Cette pierre gravée il y a 10.000 ans serait le plus ancien calendrier lunaire


Près de Rome, une pierre longiligne datant de 10 000 ans, portant 27 ou 28 des entailles sur ses trois côtés. Les archéologues croient qu’il était utilisé comme calendrier lunaire par les Homo sapiens. Cela démontrait encore une fois qu’ils étaient beaucoup plus intelligent que l’on croyait, il aurait eu probablement des notions en astronomie.
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Cette pierre gravée il y a 10.000 ans serait le plus ancien calendrier lunaire


Marie-Céline Ray
Journaliste

Découvert à Velletri, près de Rome en Italie, ce petit objet en pierre daterait du paléolithique supérieur. Une étude réalisée par un chercheur de l’université Sapienza montre qu’il porte des entailles au nombre de 27 ou 28, suggérant un lien avec le cycle lunaire.

Si vous ouvrez votre agenda sur la page de cette semaine, peut-être constaterez-vous que jeudi prochain commence un nouveau cycle de la Lune, en même temps qu’un nouveau mois de l’année. Mais comment faisaient les hommes préhistoriques pour se repérer dans leur calendrier et quelles connaissances avaient-ils des cycles lunaires ? Cette curieuse pierre trouvée en 2007 dans les collines Alban, au sud de Rome, apporte peut-être un élément de réponse.

L’objet allongé a intrigué les archéologues à cause de petites incisions linéaires qu’il porte sur trois de ses faces. Ces entailles orientées perpendiculairement par rapport aux bords du caillou formaient donc trois ensembles, l’un comprenant sept traits, l’autre neuf/dix et le dernier onze. Ces marques, espacées régulièrement sur chaque côté, utilisaient toute la longueur du caillou.

Le nombre total de ces marques, 27 ou 28, rappelle celui des jours d’un cycle lunaire, ce qui suggère un lien avec le cycle de la Lune. Pour en savoir un peu plus sur l’histoire de cet objet, différentes analyses microscopiques, à la fois au microscope optique et électronique, ont étéeffectuées. D‘après l’université Sapienza, les entailles auraient probablement été réalisées à la fin du pleistocène, il y a plus de 10.000 ans.







Le saviez-vous ?

Le pléistocènes, qui couvre la majeure partie de l’ère quaternaire, correspond aux quatre périodes glaciaires. Il est suivi par l’holocène, plus récent. Le paléolithique est la période de la préhistoire la plus ancienne, qui se caractérise par l’utilisation de la pierre taillée par l’Homme. Elle se termine vers -10.000 ans, avec le retrait de la glaciation et le début du mésolithique. Si le pleistocène et le paléolithique recouvrent des périodes proches, l’un fait référence à l’histoire géologique et l’autre à l’histoire humaine.


L’analyse pétrochimique de la pierre montre qu’il s’agit d’un calcaire marneux provenant d’un affleurement situé à une dizaine de kilomètres du lieu de sa découverte.

Un outil de pierre transformé en calendrier lunaire ?

Les études réalisées sur le petit objet ont permis de retracer la chronologie de son histoire.

Il aurait d’abord été utilisé pour modifier d’autres outils en pierre, « puis comme pilon pour broyer des pigments colorés tels que l’ocre rouge », explique le communiqué de l’université.

Cet objet longiligne pouvait servir de calendrier lunaire. © Altamura, Journal of Archaeological Science 2019, Sapienza Universita di Roma

Cet objet longiligne pouvait servir de calendrier lunaire. © Altamura, Journal of Archaeological Science 2019, Sapienza Universita di Roma

Pour Flavio Altamura, chercheur au département des antiquités à l’université Sapienza, « L’étude révèle que les entailles ont été réalisées au fil du temps en utilisant plusieurs types d’outil de taille, comme si elles avaient été utilisées pour le comptage et le calcul, ou pour stocker certaines informations sur une période de temps. »

 Dans l’article paru dans la revue Journal of Archaeological Science, l’archéologue explique que l’objet « affiche toutes les fonctionnalités théorisées dans la littérature pour la validation des calendriers lunaires. »

Cette pierre, bien que mystérieuse, témoigne des capacités cognitives et mathématiques d’Homo sapiens à cette époque et peut-être de ses connaissances sur les phases de la Lune. L’intérêt d’Homo sapiens pour l’astronomie a déjà été évoqué pour expliquer des figurations dessinées dans des grottes comme celle de Lascaux, et qui pourraient reproduire des constellations.

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Un objet longiligne en pierre a été retrouvé près de Rome.

  • Sur trois de ses côtés, il porte des entailles au nombre de 27 ou 28.

