise par siècle ; ce sera un par décennie à +2.

La baisse de productivité du maïs, du riz ou du blé sera plus limitée à +1,5° qu’à 2, de l’Asie du Sud-est à l’Amérique latine, dit encore le rapport, qui décrit aussi des risques accrus pour la ressource d’eau, la sécurité alimentaire et la santé.

Faire plonger les émissions de CO2 de toute urgence

Pour rester à +1,5 °C, il faut faire décliner les émissions de CO2 bien avant 2030 et fortement (-45 % d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010), pour ensuite arriver, vers 2050, à une « neutralité carbone » : c’est-à-dire cesser d’envoyer dans l’atmosphère plus de CO2 que l’on peut en absorber.

« Neutralité » implique de ne plus garder que les émissions « résiduelles », pour les secteurs ne pouvant s’en passer, comme l’aviation. Ce surplus de CO2 devra être pompé (ce sont des « émissions négatives »).

Les autres GES (méthane, HFC, carbone, suie…) seront à réduire aussi, bien que moins prioritaires que le CO2, car moins persistants.

Quant à la possibilité de dépasser le seuil de +1,5, pour faire redescendre le mercure plus tard au cours du siècle, le GIEC en souligne les risques – certains irréversibles, comme l’extinction d’espèces – et les incertitudes sur l’efficacité de l’extraction du CO2 à grande échelle.

Transformations sans précédent

Ce recul massif d’émissions nécessaire exigera « une transition rapide et d’une grande portée en matière d’énergies, d’usage des sols, de transports, de bâtiments et de systèmes industriels », un mouvement « sans précédent », car impliquant tous ces secteurs à la fois.

Les énergies renouvelables devraient passer de 20 à 70 % de la production électrique au milieu du siècle, la part du charbon serait réduite à poussière, la demande d’énergie devra baisser, l’efficacité énergétique, croître…

L’industrie devra réduire ses émissions de CO2 de 75 à 90 % d’ici 2050 par rapport à 2010 (en comparaison à de 50 à 80 % pour 2°), les transports devront passer aux énergies bas carbone (de 35 à 65 % en 2050, contre moins de 5 % en 2020).

Selon le rapport, quelque 2400 milliards de dollars d’investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques, soit 2,5 % du PIB mondial. Un coût qu’il faut mettre en regard avec celui, bien plus élevé, de l’inaction, soulignent les scientifiques.

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Réchauffement: les impacts étaient connus, vont-ils plus vite que prévu?


Je me souviens quand j’étais une petite fille, on parlait déjà de changement climatiques. Toutes ces recherches depuis des lustres on parler des conséquences, mais les climatologues avouent que le modèle n’ont pas montré autant de forces et de rapidités. La situation est pire ce qu’ils avaient prévu et on se croise encore les bras …
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Réchauffement: les impacts étaient connus, vont-ils plus vite que prévu?

 

Le groupe des experts du climat de  l'ONU (Giec)... (Photo JUNG YEON-JE, AFP)

Le groupe des experts du climat de  l’ONU (Giec) est réuni avec les gouvernements à Inchean, en Corée du Sud.

PHOTO JUNG YEON-JE, AFP

 

CATHERINE HOURS
Agence France-Presse
Incheon

Les impacts du dérèglement climatique arrivent-ils « plus vite que prévu » ? De l’élévation du niveau des océans à la montée des évènements extrêmes, les bouleversements étaient annoncés depuis longtemps,  soulignent les chercheurs, qui admettent cependant avoir pu parfois en sous-estimer l’ampleur.

A Incheon, en Corée du Sud, le groupe des experts du climat de  l’ONU (Giec), réuni avec les gouvernements, s’apprête a publier lundi le dernier état des connaissances sur un réchauffement de 1,5 °C par rapport a l’ère pré-industrielle, un horizon très proche,  dans un monde déjà frappé par la montée du mercure et ses incidences.

