Le Saviez-Vous ► Si un chevalier du Moyen-Age voyageait dans le temps jusqu’en 2018 et voyait des femmes travailler librement, quelle serait sa réaction ?


Au temps des chevaliers, en Europe, on pourrait croire que la femme était soumise totalement à l’homme, sachant comment les femmes ont dû se battre pour nos droits que nous avons aujourd’hui et qu’encore, il y a des combats pour en faire reconnaître d’autres. Pourtant, les femmes en Europe avaient des pouvoirs, des droits, l’accès à l’héritage et la richesse sans avoir besoin de l’accord d’un homme. Elle pouvait  donc être indépendante au Moyen-Âge.
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Si un chevalier du Moyen-Age voyageait dans le temps jusqu’en 2018 et voyait des femmes travailler librement, quelle serait sa réaction ?


Antoine Durandy L’Histoire est comme la confiture

Helena Schrader

Auteur original

Cette réponse peut ne pas être une traduction fidèle de la réponse de Helena Schrader à Quora en anglais : If a medieval knight time traveled to 2018 and saw women working and having freedom, what would his reaction be?


Les non-historiens sont enclins à penser que le progrès est linéaire. Puisque les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’au début du XXème siècle dans les grandes démocraties, l’idée est qu’avant le XXème siècle les femmes n’avaient aucun droit. Cependant, comme l’a noté l’historienne française Régine Pernoud dans son livre La femme au temps des cathédrales (1981 en français, traduction anglaise en 1989), les femmes ont profité d’un pouvoir bien plus grand -liberté et influence- au Moyen-Age que dans les siècles qui ont suivi. Dans son introduction elle fait la remarque suivante:

Les femmes de ce temps (du Xème au XIIIème siècle) ont incontestablement exercé une influence que les rebelles solitaires du XVIIème ou les anarchistes du XIXème siècle ne pouvait atteindre. Cette influence a manifestement diminué […] les poussant à une éclipse dont elles n’ont émergé qu’au XXème siècle.

Au sommet de la société féodale, les reines étaient ointes et couronnées parce qu’on attendait d’elles qu’elles exercent une autorité sur l’entièreté du royaume, ce pour quoi la bénédiction divine était considérée comme essentielle. Ce n’était un pouvoir ni nominal ni cérémoniel. Quand le roi mourait et que son fils n’était pas en âge de régner, il était normal que la reine agisse comme régente. En France, cela remonte à 1060, et la mort d’Henri Ier, sa femme Anne fut régente au nom de son fils Philippe Ier (NdT: à l’époque les princes étaient sacrés du vivant de leur père pour leur apprendre tôt à gouverner, ce qui donne une idée de la jeunesse de Philippe). En Angleterre, Isabelle de France a servi de régente durant les périodes de démence de Henri VI. Quand Louis IX partit en croisade en 1249, il laissa sa mère comme régente, une fonction qu’elle avait déjà exercé durant sa minorité (après le décès de Louis VIII le Lion de dysenterie). Quand il fut fait prisonnier par les Sarrasins, il a négocié sa rançon en avançant le fait que comme il était prisonnier seule sa mère reignait et que seule elle pourrait confirmer les termes de l’accord. Donc n’importe quel chevalier serait parfaitement à l’aise avec une femme exerçant le pouvoir suprême.

A travers la majorité de l’Europe les femmes pouvaient être baronnes dans le sens où elles pouvaient à la fois recevoir et donner des serments féodaux. Cela ne peut pas être sous-estimé: les serments étaient le ciment de la société féodale, ils rendaient le féodalisme fonctionnel. La reconnaissance d’une femme comme vassale ou suzeraine, et pas en raison de son mari ou de son père mais de son propre chef (NdT: chef au sens de tête, donc de son droit propre), signifiait la reconnaissance de la femme comme une entité légale entièrement indépendante. Dans le royaume de Jérusalem, les femmes pouvaient ainsi accuser et se défendre au tribunal devant les Cours de Justice. Pour faire court, les chevaliers n’auraient aucun problème avec des femmes PDG.

