Ces chim­pan­zés ont fabriqué une échelle avec des branches pour s’éva­der d’un zoo


Ces chimpanzés rêvent aussi de liberté et un zoo n’est pas l’endroit que la liberté a du sens. Des singes ont été capables d’imaginer et d’installer le nécessaire pour prendre la fuite. Malheureusement pour eux, peine perdue … Les murs se referment.
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Ces chim­pan­zés ont fabriqué une échelle avec des branches pour s’éva­der d’un zoo

 

Crédits : Chan­tal Baxter

par  Laura Boudoux

Un groupe de chim­pan­zés du zoo de Belfast, en Irlande, a tenté de s’éva­der samedi 9 février 2019. Les primates ont réuni de grosses branches avant de les ados­ser au mur d’en­ceinte de leur enclos. Seul l’un d’entre eux est parvenu à l’es­ca­la­der, lais­sant ses compères dans leur prison à ciel ouvert, rapporte la BBC. Hélas, il a été rattrapé peu de temps après.

Les respon­sables du zoo, qui ont récu­péré l’évadé, ont expliqué qu’une tempête récente avait dété­rioré le mur d’en­ceinte, permet­tant aux chim­pan­zés de le grim­per plus faci­le­ment. Une vidéo enre­gis­trée par des visi­teurs montre l’ani­mal se prome­nant dans le zoo, visi­ble­ment perplexe et ne sachant pas vrai­ment où aller. Un « événe­ment très inha­bi­tuel », d’après la porte-parole du zoo.

« Ce sont des primates intel­li­gents, ils savent qu’ils ne sont pas censés se retrou­ver en dehors de cette enceinte, et ils y retournent d’eux-mêmes », a assuré la porte-parole du zoo. « Nous aimons leur offrir un envi­ron­ne­ment natu­rel dans leur enclos, notam­ment avec des arbres, mais nous allons les véri­fier », a-t-elle déclaré suite à l’in­ci­dent, préci­sant que les arbres envi­ron­nant seraient arra­chés si néces­saire. Les chim­pan­zés savent surtout qu’ils n’ont aucune envie de rester enfer­més.

Sources : BBC/ Face­book

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Les chimpanzés peuvent être aussi manipulateurs que les humains


L’art de la manipulation n’est pas fréquent dans le règne animal. Par contre, les chimpanzés peut y avoir recours pour leur propre intérêt.
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Les chimpanzés peuvent être aussi manipulateurs que les humains

 

Chimpanzés au PAL | Chabe01 via Wikimedia Commons License by

Chimpanzés au PAL | Chabe01 via Wikimedia Commons License by

Repéré par Christophe-Cécil Garnier

L’être humain a-t-il trouvé son égal dans la manipulation? Jusque-là, chez les animaux, les relations sociales étaient surtout tournées vers l’entraide. Les loups et les dauphins, par exemple, font une sorte de chasse coopérative où ils travaillent ensemble pour attraper leurs proies. Des espèces d’oiseaux, de singes ou de rongeurs émettent, eux, des signaux d’alarme pour alerter les autres membres d’un groupe d’une menace.

Il n’y a guère que les poulets mâles qui sont trompeurs, en lançant un faux appel alimentaire à des poules femelles en guise de leurre pour le sexe. Mais il existe très peu d’exemples où les animaux utilisent leurs pairs comme moyen d’atteindre leur objectif. Jusqu’à récemment tout du moins. Une équipe de chercheurs des universités de Saint Andrews, de Leipzig et de l’institut Max-Planck de psycholinguistique ont découvert des comportements machiavéliques chez les chimpanzés, raconte Gizmodo.

Les scientifiques ont présenté à un groupe de chimpanzés une fontaine à jus de fruits. Sauf que pour libérer le jus, il fallait appuyer sur des boutons situés à trois mètres. Un seul chimpanzé ne pouvait appuyer sur les boutons et étancher sa soif en même temps. Il fallait donc coopérer. Sauf qu’un chimpanzé adulte mâle a changé la nature de l’étude par son comportement.

