Elle vit avec un trou dans le cerveau de la taille d’un citron


Imaginer avoir eu des problèmes toute votre vie, d’évaluer la distance, de reconnaitre un endroit qui devrait être familier, et ne pas être ne mesure de lire l’heure et qu’enfin, vous avez la réponse. Une réponse stupéfiante d’un trou dans le cerveau
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Elle vit avec un trou dans le cerveau de la taille d’un citron

 

Les cas de personnes vivant avec une partie du cerveau manquante sont extrêmement rares. ©APA / Science Photo Library / AFP

Les cas de personnes vivant avec une partie du cerveau manquante sont extrêmement rares. ©APA / Science Photo Library / AFP

Par Hugo Jalinière

Lors d’une IRM, une jeune américaine a découvert à l’âge de 26 ans qu’il lui manquait une partie conséquente du cerveau, expliquant des difficultés dont elle souffre depuis sa naissance.

« Mon histoire est atypique. » Pour ne pas dire saisissante. Cole Cohen, une américaine originaire de l’Oregon a vécu jusqu’à ses 26 ans sans se douter que son cerveau présentait une incroyable singularité : un trou de la taille d’un citron et empli de liquide céphalo-rachidien. Elle publie ce mardi 19 mai 2015 son histoire « atypique » dans un livre, Head Case : My Brain and Other Wonders,dont le New York Post relaie certains passages.

Elle raconte ainsi avoir toujours rencontré des problèmes pour nombre de gestes quotidiens. Si elle n’a absolument aucun problème de compréhension du langage que ce soit à l’oral ou à l’écrit, lire une horloge à aiguilles, évaluer les distances ou prendre une direction clairement indiquée lui sont des gestes quasiment impossibles. Et les cours de mathématiques sont pour elle un calvaire. Des problèmes qui vont conduire à lui diagnostiquer un trouble du déficit de l’attention pour lequel elle sera traitée pendant des années. Sauf que…

En 2007, face aux difficultés qu’elle rencontre dans sa vie quotidienne, elle se rend chez un ergothérapeute qui lui recommande de passer une IRM. Le 17 juin, elle consulte avec ses parents un neurologue, le Dr Volt. Dans son livre, Cole Cohen raconte cette scène incroyable :

« Le Dr Volt est derrière son bureau. Son écran d’ordinateur tourné vers nous. Je ne comprends pas l’image qu’il me montre. C’est une coupe de cerveau en noir et blanc que je présume être le mien, avec une tache d’encre noire de la forme d’un cœur distordu. Je me dis que c’est une tache sur le film, beaucoup trop grande pour être réelle. » Jusqu’à ce que le Dr Volt prenne la parole : « Donc, ceci est votre cerveau… et ça – il pointe de son stylo la tache noire – c’est un trou. » Incrédule, la jeune femme lui pose la question qui s’impose : de quelle taille est ce trou ? « À peu près la taille d’un citron. Ou disons celle d’un petit poing ? Comme celui d’un enfant de dix ans ? »

Quand l’appréhension de l’espace fait défaut

« Abasourdie » par cette annonce, la jeune femme comprend enfin pourquoi elle n’est jamais parvenue à évaluer la distance à laquelle se trouvaient les voitures au moment de traverser une route ; pourquoi à chaque passage à son épicerie de quartier, elle se sentait perdue comme si tout était à chaque fois réorganisé. Pourquoi les aiguilles d’une montre n’ont jamais eu aucun sens pour elle. Pourquoi elle n’a jamais pu apprendre à conduire. Car le lobe pariétal de son cerveau qui devrait se trouver à la place du fameux trou est notamment impliqué dans l’information sensorielle, l’appréhension de l’espace, la compréhension des nombres ou encore le sens de l’orientation. 

Cole Cohen raconte d’ailleurs que même avec l’aide d’un GPS, il est impossible pour elle de se diriger.

« Si l’application me dit ‘allez à gauche’ ou ‘allez à droite’, je sais que j’ai 50% de chance de me diriger du bon côté », et 50% du mauvais.

