L’australopithèque Little Foot, 3,67 millions d’années, enfin sortie de sa gangue


20 ans à extraire une femme âgée de plus de 3 millions d’années, gangue de pierre et d’assembler ses os et voici l’australopithèque Mme Little Food.Espérant que l’étude de cette femme révélera son histoire
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L’australopithèque Little Foot, 3,67 millions d’années, enfin sortie de sa gangue

 

L'australopithèque Little Foot

L’australopithèque Little Foot, 3,67 millions d’années, trouvée en Afrique du Sud.

UNIVERSITÉ DU WITWATERSRAND

Par Rachel Mulot

L’australopithèque Mme Little Foot est âgée de 3,67 millions d’années. Il a fallu 20 ans pour l’extraire de sa gangue de pierre et la reconstituer. Découverte en Afrique du Sud, elle a été présentée le 6 décembre 2017 au monde entier.

Il a fallu 20 ans au professeur Ron Clarke et à ses collègues Stephen Motsumi et Nkwame Molefe, pour sortir Mme Little Foot de sa gangue de pierre de la grotte de Sterkfontain, en Afrique du sud. Morceau, par morceau. La belle australopithèque a été dévoilée le 6 décembre 2017 au public, assemblée sous un cercueil de verre, au cours d’une cérémonie émouvante à l’Université du Witwatersrand, à Johannesbourg. Cette découverte de longue haleine confirme que l’Afrique du sud est l’un des berceaux évolutifs les plus importants pour les origines humaines. Dotée de 90% de ses ossements, Mme Little Foot serait l’australopithèque la plus complète au monde, ravissant le record de Lucy. Plus vieille australopithèque d’Afrique du sud, elle a été datée de 3,67 millions d’années et son anatomie particulière fascine les spécialistes. 25 articles scientifiques sont en cours d’écriture et de lecture par des pairs et devraient paraître au début de l’année 2018 dans une revue spécialisée de rang A. Découverte par Ron Clarke, de l’Institut d’études évolutionnaires de l’Université du Witwatersrand entre 1994 et 1997, elle avait été surnommée « little foot » par le grand paléontologue Philip Tobias (décédé en 2012) parce que le premier os qui avait été exhumé était un petit morceau de pied.

Photo de l’Université du Witwatersrand.

Ron Clarke avait repéré l’os dans un morceau de brèche découpé dans une grotte profonde de Sterkfontain, rapporté à l’Université et demandé à ses assistants Stephen Motsumi et Nkwame Molefe d’aller fouiller pour voir s’il trouvaient d’autres ossements. Le puzzle a duré deux décennies.

Le paléontologue Ron Clarke et Mrs Little Foot dans la grotte de Sterkfontain

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Non, Lucy ne s’est pas tuée en tombant d’un arbre


Après que les médias ont annoncé en toute pompe que Lucy l’australopithèque est probablement morte en tombant d’un arbre, alors que d’autres spécialistes ont contesté ces faits. Quoi que je sois très intéressé à un chercheur dont une de ses multiples spécialités est la taphonomie et ses conclusions me semble plausible, mais il faut se rendre à l’évidence qu’on ne saurait probablement jamais la cause de la mort de Lucy
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Non, Lucy ne s’est pas tuée en tombant d’un arbre

 

Le squelette de Lucy, ici exposé à Houston en 2007,continue de fasciner les chercheurs MICHAEL STRAVATO/AP/SIPA

Le squelette de Lucy, ici exposé à Houston en 2007,continue de fasciner les chercheurs MICHAEL STRAVATO/AP/SIPA

Par Rachel Mulot

Sciences et Avenir a demandé à un taphonomiste et archéozoologue français d’examiner à son tour les “fractures” de l’australopithèque. Verdict : elles ont été faites après sa mort…

« Il semble que Lucy ne se soit pas tuée en tombant d’un arbre. »

Christophe Griggo, archéozoologue et taphonomiste au laboratoire Edytem de l’université de Savoie-Mont-Blanc et maître de conférences à l’Université de Grenoble-Alpes a accepté de réexaminer pour Sciences et Avenir les élements du squelette de Lucy, l’Australopithecus afrensis découverte en 1974 dans l’Afar éthiopien.

Dans une étude parue dans Naturel’anthropologue John Kappelman, de l’université du Texas à Austin (États-Unis), estime en effet que cette australopithèque arboricole et bipède s’est tuée en chutant d’un arbre, subissant de multiples fractures au passage.

