Le Saviez-Vous ► L’épave du dernier négrier américain illumine un sombre passé


Certains ont pensé que trouver le Clotilda , le dernier négrier  qui transportait des esclaves d’Afrique vers les États-Unis pourrait causer des conflits. Mais tout le monde veulent savoir son origine et les Afro-américains ont le droit de connaitre leur propre histoire aussi douloureuse qu’elle soit. Pour tout le monde l’Histoire, nous donne des leçons, malheureusement, à voir ce qui se passe encore aujourd’hui .. Nous ne sommes pas encore assez mature pour comprendre.
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L’épave du dernier négrier américain illumine un sombre passé

Le Clotilda est le dernier bateau à avoir transporté des Africains arrachés à leur terre natale pour les emmener de force aux États-Unis, quelques années avant l’abolition de l’esclavage.

Par Raphaël Bouvier-Auclair

« Parfois, des gens vont dire que leur arrière-arrière-grand-père était un grand général. Eh bien, mon arrière-arrière-grand-père est arrivé ici nu à bord d’un bateau », lance Jocelyn Davis.

La jeune femme est la descendante directe de Charlie Lewis, l’un des derniers esclaves arrivé malgré lui aux États-Unis, en 1860.

Jocelyn Davis est descendante de Charlie Lewis, un passager du Clotilda.

Jocelyn Davis est descendante de Charlie Lewis, un passager du Clotilda.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

Signe de l’importance qu’elle accorde à son héritage, elle nous donne rendez-vous dans le cimetière d’Africatown, à Mobile en Alabama, un quartier fondé par quelques dizaines d’esclaves, dont son ancêtre, qui ont été emmenés de force à bord d’un navire nommé le « Clotilda ».

Ici et là dans le quartier, des murales, des plaques commémoratives et des statues ont été installées pour s’assurer que leur traversée ne se transforme pas en légende.

Jocelyn Davis devant une plaque rendant hommage à quelques passagers du Clotilda qui ont fondé une église locale.

Jocelyn Davis devant une plaque rendant hommage à quelques passagers du Clotilda qui ont fondé une église locale.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

Au moment où les États-Unis soulignent l’arrivée, il y a 400 ans, des premiers esclaves africains en Amérique du Nord britannique, Jocelyn et d’autres descendants ont appris que la preuve la plus tangible de la traversée de leurs ancêtres a été retrouvée.

Ma grand-mère n’a pas pu voir cela. Mon arrière-grand-mère n’a pas pu voir cela. Je suis heureuse de savoir que je pourrai raconter l’histoire de la découverte du Clotilda. Jocelyn Davis, descendante d’un passager du Clotilda

L’arrivée clandestine du dernier navire d’esclaves

En 1860, à la veille de la guerre civile américaine, un riche planteur de coton et armateur de Mobile, Timothy Meaher, a mandaté un capitaine pour organiser une traversée transatlantique qui lui permettrait de se procurer de nouveaux esclaves en Afrique.

Une plaque rappelle l’endroit où se trouvait le marché d’esclaves à Mobile, en Alabama.

Une plaque rappelle l’endroit où se trouvait le marché d’esclaves à Mobile, en Alabama.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

L’opération était illégale. Bien que l’esclavage était permis dans plusieurs États américains, notamment dans le sud, le commerce international d’esclaves avait été interdit en 1808. Des lois que Timothy Meaher entendait justement contourner, selon l’universitaire Sylviane Diouf, qui a consacré un livre à l’histoire du Clotilda.

L’histoire raconte que c’est à la suite d’un pari avec un homme du nord, au cours duquel il a parié 100 $ qu’il pouvait introduire des Africains au nez et à la barbe des autorités, explique-t-elle.

Le Clotilda a donc quitté les États-Unis en mars 1860 pour se rendre au Bénin. C’est à partir de ce pays d’Afrique de l’Ouest que 110 esclaves ont entrepris malgré eux une longue traversée d’environ deux mois.

