Italie : une ministre noire se fait lancer des bananes


Je n’arrive pas a croire que des personnes dites civilisés soient descendus aussi bas. Je lève mon chapeau a cette femme Cécile Kyenge de continuer a travailler la tête haute malgré ce climat Ce genre d’imbécilité autant en geste qu’en parole ne doit surtout pas être toléré
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Italie : une ministre noire se fait lancer des bananes

 

Cecile Kyenge, ministre italienne de l'Intégration

Cecile Kyenge, ministre italienne de l’Intégration Photo :  AFP/FILIPPO MONTEFORTE

La ministre italienne de l’Intégration, Cecile Kyenge, a reçu des bananes lancées par un spectateur lors d’un discours vendredi, à Cervia, dans le centre du pays.

Peu avant l’incident, des militants du groupe d’extrême droite Forza Nuova (Force nouvelle) avaient déposé des mannequins couverts de sang factice lors de ce rassemblement. Ils entendaient protester contre la proposition de la ministre d’accorder la nationalité italienne à toute personne née dans le pays.

« L’immigration tue », pouvait-on lire sur un tract accompagnant les mannequins; un slogan déjà employé par Forza Nuova faisant référence à des crimes commis par des immigrants.

Le groupe Forza Nuova a cependant démenti samedi que l’un de ses membres ait lancé les bananes.

Cecile Kyenge, qui est née en République démocratique du Congo (RDC), est la cible quasi quotidienne d’insultes à caractère raciste et de menaces depuis qu’elle a été nommée au gouvernement en avril dernier.

Un geste « triste »

Sur son compte Twitter, Cecile Kyenge a qualifié ce geste de « triste » et a jugé qu’il s’agissait d’un gaspillage de nourriture à un moment où le pays connaît une crise économique.

« Le courage et l’optimisme pour changer les choses doivent avant tout remonter de la base vers les institutions », a-t-elle ajouté.

La classe politique dénonce ces actes

Plusieurs personnalités politiques, dont des ministres du gouvernement dirigé par Enrico Letta, lui ont témoigné samedi leur solidarité et ont condamné l’incident. La ministre de l’Éducation, Maria Chiara Carrozza, a salué le courage et la détermination de Cecile Kyenge dans un tel climat d’hostilité. Le ministre de l’Environnement, Andrea Orlando, a fait part de sa « plus vive indignation » à l’égard de cet acte.

Le gouverneur de la région de Vénétie Luca Zaia, qui appartient à la Ligue du Nord et doit participer en août à un débat sur l’immigration avec Cecile Kyenge, s’est lui aussi élevé contre l’acte raciste.

« Lancer des bananes, insulter les personnes (…). Des actes de ce genre n’ont pas de place dans le débat civilisé et démocratique entre la ministre et ceux qui ne partagent pas ses opinions », a-t-il dit, cité par l’agence de presse italienne.

Des dérapages de la Ligue du Nord

Il y a deux semaines, le vice-président du Sénat et membre de la Ligue du Nord (populiste), Roberto Calderoli, avait comparé la jeune femme à un « orang-outang ».

En juin, un conseiller régional de la Ligue du Nord avait estimé qu’il faudrait que Cecile Kyenge soit violée, afin qu’elle comprenne ce que ressentent les victimes de crimes commis par les immigrés. Il a été condamné pour ces propos à une peine de prison avec sursis et a reçu une interdiction temporaire d’exercer ses fonctions publiques.

Reuters

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La première noire à la tête d’un ministère italien est la cible d’attaques racistes


Comment se fait-il qu’en 2013, on est encore au stade d’intolérance entre les ethnies dans les postes important. Je lève mon chapeau à cette femme qui est fière d’être noire et continue son chemin dans son poste au sein du gouvernement italien … Mais, je me demande, comment les Italiens auraient réagi si le pape avait été noir …??? Enfin, il est peut-être temps que les italiens évoluent
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La première noire à la tête d’un ministère italien est la cible d’attaques racistes

Mariée à un Italien et mère de deux... (Photo : Domenico Stinellis, archives AP)

Mariée à un Italien et mère de deux enfants, Cécile Kyenge milite pour les échanges interculturels et pour les droits des immigrés depuis 10 ans.