« Les choses que les scientifiques avaient promises pour le futur sont en train de se produire », a dit Jennifer Morgan, la directrice de Greenpeace International. « On pensait avoir plus de temps, mais non. »

« Malheureusement tout, ou presque,  était dit il y a 30 ans », souligne aussi Jean Jouzel, longtemps vice-président du Giec, pionnier de la glaciologie. « Ce réchauffement marqué sur lequel se superpose une recrudescence d’événements extrêmes, c’est ce qu’on vit aujourd’hui ! ».

« Il y a un côté assez triste de voir se dérouler dans le monde réel ce que la physique du climat nous a appris depuis des années », ajoute la climatologue Valerie Masson Delmotte, qui co-préside la réunion en cours. 

Le climatologue Jean-Pascal Ypersele cite le rapport « Une seule planète », préparé en 1972 pour la première conférence de l’ONU sur l’environnement humain, qui parlait d’« effets globaux et catastrophiques » d’une possible augmentation de 2 °C de la température du fait des émissions de CO2.

« Ceux qui ont sous-estimé la sévérité du changement climatique sont plutôt la plupart des dirigeants politiques, qui ont si peu agi pendant tant d’années », a indiqué le scientifique belge, qui y voit deux raisons : « le manque d’intérêt pour les questions de long-terme, et les efforts des lobbies des industries des énergies fossiles pour instiller le doute dans les analyses sur le changement climatique et ses solutions ».

Prudence nécessaire ?

Les scientifiques admettent aussi avoir souvent penché du côté de la prudence.

Pour Michael Mann, de la Pennsylvania State University, « les modèles de projections ont été exagérément conservateurs, avec une tendance à sous-prévoir les impacts en cours, dont la perte de banquise en Arctique, de glace au Groenland ou en Antarctique ouest, et donc la montée des mers en résultant ». « Les modèles n’ont pas non plus réussi à saisir les impacts complets sur les événements extrêmes comme ceux  qui ont frappé l’Amérique du Nord, l’Asie ou l’Europe cet été », a dit le chercheur, auteur d’une étude décrivant des phénomenes en Arctique qui étaient mal saisis par les modèles. 

L’incertitude n’est pas notre amie. Plus on comprend les processus physiques, en les incluant dans les modèles, et plus on voit que les impacts du changement climatique ont une probabilité d’être plus forts et rapides qu’on ne l’avait d’abord estimé « .

Le système » des études scientifiques, qui font l’objet de revue par les pairs, est hautement conservateur «,  ajoute le climatologue Peter Frumhoff,  aujourd’hui à l’ONG Union of concerned scientists. » Et puis il y a une tradition culturelle en sciences et surtout en science du climat, qui veut ne pas être trop alarmiste « . 

Ajouter à cela le fonctionnement du Giec, qui procède par consensus, et dont le rôle est de préciser quelles conclusions scientifiques relèvent d’un haut degré de confiance et celles qui sont plus spéculatives. Le résumé de ses rapports,  à destination des décideurs, est adopté par les gouvernements, avec lesquels il faut parfois négocier la formulation, comme c’est le cas à Incheon.

En tout état de cause, » les rapports du Giec se renforcent les uns après les autres mais tout reste dans la continuité du premier «, a dit Jean Jouzel, qui liste les pistes de travail encore nombreuses pour la recherche. Qu’il s’agisse de l’ampleur de la montée de la mer- » certaines études annoncent 80 cm à la fin du siècle,  certaines 3 m ! Comment laisser cette épée de Damoclès au-dessus des régions côtières ! « -des inconnues sur les précipitations, ou du besoin de connaître les impacts régionaux, » oui c’est sûr il faudra un 7e rapport du Giec ! «

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Sommes-nous aux portes d’un nouvel El Niño?


Je crois que les prévisions météorologiques ne seront plus basées sur les mêmes critères. Que ce soit El Niño ou La Nina, les températures augmentent et je me demande si nos hivers seront moins intenses dans les années à venir.
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Sommes-nous aux portes d’un nouvel El Niño?

