Nos cerveaux se synchronisent lorsque nous conversons


Lors d’une conversation entre deux personnes de la même langue, les cerveaux se synchronisent ensemble. Étrange non ?? Les prochaines recherches seront porter sur des personnes qui ne parlent pas la même langue … À suivre
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Nos cerveaux se synchronisent lorsque nous conversons

 

 

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hoto : iStock

Le rythme des ondes cérébrales entre deux personnes qui conversent se synchronise, montrent les travaux de chercheurs espagnols. Selon eux, cette coordination est peut-être l’une des clés des communications linguistiques et interpersonnelles.

Un texte d’Alain Labelle

Un contact aussi simple qu’une conversation sur la météo amène les cerveaux en présence à tenter de travailler ensemble.

Les présents travaux ont permis d’analyser simultanément l’activité neuronale complexe de deux étrangers qui dialoguent pour la première fois. Il a ainsi été possible de constater que l’activité cérébrale de deux personnes participant à une conversation se synchronise pour permettre une meilleure connexion entre les deux sujets.

Cela implique une communion intercérébrale qui va au-delà du langage lui-même et qui pourrait constituer un facteur clé dans les relations interpersonnelles et la compréhension de la langue. Jon Andoni Duñabeitia, auteur de l’étude

Les rythmes des ondes cérébrales de l’émetteur et du récepteur s’ajustent selon les propriétés physiques du son des messages verbaux qu’ils expriment dans la conversation. Cette connexion entre les deux cerveaux a un but précis : faciliter la communication.

Nous pouvons savoir si deux personnes sont en conversation uniquement en analysant leurs ondes cérébrales. Jon Andoni Duñabeitia

Oscillations simultanées

Dans ces travaux, les chercheurs ont formé 15 paires de personnes du même sexe qui ne se connaissaient pas. Les duos ont tenu une conversation générale et se sont relayés pour jouer les rôles d’émetteurs et de récepteurs.

Au moyen de l’électroencéphalographie, une procédure non invasive qui analyse l’activité électrique dans le cerveau, les scientifiques ont mesuré simultanément le mouvement des ondes cérébrales des deux interlocuteurs et ont confirmé que leurs oscillations avaient lieu au même moment.

Être capable de savoir si deux personnes parlent entre elles, et même de quoi elles parlent, en se basant uniquement sur leur activité cérébrale, c’est quelque chose de vraiment merveilleux. Jon Andoni Duñabeitia

La prochaine étape pour les chercheurs sera d’appliquer la même technique pour étudier le cerveau de deux personnes lorsque la conversation ne se déroule pas dans leur langue maternelle.

Éventuellement, l’étude de l’interaction entre deux cerveaux permettra de mieux comprendre et d’analyser des réalités complexes en psychologie, en sociologie ou en éducation.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Scientific Reports.

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Le Saviez-Vous ► Connaissez-vous le Kuru ?


Le Kuru attaquait surtout des femmes d’une tribut de la Nouvelle-Guinée qui consommaient le cerveau d’un guerrier qui s’est distingué. Puis il eut la tremblante chez le mouton et la maladie de la vache folle que plusieurs d’entre nous ont entendu parler ainsi que le prion. C’est quatre maladies ont des points communs que grâce à la recherche, elles sont maintenant rarement présente dans le monde
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Connaissez-vous le Kuru ?

 

JOHN CRUX PHOTOGRAPHY VIA GETTY IMAGES

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

Connaissez-vous le Kuru ?

Jusqu’au milieu des années 1950 existait un rituel funèbre dans une tribu de la Nouvelle-Guinée. Pour conserver l’intelligence et la force d’un guerrier qui s’était particulièrement distingué, lorsque ce dernier mourait, les femmes mangeaient son cerveau qu’elles apprêtaient sous forme d’une soupe grisâtre et donnaient les muscles du héros aux hommes. Ainsi espérait-on léguer ces vertus aux autres membres de la tribu. Autre particularité de cette tribu, une maladie unique en son genre qui affectait surtout les femmes : le kuru. En quelques mois, des signes de paralysie apparaissaient puis suivaient une démence et finalement la mort.

