Le chien a-t-il un seul maitres?


Tout comme l’être humain, un chiot a besoin de sa mère pour acquérir une autonomie, s’il est adopté trop jeune, le maitre devra faire office de parent pour finaliser son développement
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Le chien a-t-il un seul maitres?

 

Le chien a-t-il un seul maître?

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Anne-Lise Paul

 

On entend souvent des maîtres déclarer fièrement: «Mon chien n’écoute que moi!» ou, à l’inverse, dire un peu tristement: «Mon chien aime tout le monde et écoute n’importe qui…» Qu’en est-il vraiment? La fidélité canine est-elle une question d’éducation, de race, de tempérament?

L’attachement: essentiel à la vie

Si l’attachement à la mère a des fonctions multiples, il permet avant tout la survie du jeune animal. Grâce à lui, le chiot sera rassuré et capable d’explorer son environnement, d’interagir avec ses congénères et les autres espèces, d’éviter les prédateurs, d’apprendre les rituels canins… Bref, l’attachement à la mère est un processus indispensable à l’équilibre mental, physique et affectif du chiot.

Le détachement: une étape clé vers l’autonomie

Lorsque les chiots atteignent l’âge de quatre mois, la mère se détache naturellement d’eux afin de les rendre le plus autonomes possible. À partir de ce moment, elle ne répond plus à leurs sollicitations (demandes de contact, de tétée, etc.) Or, ce processus ne peut pas s’exprimer si un chiot est adopté et séparé de sa mère vers l’âge de deux mois.

À ce moment, seul le sevrage alimentaire est terminé; c’est pourquoi l’humain doit impérativement prendre le relais afin de sécuriser le chiot en détresse nouvellement adopté. Il y a donc un transfert d’attachement de la mère à l’être humain. Une fois que le chiot aura atteint quatre mois, son nouveau maître devra ensuite créer une période de détachement, tout comme l’aurait fait la chienne.

Attachement multiple: le secret des chiens équilibrés

À la suite de la période de détachement, le chiot est devenu plus autonome et peut se lier avec d’autres personnes que son maître. Il est alors essentiel que les autres membres de la famille deviennent eux aussi des «ressources» pour le chiot, c’est-à-dire qu’ils lui prodiguent les soins quotidiens (le nourrir, jouer avec lui, le promener, etc.). De cette façon, le jeune chien pourra s’attacher à d’autres êtres que son «premier parent humain». Il deviendra ainsi capable de fonctionner même en l’absence du propriétaire principal, sans risquer de souffrir d’hyperattachement ou de crises d’anxiété.

Existe-t-il des races plus indépendantes?

Il est faux de croire que la race détermine complètement le tempérament. En effet, celui-ci est bien plus influencé par le caractère des parents et par la lignée d’origine du chiot. Certains individus seront plus joueurs, d’autres plus craintifs, d’autres encore plus téméraires, et ces différents aspects de leur personnalité seront ou non appelés à s’exprimer plus fortement suivant le milieu de vie du chien.

Un chien bien dans son poil

Vous l’aurez compris, le fait pour le chien d’être autonome et fonctionnel avec d’autres personnes que son maître ne veut absolument pas dire qu’il y est moins attaché, bien au contraire! Cela prouve simplement qu’il est équilibré et peut rester calme et serein en votre absence. C’est un gage d’amour que de lui laisser cette autonomie, qui ne l’empêchera pas du tout d’avoir une relation privilégiée avec vous!

Q: «Mon chien n’a eu que moi comme maître. Si je dois m’en défaire, pourra-t-il s’adapter à un nouveau foyer?»

R: Contrairement à une idée très répandue, le chien a de formidables capacités d’adaptation. Il peut donc, moyennant une période de transition de trois semaines à deux mois, s’adapter à un nouvel environnement et à de nouveaux maîtres. Cependant, certains chiens auront besoin d’un peu d’aide pour se familiariser avec leur milieu, tandis que d’autres seront plus facilement adaptables

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