Boissons énergisantes : un cœur mécanique à 27 ans


27 ans et se retrouver avec un coeur mécanique qui fonctionne par une alimentation externe porter à la taille. Une jeune femme avait commencé à boire  très jeunes des boissons énergisantes  et elle en consommait de plus en plus à l’âge adulte. Elle ne peut plus travailler et doit minimiser ses efforts. Il semble que le taux de caféine soit plus haut que celui indiquer sur la boisson et pire, encore, il existe plus de 200 sortes de boissons énergisantes. De quoi a inciter les jeunes à en consommer
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Boissons énergisantes : un cœur mécanique à 27 ans

 

Jasmine Gitego assise devant l'écran de l'ordinateur où la radiographie de sa poitrine montre le cœur mécanique.

À cause d’une insuffisance cardiaque due à sa consommation de boissons énergisantes, Jasmine Gitego doit maintenant vivre avec le soutien d’un cœur mécanique. Photo: Radio-Canada / Nicole Germain

La consommation excessive de boissons énergisantes peut s’avérer particulièrement dangereuse pour la santé. Jasmine Gitego, qui a frôlé la mort, l’a appris à ses dépens.

Depuis le mois de mai, la femme de 27 ans vit maintenant avec le soutien d’un cœur mécanique. En avril, juste avant son hospitalisation, elle pouvait consommer jusqu’à un litre de boissons énergisantes par jour.

« Quand j’avais soif et que je ne voulais pas quelque chose de chaud, je prenais une boisson énergisante. Quand j’avais faim et que je ne voulais pas prendre trop de temps, je prenais une boisson énergisante », se rappelle Jasmine Gitego.

Pour maximiser son temps, elle avait toujours une canette avec elle. Elle ne calculait même plus le nombre de boissons énergisantes qu’elle consommait.

Cette habitude a fortement endommagé son cœur. En avril, particulièrement épuisée, elle n’arrivait plus à se déplacer et elle a développé une toux persistante.

« En rentrant à l’hôpital, ils m’ont dit que mon coeur était rendu de 8 % à 10 % de ses fonctions », relate la jeune femme.

Insuffisance cardiaque

Seul, son coeur ne suffisait plus pour la maintenir en vie. Elle allait bientôt devoir compter sur un coeur mécanique pour l’assister en pompant le sang d’un secteur de son coeur à l’autre.

« Jasmine Gitego a présenté un épisode d’insuffisance cardiaque terminale, si on ne lui avait pas implanté de coeur mécanique, elle en serait décédée », affirme le docteur Mario Sénéchal, le cardiologue de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) qui l’a traitée.

Le cardiologue jette le blâme sur les boissons énergisantes.

« Il y a une relation de cause à effet qui est belle et bien présente et qui explique la dégradation cardiaque de Mme Gitego », confirme-t-il.

Le cas de la jeune femme n’est pas tout à fait rare. Selon le Dr Sénéchal, il y aurait eu 20 000 hospitalisations en 2016 reliées aux boissons énergisantes aux États-Unis seulement.

Surdose de caféine

À partir de 2012, Jasmine Gitego se gardait très occupée. Entre le travail et sa vie personnelle, elle se sentait submergée.

J’avais tellement de choses à gérer que je ne prenais plus le temps de m’arrêter pour manger ou pour me faire un sandwich. Jasmine Gitego

Sa consommation pouvait équivaloir à plusieurs centaines de milligrammes de caféine par jour.

« Les dosages donnés sur l’emballage sont minimaux, il y en a probablement davantage », ajoute le médecin.

La caféine contenue dans le guarana n’est habituellement pas comptabilisée.

Santé Canada recommande de ne pas dépasser 400 mg de caféine par jour, avertissant aussi que les femmes en âge de procréer seraient plus vulnérables aux effets de la substance.

Selon ce qu’explique le cardiologue, la caféine augmente la pression artérielle et à plus haute dose, elle peut mener à des dommages au niveau de la circulation sanguine et du muscle du coeur.

Grand choc

Avec un coeur mécanique, Jasmine Gitego a été contrainte à transformer sa vie.

Celle qui avait sa propre entreprise d’extension capillaire a dû complètement arrêter de travailler et même retourner chez ses parents.

Elle doit maintenant doser ses efforts. L’appareil est plutôt lourd et les batteries qui l’alimentent doivent être surveillées de près.

Jasmine Gitego montre l'appareil externe qu'elle porte dans un sac mis en bandoulière

Le cœur mécanique doit être alimenté par un appareil externe que Jasmine Gitego doit porter avec elle en tout temps. Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Seuls 10 % des patients avec un coeur mécanique récupèrent suffisamment pour pouvoir se le faire retirer.

Jasmine Gitego peut espérer une rémission. « Avec les derniers résultats, nous sommes très optimistes sur la possibilité d’enlever son coeur mécanique », indique Mario Sénéchal.

Le cardiologue croit même qu’elle pourrait récupérer complètement ses fonctions cardiaques, sans séquelles.

Le cardiologue Mario Sénéchal montrant le fonctionnement du cœur mécanique sur un modèle de cœur humain.

Le cœur mécanique ne remplace pas le cœur, il sert plutôt de soutien en pompant le sang d’une vésicule à l’autre. Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Pour la femme de 27 ans, pas question de reprendre à l’identique sa vie d’avant. Jasmine Gitego est consciente de la chance qu’elle a eue d’avoir pu se faire prendre en charge à temps.

Sa grande mésaventure l’a convaincue de ne plus jamais boire de boissons énergisantes.