 

Des branches d’arbres qui menacent de céder sous le poids du verglas.

Des branches d’arbres qui menacent de céder sous le poids du verglas. Photo : Radio-Canada/Bernard Barbeau

Après un été marqué par les nombreux feux de forêt dans le monde et des canicules meurtrières au Japon et au Québec, les climatologues estiment que la météo pourrait être aussi mouvementée cet automne avec la chance de connaître des températures globales plus élevées que la moyenne.

RADIO-CANADA AVEC CBC NEWS

Le phénomène El Niño est un mécanisme naturel de la planète. Il s’agit d’un réchauffement des eaux de l’océan Pacifique entraînant à la hausse la température des autres régions du globe.

En 2015, El Niño avait provoqué un hiver exceptionnellement chaud au Canada, au deuxième rang des plus torrides depuis celui de 1948.

Or, si le phénomène se reproduit cette année – ce que les experts de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (National Oceanic and Atmospheric Administration, NOAA) estiment possible à 70 % – son impact sera beaucoup moins intense.

« Ce sera un El Niño de faible ou de moyenne intensité », explique le directeur de la NOAA, Mike Halpert.

L’Agence suivra la situation de près et offrira une mise à jour de ses prévisions le 9 août prochain.

Record après record

Le réchauffement de la planète semble toutefois minimiser les impacts de phénomènes météorologiques globaux comme El Niño ou l’effet inverse, La Nina.

Cette dernière, comme c’est le cas cette année, est censée apporter des températures plus froides sur la planète.

Les mois de janvier à mai ont pourtant tous battu des records de chaleurs pour les années marquées par La Nina.

Un prochain El Niño ne devrait donc pas augmenter de façon importante les températures globales qui augmentent de toute manière, estiment les experts.

« Les paramètres climatiques du 20e siècle ne tiennent plus. Nous sommes dans un tout autre registre », dit le directeur du département d’observation des Centres nationaux d’information environnementale de la NOAA, Derek Arndt.

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Le Saviez-Vous ► Changements climatiques : il y a 30 ans, James Hansen de la NASA tirait la sonnette d’alarme


Il y a 30 ans à décidé de sonner l’alerte contre les changements climatiques. James Hansen de la NASA a pris, je crois, le risque d’un suicide professionnel car la plupart des scientifiques ne parlaient pas avec autant de certitude de l’avenir du climat. Qu’est-ce qui a changé en 30 ans ? Pas grand chose … Les efforts, les décisions politiques ne sont pas suffisants.
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Changements climatiques : il y a 30 ans, James Hansen de la NASA tirait la sonnette d’alarme

 

 Une photographie d'archive datant de 1989 illustre James Hansen parlant devant deux micros.

James Hansen s’adresse à un sous-comité du Sénat américain sur le transport en 1989. Photo : Associated Press/Dennis Cook

Le 23 juin 1988, lors d’un célèbre exposé devant le Sénat américain, James Hansen avertit les élus que le réchauffement de la planète est une réalité. Le climatologue de la NASA crée une onde de choc. Mais 30 ans plus tard, qu’en est-il? Les experts tirent toujours la même sonnette d’alarme… et les politiciens hésitent toujours à prendre des mesures à la hauteur du défi.

Un texte d’Étienne Leblanc, journaliste spécialisé en environnement

James Hansen aurait voulu s’être trompé. Mais les données de l’Institut Goddard en sciences spatiales de la NASA qu’il dirigeait à l’époque laissent peu de place au doute :

« L’effet de serre est détecté et il modifie déjà notre climat », dit-il sans détour aux sénateurs américains le 23 juin 1988.

L’histoire veut que ce soit l’ex-secrétaire d’État américain John Kerry, alors sénateur, qui avait invité James Hansen à venir présenter ses résultats de recherche aux membres du Comité sénatorial sur l’énergie et les ressources naturelles. Le même John Kerry qui a joué un rôle crucial dans la signature de lAccord de Paris sur le climat en 2015.

