Le Saviez-Vous ► Il était une fois la maladie – Gage de sainteté ou de beauté? Une question d’époques..


On croit peut-être que l’anorexie est une maladie récente, alors qu’en fait, elle semble venir de bien plus loin dans le temps. L’histoire de l’Impératrice Sissi (qui est complétement différente du film avec Romy Schneider) démontre qu’elle aurait souffert d’anorexie, ainsi que d’autres comme des religieuses qui par soucis mystiques auraient aussi souffert de cette maladie
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Il était une fois la maladie – Gage de sainteté ou de beauté? Une question d’époques..

 

Jacques Beaulieu

Chroniqueur et communicateur scientifique

Impératrice d’Autriche, Élisabeth, mieux connue sous le pseudonyme Sissi, ne semble pas avoir connu la vie idyllique que la légende a retenu. Elle semblait très mal s’acclimater à la vie de château et à son rôle social. Avec une belle-mère qui ne l’appréciait pas beaucoup et un époux occupé par les guerres contre Napoléon III, Sissi n’était guère heureuse. Rongée par les remords pour la mort en bas âge de sa fille Sophie, elle dépérissait littéralement. Elle avait à peine 22 ans lorsqu’on lui diagnostiqua une tuberculose dont elle se remettra pourtant.

Impératrice d’Autriche Élisabeth (Sissi)

Pour combler un tant soit peu le vide laissé par son mari parti en guerre, elle ouvre un hôpital et y consacre tout son temps. Lorsqu’il n’y a pas assez de travail, elle fait de longues et épuisantes randonnées à cheval. Puis elle se met à fumer, ce qui était extrêmement mal vu pour une femme à cette époque. Mais plusieurs l’imitent, au grand dam des bonnes gens du palais. Une de ses cousines, l’archiduchesse Mathilde, voulant dissimuler sa cigarette lors de l’arrivée impromptue de son père, mit le feu a ses vêtements et mourut brûlée vive.

Au retour de la guerre qu’il perdit, son mari la délaissa aux profits de nombreuses maîtresses, et Sissi sombra encore une fois et se remit à tousser. Elle retourna en cure et commença une étrange collection de photos de femmes. Elle revint à Vienne, mais n’avait qu’un seul désir : voyager de par le vaste monde, ce qu’elle fit le plus souvent possible, négligeant ses trois enfants, son mari et ses devoirs impériaux.

C’est qu’Élisabeth cachait un secret : sa peur démesurée de prendre du poids.

Et en 1860, elle utilisa les mêmes trucs qui sont encore en vogue aujourd’hui : peu de nourriture et un maximum d’activités physiques. Ainsi, elle ne se nourrit que de lait et de bouillon de poulet. Lorsqu’on constata qu’elle manquait de vitamines, elle modifia sa diète et ne mangeait que huit oranges par jour. Elle s’astreignait à deux heures de gymnastique chaque matin et s’adonnait à la marche forcée et à l’équitation quotidiennement aussi.

Avec un tel régime, son poids ne dépassera jamais les 50 kilogrammes, elle qui mesurait tout de même 1 m 72 (indice de masse corporelle :16,9). C’est pourquoi, a posteriori, bien des gens croient qu’elle a toujours souffert d’anorexie.

L’histoire d’un miracle devenu maladie

C’est un illustre médecin iranien du XIème siècle, Avicenne, qui fit la première description de la maladie. Puis le Moyen-Âge vit apparaître ce que les médecins appelèrent anorexia mirabilis. Cette perte «miraculeuse» de l’appétit était l’apanage de jeunes religieuses faisant partie de communautés mystiques. Elles réussissaient ainsi à se couper de tout plaisir de la chair et offraient à Dieu ce sacrifice ultime. Certaines prétendaient même ne se nourrir que d’une hostie par jour lors de leur messe.

