Le Saviez-Vous ► Les piqueurs de sorcières


Au temps de la chasse aux sorcières, c’est surtout des femmes qui ont été accusées de sorcelleries. N’importe qui pouvaient accuser, que ce soit un simple d’esprit, un enfant ou tout autre personne. Quand un mari voulait se débarrasser d’une femme, quand une femme était trop indépendante, c’était facile de l’accuser d’être une sorcière. Sans compter que tous les maux comme la maladie, les épidémies, les morts d’enfants, la sécheresse pouvait être une preuve. Et il y avait la torture pour faire avouer de leur soi-disant crime.
Nuage

 

Les piqueurs de sorcières

 

 

RACONTÉ  PAR MARINE GASC

On le sait, la sorcellerie peut prendre différentes formes, mais le plus souvent la sorcière n’est qu’une femme.

 

Aux XVI et XVIIème siècles, à l’heure de la chasse aux sorcières, une femme qui rit parfois un peu fort, qui refuse le mariage ou qui a une sexualité qualifiée comme hors norme est une sorcière. Une épouse volage ou une maîtresse enceinte peut aussi être qualifiée de sorcière pour s’en débarrasser rapidement et surtout : durablement. Mais alors, comment ça se passe lorsqu’une femme est suspectée de sorcellerie ?

QU’EST-CE QU’UNE SORCIÈRE ?

Sans parler de sortilège, de baguette magique et de philtre d’amour, une sorcière est une femme qui ne répond généralement ni à un mari, ni à un prêtre, ni à la médecine traditionnelle. Elle profite de cette liberté illégitime pour causer du tort aux autres, faute d’avoir des enfants à élever et un mari à nourrir et combler, elles volent, elles « guérissent » et on soupçonne certaines de tuer et dévorer des enfants (les leurs ou non), lors du sabbat. Rare sont les femmes accusées de sorcellerie qui sont mariées, ou alors, ce sont les pires. Elles s’échappent la nuit, à l’insu des époux endormis, à l’aide d’un balais coincé entre les jambes (tu le vois le symbole phallique? Et le rejet des tâches domestiques qui leurs incombent ?) ! Pour quoi faire ? Peu importe, elles ne répondent pas aux normes, elles subsistent sans époux, c’est forcément la volonté du diable et il faut s’en débarrasser au plus vite. (je vous recommande ce livre)

LE SIMULACRE DE PROCÈS

La première femme en France à avoir été condamnée pour sorcellerie est Jeanne de Brigue, une parisienne avec des dons de voyance et de guérison, elle est brulée vive en aout 1391 sur Saint-Honoré.

Pour condamner une femme, il suffit d’affirmer être le témoin de divers dommages causés par la sorcière… Une mauvaise récolte, un enfant mort en bas âge, la maladie… Peu importe. S’il y a plusieurs témoins, c’est encore mieux et les enfants sont nombreux à participer aux procès. C’est d’autant plus facile de leur faire dire ce que les juges souhaitent entendre. Même les fous et les simples d’esprit peuvent témoigner. Ensuite, l’accusée est entendue, elle raconte sa version des faits. Mais difficile de convaincre un auditoire qui vous considère coupable et font tout pour recevoir des aveux…

TORTURE PSYCHOLOGIQUE ET ÉPREUVE DE L’EAU

Entre 1645 et 1647, un chasseur de sorcières mandaté par le Parlement Anglais, nommé Hopkins donne quelques recommandations pour pousser les sorcières à avouer : il les prive de sommeil. Longtemps. Impossible de retrouver une trace de sang ou de contrainte physique. Les femmes deviennent juste folles. Ensuite, il les plonge dans l’eau pour voir si elles coulent (elles sont alors innocentes) ou si elles flottent. Lorsque l’eau rejette les femmes, c’est qu’elles ont renoncé au baptême, ce sont donc d’affreuses sorcières… Par gain de temps et vengeance populaire, les habitants organisent d’eux même, sans avoir recours à la justice, l’épreuve de l’eau pour les accusées de sorcellerie. Après lui avoir attaché les pieds et les mains, paf, dans un baquet d’eau ou une rivière. Si elle coule, elle est innocente mais c’est trop tard, elle est morte. Si elle flotte, on la laisse dans l’eau jusqu’à ce qu’elle finisse par mourir. Les autorités finissent par interdire cette pratique qui échappe au contrôle de la justice…

Pour les accusées encore vivantes, il reste maintenant à trouver le recoin du corps dans lequel le diable s’est faufilé…

LES PIQUEURS DE SORCIÈRE

Un grain de beauté un peu foncé ? Une cicatrice ? Une mèche de cheveux blancs ? Une zone insensible sur le corps ? Il n’y a aucun doute, c’est le chemin qu’à emprunter le diable pour prendre possession du corps de la sorcière, le stigma diaboli ! Il est d’autant plus facile de trouver des zones du corps abîmées sur une vieille dame que sur une jouvencelle et ça tombe bien car il est plus facile de mettre sur le droit chemin du mariage une jeune fille qu’une vieille dame. Si un homme se bonifie avec le temps, les tempes grisonnantes lui vont à ravir, au contraire, une femme devient une vilaine sorcière. En 1460, une sorcière nommée Yolande est brûlée vive. Le piqueur de sorcière, lui ayant rasé la tête, découvre qu’une partie de son crane est dépigmenté, le diable s’y est faufilé !

LES DERNIERS TOURMENTS DES SORCIÈRES

Lorsque les piqueurs parviennent à trouver une marque, par la suite les juges ordonnent généralement la torture, ce qui réussit fréquemment à leur faire avouer n’importe quoi.