En 1954, la Grande-Bretagne adopte une loi interdisant toute forme de cannibalisme sur ses territoires et le kuru disparaît. Pendant les 30 années qui suivirent, on n’entendit plus parler du Kuru.

L’encéphalite spongiforme

Puis, en 1982, un chercheur américain, Stanley Prusiner, qui étudiait certaines maladies du cerveau, établit un lien entre une maladie du mouton, une autre du bœuf et le kuru. En fait, dans les trois cas, si on observait le cerveau d’un sujet décédé de ces affections, celui-ci était fortement endommagé. En fait, le cerveau ressemblait alors à une éponge, d’où le nom d’encéphalite (inflammation du cerveau) spongiforme (forme d’une éponge). Or des encéphalites spongiformes, on en retrouve chez le mouton atteint d’une maladie appelée : la tremblante du mouton, chez les bovins, dans les cas de la maladie de la vache folle, et chez les humains dans une maladie rare décrite par deux chercheurs allemands dans les années 1920: la maladie de Creutzfeldt-Jacob. Prusiner découvrit même l’agent infectieux responsable de la transmission de la maladie. Il le baptisa Prionpour : Protéine Infectieuse. Ses travaux sur des hamsters l’amènent à prouver qu’il ne s’agit ni d’une bactérie, ni d’un virus, mais plutôt d’une protéine qui est à la source de l’infection. C’est une première dans le monde médical et en 1997, il se voit attribuer le prix Nobel de médecine pour sa découverte. Mais qu’est-ce donc que ce fameux prion ?

Un nouvel ennemi : le prion

Supposons que vous disposez d’une boule de plasticine et que vous la façonnez sous la forme d’un carré. Vous avez toujours la même substance, mais dans une forme différente. Si votre boule s’insérait dans un trou rond, sa nouvelle forme ne pourra plus entrer dans le même orifice. La protéine infectieuse du prion est en fait une protéine que l’on retrouve à la surface des cellules nerveuses, mais cette protéine a adopté une nouvelle forme qui fait qu’elle ne peut plus occuper la place qu’elle avait. Elle s’accumule donc sous forme de plaques à la surface des cellules nerveuses et entraîne ainsi la mort de ces cellules. La PrP (pour Protéine du Prion), transmet sa capacité de prendre une nouvelle forme aux protéines normales du sujet atteint. Mais comment se transmet-elle ? C’est ici que notre histoire du Kuru devient palpitante : elle peut se transmettre en mangeant des substances cérébrales atteintes et même par simple contact avec ces substances.

Le mode de transmission

La transmission chez les animaux trouvait donc une explication. Pour des besoins de production rapide, on avait pris l’habitude d’incorporer aux moulées que l’on servait aux animaux des restes d’autres animaux morts. Tous les abats non utilisables pour la consommation étaient broyés, desséchés et incorporés aux céréales. Ainsi, les moutons contractaient la tremblante du mouton et les bœufs, la vache folle. Chez les humains, une hormone de croissance était administrée dans certains cas. Cette hormone provenait d’une glande située dans le cerveau, la glande hypophyse. Dans d’autres cas, la maladie de Creutzfeldt-Jacob survenait après une greffe de cornée transmise par des instruments contaminés. Maintenant que l’on sait comment désinfecter adéquatement ces instruments et que les hormones de croissance sont synthétiques (elles ne sont plus fabriquées à partir des hypophyses), ces types de contamination n’ont plus cours. La maladie de Creutzfeldt-Jacob est très rare (1 cas sur 1 000 000) et affecte généralement des personnes âgées. Mais durant l’épidémie de la vache folle en Angleterre, des jeunes adultes (20-30 ans) décédèrent de cette maladie, laissant présager une transmission potentielle de l’animal infecté à l’homme.

Et l’élimination

En réalité, une série de mesures mirent cette maladie en échec: cessation de toute forme de cannibalisme, surveillance ce qui est incorporé dans les moulées animales, administration d’hormones de croissance synthétiques, désinfection adéquate des instruments utilisés lors d’une greffe de cornée et élimination toutes les bêtes atteintes dans le bétail destiné à la consommation. Comme quoi, la recherche scientifique permet de belles réalisations.