En effet, ce singe de 24 ans, nommé Bobby, a rapidement compris le concept et a utilisé trois membres plus jeunes du groupe. Il les a fait appuyer sur les boutons pendant que lui récoltait le jus de fruit. Mais il n’a rendu la pareille à aucun moment. Ce qui a étonné les chercheurs, c’est qu’il a réussi à garder les autres singes sous son contrôle alors qu’ils auraient pu s’échapper. Et lorsqu’ils en avaient assez, Bobby avait recours à un comportement «stéréotypé» de mendicité des chimpanzés, qui consistait à souffler des framboises tout en tendant les bras. Au final, ce mâle adulte isolé a utilisé d’autres chimpanzés plus de cent fois pour accéder au jus.

«C’est vraiment intéressant de noter que les animaux utilisent les autres à plusieurs reprises pour leur bénéfice, a indiqué un des chercheurs. Nous savons que les humains le font, mais nous n’étions pas sûrs que d’autres animaux puissent le faire. En particulier, pour manipuler ou utiliser d’autres personnes de manière répétée, l’acteur doit s’assurer que les gens ne l’évitent pas, afin qu’il puisse les utiliser ou les manipuler de manière répétée. Une compétence qui est importante par exemple dans de nombreuses situations politiques».

Attendez-vous bientôt à des slogans «Make Chimpanzés Great Again».

http://www.slate.fr/

Bonobos et chimpanzés seraient capables de se comprendre avec des gestes


Les bonobos et les chimpanzés communiquent avec des gestes et il semble qu’ils seraient capables de même communiquer entre eux
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Bonobos et chimpanzés seraient capables de se comprendre avec des gestes

 

Bonobos et chimpanzés

Les bonobos et les chimpanzés ont un répertoire de gestes identiques à 90%.

© CATHERINE HOBAITER

Par Anne-Sophie Tassart

Les bonobos et les chimpanzés, deux espèces relativement proches, sont normalement capables de se comprendre avec des gestes, selon une équipe de chercheurs britanniques.

« Dans une série de livres pour enfants bien connue, le Docteur Dolittle est capable de parler aux animaux non-humains. Mais en réalité, percer le mystère de la communication non-humaine est un véritable challenge », assurent dans une étude parue le 27 février 2018 dans la revue Plos Biology des chercheurs de l’Université de St Andrew, au Royaume-Uni.

Car si la signification des gestes des chimpanzés (Pan troglodytes) est désormais connue, celle des bonobos (Pan paniscus) l’est beaucoup moins. Pourtant, les répertoires de gestes de ces deux espèces sont identiques à environ 90%, mais seulement dans leur réalisation. Les mouvements sont identiques ce qui ne signifie pas que leur signification l’est également.

Le répertoire de gestes des bonobos décrypté

Pour la première fois, l’équipe de chercheurs britanniques a étudié la gestuelle des bonobos et son rôle dans la communication entre congénères. Afin de comprendre la signification des gestes, ils ont observé l’Apparently Satisfaction Outcome (ASO) soit le « résultat apparemment satisfaisant ». Ce résultat n’est autre que l’attitude adoptée par le primate « receveur » du geste qui doit modifier son comportement en conséquence. Par exemple, les biologistes ont découvert que si un bonobo présente son bras à un second, il l’invite en réalité à lui monter sur le dos avant un déplacement. L’ASO serait alors le fait de grimper sur le congénère car il s’agit là de la réponse attendue par l’émetteur du signal. Si celui-ci est satisfait de la réponse, il cesse de faire le mouvement : il baisse le bras. Ainsi, ces primates utilisent une gestuelle spécifique pour demander de la nourriture, initier une copulation ou une séance de toilettage. D’après cette étude, la moitié des gestes des bonobos ont une seule signification tandis que la seconde est plus ambigüe.