Christophe Griggo est spécialiste en archéozoologie, la science qui étudie les restes des animaux pour comprendre leurs relations avec l’homme,  mais aussi en  taphonomie osseuse.  La taphonomie est une discipline qui s’intéresse à tous les processus naturels ou anthropiques qui peuvent affecter les ossements au cours de la fossilisation, depuis la mort de l’animal jusqu’à leur découverte.  Son expertise lui permet de déterminer si des brisures sur des ossements ont été provoquées par un accident ante mortem, ou causées post mortem  par des glissements, remaniements ou compactage des terrains où le corps de l’animal a été enseveli. Il a également étudié des dizaine de milliers d’ossements d’animaux préhistoriques tombés dans des avens (gouffres), sur lesquels il a pu repérer, dans de très rares cas, la signature incontestable d’une chute. Rien de tel sur Lucy, apparemment.

Os frais, os sec : des fractures différentes

“La lecture de l’article publié dans Nature et un examen  approfondi des illustrations   — ainsi que d’autres images du squelette de Lucy — , me font penser que Kappelman et ses collègues profitent de la notoriété de Lucy pour faire le buzz, pointe-t-il. L’aspect des différentes fractures ou fissures indique qu’elles résultent très certainement de problèmes taphonomiquespost mortem.” 

Et d’énumérer :

“La tête de l’humérus, le plateau tibial, le sacrum, le pelvis, le tibia distal et le fémur distal présentent des écrasements qui pourraient bien correspondre à des mouvements du sédiment ou à un compactage sédimentaire.”

Un sol peut se compacter sous le poids des sédiments ou glisser le long d’une pente, même très faible ou encore se tasser après évaporation de l’eau.

“Les fractures des os longs, comme l’humérus, sont très souvent perpendiculaires à l’axe longitudinal des os, et surtout l’aspect assez irrégulier des cassures est caractéristique d’une fracturation sur des os secs… donc survenues longtemps après la mort.”

Christophe Griggo s’étonne que John Kappelman ne se soit pas penché sur la morphologie des surfaces de cassure des os longs.

“C’est l’observation indispensable que fait tout archéozoologue pour distinguer des cassures faites sur os frais de celles faites sur os secs, explique-t-il. Lorsqu’un os frais a été brisé, (au cours d’une chute, d’un accident ou pour l’extraction de la moelle), on retrouve des cassures en spirale et présentant des surfaces de cassure lisses. En revanche, des cassures (dues à des mouvements du sol ou à des compactages des sédiments) sur os sec, ayant perdu tout ou partie de son collagène, donnent des cassures perpendiculaires ou parallèles à l’axe de l’os, et des surfaces de cassure irrégulières.”

Piétinée par un troupeau ? Noyée ?

Le chercheur français partage donc les doutes exprimés par Donald Johanson, de l’université d’État de l’Arizona et  Tim White, de l’université de Californie à Berkeley, deux paléontologues américains qui partagent la paternité de la découverte de Lucy, il y a 42 ans, avec le paléoanthropologue français Yves Coppens.

Interrogé par le Guardian, Donald Johanson estime que Lucy aurait tout aussi bien pu être piétinée par un troupeau après sa mort, avant d’être recouverte par les sédiments et progressivement intégrée dans la roche.

“Il y a des myriades d’explications pour de telles fractures, proteste l’archéologue. Le scénario selon lequel elle serait tombée de l’arbre n’en est qu’un parmi d’autres […] impossible à prouver.”

 Tim White, de son côté identifie les “fissures”  du squelette de Lucy comme des “dommages de routine infligés aux fossiles”, comme on en voit par centaines sur le terrain.

“Si les paléontologues devaient appliquer la même logique et conclusion aux nombreux mammifères dont les os fossilisés ont été tordus, malmenés par les forces géologiques, alors nous aurions aussi des gazelles, des hippopotames, des rhinocéros et des éléphants grimpant aux arbres et tombant des branches”, ironise le paléontologue.

Le mystère sur les circonstances de la mort de Lucy, il y a 3,2 millions d’années, est donc loin d’être éclairci. Mais une hypothèse reste valable : si le fossile nous est parvenu aussi complet avec ses 52 os, c’est probablement parce qu’il a été enseveli très vite dans les sédiments qui l’ont protégé de l’altération climatique et des charognards. Dans les années 1980, les chercheurs imaginaient même que Lucy, découverte dans les alluvions d’une ancienne rivière, avait pu mourir… noyée.

