Combien valent vos données personnelles sur le dark web?


Ces derniers mois, nous avons entendu parler de vol de données de clients dans certaines entreprises. Ces données sont vendues dans le darknet, le côté sombre d’Internet. Tout est a risque, vol d’identité, carte de crédit, même un dossier médical peut devenir notre pire cauchemar.
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Combien valent vos données personnelles sur le dark web?

Une main tenant un sac d'argent sort d'un écran d'ordinateur.

Les données volées ont une valeur marchande et peuvent servir aux acteurs malveillants, qui les vendent et les achètent dans les recoins du web.

PHOTO : RADIO-CANADA / ÉMILIE ROBERT

Desjardins, Capital One, Cambridge Analytica… Les scandales liés à la protection des données personnelles se multiplient ces dernières années et nos informations sont plus convoitées que jamais. Certains banalisent la situation. « Je n’ai rien à cacher », entend-on souvent. Pourtant, les risques sont sérieux, et vos données ont une valeur marchande dans les recoins du web.

Le chef de la cybersécurité aux Commissionnaires du Québec, Jean-Philippe Décarie-Mathieu, connaît bien cette facette du monde interlope. Voici ses réponses à nos questions sur le sujet.

Ce texte est le premier d’une série d’entrevues avec des experts en cybersécurité sur des enjeux qui vous préoccupent

Radio-Canada Techno : Où se vendent les données personnelles sur le web?

Jean-Philippe Décarie-Mathieu : Ça se fait sur des cryptomarchés accessibles sur les darknets, donc dans des parties cachées du web. On trouve sur ces marchés de l’information volée, des cartes de crédit fraudées, des outils de hacking, de la drogue, des armes et plus. Il existe plusieurs marchés de différentes tailles, un des plus connus étant BerlusconiMarket.

Dans le fond, ces sites sont comme un eBay du crime électronique. Les vendeurs ont des profils et une réputation, ils montrent des fiches de produits. Tu cherches ce que tu veux acheter, et tu as toi-même une réputation en tant qu’acheteur. On paie le vendeur d’une manière qui est difficilement traçable, généralement en utilisant une cryptomonnaie comme bitcoin ou Litecoin.

Quel genre de données personnelles peut-on acheter?

Il y a de tout. On peut par exemple acheter des fullz, un dossier qui représente en quelque sorte l’identité numérique ou l’entièreté des dossiers personnels de quelqu’un.

Il n’y a pas de définition exacte d’un fullz, mais généralement, on parle d’une date de naissance, d’un numéro d’assurance sociale, d’une adresse, d’un numéro de téléphone… Bref, tout ce qui permet de voler l’identité de quelqu’un.

La valeur des fullz a énormément baissé. Il y a deux ans, ça valait environ 800 $ US. L’an dernier, c’était en dessous de 600 $ et présentement, le prix tourne autour de 150 $.

Il y a tellement de fuites de données et d’informations personnelles accessibles sur le web que les prix chutent drastiquement. C’est l’offre et la demande, mais ça reste très peu cher pour une solution clés en main de vol d’identité.

On peut aussi acheter des accès à des comptes de courriel GMail, Yahoo et autres. Ça se vend pour environ 3 dollars américains et c’est aussi considéré comme des fullz, mais plus en matière d’identité numérique. Il y a beaucoup d’informations personnelles là-dedans : on y trouve toutes les communications des gens depuis souvent des années, et tous leurs mots de passe peuvent être réinitialisés à partir de leur compte.

Des prix de données personnelles en dollars américains

Fullz : 50-150 $ (très variable selon la cote de crédit)

Courriel et mot de passe Gmail : 3 $

Accès à un site web bancaire : 100 $

Numéro de carte de crédit avec code CVV : 60 $

Permis de conduire : 400-500 $ pour un permis d’un État américain (moins cher pour les autres pays)

Passeport canadien : 2000 à 5000 $, aussi peu que 15 $ pour un scan

Carte d’assurance maladie du Québec : 200 $

Nouvelle identité complète (incl. documents, etc.) : 46 000 $

* Les prix fluctuent selon les marchés, les vendeurs, la demande et d’autres facteurs. Ces chiffres ne sont que des estimations.

Concrètement, on peut faire quoi avec mes données?

Toutes sortes d’activités criminelles. Commander un téléphone cellulaire pour faire des transactions de drogue illicite, faire une demande pour une carte d’identité qui requiert plus ou moins de vérification… Il y a plein de raisons pour lesquelles les gens se créent une fausse identité.

C’est rare de voir des cas extravagants, comme se faire coller une hypothèque sans le savoir, parce que les compagnies de carte de crédit ont des bons systèmes pour la fraude, bloquent les cartes et remboursent rapidement les victimes.

Souvent, les gens vont ouvrir des nouveaux comptes de cartes de crédit pour acheter des choses, par exemple 200 cartes prépayées Amazon qui sont ensuite revendues ou utilisées. Une fois que le fraudeur se rend au magasin et achète les cartes, la compagnie de crédit remarque que c’est une fraude et désactive la carte de crédit.

