Cryothérapie: la mode est de se congeler… les parties intimes


On refuse de vieillir et peu importe les moyens on est prêt a essayer n’importe quoi pour rester jeune, même pour les organes génitaux. Mais qui est prêt à mettre ses parties intimes dans l’azote liquide avec des températures oscillant à -160 degrés ?
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Cryothérapie: la mode est de se congeler… les parties intimes

 

La cryothérapie ferait aussi des merveilles auprès des parties génitales.Photo Fotolia

À Manchester en Angleterre, une nouvelle mode pour le moins innovante est en train de gagner actuellement certaines personnes. Celle-ci consiste à faire appel au froid pour retarder les effets du vieillissement sur le corps.

Si elle est utilisée sur le visage, la cryothérapie ferait aussi visiblement des merveilles auprès des parties génitales. Un institut propose ainsi à ses clients (hommes et femmes) de «cryogéniser» leurs parties intimes à l’aide d’azote liquide afin de les aider à conserver un aspect «jeune et attrayant». Concrètement, il faut compter en moyenne 30 minutes pour une séance au cours de laquelle votre corps sera soumis à des températures de -160 degrés censées apporter leurs bienfaits. Mais ce n’est pas tout…

Outre le bénéfice esthétique qu’ils peuvent en retirer, les clients qui ont recours à cette méthode peuvent aussi espérer rehausser leur niveau d’endorphines. Une hormone sécrétée par le cerveau qui procure lors de sa libération dans le corps, une sensation de bien-être, voire d’euphorie.

Ce traitement favoriserait enfin l’activité sexuelle en permettant grâce au froid, d’entraîner une vasoconstriction des vaisseaux et donc de stimuler le flux sanguin. Et vous, êtes-vous prêt à essayer?

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Le Saviez-Vous ► Janvier 1967. L’Américain James Bedford se fait congeler en attendant d’être soigné pour son cancer


Même devant une maladie incurable, il n’est pas question de me faire cryogéniser. Un jour où l’autre, il faudra bien déclarer ces corps gelés bel et bien mort
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L’Américain James Bedford se fait congeler en attendant d’être soigné pour son cancer

 

12 janvier 1967. L'Américain James Bedford se fait congeler en attendant d'être soigné pour son cancer © Alcor Foundation

Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos

Aujourd’hui, ils sont des centaines d’hommes et de femmes à patienter dans des cercueils-congélateurs.

Voilà quelques millénaires, les pharaons avaient cru pouvoir vaincre les outrages du temps en se faisant embaumer. Depuis quelques décennies, des désespérés veulent les imiter, mais en choisissant la cryogénisation. Le premier à tenter le grand saut cryogénique, le 12 janvier 1967, est un Américain de 73 ans, professeur en psychologie, James Bedford. Depuis plusieurs années, il souffrait d’un cancer incurable, persuadé qu’un jour la médecine aurait fait suffisamment de progrès pour le soigner. Il avait donc demandé à son entourage de le congeler si jamais il venait à mourir, et de le réveiller quand un remède efficace serait prêt.

En 1965, James Bedford répond à l’annonce d’un certain Cooper, fondateur de la Life Extension Society (LES), qui cherche un volontaire pour la cryogénisation dont il vient de mettre au point – croit-il – la technique. Bedford n’est pas le seul à se porter candidat. Avec d’autres volontaires, il signe un contrat de congélation. Il est le premier à rendre son dernier souffle. À peine le corps a-t-il eu le temps de refroidir que son médecin personnel, averti du voeu de son patient et aidé par les employés de la Cryonics Society of California, se met au boulot. D’abord, vider le sang, pour le remplacer par un fluide censé supprimer la cristallisation des cellules. En fait, les opérateurs ne parviennent pas totalement à leurs fins. Mais cela ne les empêche pas de poursuivre les opérations en refroidissant le corps jusqu’à – 200 °C avec de l’azote. Bedford, qui ne semble pas s’en offusquer, est alors enfourné dans une capsule isolante.

Puis commence une très longue attente. Notre professeur congelé séjourne d’abord dans le garage d’un certain Dr Robert Prehoda, mais la femme de celui-ci pique une crise d’hystérie à chaque fois qu’elle monte dans sa voiture. Aussi faut-il déménager le corps. On lui trouve un premier abri, puis un autre. Finalement, il migre vers un refuge définitif en Arizona, à l’Alcor Life Extension, qui abrite, aujourd’hui, une centaine d’autres patients congelés, et même une trentaine d’animaux de compagnie.

