Une constellation de vestiges Mayas inconnus repérés au Guatemala


Grâce a des technologies plus poussées, il est possible de voir tous les reliefs mêmes dans des forêts. Il a été utilisé au Guatemala et une découverte d’envergure a été mise à jour un cité maya comprenant pyramides, palais, lieux de culte, habitations, irrigations, terres cultivées
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Une constellation de vestiges Mayas inconnus repérés au Guatemala

 

Tikal Lidar

Restitution 3D du site de Tikal, où une pyramide inconnue a été révélée.

CRÉDITS: PACUNAM

Par Bernadette Arnaud

Des milliers de ruines mayas ont été détectées dans la jungle du Guatemala grâce à la technologie Lidar, révélant l’ampleur insoupçonnée des interconnexions entre cités.

La découverte est exceptionnelle. Des milliers de structures et bâtiments mayas inconnus, dissimulés sous la canopée depuis des siècles, viennent tout juste d’être repérés par les archéologues. Ces constructions d’envergure comprennent des pyramides, des palais, des centres cérémoniels, mais aussi des ouvrages moins spectaculaires comme des parcelles cultivées ou des habitations. Toutes sont situées dans la jungle du nord du Guatemala, et c’est grâce à l’utilisation du Lidar (Light Detection And Ranging), un système de télédétection aéroportée, qu’elles ont été repérées dans le cadre d’un consortium créé sous l’égide de la Fondation PACUNAM (Patrimonio Cultural y Natural Maya), un fonds de recherche guatémaltèque à but non lucratif créé en 2006. Un projet franco-guatémaltèque, Naachtun, dirigé par Philippe Nondedeo, fait d’ailleurs partie de ce consortium, et a lui-même bénéficié d’une couverture Lidar sur 140 km2

Ce système laser, couplé à un GPS de haute précision, permet en effet de détecter tous les détails au sol, y compris sous un épais couvert forestier. Il avait été notamment utilisé avec succès sur le site d’Angkor au Cambodge. L’ensemble des points enregistrés au cours du survol aérien est ensuite filtré à l’aide d’algorithmes puissants pour réaliser un modèle numérique du terrain via des restitutions photogrammétriques en 3D. Le Lidar permet ainsi une sorte de déforestation virtuelle digitale qui révèle tous les détails topographiques présents sur de vastes étendues.

Les relevés Lidar ont révélé que la cité maya d’El Palmar était 40 fois plus étendue qu’on ne le pensait. © PACUNAM

Cette cartographie numérique s’étend ici sur 2100 km2  découpés en neuf secteurs au nord du Péten, en particulier dans la « réserve de biosphère Maya », créée en 1990 pour protéger la plus grande superficie de forêts tropicales restantes en Amérique centrale. 

En rouge, les différentes zones archéologiques survolées par le LiDAR, au nord de la région du Péten (Guatemala): El Zotz, La Corona-Achiotal, Holmul, Naachtun, Uaxactun, Xultun-San Bartolo, Tikal, El Peru-Waka et El Tintal. © PACUNAM

« Le Lidar est une technologie de télédétection aéroportée relativement nouvelle qui permet une cartographie détaillée de la surface de la terre à une échelle très fine. Elle est de loin supérieure aux formes précédentes de cartographie par satellite ou par avion en ce sens que le Lidar peut pénétrer dans la végétation dense. Il est idéal pour les basses terres mayas, où la végétation de la jungle empêche la cartographie traditionnelle », a précisé Michael E. Smith, spécialiste d’archéologie mésoaméricaine à l’Université d’Arizona (Etats-Unis), joint par Sciences et Avenir.

 Les chercheurs ont ainsi découvert l’existence de plusieurs centres urbains, de systèmes d’irrigations sophistiqués et de réalisations telles que des chaussées surélevées pouvant être utilisées pendant la saison des pluies. Ils ont aussi pu pointer plus de 60 000 structures individuelles, qu’il s’agisse de maisons isolées, de réservoirs ou de fortifications. Une pyramide de 30m de haut -précédemment identifiée comme une colline-, a même été détectée à Tikal, pourtant l’une des villes les plus étudiées et visitées du monde maya!

Comparaison de deux relevés Lidar, à gauche, la région d’El Zotz sous couvert forestier, à droite, la restitution 3D révélant tous les détails du sol et les structures présentes sous la forêt. © PACUNAM / Garrison/ Proyecto Arqueologico El Zotz.

« Dans certains cas, les centres urbains connus se sont révélés 40 fois plus vastes que ne le montraient les cartes existantes, y compris plusieurs complexes monumentaux considérés auparavant comme des sites distincts », a expliqué Francisco-Estrada Belli, de l’université de Tulane, à la Nouvelle-Orléans (Etats-Unis), impliqué dans l’étude où il dirige le projet Holmul*.