Le fraudeur a maintenant 200 cartes-cadeaux Amazon, et pour qu’il se fasse prendre, il faudrait que la compagnie de crédit parle à Amazon pour savoir où il a acheté les cartes, trouver dans quel dépanneur il les a achetées, appeler le dépanneur pour regarder les caméras et voir à quoi ressemble le fraudeur…

Ça marche bien parce que ça se passe dans différents pays, et on ne va pas faire appel à Interpol pour chaque vol de 200 cartes-cadeaux Amazon.

Même juste mon courriel et mon mot de passe, c’est risqué?

Il y a un an, plein de gens ont reçu un courriel qui leur disait qu’on les avait vus se masturber devant leur webcam. Le message montrait leur mot de passe et disait que s’ils n’envoyaient pas X nombre de bitcoins, on enverrait à toute leur famille des enregistrements d’eux en train de se masturber. On appelle ça de la sextorsion.

Deux groupes criminels en Europe de l’Est ont fait des dizaines de millions de dollars avec ça, et toutes les informations qui ont servi à monter ce stratagème provenaient de fuites publiques. Ils ont réussi à créer un modèle de courriel qu’ils ont pu automatiser et ils l’ont envoyé à des millions de personnes en achetant simplement des listes d’adresses courriel avec des mots de passe. C’est simple et c’est super efficace.

Nos données sensibles peuvent-elles être utilisées d’autres façons?

Prenons par exemple une hypothétique fuite de données d’une banque. L’historique de transactions des gens, c’est de l’information qui parle. Si je suis un ex frustré et que je sais que mon ex est dans cette fuite-là, je peux me servir de ces données comme des munitions contre elle.

J’ai vu ça très souvent, des gens qui espionnent leurs ex, quand j’étais à Crypto.Québec. On recevait au moins un courriel par semaine d’une femme qui nous rapportait ça. C’est plus répandu qu’on pense, et je dirais même que c’est un très gros problème.

Si je veux cibler une personne, il y a plein d’information nominative que je peux utiliser contre elle, que ce soit 10 ans de courriels, de l’historique de navigation, ou autre chose comme son inscription à Ashley Madison, le site de rencontres extraconjugales qui a fait l’objet d’une fuite de données en 2016.

Aussi, je ne sais pas pourquoi on n’entend pas trop parler des dossiers médicaux. Dans l’industrie de la santé, les menaces internes, c’est-à-dire des employés qui sortent de l’info à grande pelletée, sont un problème important. Il y a eu plusieurs fuites comme ça aux États-Unis, et ça peut aussi servir à l’extorsion.

L’information médicale, c’est de l’information très sensible. Ça en dit beaucoup sur nous, sur notre famille et sur nos habitudes de vie. C’est de l’information qui peut être utilisée contre nous et sur laquelle on n’a aucun contrôle.

Le grand drame du 21e siècle est que toutes ces données-là, toutes mises ensemble, peignent un portrait très détaillé de quelqu’un. 

Est-ce que des données de base comme le nom, la date de naissance, l’adresse physique et l’adresse courriel d’une personne valent quelque chose?

Monétairement, ça ne vaut rien parce que ça se trouve dans plein de fuites de données des dernières années qui sont accessibles gratuitement. Il y en a tellement eu que des informations qui sont sensibles, mais non confidentielles sont extrêmement faciles à obtenir.

Ce n’est pas ça qui est vendu sur les cyptomarchés, à moins que ce soit, disons, 150 millions d’enregistrements provenant de plusieurs fuites, toutes mises ensemble dans un package deal. On peut facilement créer sa propre base de données comme celle-là, par contre.

Les données personnelles des Canadiens valent-elles plus que celles d’autres pays?

Elles valent moins que celles des Américains, mais tout ce qui est occidental vaut plus que ce qui est oriental. C’est dommage, mais si tu fais affaire avec quelqu’un en Inde, les gens penseront que c’est une arnaque pour plein de raisons et à cause de plein de préjugés.

Et si on parle de documents, c’est une autre histoire. Un passeport américain vaut plus qu’un passeport nicaraguayen. C’est un peu un reflet du statut de la strate géopolitique du vrai monde qui se transpose là-dedans. Si c’est juste des accès, on s’en fout plus.

Est-ce qu’on prend la vente de données personnelles assez au sérieux?

Je dirais que la valeur des données personnelles et l’importance de leur sécurisation ne sont pas prises au sérieux par tout le monde alors que ça devrait l’être.

Ça dort au gaz au gouvernement. Personne ne comprend les enjeux, et même dans la société civile, personne ne prend ça au sérieux quand les données de dizaines de milliers de personnes ont fuité.

C’est toujours l’histoire du je n’ai rien à cacher. Ça ne change rien si on a une vie de comptable ou non; le problème, c’est qu’on n’a aucun contrôle sur nos données.

Les citations ont été éditées à des fins de clarté et de précision.

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Joker, un nouveau logiciel malveillant, s’attaque à Android


Encore ! Un logiciel malveillant sur 24 applications identifiées sur Google play qui risque de débiter votre carte de crédit. Si vous aviez un de ces applications, il est fortement conseillé de les désinstaller
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Joker, un nouveau logiciel malveillant, s’attaque à Android

Deux cartes à jouer qui se révèlent être des jokers.

24 applications d’Android sont touchées par le logiciel malveillant Joker.


Radio-Canada

Publié hier à 21 h 00

Utilisateurs et utilisatrices d’Android, prenez garde et, surtout, surveillez vos relevés de carte de crédit. Un nouveau logiciel malveillant se cache dans 24 applications, téléchargées 472 000 fois sur Google Play.