  • Gravé il y a plus de 10.000 ans, ce petit objet pourrait servir de calendrier lunaire.

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Représentation du cosmos : qu’est-ce que le disque de Nebra ?



Le disque de Nebra trouvé par des chasseurs de trésor en Allemagne a été longtemps caché car il a été vendu sur le marché noir. Heureusement, ce disque et ainsi que le site d’où il vient est maintenant connu des archéologues. Le disque de Nebra fait de bronze et d’or datant entre 1600 et 1560 av J.-C. serait la plus ancienne reproduction du cosmos.

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Représentation du cosmos : qu’est-ce que le disque de Nebra ?

repsentation cosmos disque nebra

| Dbachmann/Wikimédia

Thomas Boisson

L’Homme a tout d’abord été terrifié par le ciel, avant d’en être fasciné. Ainsi, non seulement a-t-il tourné sa tête vers la voûte céleste, mais il en a également produit des représentations qui ont survécu jusqu’à aujourd’hui. C’est notamment le cas du disque céleste de Nebra, considéré actuellement comme la plus ancienne représentation concrète du cosmos connue dans le monde.

En juillet 1999, les chasseurs de trésor Henry Westphal et Mario Renner fouillent illégalement une zone située à Nebra-sur-Unstrut (Allemagne) à l’aide de détecteurs de métaux. Ils découvrent alors un disque de bronze de 2 kg et d’environ 30 cm de diamètre, recouvert d’une patine bleu-vert et de symboles en or incrustés à sa surface. Au cours de l’excavation, ils endommagent une partie du disque et du site où il se trouve

Connaissant la nature illicite de leur découverte, ils vendent l’objet au marché noir de Cologne. Le disque transitera ainsi de propriétaire en propriétaire, jusqu’à ce qu’en 2001 son existence soit rendue publique. C’est alors qu’en 2002, l’archéologue d’état Harald Meller s’empare du disque au cours d’une perquisition policière menée dans la ville de Bâle (Suisse). En guise de pardon, les deux délinquants conduisent les autorités sur le site de leur trouvaille.

Ce dernier, un site préhistorique habité au Néolithique, situé à 60 km de Leipzig, entoure le sommet d’une colline dans la forêt de Ziegelroda, elle-même contenant un millier de tumulus datés de la même période. Sur place, les archéologues découvrent de nombreux autres objets, constituant un véritable dépôt culturel. Ces derniers, et le disque, sont aujourd’hui conservés au Musée régional de la préhistoire de Hall (Allemagne).

Une représentation de la voûte céleste

Le disque est une plaque circulaire dans laquelle plusieurs symboles en or sont incrustés. Le rond plein est interprété comme étant le Soleil ou la pleine Lune. Le croissant comme étant la Lune ou le Soleil lors d’une éclipse. Les 32 points sont des étoiles ; le groupe de 7 points représentant certainement la constellation des Pléiades.

disque nebra

Photo du disque de Nebra, au musée Pergamon de Berlin. Crédits : Anagoria

Les deux arcs de chaque côté couvrent un angle de 82°, indiquant la position du Soleil (couchant ou levant) lors des solstices d’été et d’hiver à la latitude du lieu de découverte. Un arc est également présent en bas du disque, représentant soit la Voie lactée, soit une barque (ou char) solaire — c’est-à-dire un élément symbolique lié à la course du Soleil. Pour finir, le tour du disque est composé de 39 trous dont la signification est encore inconnue.

Disque de Nebra : une encyclopédie astronomique de l’Âge du Bronze

L’objet aurait pu avoir une signification religieuse, mais il s’agit plus probablement d’un objet possédant une fonctionnalité astronomique et visant à perpétuer les connaissances relatives au ciel.

L’angle couvert part les deux arcs latéraux permet d’imaginer une utilisation horizontale du disque afin de repérer les positions du Soleil lors des équinoxes. Tandis que le groupe de 7 points représentant les Pléiades aurait pu jouer un rôle important pour les semailles (les Pléiades accompagnant la nouvelle Lune lors de cette saison).

utilisation disque nebra

Les arcs latéraux permettent d’imaginer une utilisation du disque consistant à repérer les positions du Soleil lors des équinoxes. Crédits : Rainer Zenz

Les 32 étoiles auraient également une signification importante, car la nouvelle Lune apparaissait aux côtés des Pléiades 32 jours après le début de l’année. Et 32 années solaires correspondent à 33 années lunaires (32 points-étoiles + le rond plein), permettant d’établir un cycle rythmant les activités saisonnières en fonction des phases de la Lune. Le disque de Nebra serait ainsi une sorte d’encyclopédie astronomique concentrant tout le savoir des populations européennes de l’Âge du Bronze à cette époque.