Ce voyage entre l’Afrique et les États-Unis, c’était horrible, relate Margaret Fowler, directrice du Musée d’histoire de Mobile, où une partie de l’exposition permanente traite des conditions de détention sur les navires d’esclaves : des passagers nus, enchaînés et entassés dans la cale.

Une partie de l’exposition permanente du Musée d’histoire de Mobile est destinée aux conditions de détention sur les navires d’esclaves.

Une partie de l’exposition permanente du Musée d’histoire de Mobile est destinée aux conditions de détention sur les navires d’esclaves.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

La traversée du Clotilda a été peu documentée, note Sylviane Diouf.

Ils ont dit qu’ils avaient soif et que deux personnes étaient mortes. On n’en sait pas plus. C’est assez caractéristique. Très peu d’Africains qui ont vécu la traversée ont décrit ce qui s’est passé, indique-t-elle.

Une fois arrivé près de Mobile, l’équipage du bateau a évacué les esclaves, avant de s’attarder au sort à réserver au navire qui les avait transportés depuis l’Afrique.

Une partie de l’exposition permanente du Musée d’histoire de Mobile est destinée aux conditions de détention sur les navires d’esclaves.

Une partie de l’exposition permanente du Musée d’histoire de Mobile est destinée aux conditions de détention sur les navires d’esclaves.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

Ils se sont rendu compte aussi que les autorités avaient eu vent de leur arrivée. Donc, l’idée a été d’apporter le bateau dans un bayou et de le brûler. Et c’est donc ce qui s’est passé. Le Clotilda a été mis à feu le soir de son arrivée, raconte Mme Diouf.

La structure restante du navire a été ensevelie, faisant sombrer avec elle une partie de son histoire.

Il n’y a pas eu de conséquences pour le propriétaire ni pour le capitaine.  Margaret Fowler, directrice du Musée d’histoire de Mobile

Ils n’ont jamais été condamnés, malgré des accusations de trafic clandestin d’esclaves.

Une épave difficile à retrouver

Avec le temps, plusieurs autres navires ont rejoint le Clotilda dans les eaux boueuses de la rivière Mobile. Le cours d’eau, peuplé d’alligators, est devenu un véritable cimetière d’épaves.

La rivière Mobile, entourée de bayous, où l’épave du Clotilda a été retrouvée.

La rivière Mobile, entourée de bayous, où l’épave du Clotilda a été retrouvée.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

En janvier 2018, Ben Raines, un journaliste de Mobile, a trouvé ce qu’il pensait être les restes de ce navire, mais il se trompait.

Toutefois, six mois plus tard, ce passionné d’histoire et de navigation a découvert de nouvelles pièces de bateau dans l’eau. Et cette fois, il était convaincu de l’authenticité de sa trouvaille.

Ben Raines dans l'eau, tenant dans ses mains des pièces d'une épave de bateau.

Le journaliste Ben Raines, avec une pièce de l’épave du Clotilda.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

Grâce à la coopération d’un établissement universitaire de la région, M. Raines a pu consulter les écrits du capitaine du Clotilda et d’autres preuves historiques. J’avais éliminé d’autres épaves parce qu’elles n’étaient pas de la bonne grandeur ou parce qu’elles étaient faites de métal, donc trop modernes. Il restait donc seulement ce navire, explique-t-il.

Après environ un an d’attente, et avec la collaboration de plusieurs autres établissements, la Commission historique de l’Alabama a finalement authentifié la découverte. Le Clotilda, disparu depuis 160 ans, avait finalement été retrouvé.

À Mobile, la découverte n’a pas fait l’affaire de tous.

On m’a dit : « Vous attisez les ennuis, vous n’auriez jamais dû chercher ce bateau », relate Ben Raines.

Le journaliste Ben Raines a étudié des cartes et des preuves historiques pour trouver l’épave du Clotilda.