Le destin tragique de Catherine de Sienne

Catherine de Sienne 

Au XIVème siècle, naît d’une famille de vingt-deux enfants Catherine qui, suite aux décès de ses trois sœurs préférées, entre en religion dans l’ordre des sœurs de la Pénitence de saint Dominique. Elle mange très peu et jamais de viande, se fait vomir régulièrement, se flagelle et ne dort que quelques heures par jour. Elle en vient à ne pratiquement plus manger du tout et cesse même de boire. Elle meurt à 33 ans et est canonisée en 1461 : sainte Catherine de Sienne.

On doit au médecin anglais Richard Morton la première description médicale de l’anorexie dans son livre paru en latin en 1689. Le livre portait surtout sur la tuberculose. Mais le Dr Morton avait noté que certaines personnes semblaient arriver à un état de dépérissement semblable à celui provoqué par la tuberculose. Il découvrit que ces personnes, sans causes apparentes, semblaient refuser de s’alimenter. Il nomma la maladie : la consomption ou phtisie nerveuse, dont les symptômes principaux sont le manque flagrant d’appétit, le refus de se nourrir, l’aménorrhée, l’hyperactivité, la constipation et la cachexie

L’inanition hystérique

Il faudra attendre près d’un siècle plus tard pour connaître de nouveaux développements. Ceux-ci viendront d’un psychiatre français, Charles Lasèque, qui décrit la maladie comme étant d’origine mentale et lui donne le nom d’inanition hystérique.

Il considère que cette maladie est une anomalie intellectuelle, un trouble central et héréditaire dû à un refoulement plus ou moins conscient d’un désir.

W. Gull propose quelques années plus tard le terme «anorexie nerveuse» (anorexia nervosa) qu’il attribue à des troubles du système nerveux central et à l’hérédité.

Au début des années 1890, le professeur Charles Huchard propose une distinction entre anorexie gastrique et anorexie mentale. Freud, quant à lui, parlera d’une association entre anorexie et mélancolie vers 1895.

Une thèse avait aussi cour à l’époque à savoir que l’anorexie pouvait être causée par une maladie de l’œsophage ou encore un rétrécissement de l’estomac.

La jeûneuse de Tutbury

Ann Moore

L’histoire de cette femme pieuse a débuté en Angleterre au début du XIXème siècle. D’abord reconnue pour sa très grande piété, cette pécheresse repentie commença en 1807 une anorexie qui allait devenir célèbre jusqu’en Amérique. Mais le fait allait fournir une lutte épique entre les tenants de l’anorexie comme étant une maladie, et ceux qui croyaient qu’elle était d’origine miraculeuse.

Après une première observation qui laissait chacun bien ancré dans son clan, on finit par découvrir en 1812 qu’Ann Moore se nourrissait en catimini en très petites quantités et laissait croire qu’elle ne prenait ni vivres, ni eau, et que seule l’intervention divine la maintenait en vie.

L’imposture démasquée fit histoire tout au long de ce siècle.

Sarah Jacob

Un autre cas similaire vit le jour au pays de Galles en 1867 avec une jeune fille de 12 ans, Sarah Jacob, dont les parents disaient qu’avec l’aide de Dieu, leur fille ne se nourrissait que d’un minuscule morceau de pomme quotidiennement. Flanqué d’infirmières incorruptibles, on se mit donc à observer la jeune Sarah 24 heures sur 24. Au bout de 6 jours, la jeune fille s’affaiblissait dangereusement et on demanda aux parents l’autorisation de cesser l’expérience et d’alimenter Sarah. Plutôt que de perdre la face, ceux-ci refusèrent. Le 10ième jour, la jeune fille mourut donc et les parents furent condamnés à des peines de prison pour leur comportement. Dès lors, l’origine mystique de l’anorexie perdit toute crédibilité.

Origines psychologiques ou physiologiques?

Le début du vingtième siècle sera marqué des descriptions de Gilles de la Tourette et Pierre Janet, qui seront les premiers à souligner l’importance de la perception de l’image corporelle chez les anorexiques. La Tourette précise que les patientes ne souffrent pas d’un manque d’appétit mais plutôt d’un refus d’appétit.

