Agressions sexuelles: le pouvoir des mots


Un autre sujet tabou qui fait beaucoup de ravages chez les victimes ..l’agression sexuelle.  Une étudiante en photographie donne une occasion aux victimes avec des photos et des mots d’extérioriser les paroles de leur bourreau. Est-ce une bonne méthodes … ? Je crois que oui, c’est un peu comme des groupes de rencontre .. mais si elle suit son projet, elle pourra ainsi évoluer avec l’aide de professionnelle pour aider ces femmes et quelques hommes a dépasser leur peur, leur rage intérieure
Nuage

 

Agressions sexuelles: le pouvoir des mots

 

Agressions sexuelles: le pouvoir des mots

«Arrête de lutter. Tu ne te fais que du mal.»

Photo: Grace Brown, tirée de Projectunbreakabletumbr.com

Sophie Allard
La Presse

Étudiante de 19 ans, Grace Brown photographie des personnes ayant été victimes d’agressions sexuelles qui présentent sur un carton les mots prononcés par leur agresseur. Lancé en octobre dernier, son blogue Project Unbreakable a fait beaucoup parler de lui. Le Time vient de l’inclure parmi les 30 blogues Tumblr à surveiller. Troublant.

Agressions sexuelles: le pouvoir des mots

 

«Est-ce que c’est bon?»

Photo: Grace Brown, tirée de Projectunbreakabletumbr.com

Jusqu’à aujourd’hui, Grace Brown a photographié une centaine de victimes d’agressions sexuelles. Surtout des femmes. Elle reçoit également des clichés qu’elle diffuse sur le web.

«Je reçois jusqu’à 100 courriels par jour de femmes qui souhaitent partager leur histoire, à visage découvert ou non», indique Grace Brown, jointe par téléphone à New York.

Le résultat donne des images choquantes, mais toujours empreintes d’une grande tristesse.

«Ferme tes yeux. Ça risque de faire mal un peu», a écrit sur son carton une participante âgée de 13 ans. D’autres ont écrit: «Je t’aime.» «J’ai tellement envie de te faire mal.» «On se revoit demain.» «Ferme-la salope.» «Un chèque contre ton silence?» «On reste amis, hein?» «Si tu parles, je me tue.»

«Je pense sincèrement que mon projet peut aider. Plusieurs survivantes n’avaient jamais partagé leur histoire auparavant. C’est un soulagement pour elles de s’ouvrir», dit Grace Brown,

qui a reçu des témoignages des États-Unis, du Canada, d’Australie et même d’Abou Dhabi. Certaines femmes s’effondrent en pleurs devant l’étudiante.

Au départ, Project Unbreakable devait être une expérience artistique. Grace Brown a photographié une amie et exposé la photo sur son blogue. Celle-ci a été reprise sur le blogue de l’auteure féministe Jessica Valenti et ça a fait boule de neige. La jeune femme se sent maintenant investie d’une mission sociale.

«Avec ce projet, je veux sensibiliser les gens à la réalité de l’agressions sexuelle. On connaît les statistiques, mais au-delà des chiffres, il y a des visages et des mots. Ces photos, ça nous touche en plein coeur», dit-elle.

Agressions sexuelles: le pouvoir des mots

«C’est un test. Si tu le dis à maman, on saura tous les deux qu’on ne peut pas te faire confiance.»

Photo: Grace Brown, tirée de Projectunbreakabletumbr.com

Tabou tenace

Selon Statistique Canada, 34% des Québécoises ont été victimes d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans.

«À peine 10% des victimes portent plainte. C’est encore très tabou, indique la sexologue Geneviève Parent, chargée de cours au département de sexologie de l’UQAM. On suggère souvent aux victimes d’agression sexuelle d’en parler, mais cela n’est pas bénéfique pour toutes. Certaines victimes sont prêtes à s’exprimer, d’autres non. Pour parler publiquement, on doit être avancé dans son cheminement. Sinon, il peut y avoir des répercussions négatives.»

Grace Brown reconnaît être dépassée par l’ampleur de son projet. En parallèle à ses études, la jeune femme consacre de 6 à 8 heures par jour au projet, surtout pour éplucher ses courriels, et trop peu à la photo.

«C’est beaucoup de travail. Ma famille commence à s’inquiéter», dit-elle en riant.

Mais elle veut en faire encore plus.

 «J’essaie maintenant de créer une organisation, avec une campagne de financement, pour m’adjoindre au moins une professionnelle qui pourrait répondre aux questions. On me demande souvent: «Pourquoi moi? Qu’est-ce que j’ai fait?» Je ne sais pas comment répondre, je les adresse à des professionnels, je n’ai pas les compétences.»