Rien ne donne plus de pouvoir et de statut aux femmes que la richesse. Dans l’Europe médiévale, non seulement les nobles mais aussi les roturières et les paysannes pouvaient hériter, posséder et transmettre une propriété. De plus, elles n’avaient en aucun cas besoin de la permission de leur mari pour le faire. Des milliers d’actes juridiques médiévaux appuient cette idée.

De plus, les héritières n’étaient pas les seules à profiter de la propriété et ses bénéfices. Au contraire, même les femmes mariées recevaient un douaire (NdT: pour les nobles, souvent une partie de la dot). Au Haut Moyen-Age, les douaires étaient inaliénables et réservés à la femme du temps de son mariage. Une femme possédait et contrôlait son douaire, même après la mort de son mari (NdT: ce qui pouvait initier des querelles de succession avec des cousins avides; les veuves faisaient souvent appel à leur suzerain(e) lorsqu’on leur disputait leur douaire). En Angleterre, une veuve héritait généralement d’un tiers de la propriété de son mari, à Jérusalem la moitié. Donc des femmes disposant de ressources propres ne serait pas une idée saugrenue pour un chevalier médiéval.

Les bourgeoises pouvaient hériter d’entreprises entières, et comme veuves elles les dirigeaient, et participaient à la gestion des guildes. En fait, elles partageaient souvent le métier de leur mari de son vivant. Les illustrations manuscrites montrent par exemple des femmes banquières (collectant les intérêts des prêts, alors que le mari les accorde), ou des “tavernières”. Il y a même des illustrations de femmes casquées apportant des rafraichissements à des archers engagés dans une bataille!

Plus important encore, les femmes pouvaient apprendre, commencer et gérer une activité professionnelle par elles-mêmes. Elles pouvaient le faire comme veuves, célibataire (femme sole, en vieux français dans le texte), ou en tant que femmes mariées, gérant une entreprise différente de celle de leur mari. Les capacités acquises, encore plus que la propriété, encourageaient l’indépendance et la prise de pouvoir parce que la propriété pouvait toujours être perdue (incendie, invasion, dette) alors que les capacités restent tant que la personne est en assez bonne santé pour en faire usage. De plus, dès qu’elles étaient assez qualifiées dans un métier, les femmes prenaient part dans l’administration de leur profession, en tant que membres de guildes ou dans les tribunaux professionnels qui jugeaient les cas de fraudes, malfaçon etc. Pour faire court, les femmes n’étaient en rien discriminées dans un travail spécifique dès qu’elles étaient qualifiées.

Les femmes du Moyen-Age pouvaient apprendre une grande variété de métiers. Certains étaient mêmes dominés par la gent féminine, comme la brasserie en Angleterre, la boulangerie en France, et à peu près partout la lainerie. Cependant elles étaient aussi couramment boutiquières, vendant tout et n’importe quoi depuis les fruits et les légumes (peu lucratifs) jusqu’aux épices et livres (objets de luxe!). En plus, les femmes pouvaient être, entre autres choses, artisanes, fabricantes de bougies, paveuses, ou tanneuses. Elles pouvaient aussi être musiciennes, copistes, illuminatrices ou peintres.

Mais le plus surprenant pour des oreilles modernes, c’est que les registres médiévaux listent aussi des femmes comme orfèvres, serrurières, ou armurières. Un livre de compte de tous les trafics de Francfort de 1300 à 1500 montre un total de 154 commerces, dont 35 réservés aux femmes, alors que le reste était pratiqué à la fois par les femmes et les hommes, même si les hommes dominaient 81 des métiers restants.

Donc non, un chevalier ne serait en aucun cas surpris de voir des femmes travailler et prendre une part importante de l’économie sur un pied d’égalité avec les hommes. Il ne serait pas non plus surpris de voir des femmes modernes plus “libres” que les femmes de son temps.

https://fr.quora.com/

Le Saviez-Vous ► En Italie, une épée dans un rocher attend toujours l’élu qui pourra l’en retirer


Le roi Arthur avait son excalibur, l’Italie aussi aurait son épée légendaire d’un chevalier qui a laissé sa richesse à enfoncé son épée dans un rocher pour se consacrer dès lors à Dieu
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En Italie, une épée dans un rocher attend toujours l’élu qui pourra l’en retirer

 

par  Nicolas Pujos

 

À la fin du XIIe siècle près de Sienne, le chevalier italien Galgano Guidotti enfonce son épée dans un rocher pour prouver qu’il délaisse ses richesses afin de consacrer sa vie à Dieu.