Les causes d’origines psychologiques semblent bien avoir reçu l’assentiment de toute la communauté médicale, du moins jusqu’en 1914 où un pathologiste allemand, Morris Simmonds, établit une relation entre la glande pituitaire et l’anorexie. Des causes endocriniennes alimentent alors le débat scientifique et il faudra attendre au milieu du siècle avant que la thèse psychologique ne refasse surface et que l’on comprenne que les manifestations physiologiques et endocriniennes sont des conséquences et non des causes de l’anorexie.

On estime aujourd’hui qu’environ 1 % des femmes de 15 à 35 ans souffrent d’anorexie. Les hommes sont 10 fois moins nombreux à en être atteints. L’hérédité joue un rôle puisque la fréquence de la maladie est dix fois plus élevée chez les parentes au premier degré que dans un groupe témoin.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

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Le Saviez-Vous ► 8 tendances beauté très douloureuses qui ont marqué l’histoire


Les critères de beauté à travers les siècles ont suivi certaines modes, mais non sans risques. Les femmes ont souffert, et même sont mortes pour parvenir à suivre les standards de l’époque. Aujourd’hui, cela a changer, mais malheureusement, les risques peuvent être tout aussi grands, nous avons juste a penser aux régimes miracles, au corset qui réapparaît, etc.
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8 tendances beauté très douloureuses qui ont marqué l’histoire

Longtemps, les femmes ont altéré leur apparence pour entrer dans les canons de beauté de l’époque. Des pieds bandés aux corsets en passant par le réducteur de menton, zoom sur 10 tendances beauté complètement sadiques qui ont marqué l’histoire au féminin.

1/Les pieds bandés

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Née au début du Xe siècle en Chine, la coutume des pieds bandés est restée pendant plus d’un millénaire le symbole ultime de la féminité pour bon nombre de Chinoises. Mais pour atteindre cet idéal, il fallait passer par une douleur physique très intense. Le bandage des pieds commençait à l’âge de cinq ou six ans et nécessitait environ deux années de calvaire pour que leur taille atteigne environ 7,5 centimètres. D’abord trempés dans de l’eau chaude et des herbes médicinales, les orteils des petites filles – à l’exception du gros – étaient ensuite pliés contre la plante du pied et tenus 24/24 par des bandages et des chaussures pointus. Ainsi, la forme que prenait le pied était-elle censée représenter un bouton de lotus. Interdite par le gouvernement en 1912, la pratique des pieds bandés a pourtant continué pendant quelques années encore. Outre les orteils nécrosés et les lésions articulaires, on estime à 10% le taux de mortalité chez les jeunes Chinoises des suites d’une septicémie.

2/Le corset

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Une silhouette en forme de sablier, une taille ultra fine et une poitrine soutenue, voilà ce que promettait le corset. Apparu pour la première fois à la cour d’Espagne au XVIe siècle (Renaissance), cet accessoire ultra rigide a modelé le corps de la femme jusqu’au début du XXe siècle. Durant plusieurs décennies, dames et demoiselles ont donc enduré les pires souffrances pour la finesse de leur taille : organes comprimés, capacités pulmonaires diminuées, côtes déplacées, muscles atrophiés, constipation ou encore malaises dû au manque d’air.

Remisé au placard aux alentours des années 1910, le corset a malheureusement fait un retour remarqué ces dernières années. Jessica Alba, Kate Middleton et surtout Kim Kardashian n’ont ainsi pas hésité à vanter les mérites du « régime corset ». Décrié par les spécialistes, ce « court-circuit gastrique » fait pourtant de plus en plus d’adeptes parmi les jeunes femmes qui rêvent des courbes surnaturelles de la célèbre Kim K.

3/Les gouttes de Belladone

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On le sait aujourd’hui, la Belladone est une plante très toxique, ses baies noires contenant de l’atropine. Mais celle que l’on surnomme la cerise du diable a pourtant longtemps été étroitement liée à la femme.