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Lucy l’australopithèque est probablement morte en tombant d’un arbre selon une étude


Grâce à la technologie et de les connaissances en orthopédie, il est probable que Lucy (âgé de 3,2 millions d’années) serait morte lors d’une chute de 12 mètres
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Lucy l’australopithèque est probablement morte en tombant d’un arbre selon une étude

 

Lucy, la plus célèbre des australopithèques qui vivait en Afrique il y a 3,18 millions d’années, est « probablement » morte en tombant d’un arbre, selon une étude scientifique publiée lundi dans la revue Nature.

« Notre hypothèse, c’est que Lucy a étendu le bras pour essayer d’amortir sa chute », déclare à l’AFP l’anthropologue John Kappelman, de l’Université du Texas à Austin, qui a analysé de près différentes fractures relevées sur le fossile.

Il a calculé qu’elle avait « probablement » chuté de plus de 12 mètres.

« La mort est survenue rapidement », assure-t-il.

Cette cousine de l’Homo Sapiens vieille de 3,2 millions d’années et vivant en Ethiopie a, depuis sa découverte en 1974, été l’objet d’un débat: les australopithèques, une des premières espèces bipèdes, vivaient-ils encore en partie dans les arbres?

Des fractures caractéristiques

Pour les chercheurs, la cause de la mort de Lucy peut permettre de répondre à cette question. Alors pour en savoir plus, ils ont analysé les nombreux os fossilisés de Lucy dont dispose la communauté scientifique.

Grâce à une analyse à rayons X tomographique (qui permet de reconstituer le volume d’un objet incomplet), les chercheurs ont pu reproduire avec fidélité la totalité de l’humérus grâce à l’impression 3D. Ils y ont découvert les restes de fractures.

La fin de l’humérus, notamment, était fracturée d’une manière anormale. Il y avait aussi des traces de fractures sur la cheville ou encore le genou. En les analysant, avec l’aide d’un chirurgien orthopédique, les scientifiques ont jugé que la cause la plus probable était une chute mortelle, d’une hauteur d’au moins 12 mètres.

Lucy serait tombée sur ses pieds, puis aurait essayé d’amortir le choc avec sa main.

Ces hypothèses devront évidemment être vérifiées, notamment grâce à cette nouvelle technique permettant d’analyser en détail les ossements fossiles.

Les chercheurs estiment dans leur article que cette chute était due à la nature même de l’espèce de Lucy. Etant à la fois terrestre et arboricole (se déplaçant dans les arbres), Lucy et ses congénères étaient moins à l’aise pour grimper que d’autres primates. Le prix de la bipédie.

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Qui était vraiment Lucy l’australopithèque ?


Qui est vraiment Lucy l’australopithèque, qu’on croyait être une arrière-arrière… grand-mère. D’autres découvertes, on croit que maintenant qu’elle serait une cousine lointaine. Grâce à ses os, ils ont aussi appris plus de chose sur Lucy : sa manière de se déplacer, de se nourrir, de son alimentation.
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Qui était vraiment Lucy l’australopithèque ?

 

Le paléontologue français Yves Coppens pose dans le cadre de l'exposition "Lucy à Carnac", le 10 juillet 2004 près d'une reconstitution de Lucy, australopithèque dont les ossements originaux sont conservés au musée d'Addis Abeba. © FRED TANNEAU / AFP

Le paléontologue français Yves Coppens pose dans le cadre de l’exposition « Lucy à Carnac », le 10 juillet 2004 près d’une reconstitution de Lucy, australopithèque dont les ossements originaux sont conservés au musée d’Addis Abeba. © FRED TANNEAU / AFP

C’est LA star incontestable d’il y a -3,2 millions d’années. Elle ? Lucy, ce pré humain dont les ossements ont été découverts dans les années 70 par une équipe internationale de paléontologues dont le célèbre Yves Coppens.