objets site nebra


Le disque a été retrouvé au milieu de nombreux autres objets datant de l’Âge du Bronze, sur le site de Nebra. Crédits : Dbachmann

La datation du disque a été effectuée conjointement avec celles des autres objets trouvés à ses côtés, principalement des épées, des haches et des bracelets. Une analyse au carbone 14 a placé l’âge du disque entre 1600 et 1560 av J.-C. Tandis qu’une analyse par fluorescence aux rayons X a permis de déterminer l’origine des matériaux : la rivière Carnon (Angleterre) pour l’or et la ville de Bischofshofen (Autriche) pour le cuivre. Le disque est ainsi considéré comme la plus ancienne représentation du cosmos jusqu’à présent.

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L’univers fascinant de l’astronomie chinoise


Quand nous entendons parler de nébuleuses, comètes, étoiles, c’est souvent par des scientifiques de la NASA ou par l’agence spatiale européenne. Il y a aussi dans l’histoire spatiale des manuscrits dans certaines civilisations. La Chine est un bel exemple à savoir en astronomie. Grâce à leurs observations qu’ils ont notées sur des manuscrits au cours des millénaires. Aujourd’hui, il est remarquable de voir autant de précisions sur les supernovae, la nébuleuse du Crabe. Ils ont même noté les 29 passages depuis l’an -240 à nos jours la comète de Halley, ainsi qu’-200 av J.C, ils savaient que le Soleil avait des taches.
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L’univers fascinant de l’astronomie chinoise avec Jean-Marc Bonnet-Bidaud


Floriane Boyer

Rédactrice

L’astrophysicien Jean-Marc Bonnet-Bidaud nous emmène à la découverte des trésors longtemps ignorés de l’astronomie chinoise, riche de plusieurs millénaires, marquée par une rigueur scientifique avant-gardiste et des observations minutieuses des évènements astronomiques les plus remarquables. Encore aujourd’hui, ces données profitent à notre compréhension de l’univers..

Pour Jean-Marc Bonnet-Bidaud, astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), tout a commencé avec la fin cataclysmique des étoiles : les supernovae. De ces spectaculaires explosions d’astres mourants ne subsiste qu’une nébuleuse de gaz, appelée rémanent, formant un cocon en expansion autour d’un noyau très dense. Mais au départ, les supernovae figurent parmi les phénomènes les plus violents et lumineux de l’univers, tant et si bien que depuis la Terre, elles peuvent paraître telles de nouvelles étoiles brillant durant des mois, voire des années. Ce sont les mystérieuses « étoiles invitées », décrites depuis déjà plus de 3.000 ans par les astronomes chinois. 

Grâce à un partenariat entre le CEA et la Chine, Jean-Marc Bonnet-Bidaud s’est rendu dans un laboratoire de Pékin pendant un an, à la fin des années 1980. Cette première immersion dans la culture de l’Empire du milieu aura le goût d’une révélation, avec la découverte de la richesse vertigineuse de l’héritage chinois en matière d’astronomie, encore trop largement dédaignée de nos jours.

Jean-Marc Bonnet-Bidaud est astrophysicien au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), également historien des sciences et vulgarisateur scientifique à ses heures. © Jean-Marc Bonnet-Bidaud

Jean-Marc Bonnet-Bidaud est astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), également historien des sciences et vulgarisateur scientifique à ses heures. © Jean-Marc Bonnet-Bidaud

De cette expérience naîtra l’ouvrage 4.000 ans d’astronomie chinoise : les officiers célestes (2017), retraçant l’histoire de cette discipline commencée vingt siècles avant notre ère, jalonnée par des découvertes capitales, faites souvent avec beaucoup d’avance par rapport à la civilisation européenne. Jean-Marc Bonnet-Bidaud revient pour nous sur sa passionnante exploration de l’astronomie chinoise.

La nébuleuse du Crabe : première plongée dans l’astronomie chinoise

Mon travail a été d’essayer de retrouver les restes d’explosions d’étoiles. Quand j’ai commencé, il y a une trentaine d’années, on en connaissait à peu près cent. Maintenant, on en compte des milliers. Quelques-unes ont explosé durant les 2.000 dernières années. Donc à certaines époques, elles ont été observées par les civilisations humaines.