Au Moyen-Âge, on racontait ainsi que les sorcières mélangeaient la Belladone à d’autres plantes toxiques pour créer une pommade. Une fois appliqué sur la peau, ce baume leur donnait alors l’impression de pouvoir voler ou de parler à Satan lui-même.

Plus tard, à la Renaissance, la Belladone est devenue l’atout beauté des Italiennes. Ces dernières préparaient des gouttes à base des baies noires de la plante qu’elles pressaient ensuite dans leurs yeux. Les gouttes dilataient leurs pupilles et leur prodiguaient de profonds yeux noirs censés donner une illusion de pureté et d’innocence. C’est d’ailleurs de cette pratique que vient le nom de la fleur, « Belladonna » voulant dire « belle femme » en italien.

Si cette tendance beauté véhicule une certaine aura de mystère, elle n’en reste pas moins douloureuse. Les gouttes de Belladone pouvaient provoquer le strabisme, l’incapacité à se concentrer sur des objets, des palpitations cardiaques, et une possible et irrévocable perte de la vue.

4/Le fard au plomb

Élisabeth 1re d'Angleterre

Élisabeth 1re d’Angleterre

Au XVIe et XVIIe siècle, les femmes veulent plus que tout ressembler à la reine Élisabeth 1re d’Angleterre. Comme la souveraine, elles s’appliquent ainsi sur le visage un fard blanc épais à base de céruse – ou carbonate de plomb – et de vinaigre. Résultat ? Un teint très pâle mais aussi la possibilité de camoufler les traces laissées par la petite variole. Au XVIIIe siècle, les marques de cosmétiques vont même jusqu’à commercialiser des fards au plomb comme le « Bloom of Ninon de l’Enclos » (inspiré de la courtisane du même nom) Mais la beauté a un prix et les femmes qui utilisaient ces fards s’empoisonnaient en fait à petit feu tout en souffrant d’effets secondaires peu ragoutants (peau asséchée, constipation, apparition de cheveux gris, douleurs abdominales, paralysie, défaillance des organes). Tout un programme.

5/Le régime à l’arsenic

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L’arsenic est probablement l’un des poisons les plus célèbres. Mais si sa toxicité a été prouvée il y a bien longtemps, cela n’a pas empêché les femmes de l’utiliser comme arme de beauté massive. A la Renaissance (décidément, quelle belle époque), alors que la mode est au front bien dégagé, les dames de la cour décident de s’épiler le visage avec de l’orpiment – ou arsenic jaune.

Puis au XIXe siècle, l’utilité de l’arsenic change. Comme le rapporte Mental Floss , le poison se consomme alors en pilule et est censé « donner un teint frais, des yeux brillants et apporter un embonpoint sexy » à celle qui se plie au traitement. Malheureusement, ce qu’on ne disait pas à ces demoiselles, c’est que l’arsenic en gélule les empoisonnait peu à peu et apportait avec lui diarrhée, vomissements, sang dans l’urine, crampes musculaires, douleurs à l’estomac, perte de cheveux et convulsions.

6/Les perruques au saindoux

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Le XVIIIe siècle est marqué par la mort de Louis XIV et l’apparition des Lumières. Et si on visualise assez bien le look de la femme de l’époque – corset, jupons, visage poudré de blanc, postiche XXL – on sait moins que ces dernières allaient jusqu’à badigeonner leurs perruques de saindoux (substance blanche à base de graisse de porc) pour que leurs coiffes en forme de pièce montée tiennent en place.

Résultat ? Le saindoux attirait les poux qui attiraient ensuite les rats. A la nuit tombée, les courtisanes et autres femmes de la cour se voyaient donc obligées d’enfermer leurs postiches en cage pour éviter que les rongeurs ne viennent dévorer le tout. Pas forcément douloureux mais pas très hygiénique non plus.

7/Le détecteur de défauts

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Dans le genre objet de torture, je demande le « Beauty Micrometer » de Maksymilian Faktorowicz. En 1909, l’homme lance sa marque de cosmétiques sous le nom de Max Factor, ses produits deviennent vite les meilleurs alliés des stars de cinéma hollywoodiennes et il réussit même à populariser le mot  » make-up « . Mais Max Factor n’est pas seulement un entrepreneur richissime, c’est également un innovateur.