Théoriquement, bonobos et chimpanzés sont capables de se comprendre

Quoiqu’il en soit, les chercheurs ont découvert que bonobos et chimpanzés utilisent les mêmes gestes pour communiquer et que ces derniers ont les mêmes significations.

Ces animaux « ne partagent pas seulement la forme physique des gestes mais aussi bon nombre de leurs significations », indique l’étude. « Les bonobos et les chimpanzés peuvent, en principe, comprendre les gestes les uns des autres. Cependant, de nouvelles études sont nécessaires pour déterminer comment les gestes et leurs significations sont acquis ».

Il est possible que ce « répertoire » provienne du dernier ancêtre commun partagé par les bonobos et les chimpanzés avant que les deux espèces ne divergent il y a au minimum 1 million d’années.

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Le Saviez-Vous ► Un laboratoire américain aurait créé un hybride humain-chimpanzé il y a un siècle


À prendre avec un grain sel. Je doute vraiment qu’un humanzee aurait été créé surtout dans les années 1920, même si nous partageons avec les chimpanzés quelque chose comme 99% de notre ADN. Bref, je crois plus que c’est une rumeur qu’autre chose
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Un laboratoire américain aurait créé un hybride humain-chimpanzé il y a un siècle

 

Crédits : DR

 

par  Mehdi Karam

L’humanzee est un hybride entre le chimpanzé et l’humain tout aussi terrifiant qu’hypothétique.

Physiquement, il possède donc la morphologie d’un primate adulte avec des traits plus ou moins humanoïdes, et une faculté supérieure à celle de ses semblables à se tenir droit. Qu’on se le dise, l’humanzee (prononcer human-zée) a tout d’une lubie de savant fou, et met sur la table de sacrées questions d’éthique. Alors qu’on pensait une telle création impossible, des scientifiques auraient pourtant réussi à en créer le premier spécimen, dans les années 1920, prétend le psychologue américain Gordon Gallup, de l’université d’Albany, dans un entretien accordé au Sun. Sous le coup de la panique, ses créateurs, membres d’un obscur laboratoire de Floride, l’auraient tué sur le champ.

« Ils ont inséminé un chimpanzé femelle avec du sperme humain provenant d’un donneur non divulgué, et les chercheurs ont affirmé non seulement que la grossesse avait eu lieu mais qu’elle était arrivée à terme et avait donné lieu à une naissance », raconte le Pr Gallup face à la noirceur d’une telle expérience.

Ces détails, le professeur les a appris au cours des années 1970, de la bouche d’un grand professeur dont il tient à préserver l’anonymat. Si ses propos apparaissent ainsi comme conjecturaux, ils ont bon d’attirer de nouveau l’attention sur une rumeur datant d’il y a un siècle.

Quant à l’humanzee supposément créé, il n’aurait pas vécu longtemps.

Car « après quelques jours ou semaines, ils ont commencé à prendre en compte les implications morales d’une telle création et le nourrisson a été euthanasié », affirme le Dr Gallup.

Ce n’est pas la première fois que cet éminent scientifique aborde le sujet. En 2009, il avait déjà évoqué la même « source crédible » qui lui aurait confirmé l’authenticité de l’expérience avant de se rétracter, la même année. Reste à voir si cette fois-ci également, il se rétractera.

Sources : The Sun / Florida Times-Union

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Les jeunes chimpanzés font comme maman


Les chimpanzés sont un peu comme nos enfants, ils apprennent par le jeu par imitation. Une éthologue a pu constater que la mère des chimpanzés avait beaucoup d’influence envers leurs petits avec les outils qui entre dans leur jeu. Si la mère n’utilise pas un tel outil, les petits le délaisseront à l’âge adulte.
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Les jeunes chimpanzés font comme maman

 

Deux jeunes chimpanzés

Deux jeunes chimpanzés Photo : iStock

Les jeunes chimpanzés préfèrent s’amuser avec des objets similaires à ceux que leur mère utilise comme outils, ont observé des éthologues français.