D’autres cas de parties manquantes dans le cerveau ont déjà été rapportés mais ils sont extrêmement rare. Surtout, la plupart du temps, ces conditions anatomiques ne sont découvertes qu’au décès des patients, lors de l’autopsie. Ainsi de cette Chinoise qui a découvert à 24 ans qu’il lui manquait tout le cervelet. Une histoire tout à fait stupéfiante récemment relayée par Sciences et Avenir.

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Une pompe à médicaments dans le cerveau


Des progrès dans la recherche pour aider les épileptiques qui doivent vivre avec des risques de faire des crises à tous moments. L’étape en laboratoire donne, semble-t-il de très bon résultat, maintenant, il reste les essais sur l’être humain
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Une pompe à médicaments dans le cerveau

 

vue d'artiste de la nanopompe cérébrale

La micropompe est un ruban 20 fois plus fin qu’un cheveux (en violet), sur lequel sont fixées des molécules de médicaments. On relâche ces dernières en appliquant un courant électrique.

© Adam Williamson, Christophe Bernard, ID Labs, Arab4D

Propos recueillis par Guillaume Jacquemont

Une équipe internationale a développé une micropompe implantable dans le cerveau, qui pourrait délivrer des médicaments de façon ciblée. Grâce à ce dispositif, les chercheurs ont déjà réussi à stopper des crises d’épilepsie in vitro. Entretien avec Christophe Bernard, qui a dirigé son développement.

Contre quelles maladies cette micropompe pourrait-elle être utilisée ?

Christophe Bernard : Nous avons travaillé sur l’épilepsie, où une petite zone du cerveau, nommée foyer épileptique, déclenche des crises. Mais on pourrait l’utiliser contre n’importe quelle pathologie touchant le cerveau : Alzheimer, Parkinson… Dans cette dernière maladie, par exemple, un neurotransmetteur nommé dopamine, essentiel au contrôle des mouvements, manque dans certaines zones cérébrales. En ajouter de façon ciblée atténuerait les symptômes.

Quels avantages présente ce dispositif ?

C. B. : Il résoudrait deux grands types de problèmes posés par les méthodes actuelles, qui consistent pour la plupart à avaler des médicaments. Premièrement, il permettrait de contourner la barrière hémato-encéphalique, couche de cellules et de protéines qui isole la circulation sanguine du reste du cerveau et bloque de nombreuses substances actives. Deuxièmement, la micropompe limiterait les effets secondaires, en évitant que les médicaments se propagent ailleurs dans l’organisme.

En quoi consiste cette micropompe ?

C. B. : Il s’agit d’un petit ruban poreux incrusté de charges négatives, qui attirent des molécules positives. La plupart des molécules, en particulier les médicaments, ont une charge électrique. On peut donc les « stocker » sur ce ruban. Quand on veut les libérer, on fait passer un courant grâce à une pile (qu’on peut greffer ailleurs, par exemple sous la clavicule) : ce courant engendre des champs électriques qui éjectent les molécules. Notons que le ruban, 20 fois plus fin qu’un cheveu, est en carbone, un matériau bien accepté par l’organisme.

Le médicament ne s’épuise-t-il pas rapidement, ce qui exigerait des interventions chirurgicales fréquentes ?

C. B. : Non, pour deux raisons. D’abord, la quantité à relâcher est très faible. Quand on avale un médicament, la molécule active y est peu concentrée et elle se dilue encore dans l’organisme. Ce n’est pas le cas de notre dispositif, qui largue des molécules actives pures directement sur la cible. Ensuite, on envisage de ne livrer le médicament qu’aux moments précis où on en a besoin, par exemple lors des crises pour l’épilepsie. Des dispositifs sont à l’essai chez l’homme pour anticiper le déclenchement de ces crises. Il s’agit d’électrodes implantées dans le cerveau, que l’on pourrait coupler à notre micropompe. Celle-ci durerait toute la vie du patient.

Où en êtes-vous du développement ?