En 1932, il lance donc le « Beauty Micrometer », un instrument en acier censé repérer les défauts physiques d’une femme, défauts ensuite camouflés à l’aide d’une bonne dose de maquillage. Si vous avez vu Hellraiser et Saw , vous comprenez pourquoi on parle d’objet de torture.

8/L’opération des « pieds obèses »

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On appelle ça la « stiletto surgery » ou « chirurgie de l’escarpin ». Pour être à l’aise sur leurs talons de 12, les Américaines n’hésitent plus à passer sur le billard pour se faire injecter du gras dans le talon ou se faire raccourcir ou retirer entièrement des orteils. Cette tendance beauté complètement barbare a fleuri aux États-Unis avec l’arrivée de chausseurs stars comme Christian Louboutin, Manolo Blahnik ou encore Nicholas Kirkwood.

Contre nature et extrêmement douloureuse, cette opération censée affiner des « pieds obèses » n’est pas sans danger. Infections et nouvelles opérations imprévues sont ainsi le lot de celles qui n’arrivent pas à trouver chaussure à leurs pieds…

http://www.terrafemina.com/

Survivante d’une attaque à l’acide, elle devient le visage d’une campagne de mode


J’applaudis cette initiative ! La beauté est autre chose qu’un beau visage, en fait, une personne qui a « une belle âme » est belle peu importe si elle n’entre pas dans les critères que la mode, les miss univers nous ont imposés
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Survivante d’une attaque à l’acide, elle devient le visage d’une campagne de mode

 

viva n diva

The Huffington Post UK  |  Par Rosy Cherringto

Une survivante d’une attaque à l’acide vient de devenir la nouvelle porte-parole d’une marque de mode, dans l’espoir de changer « la façon dont on mesure la beauté ».

Laxmi Saa, de Delhi, avait seulement 15 ans quand un homme de 32 ans l’a attaquée à l’acide après qu’elle ait refusé sa demande en mariage.

Aujourd’hui âgée de 26 ans, elle est devenue une des plus importantes voix en Inde à s’élever contre la vente non régulée de l’acide.

La nouvelle campagne de Saa pour la marque Viva N Diva marque la première fois qu’une survivante d’une attaque à l’acide devient le visage d’une marque de mode.

La campagne, appelée « Le visage du courage », est décrite par la marque comme « l’histoire d’une femme brave qui s’enfuit des lacunes de notre société et de la victimisation pour changer la façon dont on mesure la beauté ».

Viva N Diva espère que la séance photo encouragera les femmes qui ont souffert à se sentir belles, elles aussi.

En entrevue avec BBC News, Saa a indiqué qu’elle était heureuse de son rôle.

« L’opportunité de représenter une marque de vêtements était pour moi une plateforme pour montrer aux femmes à avoir confiance et être courageuses, peu importe leur apparence physique. »

« C’était aussi une façon d’envoyer un message clair aux criminels que les femmes ne perdront pas leur courage, même après qu’elles aient été attaquées à l’acide. »

viva n diva

viva n diva

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Royaume-Uni a été traduit de l’anglais.

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Vieillir au-delà des apparences


Personne ne veut voir son corps dépérir et les rides creusées des sillons de plus en plus creux sur le visage, l’industrie de la mode, des cosmétiques l’ont bien compris et l’exploitent à outrance cette peur de vieillir. J’aime bien ce que le comédien Claude Legault a dit : « C’est un privilège de vieillir » Et nous devrions voir la vieillesse autrement. Une vieillesse qui est très différente de ceux de nos ancêtres qui mourraient beaucoup plus jeune, souvent avant la fleur de l’âge. Les rides sont un témoignage de notre histoire, qui doit acquérir une certaine sagesse qui plaît tout autant
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Vieillir au-delà des apparences

 

 

Claude Bérubé

Essayiste, conférencier et blogueur

L’obsession de la jeunesse éternelle! Voilà le titre que les médias utilisent le plus pour décrire le vieillissement au-delà des apparences. Une obsession qui génère une industrie mondiale de cosmétiques et autres de 350 milliards$. Les femmes, et beaucoup d’hommes aussi, sont esclaves de la beauté, synonyme de jeunesse. L’obsession d’aujourd’hui consiste à dire que ce qui est jeune est plus beau.

