Ce sac de chamane vieux de 1000 ans contenait diverses drogues psychotropes, y compris de la cocaïne


En Bolivie, en cherchant une présence humaine dans une grotte, les archéologues ont trouvé un sac en cuir, vieux de 10 000 ans, ils croient avoir appartenu à un chaman. Dans ce sac, il y avait plusieurs choses dont des plantes psychotropes comme la cocaïne. Il semble que ces plantes n’étaient pas présente sur ce territoire, il fallait le chercher ailleurs.
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Ce sac de chamane vieux de 1000 ans contenait diverses drogues psychotropes, y compris de la cocaïne

 

sac cuir chamane

Le sac de chamane en cuir, cousu à partir de trois museaux de renard. | Jose Capriles/Penn State

Stéphanie Schmidt

Les chamanes amérindiens vivant en Amérique du Sud il y a environ 1000 ans utilisaient toutes sortes de plantes psychotropes. Un sac de chamane en cuir retrouvé en Bolivie contenait les traces de multiples plantes psychotropes à l’intérieur, ainsi qu’un assemblage d’attirail assez impressionnant.

Outre le sac en cuir cousu à partir de trois museaux de renards, ce dernier contenait deux tablettes en bois pour moudre des plantes psychotropes en tabac à priser, deux spatules en os, un bandeau tressé et un tube avec deux tresses de cheveux humains pour fumer des plantes hallucinogènes.

« Nous savions déjà que les psychotropes étaient importants dans les activités spirituelles et religieuses des sociétés des Andes du centre-sud, mais nous ne savions pas que ces personnes utilisaient autant de composés différents et les combinaient éventuellement. Il s’agit du plus grand nombre de substances psychoactives jamais trouvées dans un seul assemblage archéologique d’Amérique du Sud », a déclaré l’anthropologue Jose Capriles, de l’État de Penn.

Utiliser des substances à base de plantes pour modifier la perception, n’est pas nouveau chez l’être humain : cela s’est produit tout au long de l’histoire, que ce soit dans des contextes religieux, rituels ou récréatifs. Mais aujourd’hui, étudier ces plantes et leur utilisation par le passé peut nous en apprendre beaucoup sur ce que les anciens humains connaissaient de ces dernières. Cela nous permet également de déterminer quelles plantes étaient importantes sur le plan culturel à travers différentes époques.

Les archéologues, qui effectuaient des fouilles dans la région, n’étaient pas spécifiquement à la recherche de substances psychotropes, mais plutôt d’une présence humaine dans les abris de pierre sèche de la vallée de la Sora, en Bolivie. Cependant, c’est là, dans une grotte appelée la Cueva del Chileno, qu’ils ont découvert ce sac en cuir.

grotte

Les chercheurs ont découvert un sac en cuir de chamane dans l’abri rocheux Cueva del Chileno, situé dans le sud-ouest de la Bolivie. Crédits : Jose Capriles/Penn State

La datation au radiocarbone indique aux chercheurs que l’objet date d’il y a environ 1000 ans. C’est à l’aide d’un scalpel que l’équipe a procédé à un petit raclage du matériau recouvrant l’intérieur du sac en cuir et l’a analysée à l’aide de la chromatographie en phase liquide et de la spectrométrie de masse en tandem (des techniques permettant d’identifier des quantités infimes de substances).

sac cuir chamane

Le sac en cuir et son contenu. Crédits : Miller et al./PNAS

Les résultats ont indiqué que le sac aurait contenu quatre ou cinq plantes différentes, mais dans tous les cas, au moins trois.

« Des traces chimiques de bufoténine, de diméthyltryptamine, d’harmine et de cocaïne, y compris son produit de dégradation (la benzoylecgonine), ont été identifiées, suggérant qu’au moins trois plantes contenant ces composés faisaient partie de l’attirail chamanique », ont expliqué les chercheurs dans leur article.

« Il s’agit également d’un cas documenté d’un ensemble rituel contenant à la fois de l’harmine et de la diméthyltryptamine, les deux principaux ingrédients de l’ayahuasca [un thé psychédélique à base de plantes] », ajoutent-ils.

À l’heure actuelle, nous ignorons encore l’étendue ou la généralisation de l’utilisation de l’ayahuasca, ce qui ajoute un point de données significatif et important. Bien entendu, à partir de cet échantillon il reste malheureusement impossible de déterminer comment ces plantes étaient préparées, mais cela démontre que les habitants de la vallée de la Sora connaissaient les propriétés de ces plantes il y a déjà 1000 ans.

Les chercheurs pensent que le propriétaire de ce sac en cuir était probablement un chamane. À savoir que ces leaders spirituels étaient ceux qui savaient utiliser les plantes pour atteindre un état de perception altéré et communiquer avec “le monde des esprits”.

L’effectif découvert dans ce cas démontre également qu’en plus d’une connaissance impressionnante des plantes et de leurs propriétés, ces personnes ont fourni des efforts considérables pour obtenir des psychotropes.