C. B. : Nous avons obtenu un premier succès in vitro sur des tranches de cerveaux de souris. Nous rendons certaines zones hyperactives pour imiter une crise d’épilepsie, puis nous les calmons en injectant un neurotransmetteur inhibiteur (du GABA) avec notre micropompe. Nous avons commencé des tests in vivo chez la souris, mais il est difficile de prévoir quand nous passerons à l’homme, car les autorisations sont longues à obtenir. Il serait intéressant d’aller vite : quelque 30 % des épileptiques (soit environ 150 000 patients en France) résistent aux traitements actuels et ce dispositif pourrait leur apporter une solution. On peut parfois retirer le foyer épileptique par une opération chirurgicale, mais seulement pour une infime partie de ces patients.

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Que se passe-t-il dans le cerveau des grands prématurés ?


La technologie d’imagerie permet de mieux observé les cerveaux à différentes étapes du développement. Grâce à l’imagerie, les scientifiques peuvent voir la différence entre un cerveau prématuré et un bébé né a terme. Les premières constatations semblent relier l’autisme et les troubles d’apprentissage chez les prématurés.
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Que se passe-t-il dans le cerveau des grands prématurés ?

 

 

Grâce aux techniques d'imagerie médicales moderne, les chercheurs peuvent désormais recueillir de précieux indices sur la façon dont apparaissent les troubles du spectre autistique. ©EVAN VUCCI/AP/SIPA

Grâce aux techniques d’imagerie médicales moderne, les chercheurs peuvent désormais recueillir de précieux indices sur la façon dont apparaissent les troubles du spectre autistique. ©EVAN VUCCI/AP/SIPA

Des chercheurs ont pu distinguer à l’IRM les différences de connexions cérébrales chez les prématurés qui pourraient favoriser l’apparition de troubles du spectre autistique.

Plusieurs études ont déjà montré que l’autisme et les troubles de la concentration frappaient plus fréquemment les enfants prématurés. Le Pr Yehezkel Ben-Ari, directeur de recherche émérite à l’Inserm confiait même à Sciences et Avenir il y a peu :

« On sait qu’une naissance prématurée favorise l’apparition de troubles du spectre autistique ».

Une affirmation qui repose essentiellement sur des observations statistiques, sans qu’on comprenne précisément pourquoi ou comment cela se passe. Mais une étude publiée dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) par des chercheurs du King’s College à Londres jette un nouvel éclairage sur ce lien. Selon les scientifiques, des naissances prématurées peuvent altérer la connectivité entre certaines parties du cerveau, ce qui augmenterait le risque d’autisme et de trouble de l’attention.

Des connexions cérébrales différentes

C’est en utilisant l’IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) que les chercheurs ont pu examiner des connexions spécifiques dans le cerveau de 66 enfants, dont 47 sont nés avant la 33e semaine de gestation tandis que les 19 autres sont venus au monde à terme. Les auteurs se sont concentrés sur les connexions dans le cerveau entre le thalamus, centre des réflexes émotionnels, et le cortex, la substance grise entourant les hémisphères cérébraux qui jouent un rôle clé dans de nombreuses fonctions cognitives.

Prématurité : les trois stades On considère généralement qu’un bébé est prématuré s’il vient au monde avant la 37e semaine de gestation. Selon l’organisation mondiale de la santé, on distingue parmi eux trois catégories : la prématurité extrême (naissance avant la 28e semaine) ; la grande prématurité (naissance entre la 28e et la 32e semaine) ; et la prématurité moyenne comprise entre la 32e et la 37e semaine de gestation.

Ces scientifiques ont constaté que les enfants nés entre la 37e et la 42e semaine – période normale de gestation – avaient des structures cérébrales remarquablement similaires à celles des adultes dans ces parties du cerveau, confirmant que les branchements cérébraux sont bien développés dès la naissance. En revanche, chez les prématurés, ils ont observé moins de connexions cérébrales entre le thalamus et le cortex, mais davantage avec une partie du cortex latéral jouant un rôle dans le traitement des signaux du visage, des lèvres, de la mâchoire, de la langue et de la gorge. Cela pourrait s’expliquer par le fait que les bébés prématurés sont nourris au sein ou au biberon beaucoup plus tôt que les enfants nés à terme.