Est-ce qu’on n’en fait pas trop pour ralentir le vieillissement ? Tombe-t-on trop facilement dans le piège de cette obsession de la jeunesse ? Les personnes âgées ont hérité, avec les ans, chacune de leurs rides. Il faut apprendre à lire les rides. Elles racontent toutes les émotions, les joies, les peines, les rires, les pleurs, les succès, les malheurs et le bonheur d’une longue vie. Elles participent à façonner notre identité. Ne sont-elles pas des sourires gravés? La grande actrice Anna Magnani avait dit à son photographe:

«de grâce, ne retouchez pas mes rides. J’ai mis tant de temps à les gagner».

On ne peut rester jeune toute sa vie. On ne focalise pas assez sur la maturité, les gens plus murs, la sagesse. Toute une vie à grandir, à bâtir et à acquérir la confiance. C’est comme si les femmes fanaient passé un certain âge. Contrairement aux hommes qui semblent se bonifier comme un vin. Une conception biaisée de la vieillesse.

Cette dernière devient le pire ennemi, la peur panique de vieillir. Voir le corps changer, évoluer, se rider est une vision d’horreur pour ceux qui craignent de ne plus pouvoir séduire. Au point de tout tenter pour vaincre cette guerre contre le temps en faisant appel au Botox, exfoliation, chirurgie, crème antirides, acides divers, oméga, plantes, etc. Tout y passe, y compris les économies.

Comment nous satisfaire de ce que nous sommes? Les personnes les plus captivantes rayonnent d’une assurance personnelle en s’intéressant aux autres, à travers un regard, un sourire et une passion. Nous sommes obnubilés par la peur du vieillissement. L’obsession de la jeunesse éternelle! Pour certains cela devient une phobie. La vieillesse c’est l’hiver pour certains, mais le temps des moissons pour les sages. Alors qu’il suffit de piger au cœur de son disque dur l’expérience de toute une vie. Montrer que vieillir est noble dépouille les jeunes de l’angoisse de devenir vieux. Parce que les jeunes n’aspirent pas à devenir vieux. Nous, les vieux, leur transmettons un visage terne de la vieillesse parce que nous n’aimons pas la vieillesse. Quelle image propageons-nous et véhiculons-nous? De notre jeunesse, nous emportons avec nous les stéréotypes sur la vieillesse et nous les perpétuons même devenus vieux.

Il faudrait s’inspirer du comédien Claude Legault, 50 ans, en recevant son prix Artis, qui avait déclaré:

«C’est un privilège de vieillir» et «j’espère vieillir devant vous comme un bon vieil acteur».

Il est donc possible de rêver de devenir vieux. Quand les vieux, qui se disent jeunes, rêvent de se rajeunir, d’enlever 10 ans à leur, tandis que les rides de l’esprit continuent à vieillir, nous évoquons l’obsession de la jeunesse éternelle. Nous développons l’apparence que nous voulons avoir et montrer. Mais pas notre identité réelle.

La jeunesse éternelle ne signifie pas la vie éternelle, même si nous touchons des records de longévité. Il fut un temps où on devenait général à 22 ans, comme Napoléon, et empereur à 28 ans. Il y a cent ans, l’espérance de vie était de 50 ans. En 1960, il était normal de décéder dans la jeune soixantaine. Tandis qu’aujourd’hui on mentionne 81 ans pour les hommes et 84 ans pour les femmes. La vieillesse devient de plus en plus longue à tel point que l’on doit parler de générations. Imaginez la quantité de cosmétiques que prévoient les grandes marques.