Des os à l’australopithèque Lucy

En 1974, Yves Coppens, Donald Johanson et Maurice Taieb, en fouillant le site d’Hadar, au nord-est de l’Ethiopie, découvrent des ossements de pré-humain. Ce qui aurait pu n’être qu’une relativement banale découverte se révélera un trésor lorsque les paléontologues réaliseront que tous ces os (52 exactement) ont la même couleur, les mêmes proportions et ne peuvent donc qu’appartenir à un seul être. Avec 40% des os que nous possédons tous, ce squelette de 3,2 millions d’années est le plus complet jamais découvert. Cette créature venue du fond des âges, nommée Lucy en écho à la chanson des Beatles « Lucy in the sky with diamonds » que les archéologues écoutaient au moment de la trouvaille, sera, en 1978, rattachée à l’espèce des Australopithecus afarensis.

Lucy aimait grimper dans les arbres et savait couper sa viande

Un peu comme une carte d’identité profonde, les os permettent d’en savoir beaucoup sur leur propriétaire : sa taille bien sûr, son poids approximatif, son régime alimentaire (en étudiant ses dents) et même ses gestes via l’étude des articulations… Alors, ceux de Lucy, que nous disent-ils ? Qu’elle mesurait entre 1,10 m et 1,20 m pour 25 kg, possédait un visage prognathe et un petit cerveau d’environ 400 cm3. D’autres crânes d’Australopithèques afarensis découverts ensuite, plus volumineux, suggèrent qu’il existait un fort dimorphisme sexuel dans cette espèce : aussi, du fait de son petit gabarit, Lucy serait donc une femelle. S’il est peu probable que Lucy ait été une chasseuse, son faible volume cérébral ne l’empêchait pas de découper la viande avec des outils, comme le laissent penser des ossements retrouvés bardés de traces de pierre. D’abord imaginée végétarienne, Lucy serait donc plus vraisemblablement, une charognarde. Parmi les os de Lucy, fémur et bassin en disent long sur sa façon de se déplacer : Lucy était bipède lorsqu’elle marchait -de manière chaloupée-, mais elle préférait sans doute grimper dans les arbres, comme en témoignent ses membres supérieurs un peu plus longs que ses membres inférieurs. Ces caractéristiques la classent donc, entre nos ancêtres purement grimpeurs et nos ancêtres essentiellement bipèdes.

Lucy, notre arrière arrière arrière (…) grand-mère ? Pas tout à fait…

Du fait de sa bipédie, Coppens et ses collègues ont cru qu’A. Afarensis était un de nos ancêtres direct. Mais de nouvelles découvertes sont venues ébrécher cette idée notamment lorsque l’on a trouvé Toumaï, un squelette de pré humain âgé de 7 millions d’années, déjà bipède. On pense donc aujourd’hui qu’il y a 8 à 10 millions d’années, lorsque les lignées des grands singes et celles des humains ont pris des chemins séparés, une sorte d’embranchement évolutif a permis l’émergence de nombreuses lignées de pré humains « dont Lucy est une fleur », pour citer le paléontologue. Aujourd’hui, il est admis que les Australopithèques afarensis se situent sur une branche déjà séparée de celle du genre Homo. Lucy serait donc, non pas une grand-mère mais une très ancienne cousine éloignée.

Pourquoi Lucy est elle si célèbre ?

Depuis Lucy, d’autres A. afarensis ont été découverts. Divers ossements, attribués à des individus aux noms tels que AL 200-1 ou AL 444-2 ont été mis à jours en Ethiopie et au Kenya. On a même trouvé les ossements d’une famille de 13 individus en 1975. Puis a été exhumée une jeune australopithèque, Selam, en décembre 2000, à quatre kilomètres du lieu où Lucy a été découverte. Mais tous ces ancêtres n’ont pas été si « incarnés » que Lucy, sur qui on pouvait projeter une silhouette et presque un visage, pour la première fois.

Selon Coppens, « le fait que ce soit une femme a beaucoup joué. On l’a présentée – à tort – comme la mère de l’humanité. Elle est devenue le symbole de la naissance de l’homme. »

Par Marina Lena

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Little Foot aurait 3,67 millions d’années


Dans quel coin du monde que tout a commencé pour l’homme, la découverte d’ossements donnent des indices, mais ce n’est qu’avec le perfectionnement des techniques de datation que les chercheurs peuvent mettre des suppositions. Reste à savoir si un jour, la certitude sera sans équivoque
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Little Foot aurait 3,67 millions d’années

 

Depuis la découverte de Little Foot («Petit pied»)... (Photo LAURENT BRUXELLES, archives AFP)

Depuis la découverte de Little Foot («Petit pied») en 1997 dans une grotte du site de Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesburg, la bataille fait rage entre les experts pour déterminer l’âge de ce fossile d’australopithèque le plus complet jamais trouvé.

