Un homme meurt de la rage à Vancouver


Il est extrêmement rare, heureusement qu’une personne peut être contaminé par le virus de la rage, mais cela arrive. On parle de 25 personnes décédées suite à la rage au Canada depuis 1924.
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Un homme meurt de la rage à Vancouver


Une chauve-souris en plein vol, la nuit.

L’homme atteint de la rage avait été en contact avec une chauve-souris.

PHOTO : ISTOCK

Radio-Canada

Un homme de 21 ans est décédé de la rage après avoir été en contact avec une chauve-souris sur l’île de Vancouver, selon la médecin en chef de la Colombie-Britannique, la Dre Bonnie Henry.

La Dre Henry affirme que l’homme est entré en contact avec la chauve-souris à la mi-mai et a commencé à présenter des symptômes six semaines plus tard. Il est décédé à l’hôpital Saint-Paul de Vancouver. Son identité n’a pas été dévoilée.

Un cas rare

Il est extrêmement rare que des humains meurent de la rage. Selon Santé Canada, seulement 25 personnes sont décédées des suites de la maladie au Canada depuis le début de la déclaration en 1924.

La plupart des décès sont survenus en Ontario et au Québec. Les cas les plus récents au Canada ont été rapportés en Ontario en 2012 et en Alberta en 2007.

C’est la deuxième fois qu’une personne meurt de la rage en Colombie-Britannique. Le premier cas remonte à 2003.

Progression rapide des symptômes

La Dre Henry dit que les symptômes de l’homme ont progressé très rapidement.

En Colombie-Britannique, les chauves-souris sont le seul vecteur connu de la rage. Environ 13 % des chauves-souris soumises ont un test positif pour la maladie.

La Dre Henry affirme qu’il n’existe pas de cas connus de transmission de la rage entre humains, mais par souci de prudence, les membres de sa famille et les professionnels de la santé qui ont soigné l’homme se sont vus proposer un vaccin.

La rage est un virus qui infecte le système nerveux. Ses symptômes incluent la douleur, la faiblesse et la douleur nerveuse qui s’étend au système nerveux central et au cerveau.

Une aversion pour l’eau et une augmentation de la production de salive sont également courantes.

Avec les informations de Michelle Ghoussoub

https://ici.radio-canada.ca/e

250 espèces qu’on croyait dispa­rues retrou­vées dans une cité perdue au Hondu­ras


La cité perdue au Honduras, un endroit sans route, sans infrastructure, une végétation dense, viens de dévoiler aux explorateurs des secrets. Elle cache dans sa forêt des espèces qu’on croyait éteintes au Honduras et d’autres jamais répertoriées. Preuve quand l’homme est absent, la nature se porte à merveille. C’est une raison qu’il faut préserver ce coin du monde.
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250 espèces qu’on croyait dispa­rues retrou­vées dans une cité perdue au Hondu­ras


Crédits : Conser­va­tion Inter­na­tio­nal’s Rapid Assess­ment Program

par  Suzanne Jovet

Dans une cité perdue du Hondu­ras, au fond de la forêt tropi­cale, des scien­ti­fiques ont décou­vert un écosys­tème rempli d’es­pèces mena­cées ou que l’on pensait éteintes, rapporte CNN.

Une équipe de l’as­so­cia­tion Conser­va­tion Inter­na­tio­nal a passé trois semaines à explo­rer un site archéo­lo­gique dans la forêt de Moqui­tia.

Cette « cité perdue du singe d’or » ou « ville blanche » aurait été bâtie par une civi­li­sa­tion pré-colom­bienne.

Crédits : Conser­va­tion Inter­na­tio­nal’s Rapid Assess­ment Program

« Il n’y a pas de route, pas d’in­fra­struc­ture logis­tique, vous devez donc y aller en héli­co­ptère. Et quand vous le faites, vous visi­tez des endroits où la faune à tendance à être beau­coup plus abon­dante» a déclaré Trond Larsen, direc­teur du programme.

Parmi les animaux rares obser­vés, trois avaient, pensait-on, disparu depuis long­temps du Hondu­ras. Il s’agit de la chauve-souris au visage pâle (phyl­lo­derma stenops), du serpent coral­lien (rhino­bo­thryum boval­lii) et de la cicin­dèle (odon­to­chila nica­ra­guense), un coléo­ptère.

