Le Saviez-Vous ► Pourquoi déteste-t-on les roux?*


Je ne déteste pas les roux, d’autant plus que j’ai une bru rousse avec qui je m’entends bien. Je suis contre toute discrimination envers la couleur de peau, son origine, les croyances (en autant qu’elles soient pacifiques) la langue, envers des handicapés et bien entendu envers la couleur des cheveux. À vrai dire, je ne comprends pas que des stéréotypes puisse encore exister envers les roux, que des mouvements anti-roux soient actifs. Il faut vraiment être ignorant et stupide de détester une personne pour sa couleur de cheveux.
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Pourquoi déteste-t-on les roux?*

 

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Illustration Laurence Bentz pour Slate

Christophe-Cécil Garnier

Non, Slate ne déteste pas les roux. Notre nouvelle série «Pourquoi déteste-t-on les…?» recense les préjugés courants pour mieux les démonter.

Je n’ai pas vu beaucoup de roux durant ma jeunesse, mais il y a au moins un moment gravé dans mon esprit. Je devais avoir quinze ou seize ans et j’allais à un festival vendéen appelé La Septième Vague, qui se déroule dans la charmante et bucolique commune de Brétignolles-Sur-Mer.

Mon père m’emmenait en voiture avec une amie. En arrivant dans la ville, nous fûmes pris dans un petit embouteillage –ce qui, il faut le dire, constitue un événement en Vendée. Alors qu’on attendait patiemment, un groupe de jeunes nous a dépassés. Deux garçons, puis deux filles et en bout de groupe, un autre garçon, roux, qui transportait un pack de bières.

«- Oh, c’est pas très cool, nous sommes-nous vaguement insurgés mon amie et moi.

– Ça va, répliqua mon père. Dans l’Égypte Antique, ils l’auraient tué à la naissance. Donc il n’a pas à se plaindre.»

La remarque nous interpella, avant de nous faire éclater de rire. Cette amie, qui a rencontré mon père cette seule et unique fois, m’en reparle encore.

Défiance depuis l’Antiquité

Il faut dire qu’il est assez aisé de se moquer des roux, même si personne ne connaît vraiment l’origine des clichés à leur propos.

«On a des preuves de défiance à l’égard des roux et des rousses depuis qu’il y existe des traces écrites, explique Valérie André, auteure de Réflexions sur la question rousseet de La rousseur infamante. Depuis l’apparition de l’écriture, en fait. On a l’habitude de citer la phrase de l’Esprit des Lois de Montesquieu:

“On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d’une si grande conséquence, qu’ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.”

En réalité, les égyptologues ont montré que c’était faux: les Égyptiens ne faisaient pas de sacrifices humains. Mais cela révèle une croyance très ancienne selon laquelle les roux sont maltraités».

Voilà, désolé Papa, la blague tombe à l’eau. Et il est inutile de blâmer Montesquieu pour cette fake news du XVIIIe siècle, l’ensemble du texte est une succession d’ironie pour dénoncer l’esclavage.

Une personne sans ascendant roux a 3% de chance de l’être, selon Valérie André, «quelle que soit l’ethnie» –et c’est important, nous y reviendrons.

La rousseur est due à la mélanine, les pigments responsables de la couleur de nos cheveux, de nos yeux ou de notre peau. Durant la gestation, deux types de mélanine sont synthétisés: la phéomélanine et l’eumélanine.

«Chez les roux, la synthèse reste bloquée aux phéomélanines. Celles-ci sont incapables de synthétiser des ultraviolets, ce qui explique que les roux sont plus sensibles aux coups de soleil, aux brûlures…», explique Valérie André, également chercheuse au FNRS, le CNRS belge.

Le phénomène est responsable de cette carnation«particulière des cheveux et des yeux, que l’espèce ressent très rapidement comme une sorte de dégradation, puisqu’il y a une rareté physiologique, continue la chercheuse.