Baptisé Joker, ce logiciel peut, une fois déployé, abonner les utilisateurs et utilisatrices à des services payants à leur insu. Il a été détecté par un analyste du groupe de sécurité CSIS, au Danemark.

« Le logiciel stimule l’interaction avec les sites de publicité, en plus de voler les messages textes de la victime, sa liste de contacts et l’information de son appareil », prévient Aleksejs Kuprins.

Ce n’est pas tout : l’interaction automatique avec les sites de publicité inclut la simulation de clics et l’entrée de codes d’autorisation pour des services d’abonnement payants.

Les 24 applications touchées ont été retirées de Google Play. Les gens qui utilisent l’une d’elles sur leur téléphone devraient la désinstaller.

Les 24 applications touchées

  • Advocate Wallpaper

  • Age Face, Altar Message

  • Antivirus Security

  • Security Scan, Beach Camera

  • Board picture editing, Certain Wallpaper

  • Climate SMS

  • Collate Face Scanner

  • Cute Camera

  • Dazzle Wallpaper

  • Declare Message

  • Display Camera

  • Great VPN

  • Humour Camera

  • Ignite Clea

  • Leaf Face Scanner

  • Mini Camera

  • Print Plant scan

  • Rapid Face Scanner

  • Reward Clean

  • Ruddy SMS

  • Soby Camera

  • Spark Wallpaper

Avec les informations de Mashable

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Faire des appels à l’aide d’un assistant vocal peut vous exposer à des arnaques


Les assistants vocaux, comme celui de Google, Siri ou Alexa peuvent être bien utile, enfin en espérant que les écoutes des assistants ont cessé. Les arnaqueurs y voient aussi un moyen pour leurs escroqueries. Si on cherche un numéro de téléphone d’une entreprise, mieux vaut ne pas passer par les assistants, car rien ne garantis que ce soit le bon numéro, mieux vaut aller directement sur les sites officiels.
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Faire des appels à l’aide d’un assistant vocal peut vous exposer à des arnaques

Un iPhone 4S avec l'assistant personnel Siri.

L’algorithme peut accidentellement sélectionner un faux numéro quand on fait une recherche vocale.

PHOTO : REUTERS / SUZANNE PLUNKETT

Radio-Canada

Des assistants vocaux comme Siri, Alexa et l’Assistant Google peuvent aider à trouver rapidement des informations ou faire jouer votre chanson préférée, mais l’organisme de protection des consommateurs Better Business Bureau (BBB) recommande de ne pas s’en servir pour faire des appels à des entreprises, puisqu’il est possible de se faire arnaquer.

Plusieurs personnes ont raconté à l’organisme s’être fait diriger vers des arnaqueurs lorsqu’elles tentaient de joindre des entreprises au téléphone par l’entremise de leur assistant vocal.

Des escrocs créent de faux numéros de service à la clientèle et tentent de les propulser au sommet des résultats des moteurs de recherche, souvent en achetant des publicités. Quand Siri, Alexa, ou un autre appareil fait une recherche vocale, l’algorithme peut accidentellement sélectionner un faux numéro, fait savoir le BBB dans une publication sur son site web(Nouvelle fenêtre).

Une femme a récemment rapporté à l’organisme qu’un escroc lui avait demandé d’envoyer 400 $ sous forme de carte de crédit prépayée alors qu’elle voulait changer de siège auprès d’une compagnie aérienne. L’opérateur à l’autre bout du fil lui avait alors indiqué qu’une promotion spéciale était en cours.

Une autre personne a raconté être tombée sur un arnaqueur pendant qu’elle tentait, à l’aide de Siri, d’appeler le soutien technique au sujet de son imprimante.

Le BBB conseille au public de se rendre sur le site web officiel d’une entreprise qu’il désirerait appeler afin de trouver son vrai numéro de téléphone. Les informations exactes se trouvent également sur vos factures ou sur les courriels de confirmation que vous recevez des entreprises.

L’organisme indique également qu’il est préférable de faire ses transactions en ligne à l’aide d’une carte de crédit, puisqu’il est possible de contester les paiements s’il y a fraude. Les transactions faites par virement ou par carte de crédit prépayée sont presque impossibles à retracer.

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Le Saviez-Vous ► À vérifier avant de donner votre numéro de carte de crédit en ligne


Faire des achats en ligne peut être intéressant, il faut quand même être prudent. Malheureusement, il y a des arnaqueurs qui profitent de l’inattention des acheteurs sur le Web. Il y a quand même des indices qui comme par exemple si c’est HTTPS, sans le S, il faut se méfier et d’autres signes qu’il faut tenir compte
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À vérifier avant de donner votre numéro de carte de crédit en ligne

 

L’essor du commerce en ligne continue de progresser et de changer nos habitudes de consommation. Chaque année, le nombre de transactions effectuées sur des boutiques en ligne augmente, au détriment du commerce de détail traditionnel. Saviez-vous qu’au Québec seulement, il se dépense plus de 8 milliards de dollars sur le web ?!

Cette montée exponentielle entraîne cependant une augmentation des fraudes et des arnaques Internet. Les pirates informatiques sont rusés. Plus il y a de demandes pour des biens de consommation en ligne, plus ces personnes mal intentionnées en profitent.