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Une sonde détecte toutes les traces de cancer


C’est une merveilleuse avancée dans le domaine médical qui traite des cancers. Avec une sonde portative, les chercheurs ont pu perfectionner leur invention qui était capable de détecter toutes cellules cancéreuses dans le cerveau, peut maintenant détecter dans différent cancer, comme la peau, côlon et poumon. Et son efficacité serait de 100 %
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Une sonde détecte toutes les traces de cancer

 

Une sonde optique qui permet de détecter des cellules cancéreuses de façon infaillible, avec une précision de 100 %, a été mise au point par des chercheurs québécois.

Un texte d’Alain Labelle


En 2015, une équipe montréalaise – constituée de chercheurs de Polytechnique Montréal, du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) et de Neuro, à l’Université McGill – annonçait la création d’une sonde portative permettant aux chirurgiens de détecter avec précision presque toutes les cellules cancéreuses en temps réel durant les opérations au cerveau.

Ces chercheurs ont maintenant perfectionné leur invention et ont conçu un nouveau dispositif plus précis, plus sensible et plus spécifique, qui est apte à détecter non seulement les cellules cancéreuses dans le cerveau, mais également celles du côlon, de la peau et du poumon.

Ainsi, au cours d’une chirurgie, la sonde détecte maintenant des cellules cancéreuses de façon infaillible avec une précision de 100 % lorsqu’elle est pointée sur une région cancéreuse.

Réduire le nombre de cellules cancéreuses ou les éliminer complètement durant une intervention chirurgicale est une partie essentielle du traitement du cancer. Kevin Petrecca, Neuro

Actuellement, il est souvent difficile de distinguer visuellement toutes les cellules cancéreuses.

Cette réalité permet la persistance fréquente de cellules cancéreuses invasives après l’opération et mène souvent à la réapparition du cancer.

Or, grâce à la perfection de l’invention québécoise, les médecins peuvent éliminer de façon chirurgicale nombre de cellules cancéreuses. Les personnes atteintes de formes de cancer répandues pourront ainsi espérer vivre plus longtemps et diminuer leur risque de récidive.

La sonde que nous avons conçue permet de détecter presque 100 % des cellules cancéreuses dans le cerveau. Il s’agit d’une percée très importante. Frédéric Leblond, professeur à Polytechnique Montréal

L’avantage de cet instrument est qu’il permet aux médecins de détecter en temps réel, durant la chirurgie, les cellules qui sont cancéreuses – chose qui n’est pas facile à déterminer à l’oeil nu.

Une combinaison gagnante

Cette sonde peropératoire fait appel à la technologie de spectrographie Raman, utilisée dans la sonde de première génération pour interpréter la composition moléculaire du tissu organique sondé.

La nouvelle version intègre de nouvelles technologies, comme la spectrographie par fluorescence intrinsèque pour l’interprétation de la composition des cellules, et la spectrographie de réflexion diffuse pour l’analyse de l’absorption des tissus organiques des patients.

Cette percée fait l’objet d’un article publié dans la revue Cancer Research, de l’American Association for Cancer Research.

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Le Saviez-Vous ► Pourquoi ne pouvons-nous pas sentir notre propre odeur?


Il y a des jours dans le bus, je sens des odeurs désagréables et très fortes de transpiration, (une fois j’ai eu des hauts de coeur tellement que l’odeur de transpiration était forte), d’odeurs d’ail ou de parfum très fort. Il semble que le cerveau, n’avertit pas notre propre odeur corporelle ce qui peut parfois incommoder certaines personnes. Qu’est-ce qu’on fait ? On informe à la personne au risque de la choquer ?
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Pourquoi ne pouvons-nous pas sentir notre propre odeur?

