Les chiens, une aide précieuse pour les personnes diabétiques ?


On connaît des chiens d’assistances dans divers domaines, mais une qui n’est pas connue est un chien qui a été dressé pour les diabètes du type 1. Il peut même être dressé en même temps pour les non-voyants étant donné que c’est souvent une conséquence de ce type de diabète. Ce chien peut prévenir jusqu’à 20 minutes avant que la personne en sente les effets et peut agir en conséquence
Nuage

 

Les chiens, une aide précieuse pour les personnes diabétiques ?

 

On le sait, les chiens ont le pouvoir d’apporter une aide considérable aux personnes bien portantes comme à celles en situation de handicap. Chiens d’assistance, chiens guides, chiens détecteurs de cancers et de crises d’épilepsie… mais aussi – et c’est moins connu – chiens d’assistance pour diabétiques.

De la même façon que les chiens ont la capacité de détecter des crises d’épilepsie, ils peuvent savoir quand vont apparaître des crises d’hypoglycémie et d’hyperglycémie bien avant nous. C’est la raison pour laquelle ils sont de plus en plus utilisés pour apporter leur aide aux personnes diabétiques, et en particulier celles souffrant de diabète de type I.

En les alertant qu’une crise se prépare (par exemple en jappant), jusqu’à 20 minutes avant que la personne en ressente les symptômes, ils leur permettent de s’injecter à temps une dose d’insuline ou de manger quelque chose de sucré. Ils peuvent aussi aller prévenir une tierce personne. La nuit, ils sont particulièrement utiles puisque des crises peuvent survenir dans le sommeil et plonger la personne dans le coma. Grâce aux chiens, ces accidents peuvent être évités.

Les chiens pour diabétiques : des formations d’avenir ?

formation chien pour diabetique

Formation d’un chien d’assistance pour personne diabétique – © Dogs 4 Diabetics

Même si les chiens peuvent se tromper, leur flair demeure d’une efficacité redoutable : sur 8 cas sur 10, l’alerte donnée par un chien dressé à sentir une glycémie trop faible était justifiée, d’après une étude menée par les chercheurs britanniques des Université de Bristol et de Dundee. Cette dernière a été conduite sur 17 patients diabétiques âgés de 5 à 66 ans.

Aux Etats-Unis, au Canada et en Suisse, des chiens sont formés à cette fonction en 6 à 18 mois. Leur futur maître doit également suivre un apprentissage puisque son chien et lui devront constituer une véritable équipe. Il existe même des bi-formations pour chiens guides d’aveugles puisque le diabète est une cause fréquente de cécité.

 

chien personne diabetique

Mais en France, ces formations n’existent pas encore. Pour bénéficier d’un chien d’assistance pour personne diabétique, il faut se rendre à l’étranger et débourser une somme importante (5 000 euros en Suisse). Aux Etats-Unis, le coût de formation d’un chien est estimé entre 20 000 et 50 000 dollars, mais l’association Dogs4Diabetics précise que les futurs maîtres ne paient que 150 dollars grâce à des dons privés qui la finance. Alors à quand la même chose en France ?

https://wamiz.com

Un « œil bionique » implanté pour la première fois au Québec


De grands espoirs pour ceux qui ont une perte de vision importante pouvant aller à la cécité. Un « oeil bionique » La première personne qui a eu l’implant d’une puce, n’a peut-être pas une vision parfaite, mais elle a peut continuer sa vie presque comme avant, mais surtout voir ses enfants et son dernier-né.
Nuage

 

Un « œil bionique » implanté pour la première fois au Québec

 

 

Infographie ci-dessus : Gaëlle Lussiaà-Berdou, de l’émission Découverte, explique le fonctionnement de l’oeil Argus sur une infographie de Patricia Dallaire.

Une femme atteinte d’une maladie dégénérative de la rétine est devenue la première Québécoise à se faire implanter un « œil bionique », une prothèse qui lui permet aujourd’hui de recouvrer une partie de sa vision et de voir, pour la première fois, son petit garçon.

Un texte de Valérie Boisclair

Sandra Cassell fait partie des quelque 3000 Québécois à être atteints d’une rétinite pigmentaire, une forme fréquente de la dystrophie rétinienne. Chez certains patients, la vision se dégrade de plus en plus avant d’arriver à la cécité totale.