Il important de cesser de se battre contre le vieillissement qui n’aura de cesse dans le sillon de la longévité et de donner un sens à cette période. L’apparence doit céder le pas à la maturité, celle qui doit séduire.

Et nous rappeler que nous inventons, en ce moment de l’histoire «une nouvelle vieillesse» que n’ont pas connue nos ancêtres.

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Ex-mannequin anorexique, elle témoigne contre la maigreur


Depuis que la France veut interdire les mannequins souffrant d’anorexie, certaines parmi les mannequins ont dénoncé ouvertement comment ces filles qui doivent s’affamer pour réussir. Espérons que cela pourrait enfin changer les choses, mais il faut que les autres pays puissent dénoncer ce genre de traitement réservé a ces femmes
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Ex-mannequin anorexique, elle témoigne contre la maigreur

 

Ex-mannequin anorexique, elle témoigne contre la maigreur

Victoire Maçon Dauxerre.Photo Models.com

Trois pommes par jour pour seul repas, poisson ou poulet une fois par semaine: Victoire Maçon Dauxerre a sombré dans l’anorexie quand elle était mannequin, calvaire dont elle témoigne dans un livre qui paraît au moment où la France a décidé d’interdire les mannequins trop maigres.

«On ne peut pas imposer un corps malade en idéal de beauté, c’est criminel», juge la jeune femme de 23 ans, cinq ans après une carrière météorique de huit mois, au cours de laquelle elle a défilé à New York, Milan, Paris, pour des grands noms dont Alexander McQueen, Céline, Miu Miu.

À l’époque, elle était descendue à 103 livres  pour 5,8 pieds. Aujourd’hui, elle se félicite de la législation adoptée en décembre soumettant l’activité de mannequin à un certificat médical qui prend notamment en compte l’indice de masse corporelle (IMC), même si elle trouve que le texte a «dix ans de retard».

Une telle mesure l’aurait empêchée de travailler:

«un médecin aurait vu que j’avais le pouls super faible, je perdais mes cheveux, j’avais de l’ostéoporose, je n’avais plus mes règles. Quand on a le teint terreux, limite vert, on voit tout de suite qu’il y a un problème».

C’est à 18 ans que Victoire Maçon Dauxerre se fait repérer alors qu’elle magasine avec sa mère dans le Marais à Paris. Fille d’un ingénieur et d’une artiste, elle prépare son diplôme universitaire et rêve de faire des sciences politiques. Mais elle se laisse convaincre par l’aventure du mannequinat et entre à l’agence Elite.

«Personne ne m’a dit: tu dois perdre du poids. Mais on m’a dit: en septembre, tu fais les semaines de la mode, la taille du vêtement sera du 32-34, tu dois entrer dedans. C’est à ce moment-là que j’aurais dû partir», regrette cette longue jeune femme châtain aux yeux bleus, qui porte désormais du 38.

«UNE OMERTA»

Elle s’affame alors pour arriver à la taille requise, et perd une vingtaine de livres en deux mois pendant l’été, en se nourrissant de trois pommes par jour et de boissons gazeuses, dont les bulles «calent».

«Plus je maigrissais, plus je me trouvais grosse», explique cette «bonne élève», qui reconnaît qu’il y a «sans doute un terrain pathologique à l’anorexie». «Mais voir des images toute la journée qui vous confirment que la beauté c’est la maigreur, ça ne fait qu’inciter à cela».

Dans son livre paru mercredi, Jamais assez maigre. Journal d’un top model(Les Arènes), elle raconte avoir vu dans les coulisses des défilés des mannequins grignoter devant les caméras, avant d’aller se faire vomir aux toilettes une fois les journalistes partis. Avoir participé à des séances photo où seuls les photographes avaient à manger. Être tombée d’inanition et de fatigue dans la rue en pleine semaine de la mode de New York.

«Les filles qui travaillent aujourd’hui diront probablement que je mens parce que si elles veulent continuer, elles ne peuvent rien dire, il y a une véritable omerta dans le milieu», dénonce cette jeune femme volontaire, qui se destine désormais au métier de comédienne.