Et les juges mettent les moyens… Torture par le feu, classique. Estrapade, un peu plus complexe, le bourreau encorde les bras de la victime et les hissent jusqu’à ce que la malheureuse sorcière soit à plusieurs mètres du sol. Puis on lâche la corde jusqu’à ce que le corps retombe à quelques centimètres du sol, sans jamais toucher terre, et on remonte. Et on recommence. Au bout de plusieurs fois, les épaules se disloquent, provoquant des douleurs insupportables. Lorsque les juges sont zélés, il arrive qu’ils décident d’installer un bûcher au pied de la poulie… Face à ce comportement qualifié « d’excessif », le pouvoir public est intervenu plusieurs fois pour modérer la torture, l’idée ce n’est quand même pas de mourir avant le bûcher final ! Parce que c’est bien ce qu’on attend, la mort par le feu ! En réalité, de nombreuses sorcières étaient étranglées quelques secondes avant le bûcher… On n’est pas des monstres hein…

LE PRIX D’UN PROCÈS

Si les raisons pour incriminer les femmes sont nombreuses, il existe bien un seul moyen de calmer les bourreaux. Le pognon. Lorsqu’on accuse quelqu’un de sorcellerie, il faut payer. Cher. Et le reste de la ville doit aussi payer une contribution financière supplémentaire. Dès le début du procès, les biens de la sorcières sont confisqués pour couvrir les frais du procès mais rares sont les femmes indépendantes qui roulent sur l’or alors ce sont les habitants et le seigneur local qui déboursent… C’est ainsi que de nombreuses femmes ont pu être épargnées… Le mouvement de chasse aux sorcières ralentit vers la fin des années 1680, avec l’avancée des connaissances, les malades meurent moins, les enfants aussi et on  croit de moins en moins aux esprits démoniaques qui propagent le mal autour d’eux. Même l’Eglise prend du recul et le pouvoir central met en place l’obligation de faire appel lorsque la sentence est la peine de mort. Mais en ce qui concerne les procès clandestins, c’est autre chose. Les dernières victimes, accusées de sorcellerie, ont été brûlées au XIXème siècle en France. Notamment à Bournel en 1826 et à Vic en Bigorre en 1856

Aujourd’hui, on a trouvé d’autres sanctions pour punir les femmes…

http://www.racontemoilhistoire.com/

Le Saviez-Vous ► 8 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les sorcières


Il y  a eu des hommes et surtout des femmes qui ont été accusés de sorcellerie et condamné à mort grâce aux aveux sous la torture ou une soi-disant preuve d’une marque du démon qui pouvait être un bouton, un abcès, une tache de vin … Aujourd’hui, sorcière est rentré dans une mode de certaines féministes pour dénoncer des injustices.
Nuage

 

8 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les sorcières

 

Supplice de Anneken Hendriks, brûlée à Amsterdam en 1571 (Cl Roger-Viollet/CC)

On a voulu vous parler de ces femmes et de ces hommes qui ont été persécutés.

 

Par Emilie Brouze, Alice Marunani et Renée Greusard

1 On disait qu’elles embrassaient le cul du diable

Que reprochait-on aux prétendues sorcières ?

« Beaucoup de choses », répond Michel Porret, professeur d’histoire à l’université de Genève et auteur de « l’Ombre du diable » (éd. Georg, 2010). L’argument du sabbatest abondamment cité. Un argument théorique, car « jamais les femmes n’ont été arrêtées en flagrant délit. »

Maxime Gelly – Perbellini, historien spécialiste de la représentation des sorcières au Moyen Age, détaille : « Il y a cette idée que des hommes et des femmes se réunissent la nuit sous l’ordre du diable et du démon afin de l’adorer et de commettre des crimes abominables. On dit qu’elles concoctent des recettes ignobles à base de graisse d’enfants, de cadavres ou qu’elles embrassaient le diable sur son derrière. »

Satan serait adoré dans ces assemblées nocturnes : le sabbat est l’église du mal, l’école de la débauche. La sorcière s’y rendrait de nuit, par voie aérienne, chevauchant parfois un balai, un animal noir voire le diable.

Lors des procès, on impute aux « sorcières » tous les malheurs biologiques : empoisonnements, stérilité, bétail tué, etc.

2 Des mecs aussi ont été accusés

« La sorcellerie n’était pas spécifique au sexe mais elle était liée au sexe », écrit Alison Rowlands, spécialiste de la chasse aux sorcières – qui culminera entre 1560-1570 et 1620-1630.

Durant la première période de cette chasse, à partir de 1420, les sorcières étaient surtout… des sorciers, explique Maxime Gelly – Perbellini.

 « Les procès étaient peu nombreux et touchaient tous les milieux. »

La bascule du genre se fait en 1550. Là, le nombre de procès augmente significativement, les accusations de sorcellerie se démocratisent et surtout, se féminisent.

 L’accusation devient une arme sexiste contre les femmes qui « remettaient en cause la vision patriarcale de la femme idéale », écrit Alison Rowlands.

« Avec un taux plausible de 48% des condamnations à mort sur 110.000 procès recensés en Europe (hors lynchages), les juges laïques font exécuter environ 60.000 à 70.000 sorcières et sorciers – 7 à 8 femmes sur 10 condamnés (Levack, 2001) « , lit-on dans « Présumées coupables » (éd. Iconoclaste, 2017).

Maxime Gelly – Perbellini ajoute :

« La question de la sorcière embrasse celle des stéréotypes que l’on véhicule sur les femmes et plus globalement sur les personnes à la marge. Ces stéréotypes peuvent se rapprocher de ce qu’on dit sur les juifs ou les errants, par exemple. »

3 C’était vraiment hardcore

Contrairement à un voleur ou à un assassin, la sorcière n’a pas d’autre issue que la mort. La plupart des femmes accusées avouent sous la torture.

« Les procès de sorcellerie suivent la procédure inquisitoire validée par le quatrième concile du Latran (1215), qui abolit aussi l’ordalie : écriture, instruction secrète, recherche médico-légale de la marque satanique, torture pour l’aveu, exécution publique », lit-on dans « Présumées coupables ».

La seule preuve qu’on essaie de trouver dans les procès en sorcellerie est la griffe de Satan. Une marque invisible, dont on dit qu’elle a fait mourir l’endroit où la sorcière a été marquée.

« La marque a la particularité de ne pas être naturelle », explique Michel Porret.

On lit ainsi dans les interrogatoires la référence au sperme glacé de Satan, preuve de non-naturalité.

Une fois que le juge est convaincu de la culpabilité de la sorcière, celle-ci est dénudée et « rasée de tout poil ». Le corps de l’accusée subit ensuite une inspection avec une aiguille chirurgicale, à la recherche du point d’insensibilité. Très souvent on la trouve sous la forme d’un abcès, pustule, tache de vin, tumeur ou verrue.

Une fois les sorcières condamnées, la plupart sont brûlées, comme une neutralisation symbolique.

« Brûlée vive ou étranglée au préalable », précise Michel Porret.

4 Mais parfois, ça ne se finit pas si mal

De temps en temps, les femmes accusées de sorcellerie obtiennent une lettre de rémission. Maxime Gelly – Perbellini évoque, par exemple, le cas de l’empoisonneuse de La Rochelle en 1382.

Jehanne Gaigne, âgée de 18 ans, est l’épouse de Guillaume Cusse, charpentier et bourgeois de La Rochelle.