Voici donc quelques trucs et vérifications à effectuer afin de détecter les sites et boutiques en ligne frauduleux:

URL louche

Jetez un œil à l’adresse internet (URL). Si vous pensez être sur le site de votre marque préférée, mais que l’adresse web n’y ressemble pas du tout, posez-vous des questions. Une bonne façon de contre-vérifier est d’aller sur la page d’accueil du site principal et de comparer les 2 URL.

HTTPS

Parlant d’URL, un site web dont l’adresse commence par HTTPS est considéré comme plus sûr. Le HTTPS est un gage de sécurité. Toute boutique en ligne devrait en avoir une puisqu’elle invite ses usagers à entrer des informations personnelles vitales comme son numéro de carte de crédit. Pas de HTTPS ? Pas de transaction.

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Qualité générale

Observer la qualité des textes et des images. Est-ce que la littérature sur le site semble une traduction automatique douteuse ? Est-ce bourré de fautes d’orthographe ? Les images sont-elles de mauvaise qualité ? Est-ce que bon nombre d’hyperliens ne fonctionnent pas ? Ce sont d’autres indices à ajouter à l’équation avant de donner votre numéro de carte de crédit.

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Un seul mode de paiement

Une boutique en ligne digne de ce nom propose généralement plusieurs modes de paiement. PayPal, cartes de crédit, Interac et même parfois sur réception. Si une boutique en ligne, dont quelques indices vous font déjà douter, ne propose qu’un seul mode de paiement… vaut mieux trouver une alternative.

https://www.francoischarron.com/

Des détaillants abandonnent le paiement en argent comptant


Des commerçants à Toronto et à Ottawa ne veulent plus d’argent comptant, seulement avec une carte de débit, de crédit, et même avec le téléphone, et cela va augmenter de plus en plus Personnellement, c’est quelque chose que je n’aime pas vraiment …
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Des détaillants abandonnent le paiement en argent comptant

 

Les services de paiements électroniques sont de plus... (Photo Chris Ratcliffe, Bloomberg)

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Les services de paiements électroniques sont de plus en plus nombreux. Android Pay, de Google, a été lancé au Canada à la fin mai, et Apple Pay est déjà opérationnel depuis plus d’un an.

PHOTO CHRIS RATCLIFFE, BLOOMBERG

 

ALEKSANDRA SAGAN
La Presse Canadienne
Vancouver

Dans les 18 prochains mois, Alan Bekerman a l’intention de procéder à une expansion qui verra le nombre d’établissements de sa chaîne torontoise de restaurants iQ Food passer de cinq à onze, et aucun d’eux n’acceptera les paiements en argent comptant.

«Cela nous faisait une chose de moins à organiser, ce qui est un énorme avantage», se rappelle M. Bekerman, qui avait mis cette idée à l’épreuve dans ses deux premiers restaurants, lors de leur ouverture en février 2016.

Lorsqu’il a ouvert trois autres établissements plus tôt cette année, il a pris la même décision.

M. Bekerman fait partie d’une nouvelle vague de détaillants qui jugent que l’abandon des paiements en argent sonnant accélère le service et libère le personnel – lequel peut alors se concentrer sur des tâches moins ennuyantes.

Certains observateurs de l’industrie estiment que ce choix devrait être de plus en plus courant, avec l’avènement des cartes de type «tapez et payez» et des portefeuilles numériques en remplacement des billets et de la monnaie. Ces nouvelles options permettent aux marchands et aux consommateurs de gagner du temps lors du règlement d’un achat.

Le cofondateur des Thés DavidsTea, David Segal, mise là-dessus pour sa nouvelle entreprise de restauration Mad Radish. Ses deux établissements, situés à Ottawa, ont une politique excluant les paiements en espèces.

«On sent que les avantages sont énormes, alors pourquoi ne pas l’essayer»? fait valoir M. Segal, qui calcule qu’un service plus rapide se traduit par une meilleure expérience pour les consommateurs.

Il ajoute qu’il est encore trop tôt pour préciser jusqu’à quel point le service sera plus rapide, mais il croit que les méthodes de type «tapez et payez» seront toujours plus efficaces que les échanges d’argent sonnant.

Selon M. Bekerman, la transition aux transactions sans espèces a libéré ses gérants de restaurants de la tâche de compter l’argent et leur a permis de se consacrer davantage à des tâches plus productives, comme la formation du personnel.

«Les gens les mieux payés dans les restaurants peuvent finalement utiliser leur temps pour faire des choses que nous jugeons plus importantes», explique-t-il.

Tant pour Mad Radish que pour iQ, l’accueil réservé aux systèmes de paiements sans espèces a été généralement positif.

Certains pourraient s’attendre à ce que les clients les plus âgés soient plus réticents à s’ajuster à ce changement. Mais M. Segal note qu’en fait, les adolescents sont plus susceptibles d’être incommodés. Certains d’entre eux n’ont pas encore de comptes bancaires et lorsque leur seule source d’argent est de l’argent de poche obtenu auprès de leurs parents, cela peut représenter un défi. Mad Radish tente de trouver une solution à ce problème, notamment avec des cartes cadeaux rechargeables.