Une moindre connectivité dans la partie du cortex jouant un rôle majeur dans les capacités cognitives, les différences observées à l’IRMf pourraient être liées chez ces enfants à une plus grande fréquence de difficultés de concentration et de relations avec les autres plus tard dans leur vie, selon les chercheurs. Reste que le faible nombre de participants à l’étude ne permet pas de tirer des enseignements solides sur les troubles du développement à l’origine d’une apparition de l’autisme. Mais ce type d’observations contribuent à affiner l’appréhension de ces troubles par la médecine moderne.

« La prochaine étape dans nos travaux sera de comprendre le lien entre ces observations et les difficultés d’apprentissage, pour se concentrer et socialiser, auxquelles un grand nombre de ces enfants sont confrontés en grandissant », commente la Dr Hilary Toulmin, du Centre du développement du cerveau au King’s College, principal auteur de l’étude.

« Grâce aux technologies d’imagerie inexistantes il y a encore quelques années, il est désormais possible de voir les connexions cérébrales des enfants au fur et à mesure du développement de leur cerveau, ce qui va probablement aboutir à des avancées remarquables en médecine », juge le professeur David Edwards, du King’s College qui a dirigé cette recherche.

Avec AFP

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Quand notre cerveau se ment à lui-même


On se ment tous à soi-même en cherchant des excuses pour avoir agi de telle manière, pour maquiller un échec par honte, par crainte ou autre. Prendre quelque chose sous prétexte qu’une personne où l’État nous le doit bien Puis, il y a le déni, comme si quelque chose ne peut ou va se faire alors que c’est impossible dans le but de s’adapter à une situation nouvelle et difficile. Il y a aussi nos souvenirs que le cerveau peut changer l’histoire et remettre la nouvelle version à la page.
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Quand notre cerveau se ment à lui-même

 

François Richer Devenir fan
Chercheur en neuropsychologie, professeur à l’UQAM

«Ça ne me fait rien qu’il ne veuille plus me voir». «Je ne le voulais pas vraiment ce poste». «Je n’ai pas besoin de l’approbation des autres». «Je pourrais si je le voulais vraiment.»

On est très habile à se cacher des réalités qui ne font pas notre affaire.

Notre cerveau a développé une grande capacité à simuler. On construit et manipule des objets et des concepts dans notre tête. On crée des scénarios pour les évaluer et prendre des décisions. Cette capacité de raisonnement est ce qui fait que notre espèce domine la planète, mais elle nous permet aussi de mieux nous mentir à nous-mêmes. Elle permet la rationalisation.

L’homme est un animal rationalisant plutôt que rationnel (Aronson, 1972).

Il a soif de structure. Surtout, il a tendance à préférer les explications qui l’arrangent ou qui ne le font pas mal paraitre, celles qui réduisent son stress ou qui réduisent la dissonance entre ses croyances et les situations auxquelles il doit faire face. Les aménagements mentaux qu’on peut utiliser sont très variés (justification, maquillage, minimisation, déni), mais certains peuvent ébranler la frontière entre la pensée lucide et la pensée délirante.

On utilise parfois des justifications ou des réinterprétations d’actions pour gommer les imperfections de la réalité.

«Ce n’est pas ce que je voulais dire». «Ce n’est pas un échec, c’est un succès d’estime», «J’ai économisé un bon paquet d’argent en achetant tout ça».

Ça peut être bon pour restaurer notre estime de soi en étouffant un sentiment de honte ou de culpabilité. Les réinterprétations peuvent aussi servir à étouffer une frustration, une déception, une tristesse ou un manque.

Se mentir à soi-même sert aussi à réduire des craintes ou fuir des menaces. Eviter des examens médicaux nous évite de faire face aux mauvaises nouvelles pour un temps. Exprimer son accord quand on est trop timide pour montrer son désaccord évite la confrontation pour un temps.