« Sous l’influence d’une autre femme réputée sorcière, appelée Arzene, elle aurait utilisé des envoûtements, des philtres et enfin du poison, du sulfure d’arsenic mêlé de verre pillé, sur son époux, sans pour autant réussir à le faire mourir.

Elle est accusée par le prévôt de La Rochelle pour sorcellerie et est condamnée à la prison, elle demande elle-même sa rémission au roi de France. »

Et l’historien de commenter :

« Derrière les images cocasses, cette lettre doit nous rappeler que le regard de l’historien ne doit pas s’arrêter à une vision stéréotypée d’un phénomène. Toutes les ‘sorcières’ ne sont pas menées au bucher et que, plus que d’autres, cette accusation est au cœur de discours politiques, juridiques, idéologiques en constante tension. Le prévôt condamne pour affirmer sa justice ; la condamnée tente de minimiser sa responsabilité en se faisant elle-même victime du diable ; le roi, engagé à la fin du Moyen Age dans la structuration de l’ordre judiciaire, se montre timide à confirmer une condamnation qui ne repose sur aucun fondement criminel (pas de meurtre, pas de sang versé) et préfère laver Jehanne de ses accusations. »

5 Des figures féministes

« Après l’émergence des sciences humaines, post-soixante huitarde, on assiste à toute une reconstruction de la figure de la sorcière. On en fait une femme révoltée », confirme Michel Porret.

La figure autrefois maudite et crainte devient un symbole d’un rapport de domination et le symbole subversif de la révolte féminine.

En Italie, des féministes scandent :

« Tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour » [‘Tremate, tremate, le streghe son tornate’]. »

La revue littéraire « Sorcières », fondée par Xavière Gauthier et à laquelle contribua Marguerite Duras ou Nancy Huston, est l’emblème de cette reconstruction.

La revue féministe, publiée de 1975 à 1981, est née dans le but de donner la parole aux femmes pour qu’elles puissent exprimer leur créativité et ainsi accompagner voire susciter l’émergence d’un mouvement de femmes créatrices. Une femme juchée sur un balai orne la couverture du premier numéro.

Pourquoi « sorcières » ? Dans un éditorial, Xavière Gauthier écrit :

« Parce qu’elles dansent. Elles dansent à la pleine lune. Femmes lunaires, lunatiques, atteintes – disent-ils – de folie périodique. Gonflées de révolte fulgurante, de colère bouillonnante, gonflées de désir, elles dansent sur la lande sauvage des danses sauvages.
Sauvages, comme l’homme blanc le dit des autres ethnies ; sauvages comme l’Etat et le syndicat le disent de certaines grèves, de certaines crèches. Elles dansent, sauvages et irrécupérables, comme le désir. »

6 La dernière sorcière d’Europe

Elle s’appelait Anna Göldi, elle était suisse et fut, en Europe, la dernière femme à être condamnée à mort pour sorcellerie. C’était en 1782. On lui a coupé la tête et puis on a enfoui son corps au pied de l’échafaud. 

Servante dans la famille d’un médecin, Anna a été accusée d’avoir empoisonné la fille de son patron à l’aide d’aiguilles magiques. Un article du « Monde » consacré à Anna Göldi raconte :

« Selon le récit fait plus tard au procès, des aiguilles sont à plusieurs reprises trouvées dans le bol de lait d’Annemiggeli, la seconde fille de la famille, âgée de 8 ans. Anna Göldi, qui fait office de gouvernante, est soupçonnée, puis finalement renvoyée. »

« Quelque temps après, la fillette tombe gravement malade, prise de violentes convulsions, d’une fièvre inexpliquée, d’accès de délire et de toux. La jeune Annemiggeli se met à vomir, presque chaque jour, des aiguilles dans des glaires mêlées de sang. Une centaine en tout. Certaines crises la laissent sourde et muette. »

Sous la torture, la servante finit par avouer ce crime. Pourquoi a-t-elle été accusée ? L’article du « Monde » dit, et cette résonance à l’actualité est troublante :

« Walter Hauser [un journaliste qui a enquêté sur l’affaire, NDLR] a retrouvé la trace – mais non le contenu – d’une plainte pour harcèlement sexuel déposée en décembre 1781 par Anna Göldi contre son employeur. Voilà qui aurait pu ruiner la réputation du bon docteur Tschudi qui, vraisemblablement, s’empressa d’allumer un contre-feu. »

7 La démonologie fut une science à la mode

La démonologie est l’étude des démons et des mauvais esprits. Il en existe dans toutes les religions, notamment dans la religion chrétienne. Le premier traité de démonologie imprimé est daté de la fin du XVe.

 « Il va devenir un best-seller », raconte Michel Porret. « La matrice de toute une série d’autres traités de démonologie. »

Les démonologues sont un peu les théoriciens de la chasse aux sorcières.

8 Les sorcières sont de retour (pour combattre l’ordre établi)

La sorcellerie revient en force dans les milieux féministes et queer, comme le racontent Vice et Cheek Magazine. Quel meilleur symbole de liberté et de danger pour l’ordre établi ? La publication en 2012 du livre d’Anna Colin « Sorcières : pourchassées, assumées, puissantes, queer », signe l’arrivée de cette mode américaine en France.

Un cortège de « sorcières », des féministes anarchistes de l’université Paris-VII s’est ainsi formé dans la manifestation contre la réforme du travail le 12 septembre dernier sous le nom de Witch Bloc, avec des slogans comme « Macron au chaudron ».

Des soirées queer et sorcellerie se lancent de partout, comme les événements Bitchcraft. La dernière Queerweek, grand événement queer parisien, proposait un atelier de confection de sortilèges.

Le mouvement est aussi porté par la mode du développement personnel et des thérapies alternatives. Jack Parker par exemple, blogueuse féministe, a lancé sa newsletter Witch, please ! où elle explique comment pratiquer la sorcellerie au quotidien (par exemple, en accrochant une branche d’eucalyptus dans sa douche ou en tirant le tarot). 

 

Emilie Brouze, Alice Marunani et Renée Greusard

https://www.nouvelobs.com/

Le Saviez-Vous ► 8 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les sorcières


Il aurait eu 110.000 sorciers, sorcières (surtout des femmes) qui ont été exécutés juste en Europe. On accusait de sorcellerie d’après des stéréotype, de vengeance, et autres. Au fil du temps, les femmes étaient considérées comme des sorcières celles qui contestaient le système patriarcal. Aujourd’hui, être une sorcière est une mode qui n’about pas au bûcher ou à la torture comme au Moyen-Âge
Nuage

 

8 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur les sorcières

Supplice de Anneken Hendriks, brûlée à Amsterdam en 1571 (Cl Roger-Viollet/CC)

On a voulu vous parler de ces femmes et de ces hommes qui ont été persécutés.