Dans un exposé qui n’aura duré que vingt minutes, il dit aux élus ce que la plupart des scientifiques se gardaient d’affirmer avec autant de certitude jusque là : la planète se réchauffe, et les actions de l’homme en sont responsables.

Les sénateurs sont curieux d’entendre James Hansen. En ce début d’été 1988, ce qui deviendra une des pires sécheresses du 20e siècle aux États-Unis commence à se faire sentir. Un désastre qui durera plus d’un an, mettant en péril l’agriculture américaine.

La rumeur dit même que John Kerry s’était arrangé pour que l’air conditionné de la salle soit éteint afin que les élus aient chaud. La météo s’est chargée d’aider M. Hansen, car à 2 heures du matin le 23 juin, la température avait déjà atteint 37 °C.

Le témoignage de Hansen fait son effet. Les principaux journaux américains, dont le New York Times et le Washington Post, en font leur une.

Première page du New York Times du 24 juin 1988

L’exposé de James Hansen avait fait la une de plusieurs journaux.  Photo : Archives du New York Times

Quelques mois plus tard, les Nations unies et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) donnaient naissance au GIEC, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat. Une organisation qui est rapidement devenue la référence en matière de science du climat.

Des prévisions audacieuses, mais justes

James Hansen, debout derrière un lutrin, semble désigner quelque chose derrière lui alors qu'il s'adresse à plusieurs personnes assises devant lui dans une pièce du Capitole de Washington.

James Hansen donnant une conférence au Capitole de Washington en 2008. Photo : Associated Press/Susan Walsh

Trois décennies plus tard, force est de constater que le réchauffement que prédisait James Hansen en 1988 s’est, pour l’essentiel, avéré.

Quelques mois après le témoignage de 1988, M. Hansen et son équipe publient une étude dans laquelle ils évoquent trois scénarios différents pour les émissions de gaz à effet de serre (GES) : élevées, moyennes et faibles. Les chercheurs se concentrent sur le cas intermédiaire.

Avec ces données, James Hansen et ses collègues prédisent que d’ici 2017, la température moyenne de la Terre sur cinq ans serait d’environ 1,03 °C supérieur à la moyenne calculée par la NASA entre 1950 et 1980.

Ils n’étaient pas loin de la réalité : la température moyenne mondiale calculée par la NASA pendant la période 2012-2017 était de 0,82 °C supérieure à la moyenne des 30 dernières années.

L’ancien vice-président du GIEC, le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele, salue l’audace de James Hansen, notamment sur son affirmation selon laquelle les activités humaines contribuent au réchauffement.

Il a pris des risques! Tous les scientifiques, à cette époque-là, n’étaient pas prêts à dire les choses aussi clairement que lui. Il faut lui reconnaître ça et il faut reconnaître qu’il a eu raison.

Jean-Pascal van Ypersele

30 ans plus tard : un dialogue de sourds?

James Hansen dans son salon à New York.

Trentre ans après avoir tiré la sonnette d’alarme sur les changements climatiques, James Hansen est devenu un activiste. Photo : Associated Press/Marshall Ritzel

Trois décennies après le témoignage historique de Hansen, peu de disciplines ont évolué aussi rapidement que la science du climat. Le phénomène des changements climatiques est aujourd’hui un des champs de la science les plus étudiés de la planète. Des dizaines d’articles scientifiques sur le sujet sont publiés toutes les semaines dans les grandes revues de la planète.

Mais malgré ce dynamisme réel, les décideurs politiques sont-ils davantage à l’écoute des experts du climat qu’il y a trente ans?

« Oui et non, répond Jean-Pascal van Ypersele. Il y a des exceptions, notamment à la Maison-Blanche, mais la plupart des décideurs politiques du monde entier ont maintenant bien compris que les changements climatiques constituaient un problème sérieux et qu’il fallait agir pour réduire les émissions à zéro le plus vite possible. »

Jean-Pascal van Ypersele devant une enseigne illuminée de Radio-Canada.