PHOTO : DOMENICO STINELLIS, ARCHIVES AP

MALI ILSE PAQUIN

Collaboration spéciale

La Presse

(Rome) Cécile Kyenge est entrée dans l’Histoire en devenant la première personne de race noire à obtenir les clés d’un ministère en Italie. Mais les réjouissances pour ce «grand pas en avant» ont été troublées par un barrage d’insultes. De quoi donner des munitions à la ministre de l’Intégration et militante des droits des immigrés, qui se dit «noire et fière de l’être».

«Guenon congolaise». «Zouloue». «Ministre bonga bonga».

Depuis sa nomination le 27 avril dernier, la première ministre noire de l’histoire de l’Italie, Cécile Kyenge, est couverte d’insultes par des groupes d’extrême droite. Signe du chemin à parcourir avant que l’Italie ne soit «plus intégrationniste et vraiment multiculturelle», comme l’a promis le nouveau premier ministre démocrate Enrico Letta à l’embauche de l’ophtalmologue d’origine congolaise.

Encore mercredi, l’inscription «Kyenge, retourne au Congo» est apparue à l’entrée du bureau de la femme de 48 ans, établie en Italie depuis 1983. Les auteurs de la bannière n’ont pas cru nécessaire de se cacher: elle était signée «Forza Nuova», un parti néo-fasciste homophobe et xénophobe.

La volée de bois vert ne provient pas seulement de la frange d’extrême droite. Un parlementaire de la Ligue du Nord, parti de droite proche de Silvio Berlusconi, a déclaré que Cécile Kyenge ferait une meilleure femme de ménage qu’une ministre. Mario Borghezio, député au Parlement européen, a ajouté qu’elle imposerait ses «traditions tribales du Congo» aux Italiens.

Le politicien faisait allusion au père polygame de la ministre de l’Intégration. Elle a grandi dans une famille de 38 enfants nés des quatre femmes de son père catholique. Une question sur laquelle elle a été interrogée dès le début d’une longue entrevue sur la télévision d’État Rai, le 5 mai.

Cependant, la principale intéressée encaisse le coup avec le sourire. Mariée à un Italien et mère de deux enfants, Cécile Kyenge milite pour les échanges interculturels et pour les droits des immigrés depuis 10 ans. L’année dernière, elle a fait intensément campagne pour que les enfants d’immigrants deviennent citoyens italiens dès la naissance, plutôt qu’à l’âge de 18 ans, un projet de loi qu’elle espère faire adopter pendant son mandat.

«Je ne suis pas une femme de couleur, je suis noire et je le dis avec fierté», a affirmé la ministre de l’Intégration le 3 mai en conférence de presse.

Elle a refusé de répliquer à ses détracteurs, préférant se concentrer sur les qualités de sa terre d’accueil.

«L’Italie a une grande tradition d’hospitalité. Il faut s’efforcer de la garder vivante», a-t-elle dit.

»Une plaie en Italie»

Dans un pays où des footballeurs noirs sont parfois accueillis par des cris de singe dans les gradins, la nomination de Cécile Kyenge allait forcément faire des vagues.

«Le racisme est une plaie en Italie», avait écrit en 2010 le journal du Vatican, l’Osservatore Romano, suite à des attaques contre des ouvriers africains.

«Je me fais traiter de nègre presque chaque jour dans la rue», dit à La Presse un vendeur sénégalais ambulant de 38 ans qui désire garder l’anonymat.

L’afflux d’immigrants en Italie est un phénomène relativement récent en comparaison au reste de l’Europe. En 1991, 1 résidant sur 100 détenait un passeport étranger, contre 1 sur 12 aujourd’hui.

Cécile Kyenge peut se consoler: elle a de bons amis au Parlement. La présidente de la Chambre des représentants, Laura Boldrini, avait salué son entrée dans le cabinet comme «un grand pas en avant».

Et la ministre de l’Égalité, Josefa Idem, a ordonné une enquête afin de déterminer si les auteurs des insultes contre Kyenge pouvaient être poursuivis en justice. Il faut dire que la ministre Idem est elle-même une Italienne d’adoption originaire d’Allemagne. Mais ça, personne ne l’a reproché à la grande blonde…

http://www.lapresse.ca