M. Bekerman dit ne s’être heurté à des problèmes semblables qu’à quelques reprises. Une des complaintes était celle d’un adjoint de direction à qui son patron avait remis de l’argent comptant pour régler son dîner. D’autres clients n’utilisent que de l’argent comptant ou des Bitcoins pour protéger leur vie privée.

Mais les clients, en partie, alimentent la tendance vers les paiements numériques.

«L’argent comptant est significativement en perte de popularité en tant qu’instrument préféré pour régler un paiement», explique Angela Brown, chef de la direction de Moneris Solutions.

Au deuxième trimestre de 2017, 39,5% des transactions étaient réglées à l’aide de méthode «tapez et payez», selon les données fournies par les entreprises de solutions de paiement par cartes de débit ou de crédit. Cela représente une hausse de 30,86% par rapport à l’année précédente.

Moneris s’attend à ce que cette croissance atteigne 50% d’ici la fin de l’année.

Les portefeuilles numériques sont de plus en plus courants sur les téléphones intelligents. Le service Android Pay, de Google, a été lancé au Canada à la fin mai, et Apple Pay est déjà opérationnel depuis plus d’un an.

L’an dernier, Moneris a prédit que les paiements en espèces ne représenteraient plus qu’un dixième de toutes les transactions au Canada d’ici 2030, et Mme Brown affirme que sa firme ne modifie pas sa prévision. La croissance de popularité des cartes «tapez et payez» et des portefeuilles numériques «cannibalise absolument les transactions en espèces», assure-t-elle.

http://www.lapresse.ca

Peut-on annoncer la disparition des billets et de la monnaie?


Peut-on penser qu’un jour l’argent « liquide » sera disparus, je ne pense pas, du moins pas pour l’instant, tant qu’il n’y aurait pas un moyen pour les jeunes enfants de pouvoir aller au dépanneur du coin acheter un litre de lait à la demande d’un adulte. Même, personnellement, j’utilise certaines options pour des transactions via le net, je préfère l’argent en papier
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Peut-on annoncer la disparition des billets et de la monnaie?

 

CANADIAN MONEY STOCKING

PC  |  Par Lauren La Rose,

TORONTO — Maureen Turner se fait encore un devoir de transporter des billets et de la monnaie dans son portefeuille — mais pas pour son usage personnel.

«J’ai quatre enfants, et souvent mes plus âgés vont dire: « J’ai besoin de 20$ pour le dîner à l’école »», a relaté la résidante de Georgetown, en Ontario, mère d’enfants âgés de cinq à 15 ans.

«Je conserve parfois de l’argent dans mon portefeuille uniquement pour mes enfants. Sinon, je n’en vois pas l’utilité», a-t-elle ajouté.

Mme Turner, 42 ans, gestionnaire de comptes et stratège des médias sociaux pour une firme de relations publiques, dépend de sa carte de débit pour ses achats, et utilise aussi des applications mobiles pour des transactions bancaires ou pour aller chercher son café chez Starbucks.

Elle figure parmi un nombre croissant de Canadiens qui estiment qu’il n’y a plus un réel besoin de transporter des billets et de la monnaie.

Un sondage en ligne mené par la firme de gestion de transactions Moneris auprès de 1000 personnes, plus tôt cette année, a montré que 77 pour cent des personnes interrogées préféraient payer avec une carte de débit ou de crédit, et que 65 pour cent disaient ne pratiquement plus rien acheter avec de l’argent liquide.

«Je crois que nous en sommes arrivés à un point où nous n’avons plus besoin d’argent pour la plupart de ce que nous devons faire aujourd’hui», a fait valoir Rob Cameron, chef des produits et du marketing chez Moneris.

«Je crois bien que les gens vont continuer à utiliser de l’argent car c’est ancré dans les pratiques depuis si longtemps. Mais je crois que cette croissance de paiements sans contact (en utilisant des cartes de crédit ou des applications mobiles) mènera vers cette fin des espèces», a affirmé M. Cameron.

Les données de Moneris montrent une augmentation de 162 pour cent des transactions mobiles directes pour le troisième trimestre 2015 par rapport à la même période de l’année précédente.

La plupart des banques canadiennes comptent leurs propres applications mobiles qui permettent certains achats — bien qu’il y ait diverses restrictions sur le type de cartes de crédit pouvant être reliées à des comptes, la compatibilité des systèmes d’exploitation mobiles, et les fournisseurs de sans-fil enregistrés.

L’année 2015 a aussi été marquée par le lancement officiel d’Apple Pay au Canada, bien que ce service compte également certaines restrictions. Il est uniquement compatible avec les versions les plus récentes des iPhone et l’Apple Watch, et fonctionne seulement avec une carte de crédit American Express.

David Wolman a dit avoir fait face à seulement quelques obstacles lorsqu’il a décidé d’abandonner les billets et la monnaie pendant une année, une expérience qu’il relate dans son livre The End of Money.

«À trois ou quatre reprises, je me suis retrouvé complètement au dépourvu», s’est-il remémoré en entrevue depuis Portland, dans l’Oregon.

«En voyage en Inde, j’en suis venu à me dire « Oups, je vais devoir appuyer sur le bouton pause de cette expérience si je veux quitter cet aéroport »», a-t-il relaté, disant croire aux bénéfices pour tous de la technologie mobile sans pour autant militer pour «la mort de l’argent».

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Jeunes endettés Le crédit trop facilement accessible?