Le journaliste Ben Raines a étudié des cartes et des preuves historiques pour trouver l’épave du Clotilda.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

C’est une histoire à la fois fantastique et terrible qui devait être racontée. La seule manière d’y parvenir, c’était de trouver le navire, puisque c’est le véhicule qui a amené ces gens ici. Ben Raines, journaliste et passionné d’histoire

Quelque chose de bien ressort toujours du mal. Et c’était du mal, ajoute-t-il.

Un souvenir bien vivant

Mais à Mobile, il n’y a pas que l’épave du navire qui permet de raconter l’histoire des passagers du Clotilda.

Le quartier Africatown, à Mobile.

Le quartier Africatown, à Mobile.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

Après avoir été affranchis à la fin de la guerre de Sécession, en 1865, une trentaine d’anciens passagers du navire ont décidé de fonder en périphérie de la ville le quartier Africatown. Cinq ans après leur arrivée, incapables de retourner dans leur Bénin natal, ils ont créé leur coin d’Afrique dans le sud des États-Unis.

L’un des derniers passagers du Clotilda, Cudjoe Lewis, y a vécu jusqu’en 1935. Des dizaines de descendants habitent toujours dans le quartier établi par leurs ancêtres.

Un buste à la mémoire de Cudjoe Lewis, l’un des derniers survivants du Clotilda.

Un buste à la mémoire de Cudjoe Lewis, l’un des derniers survivants du Clotilda.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

C’est difficile parce que l’histoire du Clotilda avait été niée, quelquefois oubliée, pendant un demi-siècle après l’incident. Alors, de retrouver le Clotilda dans une forme physique, cela donne une expression solide à l’espoir des résidents d’Africatown. Margaret Fowler, directrice du Musée d’histoire de Mobile

Dans les rues d’Africatown, la découverte du Clotilda est effectivement source d’espoir.

Bien que l’épave soit toujours sous l’eau et que l’opération visant à l’en retirer s’annonce longue et complexe, certains résidents du quartier réclament déjà qu’elle soit installée ici plutôt que dans une institution nationale.

Darron Patterson est un descendant de Polly Allen, passager du Clotilda.

Darron Patterson est un descendant de Polly Allen, passager du Clotilda.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

Darron Patterson, un descendant de Pollee Allen, un autre passager du Clotilda, imagine déjà un musée ou un mémorial qui permettrait à la fois de partager l’histoire de son ancêtre, mais aussi de donner un coup de main à un quartier qui en a bien besoin sur le plan économique.

Il y a beaucoup de maisons abandonnées, beaucoup de gens ont quitté le quartier, souligne M. Patterson, qui s’est lui-même installé dans un autre secteur de la ville.

Africatown a déjà connu des jours meilleurs, en effet.

Le quartier Africatown fait face à plusieurs problèmes, notamment la pauvreté.

Le quartier Africatown fait face à plusieurs problèmes, notamment la pauvreté.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

Des maisons placardées et des terrains vagues ponctuent le paysage. En plus des difficultés liées à la pauvreté, le quartier a connu des problèmes environnementaux causés par les usines environnantes et il a subi certains dommages quand est passé l’ouragan Katrina, en 2005.

Il y a eu tellement de changements. Il faut maintenant une métamorphose, comme celle d’un phénix qui renaît de ses cendres. Darron Patterson, descendant d’un passager du Clotilda

Dans le quartier Africatown, plusieurs maisons sont abandonnées.

Dans le quartier Africatown, plusieurs maisons sont abandonnées.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

Il faudra beaucoup plus, ce n’est qu’un début, estime Lorenzo, résident d’Africatown, qui doute qu’un musée dédié au Clotilda mette fin à tous les problèmes de son quartier.

Mais Jocelyn Davis, qui vit elle aussi à Africatown, pense qu’on aurait tort de minimiser l’attrait touristique de cette découverte.