Par Emilie Brouze, Alice Marunani et Renée Greusard

 Il y en aurait eu 110.000 en Europe (voir plus bas) et ils furent persécutés. On avait envie de vous parler d’eux et plutôt d’elles, car c’est surtout une histoire de femmes et de la haine qu’elles ont inspirée.

1 On disait qu’elles embrassaient le cul du diable

Que reprochait-on aux prétendues sorcières ?

« Beaucoup de choses », répond Michel Porret, professeur d’histoire à l’université de Genève et auteur de « l’Ombre du diable » (éd. Georg, 2010).

L’argument du sabbat est abondamment cité. Un argument théorique, car « jamais les femmes n’ont été arrêtées en flagrant délit. »

Maxime Gelly – Perbellini, historien spécialiste de la représentation des sorcières au Moyen Age, détaille :

« Il y a cette idée que des hommes et des femmes se réunissent la nuit sous l’ordre du diable et du démon afin de l’adorer et de commettre des crimes abominables. On dit qu’elles concoctent des recettes ignobles à base de graisse d’enfants, de cadavres ou qu’elles embrassaient le diable sur son derrière. »

Satan serait adoré dans ces assemblées nocturnes : le sabbat est l’église du mal, l’école de la débauche. La sorcière s’y rendrait de nuit, par voie aérienne, chevauchant parfois un balai, un animal noir voire le diable.

Lors des procès, on impute aux « sorcières » tous les malheurs biologiques : empoisonnements, stérilité, bétail tué, etc.

2 Des mecs aussi ont été accusés

« La sorcellerie n’était pas spécifique au sexe mais elle était liée au sexe », écrit Alison Rowlands, spécialiste de la chasse aux sorcières – qui culminera entre 1560-1570 et 1620-1630.

Durant la première période de cette chasse, à partir de 1420, les sorcières étaient surtout… des sorciers, explique Maxime Gelly – Perbellini.

« Les procès étaient peu nombreux et touchaient tous les milieux. »

La bascule du genre se fait en 1550. Là, le nombre de procès augmente significativement, les accusations de sorcellerie se démocratisent et surtout, se féminisent.

L’accusation devient une arme sexiste contre les femmes qui « remettaient en cause la vision patriarcale de la femme idéale », écrit Alison Rowlands.

« Avec un taux plausible de 48% des condamnations à mort sur 110.000 procès recensés en Europe (hors lynchages), les juges laïques font exécuter environ 60.000 à 70.000 sorcières et sorciers – 7 à 8 femmes sur 10 condamnés (Levack, 2001) », lit-on dans « Présumées coupables » (éd. Iconoclaste, 2017).

Maxime Gelly – Perbellini ajoute :

« La question de la sorcière embrasse celle des stéréotypes que l’on véhicule sur les femmes et plus globalement sur les personnes à la marge. Ces stéréotypes peuvent se rapprocher de ce qu’on dit sur les juifs ou les errants, par exemple. »

3 C’était vraiment hardcore

Contrairement à un voleur ou à un assassin, la sorcière n’a pas d’autre issue que la mort. La plupart des femmes accusées avouent sous la torture.

« Les procès de sorcellerie suivent la procédure inquisitoire validée par le quatrième concile du Latran (1215), qui abolit aussi l’ordalie : écriture, instruction secrète, recherche médico-légale de la marque satanique, torture pour l’aveu, exécution publique », lit-on dans « Présumées coupables ».

La seule preuve qu’on essaie de trouver dans les procès en sorcellerie est la griffe de Satan. Une marque invisible, dont on dit qu’elle a fait mourir l’endroit où la sorcière a été marquée.

« La marque a la particularité de ne pas être naturelle », explique Michel Porret.

On lit ainsi dans les interrogatoires la référence au sperme glacé de Satan, preuve de non-naturalité.

Une fois que le juge est convaincu de la culpabilité de la sorcière, celle-ci est dénudée et « rasée de tout poil ». Le corps de l’accusée subit ensuite une inspection avec une aiguille chirurgicale, à la recherche du point d’insensibilité. Très souvent on la trouve sous la forme d’un abcès, pustule, tache de vin, tumeur ou verrue.

Une fois les sorcières condamnées, la plupart sont brûlées, comme une neutralisation symbolique.

« Brûlée vive ou étranglée au préalable », précise Michel Porret.

4 Mais parfois, ça ne se finit pas si mal

De temps en temps, les femmes accusées de sorcellerie obtiennent une lettre de rémission. Maxime Gelly – Perbellini évoque, par exemple, le cas de l’empoisonneuse de La Rochelle en 1382.

Jehanne Gaigne, âgée de 18 ans, est l’épouse de Guillaume Cusse, charpentier et bourgeois de La Rochelle.

« Sous l’influence d’une autre femme réputée sorcière, appelée Arzene, elle aurait utilisé des envoûtements, des philtres et enfin du poison, du sulfure d’arsenic mêlé de verre pillé, sur son époux, sans pour autant réussir à le faire mourir.

Elle est accusée par le prévôt de La Rochelle pour sorcellerie et est condamnée à la prison, elle demande elle-même sa rémission au roi de France. »

Et l’historien de commenter :

« Derrière les images cocasses, cette lettre doit nous rappeler que le regard de l’historien ne doit pas s’arrêter à une vision stéréotypée d’un phénomène. Toutes les ‘sorcières’ ne sont pas menées au bûcher et que, plus que d’autres, cette accusation est au cœur de discours politiques, juridiques, idéologiques en constante tension. Le prévôt condamne pour affirmer sa justice ; la condamnée tente de minimiser sa responsabilité en se faisant elle-même victime du diable ; le roi, engagé à la fin du Moyen Age dans la structuration de l’ordre judiciaire, se montre timide à confirmer une condamnation qui ne repose sur aucun fondement criminel (pas de meurtre, pas de sang versé) et préfère laver Jehanne de ses accusations. »

5 Des figures féministes

« Après l’émergence des sciences humaines, post-soixante huitarde, on assiste à toute une reconstruction de la figure de la sorcière. On en fait une femme révoltée », confirme Michel Porret.

La figure autrefois maudite et crainte devient un symbole d’un rapport de domination et le symbole subversif de la révolte féminine.

