Attentat de Boston : le suspect hospitalisé répondrait par écrit


Alors qu’on avait annoncé que Dzhokhar Tsarnaev ne pourrait peut-être pas communiqué, il semblerait qu’aujourd’hui, il s’est réveillé et communique par écrit. Les accusations seront probablement portées aujourd’hui. Alors que pour son frère qui est mort, la Russie avaient demandé une enquête en 2011. Il semblerait que certains signes laissaient croire son ascension vers le terrorisme.
Nuage

 

Attentat de Boston : le suspect hospitalisé répondrait par écrit

 

Le compte rendu de Marie-Claude Guay

Des médias américains rapportent dimanche soir que le seul suspect encore en vie du double attentat à la bombe à Boston, Dzhokhar Tsarnaev, est maintenant conscient et répond à des questions par écrit, malgré sa blessure à la gorge.

Selon les réseaux NBC News, ABC News et le site Internet du journal USA Today, qui citent des responsables fédéraux et des sources policières, les enquêteurs ont commencé à poser des questions au jeune de 19 ans sur d’éventuels complices et sur d’autres bombes éventuelles qui n’auraient pas explosé.

Aucune information n’a toutefois été confirmée officiellement. Un peu plus tôt aujourd’hui, les autorités avaient indiqué que Dzhokhar Tsarnaev pourrait bien ne jamais pouvoir parler en raison de ses blessures. Selon le New York Times, le jeune homme aurait tenté de se suicider d’une balle dans le cou avant sa capture vendredi. Il aurait été aussi blessé à la jambe. Le FBI refuse de communiquer un bilan de santé plus précis.

Le jeune homme a été hospitalisé vendredi après avoir été extirpé d’un bateau dans une cour de Watertown, en banlieue de Boston. Son frère de 26 ans, Tamerlan, l’autre suspect dans l’attentat, avait été tué plus tôt dans un échange de coups de feu avec la police.

L'hôpital de Boston où se trouve Dzhokhar TsarnaevL’hôpital de Boston où se trouve Dzhokhar Tsarnaev  Photo :  PC/Julio Cortez

Depuis son arrestation, Dzhokhar Tsarnaev demeure sous haute surveillance policière à l’hôpital Beth Israel de Boston.

Une équipe d’enquêteurs d’élite chargés d’interroger les principaux suspects terroristes est présente à l’hôpital, ainsi que des procureurs fédéraux, qui travaillent à l’élaboration des chefs d’inculpation.

D’ailleurs, Dzhokhar Tsarnaev pourrait être accusé dès aujourd’hui, selon un responsable du département de la Justice qui s’est entretenu dimanche avec les journalistes de CNN sous le couvert de l’anonymat.

Les autorités n’ont pas rendu publiques les accusations auxquelles il pourrait faire face, mais selon ce responsable, le jeune homme pourrait être accusé de meurtre et de terrorisme.

Un juge ou un magistrat pourrait d’ores et déjà se rendre à l’hôpital pour l’informer des chefs d’accusation qui pèsent contre lui, selon le responsable. Compte tenu de l’état du suspect, un arrangement serait pris plus tard pour compléter la procédure.

Les policiers espèrent pouvoir interroger le suspect pour sa présumée participation dans l’attentat qui a fait trois morts et quelque 180 blessés.

S’il peut finalement être interrogé, le FBI pourrait invoquer dans un premier temps « l’exception de sécurité publique » pour tirer le maximum d’informations, ont affirmé les autorités. Cette mesure signifie que Djokhar Tsarnaev ne pourrait pas se prévaloir des droits dits Miranda, qui prévoient qu’il peut garder le silence et bénéficier d’un avocat pendant les interrogatoires.

Le jeune homme pourrait même être passible de la peine de mort si le procureur général des États-Unis le décidait, a indiqué Carmen Ortiz, ministre de la Justice de l’État du Massachusetts.

Découverte d’un « arsenal d’explosifs »

Par ailleurs, pendant l’émission Face the Nation du réseau CBS, le commissaire de la police de Boston, Ed Davis, a déclaré que les autorités avaient découvert un arsenal d’explosifs artisanaux après la fusillade de vendredi entre la police et les deux suspects.

« Nous avons des raisons de croire, en raison des preuves découvertes sur les lieux – les explosions, les engins explosifs non utilisés et la puissance de feu dont ils disposaient – qu’ils allaient attaquer d’autres personnes », a-t-il dit.

Les frères Tamerlan Tsarnaev, à gauche, et Dzhokhar Tsarnaev, sont les deux suspects de l'attentat du marathon de Boston.

Les frères Tamerlan Tsarnaev, à gauche, et Dzhokhar Tsarnaev, sont les deux suspects de l’attentat du marathon de Boston.  Photo :  AP/The Lowell Sun & Robin Young

Le FBI avait enquêté sur Tamerlan Tsarnaev

Tant que Djokhar Tsarnaev n’est pas en état de parler, l’enquête se concentre sur le parcours de son frère Tamerlan, tué jeudi soir lors d’une course-poursuite avec la police.

Les enquêteurs s’intéressent notamment aux six mois qu’il a passés l’an dernier au Daguestan et en Tchétchénie.

« Il n’a fait que rendre visite à des membres de la famille », selon son père, Anzor.

Les autorités russes avaient demandé en 2011 au FBI de faire des vérifications sur Tamerlan, fondées « sur une information selon laquelle il était un partisan de l’islam radical et un fervent croyant et qu’il avait drastiquement changé en 2010 », a précisé la police fédérale, qui, faute de trouver des détails compromettants, avait relâché sa vigilance.

Le FBI s’est du coup retrouvé dimanche sous le feu des critiques pour ne pas avoir continué à surveiller Tamerlan Tsarnaev à son retour à Boston en juillet 2012.

« Il y a beaucoup de questions qui méritent des réponses », a tonné le sénateur démocrate Charles Schumer. « Pourquoi n’a-t-il pas été interrogé à son retour? Et que s’est-il passé en Tchétchénie qui puisse l’avoir radicalisé? », s’est-il demandé.

Pour le sénateur républicain Lindsay Graham, « le FBI est passé à côté » d’éléments qui auraient pu alerter sur sa radicalisation.

« Il allait sur des sites internet qui parlent de tuer des Américains, […] il émettait clairement des idées radicales, il est allé dans des zones de radicalisme » islamiste, a-t-il énuméré.

Les autorités russes ont indiqué dimanche n’avoir trouvé aucun lien entre les frères Tsarnaev et la rébellion du Caucase. Le commandement de la rébellion au Daguestan a de son côté déclaré dans un communiqué que

 les rebelles caucasiens « ne mènent pas d’opérations militaires contre les États-Unis d’Amérique ».

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