Découverte de nouvelles chutes sur une rivière mystérieuse


On découvre encore des régions isolées qui n’est ni dans les livres, ni cartographiées à notre époque. La Terre est vaste et il reste encore beaucoup de découverte malgré notre technologie avancée. Même au Canada, il y a aussi des découvertes étonnantes de lieux qui prime à bord n’intéressaient personnes … Mais qui aujourd’hui devient un défi pour l’exploration
Nuage

 

Découverte de nouvelles chutes sur une rivière mystérieuse

 

Cet été, Adam Shoalts descendra à nouveau la... (PHOTO FOURNIE PAR ADAM SHOALTS)

Cet été, Adam Shoalts descendra à nouveau la rivière Again. Il devra détailler les chutes qu’il a découvertes, comme celle qui apparaît sur la photo.

PHOTO FOURNIE PAR ADAM SHOALTS

PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD
La Presse

Oubliez Indiana Jones. Un explorateur canadien a découvert – au XXIe siècle – une série de chutes de plusieurs mètres jamais cartographiées par le passé, sur une mystérieuse rivière qui longe la frontière entre l’Ontario et le Québec.

Adam Shoalts s’apprêtait à repartir pour la rivière Again, au sud de la baie d’Hudson, cette semaine, lorsque La Presse l’a interrompu dans la préparation de ses bagages.

L’été dernier, le jeune homme descendait le même cours d’eau lorsque son canot a fait une chute subite d’environ trois mètres: il venait de découvrir la première de sept chutes encore totalement absentes des cartes.

«Personne ne connaissait leur existence. Elles n’étaient présentes sur aucun relevé topographique, a-t-il relaté. Je savais toutefois qu’il y avait beaucoup de rapides sur la rivière.»

Adam Shoalts était alors officiellement la première personne à descendre la rivière Again dans l’histoire canadienne: aucune autre visite n’avait été recensée auparavant. L’exploration de cette région inhospitalière – les basses terres de la baie d’Hudson – était financée par la Société géographique royale du Canada (SGRC).

«C’est parce qu’il n’existait pas encore de descente connue de cette rivière que j’y suis allé, a déclaré M. Shoalts, âgé de 27 ans. On n’avait aucune information sur cette zone.»

Terres inhospitalières

La rivière Again ne figure sur les cartes géographiques que grâce aux images satellites et aux photos aériennes d’assez basse résolution prises dans les années 60 par le gouvernement canadien. La piètre qualité des images empêche les géographes de relever les fins détails de la rivière – y compris des chutes de plusieurs mètres.

Les géologues à la recherche de gisements exploitables par l’industrie minière sont souvent parmi les premiers à atteindre et explorer les zones isolées du Canada, a expliqué Denis St-Onge, de la SGRC, en entrevue téléphonique. Mais comme la région de la rivière Again est très marécageuse et que le sol y est couvert de mètres de tourbe, les minières ne s’y intéressent pas.

«C’est le plus grand milieu humide au Canada et le troisième plus grand sur la planète», a indiqué Adam Shoalts. Des dizaines de milliers de lacs constellent la région, très peu peuplée.

Nouvelle expédition

Cet été, Adam Shoalts descendra à nouveau la rivière Again afin de détailler ses observations et de prendre des mesures supplémentaires.

«La Société géographique veut savoir exactement de quelle hauteur est chaque chute. Il faut photographier chacune d’entre elles, afin qu’elles puissent être intégrées aux cartes topographiques», a-t-il affirmé.

Selon lui, des dizaines de rivières demeurent vierges de toute navigation dans le nord du Canada.

«Personne n’en connaît le nombre exact, a-t-il affirmé. Des milliers de cours d’eau n’ont pas encore été baptisés.»

Certaines rivières ont certainement été empruntées par des populations autochtones par le passé, mais d’autres sont «si peu profondes et rocailleuses» qu’il est impossible d’imaginer un canot d’écorce y naviguer.

Si Adam Shoalts se borne à redescendre la rivière Again cet été, il ne cache pas son intention de se lancer à la recherche de nouveaux cours d’eau inexplorés sur lesquels «on ne sait pas ce qui se cache au tournant».

«C’est très excitant. Ça fait réaliser à quel point nous en connaissons peu sur la planète, s’est-il réjoui. On pense que l’époque des explorations est terminée, mais il y a encore tant de choses à faire, tant de réalités géographiques qui ne se trouvent pas encore sur les cartes.»

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D’AUTRES DÉCOUVERTES RÉCENTES

UNE SOCIÉTÉ PERDUE > En 2010, des chercheurs brésiliens ont découvert des centaines de formes géographiques dessinées dans la jungle amazonienne qui trahiraient la présence d’un mystérieux peuple de dizaines de milliers d’individus qui s’y serait établi il y a des centaines d’années. Les formes dessinées dans la forêt sont invisibles du sol, mais apparaissent clairement lors de vols en avion.

DE NOUVELLES ÎLES > En 2011, une équipe de l’université américaine Raleigh a identifié des centaines de nouvelles « îles-barrières» grâce à de nouvelles techniques d’analyse des images captées par satellites. Les chercheurs ont ainsi augmenté d’un tiers le recensement de ces îles généralement très étroites, souvent situées de part et d’autre des continents. Beaucoup des nouvelles îles ont été découvertes près des côtes brésiliennes, où des mangroves empêchaient auparavant les scientifiques de distinguer les étendues d’eau des sols.

DES PEUPLES ISOLÉS > Les anthropologues brésiliens tiennent à l’oeil, mais de loin, plusieurs groupes autochtones installés dans la jungle amazonienne n’ayant jamais eu le moindre lien avec le monde extérieur. Beaucoup ont été découverts récemment, à la faveur de passages aériens. En 2011, la BBC a diffusé des images d’un tel groupe. Ses membres étaient couverts de teinture rouge et ont fait mine d’attaquer l’avion du réseau de télévision avec des flèches.

UN ÉNIGMATIQUE RÉSEAU SOUTERRAIN > En 1992, un paysan chinois a découvert par inadvertance un immense réseau de galeries souterraines creusées de main humaine à Huashan, dans la province d’Anhui. On ignore encore aujourd’hui pour quelles raisons ce complexe a été construit. Il comprend d’immenses colonnes d’une dizaine de mètres de haut dont la disposition trahit une bonne connaissance de l’architecture. Aucune inscription ou forme d’art n’y a été retrouvée.

– Avec la National Geographic Society et Al Jazeera

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