Les compagnies de crédits acceptent des clients très jeunes qui ne comprennent pas très bien comment fonctionne une carte qui ne fait que clic, clic pour payer. C’est abstrait ! Le résultat est désastreux. Comme les compagnies ne semblent pas vouloir prendre une part de responsabilité, il ne reste que l’école
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Jeunes endettés

Le crédit trop facilement accessible?

 

(Crédit photo: Capture d’écran TVA Nouvelles)

Par Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

L’accès au crédit est-il devenu trop facile pour les jeunes ? Annie, jeune mère de famille du Saguenay, en est un exemple frappant.

«Il faut que je prenne une médication pour pouvoir dormir comme il faut. Ça joue sur le moral», lance la jeune femme d’emblée.

À 20 ans, elle aimerait se concentrer sur son bébé, mais elle et son conjoint de 22 ans, ont de grosses dettes totalisant 8800$. La carte de crédit de son copain est pleine, la sienne aussi. Ils ont un prêt étudiant et une marge remplie à 1000$.

«On n’arrive pas à payer le minimum parce que, quand on paye le minimum, il y a un intérêt qui se rajoute sur l’intérêt. Ça fait que ça remonte tout le temps», lance-t-elle.

Payer ce crédit leur gruge plus de 500$ par mois, soit le tiers de leurs revenus.

«On ne peut même pas combler notre épicerie, on a même pensé à faire faillite», soutient la jeune mère de famille.

Le téléphone sonne parfois à la maison. Ce sont les entreprises de crédit.

«Trois fois par jour qu’ils nous appellent, des fois, c’est cinq fois et c’est à n’importe quelle heure», dit-elle, découragée.

Les syndics aident des personnes comme Annie toutes les semaines. L’an dernier, au Québec, près de 1200 jeunes âgés entre 18 et 24 ans ont déclaré faillite en raison de 40 millions$ de dettes.

«Les jeunes ont cette facilité incroyable, de s’endetter d’une façon assez exponentielle. Ils sont nés avec une carte virtuelle», observe Henriette Tremblay, administratrice chez Jean Fortin et associés Syndics.

Henriette Tremblay (Crédit photo: Capture d’écran TVA Nouvelles)

Quand ils consultent, ils ont généralement 20-22 ans avec des dettes allant jusqu’à 20,000$. Plusieurs commencent à avoir accès au crédit dès l’âge de 16 ans, sans répondre à beaucoup de questions.

Henriette Tremblay a noté une nouvelle manière de se retrouver avec des dettes chez les jeunes. Selon elle, certains jeunes ont quatre ou cinq fournisseurs de téléphone et d’Internet impayés.

Mme Tremblay croit que le programme scolaire devrait prévoir des cours sur les finances personnelles.

«Il n’y a pas de cours qui se donne pour faire un budget, déplore-t-elle. Ce serait tellement important parce qu’ils n’ont pas la notion de base avec l’argent.»

http://tvanouvelles.ca/

L’appareil et les recharges, un modèle toxique


Une bonne critique face à nos habitudes de consommation. Nous achetons à bas prix sans penser qu’à long terme nous sommes perdants et de beaucoup. Les lames de rasoir, les machines à café individuel sont des exemples, Pourquoi ne pas acheter quelque chose de durable ? On préfère du jetable. Point de vue économie, on y perd, point de vue environnement, on y perd encore
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L’appareil et les recharges, un modèle toxique

 

30/365: Horas nocturnas / Andrés Nieto Porras via Flickr CC License by.

Les cartouches d’imprimante, les lames de rasoir et les iPhones sont comme des drogues dont on ne peut plus se passer. Et c’est mauvais pour vous, pour l’économie et pour la planète.

Imaginez que vous ne puissiez faire le plein de votre véhicule qu’avec une seule et unique marque d’essence. Une fois votre voiture achetée, impossible de changer de  marque de carburant –à la moindre tentative, elle refuserait tout simplement de démarrer. Cela a l’air fou, mais c’est précisément le business model qui prolifère dans tous les secteurs, des machines à café aux balayettes. Les transformations de l’économie mondiale ne font que contribuer à sa diffusion, presque toujours aux dépens des consommateurs.

On l’appelle souvent le business model de l’appât et de l’hameçon, ou «freebie marketing»[1]. On donne aux consommateurs un appareil breveté –où on le leur vend à bas prix– et on les oblige à acheter des pièces de remplacement pour le faire fonctionner.

Vous en avez sûrement plusieurs chez vous: imprimantes aux cartouches hors de prix, carafes d’eau aux filtres onéreux et, évidemment, rasoirs soi-disant ultra-modernes aux lames onéreuses. On pourrait même mettre les liseuses d’e-book et les smartphones, souvent vendus à perte pour appâter les consommateurs, dans la même catégorie, bien que leurs «recharges» ne produisent pas autant de déchets.

Un comportement de toxicomane?

Ce n’est pas une coïncidence si le modèle de l’appât et de l’hameçon a de nombreux points communs avec la toxicomanie. On vous laisse tester un produit à un tarif plus bas que son coût réel et, une fois accro, vous payez le prix fort. Ce modèle ne se fonde pas sur le mérite du produit; en réalité, il exploite plusieurs faiblesses dans la manière dont les consommateurs prennent leurs décisions.

