Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie: le trouble bipolaire après les saignées, lobotomies, électrochocs et autres


Le trouble bipolaire est connu depuis des lustres. Hippocrate, Aristote, Socrate avaient déjà une connaissance des symptômes. Les traitements par contre, n’ont pas été toujours été efficaces, on passa par les saignées, des lobotomies et les électrochocs. Aujourd’hui, cette maladie peut se traiter avec des médicaments et la personne peut vivre une vie a peu près normale
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Il était une fois la maladie: le trouble bipolaire après les saignées, lobotomies, électrochocs et autres

 

Jacques Beaulieu
Chroniqueur et communicateur scientifique

Il semble bien que la maladie soit aussi vieille que l’Homme. Hippocrate affirma que la maladie mentale était reliée à une mauvaise circulation des fluides dans le cerveau. Il avait écrit:

«Par le cerveau, nous pouvons devenir fou, enragé, nous développons de l’anxiété et de la peur la nuit ou le jour, nous pouvons souffrir d’insomnie, faire des erreurs et éprouver des inquiétudes non fondées, nous perdons la capacité à bien reconnaître la réalité, nous devenons apathiques et ne pouvons plus participer à la vie sociale.» (Hippocrate, traduit du grec ancien par Andreas Marneros, 1897).

Aristote établit un lien entre le génie (la créativité) et la folie (la manie). Déjà, deux siècles avant Jésus Christ, le médecin grec, Arétée de Cappadoce parlait de personnes souffrant de manies suivies d’épisodes de mélancolie. Dans son Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, on peut lire:

«La manie peut varier en apparence et prendre mille formes, mais au fonds c’est toujours la même maladie: c’est une démence totale, chronique, sans fièvre, ou si la fièvre l’accompagne, ce n’est qu’accidentellement et nom à raison de la maladie.»

Et un peu plus loin: «La maladie a des intermissions complettes (sic) et peut même cesser entièrement par un traitement convenable.» (Arétée de Cappadoce, Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, traduit du grec par M. L. Renaud, docteur en médecine, Éd. Lagny, Paris 1834. pp. 87-88).

Plus ça change, plus c’est pareil

Je suis souvent étonné de trouver dans ces écrits qui datent de plus de deux mille ans autant de vérités et de similitudes avec ce qui est généralement admis aujourd’hui. Ainsi, Arétée décrit les personnes souffrant de manie:

«Parmi les maniaques, on en voit dont la folie est d’une nature gaie, qui rient, qui chantent, dansent nuit et jour, qui se montrent en public et marchent la tête couronnée de fleurs, comme s’ils revenaient vainqueurs de quelques jeux ; d’autres dont la fureur éclate à la moindre contradiction (…). La manie prend une infinité de formes différentes ; parmi les gens bien élevés et qui ont l’aptitude aux sciences, on en a vu plusieurs devenir astronomes sans maîtres, philosophes sans précepteurs, poètes d’eux-mêmes.»

D’autres observations du même médecin semblent aussi intemporelles:

«Le genre de vie particulier dispose aussi à la manie comme de manger trop, de se remplir outre mesure, l’excès dans la boisson, l’abus ou le désir trop ardent des plaisirs vénériens. (…)» (Arétée de Cappadoce, Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aigues et chroniques, traduit du grec par M. L. Renaud, docteur en médecine, Éd. Lagny, Paris 1834. pp.90-91).

Par contre, là où la sauce se gâche est dans les causes et surtout les traitements qu’il préconise:

«La cause de la manie réside dans la tête et dans les hypocondres (NA: abdomen) (…) Il faut saigner avec beaucoup de précaution les mélancoliques ; car cette maladie provient plus de la mauvaise qualité du sang que de la quantité…» (p.389).