 

RCQC  |  Par Radio-Canada.ca

Peut-être vous êtes-vous déjà retrouvé à côté de quelqu’un qui sentait mauvais, mais qui ne semblait pas s’en rendre compte? Le chroniqueur Benoit Chartier explique à l’émission Gravel le matin diffusée sur ICI Première pourquoi nous ne pouvons pas sentir notre propre odeur.

Le cerveau ne considère pas qu’il est nécessaire de sentir notre odeur corporelle

« Les odeurs des autres humains ou des animaux sont un signe de danger, précise Benoît Chartier. Pour les hommes des cavernes, un autre humain, ça voulait dire quelqu’un qui pouvait voler leur lunch. Quoique la situation est aussi actuelle dans certains bureaux… »

Lorsque le nez capte une odeur, le cerveau envoie un message, ce qui nous permet de sentir. Comme notre odeur corporelle est persistante, le cerveau enregistre l’odeur, mais la met de côté et l’ignore. Ce qui explique pourquoi certains sentent mauvais ou mettent trop de parfum…

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Se nourrir du manque de sommeil


Le manque de sommeil chronique pourrait être responsable des maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson, de l’Alzheimer … Ne pas dormir suffisamment pendant une longue période dérègle la façon que le cerveau fait le ménage du cerveau
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Se nourrir du manque de sommeil

 

Photo : iStock

Selon des chercheurs, le manque de sommeil chronique active anormalement des cellules immunitaires qui sont amenées à « manger » certaines composantes du cerveau. Cela pourrait avoir des répercussions sur plusieurs maladies neurodégénératives.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Nous avons de plus en plus tendance à négliger notre sommeil. On a calculé qu’un humain passe approximativement le tiers de sa vie à dormir, une énorme « perte de temps » pour les hyperactifs modernes que nous sommes.

Le sommeil est pourtant très important pour le fonctionnement du cerveau et, quand on le néglige, il peut se passer des choses surprenantes, sur le plan biologique, dans notre tête.

Ménage nocturne

Le sommeil est le moment pendant lequel notre cerveau fait le ménage de tous les déchets qui s’accumulent, avec l’utilisation normale de nos neurones. C’est aussi le moment où les connexions du cerveau, les synapses, sont renforcées et restructurées lors de la formation de la mémoire.

Deux types de cellules aident à ce nettoyage : les astrocytes et les microglies. Les astrocytes sont des cellules multitâches dont l’un des rôles est de renforcer les connexions importantes et d’éliminer les connexions inutiles.

Les microglies, de leur côté, sont des cellules immunitaires dont le rôle est de protéger le cerveau. Une de leurs tâches est de le nettoyer en phagocytant (c’est-à-dire en ingérant une particule pour la détruire) les cellules mortes ou endommagées à la fin de la journée.

Le but de tout ce ménage est de garder des connexions fortes et efficaces en éliminant les neurones qui ne fonctionnent plus et en favorisant le maintien de ceux qui remplissent bien leur rôle. Et le sommeil est la période au cours de laquelle ces cellules accomplissent leurs fonctions.

Quand le cerveau fait des heures supplémentaires

Les chercheurs ont voulu vérifier ce qu’il arrive avec ce processus lors d’un manque de sommeil chronique. Pour ce faire, ils ont travaillé avec quatre groupes d’animaux : des souris qui avaient bénéficié de 6 à 8 h de sommeil par jour, d’autres qui étaient réveillées par surprise périodiquement, d’autres encore qu’on gardait réveillées 8 h de plus que les autres et, finalement, certaines qui ont été maintenues éveillées pendant 5 jours.

La première constatation, publiée dans le Journal of Neuroscience, est que plus on empêche les animaux de dormir, plus les astrocytes commencent à s’attaquer aux synapses pour y phagocyter des déchets ou des neurones endommagés. Le processus survient naturellement dans 5 % des synapses chez les animaux qui ont « fait leur nuit ».

Par contre, lorsqu’on regarde ce phénomène chez les animaux en manque de sommeil, les chercheurs ont remarqué que 8 % de toutes les synapses étaient traitées ainsi. Chez les animaux qui ne dorment pas, ce nombre passe à 13 %. À court terme, cette phagocytose n’est pas nécessairement néfaste. En éliminant les débris et les cellules usées, les astrocytes protègent probablement les connexions utiles.