Mme Cassel a reçu son diagnostic en 2001, à l’âge de 26 ans. De retour aux études, cette mère de trois enfants – qui allait accueillir par la suite un autre petit garçon – a vu son état se détériorer progressivement au cours des cinq années suivantes.

À l’époque, aucune possibilité de traitement ne s’offrait à elle.

« J’étais prête à faire tout ce qu’il faut », a confié Mme Cassell lors d’une conférence de presse, jeudi.

Ses recherches l’ont menée à découvrir l’entreprise américaine Second Sight, qui en était à développer sa prothèse rétinienne Argus II.

« Certains la surnomment l’œil bionique, explique la docteure Cynthia Qian, ophtalmologiste spécialiste en chirurgie vitréo-rétinienne. Cette prothèse peut offrir la chance d’avoir à nouveau une vision fonctionnelle. »

Sans redonner une vue parfaite, l’« œil bionique » permet aux patients de distinguer les contours et de reconnaître les formes. L’implant redonne ainsi à une personne non voyante la possibilité de mener ses activités quotidiennes, indique le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

« Je suis maintenant capable de voir mes enfants, ou encore le piéton dans la rue. Capable de trier mes vêtements, de déterminer la hauteur des choses », se réjouit Mme Cassell, qui pensait ne « jamais être capable de voir à nouveau ».

Sans mon Argus, je ne vois rien. Avec lui, je vois, oui, d’une façon différente. Mais ça me donne beaucoup d’espoir. Sandra Cassell

Une puce dans l’œil

Développée depuis le début des années 2000, l’Argus II est faite spécifiquement pour traiter les cas de rétinite pigmentaire, comme celui de Mme Cassell, indique la Dre Qian.

Cette prothèse consiste en une caméra, fixée sur des lunettes, qui est connectée à une puce greffée sur la rétine de l’œil.

Les images captées par la caméra sont converties en une série de pulsations électriques qui sont transmises à la puce.

« Le but de ces pulsations est de stimuler les cellules encore vivantes dans la rétine et de contourner celles qui sont mortes », ajoute la Dre Qian.

Cette opération de près de quatre heures est réservée « aux patients qui ont une perte sévère de la vision pour l’instant, mais le but est d’aider davantage de patients à l’avenir », note le docteur Flavio Rezende, ophtalmologiste chirurgien rétinologue à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui a réalisé l’implantation.

À la lumière de cette expérience, le Dr Rezende et son équipe du Centre universitaire d’ophtalmologie de l’Université de Montréal (CUO) tentent désormais de pousser encore plus loin cette technologie. Une « deuxième génération » devrait voir le jour, en collaboration avec l’Université de Melbourne.

Une opération difficile

Avant d’être réalisée avec succès sur Sandra Cassell, cette opération a connu des complications, raconte le Dr Rezende.

« La première chirurgie avait mal fonctionné. Dans ces conditions, c’était difficile de convaincre quelqu’un d’aller de l’avant avec cette opération », soutient celui qui a consacré près de trois ans et demi de sa carrière à tenter d’amener cette technologie dans la province.

Le Dr Rezende s’est dit extrêmement fier du travail accompli par Mme Cassell.

C’est grâce à [cet œil bionique] que Mme Cassell a pu voir son petit garçon pour la première fois. Dr Flavio Rezende

Après avoir subi l’opération, en mai dernier, Sandra Cassell a dû consacrer plusieurs heures à la réhabilitation.

« C’est un long processus qui dépend beaucoup de la motivation de la personne. […] Chaque petite amélioration représente une grande victoire », soutient Geneviève Lizé, spécialiste en activité clinique à l’Institut Nazareth et Louis-Braille, où Mme Cassell s’est rendue durant cinq mois afin de réapprendre à voir.

L’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est le premier centre du Québec et le deuxième du Canada à réaliser cette opération délicate, selon le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

http://ici.radio-canada.ca/

Le Saviez-Vous ► 7 maladies des yeux que vous devriez connaître


Il est important de faire vérifier nos yeux pour prévenir des problèmes de visions, des infections ou quand on est atteint du diabète
Nuage

 

7 maladies des yeux que vous devriez connaître

 

Cataracte

La cataracte consiste en une opacité du cristallin, lentille située à l’intérieur du globe oculaire, ou de sa capsule. Sans douleur, cette maladie n’en progresse pas moins, conduisant à une vision floue, un changement dans la perception des couleurs et à la myopie.