PHOTO LAURENT BRUXELLES, ARCHIVES AFP

PASCALE MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
PARIS

L’australopithèque Little Foot, découvert il y a près de vingt ans en Afrique du Sud, serait âgé de 3,67 millions d’années, révèle une équipe de chercheurs qui a réalisé une nouvelle datation de ce célèbre fossile.

Cet âge fait du petit «homme singe» sud-africain un contemporain de la fameuse Lucy, australopithèque trouvée en Éthiopie en 1974 et dont l’âge présumé serait de plus de 3 millions d’années.

«Cela remet l’Afrique du Sud dans la course de l’évolution humaine», alors que depuis plusieurs décennies, l’Afrique de l’Est tenait la corde, a déclaré à l’AFP Laurent Bruxelles, chercheur à l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) en France.

«Avec un âge de 3,67 millions d’années, Little Foot arrive largement avant Homo Habilis, notre ancêtre direct, apparu il y a environ 2,5 millions d’années», souligne Laurent Bruxelles. «Dans ce cas, rien ne s’oppose à ce que cet australopithèque sud-africain soit à l’origine de l’humanité». «Tout reste possible», a souligné M. Bruxelles qui a participé à l’étude.

La marge d’erreur de la nouvelle datation est de plus ou moins 160 000 ans, précisent les scientifiques qui ont utilisé la datation par isotopes cosmogéniques (générés par les rayonnements cosmiques qui bombardent la Terre) dans une version améliorée et publient leur étude mercredi dans la revue britannique Nature.

Depuis la découverte de Little Foot («Petit pied») en 1997 dans une grotte du site de Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesburg, la bataille fait rage entre les experts pour déterminer l’âge de ce fossile d’australopithèque le plus complet jamais trouvé.

Quatre millions d’années? 3,3 millions? Ou seulement 2,2 millions? L’enjeu est de taille.

La nouvelle datation a été établie par une équipe internationale, qui comprend notamment le découvreur de Little Foot, Ronald Clarke.

«Datation solide»

En 1994, il trouve dans une boîte d’ossements divers provenant de déblais miniers de la grotte de Silberberg, quatre petits os provenant du pied d’un hominidé très ancien qu’il baptise «Little Foot». Trois ans plus tard, le paléoanthropologue de l’Université sud-africaine de Witwatersrand trouve dans une autre boîte des os de pied provenant du même pré homme et un morceau de tibia.

Avec ces indices, son équipe retrouve dans la grotte le squelette quasi entier de Little Foot enserré dans une gangue calcaire. Il gît à 25 mètres de profondeur. Selon les chercheurs, il a sans doute fait une chute mortelle dans le gouffre.

Treize années ont été nécessaires pour dégager Little Foot. Ce fossile serait un représentant de l’espèce Australopithecus prometheus.

Rapidement, Ronald Clarke attribue un âge de 3,3 millions d’années à Little Foot en se basant sur la morphologie de l’hominidé et sur une première datation des coulées stalagmitiques de la grotte.

Puis en 2003, le géologue Darryl Granger suggère une datation des sédiments entourant le fossile d’environ 4 millions d’années, en utilisant la datation par isotopes cosmogéniques. Elle décrypte le vieillissement d’isotopes de l’aluminium et du béryllium. «Mais la marge d’erreur était de plus ou moins un million d’années», explique M. Bruxelles.

Trois ans plus tard, une étude britannique sème le trouble: Little Foot n’aurait que 2,2 millions d’années, selon l’analyse de sédiments entourant le squelette.

Ronald Clarke ne parvient pas à y croire et il demande en 2006 à Laurent Bruxelles, spécialiste des cavités en milieu calcaire, de démêler la succession de strates qui entourent le fossile. La grotte a subi des inondations, des effondrements et des dynamitages par les mineurs.

Le géomorphologue de l’Inrap remet de l’ordre dans tout cela. Il établit que les dépôts calcaires datés de 2,2 millions d’années sont postérieurs à Little Foot. Les études repartent sur de nouvelles bases.

Darryl Granger, de l’Université Purdue de l’Indiana, refait des analyses, en se basant sur la même méthode de datation cosmogénique, mais améliorée. Une autre innovation, utilisant un aimant, permet d’affiner encore la datation.