Ce qui inquiète un peu plus les chercheurs, c’est ce qui arrive du côté des microglies. Elles aussi sont activées par le manque de sommeil et se mettent à s’attaquer aux débris entre les neurones. Contrairement aux astrocytes, les microglies sont des cellules immunitaires et maintenir de telles cellules dans un état actif sur le long terme peut avoir des conséquences néfastes.

On sait, par exemple, que ces cellules sont anormalement actives dans des maladies comme le Parkinson, l’Alzheimer ou autres maladies neurodégénératives. Plusieurs études ont montré que le manque de sommeil chronique a une influence sur différents types de démences.

Les travaux de ces chercheurs soulèvent plusieurs interrogations sur l’importance du sommeil. Qu’arrivera-t-il au cerveau si le changement dans le comportement de certaines de ces cellules se poursuit sur une échelle de plusieurs années? Nul doute que la nuit portera conseil aux chercheurs pour répondre à cette question.

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Dans le cerveau des personnes atteintes de troubles anxieux


Les personnes ayant des troubles anxieux et des troubles de l’humeur serait identifiable avec l’activité cérébrale. Grâce à ces recherches, il est possible de trouver de nouveaux traitements ou d’améliorer ceux qui sont déjà utilisés
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Dans le cerveau des personnes atteintes de troubles anxieux

 

Environ 3 millions de Canadiens (11,6 %) âgés de 18 ans et plus ont déclaré être atteints d’un trouble anxieux ou de l’humeur. Photo : iStock

Il existe une dérégulation du circuit neuronal de la peur chez les personnes atteintes de troubles anxieux, ont découvert des chercheurs québécois qui espèrent que cette nouvelle connaissance permettra de mieux cibler les traitements et peut-être d’en créer d’autres.

Un texte d’Alain Labelle

L’humain compose avec l’émotion de la peur de façon régulière, mais cette régularité devient problématique pour les personnes anxieuses.

Par exemple, si l’on se fait mordre par un chien, on peut développer une peur envers cet animal, ce qui fait référence à l’apprentissage de la peur conditionnée. Avec le temps, si on est exposé à différentes situations où il y a un chien et qu’il n’y a aucune conséquence négative, il est fort possible que notre cerveau forme un nouvel apprentissage de sécurité et que notre peur des chiens diminue, ce qui fait référence à l’extinction. Marie-France Marin, chercheuse

La science connaît le rôle de diverses régions cérébrales impliquées dans l’apprentissage de la peur et son extinction.

La chercheuse Marie-France Marin et ses collègues de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal ont voulu préciser ces connaissances et savoir si ces personnes possédaient des réseaux d’activations cérébrales précis et des caractéristiques psychophysiologiques différentes.

Pour y arriver, ils ont soumis des individus d’un groupe d’anxieux et d’un groupe contrôle à une situation engendrant un conditionnement de peur, suivie par une période d’extinction.

Les participants ont ainsi été exposés à un protocole de conditionnement de la peur et d’extinction au cours duquel des mesures psychophysiologiques et de neuro-imagerie ont été prises.

Le saviez-vous?

Environ 3 millions de Canadiens (11,6 %) âgés de 18 ans et plus ont déclaré être atteints d’un trouble anxieux ou de l’humeur en 2013.

Des différences claires

Les résultats de cette étude publiée dans le JAMA Psychiatry montrent que :

  • les circuits de peur sont dérégulés chez les personnes atteintes de troubles anxieux;
  • l’amygdale cérébrale joue un rôle important pour apprendre une association de peur, alors qu’une partie du cortex préfrontal (vmPFC) joue un rôle central dans l’apprentissage de l’extinction de la peur.

Dans ces travaux, une activation plus faible du cortex préfrontal (vmPFC) a été observée chez les participants atteints de troubles anxieux lors du rappel d’extinction de la peur. Cette hypoactivité est associée à la sévérité des symptômes d’anxiété que les individus rapportent ainsi qu’au nombre de troubles anxieux coexistant.