« Aucun des composés psychoactifs que nous avons trouvés ne provient de plantes qui poussent dans cette région des Andes, ce qui indique soit la présence de réseaux d’échange élaborés, soit le mouvement de cet individu à travers divers environnements pour se procurer ces plantes spéciales », a déclaré l’archéologue Melanie Miller, de l’Université d’Otago.

Selon les chercheurs, cette découverte nous rappelle que par le passé, les gens avaient une connaissance approfondie des plantes puissantes et de leurs utilisations potentielles, et ils les ont recherchées pour leurs propriétés médicinales et psychoactives.

Source : PNAS

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Photos datant de 1906


Un mode de vie disparus avec le temps. Remplacé par ceux qui sont venus coloniser l’Amérique. Des photos qui illustrent bien la fierté amérindienne avec leurs ornements, la droiture ..
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Photos datant du début des années 1900

Un homme de la tribu des Corbeaux sur son cheval, en 1908.

Edward S. Curtis/Library of Congress

Edward S. Curtis/Library of Congress

Edward S. Curtis était un ethnologue américain de renom et un photographe de l’Ouest américain et des peuples amérindiens.

Durant sa vie, il a pris une quantité stupéfiante de clichés des paysages de l’Amérique sauvage, conservant des archives pouvant offrir aux générations futures un aperçu d’une période remarquable de l’histoire de ce pays.

Débutant en 1906, Edward S. Curtis a passé deux décennies a voyagé à travers l’Amérique du Nord, sur les traces de plus de 80 tribus amérindiennes, pour tenter de réunir une documentation sur les peuples indigènes.

Ses séries de photographies étonnantes, définitivement intitulées The North American Indian (« Les Indiens d’Amérique du Nord »), sont désormais une œuvre d’art inestimable, et l’une des collections les plus poignantes du pays.

Un pêcheur à la lance Hupa qui guette le saumon, en 1923.

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Un chaman Absaroka, en 1908.

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Une mère et son enfant de la tribu des Corbeaux, en 1908.

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Un chasseur de canard Kutenai, en 1910.

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Un groupe d’hommes de la tribu Navajo dans le Canyon de Chelly, en Arizona, en 1904.

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Medicine Crow, chef de la tribu Absaroka, en 1908.

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Deux filles Piégans rassemblent les verges d’or, en 1910.

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Chefs Piégans, en 1900

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Chefs sioux, en 1905

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Un homme Hidatsa avec un aigle, en 1908.

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Hollow Horn Bear (« Ours Corne Creuse »), un Sioux Brulé, en 1907.

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Une fille d’une tribu Jicarilla (Apache), en 1910.

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Une fille de la tribu WishranMedicine Crow, chef de la tribu Absaroka, en 1910.

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Danseurs de la tribu Qagyuhl, en 1914.

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Une délégation de Kwakiutl arrive sur la rive en canoë pour un mariage, en 1914.

Edward S. Curtis/Library of Congress

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Septembre 1886. À 57 ans, Geronimo enterre la hache de guerre, berné par Washington.


Quand j’entends dire que les immigrés ne sont pas les bienvenus, que s’ils veulent rester, ils doivent d’abord accepter de vivre à notre façon … Mais l’histoire que lors des colonisations montrent bien que les premières nations qu’importe le pays ont été chassées, battues et trompées et c’est encore comme cela aujourd’hui. Nous n’avons donc aucune leçon a donné
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Septembre 1886. À 57 ans, Geronimo enterre la hache de guerre, berné par Washington.

 

FRÉDÉRIC LEWINO ET GWENDOLINE DOS SANTOS

En 2010, quand l’US Army prend pour cible Oussama Ben Laden, elle lui attribue le nom de code Geronimo. Colère blanche de la nation indienne : comment ose-t-on donner au pire des terroristes le nom d’un héros, du dernier des Chiricahuas à avoir enterré la hache de guerre ?

Le 4 septembre 1886, Geronimo a déjà 57 ans et des centaines de combats à son actif. Ses victimes blanches se comptent par dizaines. Mais il l’a payé au prix fort : à deux reprises, sa famille a été massacrée. Autour de lui, des milliers de guerriers, de squaws et d’enfants sont tombés sous les balles de l’armée US.

Chez les Apaches chiricahuas d’Arizona, le chef, c’est le célèbre Cochise ; Geronimo n’est qu’un chaman, un homme de médecine, dont la vaillance au combat fait qu’il est respecté de tous. À sa naissance, en 1829, il est nommé Go Khla Yeh, « celui qui bâille », puis Guu Ji Ya, « l’astucieux ». Il devient Geronimo le jour où il entend des adversaires mexicains qu’il taille en pièces invoquer saint Jérôme (Geronimo). Sa révolte date de 1858, quand, en retournant dans son village, il retrouve sa mère, son épouse et ses trois gosses décimés par la troupe mexicaine. Depuis ce jour-là, il jure de tuer tous les Blancs croisant son chemin.