La naissance du nom

L’expression maniaco-dépression, qui décrivit longtemps la maladie, vient de Théophile Bonnet, médecin privée d’Henri II d’Orléans-Longueville vers la fin du XVIIème siècle. Ce médecin parlait alors de manico-melancolus. Successeur de Philippe Pinel à l’hôpital de la Salpètrière, Jean-Étienne Esquirol crée le terme demonomanie. Son élève, Jules Baillarger, parle au milieu des années 1800 de folie à double forme composée de deux périodes: l’une de dépression, l’autre d’excitation. Quelques années plus tard, Jean-Pierre Falret écrit un ouvrage avec une description très précise de la folie à double forme, qui étonne encore aujourd’hui par la modernité de ses propos.

Considéré comme l’un des pères de la psychiatrie, Emil Kraepelin publie en 1883 le Compendium der Psychiatrie et effectue une classification originale des troubles psychiatriques selon deux types qu’il nomme: la maniaco-dépression et la démence précoce (dichotomie de Kraepelin). Il y distinguera un grand nombre de types évolutifs de ce qu’il nomme la folie maniaco-dépressive, dont les formes unipolaires et bipolaires. Au début du vingtième siècle, les psychiatres allemands Karl Kleist, Carl Wernicke et Karl Leonhard parlent du trouble bipolaire, terme qui demeurera dorénavant le plus utilisé pour décrire la maladie. Vers la fin des années 1960, Jules Angst, Carlo Perris et George Winokur raffinent encore la description des types de désordres bipolaires.

De nombreux patients mourraient épuisés ou encore des suites d’une infection opportuniste conséquente aux états de grande fatigue dans lesquelles ils se retrouvaient après des mois, voire des années, en phase maniaque.

Traitements du trouble bipolaire

Outre les saignées et diètes proposées depuis Arétée de Cappadoce durant l’Antiquité, la médecine eut peu à offrir aux personnes atteintes du trouble bipolaire. Les cas les plus lourds étaient enfermés dans les asiles psychiatriques, et les autres fort probablement laissés pour compte. Certaines sources thermales disponibles en Europe se faisaient dans des eaux dont la concentration en sels de lithium était relativement plus élevée et on remarquait que les patients qui y séjournaient se portaient mieux.

Ainsi, la ville de Santenay en France a connu ses premières eaux thermales dès le début de notre ère. On y trouvait un sanctuaire dédié aux nymphes. Au XVIIe siècle, on lui donna le nom de «Fontaine salée». Autour des années 1890-1910, diverses sources s’ajoutèrent, attirant de nombreux touristes, telles la Source Lithium, la Source Carnée et la Source Santana. En déclin dû aux deux grandes guerres mondiales, certaines dont la Source Lithium reprennent du service vers les années 1945-1950. Depuis 1995, elles sont toutes fermées.

Deux autres traitements firent leur apparition au début du vingtième siècle et disparurent presque totalement au milieu des années 1940: la lobotomie et les électrochocs.

D’efficacité douteuse, ces techniques déclinèrent rapidement avec l’arrivée de médicaments efficaces.

John Frederick Cade est né en 1912 et fut un illustre psychiatre australien. Comme au début des années 1950, les protocoles de recherches n’étaient pas ceux qu’on connaît aujourd’hui, il décida de tester sur lui-même les effets du lithium. Son essai dura deux semaines durant lesquelles il put trouver une dose suffisante de lithium sans trop d’effets toxiques. Puis il l’administra à un premier patient en phase maniaque. Selon sa description personnelle, il s’agissait d’un homme de 51 ans en phase maniaque depuis cinq ans. Le patient était épuisé, sale, autodestructeur, malicieux et reconnu depuis longtemps comme étant le pire patient du service. Après trois semaines de traitement, il put être transféré à l’aile de convalescence et, après trois mois, il put quitter définitivement l’hôpital psychiatrique et se trouver un emploi régulier.