Une civilisation sans pareil dans le monde

Une des plus importantes nébuleuses qui a été décelée était la nébuleuse du Crabe. Or, le texte le plus précis décrivant cette explosion était un manuscrit chinois de 1054. La première surprise pour moi était que des gens l’avaient vue dans le ciel et l’avaient noté, cela suffisamment précisément pour que je puisse m’en servir presque mille ans après. Ils donnaient la date, la durée(deux ans) et la luminosité (aussi brillant que Vénus). Cela nous permet de reconstituer aujourd’hui ce qui s’est passé, la température du gaz, le temps pris pour refroidir, la quantité de matière éjectée, la puissance de l’explosion.

L'explosion d'une étoile massive (supernova), apparaissant telle une nouvelle étoile (étoile invitée ou guest star, en anglais) dans le ciel le 4 juillet 1054, a été consignée dans les archives d'astronomie chinoises (passages indiqués par les traits rouges). © DP

L’explosion d’une étoile massive (supernova), apparaissant telle une nouvelle étoile (étoile invitée ou guest star, en anglais) dans le ciel le 4 juillet 1054, a été consignée dans les archives d’astronomie chinoises (passages indiqués par les traits rouges). © DP

Une de mes découvertes fut qu’il ne s’agissait pas d’une observation isolée, d’une coïncidence. Non seulement les astronomes chinois ont observé le ciel, mais cela en continuité pendant 2.000 ans (début de la dynastie des Han à maintenant) et ils ont tout noté, de manière très scientifique. C’est une civilisation sans pareil dans le monde. Aucun autre pays n’a des écrits pendant aussi longtemps. Les civilisations astronomiques n’ont duré que quelques centaines d’années (sauf peut-être la civilisation égyptienne mais il reste malheureusement peu de traces). 

Reconstitution de la supernova observée en 1054 par des astronomes chinois qui donna naissance à la somptueuse nébuleuse du Crabe telle que nous la voyons aujourd’hui, avec en son centre, le pulsar restant de l’explosion de l’étoile. © bonnetbidaud.tv

Supernovae, comètes, taches solaires : trois grandes découvertes

J’ai voulu sélectionner pour l’ouvrage les objets qui ont encore une importance aujourd’hui dans la science moderne, où les données chinoises peuvent encore être utilisées. Parmi ces objets, il y a bien sûr les supernovae. Après avoir catalogué tout ce qu’ont dit les chinois [sur les étoiles invitées], nous pouvons pointer nos satellites [dans la direction indiquée] et dans de multiples cas nous avons pu retrouver les restes de l’explosion. À l’aide de ces nébuleuses, on a compris toute la vie des étoiles et leur importance pour la composition de l’univers. Encore tout dernièrement, on a redécouvert des nébuleuses correspondant à des textes chinois.

Ensuite, les astronomes chinois notaient tout sur les comètes (trajectoire, forme, etc.). On a retrouvé dans les chroniques les 29 passages [sans exception] de la comète de Halley depuis l’an -240 à nos jours. On s’est alors rendu compte que son orbite n’est pas régulière et qu’il n’est pas toujours simple de reconstituer la trajectoire des comètes.

Catalogue des comètes daté du IIème siècle av. J.-C. (dynastie des Han), décrivant la diversité des formes du noyau et des queues. © DP

Catalogue des comètes daté du IIème siècle av. J.-C. (dynastie des Han), décrivant la diversité des formes du noyau et des queues. © DP

Les astronomes chinois ont aussi été les premiers à remarquer que le Soleil avait des taches (dès -200 av. J.-C.). Grâce à leurs archives, nous avons vu pu confirmer que les cycles de l’activité solaire sur onze ans existaient déjà depuis 2.000 ans. En Europe, on ne pouvait remonter que 400 ans en arrière [observations de Galilée et d’autres astronomes].

Une contribution passée sous silence en Occident

Le problème, c’est que nous sommes restés imperméables à tout cela en Europe. C’est une erreur idéologique, historique et scientifique. Il faut qu’on fasse l’effort de s’informer et de restituer le fait qu’ailleurs dans le monde des choses scientifiques importantes ont été réalisées.

On gagnerait à élargir notre point de vue

Je m’aperçois qu’il y a un mode de pensée oriental très différent du mode occidental. Nous sommes satisfaits de notre méthode, qu’on peut qualifier d’analytique et de théorique, consistant à démonter toute la machine pour regarder comment chaque pièce fonctionne. Mais à la fin, les choses sont tellement séparées les unes des autres qu’on ne comprend plus leur relation et le fonctionnement global. En Orient, ils ont une méthode analogique et empirique : en observant un objet et en le comparant à d’autres, ils cherchent à comprendre le fonctionnement interne de la machine sans avoir à faire l’inventaire de ce qui est à l’intérieur.

Le saviez-vous ?