«Les résultats sont étonnants», souligne l’Université de Witwatersrand de Johannesburg.

 Sur les onze échantillons récoltés au cours de la dernière décennie, neuf se trouvent sur une unique courbe, apportant ainsi «une datation solide au dépôt», pointe l’université.

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La mâchoire qui refait notre histoire


Ce n’est pas à tous les jours qu’on peut trouver une mâchoire de 2,8 millions d’années. Ce mandibule découverte en Afrique va probablement occuper les scientifiques sur les changements de l’être humain à travers l’histoire.
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La mâchoire qui refait notre histoire

 

Une mandibule vieille de 2,8 millions d'années 

Photo :  Brian Villmoare

Ce n’est qu’un morceau de mâchoire avec cinq dents, mais il en dit long sur l’histoire de l’humanité. C’est que cette mandibule mise au jour en Éthiopie date de 2,8 millions d’années. Elle devient ainsi le plus ancien fossile du genre Homo jamais découvert et repousse par le fait même l’origine des humains de 400 000 ans.

Cette découverte bouleverse nos connaissances sur l’émergence du genre Homo, estiment les paléontologues dont les travaux sont publiés dans les revues Science et Nature.

Cette mâchoire inférieure contribue à réduire le fossé dans l’évolution entre l’Australopithèque (Lucy datant de 3,2 millions d’années) et les premières espèces du genre Homo comme l’Homo erectusbou l’Homo habilis.

« Ce fossile est un excellent exemple d’une transition des espèces dans une période clé de l’évolution humaine. » Auteurs

L’os de 8 centimètres de long a été trouvé en 2013 dans une zone de fouille appelée Ledi-Geraru dans la région Afar en Éthiopie par une équipe internationale menée notamment par Kaye Reed, de l’Université d’Arizona, et Brian Villmoare, de l’Université du Nevada.

Les scientifiques cherchent depuis des années des fossiles en Afrique afin de trouver des indices des origines de la lignée Homo, mais sans grand succès puisqu’ils ont découvert très peu de fossiles de la période jugée critique allant de moins 3 millions d’années à moins 2,5 millions d’années.

Actuellement, les experts ne sont pas d’accord sur la période de l’origine de la lignée Homo qui a abouti à l’émergence des humains modernes, l’Homo Sapiens, il y a environ 200 000 ans.

Le nouveau fossile apporte des indices importants sur les changements intervenus dans la mâchoire et les dents chez le genre Homo seulement 200 000 ans après la dernière trace connue de l’Australopithecus, à savoir Lucy. Son fossile a été découvert en Éthiopie en 1974 pas très loin de Ledi-Geraru.

« Des fossiles de la lignée Homo de plus de 2 millions d’années sont très rares et le fait d’avoir un éclairage sur les toutes premières phases de l’évolution de notre lignée est particulièrement emballant. » — Brian Villmoare

Ces chercheurs notent qu’ils ne sont pas en mesure de dire avec cette seule mâchoire s’il s’agit ou non d’une nouvelle espèce du genre Homo qui aurait abouti en évoluant à l’Homo sapiens.

Changement climatique

Des travaux complémentaires publiés dans Science portant sur la géologie et le climat dans la même région d’Éthiopie, où a été trouvé le fossile de Ledi-Gerbera, montrent qu’un changement climatique a rendu l’environnement plus aride il y a 2,8 millions d’années.

Les scientifiques ont découvert des fossiles de mammifères contemporains montrant qu’il y avait dans cet environnement surtout des espèces vivant dans des habitats dominés par de petits arbustes et la savane où les arbres étaient rares, alors qu’à l’époque de Lucy, qui était encore un grand singe, la végétation était plus verdoyante avec des forêts.

« Nous pouvons voir des indications de sécheresse dans la faune dominante dans l’environnement de Ledi-Geraru. » — Pr Kaye Reed, Université d’Arizona

Il est cependant encore trop tôt pour dire si le changement climatique est à l’origine de l’émergence du genre Homo. Il faudra examiner un plus grand nombre de fossiles d’hominidés pour en arriver à cette conclusion.

L’hypothèse du changement climatique ayant conduit à l’extinction des espèces antérieures à celles du genre Homo et à l’émergence de ce dernier est souvent avancée par les scientifiques.

Avec la disparition des arbres, les singes ont dû s’adapter à un nouvel environnement. Leur cerveau est devenu plus gros, ce qui leur a permis de fabriquer des outils pour survivre et de moins dépendre de mâchoires puissantes et de grosses dents, estiment les scientifiques.