En Italie, des féministes scandent :

« Tremblez, tremblez, les sorcières sont de retour » [‘Tremate, tremate, le streghe son tornate’]. »

La revue littéraire « Sorcières », fondée par Xavière Gauthier et à laquelle contribua Marguerite Duras ou Nancy Huston, est l’emblème de cette reconstruction.

La revue féministe, publiée de 1975 à 1981, est née dans le but de donner la parole aux femmes pour qu’elles puissent exprimer leur créativité et ainsi accompagner voire susciter l’émergence d’un mouvement de femmes créatrices. Une femme juchée sur un balai orne la couverture du premier numéro.

Pourquoi « sorcières » ? Dans un éditorial, Xavière Gauthier écrit :

« Parce qu’elles dansent. Elles dansent à la pleine lune. Femmes lunaires, lunatiques, atteintes – disent-ils – de folie périodique. Gonflées de révolte fulgurante, de colère bouillonnante, gonflées de désir, elles dansent sur la lande sauvage des danses sauvages.

Sauvages, comme l’homme blanc le dit des autres ethnies ; sauvages comme l’Etat et le syndicat le disent de certaines grèves, de certaines crèches. Elles dansent, sauvages et irrécupérables, comme le désir. »

6 La dernière sorcière d’Europe

Elle s’appelait Anna Göldi, elle était suisse et fut, en Europe, la dernière femme à être condamnée à mort pour sorcellerie. C’était en 1782. On lui a coupé la tête et puis on a enfoui son corps au pied de l’échafaud. 

Servante dans la famille d’un médecin, Anna a été accusée d’avoir empoisonné la fille de son patron à l’aide d’aiguilles magiques. Un article du « Monde » consacré à Anna Göldi raconte :

« Selon le récit fait plus tard au procès, des aiguilles sont à plusieurs reprises trouvées dans le bol de lait d’Annemiggeli, la seconde fille de la famille, âgée de 8 ans. Anna Göldi, qui fait office de gouvernante, est soupçonnée, puis finalement renvoyée. »

« Quelque temps après, la fillette tombe gravement malade, prise de violentes convulsions, d’une fièvre inexpliquée, d’accès de délire et de toux. La jeune Annemiggeli se met à vomir, presque chaque jour, des aiguilles dans des glaires mêlées de sang. Une centaine en tout. Certaines crises la laissent sourde et muette. »

Sous la torture, la servante finit par avouer ce crime. Pourquoi a-t-elle été accusée ? L’article du « Monde » dit, et cette résonance à l’actualité est troublante :

« Walter Hauser [un journaliste qui a enquêté sur l’affaire, NDLR] a retrouvé la trace – mais non le contenu – d’une plainte pour harcèlement sexuel déposée en décembre 1781 par Anna Göldi contre son employeur. Voilà qui aurait pu ruiner la réputation du bon docteur Tschudi qui, vraisemblablement, s’empressa d’allumer un contre-feu. »

7 La démonologie fut une science à la mode

La démonologie est l’étude des démons et des mauvais esprits. Il en existe dans toutes les religions, notamment dans la religion chrétienne. Le premier traité de démonologie imprimé est daté de la fin du XVe.

« Il va devenir un best-seller », raconte Michel Porret. « La matrice de toute une série d’autres traités de démonologie. »

Les démonologues sont un peu les théoriciens de la chasse aux sorcières.

8 Les sorcières sont de retour (pour combattre l’ordre établi)

La sorcellerie revient en force dans les milieux féministes et queer, comme le racontent Vice et Cheek Magazine. Quel meilleur symbole de liberté et de danger pour l’ordre établi ? La publication en 2012 du livre d’Anna Colin « Sorcières : pourchassées, assumées, puissantes, queer », signe l’arrivée de cette mode américaine en France.

Un cortège de « sorcières », des féministes anarchistes de l’université Paris-VII s’est ainsi formé dans la manifestation contre la réforme du travail le 12 septembre dernier sous le nom de Witch Bloc, avec des slogans comme « Macron au chaudron ».

Des soirées queer et sorcellerie se lancent de partout, comme les événements Bitchcraft. La dernière Queerweek, grand événement queer parisien, proposait un atelier de confection de sortilèges.

Le mouvement est aussi porté par la mode du développement personnel et des thérapies alternatives. Jack Parker par exemple, blogueuse féministe, a lancé sa newsletter Witch, please ! où elle explique comment pratiquer la sorcellerie au quotidien (par exemple, en accrochant une branche d’eucalyptus dans sa douche ou en tirant le tarot). 

https://tempsreel.nouvelobs.com

Le Saviez-Vous ►Le christianisme est la religion la plus criminelle de l’Histoire


    Si je mets ce billet, ce n’est pas pour calomnier le christianisme, mais simplement pour démontrer que des personnes utilisent leur religion pour des causes qui n’ont pas rapport avec la moralité de fond. C’est l’Histoire, on ne peut pas revenir en arrière, malgré tout des personnes utilisent encore à tort leur religion pour de mauvaises causes, pour de mauvais prétextes, les chrétiens comme les autres
    Nuage

     

    Le christianisme est la religion la plus criminelle de l’Histoire

    Normand Rousseau

    Humaniste

    On fait rarement la liste des crimes commis par le christianisme au cours des 20 derniers siècles. La voici très succincte.

    1. L’antisémitisme. Les évangiles sont antisémites et le christianisme a été antisémite jusqu’au concile Vatican II à la suite de la Shoah. Des milliers de victimes. Durée: 20 siècles.

    2. L’esclavage. Le christianisme s’est appuyé sur la Bible pour justifier et pratiquer l’esclavage jusqu’à la condamnation du pape Grégoire XVI en 1839. Des millions de victimes. Durée: 19 siècles.

    3. Les déicides. Le christianisme a tué tous les dieux des autres religions sur toute la planète. Des millions de victimes. Durée: 20 siècles.

    4. La guerre aux hérétiques. Dès Constantin, l’Église a éliminé tous les soi-disant hérétiques. Des milliers de victimes. Durée: 20 siècles.

    5. Les croisades. Des papes ont lancé les croisades, des agressions contre les musulmans. Des milliers de victimes. Durée: 2 siècles.

    6. Les guerres dites saintes. Le christianisme a fait de soi-disant guerres saintes aux Cathares, aux Albigeois, aux Vaudois. Des milliers de victimes. Durée: 1 siècle.