Une fois apparue, la cataracte est permanente. Cependant, il est possible de rétablir la vision en enlevant le contenu opaque de la cristalloïde, ou capsule du cristallin, qui redevient transparente. Si la cataracte n’est pas traitée, elle risque, au bout de plusieurs années, de causer la rupture de la capsule, entraînant le glaucome, ou inflammation de l’œil interne. Autrefois commun, ce problème est aujourd’hui rare grâce aux avancées dans le traitement de la cataracte.

Crédit photo: Thinkstockphotos.ca/iStockphoto

Conjonctivite

La conjonctivite est une inflammation de la conjonctive. Elle peut provoquer des démangeaisons, des douleurs, une gêne et des picotements. De plus, les rougeurs et la présence de pus dans l’œil ne sont pas vraiment esthétiques. Cette inflammation des muqueuses qui bordent les paupières est généralement bénigne, mais elle peut avoir des conséquences sur la vue ou se propager si une bactérie ou un virus sont responsables. Il est important de consulter un médecin, qui vous prescrira des gouttes oculaires antibiotiques si vous souffrez d’une infection bactérienne. En attendant, vous pouvez prendre des mesures pour soulager les démangeaisons et contrôler la formation des croûtes.

L’hygiène est capitale. Nettoyez les écoulements dus à l’inflammation plusieurs fois par jour à l’aide d’un coton ou d’une compresse imbibés de sérum physiologique.

Décollement rétinien

La rétine est la couche intérieure de l’arrière du globe oculaire. Elle transforme la lumière en signaux que le cerveau utilise pour former les images. Le décollement rétinien se produit lorsque la rétine se décolle du mur arrière de l’œil. Le docteur David Maberley, professeur en ophtalmologie à l’Université de Colombie-Britannique, explique qu’avec le vieillissement, le vitré gélatineux qui couvre l’arrière de l’œil peut se contracter.

«Les recherches démontrent que les changements hormonaux peuvent provoquer l’affaissement du vitré.»

 Si l’affaissement se produit brusquement, la rétine peut se déchirer. Du liquide provenant du vitré gélatineux peut passer par le trou ou la déchirure, soulever la rétine et la décoller de la surface arrière de l’œil.

Chaque année, une personne sur 10 000 souffre de décollement rétinien, plutôt chez les hommes que les femmes et généralement après 40 ans. Le risque est plus élevé si vous êtes myope ou si vous avez été opéré pour des cataractes. Un coup sur un œil peut aussi faire décoller la rétine.

Glaucome

Le glaucome survient lorsque, en raison d’une pression intraoculaire (pression des liquides dans le globe oculaire) élevée, le sang n’alimente plus le nerf optique, qui se détériore. Des taches aveugles, une vision floue, une mauvaise vision périphérique et, parfois, des céphalées apparaissent à mesure que les lésions progressent.

L’œil possède deux chambres remplies de liquide. Le nerf optique est situé dans la rétine, derrière la chambre postérieure, qui est remplie d’un liquide gélatineux portant le nom de «humeur vitreuse». La chambre antérieure est remplie d’un autre liquide, l’humeur aqueuse. Normalement, l’œil produit continuellement de l’humeur aqueuse et l’évacue par une issue (ou angle) située entre l’iris et la cornée. En cas de glaucome, l’humeur aqueuse s’accumule dans la chambre antérieure, exerçant une pression sur la chambre postérieure et le nerf optique. L’accumulation est causée par une surproduction de liquide ou par une évacuation déficiente.

Apprenez-en plus sur le glaucome.

Dégénérescence maculaire

La macule, qui a en gros la taille d’une gomme de crayon, occupe le centre de la rétine de l’œil. Malgré sa petite taille, elle joue un rôle de premier plan dans la vision centrale; c’est à elle qu’on doit la netteté et la haute définition qui permettent de lire, de conduire, de reconnaître les visages et de distinguer les fins détails. En cas de dégénérescence maculaire, on assiste à une détérioration irréversible de la macule. La vue est alors trouble. Une tache aveugle peut se développer au centre du champ visuel rendant difficile, voire impossible, des activités telles que la lecture et l’écriture. Par contre, la vision périphérique n’est pas touchée.