Un texte d’Alain Labelle

La chercheuse Noémie Lamon et ses collègues du Laboratoire de cognition comparée de l’Université de Neuchâtel ont étudié pendant des années les comportements d‘une communauté de chimpanzés sauvages en Ouganda pour constater que les jeunes chimpanzés apprennent à maîtriser des outils grâce au jeu.

La maman est donc un modèle non seulement pour la maîtrise d’outils, mais aussi lors d’activités purement ludiques.

Noémie Lamon

Un jeune chimpanzé

Un jeune chimpanzé Photo : iStock

Apprendre en manipulant des objets

De façon naturelle, les chimpanzés ont tendance à manipuler les objets de leur environnement. Ces comportements les aident dans leur développement psychomoteur et leur permettent plus tard de manipuler adéquatement des outils.

Si le jeu est le précurseur de l’utilisation d’outils, la chercheuse s’est demandé ce qui influençait le choix des objets manipulés par les jeunes. Pour l’établir, son équipe a suivi un groupe de 37 chimpanzés, de la communauté de Sonso en Ouganda, âgés de 5 mois à plus de 50 ans.

Nous avons noté toutes les manipulations d’objets, comprenant le jeu, mais aussi l’utilisation d’outils. Noémie Lamon

Le répertoire d’outils de ce groupe comprend des feuilles ou des branches qu’on secoue, entre autres.

Les objets retenus par les petits pour jouer en premier lieu sont la végétation ligneuse, comme des branches et des feuilles.

Dans ce groupe, les chimpanzés mâles se servent des branches pour, par exemple, intimider d’autres mâles. En outre, tous les membres du groupe construisent leur nid avec des branches.

Les feuilles, quant à elles, sont utilisées comme support pour écraser les parasites trouvés lors de séances d’épouillage. Les mâles, eux, les déchirent. Un son qui a comme effet d’attirer vers eux l’attention des femelles en ovulation. Les feuilles sont aussi utilisées pour essuyer des souillures d’excréments, de sperme, de sang ou de boue.

Une culture différente

Ce groupe de chimpanzés est particulier, puisqu’il ne se sert pas de bâtons pour chercher de la nourriture, un comportement présent chez presque tous les groupes de chimpanzés en Afrique.

Ainsi, même si dans leur tendre enfance les jeunes de la communauté Sonso jouent avec des bâtons qui pourraient se révéler fort utiles comme outils, ils les abandonnent dès l’âge de 10 ans, date du passage à l’âge adulte, parce que leur mère ne s’en sert pas.

À l’inverse, plus la mère utilise un certain type d’outils, plus son petit est susceptible de jouer avec ce même genre d’objet.

« Si le fait que la mère sert de modèle à ses petits semble assez logique, ce qui est intéressant, c’est qu’elle soit le seul modèle », explique Noémie Lamon.

Les petits ne seraient donc pas influencés par ce que font les autres membres du groupe, qui passent pourtant aussi beaucoup de temps à proximité. Noémie Lamon

De l’importance de la mère

Ce résultat montre que même au niveau du jeu, seuls les comportements de la mère comptent.

Une autre étude de la même chercheuse avait mis en évidence que l’acquisition d’un nouvel outil (une éponge à base de mousse végétale) passait par l’imitation de la mère.

Les présents travaux, dont le détail est publié dans la revue Animal Behaviour, indiquent que l’influence de la mère survient bien plus tôt, déjà au niveau du jeu.

http://ici.radio-canada.ca

Les bonobos préfèrent les tyrans


Les bonobos sont pacifiques, sauf qu’il semblerait qu’ils se rallient plus facilement à celui qui est agressif, même si cela veut dire qu’il soit injuste, ce qui logiquement serait le dominant
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Les bonobos préfèrent les tyrans

 

Photo : iStock/guenterguni

Alors que les humains préfèrent généralement un leadership consensuel, les singes bonobos (Pan paniscus) – nos cousins les plus proches sur le plan génétique dans règne animal avec les chimpanzés –, sont plus attirés par les chefs dominateurs.