Selon le Guardian, la légende raconte que personne n’est parvenu à l’extraire du rocher depuis… ça ne vous rappelle rien ?

« L’Excalibur d’Italie », la « légendaire épée dans la pierre » attise la curiosité depuis la fin du XIIe siècle. Près de Sienne, un seigneur féodal, Galgano Guidotti excelle au combat. Ses qualités de guerrier lui valent richesse et reconnaissance ; son comportement s’en ressent. Qualifié d’arrogant et de violent, Guidotti ne se doute pas qu’une apparition divine va changer le cours de son existence.

La légende raconte que Guidotti eut la vision de l’Archange Michel, qui lui demanda de consacrer sa vie à Dieu en abandonnant ses richesses. Peu enclin à s’y résoudre, Guidotti lui rétorqua que ce changement de vie serait aussi difficile que de fendre une pierre. Il s’élança et, à sa grande surprise, son épée traversa la pierre sans résistance.

Mort en 1185, il fut canonisé par le pape Lucius III. Peu après, la chapelle San Galgano de Montesiepi, du nom de la colline sur laquelle Guidotti aurait rencontré les 12 Apôtres, fut construite autour du rocher contenant l’épée.

À ce jour, la légende se perpétue puisque personne n’a pu extraire l’épée. Une paire de mains momifiées est exposée dans la chapelle. Elles auraient appartenu à un voleur, que la rumeur dit envoyé par le Diable. Des loups se seraient chargés de contrecarrer les plans du bandit…

Naturellement, des doutes sur la véracité de ce récit sont apparus au cours des années. Pourtant, des analyses récentes attestent que le style de l’épée et le métal utilisé pour forger la lame sont bien ceux qui avaient cours au XIIe et XIIIe siècle.

Source : The Guardian

http://www.ulyces.co

Le Saviez-Vous ► 3 armures célèbre de l’Histoire


À travers l’Histoire, les armures ont été créées pour protéger le corps pour les guerriers et les chevaliers. Me semble que cela devait être défi de porter ces protections pour éviter la mort..
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3 armures célèbre de l’Histoire

 


Allemagne, 16e siècle
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Source)

 Les armuriers, dédiée à ce très ancien métier qu’était la forge. Épées, couteaux, boulets de canon… la forge est un métier complexe et pourtant essentiel depuis l’Antiquité afin de certes fabriquer des armes, mais aussi afin de bien protéger les hoplites, les guerriers et les chevaliers au combat en fabriquant également les armures. Profitons de l’occasion pour nous intéresser brièvement à trois armures célèbres de l’Histoire.

1- L’armure de Dendra, XVe siècle av. J.-C. :


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Les plus anciennes armures de l’Histoire ressemblaient très peu à ce que nous voyons dans les films de nos jours. Oubliez en effet les morceaux qui étaient forgés de manière à bien épouser les bras, le torse ou les jambes des combattants à l’époque des guerriers mycéniens! Ancêtres des Grecs qui ont colonisé et développé des cités-États autour de la Mer Égée, les Mycéniens étaient une civilisation guerrière qui protégeait ses populations tant par d’impressionnants palais-forteresses que des armées bien entraînées entre les années 1600-1200 av. J.-C. environ.


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Source)

Bien que nous connaissions la nature guerrière de cette civilisation, nous avons très peu d’exemples d’armures de cette époque. C’est ce qui rend celle découverte sur le site archéologique de Dendra si unique! Cette armure, faite de plusieurs lattes de bronze martelées par un forgeron et formant une protection relativement rigide autour du corps du guerrier, a été découverte en 1960 par des archéologues suisses. Elle nous montre que les guerriers mycéniens étaient quelque peu limités dans leurs mouvements avec ce type d’armure et que la tête était à l’époque protégée… par un casque en dents de sangliers!