On ne sait pas ce qui cause la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMA), mais certains estiment qu’environ le quart des personnes âgées de plus de 65 ans et le tiers de celles qui ont plus de 80 ans en souffrent. Dans près de 90% des cas, il s’agit de la forme sèche (non exsudative ou atrophique): les cellules de la macule sensibles à la lumière se dégradent lentement et des drusen, petites excroissances jaunes composées d’un dépôt graisseux, apparaissent. La DMA sèche est la moins grave des deux formes, évoluant lentement et se stabilisant parfois pendant un certain temps. Vous pourriez même ne pas vous rendre compte que votre vue a baissé, particulièrement si un seul de vos yeux est atteint, l’autre compensant la perte.

Poches sous les yeuxPhoto prise par: lipoptoses

Vous vous demandez ce qui provoque les cernes et les poches sous vos yeux? Voici une énumération des causes de ce phénomène.

Eh oui, ce n’est pas votre nuit agitée qui vous fait ce matin des yeux de panda. C’est un héritage que vous ont transmis vos parents et vos grands-parents.

La peau des paupières est quatre fois plus fine que celle du reste de notre corps. Or l’eau a tendance à s’accumuler dans les zones les plus délicates. Qu’est-ce qui occasionne la rétention d’eau? Parmi les coupables, dénonçons: les drogues, les problèmes rénaux ou hépatiques, la surconsommation de sel et, très souvent, les allergies. Ce sont les produits cosmétiques – surtout le mascara et le ligneur – qui fournissent le plus de travail aux dermatologues et aux allergologues.

Diabète et perte de vision

Le diabète peut provoquer une obstruction ou une croissance anormale des vaisseaux sanguins de la rétine. Ces perturbations peuvent provoquer des problèmes de vision et même la cécité. Les diabétiques sont plus à risque de contracter des maladies graves aux yeux, comme des cataractes et du glaucome.

Pour diminuer les risques: passez un examen annuel de la vue. Lorsque c’est le cas, mentionnez à votre médecin que des taches bizarres ou des points troubles sont apparus. Et, vous le saviez déjà, maintenez votre taux de glucide sanguin à un niveau normal.

http://selection.readersdigest.ca/

Le nombre d’aveugles dans le monde va tripler en 2050


En vieillissant, la vue baisse et peut devenir de plus en plus déficiente. Avec la population qui devient aussi plus âgée et la perte de vision augmentera surtout dans des pays que la prévention, les traitements ne sont pas adéquats
Nuage

 

Le nombre d’aveugles dans le monde va tripler en 2050

 

Il y avait 36 millions de personnes aveugles dans le monde en 2015, selon une... (ARCHIVES AFP)

ARCHIVES AFP

 

Agence France-Presse
Paris

Il y avait 36 millions de personnes aveugles dans le monde en 2015, selon une étude publiée jeudi, qui prévoit que ce nombre devrait tripler d’ici 2050 du fait de la croissance démographique et du vieillissement de la population.

Cette augmentation pourrait toutefois être freinée à condition d’investir davantage dans le développement de nouveaux traitements, estiment les auteurs de l’étude, publiée dans la revue britannique The Lancet Global Health.

217 millions de personnes étaient par ailleurs touchées par une déficience visuelle modérée à sévère en 2015, soit 35% de plus qu’en 1990, et elles devraient être 588 millions en 2050, estime l’étude, qui a compilé des données portant sur 188 pays.

Plus d’un milliard souffraient par ailleurs de presbytie, un trouble de la vision de près qui apparaît avec l’âge.

Ces statistiques comptabilisent uniquement les personnes qui ne bénéficient pas d’une correction adaptée, a précisé à l’AFP Rupert Bourne, professeur à l’université Anglia Ruskin, au Royaume-Uni.

Selon les définitions de l’OMS, la cécité désigne une acuité visuelle inférieure à 1/20 ou un champ de vision limité à 10° ou moins, tandis qu’une déficience visuelle sévère correspond à une acuité comprise entre 1/20 et 1/10 et modérée, entre 1/10 et 3,3/10.

Les chercheurs estiment que «la prévalence globale de la cécité a diminué de 0,75% en 1990 à 0,48% en 2015, tandis que le taux de déficience visuelle modérée à sévère s’est réduit de 3,83% à 2,90%». Ils attribuent cette évolution à l’amélioration du niveau de vie, aux programmes de santé publique, au développement de traitements tels que la chirurgie de la cataracte et à un meilleur accès aux services d’ophtalmologie.