En tant que « fils du ciel », l’empereur chinois devait connaître tout ce qui se passait dans le ciel. Un intérêt particulier était porté aux phénomènes inhabituels ou transitoires, d’où l’observation minutieuse des « étoiles invitées », alors qu’en Europe, la « sphère céleste » a longtemps était considérée comme un ouvrage divin immuable. 


Quelle place pour la Chine sur la scène spatiale internationale ?

À l’heure actuelle, la science moderne se heurte à des murs. On a l’impression qu’on gagnerait à élargir notre point de vue. Il y a forcément beaucoup de choses à apprendre d’une autre culture, surtout la culture chinoise qui est globale et multimillénaire. 

Je pense que les Chinois ont déjà fait des choses intéressantes. Ils ont envoyé le premier Chinois dans l’espace [Yang Liwei en 2003], ils ont fait une station spatiale orbitale [Tiangong 1 en 2011], ils ont déposé un rover sur la Lune [Chang’e 3 en 2013], puis sur la face cachée [Chang’e 4 en 2019]. Et ils vont ramener des échantillons lunaires [Chang’e 5, lancement prévu fin 2019], ils vont marcher sur la Lune [ambition dès 2030]… Pour l’instant, ils font de la science importée de l’extérieur et ils le font très bien. À terme, je souhaite, qu’ils apportent leur pierre à l’édifice en nous disant :

« Mais nous, on ne se pose pas les mêmes questions que vous ».

Si on est intelligent, on a tout intérêt à collaborer avec la Chine, car elle nous servira de locomotive.

Jean-Marc Bonnet-Bidaud a étudié la plus ancienne carte céleste qui nous soit parvenue, produite en Chine entre 649 et 684 ap. J.-C. Appelée carte céleste de Dunhuang, elle a été tracée « de façon scientifique, avec une projection simple », mais cela fait des astronomes chinois de vrais précurseurs en matière de cartes d'étoiles. Elle contient quelque 1.300 étoiles. Cette carte apparaît sur la couverture de l'ouvrage 4.000 ans d'astronomie chinoise. © DP

Jean-Marc Bonnet-Bidaud a étudié la plus ancienne carte céleste qui nous soit parvenue, produite en Chine entre 649 et 684 ap. J.-C. Appelée carte céleste de Dunhuang, elle a été tracée « de façon scientifique, avec une projection simple », mais cela fait des astronomes chinois de vrais précurseurs en matière de cartes d’étoiles. Elle contient quelque 1.300 étoiles. Cette carte apparaît sur la couverture de l’ouvrage 4.000 ans d’astronomie chinoise. © DP

Les Chinois sont-ils conscients de leur richesse ?

Non, pas tout à fait. Ils ont un peu oublié leur culture, comme nous oublions la nôtre. Moi, petit Européen qui n’y connaissait pas grand-chose, je me suis demandé comment allaient réagir les Chinois [par rapport à l’ouvrage]. Mais – et j’en suis très honoré – ils ont apprécié ma présentation synthétique. À leur demande, le livre va être traduit et je serai en Chine au mois de septembre pour former des étudiants à une approche moderne de l’histoire des sciences. Ils se rendent déjà compte qu’il est important de raccorder toutes leurs découvertes actuelles à leur culture ancienne profonde et si particulière en astronomie.

Un satellite franco-chinois, une nouvelle astrophysique de laboratoire et autres projets

La médiation scientifique m’a amené à réfléchir à d’autres domaines, comme la cosmologie. Je prépare un livre avec Thomas Lepelletier, où je tente d’expliquer pourquoi on est incapable de produire un modèle [de l’univers] qui marche.

Être au démarrage de quelque chose qui va révolutionner l’astrophysique est assez excitant

Je prépare aussi un autre ouvrage sur les grandes découvertes chinoises, hors de l’astronomie, ayant irrigué la civilisation européenne (par exemple, l’étrier, la poudre à canon ou encore la boussole). Je travaille également sur un satellite gamma franco-chinois nommé SVOM (Space-based multi-band astronomical Variable Objects Monitor) pour regarder les explosions d’étoiles.

Le satellite Space-based multi-band astronomical Variable Objects Monitor (SVOM) va étudier les sursauts gamma émis notamment lors des explosions d'étoiles massives. Il sera lancé fin 2021 ou début 2022. © Cnes, CNSA

Le satellite Space-based multi-band astronomical Variable Objects Monitor (SVOM) va étudier les sursauts gamma émis notamment lors des explosions d’étoiles massives. Il sera lancé fin 2021 ou début 2022. © Cnes, CNSA

Nous sommes aussi en train de monter un projet très prometteur sur une astrophysique en laboratoire. On s’est aperçu qu’on pouvait produire avec les lasers les plus puissants des conditions équivalentes à celles autour des étoiles. Comme on a vu émerger l’astrophysique des simulations numériques, dans le futur on verra apparaître de véritables expériences astrophysiques, comme faire des étoiles en laboratoire ! Être au démarrage de quelque chose qui va révolutionner l’astrophysique est assez excitant.