Jean-Pascal van Ypersele, ancien vice-président du GIEC et professeur de climatologie à l’université catholique de Louvain Photo : Radio-Canada/Étienne Leblanc

Jean-Pascal van Ypersele affirme toutefois que le fossé entre la réalité climatique que décrivent les scientifiques et les actions prises par les gouvernements est toujours immense :

« Quand on compare cet objectif d’en arriver à des émissions mondiales nulles, qui est nécessaire si on veut préserver le climat de la Terre, à ce qui est fait aujourd’hui […] on doit constater que même si on est un peu plus écoutés gentiment par les décideurs, l’action n’est pas du tout au niveau de l’ambition nécessaire », dit-il.

Il en donne pour preuve les engagements des 195 pays qui ont signé l’Accord de Paris sur le climat en 2015. Les cibles de réduction des émissions qui sont actuellement sur la table nous mènent vers un réchauffement de 2,9 à 3,4 °C d’ici 2100, selon une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Science et activisme

James Hansen, portant un chapeau, derrière une banderole sur laquelle on ne peut que lire le mot climat, en anglais, en lettres majuscules.

James Hansen lors d’une manifestation en 2009 à Coventry en Angleterre Photo : Getty Images/Christopher Furlong

C’est en partie ce fossé entre la réalité scientifique et les décisions politiques qui a incité James Hansen à quitter son poste à la NASA en 2013.

Cette désillusion lui a fait prendre le chemin de l’activisme. Il s’est fait arrêter à quelques reprises dans des manifestations contre des centrales au charbon et contre le projet de pipeline Keystone XL.

Jean-Pascal van Ypersele reconnaît que prendre la voie de l’activisme environnemental peut être alléchant pour l’expert scientifique qui a l’impression de parler dans le vide :

« Oui c’est tentant. La plupart de mes collègues sont extraordinairement frustrés par le fossé gigantesque qu’il y a entre l’urgence de l’action et ce qui ne se fait pas dans la plupart des pays du monde par rapport aux problèmes gravissimes des changements climatiques ».

C’est tentant, mais contrairement à James Hansen, il ne croit pas que c’est la voie la plus efficace à suivre pour les scientifiques et qu’il faut peser le pour et le contre :

« Si demain je vais me faire arrêter devant une centrale nucléaire ou au charbon, est-ce que vous pensez que le ministre auquel je pourrais parler le surlendemain va m’écouter de la même manière? Je ne le crois pas », dit M. van Ypersele.

James Hansen est accroupi à côté d'une fausse pierre tombale sur laquelle il est écrit « Changement climatique : une question de vie ou de mort » en anglais.

James Hansen posant à côté d’une fausse pierre tombale avant une manifestation pour sensibiliser la population aux changements climatiques en 2009. Photo : Getty Images/Carl De Souza

À 77 ans, James Hansen est plus actif que jamais. Il est à finaliser la rédaction d’un livre qu’il publiera l’année prochaine. Sophie’s Planet rassemblera une série de lettres adressées à sa petite-fille dans lesquelles il expliquera pourquoi une planète plus propre est toujours possible.

Nous avons demandé une entrevue avec M. Hansen pour ce reportage, mais il nous a répondu qu’il était débordé, avec l’humour de climatologue qu’on lui connaît :

« Je suis enneigé sous le travail ».

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Pendant que l’Europe grelotte, l’Arctique a trop chaud


Si vous avez des contacts avec des gens de l’Europe, comme les Français, ceux-ci parlent de grand froid ces jours-ci. Étrangement, il fait plus chaud dans mon coin de pays, c’est plus chaud qu’en France. Mais pire encore, l’Arctique elle, c’est plus chaud qu’en Europe. Les changements climatiques font un monde à l’envers
Nuage

 

Pendant que l’Europe grelotte, l’Arctique a trop chaud

 

«Des températures positives près du pôle Nord en... (Photo Brian Battaile archives USGS via AP)

«Des températures positives près du pôle Nord en hiver ont été relevées quatre fois entre 1980 et 2010 (…) Elles ont à présent été relevées au cours de quatre des cinq derniers hivers», explique à l’AFP Robert Graham, climatologue à l’Institut polaire norvégien.