James Bedford y attend toujours sa résurrection, sans manifester le moindre signe d’impatience. Lors d’un changement de capsule, il a passé un check-up. Apparemment, il est en pleine forme ,,,,

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Une sangsue survit 24 heures à – 196°C, dans de l’azote liquide


C’est étonnant que des simples petites sangsues qui n’ont pratiquement aucune chance de rencontrer des froids aussi intenses peuvent survivre.
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Une sangsue survit 24 heures à – 196°C, dans de l’azote liquide

 

Parue fin janvier dans la revue PLoS ONE, c’est une étude idéale pour un mois d’hiver puisqu’elle évoque la résistance d’un organisme au grand froid. On sait que l’exposition prolongée à des températures négatives provoque le gel de l’eau contenue dans les cellules, ce qui conduit à l’explosion et à la mort de celles-ci.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les animaux entrant en hibernation (marmottes, loirs, hérissons, grenouilles, lézards, etc.) voient certes leur température corporelle chuter, mais jamais en dessous de 1 ou 2°C. Ces animaux se débrouillent d’ailleurs pour passer la saison froide dans un habitat relativement protégé, l’hibernaculum, qu’ils ont souvent aménagé eux-mêmes en prévision de leur léthargie à venir et dont la température reste relativement constante pendant l’hiver.

Dans l’étude japonaise publiée par PLoS ONE, on n’est ni dans le programmé, ni dans le progressif. Les auteurs de ce travail ont plutôt fait dans le subit et le violent, en plaçant tout d’abord sept espèces différentes de sangsues dans un congélateur, à – 90°C, pendant 24 heures. Les représentants d’une seule espèce – Ozobranchus jantseanus, une petite sangsue tétant le sang de tortues asiatiques – ont survécu sans problème à ce traitement. On a donc poursuivi l’expérience pour tester leur résistance sur la durée. Trois mois plus tard, toutes les sangsues étaient encore vivantes. Neuf mois après le début de l’expérience, idem. Ce n’est qu’au bout de quinze mois de congélation que les premières pertes sont apparues. Et quand, trente-deux mois après le début de l’expérience, celle-ci est arrivée à son terme, une sangsue était encore en vie.

Mais les chercheurs japonais n’étaient pas au bout de leurs surprises. Ils ont également plongé cinq de ces animaux dans de l’azote liquide, soit à – 196°C, et ce 24 heures durant. Ceux qui croiraient qu’en-dessous d’un certain seuil, il n’y a plus vraiment de différence dans le grand froid, se trompent. Entre les deux expériences, il y a le même écart qu’entre mettre sa main dans la neige et la tremper dans une casserole d’eau bouillante. Quand les sangsues sont ressorties, cryogénisées, de l’azote liquide, elles n’étaient pas mortes pour autant. Après un passage dans de l’eau à température ambiante, elles ont repris vie. Toutes les cinq.

On pourrait rétorquer que ces sangsues présentent certes des caractéristiques exceptionnelles mais qu’on est loin du record en la matière, détenu par des invertébrés encore plus petits qu’elles, les tardigrades. Véritables trompe-la-mort, ces bestioles font preuve d’une résistance exceptionnelle face à quantité d’environnements hostiles, comme le vide spatial ou une plongée dans l’hélium liquide (-269°C), soit à une poignée de degrés du zéro absolu.

Mais les tardigrades ont un truc : ils ont besoin d’une période de préparation, d’adaptation, au cours de laquelle ils réduisent au maximum la présence d’eau dans leur corps, que ce soit dans les cellules ou entre elles. Au cours de cette phase de déshydratation, ils fabriquent des sucres qui vont en quelque sorte servir d’antigel. Puis, leur métabolisme va quasiment s’arrêter et, ainsi parés, ils résisteront presque à tout. Sans cette période d’acclimatation, ils s’avèrent plus fragiles que les sangsues asiatiques : une expérience a ainsi montré que seulement 22 % des tardigrades subitement plongés dans de l’azote liquide survivaient à un quart d’heure de ce traitement.

Pour les auteurs de l’étude, la performance d’Ozobranchus jantseanus est d’autant plus surprenante que rien ne prédestine cet animal à résister à un froid aussi intense, étant donné que, dans son mode de vie, il n’est que rarement exposé à des températures négatives. Pour le moment, on ignore par quel mécanisme ces sangsues parviennent à survivre à des chocs de température aussi violents. Aucune trace du procédé employé par les tardigrades ne se retrouve chez elles. Dans leurs conclusions, les chercheurs soulignent que résoudre l’énigme pourrait permettre le développement de nouvelles méthodes de préservation par le froid voire la résurrection d’organismes congelés, qu’ils soient découverts dans le pergélisol, en Antarctique… ou lors de l’exploration d’autres planètes !

Pierre Barthélémy

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