2- Le destin tragique du roi Henri II :


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Sources)

Le roi de France Henri II a possédé quelques superbes armures au XVIe siècle, dont celle-ci, réalisée par des armuriers milanais vers l’an 1536. Armure royale, elle est faite de fer dit damasquiné, soit avec des incrustations d’argent et les lettres H pour Henri et C pour sa femme, Catherine de Médicis, sont intégrées dans les complexes décorations. 


Gravure allemande du XVIe siècle illustrant l’accident d’Henri II
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Source)

Malheureusement pour lui, l’armure et le casque portés lors d’une joute organisée le 30 juin 1559 à Paris pour célébrer le mariage de sa fille avec Philippe II d’Espagne, n’ont pas pu le protéger d’un accident fatal. Bien qu’encore en forme à l’âge de 44 ans, il a subi en effet ce jour-là une blessure dont il mourut quelques jours plus tard, soit le 10 juillet. Son adversaire, Gabriel de Lorges, comte de Montmorency, l’avait blessé accidentellement à l’œil avec sa lance, qui est passée à travers le casque, une blessure qu’aucun médecin, même pas le célèbre Amboise Paré, n’a hélas réussi à soigner.

L’évolution corporelle d’Henry VIII d’Angleterre :


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Source)


Amure de 1520

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Les armures du roi Henry VIII d’Angleterre (1509-1547) sont elles aussi passées à l’histoire en raison non seulement de la qualité exceptionnelle de leur conservation, mais aussi parce qu’elles témoignent de la constante prise de poids du souverain entre l’âge de 23 ans et 55 ans. En effet, si Henry VIII est connu pour ses six épouses, son mode de vie faste et son amour de la nourriture, ses changements corporels au gré des décennies font encore les manchettes de nos jours.


Armure de 1540
Photo :
Gary Ombler/Royal Armouries

Cette armure en particulier retient l’attention car elle présente une coquille proéminente à l’entre-jambe, ce qui était peu commun pour les armures de cette époque. Constamment inquiet quant aux rumeurs sur son manque de virilité car il avait de la difficulté à enfanter des héritiers mâles, Henry VIII a, tant dans ses tableaux que sur cette armure, constamment mis ses organes génitaux en évidence afin de démontrer sa vigueur. Henry VIII avait à son service parmi les meilleurs armuriers d’Europe, qui sont su travailler avec son physique grossissant au fil du temps afin de lui faire des armures de grande qualité… qui protégeaient absolument toutes les parties de son anatomie!

Si les armuriers travaillaient avant tout pour fournir des armes et des armures de qualité à leurs clients, il n’en demeure pas moins qu’ils étaient aussi de grands artistes! 

Spécialisée en histoire ancienne, Evelyne Ferron

http://www.historiatv.com/

Le Saviez-Vous ► Les chevaliers médiévaux aussi ont fait grève


La grève est un moyen de pression pour revendiquer des droits que les grévistes jugent qu’ils ont été bafouer par le pouvoir qu’il s’agisse du gouvernement, d’une entreprise, etc. Mais la grève ne date pas d’hier, les chevaliers médiévaux ont contesté la décision du roi pour aller à la guerre. Ils ont donc obliger le roi de revoir ses positions pour rallier ses chevaliers
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Les chevaliers médiévaux aussi ont fait grève

 

Représentation d'une bataille dans le Codex Manesse (début XIVe siècle) | via Wikimedia Commons (domaine public)

Représentation d’une bataille dans le Codex Manesse (début XIVe siècle) | via Wikimedia Commons (domaine public)

Florian Besson et Nonfiction

La grève a beau être une action politique collective de l’ère moderne, la contestation de l’autorité par le refus d’obéir a toujours existé. Retour sur un épisode de 1272: les chevaliers chypriotes refusent de partir à la guerre, ils se mettent en grève.

