Les secrets du blob, une espèce unicellulaire aux capacités étonnantes


Une cellule géante, qui n’a pas de cerveau, mais il serait intelligent. Elle se déplace si cela vaut le coup en raison d’un cm/h. Il est immortel, sauf si un escargot décide d’en faire son repas. Le blob lui se nourrit champignons, bactérie, des végétaux en décomposition, mais si il est cultivé, il ne dit pas non à des flocons d’avoine.
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Les secrets du blob, une espèce unicellulaire aux capacités étonnantes


Par Thibault Cealic

Ni un animal, ni un végétal… Le blob, ou physarum polycephalum, est un mystère que l’on pourra observer à partir du 19 octobre au Parc zoologique de Paris. Enquête sur cette cellule géante.

Ce n’est pas un animal ou un végétal, ni même un champignon ou une bactérie. Il est constitué d’une seule cellule et possède plus de 700 sexes différents. Vous voyez de qui nous parlons ? Du blob, bien sûr ! Cette étrange créature, qui doit son surnom à l’ethnologue Audrey Dussutour, est en tout point fascinante. Mais au fait, à quelle espèce appartient-elle ?

« C’est un myxomycète, explique Elisabeth Quertier, responsable pédagogique du parc. Il possède une cellule géante. Elle est visible à l’œil nu, ce qui est assez exceptionnel. »

F-G Grandin MNHN

Le blob vit dans les régions humides. Il est donc possible de l’observer dans le monde entier, que ce soit en Europe ou en Afrique. Mais pour l’apercevoir, il faut avoir l’œil ! L’espèce est plutôt du genre timide…

« On l’observe très peu parce qu’il vit dans les sous-bois, souvent sous des souches, sous des racines ou dans les écorces », ajoute Elisabeth Quertier.

Pourquoi le blob fascine les scientifiques

Autres particularités : malgré son absence de cerveau, le blob est capable d’intelligence (il sait trouver le chemin le plus court dans un labyrinthe) et doué de mobilité (il peut se déplacer à raison d’un centimètre par heure).

« S’il y a de la nourriture qui l’intéresse, il ira explorer et se déplacera. S’il n’y a rien qui l’intéresse, il restera statique. »

Le blob est également immortel. Enfin… en théorie.

« Lorsqu’il y a trop de lumière où lorsqu’il qu’il fait trop chaud, il se rétracte et sèche. Il passera dans une forme de dormance. Il se réveillera lorsque les conditions dans lesquelles il vit seront plus favorables. Si les jardiniers lui mettent de l’eau dessus, alors il se réveillera. Dans cette forme-là, il peut donc être immortel », explique l’employée du parc. Et d’ajouter : « Mais immortel ne veut pas dire éternel ! Il peut, par exemple, se faire manger par des limaces. »

Côté régime alimentaire, le blob se nourrit des bactéries qu’il croise.

« Ça peut aller des champignons, aux mousses, en passant par les formes végétales en décomposition », précise Frédéric Geoffriau, jardinier au Parc Zoologique de Paris.

Lorsqu’il est en phase de culture (où d’élevage), les employés du parc le nourrissent de flocons d’avoine, qui favorisent son développement. S’occuper d’un blob demande de la patience ! Et ce n’est pas les jardiniers du parc qui nous contrediront.

« On n’a pas toujours le même spécimen le matin où le soir. Pour s’en occuper, il faut jouer avec lui, tout simplement. Il faut faire en sorte qu’il se déplace en l’appâtant dans un coin, en créant une sorte de petit réseau routier. L’idée, ce n’est pas qu’il se déplace le plus rapidement possible, mais qu’il se développe le plus visuellement possible », ajoute Frédéric Geoffriau.

On vous l’a dit : le blob est unique. Et il continue aujourd’hui de fasciner les scientifiques.

« C’est très difficile de savoir si le blob est un individu… On peut diviser un blob et en obtenir deux et inversement, explique Elisabeth Quertier. Les blobs remettent en question beaucoup de choses que nous pensions savoir sur l’intelligence, la reproduction… C’est pour cette raison que les chercheurs l’étudient et que nous l’exposons au zoo. »

Le Parc zoologique de Paris est d’ailleurs le seul zoo au monde à accueillir cette espèce.

https://www.geo.fr/

Le blob mémorise sans cerveau en absorbant des substances


Le blob est une créature bien bizarre, il est un organisme unicellulaire, il possède un système nerveux, mais pas de cerveau. Pourtant, il est capable de mémoriser et d’apprendre comment s’acclimater à un changement d’environnement. Cependant, il apprend seulement quand il est en fusion avec un autre blob.
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Le blob mémorise sans cerveau en absorbant des substances

 

Nathalie Mayer
Journaliste

Une cellule unique. Pas de cerveau. Le blob est un organisme singulier dont on a peine à croire qu’il est capable de mémoriser des informations. Pourtant des chercheurs montrent aujourd’hui qu’il y parvient en absorbant des substances présentes dans son environnement.