L’efficacité était prouvée, mais l’utilisation du médicament posait toujours de graves problèmes de toxicité. En réalité, le problème principal se situait au niveau de la posologie. Il faudra donc attendre jusque vers les années 1950, date à laquelle un nouvel instrument fit son apparition, le spectrophotomètre de flamme, pour que le docteur Morgan Schou du Danemark l’utilise et fasse le dosage du lithium dans la circulation sanguine. Il devenait alors possible d’atteindre un niveau optimal et vérifiable de lithium sanguin et d’en contrôler la dose pour la maintenir en dessous des limites toxiques. Le lithium put alors faire son entrée réelle dans la pharmacopée actuelle.

Ce médicament présenta deux effets immédiats. Dans un premier temps, il réduisit rapidement les taux de mortalité dans les hôpitaux psychiatriques. Avant son arrivée, de nombreux patients mourraient épuisés ou encore des suites d’une infection opportuniste conséquente aux états de grande fatigue dans lesquelles ils se retrouvaient après des mois, voire des années, en phase maniaque.

Le deuxième effet se fit sentir plus lentement mais tout aussi sûrement par un changement de la perception des maladies mentales. Elle deviendra de mieux en mieux comprise, non plus comme une faiblesse ou un défaut moral, mais bien comme une maladie avec des causes physiologiques.

Deux références: l’organisme Revivre et le livre Le trouble bipolaire pour ceux qui en souffrent et leurs proches, Dre Marie-Josée Filteau et Jacques Beaulieu, Les éditions La Semaine.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

6 règles d’or pour que votre cerveau continue à fabriquer de nouveaux neurones


Notre cerveau ne demande pas mieux que de rester alerte malgré les années. Pour ce faire, nous avons besoin d’en prendre soin pour fabriquer de nouveaux neurones. Un bon équilibre de vie est donc un objectif peut importe l’âge
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6 règles d’or pour que votre cerveau continue à fabriquer de nouveaux neurones

 

Représentation d'un neurone sur fond noir. © SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Représentation d’un neurone sur fond noir. © SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Par Stéphane Desmichelle

Saviez-vous que, à n’importe quel âge, votre cerveau a le pouvoir de fabriquer en permanence de nouveaux neurones ? A condition de respecter quelques principes.

La production de nouveaux neurones ne s’arrête jamais. Des chercheurs ont observé que dans une région du cerveau impliquée dans la formation des souvenirs et la gestion des émotions – l’hippocampe -, les anciens neurones étaient remplacés par d’autres, fraîchement produits à partir de cellules souches. Et chacun de nous aurait ce potentiel, quel que soit notre âge. Rassurant. Sauf que, d’après le Pr Pierre-Marie Lledo, qui s’est exprimé lors de la deuxième édition du colloque S3 Odéon, les expériences chez les souris ont montré que cette capacité pouvait diminuer, voire même disparaître (en cas de stress) selon l’environnement. Au contraire, dans un environnement adapté, la neurogenèse chez les rongeurs a été multipliée par trois en quelques semaines. Le directeur du département de neurosciences à l’institut Pasteur nous livre six principes à respecter pour conserver un cerveau jeune jusqu’à la fin de ses jours.

1. Fuir la routine

Le cerveau se nourrit du changement. En effet, la stimulation provoquée par le changement entraîne les cellules souches à produire de nouveaux neurones.

 Il faut, selon Pierre-Marie Lledo, fuir la routine, « respecter la libido sciendi, c’est-à-dire la soif de comprendre et d’apprendre ».

2.Lutter contre l’infobésité

Le cerveau est malléable et l’information invite directement les circuits à se régénérer. En revanche, la question à se poser est : quelle information ? L’écosystème numérique dans lequel nous vivons entraîne une avalanche d’informations certes… Trop selon le médecin.

« L’information qui nous fait juste savoir est absolument délétère, et n’incite pas le cerveau à produire de nouveaux neurones. Bien au contraire, ce dernier, bombardé d’informations, est alors condamné à l’anxiété ».

Concrètement, il est indispensable de trier cette information : choisir l’utile, celle qui nous fait comprendre, et se débarrasser de la futile, celle qui nous fait juste savoir.