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Karabo: découverte d’un squelette «pré-humain» unique


Un jeune enfant mort il y a deux millions d’année .. ayant encore presque tous ses os va raconter l’histoire de sa vie et des hommes et femmes qui vivaient a la même époque .. Une aubaine pour les scientifiques
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Karabo: découverte d’un squelette «pré-humain» unique

 

L’étude de ses dents a en outre révélé très récemment un régime alimentaire étonnant: alors que la plupart des autres hominidés se nourrissaient de feuilles et des plantes tendres, Sediba préférait largement le bois et les écorces d’arbres.

AFP

Agence France-Presse

Le squelette «le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme», appartenant à un australopithèque vieux de deux millions d’années a été exhumé près de Johannesburg par des scientifiques sud-africains, qui lui ont donné le nom de Karabo.

Il s’agit «presque à coup sûr (…) du squelette le plus complet jamais découvert d’un ancêtre de l’homme», a déclaré le professeur Lee Berger, de l’université du Witwatersrand (Wits) de Johannesburg, qui a identifié au scanner des fragments importants d’ossements enchâssés à l’intérieur d’un bloc rocheux d’un mètre de diamètre.

Le jeune individu, baptisé Karabo, avait entre 9 et 12 ans au moment de sa mort. Il appartient à l’espèce «Australopithecus Sediba», et provient de la grotte de Malapa, sur le très riche site archéologique sud-africain connu sous le nom de «berceau de l’humanité», inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.

Le scanner a révélé la présence dans la roche de fragments de mâchoire, de côtes, d’un fémur complet comme il n’en existe aucun dans les collections actuelles, ainsi que de vertèbres et d’autre éléments de membres.

Australopithecus Sediba n’est pas un inconnu pour les scientifiques. On sait qu’il a vécu il y a environ deux millions d’années, à peu près à l’époque où les primates du genre «homo», nos ancêtres directs, ont succédé sur terre aux australopithèques primitifs.

Des fragments de deux spécimens avaient été découverts en 2008 au même endroit, à quelques kilomètres au nord de Johannesburg.

«Ce qui rend ce site unique», a expliqué à l’AFP Bonita De Klerk, chef de laboratoire à Wits, «c’est que nous avons réussi à trouver toutes les pièces du puzzle. Ces squelettes sont presque complets, et à chaque fois que nous faisons une découverte comme celle-là, nous ajoutons une pièce manquante au puzzle».

Long bras et gros cerveau

La place de Sediba dans l’arbre généalogique de l’espèce humaine n’est cependant pas encore totalement définie. Il pourrait être un descendant d’Australopithecus Africanus, lui-même issu d’Australopithecus Afarensis, la famille de la célèbre «Lucy» vieille de trois millions d’années, et considérée par certains scientifiques comme une grand-mère possible de l’humanité.

L’espèce fascine les scientifiques, car elle présente à la fois des caractéristiques propres aux hominidés modernes et anciens, avec une posture droite permettant la bipédie, mais des pieds qui suggèrent qu’il vivait partiellement dans les arbres, un cerveau relativement complexe, de longs bras, des doigts courts et un pouce long permettant de saisir avec précision.

L’étude de ses dents a en outre révélé très récemment un régime alimentaire étonnant: alors que la plupart des autres hominidés se nourrissaient de feuilles et des plantes tendres, Sediba préférait largement le bois et les écorces d’arbres.

L’histoire de la découverte de Karabo relève de l’anecdote. Le bloc de pierre prélevé sur un site riche en fossiles dormait depuis presque trois ans dans un laboratoire de Wits, dans l’attente d’être analysé.

C’est en le déplaçant au mois de juin de cette année pour l’embarquer dans un véhicule qu’un technicien du laboratoire a remarqué une protubérance qui semblait surgir de la pierre.

«Il a appelé le professeur Berger et il a dit:  »Oh, je crois que c’est une dent d’hominidé ». Il avait raison», raconte Mme De Klerk. «Mais quand nous avons scanné le rocher, nous nous sommes aperçu qu’il y avait bien plus qu’une dent, il y avait plein d’autres ossements du même individu».

Le bloc rocheux sera prochainement cassé et ouvert pour en extraire les fossiles pétrifiés.

http://www.lapresse.ca