Grace Brown souhaite se concentrer sur ce qu’elle connaît: la photographie. Elle organise d’ailleurs des séances photo à Washington, à New York, dans le New Jersey et dans le Massachussetts, où elle a grandi. Elle présentera ce printemps quelques expositions sans prétention. Et à partir de cet été, elle compte voyager pour photographier des participantes jusqu’en Europe.

Agressions sexuelles: le pouvoir des mots

 

«Mets-toi sur tes putains de genoux.»

Photo: Grace Brown, tirée de Projectunbreakabletumbr.com

Pour sa part, Geneviève Parent reste un peu perplexe devant ce projet.

«Les intentions derrière ce site sont probablement bonnes, mais j’ai de la difficulté avec le fait qu’on axe sur les propos des agresseurs. Les victimes sont amenées à revivre les abus. Ne sont-elles pas ainsi «victimisées»?»

Pour Grace Brown, c’est plutôt une façon pour les survivantes «de reprendre le pouvoir des mots qui ont un jour été utilisés contre elles». Une façon de montrer qu’elles sont indestructibles.

projectunbreakable.tumblr.com

http://www.cyberpresse.ca/

Si tu m’aimes, donne-moi ton mot de passe!


Je pense pas que ce soit juste les jeunes qui donne leur mot de passe a l’élu de leur coeur, mais bien des adultes d’après ce que j’entends (ou lit) malheureusement cela peut occasionner des problèmes en cas de ruptures
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Si tu m’aimes, donne-moi ton mot de passe!

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On savait que les adolescents ont peu de pudeur en ligne. Mais l’amour à l’ère d’Internet exige une transparence absolue.

«Chéri(e), m’aimes-tu assez pour me donner ton mot de passe?»: la question se pose de plus en plus fréquemment chez les adolescents américains, selon un article du New York Times.

Et de nombreux jeunes répondent: «oui, je le veux».

Ainsi, des ados confient à leur tendre moitié le mot de passe de leur compte Facebook, Twitter et l’accès à leurs courriels.

«C’est un signe de confiance, explique une étudiante du secondaire au NY Times. Je n’ai rien à lui cacher et il n’a rien à me cacher.»

L’article affirme que la pression sociale pour partager son mot de passe avec son amoureux est similaire à celle imposée pour les relations sexuelles: si tu m’aimais vraiment, tu le ferais.

En fait, près d’un jeune sur trois a déjà partagé son mot de passe avec un ami ou un amoureux, selon une étude du Pew Internet American Life Project.

Chez les jeunes filles de 14 à 17 ans, la proportion grimpe à 47%.

Mais, bien sûr, les relations amoureuses et les amitiés se terminent parfois mal.

On imagine facilement qu’un amoureux (ou une amoureuse) blessé puisse changer le mot de passe de son ex pour contrôler sa page Facebook et ses courriels.

Rien ne l’empêche alors d’envoyer des messages calomnieux au nom de son ancienne petite amie.

Si elle peut nous étonner, cette tyrannie de la transparence est l’aboutissement logique d’une volonté des jeunes de tout partager en ligne.

Les jeunes veulent être vus, tout dire, tout montrer (incluant leurs conversations les plus personnelles) que ce soit sur Facebook, les blogues, YouTube, MySpace ou Twitter.

Peut-on les blâmer, quand les émissions de téléréalité les abreuvent de couples qui partagent leurs secrets (et parfois leurs ébats) au petit écran?

Et les vedettes ne sont pas en reste. On a récemment vu Kim Kardashian confier ses doutes à propos de son mariage à sa mère. Kim Kardashian qui est connue, rappelons-le, uniquement pour la diffusion d’une vidéo pornographique la mettant en scène avec le chanteur Ray-J et son émission de télé-réalité où elle dévoile les travers de sa famille.

Avec des exemples comme ceux-là…

Dans un texte très fouillé paru dans New York Magazine il y a quelques années, une journaliste affirmait que le débat vie privée Vs transparence représentait un fossé générationnel aussi important que celui créé par l’arrivée du rock n roll.

«Ils sont fous ces jeunes, avec leur musique du diable et leurs danses dépravées», disaient en substance nos grand-parents.

«Ils sont fous ces jeunes qui mettent leur photo sexy en ligne et qui partagent leurs moindres états d’âmes avec le reste du monde», disent les parents d’aujourd’hui.

En effet, ils sont fous ces jeunes.

Ou est-ce nous qui nous faisons vieux?

http://www.branchez-vous.com