Le maquillage de la vérité protège aussi ceux qui ne se donnent pas droit à l’erreur. L’enfant oppositionnel qui jure que ce n’est pas lui qui a commencé la bagarre ou cassé le vase peut en venir à se croire lui-même ou au moins à croire à son talent d’acrobate de la réalité. L’adulte narcissique qui blâme son adjoint, le système, les circonstances ou la météo réduit son sentiment de responsabilité en un clin d’œil. La moralité douteuse et les comportements antisociaux s’abreuvent de ces justifications.

«Ce n’est pas du vol, c’est la société qui me rembourse une dette». «Je lui ai fait mal mais il avait besoin d’une leçon et de toute façon il l’a bien cherché». «Vandaliser une institution qui nous opprime c’est de la justice».

Le summum est peut-être de nier qu’on se cache la vérité (le déni du déni), comme quand on est persuadé qu’on a rien à changer dans nos conduites mais que les autres doivent changer radicalement pour que tout aille mieux.

Notre cerveau est aussi porté à minimiser certaines limites ou incapacités. L’amnésique qui nie ses difficultés de mémoire, l’aphasique qui fait semblant de comprendre ce qu’on lui dit comme si tout était normal. Le toxicomane qui est convaincu qu’il garde le contrôle sur sa consommation. L’agresseur qui enchaine une conversation normale après des gestes horribles. Le déni peut aller très loin. Certaines personnes qui ont un bras paralysé peuvent même croire qu’ils pourraient le bouger s’ils le voulaient.

Le déni n’est pas qu’une tactique sociale pour sauver la face. C’est une composante essentielle de l’activité mentale qui a une fonction adaptative. Il sert généralement à nous protéger des émotions négatives et du stress ou à maintenir une certaine cohérence dans notre vie mentale. Le déni sert même parfois à nous motiver. Se croire invincible quand on est jeune nous donne le courage d’explorer, d’affronter et de se dépasser même si ce n’est pas très réaliste.

Les automensonges peuvent aussi prendre la forme de blocages qui nous coupent de nos souvenirs. Plus souvent qu’on le croit, notre cerveau oublie activement ce qui le perturbe (situations honteuses, stress). Quand notre moteur de recherche cérébral tente de récupérer l’information controversée, nos émotions lui font éviter les indices qui allument la bonne réponse et empêchent la recherche d’aboutir. Un évènement traumatisant peut causer une amnésie dissociative qui nous empêche de nous rappeler de l’évènement ou d’autres informations pendant un certain temps. Les émotions ont un droit de veto sur les scènes que l’on se permet de revivre et sur les détails qui les composent.

Notre cerveau peut même réinventer l’histoire. Un souvenir n’est pas une donnée figée. Récupérer une information la transforme, la relier aux autres informations la reconsolide. Parfois, le cerveau peut déformer une partie des faits qu’il récupère et insérer de faux détails dans les souvenirs d’incidents stressants (accidents, agressions…). L’auto qui allait vite était (sans doute) conduite par un jeune homme. La récupération fabulatrice est due au fait que récupérer un souvenir le rend souvent malléable, vulnérable à l’insertion de nouvelles associations qui ont plus à voir avec nos préjugés, nos émotions et nos connaissances générales qu’avec l’épisode tel qu’il a été vécu initialement.

Les émotions peuvent faciliter la mémorisation d’évènements marquants, mais elles peuvent aussi biaiser les souvenirs et les contenus de la pensée. Quand on essaie de raisonner, les informations et les arguments qui nous viennent en tête sont déjà présélectionnés jusqu’à un certain point. Cette pré-sélection est un processus compétitif où l’estime de soi, les peurs et autres émotions ont leur mot à dire.

Les justifications et le déni sont des raccourcis qui traduisent des difficultés d’adaptation à une réalité émotionnellement chargée. Ils peuvent être coriaces, mais ils peuvent se diluer au fil des expériences et des confrontations de la réalité. Il faut tenter de vérifier nos croyances. Il faut aussi insérer un peu de doute dans nos grandes certitudes et écouter notre entourage quand il nous dit qu’on n’a pas tenu compte de certaines réalités.