On peut imaginer que dans les sociétés antiques, où l’on ne possèdait pas ces explications, il était totalement impensable d’avoir un enfant de cette teinte-là, dans un milieu où aucun ancêtre n’avait cette typologie».

Judas, le feu et la prostitution

Associez à cela une succession d’éléments qui, d’un point de vue extérieur et contemporain, frôlent l’acharnement du destin. Dans l’iconographie chrétienne, et principalement sur les vitraux, Judas est présenté comme roux –et sa traîtrise avec, alors qu’il n’existe aucune mention de sa couleur de cheveux dans les Évangiles.

Trahison de Judas recevant les trente deniers, maîtresse-vitre de l’église Saint-Ouen aux Iffs (Ille-et-Vilaine) | Via Wikimedia Commons

Dans la société occidentale, la rousseur devient rapidement associée au feu, «un élément dont on sait l’ambivalence qui l’entoure: il est capable d’une destruction complète, mais est aussi vital», note Valérie André.

 Sauf que dans l’imaginaire médiéval, le feu vient avec les démons; les personnes rousses se retrouvent ainsi associées au mal satanique.

En 1254, Saint Louis (Louis IX) publie même un édit stipulant que les prostituées doivent se teindre en roux, «couleur des feux de l’enfer et de la luxure», pour se distinguer des honnêtes femmes.

La construction de stéréotypes autour de la rousseur a été constante au fil de l’histoire, mais ils diffèrent en fonction du genre. Si certains, comme le fait de sentir «mauvais», s’appliquent aux deux, (avec parfois des explications vraiment capilotractées, comme ci-dessous), les rousses et les roux ne sont pas logés à la même enseigne –ou plutôt au même cliché.

Les femmes rousses sont présentées comme des femmes fatales, dangereuses et nymphomanes quand les hommes roux sont eux censés être laids, avec un sale caractère, hypocrites et «enclin aux crimes de sang», selon Valérie André.

«À ces croyances et bobards, on va vouloir donner un fond de rationalité et une assise très crédible aux préjugés. Au XIXesiècle, certains médecins italiens n’hésitent pas à écrire que les femmes rousses portent en elles le syndrôme de la prostitution.»

Une idée qui se retrouve chez les auteurs naturalistes, qui souhaitaient s’appuyer sur les sciences humaines et sociales dans leurs ouvrages. Chez Émile Zola, Nana, qui représente la prostitution dans les Rougon-Macquart, est rousse. Dans la nouvelle éponyme de Maupassant, Yvetteest destinée à devenir courtisane à cause de sa chevelure.

Des préjugés persistants

«Nous sommes dans un discours qui s’entretient de manière souvent fort inconsciente. Les gens véhiculent le préjugé, détaille Valérie André. On ne s’est pas beaucoup interrogé sur les origines de la question et on se retrouve avec un héritage ancestral, qui a eu tendance à muter. S’il y a une altération du préjugé, on se rend compte qu’il n’a pas disparu. Celui sur la sexualité des femmes rousses est utilisé dans la publicité pour les montrer séduisantes. Si c’est moins difficile à vivre aujourd’hui car la société est plus libérée, on n’en sort pas pour autant».

Une étude réalisée dans les années 1980 est détaillée dans l’ouvrage Le langage du corps et la communication corporelle de Marc-Alain Descamps. Si elle n’est conduite qu’auprès de quarante personnes, à qui l’on a demandé de juger une femme brune, une rousse et une blonde, les résultats collent parfaitement aux stéréotypes.

La rousse est considérée comme «traître à 95% et langoureuse à 92%».

Elle est également considérée comme la plus infidèle et la plus méchante. Dans une étude identique portant sur des modèles masculins, le roux est considéré comme le plus fidèle, «parce qu’il n’a pas beaucoup de choix».

Bien que ces clichés soient éculés, ils ont la vie dure. Pascal Sacleux a décidé de se lancer dans un travail photographique sur les roux en 2016. Ce photographe a commencé à y réfléchir après une chronique en 2014 de Fabienne Sintes, qui officiait alors sur France Info.