« La douleur en me réveillant de l’opération était épouvantable, c’était encore plus une punition. C’est la raison pour laquelle même du café, je n’en bois plus », s’exclame la jeune femme.

Elle songe à retourner aux études, en thanatologie peut-être.

Que faire des boissons énergisantes?

Il y aurait plus de 200 sortes de boissons énergisantes sur le marché. Selon Dr Sénéchal, ces produits à l’allure presque inoffensive peuvent être dangereux tant dans leur consommation ponctuelle que dans leur consommation chronique.

Ces boissons sont particulièrement populaires chez les jeunes.

« Environ 25 % des jeunes de 12 à 20 ans en consomment régulièrement, alors c’est vraiment fréquent », souligne le médecin.

Jasmine Gitego ne faisait pas exception.

« Quand j’avais 16 ans, j’en buvais déjà parce que je n’aimais pas le goût du café », témoigne-t-elle.

Ce qui est clair pour moi, c’est que les jeunes ne devraient pas consommer de boisson énergisante et les adultes devraient le faire de façon modérée. Le Dr Mario Sénéchal

La situation pourrait changer au Québec. En novembre, le bureau du coroner du Québec a émis la recommandation d’encadrer la vente de ces boissons.

Quelques gouvernements ont déjà décidé de prendre les choses en main. En ce moment, dans l’état de l’Indiana, un projet de loi sénatoriale propose d’interdire la vente de boissons énergisantes au moins de 18 ans.

Pour leur part, Jasmine Gitego et son cardiologue sont aussi catégoriques. Les boissons énergétiques devraient tout simplement être interdites pour les moins de 18 ans.

« Les gens ne sont pas conscients des dangers », affirme Jasmine Gitego.

Avec les informations de Nicole Germain

https://ici.radio-canada.ca/

Le Saviez-Vous ► Le café: ses effets positifs et négatifs selon la science


Boire du café à de bons et mauvais côtés, il faut quand même être raisonnable sur la quantité ingurgité (sans oublier que la caféine est présente dans certaines boissons et aliments). Même si on dit que cela peut aider à diminuer le cancer de la peau, si on ne se protège pas du soleil, café ou pas, les risques sont grands
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Le café: ses effets positifs et négatifs selon la science

JASON REED / REUTERS

Ouf, le café ne serait pas cancérogène, nous pouvons reprendre notre routine matinale.

D’après une étude de l’Organisation mondiale de la santé, en boire ne favoriserait pas le développement de tumeurs malignes, c’est la température de la boisson qui est en cause. Une boisson chaude, café ou autre, consommée à 65°C ou plus serait « probablement cancérogène ».

Alors, est-ce bien raisonnable de boire du café à température ambiante? À en croire l’OMS, cela ne favoriserait en tout cas pas l’apparition d’un cancer. Mais la boisson chaude adorée des Français a bien autres effets sur la santé, certains néfastes, d’autres très positifs.

Commençons par les mauvaises nouvelles.

Boire du café augmenterait les risques d’infarctus et le cholestérol

Une étude publiée en 2006 dans la revue JAMA montrait que la consommation de cette boisson pourrait favoriser le cholestérol et augmenter les risques de faire un infarctus.

Les personnes ayant une tension élevée devraient aussi, selon cette étude, limiter leur consommation de café à 3 tasses par jour pour ne pas empirer la situation.

Boire du café entraînerait tachycardie, énervement, problèmes de sommeil

Globalement, les scientifiques s’accordent à dire qu’au-delà de 400 mg de caféine ingurgitée par jour, on peut aussi se sentir nerveux, sentir quelques tremblements, faire de la tachycardie.

Selon une étude de 2013 de chercheurs de l’hôpital Henry-Ford de Detroit (États-Unis), boire du café, et ce n’est pas une surprise, pourrait empêcher certaines personnes de dormir.

« Une dose de caféine de 150 mg, prise une demi-heure avant le coucher a pour effet d’allonger beaucoup la période d’endormissement, de réduire notablement la durée du sommeil, mais aussi d’agir sur d’autres éléments de l’architecture du sommeil, en particulier en réduisant le temps consacré aux stades les plus profonds du sommeil à ondes lentes, les plus réparateurs », selon le professeur Jean Costentin interrogé par Le Figaro.

Boire du café serait dangereux pour le fœtus

Femmes enceintes, faites attention. En 2015, l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) mettait en garde sur la consommation de plus de 400 mg de caféine par jour, soit plus de quatre expressos. Selon cette agence, cette dose est trop importante pour les femmes enceintes, qui devraient limiter leur consommation à 200 mg par jour si elles veulent éviter que celle-ci ait des effets négatifs sur le fœtus.

Mais dans cette étude, ce sont surtout les boissons énergisantes et les sodas qui étaient incriminés.

Voilà pour les potentiels aspects négatifs du café.

 Mais heureusement, celui-ci a plus d’un tour dans son sac, et la science n’a cessé, ces dernières années, de vanter certains de ses bienfaits.

Le café protégerait le foie des cirrhoses

Deux tasses de café par jour pourraient être bonnes pour les fonctions hépatiques, selon une étude publiée en 2016 dans la revue Alimentary Pharmacology and Therapeutics.

Les chercheurs, qui ont étudié les données médicales de près de 500.000 profils de 6 pays différents, ont montré que les buveurs modérés de café avaient moins tendance à développer des cirrhoses dues à l’alcoolisme ou à des maladies comme l’hépatite C.

Le café est la première source d’antioxydants

Selon une étude datant de 2005, « aucun aliment n’arrive à la cheville » du café en matière d’antioxydants.