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Les images magiques d’une éclipse filmée il y a 119 ans


Le plus ancien film astronomique au monde à été fait lors d’une éclipse solaire en 1900. Maintenant numérisé, nous pouvons le voir sur YouTube.
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Les images magiques d’une éclipse filmée il y a 119 ans

© YouTube BFI


La première vidéo d’une éclipse solaire filmée en 1900 est désormais disponible sur YouTube.

C’est la toute première éclipse solaire jamais filmée. Les images ont été enregistrées par le magicien et inventeur Nevil Maskelyn le 28 mai 1900 depuis la Caroline du Nord. Passionné de vidéo et véritable pionnier en la matière, le magicien avait participé à une expédition de la British Astronomical Association. Il était parvenu à capturer ce phénomène astronomique grâce à un adaptateur télescopique installé sur sa caméra. 

Plus d’un siècle plus tard, les images de Nevil Maskelyne ont été numérisées et restaurées dans le cadre d’une collaboration entre la Royal Astronomical Society (RAS) et le British Film Institute. Le film, intitulé “Solar Eclipse”, est considéré comme le plus ancien film astronomique au monde, a déclaré Joshua Nall, président du Comité du patrimoine astronomique de la RAS, dans un communiqué. 

Selon la société, Nevil Maskelyn avait déjà tenté de filmer une éclipse solaire un an plus tôt à New Delhi, en Inde, mais la pellicule avait été volée lors de son voyage retour et n’a plus jamais été retrouvée.

La prochaine éclipse solaire totale observable en Belgique aura lieu le 3 septembre 2081. Si vous ne pouvez pas attendre, une autre éclipse totale aura lieu le 12 août 2026, mais il faudra vous déplacer en Islande ou en Espagne pour l’apercevoir.

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« Star wars » chez les Mayas : qu’étaient les guerres des étoiles ?


Les archéologues ont trouvé grâce aux glyphes des liens entre les guerres des Mayas les planètes surtout Vénus, qui était synonyme du Dieu de la guerre. Ils savent qu’ils n’y avait pas de conflits lors de la saison des récoltes, mais il y en avait pendant la période de sécheresse.
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« Star wars » chez les Mayas : qu’étaient les guerres des étoiles ?


guerres etoiles maya

Thomas Boisson

Bien que de l’avis général des historiens, les Mayas étaient un peuple pacifique, les découvertes archéologiques ont révélé qu’ils semblaient se livrer à d’importants conflits meurtriers internes, entre différentes entités politiques, dans le but d’asseoir une nouvelle autorité politique pour la partie gagnante.

Ces conflits sont désignés par les Maya via des glyphes très particulières représentant des étoiles, car corrélés le plus souvent à des phénomènes astronomiques. Ces guerres intestines ont été baptisées « guerres des étoiles » (star wars) par l’archéologue-linguiste américaine Linda Schele.

Durant le premier millénaire apr. J.-C., la civilisation Maya a été le siège de nombreux conflits. Le langage Maya place ces guerres dans quatre catégories et assigne à chacune une glyphe (symbole) spécifique. La plus importante de ces catégories est désignée par une glyphe étoilée et correspond à des conflits internes particulièrement meurtriers impliquant des partis politiques, combattant pour installer une nouvelle dynastie, asseoir sa domination sur un autre parti ou revendiquer son indépendance.

Pour le parti perdant, les conséquences pouvaient être extrêmement désastreuses. Le 29 avril 562 — date de la première guerre des étoiles selon les traces retrouvées — le conflit a opposé les cités politiques de Caracol et Tikal. Pour cette dernière, la perte de la guerre a entraîné une sombre période de 120 ans : déclin de la population, cessation de l’érection de bâtiments et destruction partielle de la Grande Place. De la même manière, la perte de Naranjo face à Calakmul en 631, a entraîné la torture à mort de son souverain, qui a ensuite été mangé.

glyphes etoiles maya

Deux glyphes de la catégorie « guerres des étoiles ». À gauche, une glyphe de la colonnade hiéroglyphique de Naranjo (613 apr. J.-C.). À droite, une glyphe du Monument 6 de Tortuguero (669 apr. J.-C.). Crédits : Robertson, Elizabeth C

Les glyphes représentent une étoile surplombant la Terre et déversant des gouttes dessus, ou bien alors une étoile au-dessus d’une coquille. Ces glyphes correspondent à un verbe, mais sa phonétique et sa signification exacte sont encore inconnues. Pour les astroarchéologues spécialistes de la civilisation Maya, l’étoile est utilisée car les chercheurs ont découvert que la majorité des guerres des étoiles étaient corrélées à des événements astronomiques.