Il y a un musée du lynchage qui se porte bien à Montgomery. S’il y a des gens qui vont visiter un musée sur le lynchage, il y aura certainement des gens qui viendront voir le Clotilda, ajoute cette descendante d’un de ses passagers.

La fin d’un chapitre

En juin, Mme Davis s’est rendue pour la première fois près de l’endroit où se trouve l’épave du navire, sur la rivière Mobile. Elle y accompagnait le journaliste Ben Raines.

Elle repense au voyage de son ancêtre Charlie et des 109 autres esclaves qui ont fait le trajet avec lui.

En juin, Jocelyn Davis s’est rendue pour la première fois à l’endroit où l’épave du Clotilda a été découverte, sur la rivière Mobile.

En juin, Jocelyn Davis s’est rendue pour la première fois à l’endroit où l’épave du Clotilda a été découverte, sur la rivière Mobile.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

J’imagine les cris, les pensées qu’ils ont eus en arrivant ici. Jocelyn Davis, descendante d’un passager du Clotilda

La jeune femme entend maintenant se rendre au Bénin, question d’en apprendre plus sur ses origines. Pour elle, l’histoire est loin d’être terminée.

Mais la découverte de l’épave du Clotilda représente à tout le moins un moment charnière dans l’histoire de l’Alabama et des États-Unis.

Une photo en noir et blanc montre un esclave dans un jardin, de jour.

Une photo de Charlie Lewis, passager du Clotilda et ancêtre de Jocelyn Davis.PHOTO : RADIO-CANADA / RAPHAËL BOUVIER-AUCLAIR

C’est le dernier navire qui a emmené des gens en état de servitude dans ce pays. C’est la fin d’une époque, note M. Raines.

Pour la famille Davis, c’est aussi la fin d’un long chapitre.

Nous voulons tous pouvoir tourner la page. C’est maintenant possible, non seulement pour moi, mais aussi pour mes ancêtres, dit Jocelyn Davis.

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La lèpre, une maladie faussement disparue


La lèpre, une maladie du Moyen-âge existe toujours dans le monde, elle vise surtout des pays souffrant de pauvreté. Elle est toujours vue comme une malédiction ou un mauvais sort avec les conséquences qui s’en suivent.
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La lèpre, une maladie faussement disparue

 

© photo news.

Lorsqu’elle est arrivée au Centre de dépistage à Pobè, dans l’est du Bénin, Folahan avait le visage couvert de nodules: un symptôme de la lèpre. On croit la maladie éliminée, et pourtant la jeune femme fait partie des 210.000 patients diagnostiqués chaque année dans le monde.

Cette cultivatrice, qui ne connaît pas son âge, a immédiatement été mise sous traitement. Si elle le prend bien pendant un an, et s’il n’y a pas de réactions, elle sera complètement guérie. Son enfant de 4 ans devra également être suivi car la maladie est particulièrement infectieuse.

Associée au Moyen-Age dans la conscience collective, la lèpre atteint la peau et les nerfs et crée des lésions irréversibles aux mains, aux pieds et aux yeux. Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la lèpre n’est plus un problème de santé publique depuis 2000, avec, à l’échelle mondiale un taux de prévalence mondial inférieur à 1 cas pour 10.000 personnes.

Pourtant, au Bénin la maladie n’est pas éradiquée et on recense chaque année 150 à 200 nouveaux cas, dont 10% d’enfants. Un chiffre stable depuis 10 ans.

« C’est sûr que la lèpre touche moins de monde que le paludisme. Mais ici, 25% des cas dépistés ont déjà des incapacités graves et invalidantes », explique Dr. Roch Christian Johnson, président de l’Association Mondiale contre la Lèpre, de passage au Bénin dont il est originaire.

Le Centre de dépistage de Pobè a été construit en 2000 autour de l’ancienne léproserie, située en plein centre-ville, par la Fondation Raoul Follereau. Cet organisme caritatif privé français porte le nom de celui qui a créé en 1945 les Journées mondiales des Lépreux. Elles se tiendront cette année du 27 au 29 janvier, pour rappeler que la maladie n’est pas éradiquée.