Été 1272. Hughes III, roi de Chypre et de Jérusalem, est confronté à l’opposition frontale et décidée de ses grands barons chypriotes: ceux-ci refusent d’accomplir leur «service d’ost», autrement dit d’accompagner le roi à la guerre, arguant qu’ils ont déjà accompli leur temps de service réglementaire cette année-là. Pas d’heures sup’ pour les chevaliers! Surtout que Hughes veut les emmener faire la guerre autour d’Acre: avec une mauvaise foi palpable, les chevaliers arguent qu’ils ne sont pas tenus d’y aller, car ils doivent le service«de corps et de cheval», et pas de bateau, et qu’ils n’iront faire la guerre outre-mer que s’ils peuvent y aller à cheval. Refusant le service d’ost, les chevaliers refusent aussi de discuter avec le roi, et restent dans leurs châteaux. Osons l’anachronisme: ils font grève.

Grèves contemporaines, grève féodale

La grève est un mot contemporain, associé à une pratique politique éminemment contemporaine. Même si ses origines sont médiévales, et plutôt à chercher du côté des universités et des étudiants déjà mobilisés autour de leurs droits, plusieurs siècles avant le printemps érable, la grève occupe une place-clé dans nos vocabulaires politiques, et la lente conquête du «droit de grève» a accompagné le développement de l’État-Providence. Cette pratique, consistant au fond à paralyser la vie économique, sociale et politique en refusant d’accomplir son travail, s’enracine cela dit dans une longue histoire, comme l’illustre l’exemple qu’on a cité ici. Les chevaliers du Royaume de Chypre n’ont ni pancartes ni slogans, ni syndicats, ni manifs… Reste qu’il s’agit bien d’une grève, un bras de fer engagé avec le maître, le seigneur, le patronus, littéralement.

Cette anecdote rappelle deux choses. Tout d’abord, elle souligne que les chevaliers du Moyen Âge ne sont pas des brutes aveugles ne pensant qu’au combat: ils se préoccupent de légalité, de droit, des droits –surtout des leurs. La guerre, certes au cœur de leur identité aristocratique, est également perçue comme un risque, face auquel ils savent rester méfiants. Bref, la grève souligne que le chevalier médiéval est moins un guerrier bestial qu’un animal politique.

Deuxième leçon de cette grève de chevaliers: elle renvoie à la façon dont la société féodale pense le pouvoir. Pour les nobles de ce temps, en effet, le pouvoir doit circuler dans tout le tissu social, et non se concentrer entre les mains d’une personne. Société fluide, caractérisée par des relations interpersonnelles et pas institutionnelles, la société féodale n’aime pas le pouvoir immobile. Les chroniques et les chartes le rappellent à l’envi: chaque décision, aussi infime soit-elle, est prise par le seigneur avec l’avis et l’accord de ses proches, parents et familiers. Significativement, les deux devoirs-clés dus par un vassal à son seigneur sont l’aide militaire, l’auxilium, et le conseil, consilium.

Le seigneur, aussi puissant soit-il, ne décide rien sans de longues heures de conciliabule avec ses vassaux: c’est une façon de partager le pouvoir en partageant la parole. Pour les chevaliers du roi Hughes, faire grève, c’est réaffirmer leur capacité d’action, c’est redire qu’ils sont au cœur du tissu social et qu’ils doivent être consultés avant toute décision. En refusant l’auxilium, les chevaliers montrent symboliquement l’importance du consilium, autrement dit rappellent que le pouvoir du seigneur, y compris du roi, repose toujours sur l’aval de ses hommes.

Pouvoir et acteurs dans la grève

Leçon à méditer, pour nous: la grève sert certes à réclamer des droits ou à s’opposer à une réforme; mais elle permet aussi, et peut-être surtout, aux grévistes de réaffirmer leur place-clé dans le jeu politique, contre l’autorité d’un seigneur –d’un patron, aujourd’hui–jugée inacceptable car trop lointaine, trop formelle, trop figée.