Par exemple, au moment d’ouvrir leur porte-monnaie, les consommateurs ne comprennent pas toujours le coût à long terme du produit qu’ils achètent. Lorsqu’une imprimante à jet d’encre qui fait aussi scanner, photocopieuse et fax vous est vendue, combien vous coûte son utilisation au cours, disons, des trois années qui suivent votre achat? Pour répondre à cette question, il vous faut estimer le nombre de pages que vous allez imprimer, combien de pages –vos pages à vous, pas n’importe lesquelles– chaque nouvelle cartouche pourra imprimer et le coût des recharges d’encre sur trois ans. Très peu de transparence ici; la plupart du temps, les consommateurs ont tendance à se fier uniquement au prix inscrit sur l’étiquette de l’imprimante, qui peut être totalement trompeur.

En outre, en règle générale, les consommateurs sous-estiment leur consommation future. Les entreprises qui proposent des cartes de crédit tirent aussi parti de cette faiblesse lorsqu’elles proposent des formules attractives à très bas taux d’intérêts; les versements mensuels peuvent même transformer les biens de consommation coûteux en l’équivalent d’un rasoir et de ses lames. Ce qui aggrave encore les choses, c’est que les consommateurs ont tendance à accorder une importance disproportionnée à l’argent dépensé sur le moment par rapport à celui qu’ils dépenseront plus tard, tendance qui appauvrit leur moi futur. Par conséquent, ils sont plus susceptibles d’acheter un produit bon marché plutôt qu’un produit coûteux mais qui se révèlerait moins cher à l’usage.

Le modèle de l’appât et de l’hameçon a aussi un prix pour la société. Au lieu d’acheter un seul et unique rasoir qui va durer des années, les gens jettent chaque semaine un nombre incalculable de lames, avec leurs manches en plastique et leurs bandes en caoutchouc. Les fabricants d’imprimantes proposent de minuscules recharges d’encre pour s’assurer que les clients ne soient jamais confrontés à une facture trop exorbitante, mais ils perdent toute possibilité d’économie d’échelle pour la matière première utilisée dans la fabrication des contenants. Ils accumulent les déchets juste pour que les clients continuent d’acheter.

Un palliatif aux services publics

Dans certains secteurs, ce modèle pourrait même remplacer les services publics. Prenons l’exemple des filtres à eau. Aux Etats-Unis, leurs fabricants en vendent pour plusieurs centaines de millions de dollars chaque année. Etant donné que la loi requiert que l’eau du robinet soit potable, ces filtres servent surtout à combler les goûts et à assurer la tranquillité d’esprit des consommateurs. Mais dans d’autres pays, où l’eau du robinet n’est souvent pas potable, ces carafes et leurs filtres constituent une solution sporadique à un problème qui devrait être résolu de façon centrale. En lieu et place de la construction d’une infrastructure qui permettrait la distribution d’eau potable à des millions de gens, ceux qui en ont les moyens jettent chaque année des millions de filtres en plastique usagés.

L’innovation figure elle aussi parmi les victimes du modèle de l’appât et de l’hameçon. Les entreprises qui y ont recours sont très peu motivées pour rendre leurs produits plus efficaces ou durables, puisque les déchets font partie intégrante de leur stratégie. Elles n’ont pas non plus grand-chose à gagner à proposer à leurs clients des produits complets et plus chers qui répondraient une bonne fois pour toutes à leurs besoins –une imprimante qui n’aurait jamais besoin d’encre, un purificateur d’eau dont il ne faudrait pas remplacer le filtre ou un rasoir à la lame toujours affûtée.

Seuls de nouveaux venus sont susceptibles de mettre au point ce genre de produits pour tenter d’évincer la concurrence en place. Mais même dans ce cas, les consommateurs pourraient rechigner à acquérir des produits onéreux, même s’ils leur coûtent moins cher à long terme. Considérant cela, certaines entreprises –encouragées par des cabinets de consulting opportunistes– proposent des produits tels que des appareils photo numériques jetables, versions obsolescentes de biens durables qui auraient dû éliminer le modèle de l’appât et de l’hameçon.

Malheureusement, les transformations que subit l’économie mondiale ne font que rendre le modèle de l’appât et de l’hameçon plus séduisant encore. La baisse des prix du pétrole va rendre le plastique moins cher, ce qui va permettre aux entreprises soit de baisser leurs prix, soit d’augmenter leurs marges sur les produits jetables. Les réductions d’impôts et les mesures d’austérité dans le monde entier vont réduire les financements des services publics. Et à mesure que diminuent les capacités de concentration des consommateurs, leur tendance à rechercher une gratification immédiate dans des produits bon marché va sans doute augmenter.

Comment faire pour déjouer cette stratégie de l’appât et de l’hameçon? Sensibiliser les consommateurs pourrait fonctionner, surtout s’ils trouvent le moyen de tourner le business model à leur avantage. Le financement à long terme de produits à longue durée de vie pourrait également être une bonne idée, comme cela a déjà été le cas pour les voitures. Le plus probable pourtant est que ce modèle va rester rentable jusqu’à ce que les ressources se fassent si rares que les consommateurs ne voudront plus rien jeter.