Un texte d’Alain Labelle

Les primatologues américains Christopher Krupenye et Brian Hare de l’Université Duke ont été surpris par leurs observations en raison du caractère habituellement pacifique des bonobos, et ce, particulièrement lorsque leurs comportements sont comparés à ceux des chimpanzés.

En outre, les bonobos sont aussi considérés comme des animaux très sociaux, disposés à la coopération.

Selon les auteurs, ces observations permettent donc de penser que l’humain est la seule espèce qui évite le leadership d’individus oppresseurs.

Le saviez-vous?

Un enfant humain montre une capacité à distinguer les personnes gentilles des méchantes dès l’âge de trois mois. Il préfère aussi interagir avec des individus disposés à aider les autres.

La réalité du bonobo

L’équipe américaine de chercheurs a effectué une série de tests avec des bonobos adultes du sanctuaire Lola Ya en République démocratique du Congo afin de déterminer si ces grands singes partagent cette caractéristique sociale avec les humains.

Dans leurs expériences, les scientifiques ont notamment montré à 24 bonobos un dessin animé dans lequel un personnage tente avec difficulté de gravir une colline. Arrivent ensuite deux autres personnages : l’un cherche à l’aider et l’autre le pousse pour le faire reculer. MM. Krupenye et Hare ont ensuite placé un morceau de pomme sous une représentation imprimée de chacun des deux protagonistes, pour voir vers lequel les bonobos se dirigeraient en premier.

Ils ont aussi montré une vidéo d’un humain jetant une peluche trop loin pour pouvoir la récupérer. Une deuxième personne intervient pour lui rendre le jouet, mais un troisième individu s’en empare et l’emporte avec lui.

Un autre choix s’offrait aux singes : accepter le morceau de pomme du voleur ou celui du bon samaritain.

Les observations montrent que, contrairement aux humains, ces primates se dirigent toujours vers les sujets agressifs et asociaux.

Un rapport avec le statut social?

Les primatologues avancent que les bonobos pourraient voir dans la rudesse un signe de statut social élevé et chercheraient tout simplement à se ranger du côté des individus dominants.

En outre, le fait de se ranger du côté des individus dominants pourrait aussi signifier un meilleur accès à la nourriture ou aux compagnons, ou d’autres avantages, comme un risque moins élevé d’être intimidés.

Chez les humains, la mise à l’écart de ceux qui brutalisent les autres contribue à la cohésion sociale et permet d’éviter les mauvais partenaires. Elle permet aussi aux humains de travailler ensemble en grand nombre, et ce, même avec des étrangers, d’une manière différente de celle des autres espèces.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Current Biology.

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Quand la pollution déforme le visage des chimpanzés


Des singes dans une région dans l’Ouganda ont des déformations du visage qu’il n’y a pas ailleurs en Afrique. C’est un parc national qui a une particularité d’être proche des installations humaines avec des exploitations agricoles dont le maïs qu’ils vont chercher la nuit. Les pesticides sont montrés du doigt en particulier le DDT qui est interdit dans beaucoup de pays, mais pas en Ouganda.
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Quand la pollution déforme le visage des chimpanzés

 

La femelle chimpanzé Kyara est porteuse d'un bec-de-lièvre

Sur les 16 chimpanzés porteurs d’une déformation de la face, la femelle Kyara est la seule à avoir un bec-de-lièvre.