La grève de 1272, évidemment, fait long feu. Hughes démontre facilement aux chevaliers que leur opposition est illégale, allant contre les us et coutumes du royaume–il faut dire aussi que, franchement, l’excuse du bateau ne tenait pas la route. Promettant du butin, payant de sa poche les chevaliers les moins convaincus, il réussit à réunir ses troupes. Ralliés, les chevaliers n’ont pas à râler: leur grève a eu l’effet escompté, puisqu’elle a rappelé au roi qu’il ne pouvait agir comme bon lui semble, qu’il devait composer et pas imposer. La pratique de la grève par les chevaliers médiévaux souligne que les revendications sont peut-être moins importantes que le fait même de revendiquer. Par leurs mots ou leur silence, les grévistes rappellent qu’ils existent, en tant qu’acteurs et pas seulement comme travailleurs.

Les chevaliers de 1272, comme tous ceux qui font grève aujourd’hui, rappellent au fond que le pouvoir doit circuler. Un rappel nécessaire, hier, comme aujourd’hui.

http://www.slate.fr/

Saviez-vous

Le mot grève vient du mot Gaulois grava désignant du sable épais. Au 17ème siècle, la rive droite de la Seine à Paris à donné naissance à une place appelée place de la Grève car l’endroit était submergé de sable grossier, cette place était un lieu connu pour les rassemblements des chômeurs afin de trouver des opportunités d’emploi d’où l’apparition de l’expression « faire grève » qui signifiait à l’époque « rechercher du travail ».

Au 19ème siècle, la signification de ce terme a changé telle qu’on la connait aujourd’hui et qui annonce l’arrêt temporaire et collectif du travail exprimant un mécontentement.

Le Saviez-Vous ► 6 faits sur le Moyen Âge qu’on pense vrais mais qui sont en fait faux !


Comment vivait-on à l’époque du Moyen-Âge ? Les films nous montrent un aspect, mais est-ce que c’était la réalité ? Quoi qu’il en soit, ce n’est pas une époque que j’aurais vivre
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6 faits sur le Moyen Âge qu’on pense vrais mais qui sont en fait faux !

 

Quand on parle de Moyen-Âge, on a souvent en tête cette époque avec de preux chevaliers vivant dans des conditions de vie peu hygiéniques. Il faut dire que nombreux sont les films qui nous ont inculqué ça.

C’est pourquoi on a décidé de vous donner plus amples informations sur cette époque de l’Histoire. Vous allez être étonnés de voir que le Moyen  Âge n’est tout à fait ce qu’on imagine. Suivez-le guide…

1. Les gens n’étaient pas maintenus dans l’ignorance à cause de l’Église.

On imagine souvent les scientifiques de l’époque du Moyen Âge comme des personnes totalement exclues de la société à cause de la présence importante du christianisme. Par exemple, tout le monde le sait : les personnes ayant vécu au Moyen Âge étaient toutes persuadées que la Terre était plate. La plupart des gens pensaient que la Terre n’était pas plate, et l’Église n’a pas du tout influencé la population dans le rejet de la science. Au contraire, l’Église encourageait même la science et le savoir. On a en effet laissé la culture à l’Église. Suite à la chute de l’Empire romain au Vème siècle, l’Église a été la seule à détenir les livres et le savoir en général. Tous les hommes du Clergé étaient des savants médiévaux. Elles étaient les seules personnes instruites à cette époque. Et tout ce que nous savons à propos de cette période de l’Histoire a été écrit par eux.

L’Église est même à l’origine de nombreuses universités célèbres qu’on connaît aujourd’hui : Oxford, Cambridge, les Universités de Paris… Eh oui, le Clergé est à l’initiative de ces grandes institutions du savoir. Dans cette même foulée, les croisades ont fait découvrir les connaissances scientifiques et technologiques musulmanes aux Européens dont, entre autres, les chiffres arabes.

2. Leur mode de vie n’était pas si sale.

Quand on pense au Moyen Âge, on imagine souvent une odeur nauséabonde et des gens sales. PARTOUT. Et bien non ! En réalité, des bains étaient même pris ! C’était même une tradition. À l’époque, les villages n’avaient pas de quoi se laver dans tous les foyers. Il s’agissait en fait d’un bain commun qui s’organisait dans les villes. Tout le monde se baignait ensemble après une dure journée de travail. Et pour les chanceux qui avaient de quoi se baigner à la maison, figurez-vous qu’ils offraient même un bain à leurs invités !