Notamment impliquant la planète Vénus (visible le matin ou le soir). Pour les civilisations Mésoaméricaines, Vénus représente le dieu de la guerre (l’équivalent de Mars pour les romains ou Arès pour les grecs), nommé Chak Ek’, signifiant « Grande Étoile ». Le Codex de Dresde, le codex astronomique des Maya, comporte des tables de calcul pour déterminer la position et la trajectoire de Vénus.

codex dresde venus

Dans le Codex de Dresde, le codex Maya astronomique, la planète Vénus est personnifiée par le dieu de la guerre, tenant deux grandes lances et empalant ses victimes en passant au-dessus de leur tête. Crédits : Saxon State Library

Ainsi, 70% des dates d’apparition des guerres des étoiles correspondent aux phases nocturnes de Vénus, tandis que 84% d’entre elles sont corrélées à la première apparition visible de la planète en soirée. Bien que le lien exact entre les guerres des étoiles et Vénus soit encore flou, les archéologues pensent qu’au regard de la signification guerrière conférée à la planète par les Mayas, l’apparition de celle-ci était vue comme un présage militaire encourageant les guerriers à se lancer au combat.

En outre, les guerres des étoiles semblaient suivre une sorte de planning saisonnier, ayant majoritairement lieu entre novembre et janvier (période de sécheresse), et aucune entre septembre et octobre (période de récolte). Quelques dates (notamment à Tikal) correspondent également à la survenue d’éclipses solaires. Enfin, un nombre non négligeable de conflits semblent corrélés aux périodes rétrogrades de Mars, Jupiter et Saturne, impliquant un lien (encore inconnu) avec d’autres planètes que Vénus.

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Un aperçu de l’avenir de notre système solaire


Rien n’est éternel dans l’Univers, même pas notre planète ou le soleil. Si nous ne détruisons pas la planète nous-même, ou un astéroïde ne viennent pas fracasser la Terre, le soleil lui fera sûrement des dégâts quand sonnera la fin pour lui. Les astronomes ont une idée de ce qui se passera surtout avec l’observation d’une planète en orbite autour d’une étoile naine blanche a plus de 400 millions d’années-lumières. Enfin, pour notre soleil, on estime l’évènement dans 5 milliards d’années, l’être humain à le temps de disparaitre d’ici là.
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Un aperçu de l’avenir de notre système solaire

 

par Brice Louvet, rédacteur scientifique

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Une équipe d’astronomes annonce la découverte d’un cadavre d’étoile – une naine blanche – entouré d’un reste de planète. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Science.

Un aperçu de l’avenir

Notre étoile – comme toutes les autres – a une date de péremption, fixée à environ 5 milliards d’années. À mesure que la fin approchera, le Soleil va se mettre à enfler, au point de se transformer en géante rouge. Il absorbera finalement Mercure, Vénus, et probablement la Terre. Au final, son noyau s’effondrera et notre étoile, autrefois belle et brillante, se transformera en un objet extrêmement dense et pâle de la taille d’une planète. Les objets les plus éloignés commenceront alors à se rapprocher de ce cadavre d’étoile. Les enveloppes gazeuses seront aspirées, mais les cœurs de ces planètes pourraient survivre quelque temps.

PROPOSÉ PAR VISIT VIRGINIA BEACH

C’est du moins ce que l’on observe, à environ 410 années-lumière. Une équipe d’astronomes explique en effet avoir identifié un objet semblable à une planète en orbite autour d’une étoile naine blanche, baptisée SDSS J122859.93 + 104032.9. Pour vous donner une idée de la bête, dites-vous simplement que cet objet exotique emballe 70 % de la masse du Soleil dans une sphère de la taille de la Terre. Concernant la planète en orbite, il s’agirait plus précisément d’un planétésimal, un corps céleste constitué dans un disque de débris et d’environ 600 km de diamètre.

naine blanche

Dans 5 milliards d’années environ, notre Soleil se transformera en naine blanche. Crédits : Pixabay/Wikilmages

Probablement un reste de planète

À première vue, l’objet semble extrêmement dense. Dans le cas contraire, il aurait été aspiré depuis longtemps par les forces gravitationnelles de la naine blanche. Une densité proche de celle du fer, suggèrent les chercheurs, comprise entre 7,7 et 39 grammes par centimètre cube. Cette gamme de densités est compatible avec celle du noyau de la Terre. Aussi, les chercheurs soupçonnent que ce planétésimal est finalement le noyau restant d’une planète détruite.