«Cependant, la plupart des déficiences visuelles étant liées à l’âge, à mesure que la population continue à croître et à vieillir, le nombre de personnes concernées a augmenté dans le monde», expliquent-ils.

Et il devrait continuer à le faire, d’autant que la proportion de personnes touchées pourrait cesser de diminuer voire rebondir à partir de 2020, selon eux.

Ces projections ne prennent pas en compte les éventuels progrès qui pourraient être faits d’ici là en matière de diagnostic, de traitements ou d’accès aux services de santé, a souligné le Pr Bourne.

L’étude montre aussi de très fortes disparités géographiques, avec une prévalence nettement plus élevée dans les pays à faibles revenus d’Afrique subsaharienne et en Asie.

On compte ainsi 1,98% d’aveugles en Afghanistan et 1,86% en Éthiopie, contre seulement 0,08% en Islande, en Belgique et au Danemark. En France, la proportion est estimée à 0,14%.

Les femmes sont par ailleurs plus touchées, puisqu’elles représentent 56% du total des personnes aveugles et 55% des déficients visuels.

http://www.lapresse.ca

Ce père aveugle n’a jamais vu ni son épouse, ni son bébé…


Vous imaginez un homme atteint de la maladie de Stargardt est devenu aveugle à l’adolescence, il se marie, puis devient père, sans jamais avoir vu sa femme et son fils. Puis un jour, on lui offre un ensemble de lunettes de haute technologie qui l’a aidé à retrouver la vue pour voir les personnes qu’il aime pour la première fois. On peut imaginer l’émotion que vive cette petite famille
Nuage

 

Ce père aveugle n’a jamais vu ni son épouse, ni son bébé…

 

Dégénérescence maculaire: perdre la vue, petit à petit


En vieillissant, il est normal que la vue baisse, mais d’autres maladies de l’oeil peuvent apparaître avec l’âge, comme la dégénérescence maculaire pouvant causer la cécité. Il est important de se faire suivre par en optométrie malgré qu’il est difficile pour le moment d’être pris dès le début de cette dégénérescence
Nuage

Dégénérescence maculaire: perdre la vue, petit à petit

 

La dégénérescence maculaire se produit lorsque des dépôts... (Photo Thinkstock)

La dégénérescence maculaire se produit lorsque des dépôts appelés drusen se forment sur la rétine, accompagnés d’inflammation.

PHOTO THINKSTOCK

MATHIEU PERREAULT
La Presse

La mauvaise nouvelle a frappé Louise Gobeil alors qu’elle venait de prendre sa retraite, au début de la soixantaine, pour garder l’un de ses petits-enfants.

«Je voyais moins bien et je suis allée faire un examen de la vue, dit Mme Gobeil, qui habite Beauport. Je croyais que je devais changer mes lunettes. L’optométriste m’a dit que c’était très grave, que je faisais de la dégénérescence maculaire.»

Mme Gobeil a alors commencé les injections pour ne pas perdre la vue dans son oeil droit. Au bout de quelques mois, une autre mauvaise nouvelle l’a terrassée.

«On m’a annoncé que mon oeil gauche était aussi atteint et que sans des injections aux deux yeux tous les mois, je perdrais la vue. J’ai passé une nuit à pleurer. Le matin, à 5 h, j’ai écrit à l’Association québécoise de la dégénérescence maculaire (AQDM) pour leur dire ma détresse à l’idée que je ne verrais plus les sourires et les yeux de mes huit petits-enfants.»

La lettre de Mme Gobeil a touché André Lavoie, qui venait de commencer à s’impliquer dans l’AQDM.

 «Je venais moi-même de commencer les injections après un diagnostic de dégénérescence maculaire, dit l’ancien journaliste de Québec. Je me suis rendu compte qu’en Ontario, les injections ne coûtaient rien. Mme Gobeil, dans sa lettre, demandait quel oeil elle devait choisir de sauver, parce qu’elle n’avait pas les moyens de payer les injections aux deux yeux.»

Avec d’autres patients, M. Lavoie a pris le contrôle de l’AQDM, qui ne voulait alors pas s’engager dans la bataille pour la gratuité des injections.

Après un an de pressions, en 2011, la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) a accepté que les traitements soient gratuits.