«Les mannequins ne sont rien, ce sont juste des cintres. Dans les années 1980, les mannequins étaient des personnalités. Aujourd’hui il faut s’effacer derrière le vêtement», dit-elle. Elle «en veut aux maisons de couture»: «les créateurs ne veulent que des corps androgynes, on ne veut pas célébrer le corps de la femme».

«Karl Lagerfeld dit que personne ne veut voir des grosses défiler. Mais entre ce qu’on voit maintenant et des grosses, il y a quand même de la marge!», s’insurge-t-elle, en colère contre ce «diktat de la maigreur».

Quand, à bout, elle décide finalement d’arrêter le mannequinat, «personne n’a compris». Elle tombe dans la boulimie, fait une tentative de suicide.

«Tout le monde me disait  »tu as la vie rêvée » mais moi je n’ai jamais été aussi malheureuse», raconte Victoire Maçon Dauxerre, qui dit avoir reçu depuis l’annonce de son livre plein de témoignages et messages de soutien.

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«Le blanc fait de vous un gagnant»: une pub de pilules pour blanchir la peau qui n’a pas passé!


Ce qui est réconfortant, c’est que ce genre de message ne passe pas dans les réseaux sociaux. Savait-ils que d’offrir une pilule pour blanchir la peau faisait croire qu’être blanc est un must mènerait à des réactions controversées ? L’ont-ils fait dans un but stratégique. Les excuses sont-elles vraiment sincères ?
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«Le blanc fait de vous un gagnant»: une pub de pilules pour blanchir la peau qui n’a pas passé!

 

« Le blanc fait de vous un gagnant »: ce slogan d’une publicité thaïlandaise pour des pilules pour la peau a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux du pays aboutissant au retrait vendredi de la campagne.

Dans ce clip publicitaire pour le web, créée par la société thaïlandaise Séoul Secret et vu plus de 100 000 fois sur YouTube avant d’être retiré, une actrice thaï attribue clairement sa réussite professionnelle à son teint pâle.

Crèmes blanchissantes et pilules sont très populaires en Thaïlande, où avoir la peau claire est largement considéré comme un critère de beauté.

« Ce n’est pas facile de rester à ce niveau pendant une longue période », explique dans la vidéo Cris Horwang, âgée de 35 ans et qui est également chanteuse et top modèle.

« Si j’avais arrêté de prendre soin de mon corps et de mon teint blanc, tout ce que j’avais investi aurait disparu », continue-t-elle.

La peau du modèle devient alors noire, et elle se tourne avec envie vers un second modèle à la peau claire qui apparaît à côté d’elle en souriant.

Devant l’avalanche d’internautes qui ont dénoncé la vidéo comme étant raciste, vendredi matin la section des commentaires avait été fermée sur YouTube avant que la vidéo ne soit retirée.

Et vendredi en fin d’après-midi, le groupe Seoul Secret a publié un communiqué d’excuses.

« Notre société n’avait pas l’intention de transmettre un message raciste ou discriminatoire », écrit Seoul Secret.

« Je pense que l’agence de publicité savait ce qu’elle faisait », a estimé auprès de l’AFP la blogueuse thaïlandaise Kaewmala, dont le blog thaiwomantalks.com est très suivi dans le pays.

« Ils ne vivent pas sur la lune, je suis certaine qu’ils savaient que ce serait controversé… C’était très probablement une stratégie calculée, ce qui est, à mon avis, encore plus inacceptable », a-t-elle ajouté.

Dans les médias une peau sombre reste toujours synonyme de « classe inférieure » estime-t-elle même si une vraie prise de conscience a eu lieu sur la question du racisme ces dernières années.

L’entreprise américaine Dunkin Donuts avait dû en 2013 retirer une publicité en Thaïlande mettant en scène une femme au visage grimé de noir pour vanter les mérites de ses « charcoal donuts » (« beignes charbon »).

La même année, une marque de cosmétiques du géant Unilever avait dû présenter des excuses après la polémique créée par un concours en Thaïlande autour d’un produit éclaircissant la peau.

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