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Pourquoi un débat autour des couleurs de cette robe? À cause de votre cerveau!


Cette robe est devenue virale sur le Web, Quand Salut Bonjour a montré cette robe, moi, je la voyais blanche et or, alors que d’autres la voit bleu et noir. Pourquoi qu les avis sur les couleurs de ce vêtements peuvent être différentes ? Notre cerveau n’a pas les mêmes perceptions des couleurs dépendant de la lumière émise
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Pourquoi un débat autour des couleurs de cette robe? À cause de votre cerveau!

 

Par Marine Le Breton

Bleue et noire? Blanche et dorée? Une robe à couleur indéterminée fait exploser Internet. Postée sur Tumblr, elle rend fous les internautes qui n’arrivent pas à se mettre d’accord, même si depuis, il semblerait qu’on ait retrouvé l’originale (qui est noire et bleue, navré).

Comment expliquer que les avis divergent autant? Voyons-nous réellement deux couleurs différentes? Il ne s’agit pas d’une blague, ni de magie, mais d’une question d’interprétation du cerveau. Selon la sensibilité de la rétine et le cerveau de chacun, les couleurs sont perçues différemment.

Le site Vice a interrogé Jay Neitz, chercheur à l’université de Washington, spécialiste de la vision des couleurs. Lui, voit la robe blanche et or, mais l’un de ses élèves l’a vue bleue et noire.

« C’est l’une des perceptions des couleurs les plus fascinantes que j’aie vue depuis longtemps », s’amuse-t-il.

GIF de Slate.com

Pour lui, il y a d’abord une question d’âge à prendre en compte.

« La rétine de l’œil change tout au long de votre vie, et vous êtes moins sensible à la lumière bleue quand vous êtes plus vieux », explique-t-il.

Une histoire de cônes et de bâtonnets

Mais ce qui entre surtout en jeu, c’est « l’adaptation chromatique ». En fonction de l’éclairage, le cerveau peut voir une couleur au lieu d’une autre. Si la robe est blanche mais que l’éclairage est un peu bleuté, notre cerveau pense que la robe est bleue.

La lumière entre dans l’œil par le cristallin, qui est une sorte de lentille naturelle. Chaque couleur correspond à une différente longueur d’ondes. La lumière vient frapper la rétine, qui est « tapissée d’une mosaïque de photorécepteurs: les cônes et les bâtonnets« . Stimulés par la lumière, ces cônes émettent des signaux électriques vers le cortex visuel, qui va analyser, interpréter, et donc, transformer ces signaux en une image. C’est un processus complexe qui fonctionne à merveille. Mais il faut savoir que nous avons des photorécepteurs qui sont plus ou moins sensibles à la lumière, son intensité et sa longueur d’onde.

« Ce qui se passe ici, c’est que notre système visuel regarde cette chose, et vous essayez de prendre en compte le biais chromatique de l’axe la lumière du jour », explique sur le site Wired Bevil Conway, neuroscientifique, spécialiste des couleurs et de la vision. « Donc soit les gens prennent en compte le côté bleu, auquel cas ils la voient blanche et or, soit ils prennent en compte le côté doré, auquel cas ils la voient bleue et noire ».

Pour faire simple, si votre cerveau pense que l’éclairage est artificiel (plutôt blanc, jaune), vous voyez certainement la robe bleue. Mais si votre cerveau estime que l’éclairage est plus bleuté, près d’une fenêtre avec un ciel bleu par exemple, vous voyez la robe blanche. C’est ce qu’explique ASAPScience (en anglais):

Ou encore:

Image via XKCD.

Tout est donc une question de contexte et d’interprétation que le cerveau peut avoir du mal à faire. Nous pouvons arrêter de nous battre.