Certes, les fruits et légumes sont eux aussi extrêmement riches en la matière, mais il semble que le corps humain absorbe beaucoup plus d’antioxydants à partir du café.

Le seul fait de sentir le café peut avoir un effet déstressant

Des chercheurs de l’université nationale de Séoul ont examiné le cerveau de rats en état de stress (provoqué par un manque de sommeil) et ont découvert, dans le cerveau des sujets exposés à des arômes de café, que les protéines liées au stress réagissaient.

Pour information, cette étude sur l’arôme n’est pas liée au stress à proprement parler, mais au stress provoqué par un manque de sommeil. On ne peut donc pas vous conseiller avec certitude de garder un sac de grains de café torréfiés sur votre table de chevet, mais rien ne vous empêche d’essayer.

Le café réduirait les symptômes de la maladie de Parkinson

Selon un article de la revue ScienceDaily, paru en 2012, boire du café aiderait les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à contrôler leurs mouvements. Ronald Postuma, auteur de l’étude, a déclaré:

« Des études ont déjà démontré que les consommateurs de caféine sont moins enclins à développer la maladie de Parkinson, mais il s’agit là d’une des premières études concluant que la caféine peut être un remède pour les personnes déjà atteintes de la maladie. »

Le café réduirait les chances de développer un cancer de la peau (si vous êtes une femme)

L’hôpital Brigham and Women de Boston et l’école de médecine d’Harvard ont suivi 112.897 hommes et femmes sur une période de plus de 20 ans et, selon leurs conclusions, les femmes buvant au moins trois tasses de café par jour sont beaucoup moins enclines à développer un cancer de la peau que celles qui n’en boivent pas.

Le café réduirait les risques de diabète de type 2

Le café réduit aussi les risques de diabète de type 2, selon une étude de l’institut American Chemical Society. Les chercheurs ont découvert que les personnes buvant au moins quatre tasses de café par jour réduisaient de 50% leurs chances de développer un diabète de type 2. Par la suite, avec chaque tasse supplémentaire, le risque est encore réduit de 7%.

Boire du café permettrait de préserver la santé de votre cerveau plus longtemps

Des chercheurs de l’université de Floride sud et de l’université de Miami ont découvert que les personnes âgées de plus de 65 ans avec un taux de caféine élevé dans le sang contractaient la maladie d’Alzheimer en moyenne deux à quatre ans plus tard que les personnes dont le taux de caféine est moins élevé.

Le docteur Chuanhai Cao, neuroscientifique à l’université de Floride sud et co-auteur de l’étude, a déclaré:

« Nous ne disons pas qu’une consommation modérée de café est en mesure de protéger complètement une personne de la maladie d’Alzheimer. Cependant, nous sommes fermement convaincus que cela peut réduire de manière significative les risques de maladie d’Alzheimer ou retarder son approche. »

Que conclure de toutes ces différentes études? Comme de nombreux aliments, le café n’a pas d’incidence sur la santé, s’il est consommé de façon modérée. Vous pouvez donc continuer à consommer votre boisson préférée, dans le doute, à moins de 65°.

Ce texte a été publié originalement dans le HuffPost France.

https://quebec.huffingtonpost.ca/

Caféine et alcool ne font pas bon ménage


Des boissons énergétiques visent une clientèle jeune. Cette boisson combine alcool et caféine qui semble donner plus d’énergie, pourtant, ils peuvent avoir des comportements a risque comme conduire. Dépendant de la rapidité et la quantité qu’une boisson boit ces boissons énergétiques cela peut amener à un coma éthylique
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Caféine et alcool ne font pas bon ménage

 

On voit deux jeunes personnes dans une ruelle, le soir, en train de consommer une boisson dans des verres en plastique.

Mélanger alcool et caféine peut poser un risque. Photo : Radio-Canada

L’arrivée récente sur le marché de boissons alcoolisées aromatisées au guarana ou le mélange maison de boissons énergisantes caféinées et d’alcool inquiète les médecins et les autorités de la santé publique. En quoi ce mélange caféine et alcool peut-il poser un risque?

Un texte d’André Bernard, de Découverte

Tous ceux et celles qui ont fait l’expérience de consommer de l’alcool le savent. À un certain stade de la consommation, l’alcool émousse la vivacité du buveur. Or, ce n’est pas le cas en début de consommation. Dans la phase ascendante de la consommation, l’alcool a un effet stimulant : il agit sur la dopamine et c’est à ce stade de la consommation que la caféine peut avoir un effet plus marqué.

La consommation simultanée de caféine avec l’alcool va avoir un double effet stimulant au début de l’intoxication et va, en quelque sorte, « énergiser » le consommateur pour finalement l’amener à consommer plus d’alcool. Dr Martin Laliberté, urgentologue et toxicologue médical au Centre universitaire de santé McGill (CUSM)

On voit à gauche des canettes de boissons énergisantes et à droite un mélange maison avec de l'alcool versé dans des verres en plastique.

Mélanges de boissons énergisantes caféinées et d’alcool Photo : Radio-Canada

Selon le Dr Laliberté, le buveur va avoir le sentiment qu’il a plus d’énergie et que l’expérience en elle-même est plus agréable. Cette sensation s’expliquerait en partie par l’effet de la combinaison au niveau de l’activité dopaminergique du cerveau.