«J’adorais ses chroniques le matin. Elle parlait de la mort deMickey Rooney, un acteur des années 1950. Elle commence à dire: “Petit, rondouillard, rouquin, et pourtant, il aura connu huit mariages et non des moindres”. Je me suis dit: “C’est du délire, pas elle, pas ça!”. On peut piocher dans l’inconscient collectif sur les roux et dire que “c’est notoire”, mais pas une journaliste. C’est sa responsabilité de véhiculer ou non ce genre d’idioties. Ça m’a blessé, vraiment. J’étais en colère».

Exemples de photos prises par Pascal Sacleux

Une «roussitude» à assumer

Le photographe, qui a longtemps suivi «les cultures noires, africaines, afro-américaines ou caribéennes», se dit alors qu’il va effectuer un «travail sur mes semblables, ma propre minorité». C’est en avril 2016 qu’il se rend compte qu’il tient quelque chose, alors qu’il prend en photo un enfant roux d’une famille d’amis:

«On parlait du fait d’être roux, de “roussitude”. Je n’aime pas trop les mots inventés comme “roucisme”, parfois utilisé pour parler de “racisme anti-roux”, mais celui-là me convient bien. Ça fait un parallèle avec la négritude [un courant littéraire et politique théorisé notamment par Sédar Senghor, ndlr]. Après l’avoir photographié, sa mère m’a dit que ce que je lui avais raconté allait l’aider dans son identité. Et là, j’ai eu un flash».

Le projet de Pascal Sacleux est bien accueilli; il photographie 128 personnes en un an, «en quadrillant le secteur Vitré – Saint-Malo – Nantes» –il vit en Bretagne. Très vite, on lui raconte «des histoires effrayantes» de harcèlement.

Lui n’a jamais eu de problème:

«J’ai toujours été plutôt bien dans ma peau, à part vers 17 ans, une période où l’on est vulnérable. Mais on ne m’a jamais harcelé. Je savais qu’être roux était un petit peu différent, mais je ne savais pas à quel point ça pouvait être un calvaire».

Pascal Sacleux a recueilli bon nombre de témoigagnes. Avant notre appel, il avait photographié sa 700epersonne. Après son exposition «Bretagne: Ornements de rousseur» à l’aéroport de Rennes, il photographie de plus en plus de monde, lors de week-ends: 70 personnes à Carhaix, 124 à Quimper et 159 à Saint-Brieuc. Un tel engouement l’a surpris:

«Je me suis dit qu’il y avait vraiment un truc. Les gens sortent de leur tanière pour venir se faire photographier, alors qu’on ne les entend pas, qu’on ne les connaît pas. Ils trouvent le courage de venir et de se poser devant un photographe inconnu parce qu’ils sont roux et veulent se montrer. Derrière, il y a une attente. On sent qu’ils ont pris cher dans l’enfance et leur jeunesse», détaille-t-il, le ton enjoué.

«Les roux comme les autres ont les cheveux qui changent. Certains n’osent pas m’approcher parce qu’ils ont les cheveux blancs.» | Pascal Sacleux

Ce travail a débouché sur un autre projet: la publication à venir d’un livre, en collaboration avec Élodie, blogueuse du site La Vie en rousse, et la documentariste Marie-Savine Colin.

L’ouvrage sera «un état des lieux de la condition des roux aujourd’hui en France. Des gens dont on se fout éperdument et dont on n’entend jamais parler».

Ou quand on en entend parler, c’est souvent pour perpétuer des clichés. En 2017, l’émission «Sept à Huit» accueillait le chanteur britannique Ed Sheeran. Remarque du journaliste Thierry Demai­zière:

«Vous êtes né roux, bègue, avec un problème de tympans et un problème de vision».