    7. L’Inquisition. Des papes ont institué l’Inquisition et la torture. Des dominicains ont été les inquisiteurs. Le christianisme a torturé et brûlé vif des milliers d’innocents. Durée: 6 siècles.

    8. La chasse aux sorcières. Le christianisme a torturé et brûlé vives environ 100 000 femmes. Durée: 2 siècles.

    9. Les guerres de religion. Les catholiques et les protestants se sont entretués par milliers, Durée: 2 siècles.

    10. La Grande Excommunication. Le pape et le patriarche ont excommunié tous les chrétiens de la planète pendant 911 ans. Le pape Paul 6 et le patriarche Athénagoras ont mis fin à cette horreur en 1965. Des millions de victimes. Durée: 9 siècles.

    11. Les deux colonialismes. Des Européens chrétiens sont responsables d’un colonialisme barbare en Amérique et d’un autre en Afrique. Des millions de victimes. Durée: 4 siècles.

    12. Les deux guerres mondiales. Des protestants et des catholiques ont été responsables de ces deux guerres barbares. 60 millions de victimes. Durée: un demi-siècle.

    13. Le massacre des Serbes. En 1941, des Croates catholiques ont exterminé sauvagement 400 000 Serbes orthodoxes.

    14. Le génocide du Rwanda. Des catholiques se sont entretués sauvagement. Un million de victimes. Durée: trois mois.

    15. Les menaces de l’enfer. Le christianisme a terrorisé des millions de chrétiens, surtout des enfants, avec ses menaces de l’enfer. Des millions de victimes. Durée: 20 siècles.

    16. La misogynie. Le christianisme a méprisé et maltraité les femmes. Des millions de victimes. Durée: 20 siècles.

    17. La pédophilie. Des prêtres ont violé des enfants et l’Église a protégé ces prêtres. Des milliers de victimes. Durée: 20 siècles.

    18. La persécution envers les homosexuels. Le christianisme a torturé et tué les homosexuels. Des milliers de victimes. Durée: 20 siècles.

    19. La canonisation d’assassins. Le christianisme a canonisé des centaines d’assassins. Des milliers de victimes. Durée: 20 siècles.

      Les crimes actuels du christianisme

    20. 26 pays chrétiens pratiquent encore l’esclavage, surtout celui des enfants.

    21. L’Église protège toujours des prêtres accusés de pédophilie. Les papes Jean-Paul 2, Benoît 16 et François peuvent être accusés de crime contre l’humanité parce que la pédophilie est reconnue comme telle par l’ONU.

    22. L’interdiction du condom. Des milliers de femmes et d’enfants meurent du sida répandu par cette interdiction.

    23. L’interdiction de la contraception. Des milliers d’enfants sont mis au monde alors que les parents sont incapables de les nourrir, de les soigner, de les faire instruire. Certains d’entre eux finissent esclaves.

      On pourrait encore allonger cette liste déjà suffisamment accablante. Ce sont des faits historiques indiscutables qui sont le prolongement criminel de la Bible.

      http://quebec.huffingtonpost.ca/

      VIDEO – En Norvège, un monument hommage aux sorcières


      Un peu d’histoire lors d’un hommage en Norvège aux victimes faussement accusées de sorcelleries. Ce sont surtout des femmes qui on subirent cette injustice qu’on accusait pour un oui ou un non, même des fillettes on subit le même sort. Ignorance, peur de l’inconnu, faiblesse de l’homme ? Elles y ont laissé leur vie pour rien … Et encore aujourd’hui, certains coin du monde … On y croit dur comme fer
      Nuage

      VIDEO – En Norvège, un monument hommage aux sorcières

       

      HISTOIRE – Dans ce Grand Nord jadis assimilé aux « portes de l’enfer », où on a proportionnellement exécuté plus de supposées sorcières qu’ailleurs en Europe, se dresse aujourd’hui à la place du bûcher un monument qui réhabilite des dizaines de personnes injustement condamnées : le mémorial de Steilneset

      L’une fut brûlée pour avoir jeté un sort fatal à un enfant et à deux chèvres. Une autre pour avoir déclenché une tempête qui avait emporté 10 bateaux et 40 marins: dans une sorte d’intestin blanc de 125 mètres de long posé sur pilotis, au bord de la mer de Barents, des panonceaux égrènent les destins tragiques.

      91 personnes exécutées au Finnmark

      Au bout du hall, une verrière abrite une chaise d’où s’échappent quatre flammes, une des dernières œuvres de feue l’artiste franco-américaine Louise Bourgeois. Au début du XVIIe siècle, quelque 3.000 personnes vivaient au Finnmark, le comté le plus septentrional de la Norvège. En quelques décennies, 135 seront accusées de sorcellerie et 91 exécutées, des femmes dans l’immense majorité. A l’époque, c’est toute l’Europe qui se livre à une chasse aux sorcières endiablée, explique Liv Helene Willumsen, professeure d’histoire à l’université de Tromsoe.

      « Ce lourd bilan place le Finnmark tout en haut de l’Europe (…) En proportion, c’est pire que dans certaines parties d’Allemagne et d’Ecosse » où les bûchers flambaient pourtant de tout bois, chuchote-t-elle en faisant visiter l’imposant mémorial inauguré en 2011 dans la petite ville de Vardoe. Les accusations visaient jusqu’aux fillettes: une demi-douzaine furent accusées avant d’être acquittées.

      norvege monument sorcieres
      Le mémorial de Steilneset.

      L’antichambre de l’enfer

      Pourquoi un tel zèle dans une région si éloignée de tout? Peut-être précisément à cause de cet isolement géographique. Sous l’impulsion d’élites acquises aux dogmes de la démonologie, l’idée que des femmes pouvaient pactiser avec le Malin, renonçant à la foi chrétienne en échange de pouvoirs maléfiques, s’était solidement enracinée sur ces terres arctiques que la croyance populaire voyait comme une sorte d’antichambre de l’enfer.

      Or, le principal centre de pouvoir se trouvait à des semaines de voyage de là, à Copenhague. La Norvège étant alors liée au Danemark au sein d’une union. L’affaire était donc rapidement entendue, raconte Liv Helene Willumsen:

      « Les gens croyaient sincèrement qu’ils étaient entourés d’une armée secrète alliée au Diable (…) Les tribunaux locaux pouvaient agir sans aucun contrôle. Vous pouviez être traîné devant les juges, forcé à avouer et condamné le même jour ».

      Supplice de la nage

      Si la torture ne suffisait pas à extirper les confessions voulues, la Cour pouvait ordonner le supplice de la nage: on jetait l’accusée à la mer pieds et poings liés et, si elle flottait, c’était la preuve qu’elle était bel et bien une sorcière.

