La tuberculose aussi mortelle que le virus du sida


La tuberculose n’est pas une maladie du passé, elle est toujours présente. Sans diagnostique et de traitement les chances de survie sont très basses
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La tuberculose aussi mortelle que le virus du sida

 

Un diagnostic de la tuberculose, une maladie qui affecte généralement les poumons.

Un diagnostic de la tuberculose, une maladie qui affecte généralement les poumons.   PHOTO : CBC

L’épidémie de tuberculose est plus grave qu’on ne le croyait, selon le dernier rapport sur le sujet de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié jeudi. L’organisme souligne notamment le sous-financement de la recherche pour un vaccin ou de nouveaux médicaments.

L’an dernier, la tuberculose a tué 1,8 million de personnes, soit 300 000 de plus que l’année précédente, et 10,4 millions de personnes ont été infectées, dont 12 % de personnes séropositives.

La tuberculose figure désormais, au même titre que le VIH (virus de l’immunodéficience humaine), parmi les principales causes de décès dans le monde. Le sida a tué 1,2 million de personnes dans le monde en 2014, selon les estimations.

Afin de freiner les nouvelles infections, l’OMS préconise de combler les lacunes en matière de détection et de traitement, de combler les déficits de financement et de mettre au point de nouveaux outils. Entre 2000 et 2014, l’OMS estime que 43 millions de vies ont été sauvées grâce au diagnostic et au traitement efficace de la tuberculose.

Le tiers de la population infecté

La tuberculose est causée par un agent infectieux unique, le bacille de Koch, qui touche le plus souvent les poumons. Les germes de la maladie se transmettent dans l’air lorsqu’une personne qui en est porteuse tousse, éternue ou crache.

Près d’un tiers de la population mondiale est contaminée par le bacille de la tuberculose, mais le risque d’avoir la maladie, et donc de la transmettre, n’est que de 10 %, sauf pour les personnes au système immunitaire affaibli, qui courent 20 à 30 fois plus de risques de tomber malades.

Même si la tuberculose est l’une des maladies les plus meurtrières du monde, elle peut être soignée, mais sans traitement approprié, 45 % des malades en mourront. Chez les séropositifs, ce taux frôle les 100 %.

Chiffres revus à la hausse

Malgré tout, le taux de mortalité par tuberculose a chuté de 47 % entre 1990 et 2015. Cela reste toutefois insuffisant pour atteindre les objectifs qu’a fixés la communauté internationale, c’est-à-dire de réduire le nombre de décès par tuberculose de 90 % d’ici à 2030 (par rapport à 2015), et celui de nouveaux cas de 80 %, mais aussi de s’assurer qu’aucune famille ne supporte de coûts catastrophiques liés à la tuberculose.

Il en coûte entre 130 et 660 $ CA pour traiter un patient sensible aux médicaments et de 6600 à 13 000 $ CA pour les patients traités pour la tuberculose multirésistante, selon l’OMS.

Près de 43 millions de vies ont été sauvées entre 2000 et 2014 grâce au diagnostic et au traitement de la tuberculose.

Mettre un terme à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2030 figure parmi les cibles pour la santé indiquées dans les objectifs de développement durable récemment adoptés aux Nations unies.

Cependant, en 2014, le nombre de notifications dans le monde a fait un bon inhabituel de 6 %, qui s’explique par une augmentation de près de 30 % des cas recensés en Inde, qui a instauré en 2012 une politique de notification obligatoire.

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Des rats géants dressés pour détecter la tuberculose


Les rats sont des animaux hyper intelligents .. et l’être humain s’en rends compte aujourd’hui. Ils ont déjà fait preuve de savoir faire pour le déminage. Ils vont en mettre plein la vue, quand ces rats sont des meilleurs dépisteurs que la technologie
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Des rats géants dressés pour détecter la tuberculose

 

© STR New / Reuters/REUTERS

Les premiers essais de dressage de rats géants pour détecter le bacille de Koch ont été réalisés en Tanzanie.

Des rongeurs apprivoisés vont participer à la lutte contre la tuberculose au Mozambique.

Après leur contribution au déminage, des rats dressés vont aider les services de santé mozambicains à dépister la tuberculose, suite au succès d’une opération similaire en Tanzanie, a indiqué vendredi l’ONG belge Apopo, inventeur de cette méthode originale.

«Nous avons eu une demande de la première dame (Maria Da Luz Dai Guebuza) et du ministre de la Santé qui ont voulu reproduire nos résultats», a indiqué Tess Tewelde, responsable d’Apopo pour le Mozambique.

L’ONG belge a entamé la construction d’un laboratoire à Maputo, où les rats seront entraînés à renifler des échantillons de crachats humains, parmi lesquels ils devront déceler la bactérie de la tuberculose, une maladie qui tue encore plus d’un million de personnes dans le monde chaque année.

Les rats de Gambie (cricétomes des savanes), des animaux qui peuvent avoir la taille d’un chat, sont réputés pour leur exceptionnel sens de l’odorat. Ils peuvent reconnaître la tuberculose en moins d’une heure, quand il faut une semaine à un laboratoire pour faire des analyses.

Plus efficace qu’un technicien avec microscope

 

«C’est beaucoup moins cher et beaucoup plus rapide. Nos rats peuvent analyser 400 échantillons en 30 minutes», explique Tess Tewelde, ajoutant que les premiers devraient être opérationnels d’ici à la fin de l’année. Le coût d’une machine automatique de détection du bacille de Koch est encore de plusieurs millers d’euros, et de nombreux centres de soins en Afrique font encore leurs analyses avec des techniciens inspectant des lames minces d’expectorations au microscope, une technique qui ne permet de repérer qu’environ la moitié des cas positifs.

Un récent test destiné à évaluer l’efficacité de la détection par les rats en Tanzanie a montré que, sur 910 échantillons venus de 456 patients, dix rongeurs avaient identifié 67% de tuberculeux, contre seulement 48% par des laborantins au microscope. Les tests ont été publiés en 2010 dans l’American Journal of Tropical Medicine and Hygiene

«Avec la tuberculose, il est important de ne pas manquer un patient. Imaginez comment ils peuvent contaminer leur famille et leur entourage», souligne le responsable de l’ONG.

Apopo est déjà présent depuis six ans au Mozambique, pays marqué par une longue guerre civile qui a duré de 1976 à 1992, où une quarantaine de rats sont employés au déminage.

«Ce qui prend deux jours à un démineur, les rats le font en trente minutes», assure Tess Tewelde.

(avec AFP)

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