© JEAN-MICHEL KRIEF

Par Olivier Lascar

La vétérinaire Sabrina Krief lance l’alerte sur le grand nombre de chimpanzés porteurs d’une déformation de la face à Sebitoli, dans le parc national de Kibale, en Ouganda : ce pourrait être la conséquence d’une trop grande exposition aux pesticides…

C’est à Sebitoli, parc national de Kibale, à l’ouest de l’Ouganda. 25 ans que les scientifiques étudient les chimpanzés dans ce parc africain, et ils n’avaient jamais vu cela : les primates y sont victimes d’une  » épidémie «  de déformation faciale. Narines disymétriques, absentes, lèvres tordues par un bec-de-lièvre. Si cette fente labiale a été observée sur un unique individu – une femelle baptisée Kyara – elle symbolise à elle seule le mystère de Sebitoli…

Comment expliquer en effet que 25% des chimpanzés étudiés par l’équipe de la primatologue française Sabrina Krief portent ces stigmates ?

« Nous avons constaté ces déformations sur 16 des 66 chimpanzés que nous étudions à Sebitoli depuis 2008 », confirme la vétérinaire, professeure au Muséum National d’Histoire naturelle (MNHN).

Et le mal semble circonscrit à cette seule région du parc national. Car il y a près de 1000 chimpanzés dans Kibale pris dans son entièreté. Au sud de Sebitoli, plus de 300 grands singes sont  » monitorés «  quotidiennement dans les zones de Ngogo, Kanyawara et Kanyanchu. Or seul un autre cas de déformation labiale a été répertorié chez les chimpanzés sauvages… dans toute l’Afrique !

Mais Sebitoli a une particularité par rapport aux autres régions du parc national de Kibale. C’est sa très grande proximité avec les installations humaines. A sa bordure, on trouve des exploitations industrielles de thé et d’eucalyptus. Cette zone a été exploitée dans les années 70 pour son bois en faisant usage d’Agent Orange, le défoliant tristement connu pour son usage par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam : la forêt tropicale originelle ne correspond plus qu’à 14% de Sebitoli. On y trouve aussi autour des myriades de petits jardins où les habitants de la région cultivent leur nourriture, tout particulièrement du maïs.

Une situation dramatique pour les grands singes comme pour les populations humaines de la région de Sebitoli

« Les caméras installés dans ces cultures vivrières montrent que les chimpanzés viennent de nuit chaparder du maïs pour se nourrir », raconte Sabrina Krief.

La primatologue et ses collègues ougandais ont donc décidé d’analyser des échantillons de maïs, les graines, les tiges, mais aussi la terre, l’eau des rivières et les poissons de l’habitat des chimpanzés de Sebitoli. Résultat des analyses pratiqués dans le laboratoire d’écotoxicologie de l’Ecole vétérinaire de Lyon : ils recèlent d’alarmantes quantités de pesticides. Du DDT (interdit pour un usage agricole par la convention de Stockholm depuis 2001, signée par plus de 100 pays, mais pas par l’Ouganda qui ne doit l’utiliser qu’à l’intérieur des maisons), le chlorpyrifos, un insecticide organophosphoré, ou encore de l’imidaclopride, le principe actif du Gaucho, le célèbre insecticide de la famille des néonicotinoïdes qui enrobe les grains de maïs que plantent les villageois.

Pour les scientifiques, dont Barbara Demeneix, Professeure au MNHN et co-auteure de l’article publié dans Science of the Total Environment, l’exposition à ces substances chimiques est très probablement responsable des déformations faciales des chimpanzés. Ces substance agiraient comme des perturbateurs endocriniens qui affectent le développement facial in utero du bébé chimpanzé.

« Nous suspectons également ces pesticides d’agir sur le cycle de la reproduction car certaines femelles n’ont pas de cycle sexuel », ajoute Sabrina Krief, qui tire le signal d’alarme : cette situation est dramatique pour les grands singes, mais aussi pour les populations humaines qui vivent dans la région.

Les scientifiques tentent actuellement d’analyser urines et selles des chimpanzés pour vérifier la présence de pesticides dans l’organisme des primates. Mais ils ont d’ores et déjà entamé un travail de sensibilisation auprès des Ougandais pour expliquer que le mésusage des pesticides a, pour tous, des conséquences dramatiques. C’est à ce prix que les chimpanzés retrouveront le « sourire ».

 

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