PHOTO BRIAN BATTAILE ARCHIVES USGS VIA AP

 

MARLOWE HOOD, LAURE FILLON
Agence France-Presse
Paris

Alors que l’Europe grelotte sous une vague de froid tardive, le pôle Nord a connu un pic de chaleur avec des températures 30 degrés au-dessus des normales saisonnières, un phénomène exceptionnel qui s’inscrit sur fond de réchauffement de l’Arctique.

Le thermomètre a affiché jusqu’à -35 °C dans certaines régions du centre de la Russie dimanche, -12 °C en Pologne ou encore -10 °C dans l’est de la France. Pendant ce temps, le pôle Nord, plongé dans l’obscurité permanente de la nuit polaire, enregistrait des températures positives grâce à des vagues d’air doux.

Il s’est produit «une situation de blocage anticyclonique sur le nord de la Scandinavie (…) avec une remontée d’air doux de l’Islande vers le pôle Nord d’un côté et de l’autre côté de l’anticyclone, des descentes d’air froid de l’Oural et de la Russie occidentale vers l’Europe de l’Ouest», a expliqué mardi à l’AFP Etienne Kapikian, prévisionniste chez Météo-France. «Le pic de douceur sur le pôle Nord et la vague de froid sur l’Europe sont directement liés», poursuit-il.

Résultat, «on estime qu’il a fait à peu près zéro degré Celsius au niveau du pôle Nord», a indiqué M. Kapikian, selon les estimations obtenues par modélisation, car aucune station météorologique n’est implantée dans cette zone.

Pour avoir une mesure plus précise, il faut aller à l’extrême nord du Groenland, où «on a relevé dimanche 6,2 °C», ajoute Etienne Kapikian. «C’est une valeur exceptionnelle, à peu près 30 °C au-dessus des normales de saison, voire 35 °C pour cette mesure très précise», poursuit-il.

Réduction de la banquise

S’agit-il d’un épisode exceptionnel ? Oui, mais pas tant que ça, répondent les scientifiques.

«Des températures positives près du pôle Nord en hiver ont été relevées quatre fois entre 1980 et 2010 (…) Elles ont à présent été relevées au cours de quatre des cinq derniers hivers», explique à l’AFP Robert Graham, climatologue à l’Institut polaire norvégien.

«On a un hiver exceptionnel sur l’Arctique, l’hiver précédent l’avait déjà été et on ne prend pas trop de risque en disant que le suivant le sera. (…) La tendance de fond est très claire (…) c’est le réchauffement de l’Arctique», renchérit Etienne Kapikian.

Ce phénomène est-il pour autant attribuable au dérèglement global du climat ? «Il est difficile de dire qu’un événement est lié au réchauffement climatique. Mais cette tendance que nous voyons, un Arctique chaud, un continent froid, peut être liée au changement climatique», répond Marlene Kretschmer, climatologue à l’Institut de Potsdam pour la recherche sur le changement climatique.

Ces épisodes de hausse des températures ne sont pas une bonne nouvelle pour la banquise, dont la surface n’a jamais été aussi réduite pour la saison depuis le début des mesures il y a plus de 50 ans.

Autour de l’archipel norvégien de Svalbard, à l’est du Groenland, la surface de glace mesurée lundi était de 205 727 km2, soit moins de la moitié de la superficie moyenne sur la période 1981-2010, selon des données norvégiennes.

De façon plus globale, les climatologues estiment probable de voir l’océan Arctique libre de glace d’ici à 2050 pendant l’été.

http://www.lapresse.ca