Massacres

En 1871, après de nombreux massacres, Cochise doit se résoudre à signer un accord de paix avec Washington qui octroie aux Apaches une réserve sur leurs terres. Mais que vaut la parole d’un Américain ? Cinq ans plus tard, les États-Unis déportent les Chiricahuas dans un horrible désert, à San Carlos. Au lieu d’accepter ce merveilleux cadeau avec le sourire, Geronimo, suivi de quelques compagnons, préfère s’enfuir. Sa vie n’est plus alors qu’une succession de guérillas, de massacres, de captures, d’évasions, de pillages. Une fois, 22 soldats mexicains sont laissés pour morts ; une autre fois, 26 colons américains sont hachés menu. Par trois fois, il s’échappe de la réserve indienne après avoir consenti à y retourner.

Le 17 mai 1885, le vieux chaman s’enfuit une dernière fois en compagnie de 35 guerriers et de 109 femmes et enfants pour retrouver la liberté d’antan. La petite troupe de renégats, comme ils sont alors appelés, se cache dans des canyons mexicains d’où ils lancent des raids sanglants en Arizona et au Nouveau-Mexique. Washington, qui juge que la plaisanterie a assez duré, envoie une troupe de 5 000 hommes et de 500 auxiliaires indiens commandée par le général Crook. Rien que ça. En face, rappelons-le, il y a une trentaine de guerriers. Le général Miles commence par déporter les Chiricahuas de la réserve de San Carlos vers la Floride, où le climat humide est une catastrophe pour des Indiens habitués au désert. Durant seize mois, Geronimo échappe au ratissage des troupes US. Ses guerriers tuent 75 citoyens américains, 12 Apaches, 2 officiers, 8 soldats US et un nombre inconnu de Mexicains. De leur côté, les « renégats » perdent six hommes, deux garçons, deux femmes et un enfant.

Crédulité

En janvier 1886, acculés par l’armée américaine, les Chiricahuas acceptent de négocier. Le général Crook et Geronimo se rencontrent le 27 mars 1886. Un accord est trouvé : les Indiens acceptent de déposer les armes et de retourner dans leur réserve après un exil de deux ans. Seulement, Washington désavoue Crook, pas question que Geronimo s’en tire avec une peine d’exil. Du coup, le chef Nachite, Geronimo et 40 autres Apaches s’enfuient au Mexique. C’est reparti comme en quarante. Dégoûté, le général Crook démissionne, laissant la place au général Miles.

En juillet, la troupe US est sur les talons des « renégats » au Nouveau-Mexique. Geronimo et Nachite consentent à négocier avec le général Miles. Dans ses mémoires, le chaman raconte que ce dernier, au nom du président américain, lui promet de lui construire une maison, de lui clôturer beaucoup de terres, de lui donner du bétail, des chevaux, des mules et du matériel agricole, et même des hommes pour travailler sa terre à sa place.

« Vous vivrez parmi votre tribu et votre famille. Si vous acceptez ce traité, vous verrez votre famille dans cinq jours. »

Pour une fois, Geronimo se montre crédule et accepte le marché, le 4 septembre 1886. Aucune des promesses ne sera tenue. Le vieil homme et ses compagnons sont expédiés en train au Texas pour y être jugés. Ils sont condamnés à être déportés à Fort Pickens, en Floride, où ils moisissent durant deux ans à travailler comme des esclaves à scier du bois. Ce n’est qu’en mai 1887 qu’ils retrouvent leurs familles, mais point de bétail, de terres, comme promis. Ils sont envoyés en Alabama pour travailler pour le gouvernement. Durant cinq longues années ! Plusieurs des compagnons de Geronimo se suicident avec leurs épouses.

« J’aurais dû me battre »

En 1904, les Apaches sont transférés à Fort Sill, en Oklahoma. C’est alors que le vieux combattant retourne totalement sa veste, comprenant peut-être qu’il n’y a plus aucun espoir de retour en arrière. Il se convertit au christianisme, écrit un livre souvenir qu’il vend à l’Exposition universelle de Saint-Louis.

« Quand on me demanda la première fois de me rendre à l’Exposition universelle de Saint-Louis, je ne désirais pas m’y rendre. Plus tard, lorsqu’on me dit que j’y recevrais attention et protection, et que le président des États-Unis était d’accord, j’y consentis. Chaque dimanche, le président de l’Exposition me demandait de participer au Wild West Show. J’ai participé au concours de lasso devant le public. Il y avait de nombreuses autres tribus d’Indiens, là, et des gens étranges dont je n’avais jamais entendu parler. Je suis heureux de m’être rendu à l’Exposition. J’y ai vu de nombreuses choses intéressantes et j’ai beaucoup appris des hommes blancs. Ils appartiennent à un peuple doux et pacifique. »

Il écrit aussi : « J’ai été chauffé par le soleil, bercé par le vent, abrité par les arbres comme les autres enfants indiens. Je vivais paisiblement quand les gens ont commencé à dire du mal de moi. Maintenant, je peux bien manger, bien dormir et être heureux. Je peux me rendre partout avec une bonne sensation. »

En février 1909, à l’âge de 79 ans, le vieux guerrier est envoyé au tapis par son cheval. Il passe la nuit allongé sur le sol, où il prend froid. Le 17 février, une pneumonie l’emporte. Ses dernières paroles sont pour son neveu :

« J’aurais dû me battre jusqu’à être le dernier homme vivant. »

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