Une culture commune exclusivement visuelle

L’avènement des réseaux sociaux a eu un effet non négligeable sur les stéréotypes, selon Valérie André:

«Cela a permis de libérer une parole qui s’est sentie totalement à l’abri du politiquement correct. Si vous notez tous les préjugés qui touchent les roux et les remplacez par “noirs” ou “juifs”, vous vous retrouverez au tribunal pour incitation à la haine raciale. Avec les roux, on se l’autorise.»

La chercheuse note également une déferlante de groupes anti-roux sur Facebook, qui ont conduit à des débordements. L’un deux avait mis en place une «journée nationale des coups de pieds aux roux». Selon son créateur, l’évènement était censé être une blague s’inspirant d’un épisode de South Park –qui traitait pourtant, comme à son habitude, le sujet de façon juste et satirique; 5.000 membres ont adhérés et le «gag» a engendré des agressions.

«Ce qui est intéressant, pointe Valérie André, c’est que la rousseur n’est pas réservée à une partie de l’humanité. Elle peut se retrouver partout: chez les Africains, les Asiatiques, les Européens. Cela empêche au fond qu’il y ait une stigmatisation par ethnie, même si les comportements anti-roux appartiennent selon moi au racisme ordinaire».

Exemples de photos prises par Pascal Sacleux

«Je n’aime pas parler de racisme anti-roux, surenchérit Pascal Sacleux. Je préfère le terme de “discriminations”. On ne forme pas une communauté; c’est ça qui peut faire la différence. Les Afro-Américains aux États-Unis ont la même histoire, via l’esclavage. Nous, on n’a pas de héros roux; on ne peut pas tous se ranger derrière Ed Sheeran. Je suis admiratif des cultures afro-américaines: elles ont eu la démarche de se sortir des clichés, des stéréotypes et des discriminations. Les communautés noires ont des cultures communes, des langues, des histoires. Les roux pas du tout. Notre culture n’est que visuelle, c’est la seule chose qui nous rallie.»

En parlant de ralliement, Pascal Sacleux va organiser en 2018, près de Rennes, un festival pour les roux et rousses, «mais ouvert à tous», précise-t-il.

«Le maire prévoit 500 personnes, je lui ai dit que ça allait plutôt être 5.000!»

Tout en sachant que cela relève «de l’ordre du fantasme», le photographe aimerait qu’il soit «aussi politiquement incorrect de se moquer d’un roux que d’un noir, d’un Asiatique ou d’un handicapé».

Pour atteindre ce but, il n’y a pas trente-six solutions. Valérie André l’illustre avec une dernière anecdote, personnelle cette fois:

«Quand je suis passée une fois à la télé, une maquilleuse italienne m’a dit que sa sœur avait eu un enfant roux, et que leurs parents ne voulaient pas le voir. Ils auraient préféré un trisomique». Elle marque une pause. «Le roux ne se sent pas roux en tant que roux, mais dans le regard de l’autre. C’est ce regard qu’il faut changer.»

https://www.slate.fr

Une fille rousse exclue de son école parce que ses cheveux sont «trop roux»


Heu.. c’est complétement stupide ! Cela n’a aucun sens ! Qu’on interdise dans une école certaines colorations de cheveux, cela peut aller, mais interdire une couleur naturelle qui n’est pas colorée par une produit pour les cheveux est carrément incompréhensible, de la pure discrimination. J’espère que cette jeune fille gardera sa belle couleur et aura gain de cause
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Une fille rousse exclue de son école parce que ses cheveux sont «trop roux»

 

Par Alev Yildiz

    Emily Reay, une Anglaise de 17 ans, vient d’être exclue de son école secondaire pour la simple raison que ses cheveux sont considérés comme… trop roux! La jeune fille a été priée de changer d’apparence, sans quoi elle n’aura pas le droit de reprendre le chemin des études.

    D’une couleur auburn très vive, les cheveux d’Emily sont pourtant bel et bien naturels.

    « J’ai eu la même couleur pendant mes trois années de lycée et personne à l’école ne m’a jamais fait un seul commentaire », confie-t-elle au Telegraph. Lorsque les cours ont repris après les vacances de Pâques, plusieurs professeurs de la Trinity School, à Carlisle au Royaume-Uni, ont soudainement jugé que sa couleur était « inappropriée ».