Au début de 2013, sous la menace d’un recours collectif, elle a remboursé 6 millions à 10 000 patients pour des injections qu’ils avaient payées de leur poche de 2008 à 2011. Les frais pouvaient atteindre 200 $ par injection.

La dégénérescence maculaire se produit lorsque des dépôts appelés drusen se forment sur la rétine, accompagnés d’inflammation. Par la suite, une croissance anormale des vaisseaux sanguins de l’oeil aggrave le problème. La dégénérescence «sèche» survient avant la dégénérescence «humide» et s’accompagne de symptômes souvent indétectables. La perte de la vision, rapide, survient lorsque la maladie bascule vers la forme «humide». Les formes humides et sèches font référence à des molécules à l’intérieur de l’oeil.

La perte de la vision, rapide, survient lorsque... (Image tirée de Twitter) - image 2.0

La perte de la vision, rapide, survient lorsque la dégénérescence maculaire bascule vers sa forme « humide ».

IMAGE TIRÉE DE TWITTER

Des diagnostics insuffisants?

Une nouvelle étude américaine annonce une autre bataille: la détection précoce de la maladie alors qu’elle est sous la forme «sèche», souvent sans symptômes.

«Nous avons été surpris de constater que seulement 75 % des cas de dégénérescence maculaire sous la forme sèche sont diagnostiqués», explique David Neely, ophtalmologiste à l’Université de l’Alabama, auteur principal de l’étude publiée dans la revue JAMA Ophtalmology.

«C’est grave, parce qu’il faut une vigilance particulière pour les patients ayant la forme sèche, pour détecter rapidement un passage vers la forme humide, qui, elle, doit être traitée pour éviter la cécité».

«De plus, le tiers des cas non détectés étaient assez avancés pour que le patient prenne des suppléments de vitamines pour retarder l’apparition de la forme humide», poursuit M. Neely

L’étude du Dr Neely portait sur 644 patients de plus de 60 ans, dont le quart étaient atteints de dégénérescence maculaire.

«Nous avons été chanceux d’avoir cette cohorte, qui sera suivie pendant des années pour mieux comprendre les aspects génétiques et les facteurs de risque liés à la maladie.»

Jean-Daniel Arbour, chirurgien de la rétine au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, est surpris de ces résultats.

 «J’espère que ce n’est pas le cas ici», dit le Dr Arbour, vers qui l’AQDM a dirigé La Presse. «Les cas qu’on m’envoie me donnent à penser que les patients sont très bien suivis par les optométristes. Mais en même temps, on ne sait pas quelle proportion des gens qui ont une forme sèche l’ignore. Il faudrait faire ce genre d’étude.»

«Plein de petites morts»

Le Québec est maintenant à l’avant-garde du traitement de la dégénérescence maculaire, dit le Dr Arbour, qui a publié l’an dernier le livre La dégénérescence maculaire liée à l’âge.

«Nous sommes souvent les premiers à adopter les nouveaux traitements s’ils sont efficaces. Il se fait beaucoup de recherches sur les nouveaux médicaments. Il se pourrait même qu’il y ait des médicaments pour la forme sèche de la maladie. Pour le moment, il n’y en a que pour la forme humide. Depuis une dizaine d’années, il y a eu beaucoup de progrès aussi dans les appareils prenant des photos du fond de l’oeil, pour le dépistage en clinique optométrique.»

Ces progrès n’ont pas été assez rapides pour Mme Gobeil. Elle a fini par perdre la vue dans son oeil droit, ayant interrompu les traitements avant que la RAMQ n’annonce la gratuité.

«La première chose qui part, c’est le permis de conduire, dit Mme Gobeil. C’est plein de petites morts. J’étais passionnée de lecture, je me disais que j’aurais du temps pour ça à la retraite. Mais ce n’est plus possible, je ne peux lire que de grosses lettres.»

La dégérescence maculaire en chiffres

– 1 à 2 % de la population a une dégénérescence maculaire à l’âge de 60 ans

– 25 % de la population a une dégénérescence maculaire à l’âge de 80 ans

– 40 % des cas de dégénérescence maculaire à l’âge de 80 ans sont de forme humide

– 1,3 % des patients ayant une forme préliminaire de dégénérescence maculaire sèche passent à la forme humide en moins de cinq ans

– 86 % des patients ayant la forme sèche de la dégénérescence maculaire ne progressent jamais vers la forme humide

http://www.lapresse.ca/