Les singes capucins utilisaient déjà des outils en pierre il y a 3.000 ans


Les capucins sont des singes intelligents depuis fort longtemps. Depuis 3 000, ils savent se servir des pierres comme outils. Cependant ce qui a changer avec le temps est la taille des pierres, qui laissent a penser qu’ils ont aussi évolué dans leur alimentation en prenant des noix dont l’écale est plus dure à casser.
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Les singes capucins utilisaient déjà des outils en pierre il y a 3.000 ans


Nathalie Mayer
Journaliste


Le Parc national de la Serra da Capivara (Brésil) abrite de nombreux groupes de singes capucins. Tous utilisent des outils. Depuis quelque 3.000 ans, révèlent de récentes fouilles. Et les chercheurs ont même découvert des preuves d’évolution dans l’usage de ces outils au fil du temps.

Des galets arrondis. Ce sont les outils en pierre que des chercheurs ont mis au jour sur un site du Parc national de la Serra da Capivara (Brésil). Des outils que des singes capucins utilisaient déjà il y a 3.000 ans pour fendre des graines et des noix. Mais ce qui a surtout retenu l’attention des chercheurs de l’University College London (Royaume-Uni), c’est que la taille de ces outils semble avoir évolué au fil du temps. De quoi suggérer que les capucins de la région ont su adapter leurs outils à des aliments de dureté variable.

Les pierres les plus anciennes apparaissent relativement légères et de petites tailles. Elles sont endommagées sur presque toutes les surfaces, mais ne présentent aucun résidu de noix. Et quelque chose semble avoir changé il y a environ 300 ans. Les pierres-outils deviennent alors beaucoup plus volumineuses. Elles semblent avoir été destinées à ouvrir des aliments assez durs.

Exemples d’outils en pierre utilisés par les singes capucins du Brésil depuis 3.000 ans. © University College London

Exemples d’outils en pierre utilisés par les singes capucins du Brésil depuis 3.000 ans. © University College London

Des outils qui évoluent au fil du temps

Ce n’est finalement qu’il y a une centaine d’années que les capucins auraient commencé à s’intéresser aux noix de cajou et à fabriquer des outils adaptés à leur ouverture. Cependant les chercheurs ne disposent d’aucune preuve montrant qu’une même population de singes est à l’origine de tous ces outils différents. Peut-être différentes populations ont-elles élu domicile dans la région au fil du temps.

Comprendre la façon dont les capucins ont utilisé les outils à travers les âges pourrait aider à révéler les origines de cette pratique, y compris chez d’autres primates… comme l’Homme. Les plus anciens outils de pierre fabriqués par des singes, des chimpanzés, ont été retrouvés en Côte d’Ivoire et datés de 4.000 ans. Les plus anciens outils de pierre connus remontent à 3,3 millions d’années. Ils sont attribués à Australopithecus afarensis ou à Kenyanthropus platyops.

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Le singe ne se laisse pas acheter par les Hommes qu’il juge égoïstes


Des petits singes bien intelligents qui seraient capable de juger les gens a savoir s’ils sont égoïsme ou non .. et si c’est le cas, leur réactions est surprenante … Reste pourtant a se méfier complètement de l’homme
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Le singe ne se laisse pas acheter par les Hommes qu’il juge égoïstes

 

Le capucin à houppe noire vit en Amérique du Sud et principalement au Brésil. Il est connu pour son caractère sociable et son intelligence. Il utilise quotidiennement des outils pour casser les coques des noix. Il jette, secoue et transporte divers aliments et objets.
Le capucin à houppe noire vit en Amérique du Sud et principalement au Brésil. Il est connu pour son caractère sociable et son intelligence. Il utilise quotidiennement des outils pour casser les coques des noix. Il jette, secoue et transporte divers aliments et objets. © José Reynaldo da Fonseca, cc by sa 3.0

 

Le capucin à houppe noire n’est pas dupe. S’il juge qu’une personne est égoïste, il n’acceptera pas de traitement de faveur de sa part. Il est capable de rejeter de la nourriture offerte par une personne qu’il aurait vue refuser d’aider quelqu’un d’autre.

Les singes refuseraient-ils l’égoïsme ? Les capucins sont de petits singes d’Amérique. La plupart des espèces du genre Cebus sont réputées pour être instinctivement sociables et coopératives. Elles sont aussi connues pour leur intelligence. Le capucin à houppe noire par exemple (Cebus apella) frappe des noix contre une branche pour les casser et utilise des outils pour râper l’écorce des arbres

Comme l’Homme, ce capucin semble être capable de se faire une idée sur une personne juste en la regardant. S’il peut choisir, il préférera un traitement de faveur de la part de quelqu’un qui est capable d’aider et de partager plutôt que d’un égoïste. C’est en tout cas ce que suggère une étude dirigée par le chercheur James Anderson de l’université de Stirling (Royaume-Uni), dont les résultats ont été publiés dans Nature Communications.

 

Le capucin à houppe noire a été choisi pour cette étude précisément pour ses qualités sociales. Dans ce travail, sept singes ont été testés dans différents scénarios. Ils ont observé deux personnes interagir. Chacune détenait un bocal fermé qui contenait un jouet. Pour ouvrir son bocal, l’une des deux personnes demandait de l’aide à l’autre, qui pouvait accepter ou refuser. Ensuite, les deux personnes ont offert de la nourriture aux petits singes. Les capucins ne pouvaient choisir qu’une personne.

Les capucins préfèrent les personnes serviables

Lorsque l’aide a été accordée, les capucins ont choisi indifféremment la personne qui a demandé de l’aide ou celle qui a fourni l’aide. Mais lorsque l’aide a été refusée, les sept singes avaient plutôt tendance à accepter la nourriture de la part de la personne qui avait demandé de l’aide. Au cours de l’expérience, certaines personnes ont montré qu’elles n’aidaient pas l’autre parce qu’elles étaient déjà bien occupées avec leur bocal. Dans ce cas, les capucins n’ont pas montré de parti pris pour les personnes qui n’ont pas aidé.

C’est donc clairement lorsque l’Homme refuse délibérément de proposer son aide que le singe ne s’approche pas de lui. Peut-on pour autant assimiler ce choix à une forme de rejet de l’égoïsme ? Le refus d’aider peut être perçu par l’animal comme un signe de dangerosité. Il se préserve en choisissant la personne non dangereuse.

Le capucin montre-t-il une forme d’inférence sociale ?

Sarah Brosnan, éthologue à la Georgia State University (Atlanta, États-Unis), explique que ce type d’études a déjà été réalisé avec les grands singes. Ces résultats suggèrent donc que l’inférence sociale peut se produire chez les animaux dont la taille du cerveau et les capacités cognitives sont inférieures. L’inférence est l’un des points clés de la notion de logique. Elle traduit la capacité à identifier une chose sans la percevoir directement : comprendre qu’il y a le feu simplement en observant de la fumée, par exemple. Ou, dans cette étude, comprendre la méchanceté de quelqu’un uniquement par son geste.

L’étude a besoin d’être approfondie. Les singes auraient aussi bien pu voir les Hommes qui n’ont pas aidé comme des personnes plus faibles. S’ils sont intéressés par les objets qui sont à l’intérieur des bocaux, ils peuvent simplement préférer les personnes qui aident à les obtenir. C’est une question d’intérêt. Il serait donc nécessaire d’effectuer ces tests sur d’autres animaux sociables et non sociables pour interpréter ce choix.

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