Quelle ironie: le modèle du rasoir aux lames jetables est en train de rendre ce jour de plus en plus proche.

http://www.slate.fr

Internet : Le crime en ligne entraîne 3,3 milliards $ de pertes


 

Le vol d’identité, les vols de cartes de crédit, les informations personnelles que l’on met sur les réseaux sociaux tels que numéro de téléphone, adresse etc .. Des conversations qui peuvent intéresser dans le domaine de la cybercriminalité finissent par couter cher. On ne peut pas tout protéger, mais sur Internet, on peut limiter les risques
Nuage

 

Internet

Le crime en ligne entraîne 3,3 milliards $ de pertes

 

Photo AFP

Le crime en ligne, qui prend souvent la forme de cartes de crédit clonées, entraîne des pertes de 3,3 milliards $ au Canada. Plusieurs experts s’attendent à ce qu’il continue de gonfler.

La société de sécurité informatique McAfee, qui appartient au fabricant de processeurs Intel, vient de lever le voile sur une étude à ce sujet.

Selon McAfee, les pertes atteignent 445 milliards $ dans le monde. Celles du Canada équivalent à 0,17 % du produit intérieur brut, soit 3,3 milliards $.

Les pertes réelles sont probablement plus grandes, a indiqué Messaoud Abda, directeur du programme sur la criminalité économique à l’Université de Montréal.

«Les chiffres sont conservateurs en sachant que l’économie passe de plus en plus par internet. C’est inquiétant et alarmant parce qu’ils ne cessent d’augmenter.»

Le danger est dans les mains du commun des mortels, démontrait un sondage de Norton Symantec en octobre dernier. Près du tiers des gens qui ont un téléphone mobile ont été exposés au cybercrime. Environ 56 % suppriment des messages provenant d’inconnus. Par contre, 42 % de ceux qui vont sur les réseaux sociaux négligent de se déconnecter une fois qu’ils ont terminé.

Un crime caché

Le crime numérique est sournois car il ne fait pas peur, contrairement à un voleur en chair et en os.

«La technologie est rendue tellement banale que les gens ne sentent plus la menace, a indiqué M. Abda. Une perte de 100 $ ou une commande sur internet qui n’est pas livrée, ça ne semble pas gros. Une fois que les pertes sont chiffrées collectivement en temps, argent, productivité et intrusion dans la vie privée, elles sont énormes.»

Le vol d’identité est la fraude ultime pour le consommateur qui n’en est pas conscient au quotidien.

«Les gens sont d’une naïveté sans borne lorsqu’ils échangent avec leurs amis sur Facebook, a indiqué Michel Picard, expert en crime économique chez Analys6 Groupe Conseils. Même en personne, ils ne réalisent pas que d’autres personnes peuvent écouter la conversation. Pour le bon fraudeur, il s’agit seulement de connaître les questions de sécurité posées à la banque.»

De plus, un numéro de carte de crédit volé peut voyager vers un autre continent et servir à fabriquer une fausse carte en 24 heures. Le travail des services policiers devient ainsi plus ardu.

«Ça prend effectivement des équipes et de moyens importants pour traquer ces réseaux, a souligné Michel Picard. Mais nous sommes rendus là parce que beaucoup de gens se sont fait avoir.»

Comment sensibiliser le public ? Messaoud Abda suggère la publicité négative, qui a un impact psychologique.

«Il faut montrer aux gens ce qui arrive lorsqu’ils ne font pas attention, un peu comme le fait la SAAQ avec les accidents automobile», croit-il.

Comment se protéger contre la fraude en ligne

Une simple dose de prudence injectée dans le quotidien érige une barrière entre le consommateur et le cybercriminel.

Deux experts ont indiqué à Argent que les solutions sont souvent simples. Il s’agit de Messaoud Abda, directeur du programme sur la criminalité économique à l’Université de Montréal, et de Michel Picard, expert en crime économique chez Analys6 Groupe Conseils.

Question: Quelle est la première mesure à prendre ?

Messaoud Abda: «Revenons à la base. Si je n’utilise pas mon téléphone le soir, j’éteins. Je n’ouvre pas mon accès Wi-Fi n’importe où. Les fabricants fournissent des piles de durée imbattable pour dire que leurs produits sont de qualité, pour que nous soyons toujours branchés [mais c’est dangereux].»

Q: Le fabricant peut-il protéger ses clients en sécurisant ses appareils ?

Messaoud Abda: «Le problème est l’utilisateur. Beaucoup ne mettent pas de mot de passe sur leur téléphone. Ils n’activent pas de pare-feu. Les clients doivent se discipliner.»

Q: Est-on en sécurité si l’on utilise un mot de passe familier ?

Michel Picard: «Ceux qui utilisent le nom de leur chien vont finir par se faire avoir. C’est une question de gros bon sens.»

Q: Quelles sont les habitudes à adopter sur les réseaux sociaux ?

«Tout le monde trouve que l’information que l’on échange est banale. La personne qui a un intérêt va les croiser. Prenez un nom et un numéro de téléphone. Allez sur Facebook et vous avez sa date de naissance, ses amis et sa mère. Vous créez une identité. Vous allez à la banque et pouvez remplir une carte de crédit.»

Q: Comment répondre aux commerçants qui demandent des renseignements personnels ?

Michel Picard: «Je ne comprends pas pourquoi je dois donner mon code postal lorsque j’achète des piles. Je dis toujours non.»

http://www.journaldequebec.com