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Des souvenirs stockés au cas où…


C’est étrange comment notre cerveau fonctionne, comme par exemple, les souvenirs. Alors qu’on voit mais sans remarquer quelque chose, un évènement viens faire resurgir ce souvenir anodin qui viens renforcer ce souvenir ..
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Des souvenirs stockés au cas où…

 

une femme a des idées

© PathDoc /shutterstock.com

Des expériences montrent que le cerveau stocke temporairement de multiples souvenirs a priori inutiles… et les renforce s’ils prennent de l’importance à la lumière d’événements nouveaux.

Vous croisez une femme au supermarché sans la remarquer. Par la suite, vous rencontrez votre nouvelle voisine de palier, qui vous semble étrangement familière. Un peu plus tard, vous y repensez et… surprise : vous vous rendez compte que votre voisine n’est autre que cette femme croisée pendant vos courses !

Pourquoi ce souvenir du supermarché, que vous n’avez même pas conscience d’avoir enregistré et que vous auriez vite oublié dans d’autres circonstances, vous est-il revenu ? Joseph Dunsmoor, de l’Université de New York, et ses collègues, ont montré qu’un souvenir anodin peut être renforcé a posteriori s’il prend de l’importance à la lumière d’événements nouveaux.

Au quotidien, nous sommes confrontés à un flot gigantesque d’informations – images, sons, odeurs, etc. Leur stockage à long terme dépasserait largement nos capacités mémorielles. Pourtant, on ne peut savoir à l’avance quelles informations se révéleront utiles par la suite. Les expériences réalisées par les neurobiologistes suggèrent que de multiples traces mémorielles sont créées, et que celles qui se révèlent les plus pertinentes sont ensuite renforcées.

Joseph Dunsmoor et ses collègues ont présenté des images d’outils ou d’animaux à des participants, qui devaient les classer selon ces deux catégories. Dans une première phase, cette présentation était effectuée sans autre stimulus. Lors d’une deuxième phase, les images de l’une des deux catégories (outil ou animal) étaient associées deux fois sur trois à un léger choc électrique au poignet. Enfin, de nouveau, aucun choc électrique n’était administré lors de la troisième et dernière présentation.

Les neurobiologistes ont ensuite testé les souvenirs des participants, en leur montrant les images déjà présentées mélangées à des images inédites. Le sujet devait dire s’il avait déjà vu l’image ou non.

Résultat : les participants se souvenaient mieux des images de la catégorie associée à un choc électrique et présentées lors des deuxième et troisième phases. Ce n’est pas surprenant : la mémorisation est plus efficace quand l’émotion s’en mêle, et la peur du « coup de jus » se révéle stimulante ! Mais les images montrées lors de la première phase correspondant à la même catégorie étaient aussi mieux mémorisées, alors que les participants n’avaient pas encore reçu de chocs électriques à cette étape. Ces souvenirs ont donc été renforcés a posteriori.

De nombreuses expériences avaient déjà montré que les souvenirs pouvaient être renforcés rétroactivement après une émotion. Mais ici, le renforcement est sélectif et ne concerne que les souvenirs acquérant une pertinence nouvelle.

Comment le cerveau opère-t-il ce tri sélectif  ? Un premier souvenir faible (codé par un ensemble de modifications dans les connexions entre neurones) serait d’abord créé et, lorsqu’il se révèle important, serait « marqué » pour être renforcé plus tard. En effet, dans l’expérience menée par Joseph Dunsmoor, l’amélioration des souvenirs n’était constatée qu’à partir de quelques heures après la présentation des images.

Les mécanismes en cause restent à préciser, mais ils diffèreraient en tout cas de ceux à l’œuvre pendant le sommeil – lors duquel le cerveau rejoue les souvenirs, ce qui permet de les consolider. En effet, l’amélioration survenait même avant que les participants n’aient dormi.

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DÉCOUVERTE. Pourquoi certains enfants bégaient-ils ?


Il semble qu’on a trouvé l’endroit qui aurait une anomalie dans le cerveau pour les personnes qui bégaient. Avec d’autres études peut-être qu’il sera possible dans un avenir plus ou moins proche d’adapter un meilleur traitement
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DÉCOUVERTE. Pourquoi certains enfants bégaient-ils ?