‘Les patients arrivent trop tard’ 

Pobè se trouve dans une zone endémique frontalière avec le Nigeria, pays le plus peuplé du continent, qui enregistre à lui seul 4.000 cas de lèpre chaque année.

« Les patients arrivent toujours trop tard, quand ils ont des plaies avec gangrène », se désole le Dr. Thierry Gateau, directeur du centre de Pobè.

 Car dans cette zone rurale, les lépreux sont surtout des paysans. Comme Pascal Boton.

Cet homme explique avoir été diagnostiqué il y a une vingtaine d’années.

« Des infirmiers venaient me donner le médicament, et puis ils ne sont plus venus », raconte-t-il à l’AFP.

Sans suivi régulier, les séquelles se sont aggravées. Un de ses pieds s’est retourné sur lui-même. Il continue à travailler la terre, sa seule ressource, mais lorsqu’il se blesse, il ne ressent aucune sensation. Une infection, et c’est l’amputation. L’enjeu est de dépister la lèpre assez tôt. Des équipes mobiles vont dans les villages, réalisent des prélèvements qui seront ensuite analysés dans le laboratoire du centre.

Malédiction

« C’est sensible. Ici, la lèpre est associée à la malédiction, alors on prétend que l’on vient étudier des maladies de peau », témoigne le Dr. Annick Chauty, une Française qui a passé 15 ans au sein du centre.

Maisons rasées, champs saccagés, femmes répudiées, tout est fait pour chasser les malades, souvent handicapés par les séquelles de la lèpre.

Au Bénin, « on pense que c’est une maladie envoyée » par un mauvais sort, ajoute le Dr. Ambroise Adeye, chirurgien pour la Fondation et l’hôpital public de Pobè. « Les lépreux vont d’abord voir les guérisseurs, et ça s’aggrave. Ensuite, ils attendent d’avoir de l’argent pour consulter » un médecin.

Le traitement, composé de trois antibiotiques, est pourtant gratuit et prescrit dans les dispensaires du pays. Pour le faire savoir, le Programme national de lutte contre la lèpre du ministère de la Santé diffuse des messages sur les radios communautaires et fait de la prévention.

Oladélé, lui, est guéri depuis trois ans. Seule trace de la lèpre: des doigts légèrement recourbés en griffe. Aujourd’hui, ce jeune homme de 24 ans est barbier dans un salon de coiffure tout neuf à Pobè.

« Je ne voulais pas retourner aux champs. Le centre m’a proposé des formations, j’ai choisi la coiffure », dit-il.

Il manie sans problème le rasoir et les ciseaux, grâce aux séances de kinésithérapie. Les clients sont-il au courant?

« Certains savent, d’autres non. »

Son patron le soutient, sa famille aussi, elle a d’ailleurs payé son apprentissage.

Quand ce n’est pas le cas, la Fondation Raoul Follereau prend en charge la réinsertion.

« Il y a une meilleure acceptation (qu’auparavant) mais il faut accompagner les anciens lépreux », analyse le Dr Gateau.

Pour lui, il est possible d’éradiquer la lèpre, à une condition:

« Il faut que le pays se développe. La lèpre reste une maladie de la pauvreté ».

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21 personnes arrêtées Des «usines à bébés» dévoilées au Nigeria


Comment peut-on instaurer des usines à bébé dans les buts de les vendre dont certains auront un avenir d’esclavage ou destinée à la magie noire pour être sacrifié et ou torturés. Comment un humain peut faire cela à un autre humain si petit soit-il ?
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21 personnes arrêtées

Des «usines à bébés» dévoilées au Nigeria

 

Des «usines à bébés» dévoilées au Nigeria

Crédit photo : r

Une vingtaine de personnes, dont des épouses de personnalités nigériennes, ont été arrêtées depuis lundi au Niger dans le cadre du démantèlement d’un trafic présumé de nouveaux-nés venant du Nigeria voisin, connu pour ses «usines à bébés».