    Une décision qui tombe mal, puisqu’Emily se retrouve privée de cours peu avant ses examens de dernière année.

    « Au début, j’étais très en colère, et puis j’ai fini par fondre en larmes ».

    Cette passionnée de musique, qui poste régulièrement des vidéos de ses performances sur sa page Facebook, estime que ses cheveux sont sa « marque de fabrique ». Pour rien au monde elle ne voudrait les teindre.

    emily reay

    La chanteuse en herbe a proposé à son établissement de cacher sa crinière avec un bandeau ou un chapeau lorsqu’elle se rend en cours, mais sans succès.

    « Ce qui est drôle, c’est que mes cheveux étaient encore plus brillants lors de la soirée du bal de promo, et que j’ai quand même remporté le prix de la meilleure coiffure », ironise-t-elle.

    emily reay

    Furieuse, la mère d’Emily Reay s’indigne :

    « Selon la politique de l’école, ce sont les couleurs qui ne sont pas naturelles telles que le bleu ou le vert qui sont supposées être interdites. Depuis quand le roux n’est-il pas une couleur naturelle ? »

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Le Saviez-Vous ► 8 choses que vous ne saviez pas sur les roux.


Les personnes aux cheveux roux, sont très différentes aux autres couleurs de cheveux, ils sont peut-être en voie de disparition. Être roux apporte certains avantages, mais aussi des inconvénients
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8 choses que vous ne saviez pas sur les roux.

1. Le gène responsable de la couleur de cheveux rousse est récessif.

Ça veut dire que pour qu’un enfant soit roux, il faut que ses deux parents portent le gène en eux. Les deux parents ne sont pas nécéssairement roux eux-mêmes — la simple présence du gène dans leur ADN laisse environ 25% de chances pour que l’enfant naisse roux. Même si il ne l’est pas, il sera quand même porteur du gène. Qui sait, il y a peut-être un roux caché en vous !

2. Les roux ont moins de cheveux, mais ceux-ci sont plus épais.

En moyenne, une personne rousse possède 90,000 mèches de cheveux sur le crâne. À titre de comparaison, c’est 110 000 mèches en moyenne pour une personne blonde et  140 000 mèches pour une personne brune… Mais ça a ses avantages aussi : Les roux compensent par des cheveux plus épais et plus résistants.

3. Les roux sont plus résistants à l’anesthésie et aux anti-douleurs.

Il faut souffrir pour être rouquin. D’après les observations des médecins et plusieurs études scientifiques, il est plus dur d’anesthésier un roux qu’une personne brune ou blonde. La faute au gène MC1R, qui est en partie responsable de la couleur de peau et des cheveux des roux. Ce gène est en effet aussi lié aux hormones stimulant les récepteurs de douleur dans le cerveau. Plus d’études doivent être menées afin de déterminer avec précision l’origine de cette résistance…

4. Les roux sont plus sensibles aux changements de température.

Encore un coup du gène MC1R ! Son action sur les récepteurs du cerveau liés aux stimulations extérieures provoque un changement de leur perception de la température. Ainsi, ils sont plus sensibles au froid et à la chaleur.

5. Les roux sont extrêmement rares.

Ils ne représentent en effet que 1 ou 2% de la population mondiale.

6. Les roux aux yeux bleus sont encore plus rares…

Si la plupart des roux ont les yeux marrons ou vert, une poignée d’individus ont les yeux bleus.  Il s’agit de la combinaison de couleur cheuveux/yeux la plus rare du monde ! Et c’est bien dommage, parce que c’est plutôt joli. Seuls 1% des roux environ ont les yeux de cette couleur… (1% de 1%, ça fait combien ?)