3. Bannir anxiolytiques et somnifères

L’objectif des anxiolytiques et des somnifères est d’empêcher le cerveau, celui qui cherche à comprendre, de fonctionner. Leur consommation permet de mettre le cerveau en « marche automatique ». Leur utilisation chronique est donc une entrave à la production de nouveaux neurones.

4. Bouger !

« Il nous faut lutter contre la sédentarité car la science nous dit que, en cas d’activité physique, les muscles produisent des susbtances chimiques (nommés facteurs trophiques) qui, par voie sanguine, viendront agir sur le cerveau et particulièrement sur la niche de cellules souches », explique le Pr Lledo.

Il existe donc une corrélation directe entre activité musculaire et production de nouveaux neurones.

5. Cultiver l’altérité

Certaines parties de notre cerveau, que nous ne pouvons pas contrôler, ne sont engagées que lorsque ne nous sommes exposé à autrui.

C’est ce qu’on appelle globalement le cerveau social, ajoute le médecin. Plus vous allez cultiver votre altérité, et plus vous allez soigner votre cerveau car il sera enclin à produire plus de nouveaux neurones ».

6. Soigner le microbiote

Très récemment, les neurosciences, associées avec la microbiologie, ont montré qu’il y a une flore intestinale qui communique en permanence avec notre cerveau. Notre régime alimentaire a donc un rôle important : la consommation de fibres, un régime varié, incitent à la prolifération de certaines espèces bactériennes concourant justement à la prolifération de neurones. A l’inverse, une nourriture peu variée, riche en sucres, en graisses, favorise la prolifération d’espèces bactériennes qui ne permettront plus aux cellules de produire de nouveaux neurones, quel que soit l’âge.

Et le Pr Lledo de conclure sur une maxime de Goethe :

« Traiter les gens comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils peuvent être ».

A méditer…

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Des milliers de cerveaux pour étudier les maladies psychiatriques


Il y en a qui collectionnent des timbres, ce neuropathologiste a collectionner des cerveaux pendant une période de 1951 jusqu’au milieu des années 1990. Pour une raison d’argent, une partie de la collection fut donnée pour étudier les maladies mentales.
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Des milliers de cerveaux pour étudier les maladies psychiatriques

 

C'est une collection bien particulière qui a atterri cet été sur les étagères... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

 

MARINE LAOUCHEZ
Agence France-Presse
Duffel

C’est une collection bien particulière qui a atterri cet été sur les étagères de l’hôpital psychiatrique de Duffel, dans le nord de la Belgique: environ 3000 cerveaux, fruit de la sélection assidue d’un médecin anglais sur plus de quarante ans.

Baignants dans le formol ou figés dans de la paraffine, lobes frontaux, hippocampes et autres zones clés de cet organe majeur de notre système nerveux, parfois un cerveau entièrement conservé: voilà le trésor acquis par le Dr Manuel Morrens, directeur de recherche de l’hôpital, et que son équipe partage avec l’école de médecine de l’Université d’Anvers (nord).

«À notre connaissance, c’est la plus grande collection de ce genre au monde», sourit-il.

Constituée à l’origine de quelque 8500 cerveaux, la collection rassemblée par le neuropathologiste britannique John Corsellis à partir de 1951 et poursuivie jusqu’au milieu des années 1990 a bien failli disparaître pour cause de… pression foncière à Londres. Continuer d’héberger cette vaste collection dans la capitale devenait trop coûteux.

L’hôpital de Duffel a ainsi pu récupérer 3000 cerveaux, tandis qu’une partie du reste a été donnée à d’autres équipes de recherche à l’étranger.

En Belgique, les cerveaux seront exploités à des fins de recherche principalement sur la dépression et la schizophrénie, dans ce coin tranquille de Flandre.

Chacun d’eux est accompagné d’un dossier médical tenu à jour jusqu’au décès du patient.

La collection, rare, est très précieuse pour les chercheurs.