L’une des plus importantes informations livrées par ces travaux demeure l’interconnexion ignorée existant entre différentes cités mayas, dans cette région pourtant bien connue des archéologues pour sa richesse architecturale, en particulier à la période dite classique (250 à 900 après JC).

« La Réserve de biosphère Maya » est en effet célèbre pour abriter une forte concentration d’anciennes cités, dont Tikal, abandonnée au Xe siècle.

Deux autres vues 3D de Tikal, sans le couvert forestier, obtenues à partir des analyses des relevés Lidar. © PACUNAM

« N’oublions pas que sur chaque image obtenue, il y a un millénaire et demi d’occupation humaine concentrée ! », rappelle Dominique Michelet, directeur de recherche émérite au Laboratoire d’archéologie des Amériques (UMR 8096) au CNRS, impliqué dans le projet Naachtun.

Aussi, pour lui, pas question d’interprétations hâtives. 

« Passer de ces restitutions 3D à des extrapolations sur des chiffres d’occupation par les populations mayas, en évoquant des millions d’individus comme on a pu le lire, est tout simplement ahurissant », a poursuivi l’archéologue.

Ce que confirme, à sa manière, Michael E. Smith: « Le Lidar va certainement contribuer à révolutionner l’étude de la colonisation et de la démographie des Mayas. Mais nous n’en sommes qu’au stade préliminaire pour établir de jolies cartes 3D… Pas encore celui d’avoir des résultats solides sur les architectures, la démographie ou encore le fonctionnement de ces sociétés « .

Il faudra donc attendre des analyses plus fines pour obtenir des estimations sérieuses sur la population. Et ces étapes ne font que commencer pour les basses terres mayas, où tout le modèle d’occupation est désormais à revoir. 

Image de la couverture Lidar de la région de Naachtun (140 km2) indiquant, par un point rouge, chacune des 12 000 structures repérées. © Naachtun/PACUNAM

Le projet Naachtun

« Les résultats de l’exploitation de l’imagerie Lidar sur la région du Guatemala au coeur de nos activités ont été un véritable choc », avoue Philippe Nondeneo, directeur du projet franco-guatémaltèque Naachtun, nom d’un important centre maya situé dans la région du Péten et le bassin d’El Mirador, que le chercheur étudie depuis 2011 avec Dominique Michelet. 

Dans un texte à paraître, les deux chercheurs expliquent que les résultats livrés par la technologie Lidar ont étendu ce territoire d’investigation à 140 km2, soit 70 fois la zone d’étude abordée jusque-là. 12.000 structures de toutes périodes y ont été repérées! Soit une densité d’occupation supérieure à tout ce qu’ils pouvaient imaginer. Finalement, seules les zones marécageuses seraient exemptes de vestiges.

« Si l’on compare ces résultats à l’ensemble des sites mayas qui ont aussi fait l’objet de cette couverture Lidar, il ressort que Naachtun, par sa densité de structures, est désormais comparable à la grande Tikal ! ».

https://www.sciencesetavenir.fr

Des experts rejettent la théorie du jeune Québécois qui croit avoir découvert une cité maya


Cette cité Maya, qu’un jeune québécois aurait découverte en étudiant les constellations existe-t-elle vraiment ? (Un Québécois de 15 ans découvre une cité maya) Après que la nouvelle a fait le tour du monde, des scientifiques contestent cette découverte. Reste que la seule façon pour savoir la vérité, serait de vérifier sur place, ainsi le doute sera dissiper
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Des experts rejettent la théorie du jeune Québécois qui croit avoir découvert une cité maya

 

La cité maya de Palenque, dans l'État mexicain du Chiapas

La cité maya de Palenque, dans l’État mexicain du Chiapas   PHOTO : ISTOCK

Après avoir fait la manchette dans de nombreux médias du monde, le jeune William Gadoury fait face à la communauté scientifique, qui met en doute le résultat de ses recherches. De Paris à Cancún, ils sont plusieurs à rejeter sa théorie disant que les cités mayas ont été construites en fonction des constellations. Et la cité inconnue qu’il a découverte… ne serait qu’un champ abandonné.

Un texte d’Azeb Wolde-Giorghis

Au cours des derniers jours, William Gadoury, Québécois de 15 ans, a acquis une certaine notoriété. Cela faisait plus de trois ans qu’il faisait des recherches sur la civilisation maya. À l’aide de cartes et d’images satellites, il émet l’hypothèse que les Mayas auraient construit leurs cités en fonction des constellations dans le ciel.

Il va plus loin en affirmant, avec l’aide de l’Agence spatiale canadienne, avoir découvert une cité inconnue qui compléterait le triangle d’Orion.

Mais plusieurs chercheurs et archéologues émettent aujourd’hui des doutes.