7. Les roux n’ont pas de cheveux gris.

C’est bien connu, les roux ne vieillisent pas : ils rouillent. C’est une autre particularité de ce type de cheveux: ils retiennent leur pigmentation plus longtemps. De ce fait, les roux ne connaissent pas les cheveux gris. À la place, la couleur de leurs cheveux disparaît petit à petit, passant par un blond légèrement rosé jusqu’a devenir d’un blanc argenté. Autre conséquence de cette pigmentation forte : il leur est plus difficile de se teindre les cheveux.

8. Les roux produisent plus de vitamine D

La peau des roux possède une faible concentration de mélanine. C’est pour cela qu’ils ont la peau pâle et qu’ils craignent le soleil. Cependant, grâce à cela, ils peuvent produire plus de vitamine D lorsqu’il y a peu de lumière. Ils sont donc mieux adaptés que les autres dans les environnements peu ensoleillés !

http://www.demotivateur.fr

Pourquoi suis-je roux?


Personnellement, je ne comprends pas que des roux, dès l’enfance font face à une intimidation a cause de la couleur de leurs cheveux. Que des hommes sont les mal-aimés à comparer aux femmes et que cela peut aller jusqu’à détester ouvertement les roux
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Pourquoi suis-je roux?

 

Sur l'échelle de roux, notre collaborateur Simon Painchaud se situe entre le... (Image Vincent Tourigny, vtourigny.com)

IMAGE VINCENT TOURIGNY, VTOURIGNY.COM

SIMON PAINCHAUD / URBANIA

Sur l’échelle de roux, notre collaborateur Simon Painchaud se situe entre le roux cliniquement roux et Karine Vanasse. Bon an mal an, la couleur roux a – selon lui – fait une éclaboussure indélébile sur sa personnalité comme une tache de sauce à spaghetti sur une chemise neuve.

Dans une démarche historique et philosophique, il s’est entretenu avec Valérie André, auteure de Réflexions sur la question rousse.

D’où vient ma rousseur? 

Biologiquement, c’est un accident de parcours dans l’évolution. Sur le plan scientifique, la rousseur peut être considérée comme une anomalie. Ceux qui n’ont pas de parents roux dans leur famille auront malgré tout 3 % des chances d’avoir un enfant roux. Vous pouvez avoir des roux chez les Noirs, les Blancs et les Asiatiques, car il s’agit d’une mutation dans la synthèse du pigment. Ce n’est pas considéré comme un pigment banal, comme le brun ou le blond. La rousseur authentique se caractérise par un teint extrêmement clair, des yeux pâles et une pilosité d’une teinte très particulière.

Certains scientifiques croient que les roux disparaîtront d’ici une centaine d’années. Est-ce que ma teinte va véritablement partir au lavage? 

Il n’y a aucune raison que la rousseur disparaisse. Pas plus que l’albinisme. Le seul moyen qu’elle disparaisse, c’est si on procédait à une élimination d’embryons qui auraient subi cette évolution pigmentaire. Ce qui voudrait dire que la médecine accréditerait cette sélection, ce qui est hautement improbable. Il faut savoir que la rousseur est un gène qui a tendance à être dominant.

Mais pas très dominant dans une cour d’école, si je me fie à mes expériences passées. Est-ce qu’être roux avant 1981, c’était pénible?

Pour résumer ce qui caractérise l’ensemble des époques, nous sommes dans une relation extrêmement ambiguë, voire bipolaire avec la rousseur. L’attraction et la répulsion se confrontent, comme c’est souvent le cas dans des phénomènes de minorité. Les sociétés anciennes n’avaient pas accès à toute cette connaissance scientifique, alors ils se tournaient vers des interprétations souvent de nature magique, religieuse ou superstitieuse.

Dès le 4e siècle avant Jésus-Christ, on va assimiler les roux à des personnages hypocrites et fourbes en les associant au renard. On transpose donc sur l’homme les qualités ou les défauts de l’animal, et vice versa. Par une démarche similaire, on associera la rousseur au feu. Dans notre représentation, le feu est associé à la fois à la vie et à la mort, à la chaleur et aux forces diaboliques et aux forces surnaturelles. Cette analogie sera projetée sur les humains.