Et le résultat final, c’est que le nombre de consommations prises sur une période de temps va être supérieur. Le désir d’avoir une deuxième puis une troisième consommation va être plus grand. Dr Martin Laliberté

Des études ont montré que certains adeptes du mélange alcool-caféine percevaient un niveau d’éveil plus grand, au point de croire qu’ils étaient moins intoxiqués qu’ils ne l’étaient en réalité; ce qui pouvait les mener à adopter des comportements plus à risque, comme conduire.

C’est en partie sur la base de ces recherches que Santé Canada a proscrit la vente de versions alcoolisées de boissons énergisantes caféinées. Une mise en garde sur ces contenants indique d’ailleurs « ne pas mélanger avec de l’alcool ». Toutefois, cela n’empêche pas les mélanges maison d’alcool et de boissons énergisantes caféinées.

Quant aux boissons alcoolisées aromatisées au guarana, Santé Canada en autorise la vente, parce qu’elle juge que l’ajout d’un arôme de guarana, qui contient naturellement de la caféine, présenterait des teneurs en caféine peu susceptibles d’avoir des effets stimulants chez l’ensemble de la population. Par contre, ce qui préoccupe les médecins dans ces boissons-ci, c’est leur teneur élevée en alcool (jusqu’à 11,9 %) et la taille des contenants, jusqu’à 700 millilitres.

On voit des canettes de cinq boissons alcoolisées, aromatisées au guarana.

Boissons alcoolisées, aromatisées au guarana Photo : Radio-Canada

Risque de coma éthylique

Dans un cas comme dans l’autre, le risque potentiel perçu par les médecins est une intoxication à l’alcool. Elle peut, dans certains cas, conduire le consommateur d’alcool à un coma éthylique; une condition qu’on peut atteindre plus rapidement qu’on pense.

Le coma éthylique dépend de la rapidité de la consommation et de la teneur d’alcool. Donc, si on ingère rapidement une consommation, le taux d’alcool dans le sang va monter rapidement et on va atteindre le coma éthylique plus rapidement. Dr Antonio D’Angelo, urgentologue et chef de l’urgence au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine

Le coma éthylique est un état grave durant lequel nos facultés sont graduellement affectées. La personne est alors plus ou moins consciente, sa tension artérielle chute, la température de son corps s’abaisse, ses muscles perdent de leur tonus et parfois, quand l’alcool est mélangé au stimulant, le cœur palpite.

Le système nerveux central va être un peu plus déprimé et la personne est à risque de ne plus pouvoir protéger ses voies respiratoires. Dr Antonio D’Angelo

Durant un épisode de coma éthylique, l’amplitude du mouvement de la cage thoracique est moins grande et la respiration est moins profonde; la personne est à risque de s’étouffer, en vomissant, ou de subir une auto-intoxication.

On s’oxygène moins et on diminue notre ventilation. Le taux de CO2 dans le corps va augmenter et ça va ajouter à notre coma. Dr Antonio D’Angelo

Bien que le coma éthylique soit un état sérieux, il est relativement facile à traiter, une fois admis à l’hôpital. Le danger, c’est qu’une personne souffrant d’un coma éthylique soit laissée à elle-même. Son état peut parfois avoir des conséquences fatales si elle n’est pas conduite à l’urgence.

C’est pourquoi les médecins et les autorités de la santé publique militent pour un meilleur contrôle de ces boissons, d’autant plus qu’elles visent souvent une clientèle de jeunes adultes.

http://ici.radio-canada.ca

Les ados sont fous de Four Loko, à tort!


C’est la deuxième fois que j’ai un billet sur le Four Loko, une boisson énergisante fort en alcool et en sucre. (le sucre cache le goût de l’alcool qui équivaut 4 verres de vin dans une seule canette.). Une nouvelle marque est sur le marché québécois le FCKD UP qui en plus contient de la caféine. Le plus surprenant le mélange des trois est interdit au Canada, et pourtant, ils sont vendus dans des commerces. Malheureusement, les adolescents en sont friands et peut provoquer des palpitations, tremblement et pire un coma éthylique
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Les ados sont fous de Four Loko, à tort!

 

JOE RAEDLE VIA GETTY IMAGES

Elles pourraient vous envoyer directement aux urgences.

Les boissons énergisantes ont la cote chez les adolescents, malgré les dommages qu’elles peuvent causer à la santé. Mais qu’en est-il lorsque de l’alcool est ajouté à ce cocktail explosif?

Composées d’eau carbonisée, de sucre, d’arômes naturels et artificiels et de colorant, les boissons Four Loko affichent aussi une teneur en alcool à 11,9 %. Vendues en canettes de 568 ml, c’est l’équivalent de quatre verres de vin, en plus d’une teneur en sucre correspondant à 13 cuillères à thé. Mais il y a pire : la nouvelle marque québécoise FCKD UP ajoute de la caféine (sous forme de guarana) à sa boisson. Méchant trio ! Il faut savoir que la guarana contient naturellement de la caféine. Et il est pourtant interdit de vendre des mélanges d’alcool et de caféine au Canada. Manifestement, il vaudrait revoir la rigueur des lois canadiennes.

Ce qui inquiète simultanément, c’est la popularité de ces boissons. Même si ses fabricants respectent les normes d’étiquetage et les règlements concernant l’âge légal pour consommer de l’alcool, son réel public cible est habituellement plus jeune. Bien souvent, il ne connaît pas du tout sa tolérance à l’alcool. Pour cause, de plus en plus de cas de coma éthylique ou d’hospitalisations causées par une ingestion plus ou moins importante de ces boissons font les manchettes. TVA Nouvelles rapportait d’ailleurs en début de semaine qu’une jeune femme de 20 ans était tombée dans le coma après avoir bu une seule canette de Four Loko.