«Plus d’une vingtaine de personnes, à majorité des femmes, sont interpellées depuis lundi dans le cadre d’une enquête internationale relative à un trafic de bébés», a indiqué une source policière à l’AFP.

C’est un trafic triangulaire Nigeria-Bénin-Niger. L’enquête est menée depuis plusieurs mois par les polices de ces trois Etats voisins», a souligné la source policière.

Parmi les personnes interpelées figurent une des épouses du président du Parlement, Hama Amadou, le principal opposant au président Mahamadou Issoufou, et celle de l’actuel ministre d’Etat à l’Agriculture, Abdou Labo, a-t-elle précisé.

Des agents de l’état-civil et des agents de santé sont également arrêtés, de même source.

«Le réseau concerne plutôt des femmes ou leurs épouses qui n’arrivent pas à avoir d’enfants et qui ont recours aux trafiquants», a expliqué à l’AFP une source proche du dossier.

«Les bébés, dont des jumeaux», viennent du Nigeria et transitent par le Bénin, a précisé cette source.

Certaines personnes soupçonnées ont commencé à être déférées mercredi matin devant le parquet, a indiqué la source policière.

L’affaire, révélée par le bi-hebdomadaire L’évènement, n’était jusqu’à présent qu’une  rumeur, a commenté Mariama Moussa, présidente de l’ONG SOS femmes et enfants victimes de violences.

«Personne n’a vu où ces bébés ont été achetés. Maintenant que l’État a pris l’affaire en main, la vérité va certainement être révélée et la justice tranchera. Nul n’est au dessus de la loi», a-t-elle réagi, proposant la réalisation de  tests d’ADN  pour s’enquérir de la vérité .

Ce scandale interpelle alors que le Niger fait face à la plus forte fécondité au monde. Avec 7,6 enfants par femme, ce pays très pauvre, dont la population croît de manière exponentielle, s’expose à une surpopulation à moyen terme qu’il ne pourra supporter.

«Nous avons plein d’enfants ici. Ceux qui en veulent peuvent en adopter. C’est plus honorable que d’entrer dans un trafic illicite», a réagi Mohamed Anmansour, cadre de l’ONG Timidria, spécialisée dans la lutte contre l’esclavage.

Des «usines à bébés», sortes de cliniques privées accueillant des femmes enceintes avant de vendre leurs bébés, sont régulièrement démantelées au Nigeria.

Des cas de viols ont déjà été rapportés, mais il s’agit le plus souvent de jeunes femmes confrontées à des grossesses non désirées, qui s’y rendent d’elles-mêmes ou suite à des pressions de leur entourage, selon les autorités du Nigeria.

Les nouveaux-nés sont vendus plusieurs milliers d’euros, les garçons valant plus cher que les filles. Les mamans, elles, reçoivent quelques centaines d’euros.

En avril 2012, la police nigériane avait découvert un faux orphelinat dont les bébés étaient destinés à la vente pour des rituels de magie noire, au cours desquels ils auraient pu être torturés ou sacrifiés.

Le trafic d’êtres humains est le troisième crime le plus répandu au Nigeria, derrière la fraude et le trafic de drogue, selon les Nations unies.

Des jeunes filles arrivent également au Nigeria en provenance du Niger, d’où elles sont originaires.

«Celles qui sont considérées comme serviles sont prises pour servir des familles (nigérianes). Elles sont utilisées comme des esclaves. On abuse d’elles», se désole M. Anmansour, de l’ONG Timidria, qui qualifie ce trafic de «monnaie courante».

Des cas d’esclavage internes au Niger ont également été relevés, comme fin mai, lorsqu’un homme âgé de 63 ans, a été condamné à 4 ans de prison dans l’ouest du Niger, pour avoir pris «une femme esclave», adulte à l’époque des faits, comme «cinquième épouse».

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