«Il est très dur d’obtenir des tissus de nos jours. D’habitude, on étudie le fonctionnement du cerveau plutôt grâce à des échantillons de sang. Là «avec cette collection de cerveaux, on peut y accéder directement», explique Manuel Morrens à l’AFP.

Les secrets du cerveau

En effet, à l’époque du Dr Corsellis (décédé en 1994), des considérations éthiques plus souples rendaient probablement plus aisée la constitution de ce type de collection, les autorisations nécessaires alors étant plus facilement obtenues.

L’un des principaux avantages de travailler sur des cerveaux de cette époque est que pour beaucoup d’entre eux, ils n’ont pas été affectés par des traitements médicaux, inexistants à l’époque.

«La recherche contemporaine est gênée par le fait que les cerveaux, en général, ont été prélevés sur des patients qui ont subi des traitements (médicamenteux)», relève le Dr Morrens.

Au contraire, avec cette collection, «nous allons pouvoir étudier la maladie dans sa forme la plus pure», s’enthousiasme-t-il.

«L’enquête» post-mortem sur ces cerveaux pourrait permettre de révéler certains secrets qui échappent encore aux scientifiques, selon Violette Coppens, chercheuse postdoctorale à Duffel.

«La psychiatrie est un champ de recherche relativement nouveau en terme d’investigations scientifiques», se réjouit-elle.

La biopsychiatrie, qui se spécialise dans la compréhension des troubles mentaux en termes de fonction biologique du système nerveux, n’a en effet commencé à croître en importance que dans les années 1980-1990. Et le cerveau, organe le mieux protégé – et donc le moins accessible du corps humain – est plus difficile à étudier.

De ces milliers de cerveaux, Violette Coppens et ses collègues prélèveront des coupes, qu’ils étudieront au microscope à la recherche d’inflammations.

Sur l’écran de la chercheuse ce jour-là apparaît une partie de cervelet dont la matière blanche a été teintée afin de mieux observer les cellules qui la composent.

La recherche actuelle sur les vivants reste limitée par la technologie, souligne Mme Coppens. Les scanneurs et IRM ne peuvent pas, par exemple, repérer quels types de protéines ou d’enzymes sont activés par les maladies.

«Est-ce que l’inflammation du cerveau peut provoquer ou aggraver ou influencer, d’une façon ou d’une autre, le cours médical des désordres mentaux ?», s’interroge Violette Coppens, les yeux rivés sur les méandres pourpres créés par la teinture.

C’est la question à laquelle l’équipe belge du Dr Morrens tentera de répondre après l’observation et la comparaison de milliers de prélèvements.

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Les psychopathes ressentent la peur mais n’ont pas conscience du danger


Comprendre le cerveau pour mieux soigner les maladies mentales est un gros défi.
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Les psychopathes ressentent la peur mais n’ont pas conscience du danger

Hannibal Lecter dans «Le Silence des agneaux»

Hannibal Lecter dans «Le Silence des agneaux»

Repéré par Peggy Sastre

Sur un plan cognitif et neurologique, rien ne prouve que les psychopathes aient un ressenti de la peur qui soit anormal ou dysfonctionnel.

Les psychopathes sont capables de ressentir la peur, mais leur cerveau a du mal à détecter automatiquement le danger et à y réagir en conséquence. Telle est la principale conclusion d’un tour d’horizon de la littérature scientifique effectué par des chercheurs affiliés à l’université Radboud de Nimègue et à l’iniversité libre d’Amsterdam, aux Pays-Bas. Et un tour d’horizon conséquent, vu que leur corpus débute en 1806.

En outre, il s’agit de la première étude à prouver empiriquement que les processus conscients et automatiques peuvent être distincts. Une découverte qui pourrait bouleverser bien des consensus théoriques, mais aussi s’avérer des plus utiles pour mieux comprendre et mieux soigner d’autres troubles mentaux, comme le syndrome de stress post-traumatique.