En matière de sucre, un contenant de Four Loko ou de FCKDUP contient plus que la limite quotidienne à ne pas dépasser selon les plus récentes recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soit l’équivalent de 12 cuillères à thé de sucres libres par jour pour un adulte moyen. Pour les enfants, l’OMS recommande même de viser un apport maximal de 5 % de l’énergie totale, ou l’équivalent de 6 cuillères à thé par jour. De plus, le sucre et les saveurs masquent le goût de l’alcool. Pas étonnant que cela encourage les jeunes adultes à en consommer jusqu’à plus soif.

Les adolescents sont les plus grands consommateurs de boissons sucrées au pays. Selon la Coalition québécoise sur la problématique du poids, les garçons de 14-18 ans en consomment en moyenne un demi-litre (500 ml) par jour. Les filles du même âge en consomment en moyenne un tiers de litre ou l’équivalent d’une canette par jour. Et cela ne tient même pas compte de leur apport en jus de fruits. Ça fait beaucoup de sucre!

Étant donné la teneur en alcool importante – et de caféine dans le cas des boissons FCKDUP – de ces boissons, cela entraine son lot d’effets secondaires : palpitations cardiaques, tremblements, perte de conscience, coma éthylique… Et puisque ce type de boisson est souvent indirectement publicisé auprès des jeunes adultes, il est urgent d’agir collectivement pour éviter qu’elles ne causent davantage de dégâts.

http://quebec.huffingtonpost.ca

De nouvelles études démontrent les effets secondaires des boissons énergisantes


Plus on fait des études sur les conséquences de boires des boissons énergisantes sur les jeunes, plus il serait important qu’ils ne soient pas aussi accessibles. Il semble plus les jeunes boivent régulièrement ces boissons, il y a des risques de dépendance à l’alcool ou la drogue quelques années plus tard. De plus, il est démontré que des maladies cardiovasculaires avaient un lien avec les boissons énergisantes.
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De nouvelles études démontrent les effets secondaires des boissons énergisantes

 

Les jeunes boivent de plus en plus de boissons énergisantes comparativement aux précédentes générations, et ils sont plus sujets à l’alcoolisme et à la toxicomanie.

C’est ce qu’affirme une étude de l’Université du Maryland publiée un peu plus tôt ce mois-ci.

Nous sommes quasiment tous conscients des dangers et des risques pour la santé qu’entraine une consommation régulière de boissons énergisantes.

Le rapport de 2014 de l’Organisation mondiale de la Santé indique qu’« une consommation accrue de boisson énergisante peut nuire à la santé publique, particulièrement chez les jeunes.»

Un peu plus tôt cette année, un jeune américain de 16 ans est mort d’une overdose de boissons caféinées et énergisantes.

Il semblerait qu’en fin de compte, consommer ce produit n’est pas bénéfique pour vous.

Une nouvelle étude conduite par des chercheurs au Centre de recherche pour la santé et le développement des jeunes adultes de l’Université du Maryland expose maintenant des faits encore plus inquiétants concernant cette boisson si populaire chez les jeunes.

Les chercheurs affirment que la boisson n’est que pas néfaste pour votre santé, mais les jeunes qui en boivent régulièrement peuvent développer une forme de dépendance à l’alcool ou la drogue plus tard dans la vie.

L’étude a été publiée dans le journal médical Dépendance à la Drogue et l’Alcool.

© Flickr/AustinKirk

Pendant quatre ans, les chercheurs ont suivi 1,100 étudiants ainsi que leur consommation de boissons énergisantes tout ce temps-là.

51.4 pour cent des participants étaient des consommateurs réguliers de boisson énergisante en grande quantité, alors que 20.6 pour cent ne prenaient aucune forme de boissons énergisantes.

17.4 pour cent étaient des buveurs occasionnels, alors que 10.4 pour cent en consommaient très peu et ce nombre diminuait au fils des années lors de l’étude.

L’une des conclusions auxquelles sont parvenus les chercheurs c’est que les jeunes qui consommaient les boissons énergisantes en grande quantité avaient plus de risques de consommer des stimulants de façon abusive et seraient plus sujets à l’alcoolisme.

Cela pourrait démontrer qu’à l’ avenir, les boissons énergisantes devraient tomber dans la même catégorie que le tabac et l’alcool.

Selon le journal canadien de la Cardiologie, les études ont également démontré que les maladies cardiovasculaires étaient grandement associées aux boissons riches en caféine.

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que les boissons énergisantes devraient être catégorisées au même titre que la cigarette ou l’alcool et être tenues loin de nos enfants ?

 

http://fr.newsner.com

Les boissons énergisantes affaibliraient le cœur


Les boissons énergisantes sont nocives et on ne le répètera pas assez et les études continuent à démontrer encore les côtés néfaste avec une seule cannette de cette boissons caféiné sur le coeur
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Les boissons énergisantes affaibliraient le cœur

 

Les boissons énergisantes sont de plus en plus banalisées. Des études de plus en plus nombreuses les accusent pourtant d’être mauvaises pour la santé et notamment pour le cœur. © Tim RT, Flickr, cc by nd 2.0

Les boissons énergisantes sont de plus en plus banalisées. Des études de plus en plus nombreuses les accusent pourtant d’être mauvaises pour la santé et notamment pour le cœur. © Tim RT, Flickr, cc by nd 2.0

Par Agnès Roux, Futura

 

Aux États-Unis, un adolescent de 16 ans est décédé d’un arrêt cardiaque semble-t-il parce qu’il venait de boire trois boissons fortement caféinées en un temps très court dont une « énergisante », comme l’ont montré des analyses, révélées ce 16 mai 2017.