Crédits : Conser­va­tion Inter­na­tio­nal’s Rapid Assess­ment Program

Au total, les scien­ti­fiques ont décou­vert 246 espèces de papillons, 30 espèces de chauves-souris et 57 espèces d’am­phi­biens et de reptiles ; 22 n’avaient jamais été réper­to­riées au Hondu­ras.

« Cela fait de la région une prio­rité abso­lue en matière de conser­va­tion », a indiqué le scien­ti­fique.

Bien que la cité perdue soit offi­ciel­le­ment proté­gée depuis 2015, la défo­res­ta­tion illé­gale reste une menace pour l’éco­sys­tème.

Crédits : Conser­va­tion Inter­na­tio­nal’s Rapid Assess­ment Program

Source : CNN

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En Austra­lie, la chaleur a tué un tiers des renards volants à lunettes en deux jours


Une vague de chaleur de 2 jours en novembre en Australie a tué au moins 75 000 d’une espèce de chauves-souris. Dans les temps, 10 000 d’une autre espèce sont mort ..
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En Austra­lie, la chaleur a tué un tiers des renards volants à lunettes en deux jours

 

par  Ulyces

 

En novembre dernier, l’Aus­tra­lie a connu un record de chaleur dans le nord du pays pendant plus de deux jours. On sait aujourd’­hui que cette vague de chaleur a décimé près du tiers de la popu­la­tion natio­nale de Ptero­pus conspi­cil­la­tus, ou « renards volants à lunettes », une espèce de chauve-souris du Queens­land, rappor­tait la BBC le 15 janvier.

Sous des tempé­ra­tures supé­rieures à 42°C, les animaux ont été inca­pables de survivre. Dans la ville de Cairns, des habi­tants ont vu les chauves-souris tomber des arbres comme des mouches. La semaine dernière, des cher­cheurs de l’uni­ver­sité occi­den­tale de Sydney ont conclu qu’entre le 26 et le 27 novembre 2018, 23 000 renards volants à lunettes sont morts. Des volon­taires ont réalisé ce décompte en visi­tant sept camps de renards volants après la vague de chaleur. Le cher­cheur prin­ci­pal, le Dr Justin Welber­gen, estime que le nombre de décès pour­rait être encore plus élevée – jusqu’à 30 000 – car certaines implan­ta­tions n’ont pas été comp­ta­bi­li­sées.

Selon les statis­tiques du gouver­ne­ment, l’Aus­tra­lie comp­tait envi­ron 75 000 renards volants à lunettes en novembre. Envi­ron 10 000 chauves-souris appar­te­nant d’une autre espèce de chauve-souris – les renards volants noirs – ont succombé à la chaleur au cours de la même période. Les scien­ti­fiques disent que les renards volants subissent souvent un stress ther­mique fatal lorsque la tempé­ra­ture dépasse 42°C. Pendant la vague de chaleur de novembre, Cairns a enre­gis­tré sa tempé­ra­ture la plus élevée jamais enre­gis­trée, soit 42,6°C.

Source : BBC

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Un virus ressemblant à Ebola découvert en Chine


Un nouveau virus a été identifié chez les chauves-souris en Chine : le ménglà. Il aurait des similitudes avec le virus Ebola. Il se peut qu’on entendent parler un peu plus, car il serait transmissible entre entre espèces dont l’être humain.
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Un virus ressemblant à Ebola découvert en Chine

 

Céline Deluzarche
Journaliste

C’est une nouvelle plutôt inquiétante qui nous vient de la Chine : des chercheurs ont identifié un nouveau filovirus nommé Měnglà, de la même famille de celui d’Ebola, qui possède toutes les caractéristiques de transmission interespèces.

Les filovirus (Filoviridae), des agents infectieux qui doivent leur nom à leur aspect filamenteux, sont à l’origine de graves fièvres hémorragiques comme Ebola. On en comptait jusqu’ici huit espèces, nommées d’après leur lieu d’origine (Zaïre, Marburg, Forêt de Tai…). Mais voilà que des chercheurs de la Duke-NUS Medical School à Singapour viennent d’en découvrir une nouvelle souche chez une chauve-souris en Chine.

Une nouvelle espèce appartenant à un nouveau genre

C’est en effectuant des séquençages génétiques et des études de caractérisation des filovirus chez des chauves-souris que les chercheurs ont pu identifier ce nouveau virus. Nommé Měnglà, du nom du district de la province du Yunnan au sud de la Chine où il a été retrouvé, il s’agit d’un nouveau genre de filovirus qui en compte déjà trois (Cuevavirus, Ebolavirus et Marburgvirus). Cette nouvelle catégorie a été appelée Dianlovirus, dérivé du nom diān qui est l’abréviation de Yunnan.