Force diabolique et feu, on se croirait dans Twilight. Est-ce que leur épiderme éclipse encore leur personnalité?

Oui, c’est souvent le cas. On va désigner votre personnalité en vous traitant de roux ou de rouquin. Que ce soit positif ou négatif. C’est une idée de dépersonnalisation de l’individu qui est résumée à sa couleur de cheveux. Dans beaucoup de romans, la rousseur du personnage est également un facteur identitaire. On va très rapidement poser un diagnostic esthétique différent sur la rousseur des hommes et sur la rousseur des femmes.

De quelle façon?

Dans le cas des hommes, historiquement, la rousseur a souvent été associée à l’antisémitisme. Par exemple, jusque dans les années 1920, on entendait dans plusieurs langues européennes l’expression «roux comme Judas». On n’a pas retracé de textes qui évoquent la rousseur de Judas, mais plutôt des peintures qui le représentent avec les cheveux roux. Dans l’imagerie populaire, on associe alors la rousseur de Judas à sa félonie, à sa traîtrise et même à son judaïsme. On se retrouve donc avec une forme de poids sémantique qui va toucher les uns et les autres.

Est-ce qu’on réserve le même traitement aux femmes?

Pour la femme, il va y avoir un phénomène qui va davantage toucher à sa sexualité. Cette association est surtout bâtie sur l’imagerie du feu et de son association à la chaleur. On sait que dans l’Antiquité, dans certains quartiers de Rome, les femmes prostituées pouvaient arborer certaines coiffures et teintes de cheveux particulières.

Lesquelles?

Difficile à dire. À l’époque, le latin ne permettait pas de différencier les subtilités des couleurs comme aujourd’hui. Il y a donc une certaine hésitation dans la traduction entre le blond et le roux. Alors, il y avait une association tout à fait artificielle entre la couleur de cheveux de ces prostituées romaines et celle des véritables rousses. Ce caractère sexué des femmes s’est même retrouvé sous la plume d’auteurs du 19e siècle comme Balzac, Zola et Maupassant. Dans les années 1880, certains médecins italiens et français écrivaient que les prostituées posséderaient un gène de la prostitution. Et que les femmes rousses seraient porteuses de ce gène. Ça va loin!

Peut-on dire que mes semblables sont moins persécutés de nos jours?

On se trouve aujourd’hui dans une époque où le métissage a beaucoup plus sa place. La différence n’est plus devenue un problème en soi. Et pour tout ce qui touche les femmes rousses, on vit dans une société où la sexualité est survalorisée dans les médias, le cinéma, la mode. Être une jolie rousse est aujourd’hui un avantage plutôt qu’un problème. Mais le phénomène d’internet a permis la résurgence de la haine du roux. Les gens se laissent aller sans la moindre autocensure, mais ils n’ont pas le sentiment de faire un acte de racisme. Si vous remplacez le mot roux par Noir ou Juif, vous encourez un procès. L’internet libère toute une gamme d’instincts.

En terminant, que diriez-vous à mon enfant roux si vous étiez sa marraine?

Je lui dirais que sa faiblesse momentanée fera sûrement sa force à un moment donné. On vit aujourd’hui dans une société où la singularité devient bien souvent un facteur de valorisation. Certains roux célèbres comme Sonia Rykiel en ont fait leur force. Mais malheureusement, la connerie n’a pas de frontière…

http://www.lapresse.ca/

Pas toujours facile d’être roux…


J’avoue que je ne pensais pas que les roux étaient si malmenées. Chez nous on a toujours aimée la couleur de cheveux roux .. alors c’est peut-être pour cela que je suis si surprise de constater comment certains ont du avoir la vie dure a cause des sobriquets et des blagues plates qu’on fait a leur égard
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Pas toujours facile d’être roux…

 

Pas toujours facile d'être roux...