3. Les chevaliers n’étaient pas d’honorables combattants sauvant des demoiselles en détresse.

Certes, les chevaliers partaient en guerre pour combattre et défendre leurs rois. Mais quand ce n’était pas la guerre, que faisaient ces « vaillants cavaliers » ? Étant jeunes et n’ayant rien d’autres pour se défouler, ils s’occupaient de façon quelque peu… violente. En effet, vers le XIème siècle, les seigneurs locaux se querellaient entre eux. Résultat : on assistait à des débarquements dans les villages voisins où les chevaliers venaient massacrer de pauvres innocents.

L’Église a même tenté de modérer ces actes de barbarie. Le Pape les envoya en Croisade, ce qui ne changea rien puisque ce sont les populations arabes qui se sont fait massacrer par la suite à Jérusalem. En réalité, on attendait des chevaliers qu’ils défendent les faibles. Mais cela était interprété de façon à protéger les femmes et les enfants, et non pas les paysans. C’est pourquoi les chevaliers à cette époque s’autorisaient une telle violence envers les villageois malgré leur statut de défenseurs. Pas très classe.

4. Les gens étaient loin d’être prudes au Moyen Âge.

On a tendance à croire qu’à cause de la religion, les gens à cette époque étaient très prudes. Pourtant, même les habits avaient des connotations sexuelles. Vous savez, ces chaussures pointues que portaient les hommes ? Figurez-vous que leurs pointes représentaient la taille de leurs sexes !

Aussi, la prostitution n’était pas si tabou. Il y avait carrément des quartiers entiers où c’était pratiqué. Même la religion fermait les yeux du moment que les prostituées donnaient une partie de leur salaire à l’Église. Quant à l’infidélité dans un mariage, c’est quelque chose qui était très courant et qui ne choquait pas. Tout simplement parce qu’à l’époque les mariages étaient arrangés. Du coup, chacun allait voir ailleurs et ça choquait peu de gens ! C’était même parfois bénéfique pour les femmes qui pouvaient monter en hiérarchie en rencontrant d’autres hommes issus de la Noblesse notamment.

5. Les femmes n’étaient pas soumises dans un foyer.

On a souvent cette image de la femme médiévale passive qui se contentait uniquement de s’occuper des enfants et de faire la cuisine. Pourtant, ce n’était pas le cas pendant le Moyen Âge. Durant cette époque, il faut savoir que l’Europe était essentiellement agricole. Au final, c’est ce qui mettait les membres d’une famille sur un pied d’égalité. Tout le monde était en charge de travailler dans les champs car la famine menaçait constamment. Par conséquent, les femmes ayant les mêmes responsabilités que les hommes, ils étaient égaux.

En ville, c’était pareil dans les commerces des magasins et des tavernes. Si un homme gérait une taverne ou autre, ses filles l’aidaient à gérer la propriété. Elles étaient même susceptibles de reprendre l’entreprise de leurs pères. Il n’était pas rare de voir une femme patronne d’une taverne.

6. Tout le monde ne mourrait pas jeune.

On voit souvent la vie au Moyen Âge comme courte à cause, par exemple, des conditions dans lesquelles les gens vivaient. Néanmoins, si on a tendance à nous dire que les gens à cette époque mourraient à 35 ans, il faut se rappeler qu’il s’agit d’une simple moyenne. La mortalité infantile était assez élevée, certes, mais si un homme était encore en vie à 21 ans, il avait de forte chance de vivre jusqu’à plus de 50 ans.

On perçoit souvent la vie des paysans comme éprouvante car on les imagine travaillant beaucoup. Pourtant, ils avaient beaucoup de repos. Le dimanche était un jour sans travail ; c’était même systématique. Tout ceci, c’est sans compter Noël, Paques et toutes ces fêtes religieuses qui les faisaient se reposer durant les jours Saint. En fait, durant un tiers de l’année environ ils étaient en repos.

http://www.demotivateur.fr/a

États-Unis: les restes de colons anglais vieux de 400 ans exhumés


Des ossements des premiers colons anglais en Amérique avaient été découverts, il y a 2 ans ont révélé quelques secrets sur l’origine de leurs morts, et même leur identité.
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États-Unis: les restes de colons anglais vieux de 400 ans exhumés

 

Les ossements de ces hommes ont été découverts... (Photo AFP)

Les ossements de ces hommes ont été découverts inhumés près du choeur de la plus ancienne église protestante des États-Unis, en service entre 1608 et 1616, sur le site archéologique de Jamestown, à quelque 200 km au sud du Washington moderne, à l’est du pays.