Le nouveau virus Měnglà a été détecté chez la roussette qui constitue le réservoir principal des filovirus. © Rajesh Puttaswamaiah, Bat Conservation India Trust

Le nouveau virus Měnglà a été détecté chez la roussette qui constitue le réservoir principal des filovirus. © Rajesh Puttaswamaiah, Bat Conservation India Trust

Un fort risque de transmission interespèces

Le virus Měnglà ne partage que 32 % à 54 % de son matériel génétique avec les autres filovirus mais partage plusieurs similitudes fonctionnelles le rapprochant des virus Ebola et Marburg. Il code comme eux pour sept gènes et utilise le même récepteur moléculaire, une protéine appelée NPC1que le virus utilise pour pénétrer dans la cellule et provoquer une infection. De plus, il est susceptible de se répliquer avec d’autres séquences génétiques d’Ebola ou Marburg, ce qui pourrait aboutir à la formation de nouveaux virus. Les chercheurs ont testé le virus Měnglà sur des lignées cellulaires de différentes espèces (Homme, singe, chien, hamster et chauve-souris) et ont constaté que, comme les autres filovirus, il présente « un risque potentiel de transmission interespèces ».

Le virus Ebola a entraîné la mort de milliers de personnes en Afrique de l’Ouest lors de l’épidémie 2014-2016. © UNMEER, Flickr

Le virus Ebola a entraîné la mort de milliers de personnes en Afrique de l’Ouest lors de l’épidémie 2014-2016. © UNMEER, Flickr

    Des conséquences potentiellement « dévastatrices »

    Le virus Měnglà n’a pour l’instant été détecté que chez la chauve-souris du genre roussette, qui constitue d’ailleurs le réservoir principal de la plupart des filovirus.

    Mais si l’infection parvenait effectivement à l’Homme, elle pourrait avoir des conséquences « dévastatrices », affirme le professeur Wang Lin-Fa, auteur principal de l’étude publiée dans la revue Nature Microbiology.

    Rappelons que la fièvre Ebola est l’une des maladies les plus mortelles au monde, avec un taux de 50 % à 70 % chez les patients atteints et une très forte capacité contagieuse. L’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest a ainsi causé plus de 11.000 décès selon l’OMS. Jusqu’à présent, la Chine n’a pas encore été touchée par une telle épidémie, mais le pays semble bien être un nouveau foyer de virus infectieux. La souche Reston y a ainsi été repérée chez les singes et les porcs.

    De nouveaux virus pourraient encore émerger

    « Avec l’essor de la mondialisation, l’identification précoce des virus est essentielle dans l’identification et la prévention du risque de maladies infectieuses », explique le professeur Patrick Casey, vice-doyen principal à la recherche de la Duke-NUS Medical School.

    En juillet 2018, un nouveau filovirus de type Ebola nommé Bombali avait déjà été découvert en Sierra Leone chez deux espèces de chauves-souris.

    « Je pense que de nous allons encore voir de nombreuses familles de virus émerger de l’étude des chauves-souris », estime pour sa part Jeremy Farrar, président de la fondation britannique Wellcome Trust.

    CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Un nouveau virus nommé Měnglà a été identifié chez une chauve-souris en Chine.

  • Il présente des fortes similitudes avec ceux d’Ebola ou de Marburg.

  • Il est capable d’infecter de nombreuses espèces y compris l’Homme.

 

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Pour voir le monde comme une chauve-souris, il s’est fait implanter un sonar dans les joues !


C’est triste de voir comment des gens peuvent se mutiler pour devenir ce qu’ils ne sont pas de nature. Devenir autre chose qu’un être humain tout simplement.
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Pour voir le monde comme une chauve-souris, il s’est fait implanter un sonar dans les joues !

 

Crédits : Carlos Pareja, cortesía / Joe Dekni

par Yohan Demeure

Un nouveau cyborg est né ! Un jeune artiste espagnol a souhaité voir le monde comme une chauve-souris. Ainsi, celui-ci s’est récemment fait implanter un organe artificiel dans les pommettes !

Qu’est-ce que le concept de cyborg ?