Dans cette revue systématique, doublée d’une méta-analyse, Sylco S. Hoppenbrouwers,Berend H. Bulten et Inti A. Brazil examinent les liens entre la peur –dans ses dimensions neurobiologiques et cognitives– et la psychopathie chez des adultes. Depuis des décennies, on estime que les cerveaux des psychopathes ont du mal à traiter cette émotion, certains psychiatres considérant même que les psychopathes sont incapables de la ressentir.

Le travail des chercheurs néerlandais, notamment spécialistes de psychiatrie criminelle et médico-légale, prend une direction relativement différente: les psychopathes n’ont pas tant de mal à ressentir la peur qu’ils en ont à détecter des dangers et à y réagir, une fonction essentielle à notre survie.

L’étude montre qu’à un niveau cognitif et neurologique, rien ne prouve formellement que les psychopathes aient un ressenti de la peur qui soit anormal ou dysfonctionnel. Par contre, là où les cerveaux des psychopathes divergent réellement du reste de la population, c’est dans les automatismes régissant la conscience du danger et les réactions qui s’ensuivent. Les chercheurs isolent d’autres émotions dont le traitement cérébral semble anormal chez les psychopathes, notamment la colère et la joie, sans que les données scientifiques soient aujourd’hui assez solides et cohérentes pour affirmer quoi que ce soit à ce sujet.

«Une conséquence de nos recherches, explique Hoppenbrouwers, c’est que certaines théories très influentes qui assignent un rôle de premier plan à la témérité dans l’étiologie de la psychopathie devront être réexaminées et mises en conformité avec les faits neuroscientifiques actuels. Une telle réévaluation (…) permettra davantage de précision dans la recherche et la pratique clinique, ce qui pourrait ouvrir la voie à des interventions thérapeutiques mieux ciblées et plus efficaces».

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Des nanoparticules issues de la pollution retrouvées dans le cerveau


Les particules de magnétite qui proviennent de la pollution atmosphérique peuvent être reliées par des maladies cardiovasculaires et pulmonaires, mais les chercheurs pensent qu’ils pourraient aussi être en cause pour des maladies dégénératives du cerveau
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Des nanoparticules issues de la pollution retrouvées dans le cerveau

 

Les particules retrouvées dans le cerveau ressemblent aux... (Photo FRED TANNEAU, archives AFP)

Les particules retrouvées dans le cerveau ressemblent aux nanosphères de magnétite que l’on trouve fréquemment dans les particules en suspension dans l’air en milieu urbain, et issues la combustion de carburant, avance l’équipe de recherche.

PHOTO FRED TANNEAU, ARCHIVES AFP

De minuscules particules de magnétite, probablement issues de la pollution atmosphérique, ont été retrouvées dans le cerveau, selon une nouvelle étude, qui estime que ces nanoparticules pourraient jouer un rôle dans le développement de maladies neurodégénératives telles qu’Alzheimer.

« Ces résultats suggèrent que les nanoparticules de magnétite présentes dans l’environnement peuvent pénétrer dans le cerveau humain, où elles peuvent représenter un risque pour la santé », affirment les auteurs de cette étude, publiée lundi dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Il est encore trop tôt pour établir un lien de cause à effet avec la maladie d’Alzheimer, ont toutefois averti des experts extérieurs à l’étude.

Du fait de leur taille, de l’ordre du milliardième de mètre, les nanoparticules peuvent franchir des barrières physiologiques et se retrouver dans les poumons ou le sang.

Selon l’équipe de chercheurs basés au Royaume-Uni, au Mexique et aux États-Unis, les nanoparticules respirées par le nez parviendraient également au coeur du cerveau, via le nerf olfactif.

Des particules de magnétite, un oxyde de fer fortement aimanté, peuvent se former naturellement dans le cerveau, rappelle l’étude.Mais les caractéristiques des particules observées dans le cortex frontal de 37 individus (forme sphérique, taille très petite de moins de 150 nanomètres, surface lisse) suggèrent qu’elles se sont formées à très haute température, et donc pas à l’intérieur du corps humain.