 

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Le développement de la matière grise dans l’aire de Broca serait « anormal » chez les personnes souffrant de bégaiement. © SKX / Science Photo Library / AFP

Par Lise Loumé

L’une des régions cérébrales des personnes qui butent régulièrement sur les mots présenterait une « anomalie ». Explications

DÉCOUVERTE. Une région du cerveau se développe « anormalement » chez les enfants qui bégaient, et cela persiste à l’âge adulte, conclue une étude menée par des chercheurs de l’université d’Alberta. La première à observer le développement du cerveau chez les enfants et les adultes qui bégaient par IRM, précise un communiqué de l’université.

Un développement « anormal » de l’aire de Broca

L’équipe de Deryck Beal a étudié le cerveau de 116 garçons et hommes âgés de 6 à 48 ans (le sexe masculin étant davantage touché par le bégaiement que le sexe féminin – voir encadré ci-dessous). La moitié des participants bégayaient. Ils ont constaté seulement chez ces derniers un développement « anormal » de la matière grise dans l’aire de Broca, une région du lobe frontal dédiée au traitement du langage et à la production de parole (voir image ci-dessous). En fait, chez les sujets qui ne bégaient pas, l’épaisseur de la matière grise diminue avec l’âge. Mais pas chez les sujets qui bégaient !

Or « cette diminution de l’épaisseur est une bonne chose car elle reflète la manière dont le cerveau devient plus efficace en vieillissant, nécessitant moins de réseaux de neurones, explique Deryck Beal, principal auteur de l’étude. Cela signifie peut-être que cette région, chez les personnes qui bégaient, ne fonctionne pas de manière aussi efficace que chez les autres. »

© Deryk Beal/University of Alberta

Cette modification dans l’aire de Broca est la seule « anomalie » trouvée parmi 30 régions cérébrales explorées par l’équipe.

« Dans toutes les autres zones étudiées, nous avons constaté un développement « normal ». Selon nos résultats, l’aire de Broca pourrait être impliquée dans le bégaiement », explique Deryk Beal.

Mais il ne peut affirmer que l’aire de Broca soit responsable du bégaiement.

« C’est comme l’histoire de l’œuf et la poule, affirme-t-il. Nous ne savons pas si les changements que nous observons dans cette région du cerveau sont le résultat du bégaiement ou si cette différence cérébrale est la cause de ce trouble de la communication. »

Soigner les enfants qui bégaient

ÉVOLUTION. L’équipe de Deryk Beal avait découvert précédemment que les enfants qui bégaient ont un volume de matière grise moins important que les autres. Cette nouvelle étude représente selon lui

« une grande avancée » : c’est comme « avoir un « flip book » (ndlr : un folioscope, petit carnet contenant des images que l’on tient d’une main et que l’on effeuille de l’autre avec le pouce) des changements du cerveau tout au long de la vie au lieu d’une seule image à un certain âge », s’enthousiasme le chercheur.

D’après ce dernier, une étude menée sur le long terme et sur davantage d’individus (enfants et adultes) permettrait d’observer comment les zones cérébrales dédiées à la parole diffèrent entre les enfants qui bégaient, ceux qui ne bégaient pas, et ceux qui n’ont plus ce trouble en vieillissant.

« Cela nous aiderait à savoir comment le cerveau des enfants qui ne bégaient plus étant adultes évolue, afin d’aider ceux qui souffrent de ce trouble à guérir », conclut-il.

CHIFFRES. Le bégaiement frappe 1 % de la population. On compte 600.000 personnes bègues en France, selon le ministère de la Santé. Il touche dans l’enfance 5 % des enfants : une fille pour trois garçons. Trouble de la communication, le bégaiement apparait : parfois très précocément, dès 2 ans et le plus souvent vers 3/4 ans, parfois à l’entrée au C.P, ou parfois vers 10/11 ans. L’apparition peut être brutale ou progressive. Dans 3 cas sur 4, il disparaît sans laisser de trace vers 5/6 ans. Pour savoir quoi faire en cas de bégaiement de son enfant, consultezce document du ministère de la Santé.

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