À plusieurs reprises, comme nous le rappelions en 2013, les boissons énergisantes ont été associées à des risques de problèmes cardiaques. Grâce à l’imagerie par résonance magnétique, des chercheurs allemands avaient observé l’effet de ces boissons sur le cœur. Leurs résultats avaient de quoi renforcer les méfiances.

Les  boissons énergisantes existent depuis plusieurs décennies mais ont connu un véritable essor ces dernières années. Comme leur nom l’indique, elles procurent un regain d’énergie, le plus souvent grâce à plusieurs substances psychoactives qui favorisent l’attention et la concentration et réduisent la sensation de fatigue. Elles sont différentes des  boissons dites énergétiques qui apportent les nutriments nécessaires pour effectuer une performance sportive.

Depuis quelque temps déjà, les autorités sanitaires s’inquiètent des effets d’une ingestion trop importante de certains des composés présents dans les boissons énergisantes, dont la caféine et la taurine qui, à fortes doses, pourraient provoquer des  troubles cardiaques ou des anxiétés.

Le cœur fait circuler le sang dans l’organisme et apporte aux cellules les nutriments et l’oxygène dont elles ont besoin. Il est important de le ménager, en n'abusant pas des boissons énergisantes par exemple. © Gordon Museum-Wellcome Images, Flickr CC by nc-nd 2.0

Le cœur fait circuler le sang dans l’organisme et apporte aux cellules les nutriments et l’oxygène dont elles ont besoin. Il est important de le ménager, en n’abusant pas des boissons énergisantes par exemple. © Gordon Museum-Wellcome Images, Flickr CC by nc-nd 2.0

Une à une, les institutions dénoncent les dangers d’une consommation excessive de ce type de boissons, en particulier lorsqu’elles sont associées avec de l’alcool. C’est maintenant le tour d’une équipe de l’université rhénane Frédéric-Guillaume de Bonn, en Allemagne. Ses travaux, présentés lors du congrès annuel de la Radiological Society of North America (RSNA), montrent les conséquences de l’absorption d’une seule canette sur le cœur.

Un cœur un peu moins contractile après une boisson énergisante

« Plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence un lien entre la consommation de boissons énergisantes et les problèmes cardiaques, explique Jonas Dörner, le directeur de cette recherche. Mais aucune n’a montré quels effets elles avaient sur l’activité du cœur. »

Avec son équipe, il s’est donc attelé à cette tâche. Grâce à des techniques d’imagerie par résonancemagnétique (IRM), les scientifiques ont pu observer l’ activité cardiaque de 15 participants en bonne santé, âgés en moyenne de 27 ans et demi. Ils ont réalisé des images du cœur avant puis une heure après l’absorption d’une boisson énergisante contenant 400 mg / 100 ml de taurine et 32 mg / 100 ml de caféine.

En regardant les clichés du cœur, les auteurs ont observé une augmentation de la tension cardiaque dans le ventricule gauche après la consommation de la boisson énergisante. Cette partie du cœur reçoit le sang oxygéné des poumons et l’envoie dans l’aorte qui, à son tour, le distribue dans le reste du corps. Cependant, les chercheurs n’ont pas observé de différences dans le  rythme cardiaque, la pression sanguine ni dans le taux de sang pompé par le ventricule gauche. En revanche, le cœur est devenu un peu moins contractile suite à la consommation du breuvage.

« Des études supplémentaires sont maintenant nécessaires pour comprendre ce mécanisme et déterminer combien de temps il dure, indique le chercheur. Nous voulons également évaluer l’effet d’une consommation régulière de ces boissons énergisantes sur l’activité cardiaque. »

Pour l’heure, les auteurs recommandent aux enfants et aux personnes fragiles de s’abstenir de consommer de tels produits.

http://www.futura-sciences.com

La nouvelle potion magique


Au temps qu’on disait que la cigarette était bonne pour nous, on y voyait même un côté thérapeutique, il semble que ce se soit une histoire similaire avec les boissons énergisantes.
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La nouvelle potion magique

 

Avec des revenus se chiffrant en milliards de dollars, le marché des boissons... (ILLUSTRATION LA PRESSE)

ILLUSTRATION LA PRESSE

La nouvelle potion magique

 

 

HUGO MEUNIER
La Presse

Avec des revenus se chiffrant en milliards de dollars, le marché des boissons énergisantes connaît une croissance phénoménale chaque année. Environ 200 marques se fraient un chemin jusqu’aux étalages des supermarchés canadiens. Mais une grande part d’inconnu entoure ces populaires canettes; certains effets secondaires potentiellement graves forcent plusieurs intervenants à sonner l’alarme. Que sait-on au juste de ces nouvelles potions?

Mars 2008. Une Canadienne de 12 ans d’à peine 80 lb est transportée d’urgence à l’hôpital. Victime d’une surdose intentionnelle après avoir consommé plusieurs boissons de marque Red Bull, elle doit subir un lavage gastrique.

Outre cette tentative de suicide inusitée, les boissons énergisantes pourraient être liées à des effets indésirables observés chez 75 Canadiens entre 1999 et 2013, selon des chiffres fournis par Santé Canada. L’issue de trois de ces cas déclarés était la mort. Une trentaine d’effets indésirables signalés à Santé Canada étaient graves, selon le Rapport du groupe d’experts sur les boissons énergisantes caféinées publié en 2010. Insomnie, paranoïa, arythmie, palpitations, hypertension, crise cardiaque: la liste des symptômes est longue. Sept des trente-deux patients avec des effets secondaires graves étaient adolescents. Les dossiers de trois des individus, dont deux sont morts, n’ont pas pu être évalués en raison de renseignements incomplets.