Cette nouvelle découverte permet ainsi aux chercheurs de se faire une idée de l’avenir de notre système solaire. Les planètes les plus extérieures pourraient en effet se rapprocher du Soleil à mesure que celui-ci se chargera en densité. Survivront-elles pour autant ? Possible. Nous savons que Jupiter, Saturne, Uranus ou Neptune présentent un noyau rocheux de silicates et de fer, possiblement assez dense pour résister.

Cette découverte signifie par ailleurs que les disques ou anneaux entourant les naines blanches peuvent être des environnements hautement dynamiques. Notons enfin que si des disques de débris ont été observés autour de plusieurs naines blanches, ce n’est ici que le deuxième exemple connu de naine blanche hébergeant un planétésimal à l’intérieur.

Source

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Pour vraiment apprécier ce trou noir, vous devez voir à quel point il est


Même si on parle d’un trou noir de 40 km de diamètre, il peut être difficile de s’imaginer une telle mesure dans notre galaxie. Si on met le Soleil, Pluton, et même Voyager qui est vraiment rendu très loin de son point d’origine, on s’aperçoit que ce trou est gigantesque. Nous sommes vraiment petits dans ce grand Univers
Nuage

 

Pour vraiment apprécier ce trou noir, vous devez voir à quel point il est

 

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La toute première photo d’un trou noir. Crédits : eventhorizontelescope.org

par Brice Louvet, rédacteur scientifique

Il y a quelques heures une équipe d’astronomes présentait au monde la première photo d’un trou noir jamais capturée, dans le cadre du projet Event Horizon Telescope. Difficile néanmoins de s’imaginer un tel monstre cosmique. C’est pourquoi quelques précisions s’imposent.

Un trou noir gargantuesque

Au centre de quasiment chaque grande galaxie se trouve un trou noir supermassif, des millions de fois plus massif que le Soleil. Dans notre Galaxie, la Voie lactée, c’est Sagittarius A qui commande avec ses quatre millions de masses solaires. C’est déjà un beau bébé, influençant par sa seule force gravitationnelle l’ensemble de notre Galaxie. Mais il n’est rien à côté de ce monstre présenté au monde ce mercredi. Niché au cœur de Messier 87 – une galaxie massive située dans l’amas de la Vierge à 55 millions d’années-lumière – ce trou noir est 6,5 milliards de fois plus massif que notre étoile.

Prenez ainsi la substance constituante du Soleil, et multipliez par 6,5 milliards. Il est cependant impossible de calculer sa taille. L’angle de la photo ne permet en effet pas de calculer son spin, c’est-à-dire sa vitesse de rotation. Certains estiment néanmoins que son diamètre pourrait être 8 à 9 fois plus grand que l’orbite de Pluton, soit environ 320 UA. On rappelle qu’une UA équivaut à la distance Terre – Soleil, soit environ 150 millions de km. En partant de ce principe, il nous suffit de multiplier 150 millions par 320. À titre de comparaison, rappelons que le trou noir de la Voie lactée ne présente un diamètre que de 20 millions de kilomètres environ.

Mais une image vaut mille mots. En voici une vous permettant de vous faire à l’idée. De quoi se sentir tout petit :

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Un ogre cosmique à 55 millions d’années-lumière. Crédits : Randall Munroe/ XKCD

Mieux vaut ne pas s’y frotter

Notons par ailleurs que le gaz chaud qui encercle ce trou noir tourne autour à des vitesses allant jusqu’à 1 000 km/s. Les astronomes estiment qu’environ une masse solaire tombe dans le trou tous les dix ans. L’attraction de l’objet est si forte que pour avoir la chance de s’échapper, un photon devrait se situer à environ 18 000 000 000 kilomètres du centre. Ça équivaut à environ 122 fois la distance entre la Terre et le Soleil. Plus proche, et le photon sera perdu.

On rappelle que pour observer cet objet, c’est bien sur ce gaz gravitant autour du trou noir que les radiotélescopes ont dû se concentrer. Forcément, puisqu’un trou noir est par définition, noir, donc invisible. Juste avant le “point de non-retour”, le gaz devient en effet très chaud, et émet des rayons X. C’est donc en captant ces rayons puis en les convertissant en lumière visible que nous sommes en mesure de pouvoir observer ce véritable monstre posté au centre.

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