« Ces particules ressemblent aux nanosphères de magnétite que l’on trouve fréquemment dans les particules en suspension dans l’air en milieu urbain », et issues la combustion de carburant, avance l’équipe de recherche.

Or, la magnétite est impliquée dans l’apparition dans le cerveau de dérivés réactifs de l’oxygène, des substances chimiques à l’origine de réactions d’oxydation associées au développement de maladies neurodégénératives comme Alzheimer, affirme-t-elle.

« Des travaux précédents ont mis en évidence une corrélation entre la quantité de magnétite dans le cerveau et la fréquence de la maladie d’Alzheimer », ajoute l’étude, citant deux publications de 2003 et 2008.

« On n’en sait pas encore assez pour établir si cette source externe de magnétite issue de la pollution de l’air peut être un facteur de cette maladie », a toutefois tempéré Joanna Collingwood, de l’université de Warwick.

« Je ne pense pas que l’on puisse dire pour le moment si cela cause la maladie d’Alzheimer, mais c’est une source de préoccupation, car les particules de magnétite ont été reliées à d’autres problèmes de santé tels que les maladies cardiovasculaires et pulmonaires », ajoute Peter Dobson, du King’s College de Londres, cité par le Science Media Centre.

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La douleur du membre fantôme décryptée par l’imagerie du cerveau


La douleur fantôme qui est souvent ressentie après une amputation n’est pas psychologique mais bien réelle. Grâce à l’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle, on peut voir que le cerveau ne fait pas son deuil du membre manquant
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La douleur du membre fantôme décryptée par l’imagerie du cerveau

 

Le cerveau conserve (à dorite) l'image précise de chaque doigt de la main amputée (à gauche) ©Kikkert et al

Le cerveau conserve (à dorite) l’image précise de chaque doigt de la main amputée (à gauche) ©Kikkert et al

Par Hugo Jalinière

Les personnes amputées connaissant la sensation du « membre fantôme » conservent une image cérébrale du membre perdu.

DOULEUR FANTÔME. Le cerveau conserve l’empreinte détaillée d’un membre amputé longtemps après le traumatisme. C’est ce qui expliquerait, au moins en partie, la survenue chez nombre de personnes amputées des douleurs dites du membre fantôme, un syndrome caractérisé par des sensations parfois très vives ressenties dans un membre disparu. C’est ce que vient d’établir l’équipe du laboratoire Main et Cerveau du département des neurosciences de l’université d’Oxford (Angleterre) qui publie ces résultats dans la revue eLife. En scrutant le cerveau de deux personnes amputées de la main depuis plus de 25 ans et souffrant toujours de vives douleurs dites du membre fantôme, les chercheurs ont découvert que celui-ci conservait une image très précise du membre manquant longtemps après l’amputation.

Le cerveau ne fait pas son deuil du membre amputé

« Nous souhaitions observer l’activité cérébrale sous-jacente aux mouvements fantômes pour voir comment elle se distingue de celle de personnes pouvant effectivement bouger leur main », explique le Dr Tamar Makin co-auteur de l’étude.

Pour cela, les chercheurs ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) qui permet d’observer l’activité cérébrale en direct. Ils ont demandé à deux personnes respectivement amputées depuis 25 et 31 ans et ressentant toujours la présence d’un membre fantôme de bouger leurs doigts, inexistants donc.

« Si l’activité cérébrale liée à la main gauche était certes moins forte chez les personnes amputées, les modèles spécifiques composant l’image de la main dans le cerveau correspondaient bien à ceux observés chez des personnes possédant leurs deux mains », détaille Sanne Kikkert, première auteure de ces travaux. 

Des observations que l’ont retrouve dans les images ci-dessus (©Kikkert et al./University of Oxford Hand Brain Lab) où chaque couleur correspond à l’empreinte cérébrale d’un doigt précis : rouge pour le pouce, jaune pour l’index, vert pour le majeur, bleu pour l’annulaire et rose pour l’auriculaire. 