      « L’eau était considérée comme un élément pur qui rejetait les impuretés », relate l’historienne.

      Au Finnmark, toutes les suspectes flottèrent. Y compris Ingeborg, épouse de Peder Krog, en 1663: ayant demandé elle-même à subir l’épreuve de la nage pour se laver d’accusations, elle surnagera « comme un bouchon », explique le panonceau qui lui est consacré. Malgré les sévices qui s’ensuivirent, son seul aveu sera… d’être tombée malade après avoir mangé un poisson que lui avait donné un proche de ses accusatrices. Elle finira par périr sous la torture.

      « La persécution n’est pas finie »

      Aujourd’hui comme hier, les supposées sorcières sont généralement des victimes expiatoires accusées d’être à l’origine de malheurs, de maladies, d’une disparition, d’un naufrage, d’une récolte décevante, d’intempéries et d’accidents en tout genre. Si environ 50.000 personnes le payèrent de leur vie en Europe, on estime entre 70 et 80.000 le nombre des victimes tuées pour la même raison dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale explique Rune Blix Hagen, un autre historien de l’université de Tromsoe:

      « Ce sont des chiffres officiels qui ne sont vraisemblablement que le sommet de l’iceberg. (…) La chasse aux sorcières, ce n’est pas un chapitre de l’Histoire qu’on a refermé. Ça continue à plein régime, pas en Occident mais surtout en Afrique, mais aussi en Asie et en Amérique du Sud (…) Le monument de Vardoe, c’est aussi un rappel que la persécution n’est pas finie.

       

      http://www.huffingtonpost.fr

      ATTENTATS DE BOSTON: SUNIL TRIPATHI, L’UN DES FAUX SUSPECTS, A ÉTÉ RETROUVÉ MORT


      Voilà un exemple des risques de chasse à l’homme sans avoir des informations de la police avec un avis de recherche officiel et non par des réseaux sociaux ou des personnes jouent à Sherlock Holmes et émettent leur hypothèse en ligne … De graves conséquences peuvent en résultés comme faire une justice sans procès ou une dépression d’une personne innocente
      Nuage

       

      ATTENTATS DE BOSTON: SUNIL TRIPATHI, L’UN DES FAUX SUSPECTS, A ÉTÉ RETROUVÉ MORT

       

      Le corps de l’étudiant disparu, accusé à tort d’être l’un des auteurs des attentats de Boston, a été retrouvé dans une rivière.

       

      Il avait disparu le 16 mars dernier à Providence, ville où il étudiait. Sans portable, sans portefeuille, Sunil Tripathi, 22 ans et étudiant de l’université Brown, n’avait donné aucun signe de vie. On a retrouvé son corps flottant dans une rivière de la ville, en début de semaine. Cette disparition survient quelques jours après que Sunil Tripathi a été confondu avec l’un des suspects des attentats de Boston.

      Pendant plusieurs jours après les explosions, de nombreux utilisateurs du réseau communautaire Reddit ont joué les détectives pour retrouver la trace de l’auteur des attentats du marathon de Boston. Quand certains triaient les photos, d’autres analysaient les vidéos. Et c’est justement à partir de ces vidéos qu’un lien a été établi, à tort, par certains internautes entre Sunil Tripathi et le véritable «suspect n°2», Dzhokhar Tsarnaev. Lorsqu’ils se rendent compte que l’étudiant a disparu depuis quelques semaines, ils y voient là un suspect en puissance.

      Deux éléments vont les conforter dans cette voie: une ancienne camarade de classe de Sunil s’exprime sur Twitter et pense le reconnaître dans les images de surveillance. Puis, un utilisateur de Twitter assurera avoir entendu le nom de Tripathi dans les fréquences radio de la police.

      «Les noms ont été identifiés sur les fréquences de la police de Boston: Suspect 1: Mike Mulugeta, Suspect 2: Sunil Tripathi» – @ghughesca

      Finalement, d’après l’enquête de The Atlantic, le nom de Sunil Tripathi n’aurait pas été prononcé par la police de Boston. Quoi qu’il en soit, les soupçons contre Sunil Tripathi seront ensuite relayés sur Twitter et prendront une ampleur presque incontrôlable. Cela va vite. Très vite. Alors la famille Tripathi réagit et publie un message pour rappeler l’innocence de Sunil.

      Une fois que les frères Tsanaev ont été identifiés, certains utilisateurs de Reddit se sont excusés auprès de la famille pour avoir colporté de fausses accusations contre leur fils. Le salon de discussion «findbostonbombers» (discussion encore disponible dans le cache), dédié à l’identification des responsable des attentats, a été fermé. Le 22 avril, le directeur général de Reddit s’est excusé sur le blog officiel du site.

      «Bien que démarrée avec de bonnes intentions, une partie de l’activité développée sur Reddit a alimenté une chasse aux sorcières et des spéculations dangereuses qui ont fini par avoir des conséquences très négatives pour des innocents (…) Il faut qu’à l’avenir, nous fassions notre possible pour aider et non gêner pendant un moment de crise.»

      D’autres enquêtes d’utilisateurs avaient identifié deux étudiants d’origine marocaine comme les auteurs des attentats, photomontages à l’appui, publiés sur différents sites.

      Pour l’heure, les circonstances de la mort de Sunil Tripathi n’ont pas été élucidées par les enquêteurs. Selon l’avis de recherche, il montrait des signes de déprime mais n’était pas diagnostiqué comme dépressif

      http://www.slate.fr

      La bête noire à abattre


      Comme beaucoup de monde j’avais une idée préconçue sur les pitbulel, mais avec des amis dont une éleveuse de chien, et que mon fils a réchappé un pitbull mélangé avec je ne sais plus quelle race de la grosse saisie d’usine a chien au Québec (Elle avait été enfermée pendant 3 ans dans une cage sans sortir pour faire que des bébés) sans oublier l’émission César, je me suis ravisée .. Un chien agira selon son maitre s,il le dompte a être agressif ou s’il le néglige .. il pourra avoir un mauvais comportement qu’importe la race, Le pitbull n’est pas un chien de salon, c’est un animal qui a besoin de bouger a l’extérieur
      Nuage

       

      La bête noire à abattre

       

      Le pitbull fait l’objet d’une véritable chasse aux sorcières sur les cinq continents, mais aussi dans de nombreux arrondissements du Grand Montréal.