En outre, plus un individu est symptomatique, moins cette région sera active au moment de rappeler la mémoire de sécurité.

L’hypoactivation de cette même région avait d’ailleurs été bien documentée chez les individus ayant un trouble de stress post-traumatique. Marie-France Marin, chercheuse

« Il semble donc qu’il s’agisse là d’une signature qui s’applique à plusieurs psychopathologies qui sont caractérisées par des niveaux élevés de peur et une faible régulation émotionnelle », explique la chercheuse.

Il est donc établi que plus le trouble anxieux est sévère, soit par le nombre de diagnostics ou par la sévérité des symptômes que l’individu rapporte, moins le vmPFC est actif.

De plus, cette même région est connectée différemment au reste du circuit de la peur chez les individus atteints de troubles anxieux comparativement aux autres.

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Légalisation du pot: pas avant l’âge de 21 ans, plaident les psychiatres


Le Canada s’apprête à légaliser le cannabis pour contrôler le THC ainsi que contré le réseau criminel qui vendent les drogues. Mais que seront les conséquences sur les consommateurs et surtout sur les adolescents et jeunes adultes ? Le cerveau et les troubles mentaux risquent d’augmenter considérablement d’après un grand nombre de psychiatres
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Légalisation du pot: pas avant l’âge de 21 ans, plaident les psychiatres

 

L'Association des médecins psychiatres du Québec estime que... (Photo Pablo Sanhueza, archives Reuters)

L’Association des médecins psychiatres du Québec estime que le projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana est « inacceptable dans sa forme actuelle ».

PHOTO PABLO SANHUEZA, ARCHIVES REUTERS

 

MARIE-CLAUDE MALBOEUF
La Presse

Sur la base de leur expérience, les psychiatres québécois réclament aux gouvernements de ne pas autoriser la consommation de cannabis avant l’âge de 21 ans et de ne pas permettre sa culture à domicile. Voici les 10 requêtes, regroupées par thèmes, que leur association rendra publiques ce matin, pour réduire ce qu’elle qualifie d’« énormes risques ».

GARE AUX CERVEAUX IMMATURES

« Le projet de loi fédéral est inacceptable dans sa forme actuelle. On lutte contre le tabac, les boissons énergisantes et le décrochage, mais on est prêt à offrir aux jeunes quelque chose qui peut abîmer leur cerveau ! », dénonce en entrevue la Dre Karine Igartua, présidente de l’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ).

Avant l’âge de 25 ans, le cerveau est encore en plein développement, renchérit sa consoeur, la Dre Amal Abdel-Baki. En l’inondant de cannabis à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, on perturbe son processus de maturation. Surtout lorsque le cannabis est très concentré en THC (sa substance psychoactive).

« Avec l’imagerie cérébrale, on peut souvent voir les lésions causées au cerveau par le THC », dit la Dre Abdel-Baki.

Dans la vie courante, cela se traduit par des problèmes de mémoire, d’attention et de traitement de l’information – qui peuvent tous contribuer à l’échec scolaire.

« On a l’impression que la société se trouve cool de légaliser et qu’on ne veut pas voir que la vie de certains jeunes pourrait basculer. Pour protéger les générations à venir, on propose un compromis – 21 ans – entre ce que la science nous dit sur le cerveau et le désir de réduire les méfaits liés au marché noir. » – La Dre Karine Igartua

À QUI S’ADRESSENT LES DEMANDES DES PSYCHIATRES ?

Au gouvernement du Canada, pour qu’il corrige le projet de loi déposé en avril avant de le faire adopter.

Au gouvernement du Québec, qui pourrait à défaut se montrer plus strict que le fédéral.