Un cyborg (ou organisme cybernétique) est un être humain amélioré, le plus souvent par le biais de greffes de dispositifs mécaniques ou électroniques. Ce terme abondamment utilisé dans la science-fiction – notamment dans le sous-genre cyberpunk – est de plus en plus employé pour des faits réels. En 2017, nous évoquions la prochaine étape de l’évolution de l’Homme, qui pourrait être l’avènement des cyborgs. Plus tôt encore, nous nous demandions si pour survivre aux machines, l’humain n’aurait d’autre choix que de devenir lui-même un cyborg.

Cet artiste est devenu un cyborg !

La nouvelle a été révélée par la version espagnole de i-D – un média appartenant àVice Newsdans un article publié le 24 octobre 2018. Une dizaine de jours avant la parution de l’article, l’artiste espagnol Joe Dekni s’est fait implanter un appareil similaire au sonar d’écholocation des chauves-souris. L’opération a eu lieu à la Transpecies Society de Barcelone (Espagne), une association dont la mission est de représenter la voix de personnes qui s’identifient comme n’étant pas entièrement humaines.

« J’étais intrigué par l’idée de pouvoir percevoir le paranormal ou l’invisible. Je me suis appuyé sur l’écholocation : un sens ou une qualité qui existent déjà, et que des animaux comme les chauves-souris ou les dauphins possèdent naturellement », a déclaré Joe Dekni.

Une démocratisation de la pratique ?

Dans sa démarche, l’intéressé a été assisté par Neil Harbisson, le premier humain à s’être fait greffer une antenne dans le crâne. Par ailleurs, l’intervention a eu des allures de spectacle, puisque du monde a été invité pour l’occasion – selon la volonté de l’artiste. Celui-ci a notamment déclaré vouloir populariser ce genre d’opération.

« La technologie nous offre bien plus que tout ce qui nous est encore inconnu. J’ai décidé de m’en servir de cette façon. Mon but avec ce projet est de pouvoir expérimenter le fait d’avoir un nouveau sens et de percevoir ce qui est invisible à la capacité humaine », a poursuivi l’artiste.

Ainsi, Joe Dekni vit désormais avec un appareil accroché à ses oreilles, et ce dernier a indiqué avoir ressenti à la fois de la joie et de la douleur. Quoi qu’il en soit, celui-ci semble satisfait. Fort heureusement pour lui, car il est désormais plutôt compliqué de revenir en arrière !

Sources : UlycesMomo Mag

https://sciencepost.fr/

:Le Saviez-Vous ► Pourtant extraordinaire, la chauve-souris est incomprise


Les chauves-souris ont mauvaise réputation et pourtant elles sont d’une grande utilité pour l’écosystème, et même pour nous.
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Pourtant extraordinaire, la chauve-souris est incomprise

 

 

 

Elles ne sont pas (du tout) assoiffées de sang…

Le mythe des vampires leur est associé, elles vivent la nuit, elles ont des dents pointues, et elles sont même le symbole d’un superhéros… Les chauves-souris sont aussi mal connues que mal aimées !

Dans l’imaginaire collectif, les chauves-souris sont des animaux qui ont plutôt tendance à faire peur. Pourtant, voici quelques faits qui vous feront les aimer davantage !

Les chauves-souris sont les seuls mammifères volants au monde. 

Leurs os sont donc plus légers que les autres… Au point que leurs membres inférieurs sont trop faibles pour tenir debout. C’est pour cette raison qu’elles dorment la tête en bas.

Leurs ailes sont en fait… Des mains ! 

Leurs doigts sont allongés et reliés par une fine membrane de peau. Cependant, puisque leur peau est très fine, leurs ailes ne sont pas adaptées à une exposition au soleil.

Elles ne sont pas (du tout) assoiffées de sang… 

Les chauves-souris se nourrissent exclusivement d’insectes, le sang humain ne fait pas du tout partie de leur régime. Cela dit, elles sont très gourmandes : elles peuvent consommer l’équivalent de leur poids en insectes en une journée !

Elles ont un point commun avec les sous-marins et les dauphins 

Les chauves-souris voient… Avec leurs oreilles ! Elles émettent des sons qui, en rebondissant, leur permettent de distinguer et d’évaluer leur environnement et leurs proies : on parle d’écholocalisation. Un procédé utilisé par les cétacés et, artificiellement, dans la navigation (on parlera alors d’un sonar).

 

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Au Gabon, des crocodiles oranges uniques au monde


Des crocos oranges, spécial !! Les scientifiques croient que cela est du à la noirceur totale des grottes et dans le guano, (les excréments des chauves-souris) Il semble qu’il y a 3 milles ans au Gabon, le niveau de la mer avait baissé, c’est alors que des crocrodiles ont été bloqués et ne pouvaient plus sortir leur ADN s’est même modifié pour vivre dans cette zone tout en changeant leur alimentation
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Au Gabon, des crocodiles oranges uniques au monde

 

© afp.