FABIENNE FAUR
Agence France-Presse
Washington

L’un est mort tué par les Indiens, les trois autres de maladie: des colons dont les ossements ont été identifiés sur le site du XVIIe siècle de Jamestown (Virginie), font partie de la plus ancienne élite anglaise retrouvée en Amérique, découverte «majeure» pleine de mystères.

«C’est une découverte majeure, ces quatre hommes sont les personnalités anglaises les plus anciennes à être découvertes en Amérique», a affirmé à l’AFP Jim Horn, président de l’association historique Jamestown Discovery qui annoncait mardi, avec le Musée national d’histoire naturelle, le résultat de près de deux ans de fouilles et de recherches.

Les ossements de ces hommes ont été découverts inhumés près du choeur de la plus ancienne église protestante des États-Unis, en service entre 1608 et 1616, sur le site archéologique de Jamestown, à quelque 200 km au sud du Washington moderne, à l’est du pays.

C’est là, près de la rivière James, qu’allait débarquer le 14 mai 1607 un groupe d’une centaine d’hommes, missionnés pour former la première colonie anglaise sur le continent américain.

Les ossements, dont il ne reste que le tiers du squelette, ont été découverts en novembre 2013 lors d’une campagne de fouilles de l’église, dont il ne reste que les vestiges archéologiques.

Ils ont ensuite été identifiés par un patient travail alliant technologie moderne -rayons X, recherche ADN- et recherches dans les archives britanniques, indique l’archéologue en chef du site William Kelso.

L’enquête continue

Près du choeur de l’église, signe de leur statut social, reposaient un prêtre anglican, le révérend Robert Hunt, le premier à officier à Jamestown selon les scientifiques, et le capitaine Gabriel Archer, morts à 39 et 34 ans.

Les deux hommes faisaient partie de la première expédition colonisatrice de 1607 qui fut commandée par le capitaine John Smith, célèbre pour avoir été sauvé par l’Indienne Pocahontas selon une légende popularisée par un dessin animé Disney.

L’Indienne se serait d’ailleurs mariée en 1614 dans cette même église, avec un Anglais nommé John Rolfe, avant de mourir deux ans plus tard en Angleterre, à l’âge supposé de 21 ans.

À leurs côtés, Sir Ferdinando Wainman, mort à 34 ans environ, a été selon les scientifiques le premier chevalier à être enterré en Amérique.

Le capitaine William West, inhumé à côté, qui a été tué à l’âge de 24 ans lors d’une escarmouche avec les Indiens Powhatan, était un parent de Lord De La Warr, le gouverneur de Virginie qui devait donner son nom à l’Etat du Delaware, au nord de Washington.

«Perdus pour l’histoire pendant plus de 400 ans, la découverte de ces restes révèle de nouveaux indices sur la vie, la mort et l’importance de la religion dans une des plus importantes colonies anglaises» en Amérique, estiment les scientifiques.

Car les archéologues ont également découvert un reliquaire catholique, une petite boîte d’argent contenant des ossements, posé au pied du cercueil de Gabriel Archer.

Était-il secrètement catholique ? A moins que l’objet n’ait eu une signification spéciale pour l’Eglise d’Angleterre de l’époque ? L’enquête continue, disent les archéologues.

Le mystère est moindre concernant la mort de ces hommes encore jeunes.

«Les conditions de vie étaient dures» dans cette première colonie, dit Jim Horn. «Venir dans le Nouveau monde était risqué pour un Européen. La faim, les attaques des Indiens et les maladies tuaient les colons et la plupart d’entre eux ne dépassaient pas les 40 ans», a-t-il ajouté.

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