Ces cas ne suffisent toutefois pas à prouver hors de tout doute que les boissons énergisantes sont néfastes pour la santé. Après tout, les fabricants vendent un produit tout à fait légal et prennent bien soin d’afficher des mises en garde conseillant aux usagers de limiter leur consommation.

Santé Canada a d’ailleurs modifié en janvier 2013 sa règlementation sur le contenu en caféine et l’étiquetage des boissons énergisantes. D’abord classées dans la catégorie «produits naturels» – et à l’abri des réglementations -, elles sont maintenant considérées comme des aliments. Le tableau de la valeur nutritive est dorénavant obligatoire sur les canettes, et l’Agence canadienne d’inspection des aliments est aussi mise à contribution.

Une façon de mieux contrôler ces produits et leur contenu, justifie Santé Canada.

Comme la cigarette?

Ces pas dans la bonne direction n’empêchent pas de nombreux médecins et intervenants d’être inquiets. Plusieurs d’entre eux font le parallèle avec la cigarette.

Au milieu des années 90, le coureur automobile québécois Jacques Villeneuve portait fièrement les couleurs des cigarettes Player’s, son principal commanditaire. Aujourd’hui, personne n’oserait imaginer qu’un athlète soit commandité par un fabricant de cigarettes, mais l’écurie Red Bull domine le championnat de F1 depuis plusieurs saisons. L’histoire du tabac se répétera-t-elle avec les boissons énergisantes?

«Souvenez-vous, ça a pris 20 ans avant qu’on démontre que le tabac est mauvais pour la santé. Alors on verra dans 20 ans ce que les études sur ces boissons vont nous dire», souligne le Dr Paul Poirier, de l’Institut de cardiologie de l’Université Laval.

Car un immense point d’interrogation demeure quant aux effets néfastes de ces produits à forte teneur en caféine et en taurine. D’autant que le phénomène est jeune et que la littérature scientifique l’entourant est encore très abstraite.

Le cardiologue québécois Paul Poirier planche présentement sur un doctorat sur les effets des boissons énergisantes sur la santé, en plus d’être régulièrement interpellé aux quatre coins du globe sur le sujet.

Prudent, il indique qu’à l’heure actuelle, aucune étude ne prouve que les boissons énergisantes minent la santé.

«Rien ne me dit que ça augmente la tension artérielle ou rend des patients cardiaques», précise le médecin, qui enseigne aussi à la faculté de la pharmacie, en plus d’être engagé dans le milieu sportif, où les boissons se boivent comme du petit lait.

En revanche, ces produits sont soupçonnés de jouer un rôle dans l’émergence de divers symptômes. Le Dr Poirier le constate dans sa pratique: de jeunes patients en proie à des palpitations sont de plus en plus nombreux à pousser les portes des urgences.

Des médecins commencent aussi à considérer la consommation de ces boissons dans la liste de questions à poser aux patients ou à leurs proches. Et des coroners tiennent maintenant compte de ce phénomène lors des autopsies.

Avant qu’il ne soit trop tard

Mais pourquoi faut-il attendre le pire avant d’agir? peste Martine Dubois. Cette résidante de Sainte-Sophie-d’Halifax, dans le Centre-du-Québec, croit dur comme fer que la «popote» – une mixture maison composée d’alcool et de boissons énergisantes – a joué un rôle dans la mort de Jonathan, son fils de 27 ans qui s’est affaissé subitement sur les genoux de sa blonde lors d’un trajet en voiture en 2012.

Le coroner a classé la cause du décès comme indéterminée.

«J’ai peur que ça fasse comme le tabac et que ça prenne 50 ans avant de réaliser que c’est néfaste. C’était cool avant de fumer la cigarette. Aujourd’hui, le jeune qui a sa canette, il est aussi cool», déplore Mme Dubois.

Selon la médecin de famille et membre de l’Association québécoise des médecins du sport, Alexandra Bwenge, Santé Canada fait néanmoins des efforts pour éviter une répétition du scénario de la cigarette.

«L’organisme a légiféré sur la quantité de caféine dans une boisson pour ne pas que ça soit trop, pour éviter les catastrophes chez les adultes qui ne seraient pas en bonne santé», explique la médecin.

Elle se dit davantage préoccupée par les produits qui échappent au contrôle de Santé Canada, comme les boissons 5-Hour Energy, des petites bouteilles de 58 ml souvent bien en évidence près des comptoirs de la plupart des détaillants.

«Ils sont contrôlés par la Loi sur les produits de santé naturels, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de contrôle sur les règlements et la quantité de caféine qu’on y retrouve», explique la Dre Bwenge.

Ces petites doses, classées dans la catégorie «stimulant» par Santé Canada, seraient liées à la mort de 13 Américains, selon des rapports compilés par la Food and Drug Administration. Le Toronto Star a pour sa part rapporté l’an dernier cinq cas où des Canadiens ont observé de sérieux effets secondaires après avoir consommé ces mêmes produits.

Dans les pharmacies

Directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal, le Dr Martin Juneau milite de son côté pour restreindre l’accès aux boissons énergisantes.

«On retrouve des présentoirs énormes dans des magasins et même dans des pharmacies. Il faudrait au moins avertir les jeunes et imposer des limites sur ces produits, parce que les quantités de caféine là-dedans sont énormes. C’est carrément dangereux», prévient le cardiologue, qui mène une croisade contre les boissons sucrées en général.