      PHOTO AFP

      Stéphanie Vallet
      La Presse

      Il fait peur et fait les manchettes à chacune de ses attaques. Le pitbull fait l’objet d’une véritable chasse aux sorcières sur les cinq continents, mais aussi dans de nombreux arrondissements du Grand Montréal. Pourtant, il n’est pas l’unique responsable des quelque 164 000 morsures recensées au Québec chaque année (sondage Léger Marketing, 2010). En tête du classement des chiens ayant le plus de mordant figure un quatuor des plus surprenants: le berger allemand, le cocker, le rottweiler et le golden retriever.

      C’est ce que démontre l’une des très rares études qui se sont penchées sur la race des chiens ayant mordu une personne, menée en 1997 par le Système canadien hospitalier d’information et de recherche en prévention des traumatismes.

      Éducatrice et comportementaliste pour chien, Gabrielle Dufresne est appelée à travailler fréquemment avec des chiens ayant des problèmes d’agressivité ou de peurs incontrôlables.

      «Je travaille avec des chiens depuis 25 ans. Les propriétaires de pitbull sont une partie de ma clientèle. Les gens font appel à moi pour des problèmes de base, surtout parce que leur chien saute sur les gens et est trop enthousiaste. C’est rare que je me retrouve devant un pitbull en situation de comportement grave», explique-t-elle.

      «Il n’y a pas de mauvais chiens, mais de mauvais comportements. En 17 ans de carrière, je n’ai vu qu’un seul chien incontrôlable. Il était très difficile et mordait beaucoup… C’était un petit bâtard!»

      «Je vois des chiens réactifs toutes les semaines. Ce n’est pas parce qu’un chien a mordu une fois qu’il faut l’euthanasier. La morsure est souvent le résultat de la peur et de l’anxiété, deux choses qu’on peut très bien traiter», explique quant à lui Jean Lessard, éducateur canin comportementaliste à l’hôpital vétérinaire Rive-Sud et Laval.

      Ce sont donc les intentions des maîtres qui doivent être remises en question et non l’agressivité par nature d’une race. Certains propriétaires de pitbull conditionnent en effet leur chien à devenir agressif. Les chiots sont soumis à un régime d’endurance qui consiste à les priver de nourriture et à leur faire subir des réprimandes physiques pour, enfin, récompenser leur comportement agressif.

      «J’ai déjà vu quelques cas graves de chiens agressifs. Je les évalue sur une échelle de 1 à 10 [10 étant le plus haut niveau d’agressivité], et en 10 ans, je n’ai eu que trois pitbulls», précise la comportementaliste.

      Plus «gentils» que la moyenne

      Menée en décembre 2010 aux États-Unis, une étude de la Société américaine des tests comportementaux révèle que le pitbull américain a obtenu une note de tempérament de 83,9%, alors que celle de la population canine générale culmine à 80,4%. En clair, cela signifie que les pitbulls sont plus «gentils» que la moyenne des chiens.

      «C’est une race extrêmement polyvalente, très déterminée, très intelligente et qui n’aboie pas. Si on sait canaliser son énergie, c’est un chien d’intérieur calme. J’aime les comparer à des joueurs de football américain: ils sont très agiles, très forts, aiment le contact et sont capables de résoudre des problèmes», explique Gabrielle Dufresne.

      Alors que les cas de morsures par un pitbull sont répertoriés de manière systématique dans les médias, le portrait est bien différent pour les autres races.

      «J’ai un golden retriever en traitement qui a ouvert à deux reprises la main de son propriétaire. J’ai moi-même un pitbull et il s’est fait attaquer quatre fois en quatre ans!», lance la comportementaliste Gabrielle Dufresne.

      Pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est le berger allemand qui était le tenant du titre. Mais les films et la populaire série télé Rintintin sauvera rapidement son honneur au détriment du doberman et du rottweiler, utilisés comme chiens de garde ou de protection par les militaires et entreprises de sécurité. Si le pitbull est d’abord désigné comme le «Nanny Dog» des États-Unis à cause de sa réputation de protecteur d’enfants (en vedette à la télévision dans The Little Rascals et mascotte des chaussures Buster Brow), dès les années 60 et 70, avec la progression des gangs de rues et la recrudescence des combats de chiens, il va rapidement devenir la nouvelle bête noire à abattre.

      Mythe

      Le pitbull ne lâche jamais prise et est doté d’une mâchoire ayant un mécanisme de verrouillage? Faux, même s’il a de puissants muscles maxillaires et beaucoup de détermination, selon le Dr Howard Evans, professeur émérite au College of Veterinary Medicine à l’Université Cornell et auteur du livre Anatomy of the Dog, le Dr Sandy deLahunta, neurologiste pour chiens, et la Dre Katherine Houpt, comportementaliste.

      «Nous en venons tous à la conclusion que la force de morsure est proportionnelle à la taille de la mâchoire et des muscles de la mâchoire. Il n’existe aucune structure anatomique qui pourrait s’apparenter à un mécanisme de verrouillage chez aucun chien», disent-ils.

      Mythe

      Le docteur Brady Barr, de National Geographic, a étudié les morsures d’animaux, testant ainsi autant les humains, les chiens domestiques que des animaux sauvages.

      Voici les chiffres qui sont ressortis de cette expérience analysant la pression en livre de la morsure.

      > Humains: 120 lb

      > Requins blancs: 600 lb

      > Hyènes: 1000 lb

      > Crocodiles: 2500 lb

      > Chiens domestiques: 320 lb en moyenne

      Un berger allemand, un pitbull terrier américain et un rottweiler ont été testés grâce à une manche de morsures équipées d’un ordinateur spécialisé. Il en ressort que le pitbull terrier américain a moins de pression que les trois autres chiens.

      Le pitbull n’est pas une race, mais une description qui en rassemble plusieurs: pitbull terrier, Staffordshire bull-terrier, Staffordshire terrier américain, etc. Il vient de la famille des molossoïdes et est issu du croisement qui combinerait l’esprit de jeux du terrier avec la force et l’athlétisme du bouledogue anglais. Des caractéristiques qui lui valurent d’être recruté pour les combats entre animaux (avec des ours ou des taureaux) si populaires au Royaume-Uni au XIXe siècle. Son nom se rapporte ainsi à deux éléments: «fosse/arène» (pit en anglais) et bull (taureau).

      48 morts au Canada depuis 1964, dont 1 seul cas impliquant un chien croisé labrador/pitbull

      4 étaient au Québec (3 cas par un husky, 1 par un berger allemand)

      Source: National Canin Council

      http://www.lapresse.ca