En anglais, le terme « blob » désigne une zone sans forme, un peu floue. Et pour les scientifiques, le blob est un organisme unicellulaire. De manière plus sérieuse, ils l’appellent Physarum polycephalum. Il est dépourvu de système nerveux. Mais le blob n’en est pas moins complexe. Les chercheurs le savent au moins depuis qu’ils ont découvert en 2016 que cet étrange organisme est capable d’apprendre et d’échanger des connaissances.

Comment ? La question demeurait sans réponse. Mais une observation faite par une équipe du Centre de recherches sur la cognition animale de l’université Paul Sabatier de Toulouse (France) apporte aujourd’hui une idée. Les blobs, en effet, n’échangent de l’information entre eux que lorsque leurs réseaux veineux fusionnent.

Des concentrations dix fois supérieures

Pour percer à jour le mécanisme d’apprentissage mis en œuvre, les chercheurs ont entraîné leurs blobs à évoluer dans des environnements salés. Six jours pour les habituer à la présence du sel, une substance normalement aversive pour ces sortes de moisissures visqueuses. Et lorsque les scientifiques ont analysé la concentration en sel au sein de ces blobs, ils ont découvert qu’elle était dix fois supérieure à celle mesurée dans des blobs témoins. Il n’aura ensuite fallu que deux jours dans un environnement neutre pour que les blobs excrètent ce sel et perdent ainsi la « mémoire » de cet apprentissage.

Ici, la fusion des réseaux veineux de deux blobs qui permet à l’un de transférer de l’information à l’autre. © David Villa, CNRS Photothèque

Ici, la fusion des réseaux veineux de deux blobs qui permet à l’un de transférer de l’information à l’autre. © David Villa, CNRS Photothèque

La substance aversive comme support de la « mémoire »

Pour confirmer le lien pressenti entre concentration en sel dans l’organisme et « mémoire » de l’apprentissage, les chercheurs ont ensuite injecté du sel directement dans les blobs. Ils ont pu observer que, deux heures plus tard seulement, ces derniers se comportaient alors comme les blobs qui avaient subi précédemment un apprentissage de six jours dans l’eau salée.

Par ailleurs, les chercheurs ont observé que lorsque les blobs entrent dans un état de dormance – c’est le cas lorsque les conditions environnementales se détériorent -, ils gardent la « mémoire », même un mois plus tard. Car pendant la phase de dormance, ils stockent le sel qu’ils ont absorbé pendant la phase d’apprentissage.

Ainsi, c’est peut-être bien la substance aversive elle-même qui constitue le support de la « mémoire » du blob. Reste à déterminer maintenant si le blob est capable de « mémoriser » plusieurs substances en même temps. Et dans quelle mesure il peut alors s’y habituer.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Le blob est dépourvu de cerveau.
  • Pourtant, il est capable de mémoriser des informations.
  • Et des chercheurs expliquent aujourd’hui comment les blobs procèdent : en absorbant des substances.

https://www.futura-sciences.com/

Nous avons fait grandir un blob fascinant en le nourrissant d’avoine


Des fois, la recherche donne parfois des actions surprenantes, comme cette chercheuse qui a fait grandir un organisme unicellulaire qu’on appelle un blob. Il semble que c’est l’odeur est nauséabonde, mais l’expérience démontre que cet organisme avec une seule cellule peut apprendre et avoir une mémoire malgré l’absence de cerveau. Ce sont ces veines qui font le travail. Les recherches sont prometteuses avec le blob pour les cancers .. donc à suivre
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Nous avons fait grandir un blob fascinant en le nourrissant d’avoine

 

BLOB

 

Le HuffPost  |  Par Annabel Benhaiem et Matthieu Balu

Ce n’est pas très ragoûtant un blob. C’est jaune, visqueux et ça ne sent pas la rose. Mais vivre avec finit par provoquer un certain attachement.

Le HuffPost France a partagé la vie d’un de ces organismes unicellulaires pendant un mois et quatre jours. Il nous a été donné par Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS [Centre national de la recherche scientifique] et l’une des rares spécialistes françaises de la question. Elle avait apporté des échantillons américains lors de l’Échappée volée, un événement réunissant les têtes pensantes et agissantes du futur.