Un combat partagé par la Coalition québécoise sur la problématique de poids, qui exhorte en plus le gouvernement à imposer une taxe sur ces boissons pour augmenter leur prix.

«Une cinquantaine de villes ont aussi mis en place des mesures pour restreindre la vente dans leurs bâtiments», se réjouit la directrice de l’organisme, Corinne Voyer.

Shawinigan est au nombre de ces villes. En partie grâce à la lutte menée par Yves Plourde, dont le fils de 24 ans, Maxime, est mort en 2013. Comme Martine Dubois, ce père de famille est convaincu que les boissons énergisantes expliquent pourquoi ce gaillard de près de 2 m s’est écroulé sur le plancher du restaurant où il travaillait. Le jeune homme souffrait, à son insu, d’une malformation cardiaque mineure. Il consommait régulièrement des boissons énergisantes.

Après sa mort, Yves Plourde a fait circuler une pétition pour interdire ces produits aux mineurs. En vain. À l’heure actuelle, il n’existe pas d’âge minimum pour consommer ces produits.

Le combat de M. Plourde rejoint celui de l’Association médicale canadienne (AMC), qui s’est aussi prononcée en 2013 pour une interdiction de la vente des boissons énergisantes aux mineurs, comme pour le tabac et l’alcool.

L’enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire, menée en 2010-2011, révèle que 17 % des répondants consomment des boissons énergisantes deux fois ou plus par mois.

75 Nombre de déclarations d’effets indésirables rapportés à Santé Canada possiblement liés à la consommation de boissons énergisantes.

7 millions  Nombre de canettes de boissons énergisantes consommées par mois au Canada.

201  Nombre de marques de boissons énergisantes vendues au Canada.

«Complètement sûres», affirme l’industrie

 

Les boissons énergisantes sont «complètement sûres» lorsqu’on les consomme avec modération et dans les quantités recommandées par Santé Canada, affirme l’Association canadienne des boissons, qui compte parmi ses membres les entreprises Red Bull, Monster, Rockstar et Human Energy.

«C’est comme la vitesse sur l’autoroute. Si on dépasse les limites permises, c’est sûr que si on a un accident, il sera plus grave que si on les respecte», illustre le porte-parole de l’Association Martin-Pierre Pelletier.

Il cite à l’appui un rapport de Santé Canada sur l’évaluation des risques liés à la consommation des boissons énergisantes.

«La consommation quotidienne par la population adulte en général de deux portions d’une boisson énergisante typique serait sans danger et n’aurait donc pas de conséquences en matière de santé», conclut le rapport, dont les résultats ont été publiés en 2013 dans la Revue internationale d’analyse des risques alimentaires.

Le porte-parole émet aussi des réserves au sujet des dizaines de cas recensés à Santé Canada où des patients rapportent des effets indésirables liés à la consommation de boissons énergisantes.

«Les gens pouvaient aussi avoir consommé plein d’autres choses pour expliquer ces effets-là. C’est un peu tiré par les cheveux de faire le lien entre les deux.»

L’association réplique également aux médecins cités dans notre enquête, qui s’interrogent sur les effets combinés des ingrédients contenus dans une boisson énergisante.

«S’ils ont des inquiétudes à cet égard, je pense qu’on devrait faire des études en ce sens-là», résume Martin-Pierre Pelletier.

L’industrie des boissons énergisantes ne représente en rien une menace pour la santé publique, plaide donc son porte-parole, en soulignant qu’elle connaît chaque année une progression importante. M. Pelletier reconnaît cependant qu’une réflexion collective sur la consommation de caféine pourrait s’avérer utile.

«On parle beaucoup des risques associés aux calories, mais on devrait aussi mieux informer les gens sur la quantité de caféine permise par jour, qui ne devrait pas dépasser 400 milligrammes.»

La société Red Bull a décliné nos demandes d’entrevues, affirmant ne pas vouloir discuter publiquement de marketing et de ses stratégies d’affaires.

Chez Monster, personne n’a répondu à nos demandes d’entrevues par l’entremise de son site web.

Guru prend ses distances des «conventionnels»

La première boisson énergisante en Amérique du Nord a vu le jour à la fin des années 90, dans la cuisine d’un appartement à l’angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue Ontario.

Raymond Jolicoeur et son vieux camarade François Bazinet, après des centaines de tentatives infructueuses, venaient de trouver la recette de la boisson Guru. Aujourd’hui, l’entreprise emploie une vingtaine de personnes et connaît une forte croissance aux États-Unis.

Pour le cofondateur Raymond Jolicoeur, Guru doit son succès à sa liste d’ingrédients.

«Ils sont radicalement différents des autres marques. Nos ingrédients sont naturels et certifiés bios», explique l’entrepreneur.

Sans jeter la pierre aux Red Bull et Monster de ce monde, M. Jolicoeur se distancie de ces produits, qu’il qualifie de plus conventionnels. M. Jolicoeur ajoute qu’il cible une clientèle plus éduquée, en plus de prôner un marketing moins agressif.

Guru n’a rien à voir avec les effets néfastes liés aux boissons énergisantes rapportés à Santé Canada et dans notre enquête, assure l’entrepreneur.

«Nous n’avons pas de cas recensés chez Guru. Mais on sympathise avec les victimes et on reste à l’affût.»

«Ce qu’on observe, c’est que les comportements des consommateurs semblent à l’origine de ces cas, et non les produits», note-t-il.

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