Au Gabon, connu pour sa diversité géologique et sa faune, des scientifiques ont eu l’incroyable surprise de découvrir des crocodiles de couleur orange, uniques au monde, vivant au milieu d’excréments de chauves-souris dans des grottes obscures.

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© afp.

« Quand je me suis approché avec la lampe torche dans la grotte, j’ai vu des yeux rouges… de crocodiles! C’était en 2008. Deux ans plus tard, nous avons sorti un premier spécimen de la grotte et nous avons remarqué qu’il était orange », se souvient le géoarchéologue (spécialiste des sédiments archéologiques) Richard Oslisly.

Une double découverte exceptionnelle faite alors qu’avec une équipe de chercheurs, il essayait de trouver des restes de traces humaines, dans les grottes d’Abanda (sud). Ce « crocodile orange cavernicole », qui peut atteindre 1m70, est unique au monde et n’a été observé que dans ces grottes du Gabon, selon M. Oslisly.

« Au début, nous avions pensé que la couleur pouvait venir de leur alimentation, car nous avons remarqué que ces reptiles mangent des chauves-souris oranges », explique le chercheur français.

Mais après des études plus poussées, les chercheurs ont avancé d’autres hypothèses: une « dépigmentation » due au manque de lumière dans ces grottes ou encore la nocivité du « guano », une substance faite d’excréments de chauves-souris dans laquelle ces animaux marinent tout au long de leur vie souterraine.

« L’urine des chauves-souris a commencé à attaquer leur peau et transformé leur couleur », explique Olivier Testa, spéléologue et membre de l’équipe scientifique.

Depuis 2010, Richard Oslisly, Olivier Testa et le chercheur américain Matthew Shirley ont multiplié les expéditions scientifiques pour en savoir plus sur ces crocodiles hors du commun. En cartographiant les grottes, ils ont à ce jour recensé quatre crocodiles oranges sur une quarantaine de cette espèce « cavernicole ».

Des dizaines de crocodiles avec une coloration « normale » vivent dans des grottes voisines connectées à la surface, explique M. Testa, alors que les crocodiles oranges croupissent dans des grottes accessibles uniquement par des puits verticaux.

Vieux de 3.000 ans

« On pense que ces dizaines de crocodiles se seraient installés dans les grottes d’Abanda il y a environ 3.000 ans, ce qui correspond relativement bien avec une période où le niveau de la mer avait baissé et où cette zone côtière est redevenue terrestre », explique M. Shirley.

Les crocodiles oranges, bloqués dans la grotte, se seraient « retrouvés piégés après être entrés par des couloirs quand ils étaient petits, puis ils ont grossi », selon Richard Oslisly.

Plusieurs couloirs plus ou moins étroits et interconnectés forment un réseau de grottes à Abanda où ils se bouchent parfois avec la montée de la nappe phréatique.

Selon Matthew Shirley, les crocodiles se sont installés dans leur grotte parce qu’ils y trouvent leur compte et ils n’y sont peut-être pas tous bloqués depuis 3.000 ans. Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier. Dans les grottes, pas de poissons ni de crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets, de grillons.

« C’est un environnement particulièrement exigeant », indique M. Shirley.

Selon les chercheurs, cette population cavernicole – animaux oranges et de couleur normale – appartient au groupe des crocodiles nains Osteolaemus tetraspis et est « en mutation ». L’ADN de cette population cavernicole n’est pas assez différent de son cousin nain de la surface pour en faire une nouvelle espèce, explique Matthew Shirley, mais ces animaux ont développé leur propre « signature génétique ».

Les crocodiles des grottes sont en effet dotés d’un groupe de gènes unique transmis de génération en génération, ont constaté les chercheurs, après comparaison de leur ADN avec celui de leurs cousins nains vivant exclusivement en surface au Gabon. B

Bien que le crocodile soit déjà une espèce protégée au Gabon, Richard Oslisly plaide pour que le site des grottes d’Abanda devienne un « sanctuaire », « intégralement protégé ».

« Il reste encore beaucoup à découvrir dans les grottes d’Abanda », estime le géoarchéologue qui espère y développer le « tourisme scientifique« .

 

https://www.7sur7.be/