« Il était jusqu’à présent admis que ‘l’image cérébrale de la main’, localisée dans le cortex somatosensoriel, ne pouvait être maintenue que par des stimuli sensoriels réguliers provenant de la main,rappelle Tamar Makin.

Les manuels enseignent que cette ‘image’ serait effacée en l’absence de stimuli. Mais si c’était le cas, les personnes ayant enduré une amputation devrait présenter une activité cérébrale extrêmement basse, voire pas d’activité du tout, liée au centre original de la main dans le cerveau », poursuit le chercheur. Or ce n’est pas du tout le cas selon ces dernières observations. Reste à vérifier ces résultats sur davantage de patients.

Notons que le syndrome du membre fantôme qui touche environ 2/3 des amputés est moins fréquent lorsque le handicap survient chez les plus jeunes. Ce qui s’expliquerait par une plus grande plasticité d’un cerveau jeune, plus à même de faire son « deuil » d’un membre perdu, et d’effacer cette image.

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Comme les humains, les chiens distinguent mots et intonations


Je pense que plusieurs s’en doute que les chiens peuvent reconnaitre l’intonation de leur maître ou des gens de son entourage. Cependant, les chercheurs ont pu le prouver et ainsi voir que ce sont les mêmes zones du cerveau qui s’activent que celles des humains
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Comme les humains, les chiens distinguent mots et intonations

 

© thinkstock.

Les chiens ont la capacité de distinguer les mots et les intonations grâce aux mêmes régions du cerveau que les humains, révèle une étude sur la manière dont le meilleur ami de l’homme interprète notre langage.

Publiée lundi dans la revue américaine Science, elle montre que le cerveau canin prête attention à la fois à ce que nous disons et à la manière dont nous le disons, expliquent des chercheurs de l’université Eötvös Loránd de Budapest. Les chiens comme les humains utilisent l’hémisphère gauche du cerveau pour interpréter les mots et des régions de l’hémisphère droit pour analyser l’intonation.

Le centre du plaisir dans leur cerveau n’est activé que lorsque des paroles de gentillesse et de louanges sont accompagnées de la juste intonation, ont déterminé ces chercheurs. Selon eux, ces observations suggèrent que les mécanismes neuronaux permettant de traiter les mots ont évolué beaucoup plus tôt qu’estimé jusqu’alors et qu’ils ne sont pas uniques au cerveau humain.

L’étude montre que si un environnement est riche en paroles comme c’est le cas dans une famille où vit un chien, les représentations du sens des mots peuvent se développer même dans le cerveau d’animaux incapables de parler.

« Le cerveau humain non seulement analyse séparément les mots que nous entendons mais aussi la manière dont ils sont dits, intégrant les deux types d’informations pour parvenir à un sens », explique Attila Andics du département d’éthologie de l’université Eötvös Loránd.

« Nos conclusions suggèrent que le cerveau des chiens fonctionne de manière très similaire?, une découverte qui pourrait aussi aider à faciliter la communication et la coopération entre chiens et humains, poursuit-il.

Pour cette étude, ces scientifiques ont dressé treize chiens pour qu’ils restent couchés totalement immobiles pendant un scanner du cerveau afin de mesurer leur activité cérébrale alors qu’ils écoutaient parler leur maître. Ils ont constaté que les chiens activaient une zone de l’hémisphère droit du cerveau pour distinguer une intonation signalant la gentillesse et une ne l’indiquant pas.

Ce même centre cérébral traite des sons qui suscitent des émotions mais qui ne sont pas des paroles, avaient déjà identifié ces chercheurs. La même zone du cerveau humain joue un rôle similaire, suggérant que les mécanismes d’interprétation des intonations ne sont pas spécifiques à la parole.

Selon ces scientifiques, ce qui « rend les mots uniquement humains ce n’est pas une capacité neuronale particulière mais notre créativité pour leur utilisation ».

http://www.7sur7.be/