Nous avons de suite mis notre nouvel ami dans une boîte en plastique transparent. Le lendemain, il avait doublé de volume. Le surlendemain, il avait quadruplé. Le jour suivant, il cherchait à s’étaler sur les bords de la boîte en plastique, le cinquième jour, il sortait de la boîte.

blob

Jusqu’à 10 mètres carrés

Il faut dire qu’on en avait pris soin. De l’eau et de l’avoine en abondance. Les blobs raffolent de ce régime. Ils se projettent vers la nourriture, par l’intermédiaire de petites veines jaunes, s’assoient dessus et finissent par former un tout avec l’avoine.

Ça ne les rend pas plus mignons pour autant. Mais les articles sur le blob ne tarissent pas d’éloges sur la finesse du réseau qu’il tisse en allant chercher à manger et à boire. Au jour le jour, la réalité est moins sympathique. D’abord, on ne sait plus où le caser. Ensuite, il faut s’en occuper jour et nuit.

Afin d’en prendre soin, l’une des auteurs de cet article l’a amené chez elle un week-end. Son mari a vite déchanté quand il a appris qu’il pouvait s’étendre jusqu’à dix mètres carrés.

« Allez, d’accord pour un chat », a-t-il concédé.

blob

Mais à quoi ça sert un blob?

Le blob excite les passions parce qu’Audrey Dussutour en a dressé les multiples applications possibles dans son livre Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blob sans jamais oser le demander.

Selon la chercheuse, cet organisme, qui n’a qu’une seule cellule, qui n’est ni un champignon, ni un animal, ni une plante, est capable de penser. Jusqu’ici, la science considérait qu’il fallait un cerveau avec de multiples connexions. Le blob, lui, échange les informations avec ses congénères par ses veines.

Mieux, il a démontré qu’une seule cellule était capable d’apprentissage. Donc de mémoire. La chercheuse se pose donc cette question:

« Certaines cellules de notre corps seraient-elles capables d’apprendre? (…) Pourrions-nous (…) apprendre à nos cellules à ignorer certaines molécules thérapeutiques étrangères afin qu’elles ne soient pas détruites par l’organisme? »

« Grâce au blob, continue Audrey Dussutour, la question se pose: n’existerait-il pas une forme d’intelligence indépendante du cerveau que l’on aurait négligée? » À la manière des microbiotes de l’intestin, désormais appelés « deuxième cerveau ».

Le blob est aussi déjà utilisé dans la production de composés anticancéreux.

« Par exemple, le piment bleu vert du blob Arcyria mutans (arcyriacyanine A) possède une activité inhibitrice unique sur un large panel de lignées cellulaires de cancer humain. » Par ailleurs, « le réseau de veines du blob, en particulier sa formation, sert également d’inspiration à la recherche sur le cancer.

Pour survivre et se développer, les tumeurs ont besoin d’un approvisionnement en sang. Les priver de cet afflux sanguin serait donc un moyen efficace de lutter contre le développement du cancer.

 » Savoir comment le blob tisse ses réseaux, puis les abandonne, serait une clé dans ce secteur. « Avec le blob, le champ des possibles s’élargit sans cesse », précise la chercheuse.

Il est mort deux fois

En tous cas chez nous, au HuffPost France, il n’aura pas eu l’occasion de démontrer son utilité, parce qu’il est mort deux fois entre nos mains. Certes, un blob ne meurt jamais vraiment, mais le nôtre n’a pas souhaité se manifester plus avant.

La première fois, nous avons tenté de le filmer pour montrer sa progression. Nous l’avons mis sur de l’essuie-tout, mais la matière a aspiré toute l’eau dont le blob avait besoin. Nous avions beau essayer de le ranimer avec des pulvérisations régulières, rien n’y faisait. D’autant que nous avions besoin de lumière pour le filmer, or le blob est un nocturne.

Nous l’avons donc mis derrière des rideaux, mais la lumière rentrait par le haut. Bref, au bout de 48 heures, il était complètement desséché et n’avait pas progressé d’un centimètre.

Notre blob est mort une seconde fois, envahi par la moisissure formée autour de lui par les flocons d’avoine imbibés d’eau. Nous avons essayé de le nettoyer. Nous avons lavé sa boîte à la javel. Nous l’avons réinstallé confortablement, mais rien n’y a fait, la moisissure est revenue l’avaler.

Un blob, cela demande du temps, de l’amour et de la persévérance. Lors de l’Echappée volée, Audrey Dussutour racontait qu’elle s’obligeait à écourter ses week-ends pour aller nourrir ses blobs au laboratoire.

Un sens du sacrifice qui lui permet aujourd’hui de faire figurer ses recherches parmi les plus prometteuses au monde.

http://quebec.huffingtonpost.ca/