  • DE 9 À 15 %: Proportion d’utilisateurs précoces (ayant commencé avant 16 ans) devenus dépendants1
  • 2 %: Proportion d’utilisateurs quotidiens de cannabis parmi les Québécois de 15 à 17 ans1
  • 5 %: Proportion d’utilisateurs quotidiens parmi les Québécois de 18 à 24 ans1

TROP DE PSYCHOSES

D’après certains chercheurs, ce n’était pas le cannabis qui rendait schizophrène, mais plutôt la schizophrénie qui poussait à en consommer, pour s’automédicamenter. En 2016, une étude publiée dans JAMA Psychiatry a toutefois montré que la marijuana augmente bel et bien le risque de psychose. Car plus on en fume fréquemment, plus on augmente le risque de rechute après sa première hospitalisation.

Fumer trop jeune peut aussi précipiter de deux à trois ans le déclenchement de la maladie. Fumer de la marijuana ne rendra pas un jeune schizophrène s’il n’a pas de prédisposition génétique, nuance la Dre Igartua.

« Mais puisque les gens ne savent pas s’ils ont une telle prédisposition, à moins d’avoir des cas dans leur famille, c’est comme jouer à la roulette russe. Il n’y a pas de test de dépistage. »

40 %: Hausse du risque de trouble psychotique chez ceux qui ont consommé du cannabis au cours de leur vie1

79 %: Proportion de psychiatres québécois convaincus que la légalisation du cannabis nuira au fonctionnement et au rétablissement de leurs patients2

PAS À LA MAISON

Le projet de loi fédéral permet de cultiver quatre plants de marijuana chez soi. Puisqu’on ne peut cacher des plantes dans un placard, c’est trop risqué pour l’AMPQ, qui veut qu’on interdise une telle culture à des fins non médicales.

« Il ne faut pas que ce soit accessible aux enfants », justifie la Dre Igartua, peu importe qu’ils habitent sur place ou soient en visite.

« Jeunes, on est tous allés voler une once de fort dans les bouteilles de nos parents. L’adolescent qui voit quatre plants à domicile n’aura qu’à aller se chercher une couple de feuilles. Ça ne se remarquera pas. » – La Dre Karine Igartua

SONNER L’ALARME

« Je donne des conférences dans les écoles secondaires et les jeunes comprennent que si le gouvernement légalise, c’est que c’est sans danger », rapporte la Dre Abdel-Baki, qui préside l’Association québécoise des programmes pour premiers épisodes psychotiques et qui a vu plusieurs patients sombrer dans la paranoïa.

Pour l’AMPQ, il faudra donc lancer des campagnes pour faire connaître les risques et les signes de dérive. L’association propose de passer aussi par les parents et par l’école.

« On aimerait que ce soit fait systématiquement dès le début du cursus secondaire, précise la Dre Igartua. En 4e ou 5e secondaire, il est trop tard ; ils ont déjà commencé. »

NE PAS VISER LES PROFITS

La Société des alcools accorde des rabais et des points pour fidéliser ses clients. Ce serait « un non-sens » pour les psychiatres. La distribution du cannabis ne devra être soumise à « aucune logique de profit ou de croissance des activités de vente », plaide la Dre Igartua. « Dans les points de vente, les employés devraient être formés et récompensés pour dépister les problèmes et référer, non pas pour vendre le plus possible. »

La publicité et les emballages attrayants doivent aussi être interdits.

FINANCER LE SYSTÈME DE SANTÉ

Le nombre de Québécois hospitalisés pour soigner des troubles mentaux ou du comportement causés par le cannabis a quadruplé entre 2004 et 2014. Comme le ministre québécois de la Santé, les psychiatres craignent que leur nombre augmente encore avec la légalisation. Et que cela coûte une fortune.

« Les troubles psychotiques sont généralement chroniques et nécessitent des soins très intensifs. Une hospitalisation peut durer de trois à quatre semaines. Il faut prévoir les ressources », souligne la Dre Igartua.

En avril, la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a accusé les Québécois de crier au loup.

72 %: Proportion de psychiatres convaincus que la légalisation du cannabis entraînera une augmentation des besoins de services psychiatriques et psychosociaux2

Sources :

1. Énoncé de position de l’AMPQ sur la légalisation du cannabis à des fins récréatives

2. Sondage interne fait en mai par l’AMPQ et auquel ont répondu 27 % des 1150 membres

http://www.lapresse.ca