Photothèque: La Presse
Agence France-Presse
Paris

On le sait depuis Poil de Carotte, être roux n’est pas facile et, récemment, ce drôle de racisme capillaire a resurgi sur Internet où les blagues anti-roux pullulent.

Le cinéma s’en fait aussi l’écho avec un film qui suit deux rouquins en route vers l’Irlande.

«Les hommes roux puent. Les femmes rousses sont faciles. Un roux ne vieillit pas, il rouille. Mettre des bâtons, dans les roux» et autres blagues et idées préconçues, toujours de bon goût, circulent depuis la nuit des temps.

 

«On m’a tellement dit que les roux dégageaient une odeur particulière, voire nauséabonde, que j’ai moi-même commencé à le croire, relate Aymeric, 29 ans.Mes parents, qui ne sont pas roux, me rappellent souvent que je demandais au coiffeur de me teindre les cheveux quand j’étais enfant.»

Les roux représentent 3% de la population mondiale. Ils ne sont pas une minorité mais une «anomalie scientifique» qui intervient au moment de la transformation de la chaîne des pigments.

Dans le film de Romain Gavras, Notre jour viendra, qui sort cette semaine en France, les deux protagonistes roux «sans peuple, ni pays, ni armée» se mettent dans la tête de combattre le monde et la morale en allant vers l’Irlande, «le pays des roux».

«Je n’ai rien contre les roux,explique le réalisateur. Ce n’est pas une obsession. D’ailleurs mes acteurs ne sont pas très roux dans le film. Mais à l’heure où les questions de repli communautaire et d’identité nationale improbable sont à la mode, ils peuvent cristalliser cette différence qui n’existe que dans l’apparence.»

Professeur de littérature, pas rousse, Valérie André s’est intéressée à la question. En 2007, elle a publié un ouvrage devenu une référence, Réflexions sur la question rousse.

Elle explique : «En faisant mes recherches, j’ai découvert que les discriminations contre les roux ne sont pas si anecdotiques. Quand on s’en prend aux roux, on n’a pas l’impression de faire un acte de racisme, on est protégé par le politiquement correct, mais c’est bien de cela qu’il s’agit.»

Pour la chercheuse, les croyances sur les roux remontent à la nuit des temps.

«On essaye toujours d’expliquer ce qu’on ne connaît pas avec des éléments surnaturels, poursuit-elle. C’est pour cela que les roux, si rares, sont victimes de préjugés depuis si longtemps. Par exemple, on les dit traîtres car Judas était représenté comme roux. Balzac écrivait souvent : « être roux comme Judas ».»

Avec le succès de Facebook et des vidéos amateurs, les roux sont redevenus une cible privilégiée, ajoute la chercheuse.

 

La rousseur, cette «couleur de feu» se remarque. Alors fiers de cette singularité, certains en ont fait une force.

«Je m’habille souvent en rouge, je mets du rouge à lèvres très rouge, j’ai décidé d’en jouer, développe Myriam, une actrice de 32 ans. Parfois, c’est ça qui me fait obtenir un rôle.»

«Ce qui est minoritaire gène ou suscite l’envie, conclut Valérie André. Les roux ont du caractère, on les voit. Sonia Rykiel est la personnalité la plus connue, en France, qui renvoie cette image positive car elle en a fait une force.»

La créatrice de mode ne s’en cache pas. «Je suis née rousse comme pas possible,confie Sonia Rykiel à l’AFP. Je me suis vite rendu compte de mon anormalité et il fallait que je joue du fait que j’étais une attraction pour obtenir ce que je voulais.»

La rousse première de la classe, la rousse forte-tête, la rousse qui se trouve belle, Sonia Rykiel a été toutes ces femmes et jamais personne ne s’est moqué d’elle.

«J’en imposais, être rousse m’a donné une confiance incroyable, raconte-t-elle. Je comprends que c’est difficile à assumer mais c’est une chance inouïe. Il faut que les roux en prennent conscience.»

http://www.cyberpresse.ca