Joint au téléphone, le spécialiste de la civilisation maya Claudio Obregon Clairin, de l’Institut des arts et de la culture de Cancún, affirme que les Mayas n’ont jamais formé un empire. Donc, ils ne pouvaient pas se mettre d’accord pour construire des villes en fonction du ciel. Les Mayas n’étaient pas unis, chaque ville avait ses divinités et il y avait beaucoup de cités ennemies, comme Calakmul et Tikal.

C’est dommage, c’est une hypothèse très jolie, très romantique. Claudio Obregon Clairin, spécialiste des Mayas

Claudio Obregon Clairin ajoute par ailleurs que les Mayas suivaient 13 constellations et non pas 23.

Également, selon lui, il est impossible que des cités se soient entendues sur une période de temps de 2470 ans.

« C’est comme dire qu’on construit nos villes aujourd’hui en fonction des projets qu’on aurait eus avec les Romains ou les Grecs. C’est tout simplement impossible. »

William Gadoury

William Gadoury   PHOTO : RADIO-CANADA

Claudio Obregon Clairin reste touché par le jeune homme et se reconnaît en lui. Comme William Gadoury, il s’intéresse aux Mayas depuis l’âge de 15 ans. À l’adolescence, en route pour l’école, il bifurquait souvent vers le musée d’archéologie. Il ne veut surtout pas que William soit découragé, au contraire.

Selon lui, les photos satellites montrent un champ de culture de maïs, plutôt qu’une cité inconnue. Mais il n’écarte pas l’idée d’aller voir.

« Il faudrait y aller, car tout le monde veut connaître la vérité. Et si on trouve une cité, c’est génial », dit-il.

Éric Taladoire est professeur d’archéologie spécialisé dans la civilisation maya à l’Université Paris 1. Il rejette aussi la théorie de William Gadoury.

Selon lui, les cités n’étaient pas contemporaines, puisqu’il y a sept siècles de différence entre certaines d’entre elles. Il se demande comment elles auraient pu s’entendre sur leurs emplacements. Quant au site découvert, il affirme qu’il représente un champ de cannabis.

Chacun a son argument, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune William aura réussi à remettre la civilisation maya sur la carte et que ses recherches ne laissent personne indifférent.

Selon lui, seules des fouilles archéologiques permettront de connaître la vérité

http://ici.radio-canada.ca/

Un Québécois de 15 ans découvre une cité maya


Ce jeune garçon ira loin, avec des recherches et sa déduction, il se pourrait qu’il ai trouvé une cité perdue, sans pour autant visiter l’endroit en personne.
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Un Québécois de 15 ans découvre une cité maya

 

Un jeune Québécois de 15 ans a réussi à prouver qu’il y a un lien entre la forme des constellations et l’emplacement des cités maya. Avec sa théorie, William Gadoury a trouvé une cité perdue, à la surprise des scientifiques.

De déduction en déduction, en étudiant les livres spécialisés, l’adolescent de Saint-Jean-de-Matha a réalisé qu’il manquait une cité maya pour compléter le triangle de la constellation d’Orion.

«Il manquait l’étoile de Saiph, qui devait être représentée par une cité, dit William Gadoury avec un enthousiasme contagieux. Mais là, il y avait rien. Je me disais: est-ce que c’est moi qui ne l’ai pas trouvée à la bonne place? Est-ce qu’elle est ailleurs? »»

Il s’est précipité sur les images satellites pour confirmer son hypothèse que personne n’avait été encore émise. Ce qu’il a découvert l’a encouragé à pousser plus loin ses recherches.

«J’ai cherché avec Google Earth, j’ai trouvé quelques traces qui m’ont convaincu qu’il y avait vraiment la présence d’une cité maya», explique-t-il.

En partageant ses découvertes d’expo-science en expo-science, il est entré en contact avec l’Agence spatiale canadienne et d’autres experts ayant accès à de meilleures photos satellites.

«De savoir qu’un scientifique de l’Agence spatiale canadienne en voyait lui aussi, c’était impressionnant», a admis William Gadoury.

L’archéologue en herbe rêve maintenant du jour où il sera invité avec les scientifiques mexicains à visiter cette cité perdue dans la jungle du Yucatan.

«J’espère bien, s’exclame-t-il. C’est quand même un peu grâce à moi s’ils réussissent à y aller.»

Toutefois, l’archéologie par satellite peut parfois jouer des tours, comme le rappelle l’historienne Evelyne Ferron.

«Parfois, ce qu’on identifie, ce sont des structures ou des talus de pierres qui n’ont pas vraiment été des structures habitables, dit-elle. En Égypte, c’est arrivé.»

En attendant, William Gadoury savoure ses succès. Ce mois-ci, il participera à une exposition nationale à l’Université McGill. Ensuite, l’an prochain, ce sera une exposition internationale au Brésil. De plus, l’Institut national de la recherche scientifique veut l’aider à publier un article dans une revue scientifique.

http://www.tvanouvelles.ca/